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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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7 mars 2006 2 07 /03 /mars /2006 22:37



Paul Le Cour (Lecour, de son vrai nom, 1871-1954) reste surtout connu comme l'auteur de l'Ere du Verseau (1937) qui d'une certaine façon préfigure l'actuelle vague "New Age".

Plus profondément, il est un des acteurs majeurs de l'ésotérisme chrétien français et de l'hellénisme ésotérique dans la première moitié du XXème siècle. Parmi ses ouvrages majeurs, sans doute convient-il de citer également L'Evangile ésotérique de Saint Jean (1950).

 



Persuadé de la validité de la légende  d'Atlantis, il fonda en 1926 la société d'études atlantéennes, qui dès l'année suivante donna naissance à une revue -Atlantis- qui paraît toujours, maintenant sous les auspices de Jacques d'Arès, que nous avons déjà rencontré à propos du Finis Gloriae Mundi de Fulcanelli.

 

Toujours en 1926, Paul Le Cour est suffisamment proche d'un autre Paul, Chacornac de son patronyme, pour que ce dernier lui dédicace son livre sur Eliphas Lévi (Chacornac Frères, 1926, donc).

Nous le voyons ci-dessus à l'époque de la parution du Mystère des Cathédrales (1926) de ce dernier auteur, et ci-dessous à celle des Demeures Philosophales du même (1930).

Il fut un des premiers critiques à en rendre compte, et Eugène Canseliet, unique disciple de Fulcanelli, rejoignit bientôt son mouvement et sa revue pour y collaborer dès 1934, et ce sans interruption notable
jusqu'à la fin de son existence terrestre (1982).

Le Cour semble avoir d'ailleurs été persuadé que le dit Canseliet était en réalité  l'auteur qui voila sa personnalité sous le pseudonyme de Fulcanelli.

 

lecouchacornac.champagne

Tout cela ne dissuada pas pour autant, semble-t-il,  Julien Champagne, malgré ses liens avec Fulcanelli comme avec Canseliet, de jouer à Paul Le Cour un tour "pendable", bien dans sa façon.

C'est  Robert Ambelain dans le dossier déjà mentionné, et consacré à Fulcanelli, de la revue La tour Saint-Jacques qui en 1962 nous raconte cette anecdote au moins crédible:

Sachant que Le Cour collaborait parfois à la revue du Mercure de France, "Champagne adressa à Valette, son directeur une lettre signée de Paul Le Cour, où tout était merveilleusement imité: papier, encre, écriture, signature.

Valette jeta un coup d'oeil sur le papier et l'adressa à la composition. Nous ignorons, ne l'ayant pas recherché, si on s'aperçut du canulard lors de la correction des épreuves ou si la lettre fut publiée. Toujours est-il que le malheureux Paul Le Cour reçut de Valette une mercuriale d'une violence à laquelle il ne comprit absolument rien!

Car cette lettre ne proposait rien de moins, aux lecteurs et abonnés du Mercure de France, que l'ouverture d'une souscription dans le but d'élever un monument funéraire à la mémoire des morts de l'Atlantide, au milieu de la mer des Sargasses, monument qui serait nécessairement insubmersible et flottant..."

Cette histoire est-elle véridique et à prendre, ajouterons-nous, au pied de la lettre? Comme ont coutume de le dire nos amis transalpins, "si ce n'est pas vrai, c'est bien trouvé"; d'autant que l'île flottante de Délos est un des mythes alchimiques les plus vivaces, serai-je tenté de conclure.

 

En tout cas, Julien Champagne ou pas, la vérité de l'épisode est attestée par Paul Le Cour lui-même, puisqu'il en fait mention dans son testament spirituel, Ma vie mystique (1955):

 

"Afin de me faire abandonner par les hautes personnalités qui avaient accepté le patronage de notre oeuvre, les adversaires imaginèrent de lancer à travers journaux et revues et d'adresser aux membres de l'Académie des Sciences le texte d'une souscription soi-disant ouverte par moi afin d'élever dans la mer des Sargasses un monument aux Atlantes "victimes d'un sort funeste."

