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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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8 juillet 2006 6 08 /07 /juillet /2006 12:41


Le Lot a été baptisé "terre des merveilles". A juste titre, sans doute, et n'oublions pas que la merveille par excellence est la pierre philosophale.

Après Figeac (voir notre post du 12 février 2006: Julien Champagne dessine le Christ), nous voici donc en la capitale des Cadourques, Cahorsins ou Cadurciens, chère à notre souvenir de lycéen du lycée Léon Gambetta de Cahors.

Mais c'est d'un autre collège qu'il s'agit ici, celui dénommé Pellegri, dont le poil ressemble donc au notre désormais, sans ommettre cependant la signification multiple de ce terme, qui peut aussi évoquer et le poële, et le feu grisou, ou follet.

La planche VIII de l'édition originale des Demeures Philosophales de Fulcanelli, due au talent de Julien Champagne, et reproduite ci-dessus, de même que ci-après la photographie correspondante de l'édition Pauvert (planche  XI), est donc consacrée à  une  "Porte du XVème siécle" du collège Pellegri à Cahors, et représente "L'arbre Sec."

Intéressons nous dans un premier temps à ce collège, sur lequel la documentation manque un tant soit peu.

http://www.cosmovisions.com/monuCahors.htm

nous apprend que "Le Collège Pellegri, fondé en 1364, et converti en habitations particulières, a conservé une jolie cour Renaissance. De cette époque datent aussi un gracieux corps de garde, la Barbacane, près de la Tour de la Barre, la mieux conservée de l'enceinte; la Maison Pezet et la Maison Roaldès."

Nous sommes là au temps de Jean XXII, "le pape alchimiste d'Avignon", auquel Eugène Canseliet a consacré un article de la revue Initiation & Science (N° 46, 1958). Le même site nous rappelle que "
Le pape Jean XXII, né à Cahors, y fonda en 1331 une Université, où plus tard Cujas enseigna le droit et où Fénelon fit ses études, et qui fut réunie en 1751 à celle de Toulouse."

Toulouse, autre cité chère à notre coeur, ville rose et de la rose, avec son lycée Pierre de Fermat...Mais Jacques Duèse, ou Jean XXII, dont je salue également et le prénom et le "bigramme", a laissé à Cahors d'autres souvenirs:

"
Le Palais de Jean XXII est une massive construction du commencement du XIVe siècle, dominée à l'un de ses angles par une haute tour carrée. D'autres maisons fortes, du même style, et des restes de l'enceinte fortifiée sectionnée de tours rondes et carrées, donnent une idée de l'aspect que pouvait avoir Cahors à cette époque du Moyen âge."

De la même époque date le plus célèbre monument de la ville, le pont Valentré, dont nous donnons aussi une reproduction:

"
Les deux rives du Lot sont reliées par plusieurs ponts, dont l'un, le Pont de Valentré, restauré au XIXe siècle, date des premières années du XIVe siècle; il supporte trois hautes et curieuses tours à machicoulis. "

 

maison verdier.champagne


Pour en venir maintenant à l'arbre sec, la leçon de Fulcanelli est la suivante:

"A Cahors, il sert d'encadrement à deux fenêtres (maison Verdier, rue des Boulevards), ainsi qu'à une porte dépendant du collège Pellegri, situé dans la même ville."


Cette maison Verdier est également appelée hotel Issala. L'hotel a été classé en 1925 précisément à cause des fenêtres de la maison en question:

http://patrimoine-de-france.com/lot/cahors/hotel-issala-51.php

 

Je vous propose ci-dessus une reproduction d'une carte postale ancienne consacrée à une de ces fenêtres, carte qui vient confirmer la réalité des dires de Fulcanelli.

 

Il semble simplement que la rue des Boulevards soit depuis devenue la rue Nationale (ou la rue du docteur Bergougnoux).



Et Fulcanelli d'ajouter:

"Tel est l'hiéroglyphe adopté par les philosophes pour exprimer l'inertie métallique, c'est-à-dire l'état spécial que l'industrie humaine fait prendre aux minerais réduits et fondus.

L'ésotérisme hermétique démontre, en effet, que les corps métalliques demeurent vivants et doués du pouvoir végétatif, tant qu'ils sont minéralisés dans leurs gîtes.

Il s'y trouvent associés à l'agent spécifique, ou esprit minéral, qui en assure la vitalité, la nutrition et l'évolution jusqu'au terme requis par la nature, où ils prennent alors l'aspect et les propriétés de l'argent et de l'or natifs."

Dans son savant volume sur Le vieux Cahors (1909, 2ème édition Girma, Cahors, 1927), Joseph Daymard consacre plusieurs pages au collège "Pélegri" dont il attribue l'origine à Raymond de Pélegry, de l'ancienne et riche famille des seigneurs du Vigan, qui vivait au XIVème siècle.

cahorspellegri.champagne



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1 juillet 2006 6 01 /07 /juillet /2006 15:24


Champagne séraphique, ou de Julien Champagne à Bernard Chauvière. C'est avec un plaisir que je souhaite vous faire partager que je reviens maintenant sur mon post du 26 février 2006, Julien Champagne et Cimiez.

J'y mentionnais déjà le nom de Bernard Chauvière, et le titre de son seul ouvrage paru à ce jour, Parcours alchimique à l'usage d'un opératif, Liber Mirabilis, Londres, 2000.

Préfacé par Roger Bourguignon, son livre publié par Jean-Marc Savary  est à la fois, suivant le préfacier, un hommage "à notre vieil ami commun décédé: Eugène Canseliet" et "à son maître disparu dans le temps sous le pseudonyme de Fulcanelli."

Roger Bourguignon ajoute ces mots: "Doreur de son métier, Bernard possède le don de dessiner et de peindre de façon innée."

On pourra vérifier la justesse de cette assertion à condition d'ouvrir ce livre, car Roger ne manque pas également de citer ces fortes paroles d'Oulougbeg (Madressa de Boukhara): "La bénédiction du Prophète soit ouverte à ceux qui possèdent la sagesse des livres."

