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Bienvenue sur ce blog...


...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.
Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /2010 09:43

BECKchristinedesuede.CHAMPAGNE


A la belle âme d'Odile Duchamp (1953-2009) qui telle sainte Roseline cachait sous son tablier des brassées de roses.
"Heureux celui qui entend la parole de Dieu, et qui la garde," affirme l'Evangile selon saint Luc, autrement dit de la Lumière.

Cette Lumière est pour les alchimistes l'émanation du feu divin. Nous le voyons bien, en particulier dans les Trois anciens traités d'Alchimie d'Eugène Canseliet, quand l'auteur commente ainsi le portrait ci-dessus reproduit en couleurs de Christine de Suède par David Beck, toujours visible semble-t-il au musée national de Stockholm:

"La reine de Suède, ayant orné sa coiffure d'un frais bouquet de fleurs champêtres, appuie sa main, pour la lecture, sur la boule qui est communément l'hiéroglyphe de la première matière. L'écharpe vole au vent et l'eau s'étend à l'horizon."

Et d'emprunter à la brochure d'une exposition qui en 1966 fut réservée à Christine dans la capitale suédoise un passage qui complète son propos: "On a parfois voulu voir dans cette peinture l'allégorie des trois éléments représentés, le quatrième étant l'apanage de la Reine, c'est-à-dire le feu."

atlantisnumero1.champagne


Or ce feu invisible de l'émanant doit être orienté. Toutes les églises ont leur abside tournée vers le sud-est, leur façade vers le nord-ouest, tandis que les transepts, formant les bras de la croix, sont dirigés du nord-est au sud-est, constate Fulcanelli à l'orée de son Mystère des Cathédrales.

"C'est là une orientation invariable, poursuit-il, voulue de telle façon que fidèles et profanes entrent dans le temple par l'Occident, la face portée du côté où le soleil se lève, vers l'Orient, la Palestine, berceau du christianisme. Ils quittent les ténèbres et vont vers la lumière."

De ce Mystère paru pour la première fois en 1926, nous avons vu que Paul Le Cour, alias Pélékus, s'était fait l'écho élogieux au début de 1927 dans la revue AEsculape. Il apparaît également dès les tout premiers numéros du périodique de l'association Atlantis, fondée avec Philéas Lebesgue, ami et voisin d'Eugène Canseliet.

C'est ainsi que fin 1927 Atlantis organisa une excursion au sanctuaire druidique de Chartres, dont voici un extrait du compte-rendu: "Au dehors, sous les porches, Paul Le Cour exposa les commentaires de Fulcanelli dans Le Mystère des Cathédrales, d'une pénétration plus grande que celle de Huysmans."

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Début 1928 encore, Paul Le Cour rendant compte du livre de Jérôme Carcopino sur la basilique pythagoricienne de la Porte Majeure à Rome, observe: "Le symbolisme initiatique domine ici. A droite de l'entrée deux personnages, un homme et une femme, sont séparés par un tronc d'arbre autour duquel s'enroule un long serpent. A l'une de ses branches pend la Toison d'or.

On retrouvera à Bourges, bien des siècles après, le même tableau dans la chapelle de Jehan Lallemant. Ceci nous montre l'existence d'une continuité d'idées de l'antiquité à nos jours à travers le christianisme qui les a conservées sous des voiles. Le bélier à la toison d'or n'est-il pas cet agneau couché sur le livre aux sept sceaux? C'est la brebis (Rachel) qui porte la toison d'or, est-il dit dans les textes sacrés."

Enfin, Atlantis ne manque pas dès ses livraisons initiales de publier des encarts publicitaires de libraires amis, tel Emile Nourry, qui renonça à publier le Mystère, ou Jean Schemit, qui édita "le seul livre moderne qui jette sur la vieille Alchimie une lumière nouvelle".

Son rédacteur et préfacier Eugène Canseliet et son illustrateur Julien Champagne sont dûment mentionnés dans ces encarts, et c'est après le décès de Champagne que Canseliet commencera vraiment une longue collaboration aux activités et publications d' Atlantis.


