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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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27 février 2006 1 27 /02 /février /2006 22:52


Voici deux dédicaces de Julien Champagne, extraites de l'édition italienne du livre de Geneviève
Dubois (Fulcanelli, Mediterranee, 1996).

Ces deux dédicaces ont déjà été mentionnées dans un post précédent (Champagne apôtre de la science hermétique).

L'une est adressée à ses amies Viard, l'autre à René Schwaller. Je ne suis pas graphologue, mais le scripteur semble être le même.

Il paraît probable que le second envoi ait trait à un des ouvrages de Fulcanelli, plus vraisemblablement le Mystère des Cathédrales (1926), ou sinon les Demeures Philosophales (1930).

Comme à ma connaissance Champagne n'a écrit aucun ouvrage particulier, je crois bien que le premier envoi est aussi, presque certainement, celui d'un des Fulcanelli, à moins qu'il ne s'agisse,
mais celà me semble moins crédible a priori, de l'oeuvre d'un tiers.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32351930.html



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26 février 2006 7 26 /02 /février /2006 19:13

ledadampierre.champagne



Classé monument historique, le chateau de Dampierre-sur-Boutonne (Charente Maritime) est un joyau de l'art monumental français de la Renaissance.

Achevé vers 1550, il fut démantelé par le prince de Condé pendant les guerres de religion. Il a été ensuite reconstruit entre 1675 et 1683 par Jules Hardouin-Mansart.

Il comprend deux jardins, dont l'un fut conçu par André Le Notre. Le second est baucoup plus récent (1978).

Propriété privée, le chateau  fut récemment ravagé par un incendie (2002), mais demeure ouvert à la visite par monsieur et madame Jean-Louis Hedelin, qui se sont consacrés à la préservation et à la restauration de leur demeure.

Il se compose aujourd'hui d'un corps de logis flanqué de deux tours rondes couronnées par un chemin de ronde, et doté d'une vaste galerie construite vers 1540-1547 pour le chatelain de l'époque, Claude de Clermont d'Aulnay , et son épouse Jeanne de Vivonne, ou peut-être le frère cadet du premier, François de Clermont.

Les plafonds des deux étages de cette galerie possèdent des caissons décorés d'étonnants motifs sculptés à caractère emblématique et ésotérique, qui ont fait la célébrité du chateau. L'essentiel de ces caissons se trouve en fait dans la galerie du premier étage.

Le "merveilleux grimoire du chateau de Dampierre" constitue effectivement tout un chapitre des Demeures Philosophales de Fulcanelli. Nous donnons ici leur planche XXIII, dessinée par Julien Champagne, et un cliché plus récent, pris sous un angle légèrement différent, mais non moins évocateur de la beauté du site, et de sa demeure toujours vivante.

"Extérieurement, dit Fulcanelli, son architecture, quoique élégante et de bon goût, reste fort simple et ne possède rien de remarquable; mais il en est des édifices comme de certains hommes: leur tenue discrète, la modestie de leur apparence ne servent souvent qu'à voiler chez eux ce qu'ils ont de supérieur."

D'où sans doute la devise que notre alchimiste signale sur une des cheminées du chateau:

SE.COGNESTRE.ESTRE.ET.NON.PARESTRE.

Sur une autre, plus petite, l'invite à la sérénité - et à la visite du chateau, si ce n'est à un séjour prolongé et paisible - mérite également d'être rapportée:

DOVLCE.EST.LA.VIE.A.LA.BIEN.SVYVRE.
EMMY.SOYET.PRINTANS.SOYET.HYVERS.
SOVBS.BLANCHE.NEIGE.OV.RAMEAUX.VERTS.
QVAND.VRAYS.AMIS.NOVS.LA.FONT.VIVRE.
AINS.LEVR.PLACE.A.TOVS.EST.ICI.
COMME.AVX.VIEVLS.AVX.JEVNES.AVSSI.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32351902.html


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26 février 2006 7 26 /02 /février /2006 12:26





Dans son Alchimie expliquée, Eugène Canseliet rappelle qu'il se rendit avec Fulcanelli au couvent
franciscain de Cimiez, sur les hauteurs de Nice, dont ensemble ils admirèrent les fresques énigmatiques, d'inspiration hermétique.

Nous pouvons situer l'équipée des deux alchimistes dans les années 1910: 1917? C'est l'année que nous avons en tête, sans pour autant disposer sous la main de référence précise.

