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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 17:35

aesculape1927a.champagne.jpg
En l'honneur de Ferdinand de Lesseps et de l'émir Abd-el-Kader, voici avec un peu d'avance sur notre timing prévu ou annoncé "une goutte d'or" mensuelle qui nous permet de nous rappeler, après un été maussade,  que le soleil fulcanellien d'automne est un astre froid.

J'aurais pu l'intituler aussi Champagne en 1927, ou Asklépios de Champagne, mais j'ai pensé que la revue Aesculape, vouée aux lettres et aux arts dans leurs rapports avec les sciences et la médecine,  ce qui est un bien beau programme, méritait bien un coup de chapeau particulier.

On y trouve en effet, sous la plume de Paul Le Cour, un des tout premiers articles consacrés à Julien Champagne et Fulcanelli, sinon le premier.

Rappelons que l'édition originale du Mystère des Cathédrales est de 1926...L'auteur de cet article a-t-il été alerté par Eugène Canseliet, préfacier et rédacteur du Mystère? C'est bien possible.

Nous avons déjà rencontré Paul Le Cour dans ce blog, et l'y avons présenté naguère, au prétexte d'un tour pendable que lui joua paraît-il Julien Champagne:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-2082647.html

aesculape1927b.champagne.jpg
Aussi je vais me contenter cette fois-ci de commenter brièvement son article, d'ailleurs très élogieux dans l'ensemble.

Fulcanelli a visiblement séduit Paul Le Cour, puisque "l'ésotérisme des cathédrales" s'ouvre par une citation bien sentie de l'auteur du Mystère.

Le Cour qualifie d'emblée l'ouvrage de fort curieux et d'admirablement présenté, ce qui est aussi à mon sens un compliment déguisé pour Champagne et Canseliet.

Il pronostique qu'il deviendra à bref délai une rareté, et a donc analysé avec perspicacité la modicité du tirage initial (300 exemplaires, semble-t-il) au regard de l'intérêt du livre.

Comme il ressort des illustrations que je reproduis, son attention a été essentiellement captivée par les médaillons hermétiques de Notre-Dame de Paris.



aesculape1927c.champagne.jpg
aesculape1927d.champagne.jpg

Pour Le Cour, le premier médaillon représenté ici représenterait moins l'alchimie que l'initié, "dont le front touche les nues  et qui possède la souveraineté donnée par la connaissance du livre fermé."

Une telle interprétation est à mon avis moins contradictoire que complémentaire de celle de Fulcanelli, et reste en tout cas très similaire.

De même, l'alchimiste protégeant l'athanor permet au fondateur d'Atlantis de préciser que "le grand oeuvre a pour but non seulement la transmutation en or de métaux vils mais aussi la confection de l'Eli-xir." Et Paul d'insister sur la validité de cette étrange orthographe...

Le Cour qui n'ignore cependant ni la Sainte-Chapelle, ni Amiens ni Bourges, émet encore cette remarque digne d'intérêt:

"J'ai constaté qu'à Chartres se trouvent à peu près les mêmes figures qu'à Paris." Et ni Champagne ni Fulcanelli je crois ne le contrediraient sur ce point:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1766811.html


EC2007.champagne

Mais j'ai déjà traité à mon humble niveau de tous ces bas-reliefs de Notre-Dame de Paris, et vous me pardonnerez j'espère de vous renvoyer aux articles idoines:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1793068.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-2447744.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-2716962.html

Le Cour, après avoir remarqué que le Mystère a dû nécessiter à son auteur de longs travaux, si l'on en juge par la date de certains dessins, qui remontent à 1910, conclut en déclarant qu'il a retrouvé dans cette oeuvre "avec un vif intérêt, des idées chères à un hermétiste connu en raison de son immense érudition: Pierre Dujols." 

Si d'aventure, amies et amis, vous rencontriez dans la même revue Aesculape le compte-rendu qu'y fit Paul en janvier 1931 des Demeures Philosophales de Fulcanelli, je vous saurais gré de m'en faire part.

De 1927 à 2007, quatre générations ou presque ont passé...Je m'en voudrais de ne pas vous signaler pour conclure ce "post" la parution il y a quelques semaines seulement d'un nouveau livre, post-mortem justement, d'Eugène Canseliet, dont vous voyez ci-dessus un cliché de la couverture.

Cet ensemble d'articles est une suite de son Alchimie, paru en 1964. Il comporte deux inédits, dont un au moins me semble important, sur les universaux. Hélas, je n'en ai pu en trouver jusqu'alors qu'un exemplaire unique.

Il est préfacé par Sylvaine Canseliet, fille de Béatrix, d'une manière émouvante qui rappelle tout à fait les accents si personnels de son aïeul. Autant dire que ce début apparent d'une trilogie à venir nous semble des plus prometteurs, d'autant qu'en quatrième de couverture, et nous en terminerons là-dessus pour ce soir, figure à nouveau "l'alchimie, dessin de Jean-Julien Champagne." 

  

 

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9 septembre 2007 7 09 /09 /septembre /2007 11:00

 

andreaetleandreo.champagne.jpg
Fulcanelli, qui est aussi le maître de Julien Champagne, a comme tous les Adeptes le don d'ubiquité. Il est ici, il est ailleurs...

Il est, mesdames et messieurs, le vrai furet du bois. Il y a déjà quelques décennies, on l'a vu jusqu'au Brésil, et en Argentine, contrée de l'oeuvre au blanc dont les armes arborent un soleil central.

L'Argentine au nom si alchimique, nation homothétique de l'Espagne, autre nation gitane où l'art de la danse est tout enclos.

Et patrie du tango...et du Toulousain Carlos Gardel. Danse d'amour par excellence, le tango me paraît également 
emblématique de cet art d'harmonie, de la "muy grande" harmonie au rythme de l'univers, bref de cet art de musique 
qu'est l'alchimie.

Il met en scène le sublime ballet dansé par l'homme et par la femme alchimiques dans leur quête de l'androgynat de l'âge d'or. Je ne suis donc pas surpris que la première photo qui nous est proposée ce jour soit celle d'Andrea et Leandro.

Vous pourrez la retrouver, ainsi que bien d'autres, sur ce beau site voué au tango:

http://perroquet.canalblog.com/albums/tango/photos/2407299-andrea_leandro.html

qui très naturellement nous dit d'entrée de jeu: "garde tes rêves d'enfant." La Science, après tout, cela sert aussi à cela, à garder, alors comme dit le chanteur, gardons nous vivants.

scientiaservat.champagne.jpg
Je ne suis nullement étonné non plus d'avoir récemment, et fortuitement comme il se doit, découvert qu'une poétesse
argentine, dûment inspirée par Fulcanelli et Julien Champagne, a dédié sur la "toile" à ce dernier un joli poème de sa façon.

Je l'ai déjà signalé à Sylvie, que je salue à nouveau, dans un de nos commentaires, mais j'ai finalement pensé qu'il méritait un article à part entière:

http://www.escritorium.com/848/tango-gonzalez-eyroa/iris-a-jean-julien-champagne/

Iris

A Jean-Julien Champagne

J'espère que vous me pardonnerez de citer d'abord ce texte fleuri au parfum de l'iris, cousin du lys sacré entre tous, tel qu'il se présente au "sol cadente", dans la langue du grand initié que fut Cervantès:

En un hilar de filigranas de oro y plata
haré con su nombre
luminosa huella que me guíe
hasta encontrarle y no perderme,
por caprichosas nébulas.

Oh! rémora obscura detén
la nave de mis sueños has que se diluyan
en las aguas de tu mar.

Iris! diosa mía,
la de los siete velos de colores
dame de beber de tu profano grial
la ansiada pócima, dulce nepente

dejar de ser . . .
Y con la cruz de Hundaya
ponle fin a mis delirios
de encontrarle . . .

