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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

Recherche

27 août 2006 7 27 /08 /août /2006 19:08


Comme pour Fulcanelli l'Index de Bernard Allieu et Bernard Lonzième:

http://perso.orange.fr/cabanis/classiques/autres/fulcanelli.htm ,

l'Index Canseliet de Jean Laplace est un "must" pour qui veut vraiment approfondir la pensée de celui que d'aucuns de ses disciples ont, paraît-il, affectueusement et de façon humoristique surnommé le terroriste de Savignies.

De ces disciples, le défunt Jean Laplace, dont nous avons déjà récemment évoqué la mémoire et l'oeuvre (De Champagne à Jean Laplace, 29 juillet 2006), et dont voici une rare photo, a sans doute été un des plus proches du "Maître" et de sa famille, et aussi un des plus doués.

 

JL1992B.champagne

 

En prélude à son Index (Suger, sive Jean-Jacques Pauvert et Françoise Harmel, 1986) il nous a livré une Evocation où il rapporte certains de ses souvenirs de Savignies. J'en ai trouvé deux qui se rapportent à Julien Champagne, d'où ce post.

Le premier est particulièrement grave, et a trait à la façon dont Fulcanelli a répondu aux sollicitations d'Eugène Canseliet, qui intercédait auprès de l'Adepte en faveur de son dessinateur alors déjà malade, et qui par son comportement des dernières années s'était attiré le courroux de l'auteur du Mystère des Cathédrales et des Demeures Philosophales.

Laplace commence par nous expliquer que pour certaines fautes, il n'est pas impossible qu'il n'y ait pas de rémission, sauf la Grâce de Dieu. Et il poursuit:

"A cet appel altissime (celui de la Grâce de Dieu), Fulcanelli renvoya Julien Champagne en réponse aux prières de son unique disciple, qui espérait sauver le peintre mortellement atteint:

"Que Champagne demande à Dieu et si Dieu le veut, il guérira."

Je cite de mémoire et en substance la réponse de Fulcanelli, l'anecdote m'ayant été communiquée du vivant d'Eugène Canseliet.

J'atténue, en outre, la froide sévérité des mots de l'Adepte, par respect pour un disparu."


Le deuxième souvenir évoqué par Jean Laplace d'un séjour à Savignies dont il nous précise qu'il remonte à 1982, peut paraître plus anecdotique. Pourtant il nous précise de façon générale à propos de ce séjour:

"J'acquérais la profonde conviction qu'au travers des ouvrages d'Eugène Canseliet, c'est Fulcanelli qui poursuit  son oeuvre d'enseignement."

Mais voici qu'il poursuit presque aussitôt:

"Rangeant le cabinet du bas dont le mur mitoyen et humide, menace le rayon de livres, j'entasse les volumes sur le lit, la table, les chaises.  Une chemise de cartonnage que je pose sur une pile, laisse apercevoir un cliché fortement mais finement contrasté comme le sont les tirages réalisés sur les grandes plaques d'autrefois.

Je reconnais immédiatement l'illustration choisie pour frontispice du Finis Gloriae Mundi...Le soir même, je remets à l'héritière (Isabelle Canseliet) les vieux papiers et les souvenirs qui accompagnent la reproduction en grand format du tableau de Juan de Valdés Léal: Finis Gloriae
Mundi."

Et d'ajouter en note: "J'en reparlerai plus amplement à l'occasion de la parution de mes Documents pour servir à l'étude de la fin du monde." Mais aucun livre de ce titre n'est paru. Dans ses Révélations alchimiques sur la fin du monde, qui sont antérieures (1978), rien n'est rapporté concernant ce cliché.

Et vers 1993, dans son numéro du Curieux de Nature déjà mentionné en juillet dernier, Jean Laplace précisera que c'est au dos de la reproduction du tableau que Fulcanelli a écrit des instructions à Julien Champagne pour le frontispice du Finis Gloriae Mundi, non publié également à ce jour.

Je voudrais enfin saisir cette occasion de rappeler l'existence d'une revue à laquelle Jean Laplace était lié, Prisme, "revue de création et de recherche poétique".

Jean Laplace en a fait partie du comité de rédaction.

Avec Atlantis et La Tourbe des Philosophes, cette revue au moins aussi méconnue que ses consoeurs a été une des rares à rendre un hommage à Canseliet, un peu avant ou quelque temps après sa mort.

Dans le numéro 28 de Prisme (1989), dont je reproduis la couverture, on retrouvera les alchimiques souvenirs puis alchimiques mémoires d'Eugène Canseliet, parus dans les livraisons 2 et 3 de La Tourbe des Philosophes, deux articles sur Canseliet de Jean Laplace, un de Roland Leimgruber, tous datés de 1983, et un du directeur de la publication, J.P. Claveau.

J.P. comme Jean Paul? Alors peut-être:

http://webnotes.free.fr/claveau.htm

En tout cas, Prisme, qui est ou a été également une revue de "spiritualité et tradition", avait ou a une devise de qualité:

"Si tu rencontres une fleur rare, Respire son parfum sans tarder."

hippocanseliet.champagne.jpg

Ce que manifestement fit Jean Laplace, dont l'ex-libris est certes "parlant":


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26 août 2006 6 26 /08 /août /2006 14:49



Nous n'en avons certes pas fini avec Le Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, mais je voudrais ce soir vous entraîner à nouveau du côté de ses Demeures Philosophales.

Parmi ces demeures, il en est une, en particulier, à laquelle je pense n'avoir toujours pas rendu justice, c'est celle de Dampierre-sur-Boutonne.

Après mes deux premiers posts il faut bien le dire introductifs: Champagne et Dampierre-sur-Boutonne (26 février 2006) et Julien Champagne dans pierre (21 mai 2006), je vous propose donc d'entrer maintenant dans le vif...du sujet.

Dessinée par Julien Champagne, la planche XXV de l'édition originale des Demeures (Schemit, 1930, 500 exemplaires environ) nous présente la première série des caissons de la galerie haute du château, qui est comme les autres composée de neuf emblèmes.

Dans l'édition Pauvert de 1977, cette planche du tome II, qui reproduit les mêmes dessins, quoique avec une qualité que je trouve inférieure, porte le numéro XXVII, et est insérée comme les autres dans le chapitre qui porte un titre qui, lui, est inchangé: Le grimoire du château de Dampierre.


Fulcanelli note d'entrée de jeu que chaque série de caissons est séparée de la suivante par trois caissons décorés alternativement du monogramme de Henri II et des croissants entrelacés de Diane de Poitiers, chiffres que l'on remarque sur quantité d'édifices de la même époque.

"Or, poursuit-il, nous avons fait cette constatation, assez surprenante, que la plupart des hôtels ou châteaux porteurs du double D lié à la lettre H et du triple croissant, ont une décoration de caractère alchimique incontestable."

Henri II aurait-il été un initié? Fulcanelli semble écarter cette possibilité. Quoi qu'il en soit, le cas de Diane de Poitiers, dont je reproduis ci-dessus un portrait que je serais tenté de dire être "à l'escarboucle", dont les liens avec l'architecte frimason Philibert Delorme ou de L'Orme sont connus, et à qui Philippe Erlanger, que nous avons déjà rencontré, a consacré une biographie
(Gallimard, 1955) me paraît être différent.

Sur Philippe Erlanger en particulier, on pourra consulter:

http://touscesgens.hautetfort.com/archive/2006/08/25/erlanger-philippe.html


Pour Fulcanelli, le croissant est un symbole de la plus haute antiquité:

"C'est l'attribut d'Isis, d'Artémis ou de Diane, de Séléné, Phoebé ou la Lune, l'emblème spagyrique de l'argent et de la couleur blanche.

Sa signification est triple: alchimique, magique, cabalistique, et cette triple hiérarchie de sens, synthétisée dans l'image des croissants entrelacés, embrasse l'étendue de l'ancienne et traditionnelle connaissance."

Que ce symbole ait une signification hermétique, on s'en convaincra aisément à la lecture des deux emblèmes reproduits dans ce post, dont l'un est ancien et le montre cerclé de l'ouroboros et surmonté de la couronne de vraie royauté, et l'autre moderne, aux couleurs du Grand OEuvre.

Quant au monogramme, selon Fulcanelli il est lui aussi facilement explicable.

"Le Donum Dei, connaissance révélée de la science du Grand-OEuvre, clef des matérialisations de l'esprit et de la lumière, apparaît incontestablement sous le monogramme du double D (Donum Dei) uni au signe de l'esprit (H), initiale grecque du soleil, père de la lumière, Hélios."

On retrouve ou en tout cas on retrouvait avant 2002 ce double D sur la cheminée du château de Dampierre, et là encore le symbolisme ésotérique, à la fois rosicrucien et...janusien, me paraît être indubitable.