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Eugène Canseliet, qui correspondit si longuement aussi avec un hermétiste suédois de ses amis, Arne Wettermark, notamment à propos de Christine de Suède, rappelle dans son ouvrage précité que Christine, dans le temps de son abdication, fit graver une médaille qui porte à l'avers son effigie et au revers la couronne royale, avec ces mots:

ET SINE TE - ET SANS TOI

Il ajoute aussitôt: "La souveraineté terrestre, sans l'emblème ordinaire des privilèges du sang! La fille de Gustave-Adolphe avait choisi la véritable royauté, celle que confère le Grand OEuvre physique, auquel elle caressait le dessein de travailler, dans la Ville du Pape." Soit Rome, la Ville éternelle.

Dans ses alchimiques mémoires de la revue La Tourbe des Philosophes, déjà maintes fois citée dans ce blog, Canseliet est d'ailleurs revenu sur son amitié avec Wettermark. Ce dernier a lui-même signé dans le même périodique (N°27, 1985) un article intitulé Christine de Suède, Roy par la grâce de Dieu.

Il y affirme notamment, argumentation à l'appui,  qu'on peut considérer que cette dernière pratiquait déjà l'alchimie avant son abdication, et qu'elle avait (comme d'autres) dénommé cet Art la Science des Roys.

Dans son ouvrage paru lui en 1991 (Queen Christina of Sweden and her Circle, E.J. Brill), Susanna Akerman pour sa part et en outre rapporte cette maxime de Christine selon laquelle:

"La Chimie est une belle science, elle est l'anatomie de la nature et la seule véritable clé qui ouvre tous les trésors."


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A chacun et chacune, excellente année en Hermès.

guisurarbre.champagne


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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /2009 17:56

Un colloque d'alchimie en plein Paris, en ce début du XXIème siècle, et un colloque où s'est invité Julien Champagne, voici un pari réussi le 28 novembre 2009 de l'association Atlantis, présidée par Jacques Grimault, association fondée rappelons le en 1926, l'année même de la parution du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli.

Organisée en l'honneur d'Eugène Canseliet, disciple de Fulcanelli, cette manifestation qui est intervenue dix ans après le mémorable colloque Canseliet mis sur pied à l'occasion du centenaire de sa naissance, en 1899, a réuni de cent à cent cinquante personnes, ce qui est sans conteste un beau succès.

La famille Canseliet et ses amis proches y était fort bien représentée, notamment par les présidentes d'honneur du colloque, Béatrix Canseliet, fille d'Eugène, et sa propre fille Sylvaine.

Cette dernière, qui a courageusement entrepris de faire éditer ou rééditer par Guy Trédaniel les nombreux articles de son aïeul, dont elle annonce après le volume 2007 une seconde livraison en 2010, a d'ailleurs tenu à rappeler que sa famille entend toujours faire respecter ses droits, s'agissant en particulier des oeuvres de Fulcanelli.



Des interventions des conférenciers, je retiendrai principalement qu'à une approche essentiellement historique de l'alchimie a succédé une vision plus contemporaine et plus thématique à la fois.

Joseph Davidovits a à mon avis très heureusement dégagé les origines et la dimension absolument religieuses de l'alchimie et de la chimie de l'ancienne Egypte, puis Alain Queruel a à son tour disserté sur les apports qui furent ceux des alchimistes médiévaux à la science actuelle.

Jacques Grimault, qui donne par ailleurs des conférences sur l'alchimie, a notamment insisté sur la nécessité plus impérieuse que jamais d'oeuvrer pour la préservation du patrimoine culturel considérable qui est celui de l'alchimie, aussi bien en matière scientifique qu'artistique, philosophique ou spirituelle.

Enfin Roland Narboux a justement présenté un panorama berrichon de ce patrimoine, et j'ai pour ma part été séduit par son rappel à propos de Bourges du fait qu'aussi bien l'hotel Lallemant - c'est bien connu - que le palais Jacques Coeur (ceci est moins su) conservent aujourd'hui encore dans la pierre la mémoire de leur alchimiste ou de leurs alchimistes.

On pourrait en dire autant, au demeurant, de bien des cathédrales (à commencer par Paris) et de bien des demeures philosophales ou logis alchimiques.


Patrick Rivière s'est en ce jour de saint Jacques, patron des alchimistes, livré à une brillante étude du symbolisme alchimique du pélerinage de Compostelle, dont depuis Nicolas Flamel et Fulcanelli nous savons bien qu'une partie doit s'effectuer par voie de terre, et l'autre reste maritime.