Mais je voulais aussi vous proposer une traduction de mon crû, bien qu' étant loin de pouvoir me présenter comme un hispanisant très distingué. Merci d'avance par conséquent de votre indulgence et de vos "propuestas."

Bien entendu, l'auteur de ce poème y chante la seule quête qui vaille, celle de l'amour. Et c'est la même bien sûr que celle du Graal:

En un filet filigrané d’argent et d’or
De son nom je tisserai
La trace lumineuse me guidant
Je le trouverai sans me perdre
Dans les brumes incertaines

O rémora obscur
Qui stoppe la nef de mes rêves
Dans les eaux de ta mer dissous

Iris ma déesse arc-en ciel
Aux sept voiles des couleurs
De ton Graal profane fais moi goûter
La liqueur convoitée
Et succulente hostie

Ne plus être
Et par la croix d’Hendaye
Mettre fin à mon délire
De le trouver

victoria.champagne.jpg
Née en 1944, Victoria Asis dirige la revue littéraire Alas del Sur. Elle a déjà publié deux recueils, Voces del Paraiso en 2002, et en 2004 Duo.

Comme il se doit Duo a été écrit à quatre mains et est aussi l'oeuvre du poète brésilien Iacyr Anderson Freitas. Victoria a de son côté déjà été traduite en portugais du Brésil.

http://www.ciudaddemujeres.com/poemario/A/AsisVictoria.htm

Victoria, voici ta première traduction en français. Elle est sûrement imparfaite, mais j'espère avoir quand même donné
à nos lecteurs une petite idée de la qualité de tes vers et avant tout de leur musique de "cante jondo." C'est pour toi mon cadeau de bienvenue au pays légendaire de Julien Champagne.

Un beso.

Je ne voudrais pas quitter la contrée du tango sans vous dire quel a été mon plaisir d'y retrouver, cette fois, en meilleur format, hum...ce tableau de Kees van Dongen dont je vous ai déjà, en tout bien tout honneur, entretenu à propos d'Irène Hillel Erlanger.

L'archange ou du moins l'ange du tango sans doute a dû bien heureusement passer par là! Mais au-delà même de la dimension érotique évidente, et si vous doutez au départ, comme il est normal, de l'hermétisme de ce tableau, je vous demande,amies et amis, d'essayer de concentrer votre attention sur les chaussures de la dame, la droite et la gauche.

Pour les non initiés, je veux parler ici du vert et du rouge, et notamment du lion vert et de son rouge avatar. Mais voici
plutôt Tilla, à qui j'adresse incontinent, en sus de mes remerciements, mes hommages les plus empressés:

http://www.rsagala.com/tilla.html

vandongentango.champagne.jpg



Et puis un tango sans musique, est-ce encore un tango, je vous le demande. Alors de l'immense poète belge et cependant francophone Jacques Brel, pourquoi ne pas méditer et pratiquer cet(te) épique Rosa?

http://www.youtube.com/watch?v=v6rLLE48RL0&mode=related&search=

Laisse aller, Julien, ce n'est pas encore une valse, mais c'est déjà un tango, celui de la plus belle des fleurs.



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9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 09:43

                              

Pour fêter comme il se doit dignement et ludiquement la Saint Amour, que diriez vous d'un petit vert de Champagne?

Parfumé au lotus, exceptionnellement, un peu d'exotisme ne saurait nuire en été. En fait la fleur de lotus que je voudrais vous présenter n'est autre que la femme peintre et écrivain Lotus de Païni.

Mais si, elle a quelque chose à voir avec Julien Champagne. Et même pas mal à voir. Au départ pourtant l'information dont nous disposons semble ténue:

D'après Pierre Geyraud entre autres, le groupe occultiste du Grand ou Très Haut Lunaire, auquel Champagne s'était acoquiné, s'inspirait entre autres de l'oeuvre de Fulcanelli et de celle de...Lotus de Païni.

Voici me semble-t-il une raison déjà suffisante pour découvrir cette dame, qui de surcroît est comme "Hubert" et comme il se doit une artiste méconnue. De là à penser qu'elle et lui à l'inverse se soient connus, il n'y a qu'un pas que je serais presque tenté d'allègrement franchir.

Ceci dit, je n'ai aucune indication précise pour l'instant de l'appartenance de Lotus au Grand Lunaire. Mais alors, avant et après notamment, c'est une toute autre histoire.

Née italienne dans la région de Ferrare, nous apprend son futur biographe Marc Le Gouard, qui lui a déjà consacré un important article en 2002 dans la revue Politica Hermetica, de Païni s'appelle en fait Elvezia Gazzotti.

Sa mère étant française, elle passe son adolescence sur la Côte d'Azur, avec sa soeur...Fiametta, et y suit des cours de peinture. En 1888 ou 1889, elle envoie à un Salon parisien un premier tableau qui est aussitôt remarqué, et qui inaugure sa carrière de peintre. Elle sera aussi sculpteur.

Ce tableau, qui a fait le 18 avril 2007 l'objet d'une vente par Sotheby's à New York, est celui de Théodora, impératrice byzantine. Reproduit ci-dessus, il est certainement hors de prix et qui plus est...sans prix. Je pense qu'il est emblématique et du profond féminisme de Lotus et de son mysticisme bien particulier, et peut-être de son attrait pour Puvis de Chavanne.

Elle se marie vers 1890 au baron italien Nicolas Païni, qui riche rentier cela va sans dire possède une résidence à Nice, et dont elle divorcera après quelques années.

A partir de 1897 notre baronne habite Paris et y expose sous sa nouvelle signature de "Lotus". Là non plus, il n'y a pas de hasard, puisqu'elle est dès ce moment sous l'influence de la théosophe Helena Petrovna Blavatsky.

En 1899 elle présente ainsi au Salon de la société nationale des beaux arts La vie, grand tableau qu'elle présente comme le premier d'une série inspirée par une pensée philosophique...

lavielotus.champagne.jpg

En 1900 elle se remarie d'ailleurs à Londres avec un médecin, Paul Pératé, devenu par la suite Péralté, après avoir avec lui rejoint la Société Théosophique. Nous voici donc bien tout près de Julien Champagne, dont nous avons évoqué les liens avec la ST (Champagne au lotus bleu, Champagne au lotus rouge).

Sur le cliché ci-dessus, nous la voyons peignant la même année dans le parc de la résidence normande d'une de ses grandes amies.

Avec son nouvel époux, Lotus entreprend les traditionnels pélerinages initiatiques de l'Inde (1904) et de l'Egypte (1910). Elle en revient passionnée d'égyptologie et son mari et elle nouent alors de fortes relations avec le musée Guimet.

Dès 1908, elle a commencé à écrire et certains de ses articles sont clairement ésotériques, comme cette année là justement "la tradition mystique iranienne"; elle rattache en particulier à ce courant de pensée le culte de Mithra, mais aussi de nombreuses sectes de gouliards, dont elle suit la filiation jusqu'à la révolution de 1789. Tout cela fleure bon son Fulcanelli, son Dujols et son Grasset d'Orcet.

En 1910, elle quitte le mouvement théosophique, que comme d'autres elle trouve trop orientalisant, pour suivre dans sa scission de 1913 l'anthroposophe allemand Rudolph Steiner. Elle le rejoint bientôt dans son Goethanum où nous la voyons ci-dessus jouer de la truelle pour son édification initiale, vraisemblablement à l'époque du premier conflit mondial.

 

En 1914, Edouard Schuré, qui fut une des premières lectures ésotériques du jeune Canseliet, est ébloui lui aussi par Steiner.