 

Cette circulaire était accompagnée de ma signature très bien imitée que suivaient les noms des membres de l'Institut qui m'avaient apporté leur adhésion. Naturellement, ce fut dans la presse un éclat de rire.

 

Le Mercure, trompé par la signature, avait inséré cet appel et je dus y faire paraître un démenti. Je portai plainte contre inconnu mais je savais quel était l'auteur de cette manoeuvre.

 

Il dut comparaître devant le commissaire. Cette comparution n'eut pas de suite, mais lui causa une telle frayeur qu'il tomba malade. Plusieurs années après, je le rencontrai marchant péniblement appuyé sur une béquille. Les dieux l'avaient puni!"

 

En fait Paul Le Cour avait dès le deuxième numéro d'Atlantis produit un compte-rendu amusé et indulgent de l'épisode, recommandant avec humour en novembre 1927:

 

"S'il n'était pas possible d'édifier le monument dans la mer des Sargasses, nous conseillerions de l'élever en plein centre de Paris, près du sanctuaire de l'antique Isis, où il se trouverait fort bien."


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-mistifica-paul-le-cour-julien-champagne-mystifie-paul-le-cour--35786831.html

 

 

 

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6 mars 2006 1 06 /03 /mars /2006 21:56


Dans son livre Fulcanelli dévoilé, Geneviève Dubois attribue l'initiation alchimique de Julien Champagne à Félix Gaboriau, né en 1861 et mort en 1911.

Elle ajoute que Gaboriau consacra sa vie et le petit héritage dont il disposait à une revue théosophique, Le Lotus.

Elle reproduit également deux lettres de Félix adressées en 1887 et 1888 à un correspondant qui ne semble pas être Champagne, mais plutôt un journaliste de l'entourage de Papus, voire Papus lui-même. Ces lettres sont conservées à la bibliothèque municipale de Lyon.

Ce Gaboriau n'est donc pas l'auteur de romans policiers Emile Gaboriau (1832-1873), auteur en particulier de L'affaire Lerouge (1866), chère à André Gide, et précurseur de Maurice Leblanc et de son Arsène Lupin. Mais qui était Félix Gaboriau?

Force est de constater que nous disposons à ce stade de peu d'éléments à son sujet, et que sur ce point comme sur tant d'autres toutes précisions seront les bienvenues.

Il semble que dans le cadre du mouvement martiniste,  Papus, autrement dit Gérard Encausse (1865-1916)  -nos photos - soit en 1887-1888 précisément, entré en relation avec Félix "Krishna" Gaboriau (FKG), Breton, intransigeant et ardent de conviction, directeur de la revue Le Lotus rouge.

Nous retrouvons ici la mouvance martiniste (se réclamant de Louis-Claude de Saint-Martin) que nous avons déjà rencontrée à propos de Jules Boucher.

Papus est notamment l'auteur d'un Traité de science occulte (1888), et aussi de La pierre philosophale (1889).



Mais quid du Lotus, qui se situe lui clairement dans une perspective théosophique? Voici ce que j'en sais pour l'instant. Il parut au moins de 1887 à 1889. Baptisé "revue des hautes études théosophiques", il aurait été fondé par le spirite René Caillié (1831-1986), bien en cours à l'époque dans les cercles papusiens et qui serait également à l'origine d'une Fraternité de l'Etoile...

Je relève dans ce Lotus,dès 1887, un article de Papus intitulé La pierre philosophale prouvée par les faits. Puis la même année un De l'alchimie. Et un La table d'émeraude d'Hermès. Dans le même temps, aucun article signé Gaboriau n'a de titre à connotation alchimique.

Le Lotus fait parallèlement une place significative à la théosophe Helena Petrovna Blavatsky (1831-1891), auteur bien connue des livres Isis dévoilée (1877) et  la Doctrine secrète (1888), mais aussi d'un article sur l'alchimie au XIXème siècle.

Nous retrouvons donc sans trop de surprise Gaboriau dans une revue théosophique londonienne
d'obédience "blavatskienne", Lucifer, parue de 1887 à 1897. Gaboriau y paraît de nouveau, brièvement,  en 1888, associé à un certain A. Froment. Mais toujours pas d'alchimie dans son propos, apparemment.