J'en profite pour vous recommander quelques sites consacrés au château, où vous pourrez retrouver et des commentaires détaillés et des "images parlantes", à commencer par le site qui se proclame officiel:

http://membres.lycos.fr/chateaudedampierre/

Vous pourrez en particulier y admirer une belle photo de la restauration des caissons à partir de 2003, qui nous fait souhaiter que leur iconographie soit - si possible prochainement - présentée de façon plus systématique et complète.

Voyez aussi à ce sujet :

http://www.romanes.com/Dampierre/

qui vous donnera je crois une bonne idée de la valeur culturelle d'un patrimoine dont il convient à mon sens d'encourager la préservation mais aussi la promotion. J'en profite d'ailleurs, également, pour signaler l'existence d'une Société des Amis du Château de Dampierre-sur-Boutonne, dont le logo reproduisait il y a quelques années et reproduit sans doute toujours notre présent symbole du Don de Dieu.


Pour une première approche des caissons alchimiques du château de Dampierre, il m'a semblé que le crayon de Julien Champagne valait toutes les empreintes photographiques, d'ailleurs comme déjà dit pour l'instant indisponibles.

Je vous invite donc maintenant à les passer en revue avec moi, un par un, tout en se référant bien sûr, de façon succinte pour ne pas excéder les limites de ce post, à leur déchiffrement par Fulcanelli.

"Une vieille tour démantelée, dont la porte, arrachée de ses gonds, laisse l'entrée libre: c'est ainsi que l'imagier a figuré la prison ouverte.

A l'intérieur on voit encore une entrave, ainsi que trois pierres indiquées dans la partie supérieure. Deux autres entraves, extraites de la geôle, se remarquent aux côtés de la ruine.

Pour Fulcanelli, cette composition marque l'achèvement des trois pierres ou médecines de Geber. Chacune de ces pierres a dû subir la coction dans l'Athanor, prison du Grand OEuvre.

"Le petit bas-relief a pour devise la parole de l'apôtre Pierre, qui fut miraculeusement délivré de sa prison par un ange: NV(N)C.SCIO.VERE. Maintenant, je sais vraiment!...Il a découvert la voie, reconnu la vérité, hérité du Donum Dei."


"Pour l'avoir constaté expérimentalement, les philosophes certifient que leur pierre n'est autre chose qu'une coagulation complète de l'eau mercurielle.

C'est ce fait que traduit notre bas-relief, où l'on voit la pierre cubique des anciens francs-maçons flottant sur les ondes marines. Quoiqu'une telle opération paraisse impossible, elle ne laisse pas toutefois que d'être naturelle."

Pourtant, remarque Fulcanelli, beaucoup d'artistes doutent, et vite déçus, abandonnent un travail pénible et qu'ils jugent vain.

"C'est à ceux-là que s'adresse la parole de Jésus à Pierre marchant sur les eaux: .MODICE.FIDEI.QVARE.DVBITASTI. Pourquoi as-tu douté, homme de peu de foi?"


"Un dé à jouer est posé sur une petite table de jardin; au premier plan végètent trois plantes herbacées. Pour toute enseigne, ce bas-relief porte l'adverbe latin: .VTCUMQVE. En quelque manière, c'est-à-dire d'une façon analogue."

Et Fulcanelli d'expliquer que le dé à jouer désigne encore une fois notre pierre cubique ou taillée, notre pierre philosophale, qui est aussi, ajoute-t-il, la pierre angulaire de l'Eglise.

"Pour être régulièrement dressée, cette pierre demande trois réitérations successives d'une même série de sept opérations, ce qui porte leur total à vingt et une...

Il suffit donc, analogiquement, de jeter trois fois le dé sur la table, - ce qui équivaut, dans la pratique, à redissoudre trois fois la pierre, - pour l'obtenir avec toutes ses qualités.

Ce sont ces trois phases végétatives que l'artiste a représentées ici par trois végétaux."


"Deux arbres de même dimension et de grosseur semblable figurent côte à côte sur le même terrain; l'un est vert et vigoureux, l'autre inerte et desséché.

La banderole qui paraît les réunir porte ces mots: .SOR.NON.OMNIBVS.AEQUE. Le sort n'est pas égal pour tous."

Ici, Fulcanelli se montre délibéremment elliptique. Il rappelle que suivant la doctrine alchimique, les minéraux extraits de la roche sont vivants, mais condamnés à mourir aussitôt après leur extraction et périssent bientôt sous l'action néfaste du feu réducteur.

"Telle est la signification des deux arbres symboliques, dont l'un exprime la vitalité minérale et l'autre l'inertie métallique."

En note de bas de page, il remarque cependant qu'au pied de l'arbre couvert de feuillage, la terre est creusée en forme de cuvette, afin que soit mieux retenue l'eau versée pour son arrosage.

"De même, le métal, mort par la réduction, recouvrera-t-il l'existence, en des imbibitions fréquentes."


"Une tour de forteresse, élevée sur glacis, couronnée de créneaux et de mâchicoulis, pourvue de meurtrières et coiffée d'un dôme, est percée d'une étroite fenêtre grillée et d'une porte solidement verrouillée.

Cet édifice, d'aspect puissant et rébarbatif, reçoit des nuées une averse que l'inscription désigne comme étant une pluie d'or: .AVRO.CLAVSA.PATENT. L'or ouvre les portes fermées."

Pour Fulcanelli, nous avons là affaire à l'épisode mytho-hermétique - ô cher Pernety - que contient la fable de Jupiter et Danaé, emprisonnée par son père dans une tour et que le dieu féconda en s'introduisant auprès d'elle sous forme d'ondée dorée.

"Danaé représente notre minéral brut, tel qu'on l'extrait de la mine...Jupiter apparaît comme la personnification de l'eau, d'une eau capable de pénétrer les corps, d'une eau métallique puisqu'elle est d'or ou tout au moins dorée. C'est exactement le cas du dissolvant hermétique, lequel, après fermentation dans un baril de chêne, prend, à la décantation, l'aspect de l'or liquide."


 


"Quatre fleurs épanouies et dressées sur leurs tiges sont en contact avec le tranchant d'un sabre nu.

Ce petit motif a pour devise: .NVTRI.ETIAM.RESPONSA.FERVNTVR. Développe aussi les oracles annoncés. "

Ces oracles, au nombre de quatre, correspondent, dit Fulcanelli, aux quatre fleurs ou couleurs qui se manifestent pendant l'évolution du Rebis et révèlent à l'alchimiste les phases successives du travail interne. Ces phases, diversement colorées, portent le nom de Régimes ou de Règnes.

"Les maîtres se sont bornés à signaler quatre couleurs, essentielles et prépondérantes, parce qu'elles offrent plus de netteté et de permanence que les autres, savoir: le noir, le blanc, le jaune ou citrin et le rouge.

Ces quatre fleurs du jardin hermétique doivent être coupées successivement, dans l'ordre et à la fin de leur floraison, ce qui explique la présence de l'arme sur notre bas-relief."


Plus précisément encore, au chapitre Paris du Mystère des Cathédrales, Fulcanelli avait évoqué la triplicité des Couleurs de l'OEuvre:

"Ces couleurs, au nombre de trois, se développent selon l'ordre invariable qui va du noir au rouge en passant par le blanc...

Ce sont des colorations dans la masse qui se traduisent au dehors et résorbent toutes les autres."


Pour copie conforme,

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24 août 2006 4 24 /08 /août /2006 22:44



spotero.champagne.jpg

LMMO.champagne

 

Walter Grosse m'a récemment soufflé une excellente idée, qui est d'insister davantage sur les lieux de Julien Champagne, et c'est vrai que j'ai jusqu'alors surtout traité de ses oeuvres, de ses
proches...

Il y a bien eu le post sur sa dernière demeure : Julien Champagne, apôtre de la science hermétique, le 25 février 2006, mais depuis lors, on ne peut pas dire que j'aie été très disert sur le
sujet.

Et bien, on va tâcher de remonter dans le temps! Pour aujourd'hui, je vous propose de partir d'une brève indication retrouvée dans l'excellent livre de Luis Miguel Martinez Otero sur Fulcanelli,
Une biographie impossible (édition originale espagnole Obelisco, 1986, traduction française chez Arista, 1989).

Je ne connais pas d'autre édition de cet ouvrage, qui pourtant fourmille si on le lit attentivement de détails précieux et sur la personnalité profonde et même sur l'identité de l'Adepte.

Oh, elle est brève, au cas particulier, cette information, imprécise, même: 1897, Fulcanelli a 58 ans, Champagne fait son service militaire.

Pas de quoi faire un post, donc, même si je n'ai lu cela nulle part ailleurs. Seulement voilà...

bec-hellouin-1976-tour-st-nicolas.champagne.jpg

L'ami Zadith est passé par là, et heureusement, dans le Forum de la Librairie du Merveilleux:

http://forum.aceboard.net/?login=50340
http://forum.aceboard.net/50340-2490-11094-1-CHAMPAGNE.htm

Et de nous signaler un très curieux article de René Marlière dans le numéro 368 de la revue Atlantis, consacré en 1992 aux demeures philosophales méconnues.