C'est grâce à lui que Lotus Péralté peut publier à ce moment son premier ouvrage significatif, L'ésotérisme de Parsifal, cet ésotérisme wagnérien auquel plus tard le même Canseliet consacrera un écrit.

Pour elle, comme pour Dujols, Canseliet, Fulcanelli  et d'autres, "le poème roman aussi bien que le fabliau de Parisfal sont la traduction exotérique de la légende de l'ésotérisme chrétien au moyen âge."

Notons également en 1926, année de parution du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, l'article de Lotus sur Le jeu de la balle d'or au Mexique, qui paraît tout simplement dans le Voile d'Isis, revue de la Bibliothèque Chacornac que nous retrouvons donc encore une fois.

Au passage, si vous lisez ou relisez Fulcanelli, vous y trouverez confirmation du fait qu'il est un des rares auteurs alchimiques à évoquer par instants la civilisation de l'Amérique pré-colombienne. Pour Païni, le jeu dont il s'agit est d'origine atlante, ce qui a dû faire plaisir à Paul Le Cour.

 

C'est alors le temps pour Païni de la publication de ses livres majeurs, édités comme ceux de Fulcanelli à faible tirage: Les trois totémisations (1924), La magie et le mystère de la femme (1928), et ce livre au titre si alchimique de Pierre Volonté, paru en 1932, année de la mort de Champagne. Pour les deux derniers, Lotus choisit de s'appeler L.E. Païni (L pour Lotus, et E pour Elvezia).

Si nous suivons Le Gouard, un des traits marquants de son oeuvre est alors un primitivisme philosophique proche en un sens de Paul Gauguin ou du Douanier Rousseau en peinture: " Pour Lotus, le primitif qui communie naturellement avec la cosmicité est un mystique, il possède de façon innée le vrai sens religieux." Voici bien entendu pour moi une bonne raison d'attribuer à notre fleur la couleur verte.

Pour elle, de fait, "le penseur est vert."

Nous sommes ici exactement à mon avis dans "l'âge d'or" fulcanellien, que pour sa part elle appelle magnifiquement les grands lointains, lointains qui sont peut-être nos grands prochains.

"C'était le temps du rêve, l'alcheringa, dit la tradition australienne. L'homme vivait dans l'au-dedans des choses, dans les forces spirituelles, dans les lois de son être; il vivait la synthèse, le plein de son âme de feu astral. C'était une immersion dans la cosmicité, l'Age d'Or."

Son dernier livre paru, en 1934, se dénommera significativement Le mysticisme intégral: Saurons nous opérer cette métamorphose qui transformera notre physique et, écrit Le Gouard, nous permettra de nous élancer vers de nouveaux buts, au point de nous même devenir des systèmes solaires?

 

LoupPainiFem.champagne

  

C'est alors dans les années 1930 que Lotus de Païni compte parmi ses amis bien des personnes qui gravitent dans les milieux surréalistes, comme ces Penrose (!) qui furent proches de Paul Eluard, lui-même comme nous l'avons vu intime d'un modèle de Julien Champagne.

Païni décédera à un âge très avancé, en 1953. Jusqu'au bout, elle aura, - fort modestement, il est vrai, - foi en ses idées, notamment celles exposées dans sa trilogie: "Ces trois études, qui contiennent la somme du totémisme magique, ne sont que de simples efforts pour pousser les battants de la grande porte qui bée sur les très larges et lointaines perspectives de la surprenante science d'autrefois."

Seule La magie et le mystère de la femme a été rééditée pour l'instant, toujours en tirage limité et donc à l'usage du happy few stendhalien.

Cette réédition est intervenue en 2003, grâce aux éditions Arma Artis, bien connues des amateurs d'ésotérisme en général et en particulier d'alchimie.

De ces armes de l'art, il convenait me semble-t-il que votre humble serviteur se fasse ce jour un des plus humbles hérauts.

Elles figurent si je puis dire d'entrée de jeu dans le traité que l'on ne peut qualifier que d'à la fois splendide et héliaque de l'alchimiste Salomon Trismosin, supposé mentor de Paracelse: le Splendor Solis.

Parmi les proches de Julien Champagne que Lotus influença, et qui peut être l'influencèrent également, figure selon Emmanuel Dufour-Kowalski un certain René Schwaller de Lubicz, égyptologue et alchimiste de son état...et lui aussi inspirateur du Grand Lunaire.

D'après lui, l'approche de Païni semble s'être tissée comme en contrepoint de la doctrine lubiczienne. Pour elle, en effet, "nous emplissons d'âme , d'intelligence et de sensibilité l'Univers qui (à son tour) participe de la conscience qui s'éveille."

A l'inverse, si on retient la thèse de Le Gouard, la découverte de Lotus par André Breton, qui selon Geneviève Dubois notamment connut Fulcanelli, a été plus tardive. Il la situe après la mort de Païni, en 1954.

André, comme Champagne grand ami de Canseliet, sur qui il nous faudra peut-être revenir, et qui apparement sans l'avoir jamais rencontrée rendra à Lotus en 1957 dans son Art magique cet hommage vibrant:  "Païni rend grâces à la seule magie d'avoir successivement dotée la créature humaine du Sentir, du Penser et du Vouloir."

Il lui consacrera en 1962 un collage de son crû, reproduit en couverture par Arma Artis, où apparaît le lotus, l'oeil de la vision et le chiffre trois, semi masqué, pour les trois totémisations de Païni, de la trilogie fulcanellienne ou des trois oeuvres de l'alchimie.

Pour Alexandre Rouhier, relation de Julien Champagne et chantre du Grand Lunaire, qu'elle cite dans son Magie et mystère de la femme, Lotus est "la plus grande ésotériste de notre époque."

Comme quoiqu'il en soit cette époque, d'après Païni soi même, n'est ni la seule ni la plus importante, j'ai choisi de terminer cet ex-voto par la reproduction d'un artiste français anonyme de la fin du XVIIème siècle ou du début du suivant.

Harmonie de la glace blanche et du feu pourpre, sympathie du fou et de sa sophia, bref, voici un hymne à l'amour qui je l'espère vous complaira, et que j'ai de mon propre chef, car il ne porte aucun titre, intitulé, allez savoir pourquoi: Rose, c'est la vie. 

"Il me paraît essentiel de concevoir l'univers des choses dans leur parfaite solidarité, et sentir l'âme couler à travers toutes ces choses vivantes." (Lotus de Païni)

Encore? Encore: "L'univers est bien de l'âme qui se réalise." Nous nous trouvons ici à mon sens sur un plan de réalité bien supérieur à celui évoqué par une George Sand, écrivant pourtant de façon similaire: 

"La nature est éternellement belle et généreuse. Elle possède le secret du bonheur et nul n'a su le ravir."

 

LDPsignure.champagne

 

 

pcc ARCHER

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2 juillet 2007 1 02 /07 /juillet /2007 11:18




Il y a autour de Julien Champagne, il faut bien le dire, beaucoup de personnes liées à la société Poulenc Frères.

Comme Walter Grosse a déjà consacré à cette entreprise devenue par la suite Rhone Poulenc un article documenté, je ne vais certes pas vous en infliger une nouvelle mouture:

http://www.fulgrosse.com/article-2427770.html

Il n'est pas sans intérêt, cependant, de noter que la firme en question, pharmaceutique au départ, a ensuite englobé dans ses activités d'autres secteurs, notamment ceux de la chimie et de l'agrochimie:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rh%C3%B4ne-Poulenc

Aujourd'hui, ses savoir-faire et ses parts de marché sont détenus respectivement par Sanofi Aventis, Rhodia et Bayer. Nous avons donc affaire ici à un grand groupe économique.