J'ai également relevé avec intérêt qu'il a bravement conclu son propos par une déclaration coram publico sans ambigüité sur l'inanité des recherches sur l'identité d'Adeptes de l'alchimie comme Fulcanelli.

Enfin Jean Artero a cherché à mettre en relief la nature même du mystère alchimique, telle qu'elle ressort de l'oeuvre écrite de Fulcanelli, l'apport considérable, voire unique,  de ce dernier à l'alchimie traditionnelle, et le sens de l'engagement alchimique d'Eugène Canseliet.

Il a conclu par une petite analyse du symbolisme de l'écu final de Canseliet, "abrégé de la voie sèche" en alchimie, et in fine sur l'importance du sel principe et des adjuvants salins dans la pratique alchimique (Quand sel y est est d'ailleurs le titre d'un des chapitres de son livre Présence de Fulcanelli).


C'est surtout Artero en fait qui a insisté sur l'importance de Julien Champagne dans l'élaboration du corpus fulcanellien. Voici donc une transcription que j'espère fidèle de quelques uns de ses propos à ce sujet:

"Pour conclure, ou plutôt pour ne pas conclure, mais pour terminer cette réflexion d’aujourd’hui, je souhaite appeler votre attention sur l’importance des illustrations en alchimie, notamment vis-à-vis des textes. Ces derniers, nous expliquent à l'unisson Fulcanelli et Canseliet, restent fréquemment trompeurs. Ils voilent autant qu'ils dévoilent. 

Puis-je d'ailleurs émettre l'opinion que ceci s'adresse à tous les auteurs alchimiques, Canseliet et Fulcanelli y compris?

Tous les alchimistes sans exception doivent en effet à l’obédience de réserver à leurs semblables les arcanes principaux de leur Science, de leur Art. Voilà qui me conduit à vous demander de ne pas négliger dans l’étude de l’œuvre fulcanellienne l’importance des illustrations de Julien Champagne, qu’aucune photographie ne saurait valablement remplacer.

Julien qui fut un ami aîné, mais proche d'Eugène, au point que ce dernier nous a expliqué être persuadé que Fulcanelli lui a adressé, à la mort de Champagne, et pour l'en consoler, un alchimiste turc du nom de Moktar Pacha, dont il est bien sûr question dans mon livre.

Rappelons tout de même que les seules éditions de ses livres qui furent approuvées par Fulcanelli sont celles où figurent les dessins de son illustrateur."

 

Souhaitons par conséquent qu'Atlantis, qui a manifestement entrepris de réimprimer les premiers numéros de sa revue et vient fin 2009 de publier une livraison spéciale sur l'alchimie, puisse faire paraître les actes de ce colloque, colloque dont une réédition est dès à présent prévue en 2012.

Et à chacune et chacun, joyeux Noël!



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Par ARCHER - Publié dans : archer - Communauté : les ateliers du temps
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /2009 10:08



Célébrer les morts, c'est une manière comme une autre d'honorer les vivants. Et s'il est permis avec Maurice-Consantin Weyer, qui met en scène certain Archer canadien, de se pencher avec nostalgie sur notre passé, ne manquons pas de faire renaître aussi celui de notre prochain.

Il est notre présent comme nous sommes son avenir. Sa mémoire nourrit notre imaginaire, et la transmission de sa parole se trouve au coeur même de notre appréhension spirituelle de la Tradition. Chère Fanny, voyez en ce deux cent cinquantième article du blog de Julien Champagne comme mes compatriotes Elmiro et Rose Celli reposent en paix au pied de la croix, cachés tous deux derrière la pierre du soleil.

Mais qu'ont-ils à nous dire, Rose et Elmiro, en ces lendemains de Toussaint? Et quels rapports, déjà avec notre cher "Hubert"?

Je pense qu'Elmiro est le mieux placé pour nous répondre dans un premier temps, grâce notamment aux écrits d'Alexandra Charbonnier sur Milosz.



"Je suis né en Italie, dans une famille de musiciens ambulants très pauvres. Enfant, je joue instinctivement du violon pour gagner ma vie, ce qui me conduit au conservatoire de Bologne, puis à celui de Paris. Mais mes amis ne se trompaient pas en disant déjà que j'avais une oreille de peintre et un oeil de musicien.