Oui, je sais, l'auteur a pu être inspiré par Otero. Mais tout de même, voici ce qu'il nous y dit en substance:

"L'abbaye bénédictine du Bec-Hellouin fut elle une demeure philosophale? De la florissante école du XIème siècle il reste des bâtiments conventuels reconstruits au XVIIIème siècle alignant 40
fenêtres apparemment identiques et pourtant toutes différentes; et la tour Saint Nicolas du XVème siècle.

Au sommet de celle-ci, sur un merlon sculpté, parmi d'autres graffiti, il en est un, bien dessiné, très creusé, qui a dû exiger un long travail à son auteur, J.Champagne.

Des inscriptions voisines situent l'ensemble de ces gravures personnelles à la fin du XIXème siècle.

Champagne avait vingt ans en 1897 et le Bec-Hellouin, depuis l'Empire, était un haras militaire chargé de la remonte. Julien Champagne fit-il son service dans la cavalerie? Et son esprit, de ce
fait ou pour toute autre raison locale, s'ouvrit-il à la cabale?"

 

atlantis368.champagne.jpg

Que l'esprit de Julien Champagne se soit ouvert à la cabale, me semble un fait avéré si on prend en compte son goût patenté des mystifications et surtout un précoce intérêt pour l'alchimie, qui
paraît même antérieur à sa majorité. S'il est le J.Champagne qui a laissé son nom au faîte de la tour Saint Nicolas, il avait déjà sans doute à ce moment oeuvré dans son propre laboratoire.

Ceci mis à part, tout ce que nous dit René Marlière dans ces quelques lignes me semble confirmé par les faits.

L'abbaye du Bec-Hellouin, dans l'Eure, dont l'orthographe capricieuse : Helluin, Halluin, Hallouin...semble faite pour décourager les curiosités, est une des plus anciennes de France, et son
jumelage avec celle de Canterbury, en Angleterre, pratiquement millénaire:

http://www.jedecouvrelafrance.com/f-2576.eure-abbaye-bec-hellouin.html
http://www.abbayedubec.com/
http://www.monum.fr/visitez/decouvrir/fiche.dml?lang=fr&id=68
http://www.visitorama.com/ppi/27/abbaye-Bec-Hellouin.htm
http://www.normandieweb.org/27/brionne/lebechellouin/index.html

Elle est également connue de certains universitaires ou autres amateurs spécialisés de par les marques de maçons ou tailleurs de pierre qu'on peut y trouver. Parmi les artisanats locaux, j'ai
relevé la présence d'un atelier de céramique, d'une poterie...

Cependant,  sauf à en savoir plus sur la signification profonde de ces quarante fenêtres qui ont  tant frappé Marlière, où à y découvrir des motifs ésotériques, dans la tour ou dans le
cloître, qui remonte également au XVème siècle, je n'ai rien trouvé pour l'instant de probant pour pouvoir l'ériger au rang de demeure philosophale.

 

behelluin.champagne.jpg

Elle en tout cas n'en a pas besoin, elle a bien d'autres mérites. Tenez, prenez un de ses abbés les plus connus, Anselme d'Aoste (1033-1109).

En voilà un encore dont le patronyme est du genre balladeur. Car nous avons affaire ici également Anselme du Bec, à Anselme de Canterbury, ou Cantorbury, dont il fut plus tard archevèque, et puis
un peu plus tard bien sûr...à Saint Anselme.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Anselme_de_Cantorb%C3%A9ry
http://perso.orange.fr/sos.philosophie/anselme.htm

Il a tout de même réussi à précéder Thomas d'Aquin, Descartes, Leibniz et Kant en s'aventurant sur le terrrain de la recherche d'une preuve ontologique de l'existence de Dieu. Cette preuve, il la
voulait rationnelle, déjà: "Dieu est parfait, donc il existe."

Personnellement, cependant, ce que je préfère en lui, c'est un autre aspect de sa pensée: Il met l'homme au centre de la création, réfléchit sur le sens de l'incarnation...et cherche même à
trouver d'autres arguments prouvant l'existence de la divinité, qui seraient cosmologiques.

Là on se rapproche clairement d'une démarche alchimique, à mon sens, d'autant que cet homme de raison était aussi un homme d'intuition. Après tout, il aurait aussi bien pu écrire: "Nous
ressentons Dieu comme parfait, donc il existe."

Vous doutez, hommes et femmes de peu de foi? Alors, voici la citation de ce docteur de l'Eglise, père de la scolastique, que je préfère:

"Je ne cherche pas à comprendre afin de croire, mais je crois afin de comprendre. Car je crois ceci: A moins que je croie, je ne comprendrai pas."

http://www.mariedenazareth.com/2286.1.html

 

oterofr.champagne.jpg

 

AVMGP
Ave , Virgo , Maria , Gratia Piena

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23 août 2006 3 23 /08 /août /2006 22:24

pl-14.champagne

Nous voici maintenant devant la planche XIV de l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, illustré par Julien Champagne.

Dans l'édition Pauvert, elle est remplacée par deux clichés en noir et blanc, dont l'ordre est à nouveau inversé, et qui portent respectivement les numéros XXIV et XXV.

Ces deux médaillons du porche central de Notre-Dame de Paris sont classiquement supposés représenter la discorde pour l'un, et pour l'autre l'inconstance.

Dans le livre de Fulcanelli, ils portent naturellement des appellations bien différentes, le premier étant dénommé La Dissolution. Combat des deux Natures, et le second L'Entrée du Sanctuaire.


discorde2.champagne

"Pour être humain et familier, le style de Notre-Dame n'en est ni moins noble, ni moins expressif, commente notre Adepte en cet endroit.

Les deux natures y sont figurées par des enfants agressifs et querelleurs qui, en en venant aux mains, ne se ménagent point les horions.

Au plus fort du pugilat, l'un d'eux laisse choir une pierre, l'autre un pot. Il n'est guère possible d'écrire avec plus de clarté ni de simplicité l'action de l'eau pontique sur la matière grave,
et ce médaillon fait grand honneur au maître qui l'a conçu."

Fulcanelli reviendra dans ses Demeures Philosophales et sur cette eau pontique, et sur le combat des natures. Concernant ce second point, il explique, ouvrant Le grimoire du chateau de Dampierre
et citant Limojon dans son Triomphe Hermétique:

"Notre pierre naît de la destruction de deux corps." Nous préciserons que, de ces corps, l'un est métallique, l'autre minéral, et qu'ils croissent tous deux dans la même terre."


inconstance2.champagne

"A droite du porche, nous dit ensuite Fulcanelli du deuxième bas-relief, le septième médaillon nous montre un vieillard prêt à franchir le seuil du Palais mystérieux.

Il bient d'arracher le vélum qui en dérobait l'entrée aux regards profanes. C'est le premier pas accompli dans la pratique, la découverte de l'agent capable d'opérer la réduction du corps fixe,
de le réincruder, selon l'expression reçue, en une forme analogue à celle de sa prime substance."

Et Fulcanelli de préciser aussitôt, charitablement, ce qu'il faut entendre par cette réincrudation: Il s'agit tout simplement de rendre vivants les métaux morts. Mais il va encore plus loin dans son explication:

"Le vieillard n'est autre que notre Mercure, agent secret dont plusieurs bas-reliefs nous ont révélé la nature...Quant au Palais, il représente l'or vif, ou philosophique, or vil, méprisé de l'ignorant, et caché sous des haillons qui le dérobent aux yeux, bien qu'il soit fort précieux à celui qui en connaît la valeur."

vitrailinconstance2.champagne

Et le Philosophe dévolu au XXème siècle ne s'arrête pas en si bon chemin, poursuivant ainsi son élucidation:

"Nous devons voir en ce motif une variante de l'allégorie des Lions vert et rouge, du dissolvant et du corps à dissoudre.

En effet, le vieillard, que les textes identifient à Saturne, - lequel, dit-on, dévorait ses enfants, - était jadis peint en vert, tandis que l'intérieur du Palais offrait une coloration pourpre."

Fulcanelli nous a déjà révélé à quelle source on peut se référer pour rétablir, grâce au coloris original, le sens de toutes ces figures. Tous ces motifs se retrouvent en effet, et en couleurs, dans les vitraux de Notre-Dame, en particulier dans ses rosaces, et notamment, comme en fait foi le cliché ci-dessus, dans la grande rose.

On pourra notamment y vérifier qu'ayant ôté "la nuée sur le sanctuaire" qui inspira à Eckartshausen son plus célèbre traité, notre artiste, loin d'être inconstant et de quitter le temple, s'apprête bien à y pénétrer.