C'est ainsi que nous pourrons alors retrouver la Sophia du médaillon installé sur le pilier séparant le portail du jugement à Notre Dame de Paris, et comparer le trait classique d'un Champagne précurseur, déjà commenté le 05 février 2006 (Julien Champagne dessine l'alchimie), à celui, plus rude et contemporain, de Bernard Chauvière.

Chauvière a en fait consacré l'essentiel de son écrit à la croix séraphique du monastère de Cimiez. A cet endroit de son oeuvre, il observe, s'agissant de cette croix:

"Trois...personnages tiennent dans la main gauche un livre fermé à l'exemple de Louis de Toulouse...

Les trois livres clos expriment la matière première de l'oeuvre extraite de son gîte minier et qui, à l'issue des trois réitérations, devient alors philosophique. Elle est ainsi symbolisée par le livre ouvert."


Pour en revenir à Cimiez, Bernard Chauvière nous confirme d'emblée  dans notre impression initiale:

"Eugène Canseliet nous rapporta que c'est en l'année 1917, alors qu'il était un tout jeune homme et qu'il résidait à Aix-en-Provence, qu'il se rendit en compagnie de Fulcanelli au Monastère de Cimiez."

Il poursuit ainsi:

"A l'extérieur, et près de l'église, se trouvait alors une colonnade torsadée faite de marbre blanc, supportant sur son chapiteau une croix sur laquelle était crucifié un séraphin. Cela suscita chez l'adepte contemporain un vif intérêt. Julien Champagne en fit un dessin."
Bernard Chauvière décrit ainsi cet angelot:

"Sur le côté midi, au centre, figure le séraphin. Il est muni de trois paires d'ailes, dont deux sont déployées le long des bras latéraux de la croix. La troisième repliée en forme d'X, recouvre les jambes du crucifié."

Pour lui, la signification de cet emblème est multiple.

"Exotériquement, il nous rappelle la stigmatisation de saint François d'Assise, qui fut ensuite admis auprès du créateur sous l'apparence d'un séraphin.

Esotériquement, il figure la partie seconde du grand oeuvre, nommée par les anciens auteurs: anciennes sublimations."

Et de préciser:

"Le feu enclos dans la terre, cette particule mondée, cette énergie, le séraphin de la croix de Cimiez nous le rappelle, par la disposition de ses deux ailes repliées en forme d'x, recouvrant ses jambes."

A ces sublimations ou aigles, Eugène Canseliet a consacré tout un chapitre de son alchimie expliquée (Pauvert, 1972).

En voici un extrait qui me semble parlant:

"Entre les deux parties, saline et mercurielle, en parfaite fusion, l'une au-dessus de l'autre, la transmission spirituelle est assurée.

La terre suffisamment pénétrée, libère son soufre ou, si l'on veut, son esprit qui passe dans le bain de mercure sous-jacent, en conséquence de cette propriété, que possède le dissolvant philosophique, d'attirer à soi, tel un aimant, tout ce qui est spirituel."

Et de mentionner lui aussi, au même chapitre, la visite faite avec Fulcanelli au monastère de Cimiez.

Sur  ce monastère, je voudrais signaler ici, en passant, la thèse récente de Virginie Malbouires: Les emblèmes du monastère franciscain de Cimiez à Nice, ANRT, 1996.

Etude sérieuse, quoique conventionnelle dans sa prudence bien universitaire, et qui conclut sans conclure au caractère possiblement alchimique des dits emblèmes.

Sur la croix séraphique de Cimiez, citons aussi cet article de la ville de Nice:

http://www.nice.fr/mairie_nice_693.html

Mais je me suis laissé dire qu'un nouveau  livre sur ce sujet, écrit lui par un alchimiste de l'école de Fulcanelli et d'Eugène Canseliet, nous permettra bientôt d'actualiser et de préciser celui de Séverin Batfroi: Alchimiques métamorphoses du mercure universel, Guy Trédaniel, 1977, déjà consacré à Cimiez...

En attendant, laissons le mot de la fin à Roger Bourguignon, à qui, quelques mois avant sa disparition, Eugène Canseliet confia:

"Cher Roger, je n'aurais pas cherché la pierre philosophale pendant plus de cinquante ans, si je n'avais vu de mes yeux la réussite de Fulcanelli.

Je ne suis tout de même pas un vieux radoteur. Croyez-moi, Roger, c'est le seul but valable sur cette terre. Il n'y en a pas d'autre!"


 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-champagne-seraphique-83879248.html

 

chauviere09.champagne

 

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1 juillet 2006 6 01 /07 /juillet /2006 11:47


Lors de notre post du 25 février 2006, nous avons déjà traité de Julien Champagne comme Héraut mystique de Thiers, au travers d'une gravure extraite du chapitre des Demeures Philosophales de Fulcanelli qui est consacré à cette surprenante effigie.

En voici une seconde, qui constitue la planche XVII des Demeures, et est simplement intitulée: Thiers
( Puy-de-Dôme)  Maison de l'Homme des Bois (XVe siècle).


J'en profite également pour vous montrer un cliché de la maison dans son état actuel, où l'on peut voir en particulier que la chapelle cornière a disparu.

Mais l'Homme des Bois, grâce à Dieu, veille toujours sur cette demeure. Si je vous offre aussi un gros plan de ce philosophe et de l'extrémité de son bâton de pélerin, c'est que je voudrais en profiter pour revenir brièvement sur cette marotte, dont la signification profonde a déjà été soulignée précédemment.

"Le fou, disions nous finalement avec Fulcanelli, emblème humanisé des enfants d'Hermès, évoque encore le mercure lui-même, unique et propre matière des sages."

Ajoutons aujourd'hui, toujours avec cet Adepte:

"C'est cet artifex in opere dont parle l'Hymne de l'Eglise chrétienne, cet artisan caché au centre de l'ouvrage, capable de tout faire avec l'aide extérieure de l'alchimiste. C'est donc lui le maître absolu de l'OEuvre, le travailleur obscur et jamais oisif, l'agent secret et le fidèle ou loyal serviteur du philosophe.