Quoiqu'il en soit, il est curieux de constater que cette visite à Cimiez ne déboucha pas sur l'inclusion par Fulcanelli du monastère prestigieux, dont les superbes peintures de la fin du XVIIème siècle sont aujourd'hui menacées par l'humidité des murs et des coeurs, y compris celle de leurs locataires, - nous voulons bien ici parler des moines qui continuent de l'habiter, - ni dans son Mystère des Cathédrales, ni même dans ses Demeures Philosophales.

Canseliet, de son côté, écarta Cimiez de ses Deux Logis, et se contenta, pour l'essentiel, de nous donner dans son édition des Douze Clefs de Basile Valentin un "traité dans le traité", en commentant, généralement en note de bas de page, une dizaine de ces emblèmes.

Il fallut donc attendre 1977 pour qu'un de ses élèves, Séverin Batfroi, consacre à Cimiez son Alchimiques Métamorphoses, paru chez Guy Trédaniel. Cet ouvrage parut mécontenter son maître, pour une raison ou une autre.

Encore une fois, comment expliquer ces réticences successives? C'est ce que nous allons tenter de mettre en lumière brièvement, et bien entendu nous allons pour ce faire relier à ce mystère, grand ou petit, l'oeuvre de Julien Champagne.

Dans cette optique, je vais me concentrer non sur les fresques elles-mêmes, mais sur la croix séraphique de Cimiez, plus ancienne puisque remontant à la fin du XVème siècle (1477, vraisemblablement), et qui bien que presque unique en Europe, n'est évoquée ni par Canseliet, ni par Batfroi.

Cette croix fut paraît-il sculptée sur commande du frère franciscain Louis Terrini. Initialement, ce calvaire de marbre veillait sur le repos des frères franciscains, enterrés dans le cimetière de leur couvent, sur la place Saint-François, à Nice intra-muros.

Sous l'Empire, ce cimetière disparut, et, dégradée à la Révolution, la croix fut mise en lieu sûr par un particulier. En 1804, elle rejoignit Cimiez. Vandalisée en 1979, elle fut abritée dans l'église du monastère, et sa copie actuelle, un moulage, peut être vue sur la place, comme on peut le constater sur nos deux clichés.

Le calvaire est composé d'une croix tréflée gothique, posée sur une colonne torse. La face sud de la croix porte au centre un séraphin (ange) crucifié, aux traits christiques, qui rappelle la vision de Saint-François d'Assise sur le mont Alverne.

Dans le bras de droite, on remarque une représentation du saint. Dans le bras de gauche, une image de Saint-Louis de Toulouse, saint franciscain.

Au sommet, un pélican nourissant ses trois petits, symbole de l'amour-charité (le pélican est réputé donner sa vie pour sauver ses enfants, comme le Christ pour sauver les hommes).

La face nord de la croix porte au centre une représentation de la Vierge encadrée de Saint-Bernardin de Sienne et de Sainte-Claire, saints franciscains. Au sommet, le Sauveur portant le globe du monde. Au pied, les armes de la famille De May.

Enfin, au pied de la croix, les armes de la famille Sardina, qui contribua, comme les De May, au transfert et au rétablissement de la croix. 

Cette croix a fait l'objet d'un article anonyme paru dans le N°29 de la revue d'alchimie La Tourbe des Philosophes: Un labourant, la croix séraphique du monastère de Cimiez (ca 1987).

Mais quel rapport avec Julien Champagne, me direz-vous? Ecoutons un autre disciple de Canseliet, Bernard Chauvière, auteur d'un Parcours alchimique à l'usage d'un opératif (Liber Mirabilis, Londres, 2000), où la croix séraphique figure en couverture, et dont je me permets de recommander l'ouvrage.

L'auteur répond, l'année de la parution de son livre,  aux questions d'Alkest, de La librairie du Merveilleux (http://alkest.club.fr/interview2.htm):

"A: Vous avez illustré vous même votre ouvrage avec de somptueuses planches "façon" Julien
Champagne, représentant divers sujets hermétiques; parmi ceux que j'ai pu voir il y avait la croix du monastère de Cimiez. Qu'est-ce qui vous a poussé à commenter et dessiner les motifs de ce "lieu magique" après Mr Canseliet?