L'ésotérisme dans sa discrète précision prend bien ici le pas sur le trop rapide coup d'oeil jeté avidement par l'exotérisme moralisant. Il est vrai que là encore la maîtrise du concepteur s'avère extrême, et est bien de nature à induire en erreur le scrutateur indigne: Notre vieillard lui tourne le dos, il est tourné vers le Palais du Roi.


combatdesnatures.champagne

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21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 20:40

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Lors de ses séjours chez les Schwaller près de Grasse, dans les Alpes Maritimes, à la fin des années 1920 et au début des années 1930 (voir mes posts Schwaller et Champagne et Schwaller croque Champagne du 2 février 2006, et Julien Champagne au Mas de Cocagne du 9 avril 2006), Julien Champagne a pu rencontrer non seulement le couple Aor-Isha, mais aussi leurs enfants.

Jeanne Germain, puisqu'ainsi s'appelait Isha de son nom de jeune fille, avait eu quatre enfants, dont deux d'une précédente union avec l'armateur Georges Lamy, dont elle devint veuve avant d'épouser René Schwaller, qui avait travaillé pour sa firme (voir mon post Julien Champagne et Allainguillaume du 3 mars 2006).

Selon certaines informations, Louis Allainguillaume, lui aussi employé de Lamy, et ami de Julien Champagne jusquà la fin de la vie de ce dernier, pourrait d'ailleurs être le véritable père de deux des enfants de Jeanne Lamy.

Toujours est-il qu'Isha eut deux fils et deux filles, dont deux, Jeanne et Jacques, semblent avoir décédé précocement et peut-être tragiquement. Son autre fils et son autre fille sont Jean Lamy, déjà mentionné, et Lucie Lamy, à qui ce post est consacré pour l'essentiel.

 

livr-ltk.champagne


Faute de pouvor pour l'instant vous proposer des photos de Lucie et Jean Lamy, j'ai pensé qu'il vous serait agréable de retrouver leur maman et leur beau-père, sans doute vers l'époque de leur union en 1927 (quoique selon certaines sources, celle-ci remonterait à 1920).

Ils achèteront la propriété "Les Platanes" au Plan-de-Grasse deux ans plus tard, et c'est Isha qui la baptisera "Lou Mas de Cocagno."

Quand Julien Champagne leur y rendra visite en 1929, puis vers 1930, il a donc pu rencontrer non seulement René Schwaller et son épouse, mais aussi les deux enfants survivants de cette dernière, Jean et Lucie Lamy.

Est-ce pendant une de ces visites que ce farceur d'"Hubert", qui se faisait passer pour Fulcanelli auprès d'Aor, lui dédicacera Le Mystère des Cathédrales, dont il n'est après tout "que" l'illustrateur?


Je l'ignore à ce stade, mais voici en tout cas un nouveau cliché de cette dédicace, qui cette fois ne doit rien au livre de Geneviève Dubois sur Fulcanelli (voir mon post Dédicaces de Julien Champagne, 27 février 2006).

 

aor3.champagne

Seulement voilà, le travail de Dubois reste capital...Elle nous apprend en particulier que Lucie Lamy a connu - et mésestimé dit-elle, Julien Champagne:

"La belle-fille de René Schwaller, Lucie Lamy, n'apprécie guère l'alchimiste. Elle le dira plus tard en expliquant qu'il se comportait de façon odieuse et qu'il était très porté sur la boisson. En fait, il ne correspondait en rien à l'idée qu'elle se faisait d'un philosophe."

Dubois ne nous précise pas si Jean Lamy, le beau-fils, a également eu des relations avec Julien Champagne, même si cela peut paraître probable. Ce médecin avait au moins en tout cas une passion en commun avec ce dernier, le goût du tabac:

"Son cabinet était au second étage de la maison. Il occupait trois pièces qui empestaient la fumée de cigarettes dont il abusait. Il devait d'ailleurs décéder pour avoir trop fumé."

 

413.champagne


Si nous cherchons maintenant à en savoir un peu plus sur Lucie Lamy (1908-1984), nous allons de surprise en surprise. Car elle présente plus d'un point commun avec Julien Champagne, qu'elle est supposée pourtant avoir pris en grippe.

D'abord, elle partage avec lui une aptitude, un talent, un don, celui du dessin et peut-être de la peinture. Ensuite, comme celle d'"Hubert", son oeuvre a été à mon sens assez largement occultée.

Dès 1938, année de ses trente ans et aussi année de l'installation pour quinze ans des Schwaller en Egypte (dont quatorze passés à Louxor), elle se joint aux recherches conduites avec le peintre Alexandre Stoppelaere et les archéologues Alexandre Varille et Clément Robichon. L'année précédente, ces derniers avaient paraître chez Paul Hartmann un ouvrage intitulé En Egypte. C'est la naissance du "groupe de Louxor", contesté par l'égyptologie officielle.

Cette expérience d'après Dubois l'a marqué, puisque des années plus tard, un témoin constatera: "Son long séjour en Egypte l'avait prématurément vieilli. Elle était là, effacée, alors qu'elle avait de très grandes qualités pour le dessin et aurait pu se mettre en valeur."

 

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Ces qualités pour le dessin, elle les mettra dans un premier temps exclusivement au service d'Aor, dont elle illustrera bon nombre de livres, avant de faire de même pour une partie de ceux d'Isha. Et pourtant...

Le même témoin cité par Dubois constatera bien des années plus tard: "Lucie n'avait pas le droit d'intervenir ni d'ailleurs de sortir de la maison. Elle vivait recluse."

De même, son nom n'apparaîtra pas guère les couvertures des ouvrages d'Aor, publiés à partir de 1952, année du retour au Plan-de-Grasse;  cela nous rappelle tout de même quelque chose! Seule sa maman semble avoir agi différemment, comme en témoignent les deux clichés d'Her-Bak que je reproduis; encore s'agit-il d'une édition anglo-saxonne.

http://www.innertraditions.com/Contributor.jmdx?action=displayDetail&id=357

 

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Dans le livre d'Isha sur son mari René Schwaller: Aor (La Colombe, 1963), on trouve d'ailleurs au détour d'une page cet hommage généralement ignoré et finalement inattendu:

"Pendant le séjour à Louxor, qui dura quinze ans, la fille d'Isha, Lucie Lamy, relevait minutieusement le plan, les bas-reliefs et les inscriptions de tous les murs du temple, qui permirent ensuite à Aor, pendant les dix années qui suivirent son retour en France, de composer son monumental ouvrage Le Temple de l'Homme."

Mais Lucie Lamy, qui me paraît avoir été une femme de caractère, ne s'arrêtera pas en bon chemin, et après la mort de ses parents, intervenue en 1961-1962, publiera aussi ses propres oeuvres.

En 1982, son nom apparaît ainsi, comme co-auteur, à côté de celui de René Schwaller sur un au moins des deux tomes des Temples de Karnak (Dervy). Les photos sont de Georges et Valentine de Miré, et Lucie y signe "notices, schémas et dessins" (traduction en anglais, 1999).

En 1981, c'est en anglais que sont d'abord édités, semble-t-il, ses Egyptian Mysteries (Thames & Hudson, Londres, Crossroad, New York). Honte à mon sens pour l'édition et l'égyptologie françaises, et c'est une édition italienne qui interviendra l'année suivante, deux ans avant celle du décès de l'auteur. Je ne connais pour l'instant d'autre publication nationale des Mystères Egyptiens que celle du Seuil en 1991.

Encore paraît-elle être...traduite de l'anglais! Sans vouloir être complets, mentionnons aussi une édition espagnole (Misterios Egipcios, Debate, 1989 et 1996).

Ce livre serait le produit de ses travaux sur les hiéroglyphes, poursuivis dans le droit fil de ceux de ses parents avec une égyptologue suédoise, Gertrude Englund, et aurait été réalisé en collaboration avec Suzanne Lawlor, une Australienne.

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Pourquoi cet ostracisme si français envers Lucie? Et bien, comme déjà dit, les positions des Schwaller et en général du "groupe de Louxor" sont jugées hétérodoxes:

http://levity.com/alchemy/afrm0250.html

Lucie Lamy et les autres "tendent à démontrer que la mentalité égyptienne, construite sur une realité naturelle est à l'inverse de la notre. Cette position suscitera des controverses et mènera à la fameuse ..." Querelle des égyptologues " (Extraits du Mercure de France, Paris, octobre 1951)."

" A travers les monuments pharaoniques et l'enseignement ésoterique et de sagesse des hiéroglyphes, la recherche " du geste juste " devient la recherche " du geste juste au moment juste ".

C'est-à-dire que les Schwaller intègrent maintenant la vision cosmique et universelle des choses, en replacant les faits matériels dans un contexte spirituel beaucoup plus élevé et large. C'est une recherche intense des grandes lois d'harmonie universelle, valables pour l'alchimie mais aussi dans d'autres domaines. C'est la recherche du monde des causes...