Et c'est cette incessante collaboration de la prévoyance humaine et de l'activité naturelle, cette dualité de l'effort combiné et dirigé vers un même but, qu'exprime le grand symbole thiernois. "

Et Fulcanelli de compléter encore son enseignement relatif à ce symbole:

"Au surplus, la marotte des fous, qui est positivement un hochet..., objet d'amusement des tout petits et joujou du premier âge, ne diffère pas du caducée. Les deux attributs offrent entre eux une évidente analogie, quoique la marotte exprime, en plus, cette simplicité native que possèdent les enfants et que la science exige des sages...

Tracez un cercle à l'extrémité supérieure d'une verticale, ajoutez au cercle deux cornes, et vous aurez le graphique secret utilisé par les alchimistes médiévaux pour désigner leur matière mercurielle."

En définitive, pour l'auteur des Demeures Philosophales, le nom même de la marotte, "diminutif de mérotte, petite mère, selon certains, ou de Marie, la mère universelle, selon d'autres, souligne la nature féminine et la vertu génératrice du mercure hermétique, mère et nourrice de notre roi."

Il n'est jusqu'au grelot, accessoire des marottes de fous, ajoutera l'Adepte à la fin de son étude du grimoire du chateau de Dampierre, toujours dans les Demeures, qui n'ait lui aussi un sens caché.

 Le diable n'est décidémment pas le seul à être dans les détails, il y est sans aucun doute en excellente compagnie.

thierscpa3.champagne



On pourra si on veut trouver plusieurs autres images de la maison thiernoise de l'Homme des Bois sur l'excellent site des Amis de l'Alchimie:

http://alchimie-pratique.org/

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-a-la-marotte-83879168.html


thierscpa2.champagne

 

L'origine de la demeure philosophale de Thiers reste obscure, y compris aux yeux des Thiernois, selon Fulcanelli. La seule possibilité que nous ayons trouvée mentionnée à ce jour figure au bas d'une carte postale ancienne, reproduite ci-dessous.

 

G. D'O, ô cher Grasset d'Orcet, y émet l'opinion que la maison "de l'homme des bois" fut construite en 1423 par un certain Guillaume de Bouilhé du Chariol, seigneur de Thiers.

 

Il existe une généalogie de cette famille, dont le nom est parfois aussi écrit Bouillé, voire Boulier:

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5664976k/f5.image

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5664976k/f6.image

 

Notre homme pourrait donc être, sous toute réserve, Guillaume III de Boulier ou Bouillé du Chariol, décédé en 1428, dont l'épouse puis la veuve Dame Phélipe de Montrevel, nous apprend notre généalogiste, "eut pour son lot la tour et hôtel de Tihert, situés en Auvergne."

 

img460.champagne

 

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25 juin 2006 7 25 /06 /juin /2006 12:05

 


Parmi les personnages fréquentés par Julien Champagne au sein du groupe "magiste" du Grand Lunaire, dit aussi parfois Très Haut Lunaire, figurent, outre Jules Boucher, déjà portraituré, Gaston Sauvage et Alexandre Rouhier.

C'est de ce dernier que je vous dire quelques mots aujourd'hui, Rouhier dont grâce à Fulgrosse je peux enfin vous présenter une photo des plus rares, qui est extraite du livre opportunément intitulé Call no man Master de Joyce Collin-Smith (Gateway Books, 1988 et Authors OnLine, 2004).

Le docteur Alexandre Rouhier (1875-1968) s'est d'abord fait connaître comme pharmacologue. En 1926, il donna à l'Institut métapsychique international une conférence sur Les plantes divinatoires, reprise la même année dans la Revue métapsychique, et qui sera publiée en 1927 aux éditions Gaston Doin.

La même année, il fait paraître aux mêmes éditions son oeuvre la plus connue, consacrée au Peyotl, "la plante qui fait les yeux émerveillés", qui est en fait le plus célèbre des hallucinogènes, et sert de base à la mescaline. Ce livre est alors préfacé par le professeur Emmanuel Perrot.

Les travaux de Rouhier sur les drogues suscitent aussitôt un intérêt significatif outre-Rhin, et il est rapidement traduit en allemand (Die Hellsehen hervorrufenden Pflanzen, Max Altman, Leipzig, 1927).

Ils seront réédités après la deuxième guerre mondiale, en France comme en Allemagne (Le peyotl, Trédaniel, 1975 et 1989, Die Hellsehen hervorrufenden Pflanzen, Express Edition, Berlin, 1986, et VWB, Berlin, 1996).



Mais Alexandre Rouhier est bien entendu ausi un ésotériste à la personnalité complexe. En 1935 il préfacera le Traité élémentaire de géomancie d'Eugène Caslant (Revue métapsychique, 1936, réédition Trédaniel, 1990).

Enfin, sous le pseudonyme de Petrus Talemarianus, il fera paraître en 1949, aux éditions Véga, De l'architecture naturelle ou rapport sur l'établissement, d'après les principes du Tantrisme, du Taoïsme, du Pythagorisme & de la Cabale, d'une "Règle d'Or" servant à la réalisation des lois de l'harmonie universelle & contribuant à la réalisation du grand oeuvre. Cette somme est, il convient sans doute de le relever, illustrée par le peintre Marcel Nicaud.

 

architecturenaturellevega.champagne




On verra encore apparaître le docteur Rouhier, curieusement dénommé Antoine pour l'occasion, justement comme directeur commercial des éditions Véga, créées en 1929.

Selon  Marie-France James, dans son livre Esotérisme et christianisme autour de René Guénon (NEL, 1981), il rompt avec ce dernier philosophe alors au Caire, en Egypte, renonçant à publier ses oeuvres, vers 1930, alors même qu'il devient propriétaire de la librairie Véga. Nous aurons probablement à revenir ultérieurement sur l'entourage de cette librairie à l'époque de Julien Champagne.

Et Julien Champagne, précisément, et le Grand Lunaire, dans tout çà, me direz-vous?

J'ouvre donc avec vous l'opuscule de Pierre Geyraud sur Les sociétés secrètes de Paris (Emile Paul frères, 1938) et nous lisons au chapitre consacré au T.H.L. (Très Haut Lunaire):

"Le T.H.L. est une société luciférienne...Le Pape noir est, comme les autres dirigeants, alchimiste...Il y a là un éditeur de la rive gauche."