Vers 1912, une illumination me fait me tourner vers la peinture, et j'appelle précisément mon approche personnelle celle de la peinture de sensations. Je commence à exposer dans l'immédiat après-guerre (1919-1920) à la même période où je rencontre ma future femme.

Mes tableaux de l'époque témoignent déjà de ma sensibilité ésotérique: Prière à la Nature, Commencement, Gestation, Initiation, Vision, Le Feu, Alchimie.

Comme l'indique l'article me concernant du dictionnaire Bénézit, j'exposerai de 1920 à 1927 au Salon d'Automne, aux Indépendants et à la Nationale.


La seule toile de moi qui soit actuellement accessible au grand public est ce Chemin de Lumière qui fit partie de la collection de René  et  Isha Schwaller et aurait rejoint depuis la bibliothèque de la fondation Bozawola.

J'ai noué des relations avec Aor et Isha en 1916-1917 et je suis alors entré dans son groupe des Veilleurs, dont j'ai fait partie du cercle intérieur des frères d'Elie.  Rose et moi avons un temps rejoint son phalanstère de Suhalia, dont Julien Champagne devait être le directeur de recherche.

En 1920 je me suis installé provisoirement à Théoule, auprès du maître verrier Richard Burgsthal. Puis j'ai gagné l'Algérie, où nous avions à ce moment dans l'idée de refonder un groupe de Veilleurs.

De retour à Saint-Paul de Vence, j'y ai repris mes travaux et Rose n'a pas manqué de témoigner plus tard qu'une bonne part de ceux-ci se sont toujours déroulés dans mon laboratoire d'alchimie."

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3826243.html
http://touscesgens.hautetfort.com/archive/2006/08/18/celli-elmiro.html


Rose confirme aussitôt, puis: "Je suis née en Algérie, comme mon frère le poète Edmond Brua, et à part Elmiro ma grande passion au delà de mes études littéraires à l'école normale supérieure de Sèvres a toujours été l'écriture, ce qui a fait de moi assez rapidement une proche de Milosz et plus tard de Jean Giono.

Charbonnier rapporte à ce sujet que j'ai obtenu un prix littéraire (Fémina, 1925). Dans Comme l'eau (1930) j'ai bien pu comme avancé par Geneviève Dubois livrer sous forme de roman à clefs un épisode de la vie du Veilleur Henri Coton, alchimiste aussi connu sous le nom d'Alvart. Nous étions amis des Coton.

Elmiro et moi avons aussi à une époque fréquenté divers salons, à Paris celui de Nathalie Clifford Barney et à Nice celui de nos autres amis les Prozor, Maurice et Greta. Greta avec laquelle j'ai aussi échangé une correspondance, notamment en 1927 au sujet de l'alchimie de Coton.

http://www.archerjulienchampagne.com/article-4849361.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-3552044.html
http://www.lemercuredauphinois.fr/data/pages_site/bio_henri.php

Dans le même temps et tout en restant romancière j'ai commencé une oeuvre de traductrice, avant de bifurquer finalement vers les contes pour enfants, qui ont assis ma notoriété (Boucle d'or et les trois ours, Le bateau de pierre...). Tout ceci sans oublier de promouvoir l'oeuvre d'Elmiro, bien entendu comme dans cet article de La revue métapsychique de mon ami Hubert Larcher que j'ai rédigé en 1967 sur "Elmiro Celli et la peinture de sensation."

http://touscesgens.hautetfort.com/archive/2006/08/18/celli-rose.html


Ce qui nous conduit en définitive à évoquer également ici la mémoire d'Hubert Larcher (1921-2008), docteur en médecine  qui hélas nous quitté récemment et qui écrivit ceci, dans la livraison 35 (1996) de l'excellente revue des Amis de Milosz, patronnée par André Silvaire:

"J'avais commencé à étudier la médecine à Montpellier lorsque passant mes vacances à Saint-Paul ma mère me dit qu'il s'y trouvait un alchimiste du nom d'Elmiro Celli.

Je n'eus alors de cesse de le rencontrer et nous devînmes amis au point qu'il me permit de visiter son laboratoire, m'enseigna des éléments de son art et me conseilla sur le choix des verreries indispensables et d'un athanor."