Certains ouvrages sont étonnants, notamment Le Roi de la Théocratie Pharaonique où Schwaller écrit au sujet de la pierre philosophale, du but du Grand OEuvre, du feu vital et du mystère du commencement dans l'OEuvre, en particulier, " Faire comprendre la réalité de la Science sacrée....est toute la raison d'être de ce petit livre. "

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Avant de revenir sur Lucie Lamy, disons tout de même dès à présent quelques mots de son frère Jean (1910-1982), dont la personnalité semble également digne d'intérêt.

En 1952, explique Dubois, il était devenu propriétaire du Mas de Cocagne, racheté à son beau-père par mensualités.

"C'était, dit Geneviève, un médecin très sensible sur le plan du diagnostic; il soignait par homéopathie à l'aide de teintures qui avaient été mises au point à Suhalia."

Comme Lucie, il se situait donc à sa manière dans la lignée des travaux des Schwaller. D'ailleurs, scoop:

"Il utilisait un appareil inventé par René Schwaller: le phonophorèse."  Et Dubois d'ajouter en référence son livre paru en 1967 chez Maloine: "Acupuncture: Phonophorèse, technique-clinique."

Ce qu'elle ne dit pas, c'est que cet ouvrage en deux tomes a été illustré...gagné! par Lucie Lamy, et en couleurs s'il vous plait. Le frère et la soeur sont restés proches l'un de l'autre. Geneviève ajoute tout de même qu'il était très aimé dans le pays pour sa précision et son désintéressement. Souvent, il ne prenait pas d'honoraires aux patients dans le besoin.

JL.champagne

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Le docteur Lamy devait d'ailleurs pratiquer la médecine chinoise traditionnelle, puisque le tome deux de sa "somme" est consacré aux organes yang.

Il ne semble pas au demeurant que le phonophorèse ait été oublié, il intéresse toujours, du moins...en milieu allemand:

http://www.vgm-verlag.de/phonophorese.htm

Pour Dubois, c'est le bon docteur Lamy qui les dernières années faisait vivre la maisonnée. Il déplorait en particulier de n'avoir pu rassembler lui-même les quelque cinquante millions de centimes de l'époque nécessaires à l'édition des livres de René Schwaller.

D'après Erik Sablé dans son ouvrage sur Schwaller (Dervy, 2003), il aurait tout de même financé la première édition du Temple de l'Homme. Il aurait également aidé le fils de Schwaller, Guy.

Jean Lamy se maria avec sa collaboratrice Rosy après le décès de ses parents (1968); il eut lui aussi un fils, Jean-Christophe...j'aime à la fois le prénom cher à Romain Rolland et cette idée d'une "dynastie" de Jeans.

 

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Et Lucie, me direz-vous? Et bien il semble que quand Jean est devenu le propriétaire des "Platanes", ou peu après, elle ait fait le choix de s'éloigner un tantinet de cette famille qui l'étouffait tout de même passablement. D'après Sablé, elle aurait mal supporté le mariage de son frère.

Elle acheta une propriété dans le Var, près du Thoronet, ville où d'ailleurs elle est enterrée. Si ses travaux égyptologiques publiés ou non , vous intéressent, je crois bien que par donation sa bibliothèque a rejoint la fondation et par la même occasion le chateau de Coubertin, en vallée de Chevreuse:

http://www.coubertin.fr/fondation/collec.htm
http://www.museums-of-paris.com/musee_fr.php?code=523
http://www.parc-naturel-chevreuse.fr/connaitre_village_saintremy_2.php

em.champagne


Finalement que nous disent-ils, les dessins de Lucie Lamy, portant l'oeuvre de son beau-père, comme ceux de Julien Champagne ont porté, portent et porteront celle de Fulcanelli? Que le temple est dans l'homme, certes, de la mort à la vie, mais aussi qu'il est partout dans la nature, dont le verbe est identique et immuable, en Egypte comme ailleurs, "sur la terre comme au ciel", hier comme aujourd'hui, et demain.

Ce credo est celui-là même de l'alchimie. Merci siempre, l'amie de lumière!

luciesignure.champagne


LL.champagne


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20 août 2006 7 20 /08 /août /2006 19:04

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Dessinée par Julien Champagne, la planche XIII de l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli représente deux médaillons du porche central de Notre Dame de Paris.

Respectivement consacrés à l'idolatrie et à l'avarice suivant l'interpétation moralisante classique, ils désignent en alchimie Le Sujet des Sages pour l'un, et pour le second Le Régime de Saturne.

Dans l'édition Pauvert du même ouvrage, ces bas-reliefs constituent les planches XXII et XXIII, et l'ordre de succession en est inversé.

 

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Pour Fulcanelli, le médaillon consacré au Sujet des Sages n'est qu'une répétition fragmentaire de celui intitulé Origine et Résultat de la Pierre (voir mon post Cohobation de Julien Champagne du 8 août 2006).

Sur ce nouveau bas-relief, "l'Adepte s'y retrouve, mains jointes, dans l'attitude de la prière, et semble adresser des actions de grâce à la Nature, figurée sous les traits d'un buste féminin que reflète un miroir.

Nous reconnaissons, là, poursuit-il, l'hiéroglyphe du sujet des Sages, miroir dans lequel "on voit toute la nature à découvert."

Ce qui nous renvoie à mon post du 8 mars 2006, Champagne héritier de Jean Perréal, où j'évoquais la prudence,  qui fait partie des gardes du corps de François II, également étudiés par Fulcanelli, mais dans Les Demeures Philosophales:

"Sujet des sages, Miroir de l'Art sont des synonymes hermétiques qui dérobent au vulgaire le nom véritable du minéral secret.

C'est dans ce miroir, disent les maîtres, que l'homme voit la nature à découvert."

 

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"Un vieillard transi de froid, et courbé sous l'arc du médaillon suivant, s'appuie, las et défaillant, sur un bloc de pierre; une sorte manchon enveloppe sa main gauche."

Et Fulcanelli de commenter:

"Il est facile de reconnaître ici la première phase du second OEuvre, alors que le Rebis hermétique, enfermé au centre de l'Athanor, souffre la dislocation de ses parties et tend à se mortifier.

C'est le début, actif et doux, du feu de roue symbolisé par le froid et par l'hiver, période embryonnaire où les semences, encloses au sein de la terre philosophale, subissent l'influence fermentative de l'humidité.

C'est le règne de Saturne qui va paraître, emblême de la dissolution radicale, de la décomposition et de la couleur noire."

Du régime au règne de Saturne, il semble qu'il n'y ait qu'un pas, mais est-ce le bon, et Fulcanelli ne serait-il pas envieux dans ce passage?

Plus avant dans Le Mystère des Cathédrales, il semble assimiler le régime de Saturne à la voie sèche, qu'il opppose à la voie humide, réputée sophistique:

"Cette voie abrégée, couverte d'un voile épais, a été nommée par les Sages le Régime de Saturne. La cuisson de l'OEuvre, au lieu de nécessiter l'emploi d'un vase de verre, ne réclame plus que le secours d'un simple creuset."

Dans ses commentaires aux Douze clefs de la philosophie de Basile Valentin (Minuit, 1956), Eugène Canseliet reviendra également sur le régime de Saturne:

"Le Cosmopolite dépeint allégoriquement le feu secret comme le gardien inexorable, le juge et le geolier des prisons où le soufre demeure captif et soumis à sa volonté.

Et si l'Adepte le nomme Saturne, ce n'est pas qu'il veuille nous indiquer d'où ce feu tire son origine, mais seulement pour marquer la coloration noire qu'il prend avec le composé, laquelle coloration est le signe manifeste de l'accès au premier régime de l'OEuvre, le commencement, le réveil de la vie minérale."

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19 août 2006 6 19 /08 /août /2006 15:45

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Voici le livre le plus récent à ma connaissance sur lequel une oeuvre de Julien Champagne paraît en couverture.

Il s'agit de la troisième édition de l'ouvrage d'Eugène Canseliet qui est consacré à Deux Logis Alchimiques, la villa Palombara à Rome, en Italie, et le chateau du Plessis Bourré en France.

Je note au passage qu'il s'agit là avant le travail de Jean Laplace, qui est lui intégralement voué au four alchimique suisse de Winterthur, de la première tentative effectuée pour déborder du cadre exclusivement français en ce qui concerne les "demeures philosophales".

En effet, Fulcanelli n'a fait pour sa part que rédiger un chapitre de ses Demeures qui traite du cadran solaire britannique d'Holyrood.

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Eugène Canseliet étant décédé en 1982, voici donc  la première édition post-mortem de son travail, puique les deux précédentes éditions avaient été soumises de son vivant à son approbation, soit celle originale de Jean Schemit en 1945, puis en 1979 celle de Jean-Jacques Pauvert.

Cette dernière publication en date n'a donc pu être approuvée que par les héritiers de ses droits, et donc je suppose par un ou des membres de sa famille.

Due à Jean-Claude Bailly, en 1998, elle a fait l'objet comme l'édition originale d'un tirage restreint, qui semble pour l'essentiel avoir été limité à mille exemplaires numérotés.