En fait, il semble bien que dès 1888 Gaboriau et Froment aient quitté la société théosophique.  On trouvera un écho des relations tendues de Félix avec Blavatsky dans le livre de Charles Blech, Histoire de la ST en France (Adyar, 1933).

Il aurait ensuite traduit l'ouvrage de Franz Hartmann: Une aventure chez les Rose-Croix (1893) que Chacornac publia en 1913 (réédition par L'Or du Temps, Grenoble, en 1981). Et Julien Champagne dans tout çà? Mystère.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-gaboriau-e-champagne-gaboriau-et-champagne--35786808.html

 

FKG.champagne




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5 mars 2006 7 05 /03 /mars /2006 11:27



La tempérance fut elle une vertu cardinale de Julien Champagne? Rien n'est moins sûr.

Séducteur, bon vivant, farceur même, ce célibataire endurci qui vraisemblablement buvait
sec et grillait cigarette sur cigarette n'en a pas moins dessiné - et avec quel talent - une des statues que nous avons déjà rencontré en la cathédrale de Nantes, et qui ornent les angles du tombeau de François II, duc de Bretagne.

Après la justice, évoquée à l'occasion de notre post précédent sur Julien Champagne et Michel
Colombe, voici donc à nouveau, je l'espère pour notre grand plaisir, et aussi pour notre studieux
profit, la tempérance.

C'est peut-être le lieu de dire quelques mots de ce mausolée, commandé pour son père par la duchesse Anne de Bretagne. Commencé en 1502, il ne fut achevé qu'en 1507. Anne fit élever le tombeau, comme l'avaient souhaité Marguerite de Bretagne et son époux, dans l'église des Carmes de Nantes. A la Révolution, il fut soustrait à la vindicte jacobine par un "amateur d'art" et en 1819 fut réédifié dans la cathédrale saint Pierre, où nous pouvons l'admirer aujourd'hui.

Fulcanelli lui a consacré tout un chapitre de ses Demeures Philosophales, dont la tempérance constitue la planche XXXVII.



Ecoutons sa description et ses commentaires:

"De la main gauche, notre statue supporte la boîte ouvragée d'une petite horloge à poids, du modèle usité au XVIème siècle. On sait que les cadrans de ces appareils ne possédaient qu'une seule aiguille, ainsi qu'en témoigne cette belle figure de l'époque.

L'horloge, qui sert à mesurer le temps, est prise pour l'hiéroglyphe du temps lui-même et regardée, ainsi que le sablier, comme l'emblême principal du vieux Saturne...

temp--rancecouleur.champagne.jpg
Mais la portée ésotérique de la Tempérance gît tout entière dans la bride qu'elle tient de la main droite. C'est avec la bride que l'on dirige le cheval; par le moyen de cette pièce, le cavalier impose à sa monture l'orientation qui lui plait.

On peut aussi considérer la bride comme l'instrument indispensable, le médiateur placé entre la volonté du cavalier et la marche du cheval vers l'objectif proposé. Ce moyen, dont on a choisi l'image parmi les parties constituantes du harnais, est désigné en hermétisme par le nom de cabale.

De sorte que les expressions spéciales de la bride, celle de frein et celle de direction, permettent d'identifier et de reconnaître, sous une seule forme symbolique, la Tempérance et la Science
cabalistique."

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/
article-temperanza-di-julien-champagne-temperance-de-julien-champagne--35786769.html


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4 mars 2006 6 04 /03 /mars /2006 22:00



Il y a bien longtemps, il semble, que nous n'avons pas vu Julien Champagne au naturel. Voici une photo de lui, extraite à nouveau de l'édition italienne du livre de Geneviève Dubois, Fulcanelli (Mediterranee, 1996).

L'artiste est alors âgé de 37 ans. Nous sommes en 1914, à la veille de la première guerre mondiale.

Il connaît Fulcanelli depuis presque dix ans déjà, presque depuis qu'il a quitté Léon Gérome. Il est depuis quelques années  au service des Lesseps, il vient de faire la connaissance de René Schwaller, et celle de Canseliet est imminente ou vient d'intervenir.