La Poulenc Frères avait été créée sous ce nom vers 1895-1900, les sources d'information à ce sujet n'étant pas concordantes, par les fils ou les neveux du pharmacien Etienne Poulenc (1825-1878), Camille (1864-1942), Emile (1855-1917) et Gaston (1852-1948).

http://www.ac-grenoble.fr/risqmaj/realisations/38/pompidou/2000/historiq.htm

Comme nous le montre le premier cliché de cet article, les frères Poulenc ont en fait assez rapidement diversifié leurs activités, des produits chimiques aux appareils de laboratoire et autres instruments de précision.

Il n'est peut-être pas sans intérêt également de noter leur attirance  pour la photographie, qui reste encore de nos jours connue d'un certain nombre d'amateurs.


Mais le plus connu des Poulenc reste sans conteste Francis (1899-1963), fils d'un des fondateurs de la Poulenc Frères, vraisemblablement Emile, puiqu'il perdit son père très tôt.

Aucun rapport pour le coup avec l'alchimie, pourrait-on penser. Pas sûr. Ce célébrissime compositeur fut un ami des poètes Apollinaire, Eluard...

http://www.37-online.net/histoire/personnes/poulenc.html

Eluard dont une maîtresse passe pour avoir été le modèle du tableau de Julien Champagne: Le Vaisseau du Grand OEuvre. Louise ou Margerite Barbe, elle-même alchimiste, travailla pour les Poulenc (première employée Poulenc).

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1855487.html


Sur les poèmes d'Apollinaire, Poulenc créa ainsi les mélodies du Bestaire (1918) et des Calligrammes (1948). Et sur ceux d'Eluard, les airs de Tel jour, telle nuit (1937) et du...Travail du peintre (1953).

Elevé religieusement, il s'éloigna un temps de l'Eglise, probablement sous l'influence d'une maman agnostique, mais s'en rapprocha sur le tard, ce qui nous valut entre autres ses Litanies à la Vierge noire de Rocamadour (1936).


Enfin, outre ses Miroirs brûlants (1938), son opéra bouffe des Mamelles de Tirésias (1947) porte pour le moins un titre aux connotations non seulement apollinariennes, mais aussi alchimiques.

Quand on veut bien se souvenir qu'au sein du groupe des six dont il fit partie nous trouvons un Erik Satie, proche de Joséphin Péladan, et comme Poulenc de Jean Cocteau, il devient incontestable, finalement que Francis a dû baigner dans le milieu ésotérique du début du XXème siècle.




Mais pour en revenir à la Poulenc Frères proprement dite, elle est présente dans un événement majeur de la vie de Julien Champagne, celui de la transmutation de Sarcelles en 1922:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1851159.html

A cette transmutation, opérée par Eugène Canseliet sous la direction de Fulcanelli, assistent en effet, outre Julien Champagne, un certain Gaston Sauvage (deuxième employé Poulenc).

De ce dernier, on sait peu de chose, en dehors de ses liens avec Champagne, sinon qu'il était chimiste à la Poulenc Frères, et plus précisément selon Walter Grosse agrochimiste.

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3239739-6.html

Walter a écrit au détenteur actuel des archives Poulenc; curieusement, il ne s'y trouverait aucune mention d'un quelconque Gaston Sauvage. C'est en tout cas ce qu'il s'est vu répondre aux dernières nouvelles.


Champagne fut un proche de Gaston Sauvage, lui-même ami d'une autre de ses relations, Jules Boucher, également employé Poulenc (troisième employé Poulenc):

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1868575.html

Boucher (alias J.B.) à la mort de Julien (1932) "hérita" d'un certain nombre de documents et plus généralement de biens ayant appartenu à Champagne.

C'est ainsi qu'il se trouva en possession d'un livre de Stanislas de Guaïta (Le Serpent de la Genèse) dont un chapitre (Magie des Transmutations) fut annoté par Champagne, certaines notes étant en outre signées Fulcanelli:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-5348400-6.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-5977594-6.html

A la mort de Boucher (1955), cet ouvrage  fut recueilli par Gaston Sauvage, lequel vivait encore en 1964 selon Eugène Canseliet.

D'après le libraire parisien qui vient de vendre ce livre, il comporte désormais un bristol explicatif de la main de Gaston Sauvage.


Dans son entretien sur Fulcanelli avec Guy Bechtel, Canseliet confirme et précise en 1974 à propos de Gaston Sauvage: "Il travaillait chez Poulenc, où il a découvert le Stovarsol, un médicament contre la syphilis."

A propos de la transmutation de Sarcelles, il affirme que Sauvage n'a jamais parlé. "Il avait reçu ce qu'il faut pour cela."

Curieusement, le Stovarsol semble avoir été "inventé" en ou vers 1922. Mais je n'ai pas trouvé jusqu'alors à son propos la moindre trace de Gaston Sauvage...


Suivant certaines sources ce médicament dérivé de l'arsenic serait le résultat des travaux du pharmacien Ernest Fourneau (1872-1949), au nom prédestiné et qui travailla pour la Poulenc Frères:

http://www.pasteur.fr/infosci/archives/fur0.html

D'après d'autres informations, il aurait été mis au point par une collaboratrice de Fourneau, Thérèse Boyer (1892-1978), ingénieur chimiste de son état et qui épousa précisément à cette époque Jacques Tréfouël (1897-1977), églement chimiste et  pour qui elle oeuvrait.

http://www.pasteur.fr/infosci/archives/trf0.html
http://www.pasteur.fr/infosci/archives/trt0.html

http://www.biam2.org/www/Sub509.html


Dans son entretien cité ci-dessus avec Bechtel, et dont nous ne possédons bien entendu que la relation de ce dernier, Canseliet a encore fait une étrange déclaration à propos de Sauvage:

"C'était un grand ami de Rouhier, dans la chambre duquel j'ai ensuite installé mon laboratoire." De Rouhier et comme ce dernier et Boucher de Champagne, puisque tous firent partie de la confrérie initiatique du Grand Lunaire:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3112353.html

Alexandre Rouhier était pharmacologue de profession. Je me suis laissé dire qu'en fait sa thèse sur les plantes hallucinogènes d'Amérique du Sud avait été financée par...Poulenc (quatrième employé Poulenc). De même source on m'indique aussi que l'alchimiste Henri Coton, autre relation de Julien Champagne fut également employé par la même firme (cinquième employé Poulenc).

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3552044-6.html

Comme il n'y a pas de hasard, le sixième employé Poulenc sur lequel je m'en vais maintenant achever ma petite démonstration, et qui est comme Barbe une employée, est bien plus proche encore de notre artiste.

Souvenez-vous, Sauvage et Boucher probablement aussi furent présentés à Champagne par une de ses cousines, qui travaillait chez Poulenc.

D'après un certain J.B., cette cousine s'appelait en fait Marguerite de Saint-Acheul, et était employée comme chimiste et comme Jules Boucher lui-même, aux usines chimiques Poulenc de Vitry-sur-Seine, dans les années 1922-1925:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-2357896.html

Julien Champagne se trouve donc bien, quelque part, "en famille" chez les Poulenc.


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3 juin 2007 7 03 /06 /juin /2007 18:00


Vous souvenez-vous de Carlos Larronde, dont le portrait est ici tiré par Chana Orloff? Nous avons déjà rencontré ce Veilleur, membre des Frères d'Elie de René Schwaller, en particulier lorsque nous avons évoqué la vie et l'oeuvre du maître verrier Richard Burgsthal:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3826243.html

Comme Schwaller...et Julien Champagne, comme Burgsthal aussi, et d'ailleurs avec lui, Larronde a cherché à retrouver le secret peut-être alchimique des rouges et des bleus des vitraux médiévaux de la cathédrale de Chartres.