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A cette occasion, Bailly a fait réaliser, je suppose à titre publicitaire, un certain nombre de vignettes, dont nous reproduisons ici un exemplaire, en même temps que le cliché de la couverture de sa réédition.

Avant d'en revenir à Julien Champagne, je voudrais souligner le fait que les trois éditions à ce jour des Deux Logis Alchimiques de Canseliet sont toutes les trois différentes l'une de l'autre.

 

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Toutes diffèrent par ajouts et soustractions. C'est ainsi que l'édition Bailly se distingue en particulier par une postface "bio-bibliographique" de Richard Caron et par l'inclusion d'une étude inédite de Canseliet dénommée "Réflexions Alchimiques sur la Nativité."

 

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Le tableau de Champagne qui est reproduit sur la couverture et la vignette est bien entendu Le Vaisseau du Grand OEuvre.

Il a été réalisé en 1910, de même que le frontispice du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, et comme plusieurs autres oeuvres d'"Hubert."

 

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Ce tableau a fait l'objet et du premier post en date de ce blog, et du dernier en date.

On pourra en particulier se reporter à ce dernier pour reconstituer son historique, du moins tel que vu par votre serviteur.

Une des questions que pose ce magnifique ouvrage, d'inspiration clairement alchimique, est celui du modèle qui a posé pour Julien Champagne.

 

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La thèse la plus répandue à ce jour conduit, avec Geneviève Dubois notamment, à privilégier une participation de Louise Barbe, chimiste chez Poulenc Frères, alchimiste, et première épouse du docteur Serge Voronoff.

Sans contredire formellement Dubois, Patrick Rivière a récemment proposé une autre piste, qui serait celle de l'actrice Henriette Roggers, laquelle épousa plus tard Claude Farrère.

Les deux jeunes femmes semblent avoir eu en commun de fréquenter certains salons de la bonne société, comme celui d'Irène Hillel-Erlanger, l'auteur des Voyages en kaléïdoscope.

Pour Geneviève Dubois, le portrait du modèle en question, qui constitue une des planches des éditions Pauvert et Bailly des Deux Logis, est celui de Louise Barbe.

 

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Patrick Rivière paraissant émettre un doute, j'ai cherché à en savoir plus sur Mlle ou Mme Henriette Roggers.

Voici donc à nouveau et ci-dessus un certain nombre de photos de cette actrice, prises entre 1900 et 1910. Elle est alors au Théatre parisien de la Renaissance, ou à celui du Vaudeville, ou à La Galerie du Théatre.

http://www.abebooks.fr/servlet/SearchResults?bx=off&sts=t&ds=30&vci=2769696&bi=0&y=14&kn=
roggers&x=59&sortby=2

Si comme Patrick et moi vous doutez, reportez-vous au cliché du premier post de ce blog, et si vous le souhaitez bien sûr, dites m'en des nouvelles!

Dans son Paris, Secrets et Mystères (Le Mercure Dauphinois, 2006), Richard Khaitzine semble se rallier à l'hypothèse de Rivière:

"Pourquoi en faire mystère? La dame en question s'appelait Madame Rogers (sic) et était l'épouse de l'officier de marine et écrivain Frédéric Bargone, dit Claude Farrère."

Dans le CD-ROM sur Fulcanelli réalisé en 2000 avec Johan Dreue (Chronique d'un mystère annoncé) Khaitzine dit explicitement avoir bénéficié "photos à l'appui" d'une confidence d'Olivier Renaud
pour qui "la dame du portrait" n'était autre que Madame Roggers.

g-rardphilippe.champagne

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18 août 2006 5 18 /08 /août /2006 19:30

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Dans son Fulcanelli, qui suis-je? paru en 2004 chez Pardès, Patrick Rivière, considérant Julien Champagne, "à l'équivoque personnalité", ne réfute pas l'hypothèse selon laquelle Louise Barbe aurait servi de modèle à notre peintre pour son tableau Le Vaisseau du Grand OEuvre, réalisé en 1910 (voir notamment mes posts Champagne et Julien Champagne du 30 janvier 2006, Champagne et Louise Barbe du 31 janvier 2006, et Un modèle de Champagne du 12 février 2006).

Mais il présente une alternative. Parmi les relations d'Irène Hillel-Erlanger, figurait, outre Louise Barbe, "l'actrice Mme Roggers, épouse de l'écrivain Claude Farrère, auteur entre autres, d'un curieux roman sur la prolongation de la vie: La Maison des Hommes vivants."

Dans une phrase...alambiquée, il me semble qu'il considère que cette Mme Roggers aurait pu elle aussi poser "nue, investie du rôle de la Pierre Philosophale parée de mille feux scintillants et dans un cadre où le symbolisme alchimique transparaît puissamment. Portant en son front le diamant étincelant de Grâce, elle exerce néanmoins par sa nudité troublante la fascination érotique que suscitait la comtesse Véra".

Rivière fait bien sûr ici référence aux Voyages en kaléïdoscope d'Hillel-Erlanger, où Véra symbolise le siècle, pour faire simple, et Grâce l'éternelle alchimie.

Je n'ai pas trouvé mention de cette possibilité dans un ouvrage similaire et antérieur du même auteur, Fulcanelli, Vecchi, 2000.

 

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Il m'a semblé que cette proposition méritait examen. J'ai donc cherché à me documenter sur cette Mme Roggers, en fait Henriette Rogers, et j'avoue qu'en examinant les trois portraits joints qui sont tous de Paul Nadar, vers 1904, je suis resté et je reste dubitatif.

Personnellement je trouve que notre actrice d'Henriette ressemble au moins autant à la dame du tableau que celle photographiée comme étant Louise Barbe. Eugène Canseliet dans ce cas se serait trompé, et pourquoi pas: Errare humanum est.

Je vous propose à ce stade de vous fournir sous peu d'autres vues de Roggers, que j'espère pouvoir accompagner de nouveaux documents sur le Vaisseau du Grand OEuvre, ainsi la comparaison sera plus aisée.

Mëme si un doute subsiste, dans l'intervalle, et éventuellement au-delà, je n'écarte donc pas du tout, pour ma part, la possibilité que Julien Champagne ait utilisé les "services" d'Henriette Roggers, que ce fût pour Le Vaisseau du Grand OEuvre ou, disons, en d'autres occasions.

Mais qui était Mlle Roggers, puisque dans la collection Nadar elle apparaît alternativement comme Mme et Mlle?

 

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Henriette Roggers (1881-1950) est loin d'être une inconnue des planches françaises et même internationales.

D'une jeunesse tumultueuse probablement, je retiendrai qu'elle eut vraisemblablement une liaison avec notre toujours sémillante et quasi-universelle Nathalie Clifford Barney, et passe aussi -nobody's perfect- pour avoir été la maîtresse de Maxime Gorki.

Sa carrière d'actrice parisienne n'a certes pas été de second plan. Dès 1901, elle apparaît à L'Oeuvre dans Le Roi Candaule, d'André Gide. En 1903, Nozière écrit un article sur elle dans la revue Le Théatre.

En 1904, année où Nadar la photographie, elle joue dans Maison de Poupée, d'Henrik Ibsen, toujours à l'OEuvre. Tiens, habile transition avec mon dernier post, le metteur en scène est un certain Maurice Prozor. En 1906, elle fait la couverture de La revue théatrale.

En 1907, elle a migré au Théatre de la Renaissance, où elle joue Samson d'Henry Bernstein  avec le père de Sacha, Lucien Guitry; et en 1908 Le Théatre, sous la plume de Sée, lui consacre un nouvel article.

Elle accompagne Lucien Guitry lors de l'inauguration du théatre brésilien de Rio de Janeiro en 1911.

Toujours en 1911, elle apparaît - belle fidélité - avec le même Lucien Guitry au Théatre français, dans Le tribun, de Paul Bourget. En 1912, encore un article du Théatre...

En 1919, elle se marrie avec l'homme de lettres Claude Farrère, que nous évoquerons plus loin.

Elle a été brièvement pensionnaire de la Comédie Française (1923-1934). Nous avons donc affaire en la personne d'Henriette Roggers à une "théatreuse" de renom, photographiée non seulement par Nadar, mais aussi par d'autres artistes connus, tels Reutlinger, Sanitas, ou Paul Boyer, particulièrement dans la période 1902-1908.

En 1910, on peut dire par conséquent qu'elle est une "star", ou eût préféré Eugène Canseliet une véritable étoile, certes pleine de grâce.

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Disons aussi tout de même quelques mots de l'heureux et courageux mari de cette femme adulée.

Claude Farrère (1876-1957) est loin d'être un inconnu lui aussi, puisqu'au grand dam de François Mauriac d'ailleurs, il fut élu "contre" Paul Claudel à l'Acédémie Française.

Il est donc Immortel! Né Frédéric-Charles Bargone il fut d'abord officier de marine, puis démissionna à l'issue de la première guerre mondiale, l'année de son mariage.