Dans ce même numéro de revue on trouvera en outre divers articles sur "deux amis de Milosz, Rose et Elmiro Celli", dont un de Rose, Cet arbre mort devenu ange, et un autre de Milosz sur Elmiro: Un paysagiste mystique.


Ami de Jean Guitton, Hubert Larcher est plus connu comme tanathologue que comme alchimiste. Il fut d'ailleurs en 1966 l'un des fondateurs de la société de tanathologie.

Dès 1957 il a cependant publié un essai retentissant intitulé Le sang peut-il vaincre la mort (Gallimard) qui a été réédité en 1990 par Désiris sous un autre titre, plus poétique (La mémoire du soleil) et dont les préoccupations alchimiques sont loin d'être absentes, comme l'a tout de suite vu certain disciple de Fulcanelli et ami de Julien Champagne: Eugène Canseliet.

Notons enfin qu'il travailla un temps comme assistant chercheur au Laboratoire de chimie organique de l’Ecole Polytechnique (1948-1951), sous la direction du Professeur Pierre Baranger (passionné de mystique et d’alchimie).

http://www.metapsychique.org/Hubert-Larcher.html

Sur Celli, Larcher, et tant d'autres alchimistes vivants ou pas de notre belle Provence, et sur certaines demeures philosophales somptueuses comme Cimiez et Saorge, je vous recommande en outre chaudement un petit livret fort bien fait de l'UNIA, paru à Nice en cette fin d'année de l'an de grâce 2009: "Alchimie et Alpes maritimes, une quête":

http://www.universite-nice-inter-ages.fr/?uniaPage=26&acti=ALCHIMIE%20ALPES%20MARIT

"Le paranormal, nous n'y croyons pas, nous l'étudions."





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Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /2009 21:43

Xavier en attendant de vos bonnes nouvelles voici en cette Saint Firmin quelques souvenirs de notre Julien favori. 1897...le peintre, dessinateur et alchimiste a vingt ans.

C'est le bel âge du printemps, et Julien Champagne en profite pour visiter, carnet de croquis à la main, le musée de Picardie de la bonne ville d'Amiens.

Actuellement fermé pour travaux, ce musée fondé au siècle dernier sous l'égide de la Société des Antiquaires abrite nombre de chefs d'oeuvre universels.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_de_Picardie
http://www.amiens.fr/decouvrir/musee/index.asp



S'il ouvre à nouveau comme prévu le mois prochain, peut-être pourrons nous bientôt, comme Hubert le fit en son temps, admirer notamment ce Saint Eustache, ou plus exactement ce "fragment de sculpture" du XVIème siècle qui plut tellement à l'illustrateur futur des oeuvres de Fulcanelli.

Ou encore du même siècle fossoyeur d'un moyen âge encore bien présent ce Saint Michel terrassant le dragon. Mythe à propos duquel l'Adepte dévolu au XXème siècle dissertera à maintes reprises:

"Ce combat singulier des corps chimiques dont la combinaison procure le dissolvant secret (et le vase du composé) a fourni le sujet de quantités de fables profanes et d'allégories sacrées." (Mystère)

"La lutte courte mais violente livrée par le chevalier ne cesse que par la mort des deux champions (en hermétique, l'aigle et le lion) et leur assemblage en un corps nouveau dont la signature alchimique est le griffon." (Demeures)


Ou encore (Demeures toujours):

"Longin, dans la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, joue le même rôle que Saint Michel et Saint Georges; Cadmos, Persée, Jason font un geste semblable chez les païens.

Il perce d'un coup de lance le côté du Christ, comme les chevaliers célestes et les héros grecs transpercent le dragon. C'est là un acte symbolique dont l'application positive au travail hermétique s'avère lourd de conséquences heureuses."

Mais voici que cette même année nous retrouvons cette fois Julien dans l'atelier de Léon Gérôme.


Et certes nous savions bien déjà que Champagne en fut l'élève distingué:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1752591.html

Mais en voici désormais deux nouvelles preuves, et des plus esthétiques comme il se doit. Il me semble bien émouvant de penser, au demeurant, que Julien dut cotoyer, mais aussi tutoyer, nombre des jeunes condisciples ici représentés, qu'il ne manqua pas pour autant de croquer.