Je pense que cet éditeur de la rive gauche, et de la main gauche, est A. Rouhier.

"Un artiste-dessinateur."

Et voici Julien Champagne.

L'enseignement suprême, ajoute Pierre Geyraud, est notamment basé sur les livres de Fulcanelli. Dans un ouvrage postérieur, L'occultisme à Paris (Emile Paul, 1953), Pierre Geyraud au chapitre Alchimie attribuera même à Julien Champagne, qu'il confondait avec Fulcanelli, le titre de co-fondateur du Grand Lunaire:

"Il contribua à constituer, dans les parages de l'église Saint-Merri, une société luciférienne très fermée, dont il dessina lui-même...le Baphomet."

"Quelque temps après, en 1932, Champagne devait mourir d'une mort affreuse et lente, rue Rochechouart, pour avoir trahi la secte."

Alexandre Rouhier est mentionné par Robert Amadou comme sataniste, "dans l'ombre de Fulcanelli", in Le feu du soleil, Pauvert, 1978. Amadou le gratifie encore du pseudonyme de R.P. Sabazius.

Sabazius aurait, toujours d'après Robert Amadou, ibidem, écrit un ouvrage intitulé Envoûtement et contre-envoûtement (Editions Occulta, ca 1937, fac-similé Editions J.B.G.,1977).

Amadou dit vrai, et hélas ce petit livre laisse à la lecture une impression pour le moins troublante:

sabazius.champagne.jpg

Rouhier est également un des personnages d'un curieux récit romancé de Teddy Legrand, Les sept têtes du dragon vert, paru en 1933 et que les éditions M.C.O.R. ont eu la bonne idée de refaire paraître, à tirage limité, en 2007.

 



Il y apparaît comme d'autres ésotéristes, tels que Sédir. Alexandre y est ce "pharmacien connu" qui a consacré un ouvrage fort bien fait au peyotl, objet depuis 1918, selon Legrand, de recherches scientifiques dans les laboratoires européens.

Dans ses Alchimiques mémoires de la revue La tourbe des philosophes (N°15-16, 1981), Eugène Canseliet précisera que comme Gaston Sauvage et Jules Boucher, Alexandre Rouhier (doctor Sabazius) travaillait au laboratoire Poulenc.

 

Ariane Touze, dans son catalogue 6 de la librairie ésotérique Le Songe de Polia (Librairie Dévotions de Fonteneilles, par Souppes sur Loing), affirme au printemps 2011 que "la thèse du docteur Rouhier sur le peyotl et son voyage au Nouveau Mexique furent financés par les laboratoires Poulenc.

 

Ce fut dans leurs locaux qu'il rencontra Gaston Sauvage et d'autres personnages que l'on retrouvera dans l'énigmatique société du "Grand Lunaire" souvent évoquée dans l'énigme Fulcanelli."


Mais laissons à Eugène Canseliet le mot de la fin de ce post. Dans Le feu du soleil, op.cit., il affirme:

"Alexandre Rouhier, Gaston Sauvage et Jules Boucher...entraînèrent, plus ou moins, ce pauvre Julien Champagne, dans une assez fâcheuse collaboration qui lui aliéna, sans espoir, la protection puissante de Fulcanelli."

 Et à titre anecdotique mentionnons les dires de Gilette Ziegler dans son Histoire secrète de Paris (Stock,
 1967). Pour elle le Très Haut Lunaire aurait été fondé en 1896 par un Américain, Aleister Crosby.

 Le premier "pape" du T.H.L. aurait été un autre Américain, Albert Pike. Elle paraît considérer que cette
 société était encore active au moment où elle écrivit son livre.

 

 http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-champagne-au-grand-lunaire-83879101.html

 


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24 juin 2006 6 24 /06 /juin /2006 19:39

La planche IX de l'édition originale du Mystère des Cathédrales, illustré par Julien Champagne, se rapporte à nouveau au porche central de Notre Dame de Paris.

Elle comporte deux médaillons, respectivement intitulés Le Corps Fixe et Les matériaux nécessaires à l'élaboration du Dissolvant.


Commençons par Le Corps Fixe, et écoutons la leçon de Fulcanelli à son propos:

"Nous voici maintenant en face d'un symbole fort complexe, celui du Lion. Complexe parce que nous ne pouvons, devant la nudité actuelle de la pierre, nous contenter d'une seule explication.

Les Sages ont adjoint au lion divers qualificatifs, soit afin d'exprimer l'aspect des substances qu'ils travaillaient, soit pour en désigner une qualité spéciale et prépondérante.

Dans l'emblème du Griffon (huitième motif), nous avons vu que le Lion, roi des animaux terrestres, représentait la partie fixe, basique d'un composé, fixité qui perdait, au contact de la volatilité adverse, la meilleure partie d'elle-même, celle qui en caractérisait la forme, c'est-à-dire, en langage hiéroglyphique, la tête.

Cette fois, nous devons étudier l'animal seul, et nous ignorons de quelle couleur il était originellement revêtu. En général, le Lion est le signe de l'or, tant alchimique que naturel; il traduit donc les propriétés physico-chimiques de ces corps. Mais les textes donnent le même nom à la matière réceptive de l'Esprit universel, du feu secret dans l'élaboration du dissolvant.

Dans ces deux cas, il s'agit toujours d'une interprétation de puissance, d'incorruptibilité, de perfection, comme l'indique assez, d'ailleurs, le preux à l'épée haute, le chevalier couvert du haubert de mailles, qui présente le roi du bestiaire alchimique.

Le premier agent magnétique servant à préparer le dissolvant, - que certains ont dénommé Alkaest, - est appelé Lion vert, non pas tant parce qu'il possède une coloration verte, que parce qu'il n'a point acquis les caractères minéraux qui distinguent chimiquement l'état adulte de l'état naissant...

Quant au Lion rouge, ce n'est autre chose, selon les Philosophes, que la même matière, ou Lion vert, amenée par certains procédés à cette qualité spéciale qui caractérise l'or hermétique ou Lion rouge...