Dès avant la guerre, il avait cependant publié plusieurs romans, et même en 1905 obtenu le prix Goncourt pour Les  Civilisés.

Nombre de ses oeuvres sont marquées par son passé de militaire, en particulier par ses séjours en Extrême Orient.

En 1921, il fait partie avec d'autres, comme Pierre Loti, de ceux qui saluent la révolution kémaliste en Turquie, et le cliché joint le montre aux côtés de Mustapha Kemal.

Il était loin d'être dépourvu de bravoure, ce qui peut paraître comme la moindre des choses pour un militaire, mais après tout mérite d'être tout de même salué. En 1932 encore, il s'interposa entre le président de la République Paul Doumer et son assassin, recevant deux balles dans le bras.

http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=567
http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Farr%C3%A8re

 

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Claude Farrère est également un auteur bien connu des amateurs de fantastique, notamment pour son recueil L'autre côté (1928), dont le titre rappelle d'ailleurs un livre similaire d'Alfred Kubin.

Certaines de ses nouvelles ont été reprises dans la revue Fiction.

La Maison des Hommes Vivants remonte pour sa part à 1911, un an après la réalisation par Julien Champagne du Vaisseau du Grand OEuvre.

http://mesimaginaires.free.fr/co2/lamaisondeshommesvivants.htm

Dans ce livre, Farrère nous relate une sombre histoire de vampire psychique, et Patrick Rivière n'a pas tort d'y voir des références à la prolongation de la vie, dont Julien Champagne arguera à la même époque auprès de Serge Voronoff:

"Ainsi le marquis Gaspard, propriétaire de la mystérieuse maison, explique-t-il à André Narcy son incroyable longévité.

Page à Versailles au temps du roi Louis XV, c'est là qu'il rencontra pour la première fois le célèbre comte de Saint Germain.

Il s'appelait alors Tzagory et arepentait les rues du monde depuis des décennies grâce au Secret de Longue-Vie."

 

HR.champagne

 

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17 août 2006 4 17 /08 /août /2006 19:51


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Avec le traîneau à hélice ( voir mes posts Champagne et le traîneau à hélice du 14 février 2006 et Julien Champagne ingénieur de Nicolas II du 19 mars 2006), voici donc maintenant la plus
atypique des oeuvres de Julien Champagne connues à ce jour.

C'est encore la décidémment inépuisable Geneviève Dubois qui nous présente et qui reproduit dans son livre Fulcanelli dévoilé cette "pendulette sculptée par Champagne."

Malheureusement, les détails qu'elle fournit à son sujet sont du genre elliptique: "Nous possédons la photographie d'une très belle pendulette en bois, sculptée par lui-même et représentant une
église gothique; ce qui démontre déjà son intérêt pour le Moyen Âge."

Soyons juste avec Dubois, cependant; elle nous offre aussi un essai de datation de ce travail, qui pour elle est contemporain de la scolarité de Julien aux Beaux Arts de Paris.

Comme "Hubert" sortit de cette Ecole en 1900, et puisque les autres oeuvres présentées par Geneviève comme remontant à la même période ne sont pas antérieures à 1895, notre pendulette a donc dû
être réalisée dans le courant du dernier lustre du XIXe siècle.

 

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Nantis de ce balluchon substantiel certes, mais un tantinet maigrichon, voyons ce qu'en ont dit à ce jour les "champagnologues" et autres "fulcanellistes".

Et bien, nous ne sommes guère plus avançés à ma connaissance à l'issue de cet examen. La plupart de mes éminents confrères ou  consoeurs vont, me semble-t-il, dans le sens de Dubois: Voyez
comme Julien Champagne s'est précocement intéressé à l'art goth; et de conclure triomphalement, à l'instar d'Evelyne Segaud: On vous avait bien dit que Champagne n'était autre que Fulcanelli!

Quelques uns,  plus avisés à mon sens, préfèrent tirer de cet ouvrage un argument qui leur permet de mettre en exergue l'habileté manuelle de Champagne, habileté que nous retrouverons
effectivement quelques années plus tard à l'occasion de l'épisode du traîneau à hélice.

Mais justement, comment cette habileté manuelle, fruit certes d'un don inné, mais confortée sans doute par un apprentissage spécifique, est-elle venue à Julien?

Il était fils de cocher, et non comme Eugène Canseliet d'un maçon-sculpteur. Et ce ne sont sans doute pas les cours du peintre Léon Gérôme qui en ont fait, ni un dessinateur industriel, ni un
mécanicien, ni un menuisier, ni un horloger...

 

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Arrivé à ce stade de la réflexion, je voudrais vous proposer une hypothèse de travail. Admettons que cette pendulette ait été construite vers 1897. Julien Champagne a alors une vingtaine
d'années.

Si ce chef-d'oeuvre n'est pas le produit de l'enseignement des Beaux Arts, de quel enseignement est-il le produit?

En regardant les photos qui illustrent ce post, je pense que certains d'entre vous ont déjà compris: Vous avez dit chef-d'oeuvre? Mais cette expression nous vient tout droit du compagnonnage.

Rassurez-vous, je ne vais pas me lancer dans un cours sur les compagnons, j'en serais sans doute incapable, en particulier  dans les limites de ce post, et de toute façon ce serait hors
sujet.

Mais des compagnons, il y en a eu de toutes sortes, depuis le Moyen Age. Et pas seulement des maçons ou des charpentiers; tenez, voyez ci-dessus cettte belle horloge du XVIIIe siècle.

Et ce beffroi du XIXe, il ne présente pas des similitudes avec le travail de Champagne? Et les travaux ci-dessous, réalisés en bois au XIXe ou au XXe siècle?

 

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Après leur tour de France, qui les conduit de logis en logis compagnonnique, où il reçoivent assistance, encouragement et conseils, les compagnons ont à prouver leur maîtrise en réalisant ce
qu'il est convenu d'appeler un chef-d'oeuvre.

Ce chef-d'oeuvre consiste souvent en une maquette du travail effectif que nos ouvriers auront à réaliser plus tard en grandeur réelle. Un certain nombre de chefs-d'oeuvre de compagnons,
particulièrement réussis, et donc exemplaires, sont traditionnellement exposés:

http://www.compagnons.org/musee/musee_tours.htm
http://perso.orange.fr/erwan.levourch/chefsdoeuvre.htm
http://www.123travail.com/galeries.photos/p1005004.htm

Pour avoir une meilleure connaissance des traditions du compagnonnage, voici quelques liens:

http://genhames.free.fr/compagnonnage.htm
http://www.compagnonnage.info/
http://compagnon1850.free.fr/compagnons.htm

 

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Et en revenant maintenant  à Julien Champagne, je voudrais signaler un autre fait qui tendrait à conforter mon hypothèse: qu'il ait effectué ou non un tour de France, voire d'Europe, notre
homme était d'une nature...pérégrinante.

Nous l'avons trouvé auprès de Fulcanelli à Marseille, à Grasse avec Schwaller, en particulier,  mais d'après Walter Grosse il se serait aussi, à la demande de son Maître, rendu en
Grande-Bretagne... Un autre axe de recherche, effectivement, les demeures et cheminements de Julien, cher Walter!

Certes, il a parfois dessiné ou peint les ouvrages de Fulcanelli sur documents, comme le carroir doré de Romorantin,  mais tel n'est pas forcément le cas général.

Et puis, on ne peut pas ne pas mentionner le rapport qui existe entre compagnonnage et alchimie, et ce depuis les frimasons et autres tailleurs de pierre ou d'image médiévaux.

Dans le numéro d'Atlantis consacré à Eugène Viollet-Le-Duc, qui y est qualifié d'Adepte (N°311, 1980 ), Eugène Canseliet reviendra sur ces "logeurs du bon Dieu", tout en faisant état de la solide
amitié qui l'unit au compagnon charpentier et écrivain Raoul Vergez, Béarnais l'ami du Tour de France:

http://www.afikoor.com/fr/temas/raoul/raoulcomp.htm

Vergez, auteur notamment d'un livre sur Les illuminés de l'Art Royal (Julliard, 1976). Son sous-titre? Huit siècles de compagnonnage. L'Art Royal, c'est aussi, vous le savez, un des multiples
noms de l'alchimie.

Je terminerai enfin, vous voudrez bien me le pardonner, par une anecdote personnelle. Il y a une vingtaine d'années, je me trouvais en déplacement aux îles Canaries. En dehors de la "solfatare"
de Tenerife, je crois bien que mon souvenir le plus marquant est celui de ma rencontre inopinée d'un compagnon, vraisemblablement espagnol, en costume traditionnel.

A quelle étape de son Tour se trouvait-il, en cette région océanne? Toujours est-il que de noir vêtu, nanti d'un tricorne tout droit sorti du XIXe siècle ou si vous voulez de De Falla, fièrement
campé sur son bâton de marche compagnonnique, il arborait bravement sa cocarde de pélerin, aux couleurs traditionnelles de son "ordre": blanc, vert, jaune, orange, rouge.