BC: Lors d'une visite à Savignies, et alors que je montrais à Eugène Canseliet des photographies d'un tableau alchimique, et il m'a confirmé qu'il l'était bien, il m'a montré de grandes photographies de la croix de Cimiez, qui dataient des années 1920. Il m'a aussi dit que Julien Champagne en fit des dessins, et que cette croix était présente dans le Finis Gloriae Mundi de Fulcanelli."

Nous reviendrons sur le troisième livre, non paru, de Fulcanelli, mais en attendant il nous faut bien nous poser la question suivante: que sont donc devenus les dessins de Julien Champagne sur la croix séraphique de Cimiez?


Après une question, il est bon de penser à répondre, même si interrogation et affirmation paraissent peu correspondre.

Voici donc sur Cimiez un document inédit, dont l'intérêt me semble double. D'une part, cet ex-libris provient d'un document qui me donne la certitude que dans le courant du XVIIème siècle le monastère a pu abriter en sa bibliothèque certain(s) ouvrage(s) d'alchimie, et d'un autre côté il me conforte dans l'idée que Fulcanelli et Julien Champagne n'ont sans doute pas inauguré la pratique des signatures en forme de blason hermétique.

armescimiez.champagne.jpg
Quant à Bernard Chauvière, il vient, après l'ouvrage estimable quoique très académique de Virginie Malbouires (Les emblèmes franciscains du monastère de Cimiez, ANRT, 1996) de consacrer au symbolisme et à la tradition hermétique du monastère de Nice et de celui, voisin, de Saorge, un petit livre qui est lui inestimable.

Inestimable, il l'est tant par la qualité des reproductions des peintures allégoriques que par l'essentiel des commentaires, rassemblant en un seul volume ceux que son maître Eugène Canseliet avait consciencieusement disséminés pour sa part:

Le monastère de Cimiez, Arrakis, 2009
http://www.publipole.com/spip/spip.php?page=article&id_article=156



http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32351862.html



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25 février 2006 6 25 /02 /février /2006 21:49


Un chapitre entier du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli est consacré à Bourges, mais l'auteur, délaissant curieusement la cathédrale berruyère, insiste sur l'hotel Lallemant et sur le palais Jacques Coeur, le premier étant d'ailleurs traité de façon plus exhaustive.

Fulcanelli revient donc très logiquement sur le logis de l'argentier dans les Demeures Philosophales, dont le tableau de pierre dessiné ci-dessus par Julien Champagne et ci-dessous reproduit à l'état d'esquisse par un artiste postérieur constitue la planche XXXIII.

Cette planche est intitulée : Tympan-l'engagement secret.  De quel engagement s'agit-il? Nous le verrons, mais lisons d'abord ensemble la description de Fulcanelli:

"Ce panneau sculpté forme le tympan d'une porte ouverte sur la cour d'honneur et représente trois arbres exotiques, - palmier, figuier, dattier, - croissant au milieu de plantes herbacées; un encadrement de fleurs, de feuilles et de rameaux entoure ce bas-relief."

L'interprétation de notre alchimiste s'ensuit aussitôt, de façon limpide:

"Le palmier et le dattier, arbres de la même famille, étaient connus des Grecs sous le nom de Phoinis (latin Phoenix), qui est notre Phénix hermétique; ils figurent les deux Magistères et leur résultat, les deux pierres blanche et rouge, lesquelles n'ont qu'une seule et même nature comprise sous la dénomination cabalistique de Phénix.

Quant au figuier occupant le centre de la composition, il indique la substance minérale d'où les philosophes tirent les éléments de la renaissance miraculeuse du Phénix, et c'est le travail entier de cette renaissance qui constitue ce que l'on est convenu d'appeler le Grand-OEuvre."



Mais Fulcanelli ajoute:

"Le panneau aux trois arbres sculptés du palais de Bourges porte une devise. Sur la bordure d'encadrement décorée de rameaux florifères, l'observateur attentif découvre, en effet, des lettres
isolées, fort habilement dissimulées. Leur réunion compose une des maximes favorites du grand artiste que fut Jacques Coeur:

DE.MA.JOIE.DIRE.FAIRE.TAIRE.

Or, la joie de l'Adepte réside dans son occupation...La devise de Jacques Coeur, malgré sa brièveté et ses sous-entendus, se montre en concordance parfaite avec les enseignements traditionnels de l'éterrelle sagesse. Aucun philosophe, vraiment digne de ce nom, ne refuserait de souscrire aux règles de conduite qu'elle exprime et que l'on peut traduire ainsi:

Du Grand-OEuvre dire peu, faire beaucoup, taire toujours."