Soit, me direz-vous, mais quid novi sur Carlos? Et bien, mais un livre bien sûr, et même plusieurs. D'abord, il apparaît en 2005 et 2006 dans les ouvrages qu'Emmanuel Dufour-Kowalski a consacrés à Schwaller de Lubicz (L'oeuvre au rouge, L'Age d'Homme, 2005 et La quête alchimique, Archê, 2006):

http://www.archerjulienchampagne.com/article-6060781.html

Ensuite, figurez vous que notre Carlos Larronde est en fait surtout passé, ô bien discrètement, à la postérité parce qu'il fut (aussi) un des pionniers de la radio française de l'entre deux guerres.

C'est à ce titre principalement qu'un professeur émérite de l'université britannique de Leeds, Christopher Todd pour ne pas le nommer, vient de lui consacrer un essai à la fois inspiré et documenté, bellement  et d'ailleurs alchimiquement intitulé Carlos Larronde, poète des ondes (L'Harmattan, 2007).



En fait, selon Christopher, ce titre enviable de "poète des ondes" lui fut tout simplement donné par ses confrères journalistes.

Chère Sylvie, notre Carlos était en fait un basque girondin, même s'il naquit en 1888 en...Argentine. Très tôt, il manifesta des goûts particulièrement éclectiques. C'est ainsi qu'encore adolescent, il correspondit avec Camille Flammarion sur divers sujets d'astronomie.

Il lui dédia même un poème, car il fut très tôt féru de littérature comme de théâtre. En 1912, Larronde "monte" à Paris.

Et là, très vite, fréquentant le café littéraire à la mode de l'époque, La Closerie des Lilas, il rencontre successivement, en 1913, Milosz, puis sans doute grâce à ce dernier, Schwaller. La même année que Julien Champagne, et de surcroît au même endroit...

Avec ses amis Louise Lara et Claude Autant (le futur cinéaste) il fonde le Théâtre idéaliste et y donne libre court à son mysticisme (Claudel, Péguy, Barrès, Saint-Pol-Roux, Maeterlinck) et à son modernisme (Apollinaire, Marinetti, Honegger).

Au lendemain de la guerre, "Jacques d'Elie" et sa femme rejoignent à Saint-Rémy-lès-Chevreuse l'ordre des Veilleurs de Schwaller, dont il est considéré alors comme l'éveilleur. "Je n'instruis pas, j'éveille", écrira magnifiquement Rudolf Steiner.

Steiner dont le Goetheanum servit sans doute de modèle à Schwaller pour en 1922 transporter ses fidèles à la station scientifique Suhalia, près de Saint-Moritz, en Suisse. Larronde, que l'on voit ci-dessus dans l'habit de l'ordre en compagnie d'André Fourcine, Veilleur également, est de l'aventure, mais plutôt comme visiteur occasionnel.

Que fait-il là-bas? Profondément épris des joies du travail manuel, il apprend à travailler le verre. En fait, dès cette époque, il connaît aussi et suit dans leurs retraites successives le pianiste et maître verrier Richard Burgsthal et sa femme, la compositrice Rita Strohl, à l'"oeuvre" ou art cosmique de laquelle il consacrera un livre publié en 1931.

En 1922, Larronde est ainsi à Saint-Cyr-sur-Mer. "Au premier essai, j'ai réussi un beau verre d'un violet pourpre. Au deuxième, j'obtins des plaques du même bleu outremer qu'on admire à la cathédrale de Clermont et du bleu royal absolument pur qui fait la splendeur des vitraux de Chartres."

 

artcosmique.champagne


En 1925, Burgtshal et Larronde, que l'on voit ici crayonné par Luis de la Rocha,  autre Veilleur, passionné d'alchimie, et comme Champagne dessinateur et peintre, commencèrent à travailler pour les Monuments Historiques.

Ils restaurèrent ainsi les vitraux des cathédrales de Morsain, Carcassonne, Narbonne, et à Avignon ceux du Palais des Papes, et surtout on leur confia la réfection des verrières du choeur de la cathédrale d'Albi, achevée en 1929.

Pour Todd, cet épisode de la vie de Larronde est bien central: "il a tout quitté au début des années 1920 pour devenir maître verrier."

Entretemps, Carlos s'était épris de Charlotte Fourcine. Leur fils Olivier, né en 1927, devait lui aussi devenir plus tard écrivain...En 1929, Larronde regagne la capitale. Il reste pourtant ébloui par "ses vitraux."

C'est alors que commence vraiment sa carrière radiophonique, assez symboliquement par sa collaboration à la revue Lumière et radio. En 1935, Carlos Larronde "invente" le journal parlé moderne à Radio-Cité. Il passera à la radio d'Etat en 1938, et décèdera d'une crise cardiaque deux ans plus tard. Dans l'esprit de Carlos, la radio était d'abord un "huitième art."

Il ne faudrait pas pour autant méconnaître d'autres dimensions de sa riche personnalité: Larronde fut aussi le romancier cryptique du Parc aux chevreuils (1923), écrit "à clefs" où selon Alexandra Charbonnier il met en fait en scène Milosz et son entourage, l'essayiste lyrique de La couronne de l'unité (1930), le poète des Cristaux (1931) et de ses "haïkus"...



Enfin, il fut un pionnier de la critique et du théâtre radiophoniques. Ce théâtre qui d'ailleurs le passionna d'emblée, comme on l'a vu, et qui lui inspira des pièces aux titres "curieux", ou au choix parlants: La mort sera le réveil (1914), Le mystère de la fin du monde (1917), Le chant des sphères (1936), et un fantastique et utopique Sixième continent (1938).

Voulez vous que je vous fasse lire un peu de Larronde? Voici donc quelques pensées de lui, que je trouve significatives:

"Non, il ne faut pas considérer les auditeurs comme des aveugles...Ils sont des "sur-auditifs". Sachons leur donner tout ce que l'ouïe, le sens subtil et intérieur par excellence, peut accueilir de lyrisme, de rêve ou d'évocation. Sachons en faire des voyants."

"L'homme est un résumé de l'univers. il contient l'unité, son origine, la dualité, matrice de la création, la trinité qui crée, les quatre éléments qui construisent, les sept planètes à travers lesquelles la création s'accomplit."

Et finalement, de son inédit le plus important, intitulé Désir, âme du monde, ce titre d'un des chapitres: La vie est un chant.


Larronde a aussi en 1908 écrit une pièce en un acte, intitulée La chimère. En sa mémoire, je vous propose en ce jour de la Trinité cette chimère moderne, humoristique il est vrai mais finalement non moins réelle que d'autres. Elle me semble nous poser la même question oedipienne que le sphinx cher à Fulcanelli, et à Julien Champagne.





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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 13:38

Voulez vous un conseil? Allez au musée Carnavalet, et si vous voulez retrouver l'atmosphère des Soirées parisiennes de Julien Champagne:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-6323545.html

prenez rendez-vous au département des dessins et gravures, qui n'est accessible au chercheur que de cette façon. L'accueil y est excellent, et le dépaysement garanti.

C'est ce que j'ai fait moi-même ces derniers temps, et quand je suis arrivé à me persuader que le classement par auteur était inexistant, j'ai pu profiter des joies discrètes mais finalement incommensurables de la recherche par thèmes: moeurs, topographie, bals, concerts...

Après, naturellement, il faut se rendre compte qu'il y a des classeurs pour grands formats, et qu'il y a également ceux réservés aux petits. Mais au bout du compte le résultat a été significatif, sans compter que le bonheur est dans l'attente, comme disent -entre autres- les bédouins.

Nous connaissions déjà les numéros 3 et 5 de la série des Soirées: Concert à la chaussée d'Antin et Fête de banlieue.