Et devant l'amicale insistance d'Edith, je ne peux clore mon petit article de ce mois sans signaler publiquement, à l'attention générale, une heureuse initiative d'Ibrahim, qui nous propose sur son excellent site déjà maintes fois nominé (je renomme La rue de l'Alchimie) une version en ligne des textes des deux ouvrages cités ci-dessus de Fulcanelli:

Fulcanelli complet en pdf avec les illustrations originales


Ni bien sûr passer sous silence une des prochaines conférences de l'association Atlantis, d'heureuse mémoire et toujours vivace, qui sera à Paris le mois prochain (novembre 2009) consacrée à "l'alchimie aux mille visages."

En ce cent-dixième anniversaire de la naissance d'Eugène Canseliet, cette conférence est de surcroît placée sous la présidence d'une de ses filles, Béatrix, et de Sylvaine, sa petite fille:

http://www.atlantis-site.com/activites/conferences.php?m02

http://www.atlantis-site.com/activites/programme.pdf

Puis pour finir ou plutôt continuer en harmonie, et en beauté, je vous propose de découvrir une toute récente symphonie concertante pour violoncelle du compositeur tchèque Jan Valta, précisément consacrée à Fulcanelli et tout bonnement intitulée:  Fulcanelli.

http://www.youtube.com/watch?v=YM9k35LA4_8

http://www.youtube.com/user/JanValta77 

http://www.projectfulcanelli.com/
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Dimanche 13 septembre 2009 7 13 /09 /2009 10:43

Julien Champagne, en rédigeant en 1908 son traité de La vie minérale, qui attend toujours son éditeur,

http://www.archerjulienchampagne.com/article-32335725.html

fait référence à un "prix Nobel" 1920 de physique d'origine française mais de nationalité suisse, et Polytechnicien de Zürich, bien oublié actuellement du grand public: Charles Edouard Guillaume (1861-1938):

http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_%C3%89douard_Guillaume
http://www.worldtempus.com/fr/encyclopedie/index-encyclopedique/horlogers-celebres/guillaume-charles-edouard/
http://www.cartage.org.lb/fr/themes/Biographies/mainbiographie/G/guillaume/guillaume.htm
http://en.wikipedia.org/wiki/Charles_%C3%89douard_Guillaume
http://nobelprize.org/nobel_prizes/physics/laureates/1920/guillaume-bio.html

Fils d'horloger, il reste connu en Helvétie en raison des application de ses découvertes d'alliages utiles en horlogerie. Guillaume entra en 1883 au Bureau international des poids et mesures de Paris (BIPM), dont en 1902 il devint directeur adjoint, et qu'il dirigera de 1915 à 1936.


Parmi ses ouvrages, il nous semble impossible de ne pas citer ici La vie de la matière (1899). Relevons aussi en 1907 cette fois son Des états de la matière...

En 1908 "Hubert" mentionne dans son essai une déclaration éclairante de Guillaume:

"Monsieur Charles Edouard Guillaume, physicien au Bureau international des poids et mesures, à Paris, a fait à Neufchatel, devant la Société helvétique des sciences naturelles, une conférence qui par certains de ses côtés, aurait vivement scandalisé les naturalistes d'il y a vingt ou trente ans.

L'auteur, grand partisan de la vie de la matière, a fait l'expérience suivante. Il a introduit dans un ballon de verre du mercure et de l'acide sulfurique. Le ballon fut ensuite plongé dans un amalgame de sodium soumis à un courant électrique de l'extérieur à l'intérieur.

Or le sodium, sous l'influence de l'électrolyse, a traversé le verre et est allé se dissoudre dans le liquide du ballon. Si le verre est à la base de sodium, on peut le faire traverser,  pour toute molécule plus petite,  par du lithium, par exemple.


Le sodium du verre s'en va le premier, et à mesure qu'il est remplacé par le lithium, on voit le verre prendre un aspect laiteux.

Ajoutons que la densité et la consistance du verre diminuent simultanément. On obtient du reste le même effet lorsque l'expérience se produit avec le sodium chaud ou froid. Dans le second cas, l'effet se fait attendre plus longtemps.