Argentier de Charles VII, Jacques Coeur (1406-1456?) , qui fit construire sa "grant maison" de 1443
à 1450, fut-il un Adepte? Fulcanelli qui vient ici de le qualifier d'artiste, c'est-à-dire d'alchimiste, procède par allusions dans le Mystère des Cathédrales:

"Jacques Coeur eut la réputation d'un Adepte éprouvé. David de Planis-Campy le cite, en effet, comme possédant "le don précieux de la pierre au blanc", en d'autres termes de la transmutation des métaux vils en argent. D'où, peut-être, son titre d'argentier."

Sur ce Jacques Coeur alchimiste je ne saurais trop vous recommander la lecture des deux ouvrages si poétiques et si sensibles de Joëlle Pellegrin Oldenbourg, parus en 2001,L'homme aux yeux d'émeraude, et D'alchimique mémoire, Jacques Coeur.

http://www.institut-khepera.com/



http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32351826.html

jcbourgesalchimiste.champagne

 

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25 février 2006 6 25 /02 /février /2006 19:18


Julien Champagne se considérait lui-même comme un apôtre de la science hermétique, autrement dit de l'alchimie.

Et ce au point d'avoir souhaité que les termes latins correspondants (apostolus hermeticae scientiae) apparaissent sur sa tombe, au cimetière d'Arnouville-les-Gonesse, tombe que l'on voit ici dans son état initial.

Hélas, cette plaque payée par René Schwaller a depuis mystérieusement disparu. On pourra comparer ce cliché à celui de la tombe dans son état actuel dans le livre de Geneviève Dubois, Fulcanelli dévoilé.

Dans une lettre de 1932 à Schwaller, elle aussi reproduite par Dubois, la soeur de Julien, Renée, épouse Devaux, revient de façon touchante sur les volontés exprimées, visiblement par écrit, par son "cher et regretté Hubert:"

"Je désirerais que l'on me portât en terre dans l'appareil le plus simple et avec le moins de frais possible...Que l'on place mon cadavre dans une fosse temporaire, à même l'argile...Un simple et modeste entourage, quelques fleurs pour égayer la tombe, c'est là tout ce que je souhaite. Ne murez pas mon corps dans un caveau: je hais la pierre humide, rigide et froide des in-pace, et le sépulcre me paraîtrait une prison."

Julien Champagne a manifestement beaucoup tenu, également, à cette expression latine exprimant un apostolat dont d'ailleurs Eugène Canseliet fera aussi état en ce qui le concerne, puisqu'il a à plusieurs reprises dédicacé Le Mystère des Cathédrales à des proches, en utilisant les initiales correspondantes : A.h.S, et en les faisant suivre du nom de Fulcanelli.

Ce fut le cas pour la dédicace à Jules Boucher, reproduite par Robert Ambelain dans Les cahiers de la tour saint Jacques: "A mon ami Jules Boucher, fervent adepte des Hautes Sciences, j'offre ce témoignage de cordiale sympathie."

Il en est de même de la dédicace à René Schwaller, que l'on trouve, elle,  dans le travail de Dubois:
"A mon grand ami et disciple R. Schwaller de Lubicz, en témoignage de fraternelle et profonde affection."

Je remarquerai  simplement que seul  Schwaller est gratifé du titre de disciple.  Je ne connais pas actuellement d'autre dédicace de Champagne  signée A.h.S. Fulcanelli.

Dans son ouvrage, Dubois reproduit encore une autre dédicace de Julien Champagne : "A mes chères amies Viard, en témoignage de gratitude et de profonde affection." Mais cette fois-ci Julien
signe J.Champagne.

La signature A.h.S. Fulcanelli, photographiée ci-dessous, était donc réservée à un happy few. Mais au fait, qui étaient donc ces "chères amies" Viard?

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32351784.html


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25 février 2006 6 25 /02 /février /2006 14:28

charlesjaffeux.champagne

L'homme des bois, "héraut mystique de Thiers", fournit le thème central d'un chapitre entier des Demeures Philosophales de Fulcanelli.

Nous reproduisons ci-dessus la planche XVIII de cet ouvrage, fruit du labeur de Julien Champagne, dont l'exactitude peut être une fois de plus certifiée par le cliché très similaire
qui clot notre post.