"Ainsi se développent, au fronton des cathédrales gothiques, nous explique Fulcanelli dans son Mystère des Cathédrales, les couleurs de l'OEuvre, selon un processus circulaire allant des
ténèbres, - figurées par l'absence de lumière et la couleur noire, -  à la perfection de la lumière rubiconde, en passant par la couleur blanche, considérée comme étant moyenne entre le noir
et le rouge."

Et plus loin, citant Le Chemin du Ciel Chymique de Jacobus Tollius:

"La Terre est noire, l'Eau est blanche; l'air, plus il approche du Soleil, et plus il jaunit; l'aëther est tout à fait rouge. La mort de même, comme il est dit, est noire, la vie est pleine de
lumière; plus la lumière est pure, plus elle approche de la nature angélique, et les anges sont de purs esprits de feu."

Entre le jaune et le rouge, l'orange est une couleur transitoire, quant au vert, regardons la nature qui nous entoure et dont nous faisons partie: La terre est noire, mais elle peut aussi être verte.


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15 août 2006 2 15 /08 /août /2006 16:25

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Avec Henri Coton, dit Coton-Alvart, nous avons affaire à un homme qui semble plutôt hostile à Julien Champagne, Eugène Canseliet et même Fulcanelli, autant le dire d'emblée.

Ce n'est pas à mon avis une raison suffisante pour ne pas évoquer sa mémoire, et outre celle de l'objectivité nécessaire, j'en vois plusieurs.

D'abord, il a connu semble-t-il Julien Champagne. Je dirai aussi que son parcours d'alchimiste est de qualité, et que son oeuvre mérite d'être connue, au delà même du "cercle des
philosophes."

Et puis, il fumait le calumet de la paix...

Dans son livre Fulcanelli dévoilé, Geneviève Dubois en dit quelques mots à propos de la fraternité des Veilleurs de René Schwaller (voir notre post Champagne par Geneviève Dubois du 13 mai
2006):

"Le chimiste et astrologue Henri Coton dit Alvart...eut pour disciple le docteur Emerit. Henri Coton naquit en 1894 et décéda en 1988.

Il quittera rapidement les Veilleurs pour se réfugier dans une solitude salutaire qui lui permit de menter à bien ses travaux alchimiques. Il obtint la pierre selon un témoin qui le connut
pendant quinze ans."

Mais voilà, dans la revue Avec Regards (N°2, ca 1991), Geneviève Dubois ajoutera :

"Dans le cercle extérieur des "Veilleurs", on trouvait un curieux personnage, qui en son temps défrayait la chronique. L'artiste-peintre Jean Julien Champagne avait rencontré René Schwaller à
Paris en 1913, à la "Closerie des Lilas", célèbre brasserie de Montparnasse. C'est là qu'il lui avait montré un manuscrit de Newton concernant l'alchimie.

Il faut dire que Champagne s'intéressait à cette science depuis son adolescence et qu'il avait toujours eu un laboratoire. Comme Schwaller et son groupe des Veilleurs était entièrement tourné
vers cette occupation, le contact s'établit malgré le peu de sympathie que Champagne inspirait à Aor...

Les Frères d'Elie furent donc liés à Champagne qui, lui, travaillait pour les de Lesseps et avait pris, en 1915, pour disciple le jeune Eugène Canseliet...

A l'époque, tous se rendaient à la Librairie du Merveilleux, 35 rue de Rennes à Paris où ils pouvaient échanger fructueusement avec le libraire Pierre Dujols, érudit, alchimiste et descendant des
Valois. C'était un ami intime de Champagne qui avait aussi une amitié très forte pour l'associé de Dujols, Thomas qui fut tué en 1914 et qui était maçon.

Henri Coton-Alvart dira plus tard sa grande admiration pour Dujols qu'il considérait comme un maître en matière d'alchimie, et son mépris pour Champagne."

Il faut dire que Pierre Dujols a même, selon Dubois, été le maître en alchimie d'"Alvart". En tout cas, il paraît établi à ses yeux qu'Henri Coton connaissait Julien Champagne.

http://www.eklectic-librairie.com/ArticlesAuteurs/GenevieveDubois.htm

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Mais qui est l'"adepte" Henri Coton? Fils d'une émailleuse et d'un sculpteur, peintre-héraldiste, il entrera par la suite comme ingénieur chimiste à la Société alsacienne des explosifs.

Dans un des livres qu'Alexandra Charbonnier a consacré à Oscar Vladislas de Lubicz Mislosz (1877-1939), le poète lituanien grand ami de René Schwaller (O.V. Milosz, L'Age d'Homme, 1996), Henri Coton apparaît bien dans le cercle intérieur des Veilleurs, les frères d'Elie, et Alvart y est son nomen mysticum, comme Aor y est celui de Schwaller.

Il les quitte en 1921 pour suivre sa propre voie. De 1927 à 1935, il apparaît ensuite dans l'entourage de Paul Le Cour et de sa revue Atlantis. Il semble alors avoir cantonné ses apparitions
publiques à certains salons, comme celui de la toujours inévitable Nathalie Clifford Barney, à Paris, ou à Nice celui de Maurice Prozor.

Il s'était retiré de la vie active à Taillebourg, dans les Charentes, mais possédait aussi un laboratoire d'alchimie près de Saint-Paul de Vence, dans les Alpes Maritimes. Pour Geneviève Dubois,
il  aurait accédé à l'adeptat dans les années 1970.

Henri Coton a peu publié de son vivant, et c'est son disciple en alchimie Henri La Croix Haute - le Dr Emerit étant surtout astrologue - qui a rassemblé une partie de ses écrits dans le recueil
intitulé Les deux lumières (Dervy, 1996), puis dans son volume Propos sur Les deux lumières (Le Mercure Dauphinois, Geneviève Dubois éditeur, 2001).

Notons également qu'Alvart paraît avoir inspiré beaucoup des pensées développées par son ami Robert Hollier, un médecin aveugle de Lyon qui fut président d'Atlantis, dans son livre Tohu Bohu (Omnium Littéraire, 1972).

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Dans le livre qu'il a consacré à René Schwaller (Dervy, 2003), Erik Sablé affirme que Coton fut en fait vice-président des Veilleurs (le président en étant René Bruyez). Le même Coton en aurait
bien fait partie du cercle intérieur de 12 membres, que Sablé dit s'être appelé "Les Frères de l'Ordre mystique de la résurrection."

Pour lui, c'est sans doute Alvart qui fut à l'origine des connaissances de Schwaller en alchimie.

Avant de quitter Henri Coton, dont on souhaiterait savoir plus, notamment quant à ses rapports avec Julien Champagne, qu'ils fussent ou non mauvais, voyons ce qu'il pensait du Grand OEuvre
alchimique:

"Le monde créé contient en lui un principe hostile qui a provoqué l'événement qualifié de chute. Ce monde montre en toutes ses parties un dramatique mélange de vie de mort, de sagesse et d'absurdité. La notion centrale de l'hermétisme est l'intervention efficace, curative et prépondérante de l'unité manifestée pour surmonter le facteur pathogène du monde.

Mystiquement, c'est le Christ (Louis Cattiaux, dans son admirable Le Message retrouvé, ne dit pas autre chose, lui qui réalisa le Grand-Œuvre sans faire de bruit) ; physiquement, c'est la pierre philosophale. Elle existe partout présente, car sans une étincelle de cet agent, il n'y aurait ni vie ni permanence.

La pierre philosophale n'est ni une création ni une fabrication de l'alchimiste. Tout ce que celui-ci peut faire est de la prendre là où elle est, la rassembler, la séparer de sa gangue, la purifier, la placer dans son vaisseau et suivant le cas l'administrer à qui en bénéficiera ou la renvoyer dans sa pureté de lumière au monde céleste d'où elle est venue. »

http://www.france-spiritualites.com/PHenriCotonAlvart.html

Et pour ne pas terminer  cette première approche des liens entre Alvart et "Hubert" sur un...lien informatique, mentionnons l'amitié qui unit les Coton et les Celli, Rose Celli, qui en 1925 eut le prix Fémina,  était une amie de la comtesse Prozor, et son compagnon, le peintre Elmiro Celli (vers 1870-1954), fut un frère d'Elie.

Les Celli furent également proches de Milosz (Pierre d'Elie) et des Schwaller (René Schwaller aurait aidé le peintre, comme il aida Carlos Larronde). On trouve d'ailleurs un tableau d'Elmiro en couverture de l'ouvrage d'Isha Schwaller, La lumière du chemin, dont je reproduis ici l'image anglo-saxonne. Ce tableau a fait partie de la collection d'Aor et d'Isha. Son titre? "La voie de la lumière".

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-d-henri-coton-a-champagne-123372019.html

 

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