M. Guillaume trouve avec raison que cette expérience, de même que beaucoup d'autres dirigées dans le même but, démolissent la notion surannée de la matière inerte."

Notamment de la matière minérale, si nous suivons bien Julien Champagne...Mais n'est-il pas intéressant de nous rappeler à ce stade que Charles Edouard fait également partie des rares savants contemporains de l'époque qui sont favorablement mentionnés par un certain Fulcanelli?



"Il ne suffit pas au philosophe, lisons-nous ainsi au chapitre Chimie et philosophie des Demeures philosophales, de noter seulement l'allongement d'une barre de fer soumise à la chaleur, il lui faut encore rechercher quelle volonté occulte oblige le métal à se dilater.

Cette volonté métallique, l'âme même du métal, est nettement mise en évidence dans l'une des belles expériences faites par Charles Edouard Guillaume. Un barreau d'acier calibré est soumis à une traction continue et progressive dont on enregistre la puissance à l'aide du dynamographe. Quand le barreau va céder, il manifeste un étranglement dont on relève la place exacte.

On cesse l'extension et l'on rétablit le barreau dans ses dimensions primitives, puis l'essai est repris. Cette fois l'étranglement se produit en un point différent du premier. En poursuivant la même technique, on remarque que tous les points ont été successivement éprouvés, en cédant les uns après les autres à la même traction.

Or si l'on calibre une dernière fois le barreau d'acier en reprenant l'expérience du début on constate qu'il faut employer une force très nettement supérieure à la première pour provoquer le retour des symptômes de rupture.


M. Guillaume conclut de ces essais, avec beaucoup de raison, que le métal s'est comporté comme l'eût fait un corps organique. Il a successivement renforcé toutes ses parties faibles et a augmenté à dessein sa cohérence pour mieux défendre son intégrité menacée. Un enseignement analogue se dégage de l'étude des composés salins cristallisés..."

Et Fulcanelli d'en déduire, à l'issue d'une démonstration appuyée sur d'autres exemples, que la mort, corrolaire de la vie, étant la conséquence directe de la naissance, il s'ensuit que les métaux et minéraux manifestent leur soumission à la loi de prédestination qui régit tous les êtres créés.

"Naître, vivre, mourir ou se transformer sont les trois stades d'une période unique embrassant toute l'activité physique. Et comme cette activité a pour fonction essentielle de se renouveler, de se continuer et se reproduire par génération, nous sommes amené à penser que les métaux portent en eux, aussi bien que les animaux et les végétaux, la faculté de multiplier leur espèce.

Telle est la vérité analogique que l'alchimie s'est efforcée de pratiquer."



Au-delà même de la référence commune à Guillaume, on voit donc bien la communauté de pensée qui dans ces extraits au moins rapproche le Champagne de 1908 du Fulcanelli des Demeures (publiées pour la première fois en 1930).

Gardons nous pour autant de toute conclusion hâtive: Plus direct, moins lyrique que celui de Fulcanelli, le style de Champagne s'en distingue nettement. Beaucoup plus que son futur maître en alchimie, il emploie la nomenclature moderne de la chimie.

Bien plus, et à l'inverse, son approche de la cabale hermétique semble rudimentaire à l'époque, et sur le fond il nous semble dans nombre de passages plus proche en définitive du vitalisme hyperchimique ou si l'on veut de la spagyrie que de la légendaire alchimie.

Mais Champagne avec La vie minérale témoigne pour autant, et avec quel brio, qu'il est passé ou se trouve sur le point de passer "sur les banc d'une autre école" (Fulcanelli).



Ne quittons pas d'ailleurs M. Guillaume sans nous remémorer le fait qu'il fut, comme Fulcanelli, un des rares proches d'un autre Nobel, Pierre Curie.

A cette proximité Fulcanelli-Curie, Artero consacre d'ailleurs tout un chapitre de son Présence de Fulcanelli, où il s'appuie pour l'essentiel sur le témoignage d'Eugène Canseliet. Mais voici pour l'instant une preuve éclatante de la proximité Guillaume-Curie. Nous sommes en 1904, au BIPM:

http://www.bipm.org/fr/si/history-si/radioactivity/familles_curie_guillaume.html

1904...L'an prochain, Julien Champagne rencontrera Fulcanelli.

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