La maison "de l'homme des bois", puisque le personnage représenté lui a donné son nom, remonte au XVème siècle. Elle peut toujours être admirée, rue de la Coutellerie, dans la "pittoresque préfecture du Puy-de-Dôme" qu'est restée la cité thiernoise. Depuis 1987, elle est classée monument historique.

Fulcanelli décrit ainsi notre sauvageon: "Un homme de haute stature, hirsute, vêtu de peaux cousues transversalement, le poil en dehors.

Tête nue, il sourit, énigmatique, quelque peu distant, et s'appuie sur un long bâton terminé, à son extrémité supérieure, par une face de vieille, encapuchonnée et fort laide. Les pieds, nus, portent à plat sur une masse formée de sinuosités rudes, que leur grossièreté d'exécution ne permet
guère d'identifier.

Tel est cet Homme des Bois qu'un chroniqueur local appelle le Sphinx de Thiers." Sans doute, objectera-t-on, mais quel est le sens de ce bas-relief sur bois?

Fulcanelli lui trouve en fait plusieurs significations; la première est générale et ésotérique:

"Cet homme simple, aux cheveux abondants et mal peignés, à la barbe inculte, cet homme de nature que ses connaissances traditionnelles portent à mépriser la vaniteuse frivolité des pauvres fous qui se croient sages, domine de haut les autres hommes, comme il domine l'amas de pierres qu'il foule aux pieds. C'est lui l'Illuminé, parce qu'il a reçu la lumière, l'illumination spirituelle."

La portée alchimique proprement dite de notre ermite est naturellement plus précise:

"A côté de sa fonction ésotérique, laquelle nous montre ce que doit être l'alchimiste, savant d'esprit simple, scrutateur attentif de la nature, qu'il cherchera toujours à imiter, comme le singe imite l'homme, l'Homme des Bois en révèle une autre. Et celle-ci complète celle-là."

Fulcanelli repère cette fonction seconde à l'extrémité du bâton que tient notre pélerin, notre voyageur, notre errant:

"Quant au sens propre de l'Homme des Bois, il est surtout concentré dans la tête de matrone qui termine son sceptre rustique. Face de duègne au crâne serré d'un capuchon, telle apparaît ici, sous sa forme plastique, la version de notre Mère folle."

Et il donne, finalement,  un sens bien particulier à cette folie:

"Car le fou, emblème humanisé des enfants d'Hermès, évoque encore le mercure lui-même, unique et propre matière des sages."

thierscpa.champagne



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22 février 2006 3 22 /02 /février /2006 22:42

 



Mais oui, Julien Champagne connaissait "le bon monsieur Thibault", ici portraituré par le grand Steinlein, et était connu de lui. Nous voulons bien parler ici d'Anatole France (1844-1924), aux obsèques duquel Eugène Canseliet assista, en compagnie de Fulcanelli (revue La Tourbe des philosophes, N°15-16, 1981).

On peut pourtant légitimement se demander, de prime abord, quel rapport peut exister entre l'écrivain célèbre, et réputé rationaliste, et ces trois hermétistes distingués que sont Fulcanelli, Champagne et Canseliet.

Mais Anatole France est aussi l'auteur de La révolte des anges (1914). Et puis, et sans doute surtout, il y a de lui La rotisserie de la reine Pédauque (1893).

Ce dernier livre semble bien avoir été assez directement inspiré par celui de Nicolas de Montfaucon de Villars, Le comte de Gabalis ou les sciences secrètes (1670).

Dans ce dernier livre, ni Fulcanelli ni Champagne ne semblent apparaître, mais il n'en est certes pas de même d'Eugène Canseliet, qui paraît  pouvoir s'identifier au jeune disciple Jacques Tournebroche.

autoanatole.champagne.jpg

Canseliet en tout cas est affirmatif: l'idée de La rotisserie "fut inspirée à Thibault-France par son ami Fulcanelli" (La Tourbe, N°14,1981).

La rotisserie est elle un roman à clefs? En tout cas, Anatole France récidivera, si l'on peut dire, avec ses Contes de Jacques Tournebroche (1908).