Il est sur le point de terminer pour les de Lesseps le traîneau à hélices dont nous avons déjà traité, et qui fera l'admiration de Ramond Roussel.

La première guerre mondiale est sur le point d'éclater. Depuis presque cinq ans, Julien Champagne a commencé de travailler sur les illustrations du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, qui ne sera publié qu'après guerre.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-champagne-nel-1914--35786576.html



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4 mars 2006 6 04 /03 /mars /2006 20:34


Ce tableau du peintre espagnol Juan de Valdes Leal (1622-1690) est aujourd'hui visible à l'Hopital de la Charité de Séville, cité chère à Fulcanelli et Canseliet.

Daté de 1672, il est devenu célèbre en alchimie pour avoir fourni à Fulcanelli le titre de son troisième ouvrage, dont il retira les notes à son disciple Eugène Canseliet, ayant pris la décision de ne pas le faire paraître.

Il a été reproduit à plusieurs reprises par la suite par d'autres alchimistes, qui en ont fait parfois la couverture de certains de leurs traités, en particulier René Alleau (Aspects de l'alchimie traditionnelle) et Jean Laplace (Révélations alchimiques sur la fin du monde).

Dès 1954 Eugène Canseliet dans sa préface à la Nouvelle Assemblée des Philosophes Chymiques de Claude d'Ygé (Dervy) s'est appesanti sur la portée de l'oeuvre de Valdes Leal:

"Qui n'a vu cette toile à Séville, tout de suite en entrant dans l'église de la Santa Caridad, ne saurait en déceler tout le bouleversant magnétisme, pénétrant d'irrésistible tristesse l'âme déjà émue de présence irréelle, de quelque ombre illustre familière du lieu, et que concrétisent sans doute, en poignant témoignage, le masque mortuaire et l'épée de don Juan.

L'hermétiste aurait beaucoup à découvrir dans la vie et les oeuvres du hermano major, Miguel de Manara, de qui Valdes Leal a présenté, dans sa caja sans couvercle, le cadavre (?) enveloppé du manteau blanc des chevaliers de Calatrava: - Ni mas, ni menos; ni plus, ni moins -. Cette main percée par le clou de la Passion, qui apparaît issant telle la main de gloire - la man de gorre, - de nos dialectes d'oc, utilisée pour la découverte des trésors, n'est pas celle du Christ, mais d'une femme, selon que le proclament le galbe délicat et le mouvement précieux."

En 1999, Jean-Marc Savary a fait paraître de Londres aux éditions Liber Mirabilis un texte signé Fulcanelli et intitulé précisément Finis Gloriae Mundi (FGM). Quelque soient par ailleurs ses défauts et ses qualités, ce livre, préfacé par Jacques d'Arès, successeur de Paul Le Cour à la tête de la revue ésotérique Atlantis, n'est sans doute pas du même Fulcanelli que le Mystère des Cathédrales et les Demeures Philosophales, ouvrages illustrés tous deux par Julien Champagne.

Ajoutons tout de même que le FGM de Savary a bientôt fait l'objet d'une édition espagnole, par les soins des éditions Obelisco de Barcelone. Puis d'une italienne...

Pour en revenir à Julien, nous avons déjà vu à propos de Cimiez que ce dernier a bel et bien travaillé sur les illustrations du troisième livre, non paru, de l'authentique Fulcanelli.

Jean Laplace, déjà mentionné,  a consacré au Finis Gloriae Mundi une bonne partie de son article
"Aperçu vitriolique", non signé mais pourvu de ses armes héraldiques, et paru dans le N°31 de la revue La tourbe des philosophes, en 1988.

On y trouvera non seulement un synopsis du "vrai" FGM, mais aussi des indications sur la partie des notes le concernant qui était restée entre les mains de Canseliet après que Fulcanelli lui en ait fait rendre l'essentiel.

Nous y apprenons qu'au dos d'une photo du tableau ci-dessus reproduit figuraient des indications de Fulcanelli à Julien Champagne pour le frontispice de son troisième ouvrage.