Je peux vous dire que le 4 est consacré à un Thé au faubourg Saint Germain, auquel j'adorerais participer pour une foultitude d'excellentes raisons. Et je vous présente ci-dessus Un punch d'artiste (numéro 9).

Le numéro 11 s'intitule bizarrement Un lansquenet au quartier Brédal. Mais bien entendu je ne suis pas certain d'avoir en une visite épuisé les charmes du Carnavalet, je ne saurais être aussi prétentieux.

La signature imprimée de Champagne qui figure en bas à droite des gravures est peu lisible sur leurs reproductions en ligne, néanmoins si on les agrandit:

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/23/43/31/antin.champagne.jpg
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/23/43/31/banlieue.champagne.jpg

on obtient un résultat satisfaisant, que je vous livre ci-après:


Lithographie de J.Champagne donc, et je ne connais pas d'autre Champagne convenable au Bénézit actuellement.

Quant à l'imprimeur de cette série, il est parfois mentionné comme étant lui aussi parisien: "Paris, publié par E. Sinnett, édit. Galerie Colbert, 10."

Ce qui me conduit à évoquer illico une piste que vient à l'instant de me proposer une toute jeune ancienne étudiante de l'école des beaux arts d'Amstelodami, romancière à ses heures gagnées:

"Quand j'étais à mon école, je me souviens que les artistes, pour gagner leur pain, travaillaient souvent dans les ateliers de gravure.

Comme pour imprimer des estampes il faut une connaissance assez profonde de la chimie, il est possible que notre Champagne fut tout simplement  le graveur des Soirées parisiennes."

Je m'en voudrais de ne pas relever aussi l'intéressante hypothèse émise récemment par une bachelière ès Arts d'outre Atlantique, que je salue ici ainsi que son heureux mari:

En voyant les reproductions de ces images, elle a fait remarquer qu'on enseignait aux Beaux-Arts en 1900 ce qui se faisait commercialement en 1850, et que l'Art Nouveau, du point de vue académique, était alors une hérésie.

Donc elle propose que ces dessins sont possiblement des études exécutées lors de ses cours par Julien Champagne.

Supposition d'autant plus séduisante que cette époque est précisément celle du décès du dessinateur des gravures originales, Henri de Montaut...


J'en étais là de mes satisfactions et de mes frustrations, lorsque j'ai eu brusquement l'idée saugrenue de rechercher sur la "toile" d'autres images attribuées à J. Champagne. Bien m'en a pris!

Voici donc de la prestigieuse université nord-américaine de Princeton la collection Allison Delarue:

http://libweb5.princeton.edu/visual_materials/delarue/htmls/
http://libweb5.princeton.edu/visual_materials/delarue/Htmls/contacts.html

Mon propos n'est pas "à c'tte heure" de vous infliger une bio de ce gentleman, dont les anglicistes pourront aisément transcrire une présentation in situ:

http://libweb5.princeton.edu/visual_materials/delarue/Htmls/delarue.html

Passionné de théatre, de danse et de ballets, Allison Delarue s'est constitué au fil des ans une collection qui me paraît finalement avoir été au moins partiellement mise en ligne en 1999. Et bien, si précisément nous nous rendons ensemble à la rubrique des imprimés de ballets:

http://libweb5.princeton.edu/visual_materials/delarue/Htmls/printsVB.htm

nous découvrons une nouvelle estampe des Soirées parisiennes, le Foyer de l'Opéra:

http://libweb5.princeton.edu/visual_materials/delarue/Prints/154.jpg

Elle ne m'apparaît pas être numérotée, et je me demande si on ne perçoit pas la trace d'un grattage au bas de la gravure, qui est présentée on ne sait trop pourquoi comme réalisée "d'après Julien Champagne."

Le Foyer de l'Opéra, disons tout de même au passage que c'est aussi, après tout, l'Athanor de l'OEuvre.


Remember...En ce jour du 8 mai, celui du bleuet ou du chardon, comme le 11 novembre est pour l'éternité du coquelicot, "le vieillard d'aujourd'hui est l'enfant de demain."



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30 avril 2007 1 30 /04 /avril /2007 18:40


Oui, promis, je vous en dirai un peu plus bientôt sur les Soirées parisiennes de Julien Champagne.

Disons le mois prochain? C'est cela, au joli mois de mai...Mais en attendant, et à propos de floraison, que penseriez-vous d'un Lotus bleu?

Grâce à Dieu, et à son fidèle serviteur Dubosi, voici donc avec un tout petit peu de retard le produit
d'un article du périodique du même nom, précisément consacré au centenaire (1890-1990) de cette revue théosophique.


A tout seigneur, tout honneur, revoici d'abord "Krishna", supposé maître de Julien Champagne en alchimie et fondateur de l'éphémère Lotus rouge, qui précéda le bleuet:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-5695800.html

"C'était, nous rapporte Daniel Caracostea dans sa chronique lotusienne, un jeune homme originaire de Nantes, qui, après avoir hérité, avait décidé de fonder une revue théosophique qui pourrait vivre deux ans sur ce legs.

Sur la couverture on pouvait lire "sous l'inspiration de H.P. Blavatsky." Cette dernière fit supprimer son nom à partir du numéro de décembre 1888 car Gaboriau était devenu très caustique vis-à-vis des fondateurs dans ses notes éditoriales, après les problèmes survenus au sein de la société en France à l'automne de cette même année...

En dépit de ces notes désobligeantes, le Lotus avait acquis une solide réputation de sérieux. Les articles originaux poteraient, parmi d'autres, les signatures de Amaravella, de Charles Barlet, de Stanislas de Guaita, de Papus, de l'abbé Roca...

Le dernier numéro du Lotus daté de mars 1889 ne parut que vers août 1889." Exit donc le Lotus rouge.


Avant le Lotus bleu toutefois, disons un mot de l'intermezzo de la Revue théosophique:

"Le second journal théosophique français parut en mars 1889. La comtesse G. d'Adhémar qui en était la directrice ne savait pas que Gaboriau allait faire cesser la parution du Lotus...

Le nom de Mme Blavatsky apparaissait à nouveau mais comme rédacteur en chef. La durée de vie de la revue sera encore plus brève que celle de son prédécesseur puisque dans le numéro 12 de février 1890 la comtesse écrivait qu'elle était "obligée pour des motifs personnels d'abandonner la direction de la Revue théosophique."

D'après le commandant Courmes dont nous ferons la connaissance tout à l'heure, la comtesse qui était américaine dut quitter la France pour des affaires de famille.

Parmi les auteurs non encore mentionnés qui ont écrit dans sa revue, citons Joséphin Péladan, Eugène Nuss, et Arthur Arnould.


Il semble que ce soit Arnould (1833-1895) qui ait pris la décision de fonder le Lotus bleu au début de l'année 1890.

Cet écrivain avait été membre de la Commune en 1871 et à son retour en France d'une dizaine d'années d'exil écrivit sous le pseudonyme d'Arthur Mattey.

Il adhéra à la Société Théosophique en 1888 et la dirigea en France jusqu'à sa mort. Son nom de plume théosophique était Jean Matthéus.

Sa santé étant déficiente, il fut secondé de 1891 à 1893 par Amaravella (nomen d'Emile J. Coulomb).


Après la mort d'Arthur Arnould, la direction de la revue passa entre les mains du docteur Théophile Pascal (1860-1909).

Docteur en médecine, natif du Var, il adhéra à la Société en 1891. En 1898 une dépression nerveuse l'obligea à interrompre son travail et Mme Besant l'emmena en Inde pour rétablir sa santé...

A son retour en 1899 il fut élu secrétaire général de la section française qui venait d'être fondée; poste qu'il conserva jusqu'à sa mort.