 

villasaïd.champagne


Il paraît avéré que Fulcanelli et Eugène Canseliet rencontrèrent France à plusieurs reprises, notamment en 1920, à la Villa Saïd. Canseliet en fut marqué, au point de s'en souvenir plus de soixante ans plus tard:

"Sa taille, dit-il en parlant de France, sa barbe et son comportement m'en imposaient considérablement, quoique je n'appréciasse pas sa manière de me passer soudain ses doigts dans les cheveux que j'avais blonds et abondants."

Et Champagne, dira-t-on? Eugène Canseliet poursuit:

"A l'inverse, il redoutait la présence de Champagne, qui ne restait pas longtemps sans griller une cigarette, et qui promenait avec soi la persistante odeur de fumée de tabac. Il est vrai que Fulcanelli qui pourtant ne fuma jamais, jugeait cette délicatesse d'odorat tout à fait excessive."

Et l'on voudrait après cela que Julien Champagne ait pu être Fulcanelli?

 

AFEN.champagne

Ajoutons que France, ami de Fulcanelli, fut en outre, comme le prouve la correspondance ci-dessus, un fervent admirateur d'Emile Nourry (1870-1935), auteur de divers ouvrages d'érudition sous le "nom de plume" de Pierre Saintyves, lequel Emile fut en 1914 l'éditeur de L'Hypotypose de Pierre Dujols (1862-1926), autre proche de Fulcanelli.

 

L'ouvrage de Saintyves auquel France fait référence dans sa missive est vraisemblablement Les grottes dans les cultes magico-religieux et dans la symbolique primitive (1918).

 

doyonvillars1942.champagne

 

On trouvera au demeurant une confirmation du lien entre Villars et France dans un petit livre érudit, très argumenté, et hélas méconnu, de René-Louis Doyon (1885-1966), dont je vous propose ci-dessus l'intitulé complet.

 

Consacré à l'abbé Montfaucon, et paru à Agen, chez Saint-Lanne en 1942, cet opuscule mérite le détour, avec en particulier un comparatif éloquent des textes respectifs de France et Villars.

 

rld.champagne

 

rldautographe.champagne

 

On y découvrira également plusieurs références à des traités alchimiques, dont un extrait d'un manuscrit qui proviendrait selon Doyon de la bibliothèque de Joséphin Péladan, dont il a par ailleurs publiquement décrit la "douloureuse aventure."

 

"Ce manuscrit a pour titre : Le Passage de la Mer Rouge ou Abord de la Terre Promise", René-Louis dixit. Selon Eugène Canseliet, Passage et Abord seraient en fait deux essais hermétiques distincts, qu'il considère comme désormais "perdus", et qui figuraient pourtant, toujours d'après Canseliet, dans la riche bibliothèque alchimique de...Fulcanelli.

 

Dans son essai sur Péladan (La Connaissance, 1946), Doyon mentionne également le fait que "Papus donna les premières conférences de vulgarisation occultiste chez Chamuel, rue de Trévise, et qu'il faut en noter un hôte occasionnel de marque, Anatole France, qui retira de cette fréquentation la révélation du Comte de Gabalis, ce curieux chef-d'oeuvre de l'abbé Montfaucon de Villars, transformé plus tard en un comique Jérôme Coignard.

 

On peut dire après ce stade, ajoute-t-il, qu'Anatole France ne fut qu'un transfuge de ce temple bénévole où tant d'esprits se vouaient à une recherche ardente de la vérité."

 

René-Louis avait d'ailleurs, dès 1921, publié à son enseigne de La Connaissance, un fort volume regroupant Le Comte de Gabalis, de Montfaucon de Villars, et plusieurs études, dont la sienne sur L'Histoire de "la Rôtisserie de la Reine Pédauque", d'Anatole France, et l'autre due à son ami Paul Marteau sur l'ésotérisme de Gabalis.

 

RLD1921.champagne



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21 février 2006 2 21 /02 /février /2006 21:52




Selon certaines sources contemporaines, la Fontaine parisienne du Vertbois (3ème arrondissement), qui vient d'être restaurée, daterait de 1712.

Ce n'est pas l'avis de Fulcanelli, qui en a fait la planche XXVI de ses Demeures Philosophales,
illustrée comme les autres par Julien Champagne, et dont voici l'intitulé: Paris - Conservatoire des Arts & Métiers - Bas-relief original de la Fontaine du Vertbois (1633).