De ces interprétations, quelle est la véritable? - C'est là une question que nous avouons ne pouvor résoudre. Le lion symbolique était, sans aucun doute, peint ou doré. Quelque trace de cinabre, de malachite ou de métal viendrait aussitôt nous tirer d'embarras. Mais il ne subsiste rien, rien que le calcaire rongé, grisâtre et fruste. Le lion de pierre conserve son secret!"


A cette constation pessimiste en apparence, le médaillon suivant permet aussitôt d'apporter un correctif, dont il nous faut noter en passant que la glose fulcanellienne précède en fait celle rapportée ci-dessus:

"Le neuvième sujet nous permet de pénétrer davantage le secret de la fabrication du Dissolvant universel.

Une femme y désigne, - allégoriquement, - les matériaux nécessaires à la construction du vaisseau hermétique; elle élève une planchette de bois, ayant quelque apparence d'une douve de tonneau, dont l'essence nous est révélée par la branche de chêne que porte l'écusson.

Nous retrouvons ici la source mystérieuse, sculptée sur le contrefort du porche, mais le geste de notre personnage trahit la spiritualité de cette substance, de ce feu de nature sans lequel rien ne peut croître ni végéter ici-bas.

C'est cet esprit, répandu à la surface du globe, que l'artiste subtil et ingénieux doit capter au fur et à mesure de sa matérialisation.

Nous ajouterons encore qu'il est besoin d'un corps particulier servant de réceptacle, d'une terre attractive où il puisse trouver un principe susceptible de le recevoir et de le "corporifier."

"La racine de nos corps est en l'air, disent les Sages, et leurs chefs en terre."

Du dissolvant universel, il est encore abondamment question dans l'ouvrage consacré par Eugène Canseliet au Livre Muet (Pauvert, 1967), où il revient également sur l'énigme du lion, "symbolisant le soufre."

Pour lui, de même, commente-t-il dans le même livre, les lions vert et rouge représentent le double principe sulfureux, et sont appelés à la réunion sous le signe d'Apollon.


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-a-l-alkaest-83879020.html




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18 juin 2006 7 18 /06 /juin /2006 12:53

 

ajpp.champagne

Après Schemit et Lavritch, le troisième éditeur de Fulcanelli et donc de Champagne fut Jean-Jacques Pauvert.

Il est plaisant de constater qu'il partage avec notre artiste de prédilection les initiales de ses prénoms, Jean-Jacques répondant ainsi à Jean-Julien. Il est non moins curieux de se rendre compte que Pauvert est né en 1926, année de parution de l'édition originale du Mystère des
Cathédrales de Fulcanelli.

Editeur que l'on peut qualifier de libertaire, Jean-Jacques a commencé de publier après la seconde guerre mondiale.

Son éclectisme rappelle celui d'un Schemit: Il passe allègrement dans ses éditions de Sade à Hugo, d'André Breton à Erckmann-Chatrian, de la comtesse de Ségur à Georges Bataille.

S'il fallait trouver un fil rouge à son travail, il serait peut-être à rechercher du côté du titre de la revue Bizarre, qu'il reprit en 1955 à Eric Losfeld.

Erotologue, passionné de surréalisme, Pauvert ressuscite ainsi un proche d'Eugène Canseliet et de Julien Champagne, Raymond Roussel.

En 1963, La Doublure précédera donc de peu aux éditions Jean-Jacques Pauvert, Le Mystère des Cathédrales (1964), et les Demeures Philosophales de Fulcanelli (1965).

Pauvert est bien entendu devenu dans le même temps l'éditeur attitré d'Eugène Canseliet; citons Alchimie (1964), Le Livre Muet (1967), L'Alchimie Expliquée (1972), Trois Anciens Traités (1975), Deux Logis Alchimiques (1979).

L'éditeur racontera plus tard l'itinéraire qui fut le sien, dans son Traversée du Livre (Viviane Hamy, 2004), où il évoque sans trop y insister sa relation avec Eugène Canseliet.

 

Il précise cependant dans ce premier recueil de ses mémoires, qui s'arrête à l'année 1968, que c'est André Breton qui lui souffla l'idée, à laquelle il adhéra aussitôt et sans réserve, de reprendre à son compte les ouvrages de Fulcanelli, dont ajoute-t-il Canseliet détenait les droits.

 

"Les deux titres étaient depuis de longues années bloqués, filtrés plutôt à des prix de spéculation, par une officine des Champs-Elysées, l'Omnium littéraire de Paris, appartenant à la Librairie des Champs-Elysées. Ce fut un jeu d'enfant pour Emile-Jean Bomsel, un de mes avocats, de les récupérer après un court simulacre de combat juridique."



Nous avons déjà mentionné le fait qu'avec Pauvert, Champagne tend à s'estomper des Fulcanelli, et ce dès les pages de couverture. Son nom va en disparaître presque totalement.

Ses dessins sont en très grande partie remplacés, de même, par des photos, "la plupart de Pierre Jahan".

En voici une nouvelle illustration, avec ces couvertures des deux éditions des Demeures Philosophales par Pauvert, toutes deux brochées, la première en grand format (1965) et la second en format réduit (1977): Cherchez sinon l'erreur, du moins Julien Champagne!

 

JJPautographe.champagne

 

Soyons juste, cependant,  avec le troisième éditeur de Julien Champagne et Fulcanelli. Dans l'édition 1977 des Demeures par Pauvert, Eugène Canseliet précise:

"La présente édition est aussi la seconde, chez Jean-Jacques Pauvert, qui a voulu qu'y fût reprise une partie des dessins de Julien Champagne.

Ainsi donc l'amateur, qu'il soit curieux ou néophyte, prendra plaisir à retrouver ici les caissons sculptés de Dampierre-sur-Boutonne, dans leur reproduction du beau tirage princeps de 1930."

1930 est, rappelons-le, l'année de l'édition originale des Demeures. Et ajoutons qu'on trouve aussi dans l'édition Pauvert de 1977, une reproduction du dessin de Julien Champagne sur L'engagement secret (Palais Jacques Coeur, Bourges), et de celui de La fontaine du Vertbois (Paris), toujours au chapitre Le merveilleux grimoire du chateau de Dampierre.