Dès 1898 cependant la direction effective du Lotus bleu incomba à "M.Dac" alias Dominique Albert Courmes (1843-1914). Il la dirigea pendant 17 ans jusqu'à sa mort.

Il s'était engagé à 17 ans dans la marine et y avait servi pendant 35 ans. Il quitta le service avec le grade de commandant et adhéra à la Société en 1876. C'est lui qui traduisit La Doctrine Secrète en français.


Et nous en arrivons maintenant à Gaston Revel...pour ne presque rien vous carcher, si, si je maintiens le carcher, c'est d'ailleurs à lui que je voulais en venir.

Mais écoutons d'abord à son sujet Daniel Caracostea:

"Gaston Revel, nommé par le Conseil de la Société Théosophique, fut le quatrième directeur du journal...

Gaston Revel avait adhéré à la Société avec ses parents, son frère et son épouse. Il dirigea diverses revues dont Le Théosophe, ainsi que les Publications Théosophiques, ancêtre des éditions Adhyar.

En cette qualité il publia la première oeuvre de Mme Blavatsky, Isis Dévoilée, de 1913 à 1921. Il mourut vers la fin de l'année 1939."

Gaston Revel (1880-1939) fut en fait un des Veilleurs de René Schwaller. Son pseudo au sein de l'ordre intérieur était Paul d'Elie.

Dans sa revue Le Théosophe parurent d'ailleurs des articles de Schwaller et d'un autre ami de Julien Champagne, Pierre  Dujols.

Après sa séparation d'avec la Société Théosophique et la dispersion des Veilleurs, nous explique Alexandra Charbonnier, Gaston Revel, grâce à sa femme, l'excellente comédienne Marcelle Rueff, devint administrateur du théatre du Vieux-Colombier.


Et le Lotus bleu, me direz-vous? En 1919, après l'expiration du mandat de M. Revel, c'est Emile Point qui diriga la revue jusqu'en 1935...

En 1990, son "rédacteur responsable" était Françoise Caracostea.


Comme Schwaller et Dujols, comme aussi le disciple de ce dernier, Henri Coton, Julien Champagne adhéra à la Société Théosophique, si on en croit Geneviève Dubois.

De cette adhésion passagère, qui a peut-être cessé en 1919 avec l'émergence des Veilleurs, serait-il possible de trouver une trace au sein des archives de la section française de la "S.T."?

Et puisqu'on m'avait à tort laissé entendre que Daniel Caracostea avait quitté cette terre, je voudrais conclure par un salut amical  à son endroit, et clore mon articulet du jour par les dernières phrases de sa chronique:

"Et l'avenir? L'aspect extérieur du Lotus bleu a été modifié mais son but n'a pas changé depuis sa fondation:

Essayer par le biais de ses articles d'inciter ses lecteurs à chercher cette autre conscience qui réside en chacun de nous.

Conscience qui une fois réalisée nous fait ressentir l'unité de toute vie, et par là même la fraternité qui unit tous les êtres."



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24 avril 2007 2 24 /04 /avril /2007 21:19


En cette soirée de la Saint Fidèle, je reviens un peu vers Julien Champagne pour un bref article que je dois une fois de plus à Walter Grosse, dont vous connaissez déjà le site consacré à Fulcanelli:

http://www.fulgrosse.com/

Son dernier article en date porte notamment sur le produit d'un recensement effectué en 1926, dont il a publié une partie des résultats :

http://www.fulgrosse.com/article-6434752.html

Il s'agit ici des résultats de ce recensement qui concernent le 59bis de la rue Rochechouart, à Paris, où à l'époque habitaient au 6ème étage, Julien Champagne, Eugène Canseliet et un certain Grappelli, dont nous avons déjà évoqué la mémoire et qui n'est autre que le père de Stéphane Grappelli:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3733333.html

A juste titre, Walter Grosse fait remarquer que le Champagne dont il est question dans l'extrait ci-dessus du recensement est prénommé Jean, et est dit être né en 1876 dans le département de la Somme, enfin est présenté comme chimiste.

Le doute semble donc permis, puisque l'artiste Julien Champagne est en fait de 1877 et que sa naissance a eu lieu dans le département de la Seine:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-2258329.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-2241312.html

N'oublions pas tout de même que "notre" Champagne s'appelait officiellement Jean Julien....Quant à sa qualité de chimiste, elle ne surprendra pas les lecteurs de ce site.

Je reconnais cependant que les rubriques "Somme" et "1876" sont plus difficiles à expliquer, mais je ne crois guère pour l'instant à l'existence d'un Jean Champagne distinct de Julien Champagne.

En théorie, des erreurs du scripteur ne sont pas forcément à écarter. Mais je suis assez tenté de me rallier tout bonnement à l'hypothèse d'une nouvelle facétie d'"Hubert".

Champagne occupait apparemment le studio 5, et le couple Canseliet le 18. Et oui, le couple, puisque outre le "comptable" Eugène apparaît ici Germaine Hubat, sans profession.

Cette tourangelle que Canseliet épousera en 1937 pourrait selon Walter Grosse avoir cependant exercé le métier de journalière.

Elle serait aussi peut-être la détentrice réelle du domicile. Enfin, toujours d'après Walter, elle aurait avec Eugène participé aux soins donnés à Julien Champagne lors de sa maladie hélas fatale de 1931-1932.

Pour terminer sur une note optimiste, je voudrais enfin saisir cette occasion de vous signaler l'apparition d'un blog dédié justement... à Eugène Canseliet:

http://canseliet.over-blog.com/



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8 avril 2007 7 08 /04 /avril /2007 16:45


Voici sans doute un tournant de ce blog: Julien Champagne est de nouveau retrouvé dans ses oeuvres, et donc reconnu en tant qu'artiste.

Merci encore une fois à notre petit cousin acadien, grâce à qui nous l'avons repéré cette fois, dans un musée parisien.

Et quel musée, ma foi! Un musée qui lui convient finalement très bien, où il a sa place avec d'autres, le musée historique de Paris, bref le musée Carnavalet, qui entre autres singularités présente celle d'être gratuit.

Car il y est en bonne compagnie! Celle de l'Amazone Natalie Clifford Barney, notamment, qu'il a dû côtoyer:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-4849361.html

Mais aussi pour remonter dans le temps celle de Sainte Geneviève, sainte parisienne, et de cette peinture hermétique en dépot de l'église Saint-Merry, qu'Eugène Canseliet, ami de Champagne, décrivit dans la revue Atlantis (N°223, 1964), et finalement celle des Saints-Innocents, chers à Nicolas Flamel, dont une représentation de l'enclos médiéval est clichée dans les Trois anciens traités d'alchimie du même Canseliet (Pauvert, 1975).

Ainsi donc la Réunion des musées nationaux (RMN) a eu l'heureuse idée de rendre disponible sur son site deux "nouveaux" dessins de Jean Julien, ainsi qu'elle l'appelle:

http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchT.aspx?V=CSearchT&SID=22S39UWP1R24O&E=S_22S39UWP1R24O&NoR=500&New=T
http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchZ.aspx?o=&Total=2&FP=65472107&E=22S39UWP1R24O&SID=22S39UWP1R24O&New=
T&Pic=2&SubE=2C6NU0GE0ID0
http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchZ.aspx?o=&Total=2&FP=65472107&E=22S39UWP1R24O&SID=22S39UWP1R24O&New=
T&Pic=1&SubE=2C6NU0GEP8YG


L'attribution à Julien Champagne de ces oeuvrettes, qui n'ajoutent guère à sa gloire, mais laissent augurer d'autres découvertes, ne fait pas de doute dans l'esprit des experts de la RMN:

Il s'agit bien dans les deux cas de Jean Julien Champagne (1877-1932). De ce point de vue, toute homonymie semble exclue. Mais ce Julien est-il bien le notre?