Il semble bien que ce  frontispice aurait pris appui sur le dit tableau de Valdes Leal, si on en croit le site Prismes Hebdo (http://:prismeshebdo.com/, article Synopsis du Finis Gloriae Mundi):

"La photographie devant servir de modèle à Julien Champagne pour le dessin du frontispice du toisième ouvrage de Fulcanelli porte au dos une note manuscrite précisant que l'arrondi du cadre devra être exploité pour introduire, d'un côté les pyramides d'Egypte noyées sous les eaux avec le mot grec CHTHES inscrit dans un phylactère, de l'autre les mêmes pyramides dans un paysage calciné avec le mot AYRION."

http://www.prismeshebdo.com/prismeshebdo/article.php3?id_article=504
http://touscesgens.hautetfort.com/archive/2006/08/13/finis-gloria-mundi.html

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-e-il--finis-gloriae-mundi---
julien-champagne-et-le-finis-gloriae-mundi--35786490.html

 

Repris à Canseliet par Fulcanelli vers 1927-1928, le manuscrit du FGM a-t-il ensuite été détruit par son auteur? Rien ne permet de l'affirmer.

 

Je viens de visionner un film de 2009 qui à mon sens permet de se faire une idée d'une partie au moins de l'esprit qui y a sans doute présidé:

http://www.youtube.com/watch?v=-e5gwjPWT6Q

 

Revelation.champagne-copie-1.JPG

 

Ce film de Patrice Pooyard réalisé d'après le livre actuellement inédit de Jacques Grimault a fait l'objet d'un livret qu'on pourra éventuellement se procurer auprès de l'association La Nouvelle Atlantide:

http://www.nouvelle-atlantide.org/index.html

 

JGrévélation.champagne





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4 mars 2006 6 04 /03 /mars /2006 17:50



La planche XLI des Demeures Philosophales de Fulcanelli est curieuse à plus d'un titre.
Elle est intitulée "le chevalier de l'apocalypse" et représente une sculpture que l'on est supposé, d'après le livre, trouver au porche méridional de l'église saint Pierre de Melle (Deux Sèvres).

Elle se trouve en fait au portail nord d'une autre église de la même commune poitevine, cité qui d'ailleurs est située non loin des anciennes mines des rois francs: l'église saint Hilaire.

Cette église romane des XIème et XIIème siècles se trouve sur la route du pélerinage de saint Jacques de Compostelle. C'est la plus sculptée du pays mellois, et notre cavalier en ronde-bosse
en est précisément un des fleurons.

Il représenterait selon certains Constantin trimphant du paganisme. Tel n'est pas l'avis de Fulcanelli, pour qui  le dessin de Julien Champagne représente bien "le chevalier mystique dont parle le visionnaire de Pathmos, qui doit venir dans la plénitude de la lumière et surgir du feu, à la manière d'un pur esprit."

Voici la description fulcanellienne de la scène ainsi représentée:

"C'est une grave et noble statue qui, sous une arcade en plein cintre, se dresse au-dessus du porche sud, toujours soumis, à cause de son orientation, au rayonnement solaire.

L'arc et la couronne lui sont remis au milieu de l'ineffable gloire divine, dont l'éclat fulgurant consume tout ce qu'il illumine. Si notre cavalier ne montre point l'arme symbolique, il est coiffé, néanmoins, du signe de toute royauté.

Son attitude rigide, sa haute stature annoncent la puissance, mais l'expression de sa physionomie semble empreinte de quelque tristesse."

C'est que l'humanité, "mûre pour le châtiment suprême, est figurée par le personnage que le cheval renverse et piétine, sans que le conducteur en marque le plus léger souci."

Que faut-il penser de cette confusion entre églises, et entre Nord et Sud, entre eau et feu? Est-elle voulue ou involontaire? Je préfère réserver ma réponse pour l'instant.

Je rappelerai seulement ici que l'apocalypse, ou révélation en grec, n'est pas seulement annonciatrice du destin du macrocosme, mais révèle aussi celui de la matière de l'alchimiste au sein du microcosme qu'il entretient au laboratoire. Ecoutons à nouveau Fulcanelli:

"La terre, comme tout ce qui vit d'elle, en elle et par elle, a son temps prévu et déterminé, ses époques évolutives rigoureusement fixées, établies, séparées par autant de périodes inactives. Elle est ainsi condamnée à mourir, afin de renaître."