On sait que le Conservatoire en question est le lieu prévilégié du roman ésotérique  Le pendule de Foucault (1988) d'Umberto Eco, auteur italien de nombre d'ouvrages d'intérêt, tels le célèbre
Nom de la rose (1980), autre fiction, mais aussi de plusieurs essais de grande érudition, comme
L'énigme de la Hanau (1990), consacré à l'alchimiste germanique Heinrich Khunrath (XVIIème siècle).

Ami(e)s lectrices et lecteurs, veuillez admirer sur nos deux reproductions la qualité du travail de l'artiste Julien Champagne, et ce avant restauration.

Ce beau navire est bien sûr le vaisseau de l'OEuvre alchimique, déjà mentionné. Mais Fulcanelli
en met "en relief" certains détails:

"Certes on pourrait mettre en doute la justesse de notre observation, et là où nous reconnaissons
une pierre énorme, arrimée au bâtiment avec lequel elle fait corps, ne remarquer qu'un ballot ordinaire de quelconque marchandise. "

Cette pierre est donc elle aussi celle de l'OEuvre. Fulcanelli poursuit:

"D'avantage, le vaisseau, vu de l'arrière, paraît s'éloigner du spectateur et montre que son déplacement est assuré par la voile d'artimon, à l'exclusion des autres...Or, les cabalistes écrivent artimon  et prononcent antémon ou antimon, vocable derrière lequel ils cachent le nom du sujet des sages."

 



Dans son étude historique, introductive de l'édition par René Alleau du Livre des Figures Hiéroglyphiques de Nicolas Flamel (Denoël, 1972, Retz, 1977), Eugène Canseliet, "unique disciple de Fulcanelli", sans ajouter beaucoup à l'explication ci-dessus qui n'est bien entendu qu'un extrait subjectif, souligne la pérennité du symbole:

"Il n'est pas inopportun de signaler...que l'hermétisme de cette sculpture...fut très fidèlement utilisé
pour l'inauguration de grands magasins à Rouen, avec l'édition d'une médaille qui est l'oeuvre du maître céramiste Pierre Oliver...

Sur cette faîence, d'un art parfait, la nef du Grand OEuvre, entourée des lacs d'amour, porte, de surcroît, en poupe, la coquille des pélerins de Saint-Jacques, et le vocable Coré qui signifie en grec ancien: jeune fille, vierge.".

Canseliet précise en note de pied de page que certains exemplaires au moins de ce petit bas-relief vernissé, de couleur rouge et sorti de l'atelier des Beaux-Arts de Rouen, furent signés.


Quoiqu'il en soit, cette fontaine pourrait bien être la première fontaine publique installée à Paris:


Dans son livre sur Les cadrans solaires disparus de Paris (CNRS, 2002), Andrée Gotteland consacre un article à la fontaine du Vertbois, car nous explique-t-elle preuve à l'appui, en se référant au livre de Simon Lacordaire sur les Sources et fontaines de Paris (Fayard, 1979):

"Sur une photo de la fontaine conservée au cabinet des estampes du musée Carnavalet elle comporte un style qui pourrait être celui d'un cadran solaire."

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32351596.html

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19 février 2006 7 19 /02 /février /2006 18:37


Le maître de Julien Champagne à l'Ecole des Beaux Arts de Paris, Léon Gérome, eut de nombreux élèves. Il en eut même dit-on plus de deux mille, et a eu sur eux une très grande influence, en étant non seulement respecté, mais à ce que l'on rapporte, aimé. Certains artistes fréquentèrent en outre son atelier personnel. Fut-ce la cas de Julien?

Beaucoup de ces condisciples de Champagne portent des noms de nos jours peu familiers au grand public. Citons Léon Bakst, Léopold Batut, Frederick Arthur Bridgman, Gustave Courtois, Léon Charles Caniccioni, Pascal Dagnan-Bouveret, Henry d'Estienne, Maxime Faivre, Jules Alexis Muenier, René-Xavier Prinet.

Trois au moins des élèves de Léon Gérome sont toutefois actuellement mondialement célèbres:
Odilon Redon (1840-1916), Fernand Léger (1881-1955), le dernier disciple de Gérome, semble-t-il, et Aristide  Maillol (1861-1941), dont nous reproduisons ci-dessus une des sculptures
intitulées La rivière (1939).

Cette sculpture aurait été créée en hommage à l'écrivain Henri Barbusse (1873-1935). Un exemplaire en est actuellement visible au jardin des Tuileries, à Paris.