Si c'est bien le cas, ce sont là sans doute oeuvres de jeunesse ou de commande, sinon alimentaires, puisqu'elles sont toutes deux répertoriées comme estampes lithographiques du XIXème siècle.

A mon avis, l'attribution à Champagne est certainement plausible. Même si je ne peux vous offrir pour l'instant de reproduction de meilleure qualité, la signature habituelle: J. Champagne est bien visible au bas des deux travaux.

Il semble que ces deux gravures fassent partie d'une série consacrée aux "soirées parisiennes", ce qui permet encore une fois d'espérer d'autres exhumations. C'est du moins l'impression, si j'ose m'exprimer ainsi, que nous laisse leur numérotation.

J'observerai enfin qu'il peut paraître symbolique qu'"Hubert" ait eu ainsi la faveur de passer des "fêtes de banlieue" aux soirées mondaines, telles que ce "concert à la chaussée d'Antin".

Le dit concert est au demeurant proposé ailleurs sur la "toile":

http://www.scholarsresource.com/browse/work/2144593323
http://imagecache2.allposters.com/images/BRGPOD/18870.jpg
Suivant la RMN, Julien Champagne aurait ici dessiné d'après Henri de Montaut (1825-1890/1897).
Mais qui est ce Montaut?

Vous aurez noté comme moi l'incertitude très fulcanellienne qui plane sur son année de décès...On le dit aussi parfois né "vers" 1825, voire en 1829 ou 1840.

Le Dictionnaire des illustrateurs le nommerait ainsi: Henri de Montaut (ou De Hem ou Monta ou Hy) et ajouterait qu'il aurait oeuvré entre 1860 et 1905, cette dernière année pouvant également être celle de sa mort....

L'ordre de la légion d'honneur fait mention quoiqu'il en soit d'un Henri Antoine Victor de Montaut, né en 1829 à Paris.

Ce qu'il y a d'un peu plus certain, c'est qu'en bon Parisien, Montaut s'intéressa de près à la vie de la capitale, qu'elle fût tragique, comme au moment de la Commune de 1870-1871, ou frivole: cette curieuse illustration pour La vie parisienne est de 1879 - ou 1882!

http://www.artandarchitecture.org.uk/fourpaintings/manet/paris/corsetrie.html
Un deuxième point concerne son attrait pour les rives...de la Méditerranée, qu'elles soient françaises (Voyage au pays enchanté, 1880), ou grecques, ou encore égyptiennes.

Mais il doit surtout sa célébrité à son travail d'illustration des livres de Jules Verne, et ce dès les années 1865, en particulier De la terre à la lune:

http://jv.gilead.org.il/rpaul/
http://jv.gilead.org.il/evans/illustr/
http://jv.gilead.org.il/zydorczak/zzie03.htm

Et puisque je vous parlais d'entrée de jeu de tournant pour ce blog, permettez-moi de conclure là dessus, en bon ouroboros.

Ce blog continue, mais voici sans doute mon dernier courriel régulier. Oh j'ai encore dans ma manche plusieurs articles déjà pensés, qui je l'espère paraîtront tôt ou tard. Mais je suis appelé à d'autres tâches que celle-ci, et je ne reviendrai vous entretenir de Julien Champagne dans les prochaines semaines et les prochains mois qu'en cas de fait nouveau.

Celui de ce jour en est un, et pas anodin. Il en annonce d'autres, et pourquoi pas une reparution des Fulcanelli illustrés par Champagne? Parallèlement, je compte bien continuer de me tenir à votre écoute, et améliorer un peu les courriels déjà en ligne, ce que j'ai déjà commencé à faire, qu'ils soient anciens (Allainguillaume par exemple) ou récents (par exemple Hillel-Erlanger).

Mais la bonne nouvelle est là, et c'est l'essentiel: L'oeuvre de Julien est revenue au grand jour, et puisque ce 8 avril est celui de Pâques, réjouissons nous surtout qu'un autre J.C. soit ressuscité.

http://www.ocarm.org/news/esp0800.htm
A très bientôt, et Joyeuses Pâques!

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1 avril 2007 7 01 /04 /avril /2007 19:31


Aimez-vous, mais aimez-vous Arturo Perez Reverte? Moi j'adore, et pas seulement parce qu'il cite Fulcanelli dans ses premières obras:

http://www.livres-online.com/-Perez-Reverte-Arturo-.html

Toujours est-il que son "Tableau du maître flamand" pourrait fort bien s'appliquer à Julien Champagne.

Voici pourquoi, et voici pourquoi en outre on ne regarde jamais d'assez près une peinture, notamment celles se rapportant à l'alchimie.

Considérons ensemble si vous le voulez bien la couverture du Fulcanelli dévoilé de Geneviève Dubois:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-2709452.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-3405546-6.html

J'avais en son temps qualifié ce tableau de "possible autoportrait":

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1784265.html

Mais voilà...

 

 

Dans un autre ouvrage édité par la même Geneviève, Ces hommes qui ont fait l'alchimie du XXème siècle (1999), le même tableau, hélas reproduit en noir et blanc, figure également, mais d'étrange manière.

D'abord, il est tout retourné, ce portrait, flamand ou pas.

Ensuite, il fait apparaître bien mieux que précédemment un écusson jouxtant la belle reproduction de Julien Champagne dans sa maturité.

Donc cette belle ouvrage était antérieurement tronquée...et peut-être l'est-elle toujours.


Bien entendu le blason dont il s'agit est de lecture aisée, au premier abord. Nous avons ici affaire au symbole du mercure cher aux alchimistes.

Mais pourquoi ce fond rouge, pourquoi ce noeud en forme d'alpha qui surmonte la pièce d'héraldique, pourquoi enfin cette étoile à cinq branches au beau milieu du cercle central?

Cette astérie moins commune en alchimie que sa cousine à six pétales me paraît d'ailleurs ornée d'un grain médian...Illusion d'optique?

Voici en tout cas ce que je me suis laissé dire, en l'attente d'éventuelles précisions sur cette énigmatique peinture:

Champagne n'est pas l'auteur du tableau, et ce dernier pourrait bien n'être que la partie d'un tout.
Série de portraits?

Si c'est le cas, il y en aurait au moins trois, le soufre et le sel rejoignant le mercure. Mais peut-être y en a-t-il davantage, et pourquoi pas autant que de métaux planétaires?

Maintenant, qui a peint Julien? Peut-être quelqu'un de l'entourage du Docteur Rouhier:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3112353.html

Voici ce qu'en écrit entre autres Dubois dans son Fulcanelli:

"Alexandre Rouhier avait publié chez Véga l'ouvrage "De l'architecture naturelle", dont il était l'auteur principal, avec la participation de Marcel Nicaud."

http://www.sacredscience.com/archive/PetrusPages.htm
http://www.sacredscience.com/archive/PetrusPreface.htm


Ne manquons pas quoiqu'il en soit de comparer le motif ci-dessus, qui figure dans De l'architecture naturelle, à celui que Julien Champagne consacra dès 1910 aux métaux planétaires:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-2376922.html

Ce motif vient d'être début 2009 utilement reproduit par Ibrahim dans son site si pertinemment consacré à La rue de l'alchimie.

http://hermetism.free.fr/Julien_Champagne_Metaux_planetaires.htm

D'après certain témoignage, le portrait ci-dessus de Julien Champagne serait en fait précisément l'oeuvre de Marcel Nicaud, et il ferait partie d'une série de sept (autant que de métaux planétaires), à laquelle le Grand Lunaire d'Alexandre Rouhier ne serait pas étranger.

Parmi les sept peintures figurerait celle d'une femme, et une autre représentant Eugène Canseliet.


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