Sursis au châtiment? La jambe avant droite du destrier biblique magnifiquement reproduit par Julien Champagne a disparu de notre cliché ci-dessous, bien sûr plus récent.

Dans une note de bas de page de l'édition Pauvert des Demeures Philosophales de Fulcanelli, Eugène Canseliet précise:

"La statue équestre que dessina Julien Champagne au début de l'été 1919 est mantenant mutilée en partie.

Le cavalier a perdu son pied droit, tandis que le cheval, sans doute sous le même choc, s'est trouvé amputé, à dextre également, de sa jambe antérieure qu'il levait en piaffant."

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-36595286.html



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4 mars 2006 6 04 /03 /mars /2006 16:30



Fulcanelli était un intime de René (Raphaël) Viviani, né en 1863 à Sidi Bel Abbès (Algérie) et mort en 1925 au Plessis Robinson (Hauts de Seine).

Viviani fut par deux fois président du conseil, c'est à dire chef du gouvernement, au tout début de la première guerre mondiale.

Dans le numéro dix de la revue La tourbe des philosophes (1980), qui lui est d'ailleurs consacré, le disciple de Fulcanelli, Eugène Canseliet, se souvient de ce jour de 1919 où son maître et lui rencontrèrent ensemble, avenue Montaigne,  l'homme politique:

"Fulcanelli se trouvait dans la cour, en compagnie de René Viviani, de qui la calèche attendait sur l'avenue. Je m'arrêtai pour saluer avec beaucoup de déférence, car je savais la qualité du visiteur et l'amitié qui l'unissait intimement à son "très cher Fulcanelli."

Et Julien Champagne, dans tout ça, me direz vous? Canseliet poursuit:

"Resté incorrigiblement rapin, Julien Champagne avait un petit chien qu'il appelait Jougy, dont la robe blanche était frisée en larges coquilles. Il venait parfois avec cette bête aimable et toute pleine de cocasses drôleries. Son maître facétieux la faisait asseoir bien d'aplomb, lui disait de faire la belle, en ajoutant fort gravement:

"Nous allons prononcer notre discours à Monsieur Viviani!"

Aussitôt l'animal, véritable petit cabot, se mettait à pousser de roques grognements en chaîne, qu'il semblait moduler et souligner de gestes, en allongeant et ramenant ses pattes antérieures."

Et Eugène  de conclure, indulgent:

"Certes ce n'était pas méchant; tout de même Fulcanelli , ayant eu connaissance du numéro, pria son dessinateur, qu'il ne le produisît pas devant les jeunes de Lesseps, c'est-à-dire les arrière-petits-enfants de Ferdinand qui perça le canal de Suez, sous Napoléon III."

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32352126.html

 

RV.champagne



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4 mars 2006 6 04 /03 /mars /2006 15:25


Il est frappant de constater que les seuls dessins de Julien Champagne qui dans les deux ouvrages de Fulcanelli ( le Mystère des Cathédrales et les Demeures Philosophales) ne se rapportent pas à des monuments français ont trait à des oeuvres britanniques.

Champagne, ou plutôt Fulcanelli, qui cite d'autres constructions européennes, mais ne les a pas fait dessiner par Julien, avait-il avec nos voisins d'outre-Manche une relation privilégiée?

Quoiqu'il en soit, voici, empruntée aux Demeures Philosophales, une bien belle planche de Champagne, qui y porte le numéro XX.

Elle figure une statue de saint Jacques le Majeur, qui se trouve en l'abbaye de Westminster, à Londres, dont une estampe du XIXème siècle, qui la représente en une vue extérieure d'ensemble, est également reproduite ci-après.

Fulcanelli, qualifiant pour sa part dans son texte cette statuette d'"oeuvre magistale du XIVème siècle", ajoute aussitôt qu'elle "nous montre saint Jacques revêtu du manteau, la musette au côté, coiffé du large chapeau orné de la coquille.

Il tient en sa main gauche le livre fermé, enveloppé d'une housse formant étui. Seul, le bourdon, sur lequel il s'appuyait de la main droite, a disparu."