Pauvert est donc l'éditeur qui à la fois aura le plus voilé Julien Champagne et dans le même temps en aura entrepris le re-dévoilement.

Alors, à quand un "Julien Champagne"sortant des éditions Pauvert, ou à quand une quatrième édition des Fulcanelli illustrés par Julien Champagne?


En attendant, relevons cette étrange histoire, également rapportée par Eugène Canseliet en préambule à ses préfaces de l'édition 1977 des Demeures:

"Fait éminemment singulier, les originaux du dessinateur Julien Champagne ont disparu, sans explication apparente, de la très riche bibliothèque qui appartenait à notre soeur aînée, Madame Georges Huyart, et qui est devenue, par héritage, la propriété du docteur en médecine Bernard Drain, notre neveu."

Oui, encore une fois, que sont devenus ces dessins de Julien Champagne?


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-jj-pauvert-et-jj-champagne-83878951.html




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18 juin 2006 7 18 /06 /juin /2006 10:41


Représentations respectives de l'obéissance et de la persévérance suivant l'acception moralisante traditionnelle, les deux médaillons ci-dessus du porche central de Notre Dame de Paris constituent la planche VIII de l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, illustrée par Julien Champagne.

Le premier symbolise en alchimie la Conjonction du Soufre et du Mercure, et le Second y est dénommé L'Athanor et la Pierre.


"C'est un griffon que l'on voit inscrit dans le cercle suivant, commente Fulcanelli.

Le monstre mythologique dont la tête et la poitrine sont celles de l'aigle, et qui emprunte au lion le reste du corps, initie l'investigateur aux qualités contraires qu'il faut nécessairement assembler dans la matière philosophale.

Nous trouvons en cette image l'hiéroglyphe de la première conjonction, laquelle ne s'opère que peu à peu, au fur et à mesure de ce labeur pénible et fastidieux que les philosophes ont appelé leurs aigles.

La série d'opérations dont l'ensemble aboutit à l'union intime du soufre et du mercure porte aussi le nom de Sublimation.

C'est par la réitération des Aigles ou Sublimations philosophiques que le mercure exalté se dépouille de ses parties grossières et terrestres, de son humidité superflue, et s'empare d'une portion du corps fixe, qu'il dissout, absorbe et assimile."


Fulcanelli est nettement moins disert à propos du motif suivant:

"Sur le septième bas-relief de cette série, - le premier à droite, - nous remarquons une coupe longitudinale de l'Athanor et l'appareillage interne destiné à supporter l'oeuf philosophique; de la main droite, le personnage tient une pierre."

Rappelons que la tradition alchimique exige que cet Athanor, ou four de l'alchimiste, dans lequel ce dernier va s'efforcer de susciter une génération, soit construit des mains mêmes de l'artiste.

Dans son Alchimie expliquée (Pauvert, 1972), Eugène Canseliet divulguera une part de ses essais personnels dans ce domaine, en citant ce passage d'une de ses lettres à un ami "Labourant" comme lui, au début des années 1950:

"A l'égard de mon appareil en construction, de mon athanor dirai-je donc, tes suggestions sont très pertinentes.

Le rôle et l'intérêt de la balance, crois-le bien, ne m'échappent pas, laquelle doit-être, ainsi que tu l'auras toi-même envisagé, un trébuchet, devant la double nécessité du montage et de la précision.

Le creuset...évidemment, ne peut être soutenu au-dessus de la flamme du brûleur, que par un dispositif plongeant de l'extérieur et de haut en bas..."


"Les motifs ornant le côté droit sont de lecture...ingrate", se désole à cet endroit Fulcanelli.

"Noircis et rongés, ils doivent surtout leur détérioration à l'orientation de cette partie du porche. Balayés par les vents d'ouest, sept siècles de rafales les ont effrités jusqu'au point de réduire certains d'entre eux à l'état de silhouettes mousses et floues."

Il en est particulièrement ainsi du motif de l'Ahanor, dont pour se faire une meilleure idée et pour ainsi dire afin de se servir de lui dans le but de remonter le temps destructeur, on pourra comparer ici  un cliché contemporain aux dessins de Julien Champagne, d'abord celui de l'édition 1957 du Mystère, puis, finalement, celui, bien plus net, de l'édition 1926 et originale.

La netteté relative de cette dernière apparaît sans aucun doute bien plus satisfaisante: Voyez encore une fois l'Athanor!

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-a-l-athanor-83878892.html



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11 juin 2006 7 11 /06 /juin /2006 19:28


Cosy Ray me propose une reproduction d'un petit tableau sur bois, également vu aux Etats-Unis, intitulé Nascendo Quotidie Morimur, titre qui nous renvoie à la maxime de Sénèque récemment évoquée à propos du chateau de Terre Neuve (mon post: Champagne cheminant, 05 juin 2006).

Là encore, l'hermétisme est évident, et on voudrait en savoir plus sur l'auteur de ce tableau et son histoire.

"Mort, où est ta victoire?", dit l'Ecclésiaste. La réponse donnée ici est éclatante, si cette victoire existe elle réside dans la vie donnée et qui se perpétue.

Curieusement, Cosy Ray m'interroge dans le même temps sur M. Lemoine, peintre "de grand talent", qui aurait fourni à Fulcanelli et Julien Champagne les premières photos et les premiers dessins de la croix cyclique d'Hendaye, sur laquelle, il faut l'espérer, nous serons conduits à revenir.

Notre informateur de première main paraît bien être dans cette affaire Jules Boucher, que nous avons déjà rencontré.

Ce M. Lemoine est notamment évoqué dans les livres de Jay Weidner et Vincent Bridges, The mysteries of the great cross at Hendaye (Destiny Books, 2003) et d'Axel Brücker, Fulcanelli et le mystère de la croix d'Hendaye (Séguier, 2005).

Il n'y est pas question de son prénom. Les premiers concluent à un pseudonyme, qui ajouterai-je pourrait bien cacher un certain Julien Champagne, mais je n'ai jamais lu encore que ce dernier, ses fantaisies en matière de prénoms mises à part, ait recouru à ce type de dissimulation de son patronyme.