D'après Richard Khaitzine, dans son Paris, Secrets et Mystères (Le Mercure Dauphinois, 2006), Vincent van Gogh (1853-1890) et Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901) furent également des élèves de Léon Gérôme. Toujours d'après Khaitzine, Gérome aurait enfin encouragé le Douanier Rousseau.

Julien Champagne connut-il certains de ces artistes, des moins connus aux plus cèlèbres? Sans doute, mais je manque pour l'instant de détails à ce sujet.

L'un d'eux au moins fut de ses amis, et est évoqué par Eugène Canseliet dans sa préface à la deuxième édition des Demeures Philosophales de Fulcanelli (Omnium Littéraire, 1960).

Canseliet y rappelle en effet que Julien Champagne "avait été l'élève de Jean Léon Gérome, ainsi que notre ami commun, mon pauvre cher vieux Mariano Ancon, artiste fier, digne des temps antiques, mort de misère en 1943, au milieu de ses toiles entassées par centaines, dans son petit logement de la rue de la Chapelle à Saint-Ouen, que devait bientôt anéantir le terrible bombardement."

Elève comme Julien Champagne de Léon Gérome, le peintre Mariano Ancon, sur qui toute autre information semble avoir disparu, comme sous un intense bombardement de silence, ou jetée à la grande rivière de l'indifférence, a donc été un ami commun d'Eugène Canseliet et Julien Champagne.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32351547.html


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18 février 2006 6 18 /02 /février /2006 22:36

 




Il y a en France plusieurs maisons d'Adam et Eve, et elles semblent avoir une signification hermétique ou alchimique. Celle de Montferrand (Puy de Dôme, XVème siècle) est dans ce cas, il y en a également une au Mans (Sarthe), à laquelle est consacré tout un chapitre des Demeures Philosophales de Fulcanelli (Le mythe alchimique d'Adam et Eve).

La planche de Julien Champagne qui en est une des illustrations et qui est reproduite ci-dessus
porte le numéro X et s'intitule: Le Mans - Maison d'Adam et Eve Bas-relief du XVIème siècle.

Voici une partie du commentaire de Fulcanelli à son sujet:

"Cette demeure philosophale, située au Mans, nous montre, au premier étage, un bas-relief représentant Adam, le bras levé pour cueillir le fruit de l'arbor scientiae, tandis qu'Eve attire la branche vers lui, en s'aidant d'une corde.

Tous deux tiennent des phylactères, attributs chargés d'exprimer que ces personnages ont une signification occulte, différente de celle de la Genèse.

Ce motif, maltraité par les intempéries, - elles n'en n'ont guère épargné  que les grandes masses, - est circonscrit par une couronne de feuillage, de fleurs et de fruits, hiéroglyphes de la nature féconde, de l'abondance et de la production."

Depuis, la maison a été heureusement restaurée, ce qui nous permet de vous en offrir des clichés plus récents du même bas-relief; le cliché reproduit en fin de ce post n'est pas parfait, cependant  il permet du moins la comparaison avec le travail de Julien Champagne.


Mais laissons Fulcanelli poursuivre sa description et son élucidation:

"A droite et au-dessus, on distingue, parmi des rinceaux lépreux, l'image du soleil, tandis qu'à gauche apparaît celle de la lune. Les deux astres hermétiques viennent accentuer et préciser encore la qualité scientifique et l'expression profane du sujet emprunté aux saintes Ecritures."

Remarquons au passage que le soleil est représenté de face, et la lune de profil; mais quel rapport entre le mythe d'Adam et Eve et l'alchimie?

Faute de pouvoir  répondre brièvement à cette question difficile, nous renvoyons sans hésiter  nos lecteurs et nos lectrices aux Demeures Philosophales, non sans leur avoir précisé, avec Fulcanelli:

Adam est la première matière de l'art, et "ce sujet est cependant, et proprement, la mère de l'OEuvre, comme Eve est la mère des hommes."

Avant de quitter Le Mans, disons également quelques mots sur l'histoire de cette maison,
parfois confondue avec celle appelée "des deux amis" (XVème siècle).

Elle aurait été construite en 1525 par Jean de L'Epine ou de l'Espine, médecin et astrologue.
Le bas-relief qui nous occupe est parfois dénommé "d'Ariane et Bacchus." Ce qui ne doit pas avoir
échappé à Fulcanelli.



http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32351494.html



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