Pour Fulcanelli, ce livre fermé est le "symbole parlant du sujet dont se servent les alchimistes et qu'ils emportent au départ." De quel départ s'agit-il, au fait?

Mais du départ de leur pélerinage igné,  dont celui de saint Jacques est bien sûr une allégorie. L'arrivée à Compostelle implique ainsi, dixit Fulcanelli,  "l'acquisition de l'étoile."



Voici en tout cas une autre représentation de notre saint pélerin, très similaire à la première, puisque cette magnifique statuette en bois est  datée par les experts des environs de  1500, et serait  originaire du Sud de l'Allemagne.

http://www.hampel-auctions.com/en/75-156/onlinecatalog-detail-n1950.html

Quant à l'origine du dessin de Champagne, il s'agit très certainement du tombeau d'Henri VII, dit aussi Lady Chapel:

http://www.british-history.ac.uk/report.aspx?compid=119591

 

En voici un cliché, extrait de l'inventaire des monuments historiques britanniques.

 

champagnejamesimage.champagne.aspx

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32352092.html


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3 mars 2006 5 03 /03 /mars /2006 22:10



LA1921.champagne

 

Voici un ami de Julien Champagne, probablement rencontré au sein du cercle des Veilleurs
de René Schwaller, dit de Lubicz.

Champagne lui restera attaché jusque dans les derniers mois de sa vie terrestre, au point de lui faire part du dernier état de sa santé chancelante.

Les deux clichés reproduits dans ce post en font foi, qui tous deux sont empruntés, encore une fois, à l'édition italienne du livre de Geneviève Dubois, Fulcanelli dévoilé. Le premier figure également dans l'ouvrage d'Erik Sablé sur René Schwaller (Dervy, 2003).

Mais qui était Louis Allainguillaume, que dans ses alchimiques mémoires Eugène Canseliet appelle plaisamment Alain Guillaume?

Né en 1878, nous rappelle Dubois, il était originaire de Caen; il mourut en en 1946 à Cardiff (pays de Galles). Il était le père de deux enfants d'Isha Schwaller; riche négociant, notamment... charbonnier, il finança les travaux de René Schwaller, et c'est grâce à ses subsides que René put allouer à Julien Champagne des mensualités confortables.



D'après Emmanuel Dufour-Kowalski (La quête alchimique de René Schwaller, Archè, 2006), les deux enfants d'Isha et Louis, Suzanne, née en 1907, et Jacques, né en 1916, mourront tragiquement à l'époque de la deuxième guerre mondiale.

Pour Erik Sablé, Suzanne aurait péri dans un accident de voiture et Jacques, un protégé de Rose Celli, aurait été tué en Tunisie.

Après la mort de Louis Allainguillaume, son épouse Madeleine Jolly aurait été vivre au Plan-de-Grasse chez les Schwaller...

Le nom d'Allainguillaume ne peut être dissocié,croyons-nous,  de celui de Georges Lamy, négociant en charbon, mais aussi armateur de navires dont la famille  créa en 1903 la Société Navale Caennaise. Il épousa Jeanne Germain-Lamy (Isha) en 1906. Lamy fut aussi théosophe, comme Allainguillaume, qui deviendra l'ami intime d'Isha, avant de s'éloigner des Schwaller en raison de leur mariage intervenu à la mort de Georges Lamy.

Il quittera ainsi leur groupe de Suhalia, dans l'Engadine suisse, en 1926-1927, après en avoir été le principal mécène.

Notons au passage qu'une certaine Lucie Lamy proche des Schwaller fut plus tard une illustratrice de leurs livres. Il s'agit en fait d'une fille d'Isha et de Georges, devenue la belle-fille de René Schwaller:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3603422.html
http://touscesgens.hautetfort.com/archive/2006/08/13/allainguillaume-louis.html

Dans ses livres consacrés  à Oscar Milosz, L'étoile au front, Dervy, 1993, et O.V. Milosz, L'âge d'homme, 1996, Alexandra...Charbonnier explique qu'avant la première guerre mondiale René Schwaller travaillait pour Louis Allainguillaume, qui était à la tête d'une importante affaire d'import-export à Caen.