Brücker pour sa part note simplement que ce nom est un comble, et semble reprendre à son compte les allégations de Jules Boucher, qui situent Lemoine dans le cercle de Fulcanelli, Champagne, Canseliet...

Je pense de mon côté qu'il ne faudrait pas sous-estimer la capacité d'affabulation de Jules Boucher, dans cette histoire notamment (voyez mon post du 13 férvier 2006) .

Cosy Ray enfin paraît avoir trouvé  un prénom à ce Monsieur Lemoine. Je m'attendais vaguement en bon ou mauvais cabaliste à ce qu'il s'appelle Roger, comme le "friar" du même nom (Bacon).

Mais non, il s'agirait d'André Lemoine...Il y a bien un peintre André Lemoine, qu'apparemment Weidner et Bridges n'on pas su découvrir. Né en 1894, il était peintre officiel de la marine.


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-champagne-nascendo-83878834.html


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11 juin 2006 7 11 /06 /juin /2006 17:35


Revenant au Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, illustré par Julien Champagne, nous voici derechef devant Notre Dame de Paris et son "portail de la Vierge".

A propos de cette traduction de l'apophtegme alchimique: Dissous et Coagule, Fulcanelli explique que la meilleure traduction en est l'homme retourné, dont on trouvera ci-dessus et ci-après deux versions, dessinée pour l'une et pour l'autre photographiée.

Pour lui, cet axiome enseigne à réaliser la conversion élémentaire, en volatilisant le fixe et fixant le volatil:

"Si le fixe tu sçays dissouldre,
Et le dissoult faire voller,
Puis le vollant fixer en pouldre,
Tu as de quoi te consoler."

Fulcanelli précise également que c'est dans cette partie du porche que se trouvait sculpté autrefois l'hiéroglyphe majeur de la pratique alchimique: le Corbeau. On peut se demander ce qu'est devenue cette sculpture, et s'il en existe encore des reproductions.

Dans sa préface à la troisième édition du Mystère des Cathédrales, Eugène Canseliet reviendra sur cette conception alchimique de la Dissolution et de la Coagulation:

"Qu'est-ce que l'alchimie pour l'homme, sinon, très véritablement, issus d'un certain état d'âme qui relève de la grâce réelle et efficace, la recherche et l'éveil de la Vie secrètement assoupie sous l'épaisse enveloppe de l'être et la rude écorce des choses.

Sur les deux plans universels, où siègent ensemble la matière et l'esprit, le processus est absolu, qui consiste en une permanente purification, jusqu'à la perfection ultime.

Dans ce but, rien ne fournit mieux le mode d'opérer, que l'apophtegme antique et tant précis en son impérative brièveté: Solve et coagula; dissous et colagule.

La technique est simple et linéaire, qui exige la sincérité, la résolution et la patience, et qui appelle
l'imagination, hélas! presque totalement abolie chez le plus grand nombre, à notre époque d'agressive et stérilisante saturation.


Rares sont ceux qui s'appliquent à l'idée vivante, à l'image fructueuse, au symbole restant inséparable de toute philosophale élaboration ou de toute aventure poétique, et s'ouvrant peu à peu, en lente progression, vers plus de lumière et de connaissance."

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-solve-de-julien-champagne-83878775.html





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10 juin 2006 6 10 /06 /juin /2006 16:47


Après une première approche du thème astrologique de Julien Champagne, empruntée à la "toile"
( post: Astrologie de Champagne, 28 mai 2006), en voici une seconde, tout droit sortie du livre Fulcanelli dévoilé de Geneviève Dubois.

Plutôt que de comparer les deux études, travail de spécialiste sans doute, je vais là encore essayer de résumer ce que l'astrologue a tiré du thème.

Je précise que cette astrologue grenobloise, Véronique Guilet, a réalisé  ce travail en mai 1989.

Pour  elle donc, Julien est Verseau par son signe solaire et ascendant Bélier. Très marqué par le Verseau, il est avant tout un idéaliste, novateur, peu conformiste, indépendant.

Profondément touché par le devenir de l'être humain, il aspire dans un élan fraternel, à apporter sa contribution prométhéenne à la race humaine.

La présence du Soleil dans sa Maison XI souligne son souci de participation sociale et collective, le souhait de diffuser très largement ses connaissances, souvent en avance sur son temps.

Un autre élément puissant dans son thème, Jupiter en Sagittaire, en Maison IX, renforce l'idéalisme humanitaire et la quête de vérité.

Emporté par une soif de connaissance insatiable et sans borne, il cherche toujours à marier dans une attitude d'accueil et de tolérance, l'épicurisme et la philosophie, les sciences et la spiritualité.

Jupiter, proche du milieu du ciel, accentue aussi l'ambition et la volonté de pouvoir. Le désir de jouer un rôle social est excessif; ainsi, au-delà du propagateur et de l'initiateur, le danger est toujours présent de se croire investi d'une mission de prophète ou de gourou.

Générosité, oui, mais non sans récupération égotique du pouvoir, voilà quelle était l'une des ambiguités de Julien Champagne.

On peut le dépeindre également comme un curieux encyclopédiste. La conjonction de Mercure au Soleil dans le signe du Verseau en fait un être très cérébralisé, passionné de lecture et d'écriture.

C'est un esprit vif et inventif, indépendant dans ses choix et suivant ses convictions personnelles, faisant souvent fi des conventions de l'époque. Une intelligence ouverte et universelle, multipliant ses sources d'informations, toujours en quête d'une philosophie existentielle.

L'appui de Mars à la conjonction Soleil-Mercure en fait aussi un pragmatique, un expérimentateur, un esprit positif et pratique qui aime à se frotter aux réalités concrètes, privilégiant toujours l'application et le sens de l'utilitaire à l'abstraction pure. Et sa précipitation n'a d'égale que son  impatience.

Etre en résonance avec son intériorité et sa foi intime, agir selon son intuition et son inspiration, voilà qui est essentiel pour cet Ascendant Bélier doté de Neptune en Maison I. Du courage et de l'audace, un côté un peu prophète.

On pourrait se risquer à le décrire comme un doux illuminé, un romantique échevelé, au mode de vie décousu, vivant au gré de son humeur farfelue; un certain laisser-aller en prise directe avec ses mouvements de l'âme.

Pour lui, il est vital de se sentir vivre intensément, de ne faire qu'un avec l'objet contemplé ou travaillé, d'adhérer totalement à son entreprise jusqu'à complète identification.

Laisser son imagination vagabonder aux confins de l'extase et faire durer ces moments d'illumination et même d'hyperconscience devient alors si impérieux qu'on peut aisément se représenter qu'il fut tenté plus souvent qu'il n'aurait dû par des excitants de toutes sortes, prolongeant ainsi sa subtile folie et retardant l'instant du retour à la réalité quotidienne.

Comme tout individu en avance sur son temps et loin des préoccupations journalières de ses contemporains, il devait souvent déconcerter, étonner et déranger, tant par son mode de vie marginal, que par ses accoutrements excentriques.

Seule comptait à ses yeux la quête de sa vérité, la vérité que l'Ascendant Bélier en bon aspect de Mars en Sagittaire en Maison VIII, recherche éperdument avec force et enthousiasme, au mépris de sa vie et de sa santé.

Il faut l'imaginer en travailleur acharné, infatigable, s'attaquant avec ivresse à des combats herculéens et dangereux, parfois même aux portes de la mort. En d'autres temps, la course automobile l'eût attiré.

Par Mars, Maître de l'Ascendant en Maison VIII, il ne privilégie que la difficulté, là où un défi est à relever, où une exploration l'appelle. Toute aussi ardente, devait être sa sexualité, très certainement impérieuse et obsédante...

Pour Julien Champagne, toute recherche ne peut que s'accompagner de l'intégration des énergies du "bas". Mars explicite dans son thème ce désir brûlant d'exploration de nos ténèbres pour mieux les remonter à la lumière, dans une volonté d'exorciser notre ombre sans peur ni retenue.

Il convient maintenant d'aborder la grande contradiction du thème, qui s'exprime entre les signes du Taureau et du Verseau, par le besoin de s'accrocher à la matière au Taureau, et le désir de s'en dégager au Verseau. Tel était le défi proposé à Julien Champagne...

La Lune, ici en Taureau, incarne bien la forme originelle, la matière brute sur laquelle se construisent tous nos attachements et toutes nos dépendances; volupté des nourritures terrestres, jouissance illimitée des sens, instinct de possession et conservation.

Cette perception très aiguë de son incarnation et des besoins primordiaux qui en découlent, Julien Champagne y était très sensible et une grande partie de sa vie, il dut être tiraillé entre des impératifs opposés: profiter des joies toutes simples de la vie, s'arrêter à l'aspect matériel des choses, s'ancrer dans la permanence, et à l'autre extrême, renoncer à toute attache et se laisser guider par l'intuition de l'éphémère...

Si l'apparence vestimentaire lui importait peu, il pouvait pousser la coquetterie à rechercher lingerie et costumes d'une certaine originalité, dénichés chez quelque fripier.

Vénus en Capricorne donne le goût des antiquités et le bel aspect de Vénus à la Lune lui confère un charme de séducteur indéniable qui n'était pas sans lui attirer les attentions féminines, qu'il appréciait d'ailleurs.

Par rapport à l'argent, il serait illusoire de penser qu'il fut tout à fait désintéressé; probablement avait-il ses petites affaires et combines et vivait-il à ses heures, des mesquineries dignes d'un Harpagon.

Panier percé à ses jours, ascète à d'autres, il était tout aussi capable d'élans chevaleresques que d'attitudes de pique-assiette.

La Lune, en position stratégique dans le thème de Julien Champagne, est encadrée par Neptune et Pluton.

Si Neptune représente une fonction de dissolution, Pluton est transformation, destruction pour une renaissance. Avec un tel encadrement, il est impensable d'accepter la matière dans sa structure finie et limitée.

Julien devait ressentir intensément l'état de confusion et de dissolution de la matière par Neptune, la dissociation des différents composants. Par Pluton, la simple identification aux choses ne pouvait qu'être balayée.

C'est la nécessité de détruire la matière pour aller au coeur de l'atome et ensuite reconstituer une autre matière, recomposée, purgée de ses veuleries et imperfections...

Au delà de ce rapprochement alchimique, il faut comprendre avec Pluton combien la sensibilité de Julien était douloureuse, l'angoisse toujours présente avec le sentiment poignant d'insécurité et d'exclusion.

Et sa sexualité, ausi intense fut-elle, ne pouvait venir à bout de ses désirs insatisfaits et de ses pulsions démoniaques. Comment trouver la détente?

Se libérer de la matière en intégrant cette part d'ombre envahissante et en faire un élixir de vie, tel fut le support de toute la créativité de Julien Champagne.

On comprend mieux alors tout le travail sur le corps et les métaux, ses intérêts pour les constituants de la nature et le culte des formes.

Uranus en Maison VI atteste de toutes les qualités de technicien et de véritable esprit scientifique. Et Vénus prend toute sa signification en Capricorne, en recherchant la sobriété et le dépouillement des formes.

Le milieu du Ciel, lieu de notre réalisation sociale, encadré par Jupiter et Vénus, laisse supposer le désir d'une certaine réussite, une aisance à se faire connaître et reconnaître, mais aussi la recherche d'appréciation, de compliments et d'honneurs, un hommage rendu à ses mérites.

Là encore, la farouche volonté d'indépendance et de marginalité de Julien ne pouvait se satisfaire,
cependant, de marques extérieures trop faciles. On en conclut donc des attitudes fort ambivalentes et contradictoires dans son comportement social.

Le Capricorne en Maison X et son maître Saturne en Maison XII suggèrent une reconnaissance tardive, une célébrité surtout posthume.

Ce Saturne en Maison XII est pour Julien Champagne le lieu de son accomplissement et du dépassement de soi; un travail de recherche en solitaire, humble et laborieux, à l'écart des regards curieux, le choix d'une existence moins glorieuse et l'acceptation de cultiver son jardin secret en silence.

En Maison XII, on prépare le futur et il faut savoir garder ses trésors...en un mot être un Sage.  Je ne saurais mieux conclure.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-champagne-en-verseau-83878721.html





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