Pus tard, rapporte-t-elle, Louis Allainguillaume fit partie du cercle intérieur de l'ordre des Veilleurs,
tout comme Milosz et Schwaller; et cet "ordre" composé d'une douzaine de personnes était celui des frères d'Elie.

Dans son récent livre sur Schwaller (L'oeuvre au rouge, L'âge d'homme, 2006), Emmanuel Dufour-Kowalski précise, citant René Guénon in Le théosophisme, Nouvelle librairie nationale, 1921):

"En 1918, le groupe dirigé par René Schwaller et financé par Louis Allainguillaume prit à bail (à Paris) la maison de Balzac, menacée de  destruction."

Pour lui, Louis Allainguillaume fut au sein du cercle intérieur des Veilleurs un certain Pierre d'Elie. Il aurait également en 1922 racheté pour le groupe le hameau suisse de Suhalia.

Allainguillaume fut par ailleurs, comme nous y reviendrons peut-être tantôt, un proche de Lubicz-Milosz, comme il le fut de Julien Champagne.


Dans son livre sur son mari René Schwaller: Aor (La Colombe, 1963), Isha Schwaller de Lubicz rend à son ancien compagnon un hommage qui les honore tous deux.

Isha cite ainsi un long passage d'une conférence prononcée en 1920 par Louis dans le cadre du cercle des Veilleurs, dont je ne retiendrai que ce bref mais lumineux extrait:

"Le cycle éternel de l'Etre tourne sans issue dans le cercle fini de notre intelligence impuissante à connaître et à créer, car il n'y a pas coïncidence entre les deux.

C'est la vie qui est  Conscience! C'est la vie qui est créatrice! La Vie seule peut connaître la vie...le Commencement et la Fin échappent à l'intelligence."

 

ishaschwaller.champagne

 

signureisha.champagne



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1 mars 2006 3 01 /03 /mars /2006 07:20

 

 

Nous voici maintenant de retour à Rouen, à nouveau à l'hotel de Bourgtheroulde, déjà mentionné
à propos du phénix (voir notre post précédent: Immortalité de Champagne).

On observera, au passage, qu'après le phénix, la salamandre est cette fois sollicitée; encore une
"bête à feu"! L'alchimie est donc bien, décidément, une philosophie par le feu.

Joyau architectural, cet hotel de la capitale normande se trouve sur la place de la Pucelle. Il fut bâti entre 1505 et 1525 par Guillaume II Le Roux, seigneur de Bourgtheroulde.

Commandées par Guillaume III en 1520, certaines sculptures de la galerie dite d'Aumale y évoquent la rencontre "du drap d'or", entre François 1er et Henry VIII d'Angleterre.

Doit-on principalement ou uniquement au premier des deux souverains le dessin de Julien Champagne, reproduit ci-dessus, qui fait office de frontispice aux Demeures Philosophales de Fulcanelli?  Bien que le volage François en fît son emblème favori, rien n'est moins sûr.

Dans le même livre, au chapitre précisément consacré à la salamandre de Lisieux, Fulcanelli est sévère pour ce roi, rapportant l'avis selon lequel il fut avant tout "un fou brillant".

La salamandre, que le philosophe hermétique de Cyrano Bergerac mit aussi en vedette quelques décennies plus tard que Bourgtheroulde, est en effet en alchimie, nous rappelle Fulcanelli, "ce feu spirituel, informé et corporifié en sel, c'est le soufre caché, parce qu'au cours de son opération il ne se rend jamais manifeste ni sensible aux yeux."

Quoiqu'il en soit, la salamandre de Rouen  est ainsi, comme le phénix, immortalisée, et poursuit
son éternelle combustion, à nouveau évoquée par un alchimiste contemporain, déja mentionné comme disciple de Canseliet: Bernard Chauvière.

Auteur du livre précédemment cité: Parcours alchimique à l'usage d'un opératif, et inspiré par le dessin de Julien Champagne, il a réalisé et signé l'oeuvre reproduite ci-dessous, qui me paraît constituer un bel hommage à "notre cher Hubert".

 
http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32351967.html

 

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