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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 22:37

 

colloquedvd2.champagne

 

Répondant par anticipation, en cette veille du 18 juin, à l'appel de Saint Léonce, je voudrais d'entrée de jeu signaler la parution en Atlantis d'un DVD qui nous donne accès à toutes les interventions du colloque Alchimie organisé le 28 novembre dernier par cette association.

 

colloquedvd1.champagne

 

 

Ce colloque tenu en hommage à Eugène Canseliet me permet ensuite de vous informer d'une série de courriels espagnols, et encore plus précisément catalans, reçus en 2008 et dont j'ai longtemps espéré qu'ils auraient une suite. D'ailleurs peut-être en auront-ils une mas tarde.

 

En effet, ces fichiers sous forme électronique (PDF) qui me sont parvenus par le truchement d'un cabinet d'hommes et de femmes de loi de Barcelone, constituent tous une forme de commentaire à ce blog, autour de Canseliet, Julien Champagne et Fulcanelli. 

julienfulc3.champagne

Notre scripteur dont curieusement les missives semblent en fait avoir été écrites en 2007 se présente anonymement comme "J.", alchimiste opératif de Barcelone. 

 

J'ai finalement pensé, après avoir longuement...balancé, que certaines considérations développées par notre ami inconnu méritaient mieux qu'un archivage pur et simple. Tenez, voyez déjà cette explication ingénieuse, et qui me paraît des plus plausibles, sur la cause de la maladie de Champagne: Aurait-il donc été en fait au nombre de ces alchimistes victimes de leur travail au laboratoire? 

julienfulc1.champagne

 

A l'inverse, j'ai bien du mal pour l'instant à suivre notre frère en Hermès quand il affirme après bien d'autres que Julien a en fait inventé le personnage de Fulcanelli. Mais là encore, j'estime vraisemblable que Champagne et ce "brave garçon" (dixit Julien) de Canseliet se soient entretenus avant le décès en 1932 du dessinateur des suites à réserver au Mystère des Cathédrales (1926) et aux Demeures Philosophales (1930).

 

De même "J." a raison selon moi d'insister sur l'importance des illustrations des deux oeuvres de Fulcanelli, bien que l'idée de faire totalement abstraction des textes qui les supportent ou auxquels elles nous renvoient soit sans doute un peu excessive.

 

SPECULUM.champagne

 

Que Champagne se soit fait passer pour Fulcanelli, et se soit même éventuellement considéré comme le "maître inconnu" de la fraternité d'Héliopolis à laquelle sont dédiés Mystère et Demeures, ne doit pas en effet nous conduire, à mon avis, à occulter ni l'importance du rôle joué par Canseliet, scribe d'Hermès, ni à méconnaître le fait qu'en 1910, alors que ces ouvrages sont déjà en gestation, le trentenaire Champagne ne disposait pas de l'expérience nécessaire pour concevoir de tels...monuments de la littérature hermétique.

 

Mais "J" m'intrigue encore et me persuade même lorsqu'il recommande d'ordonner les dessins de Julien, après tout ces derniers ne sont pas moins prismatiques que les chapitres des Demeures et du Mystère qu'ils illustrent, puisque tel est selon Canseliet et l'auteur lui-même le procédé de fragmentation de l'enseignement qui est utilisé après bien d'autres alchimistes par Fulcanelli.

 

 

julienfulc2.champagne

 

Notre épistolier me surprend encore plus, sinon dans son insistance à privilégier le second ouvrage de l'Adepte par rapport au premier, du moins dans sa constante référence dans son discours au Mutus Liber, et surtout avec sa quasi...parabole du miroir. Faut-il donc vraiment l'entendre au sens littéral, ou au figuré? Voici en tout cas pour nous un nouveau sujet de réflection.

 

Champagne n'est sans doute pas le jumeau de Fulcanelli même si tous deux nous convient à contempler activement le miroir de la Nature. Et Canseliet demeure effectivement le gardien du seuil du mystère alchimique, et de celui fulcanellien.

 

trinité15S.champagne

 

A la trinité minérale correspond donc bien dans une certaine mesure celle de l'énigme qui nous occupe: Point de Canseliet sans Champagne, et point des précédents sans Fulcanelli.

 

Comme l'écrit ce dernier à propos de la vierge déité, nous voici donc symboliquement confrontés à "trois têtes sous le même voile." Que ce règne alchimique reste donc triple, et que leur couronne à tous trois demeure celle du trirègne de l'Absolu.

 

VANNESMUSEEMUNICIPAL TRINITE.champagne

 

Dans sa Chiquenaude (Lemerre, 1900) que Fata Morgana vient d'avoir en 2010 la belle inspiration de rééditer, de plus avec une splendide mention fictive d'impression à Palerme en 1933, Raymond Roussel soulève à mon sens un coin de cette redoutable tenture isiaque:

 

"Les vers de La Doublure dans la pièce du Forban talon rouge avaient été composés par moi. C'est vous dire qu'un intérêt tout particulier m'attirait, ce soir-là, à la grande féérie de mes amis Gauffre et Flambeau. Par malheur, l'illustre Cadran venait de tomber malade. Un inconnu le doublait dans le personnage de Méphistophélès.

 

Méphisto ne cessait d'avoir des duels dont il sortait toujours vainqueur, grâce à son costume en grosse étoffe écarlate. Avant de se battre, il ne manquait pas de réciter une ode victorieuse:"Quel est l'insensé qui se flatte De percer l'étoffe écarlate Dont je suis tout entier vêtu? Il se brisera comme verre Sur mon costume."

 

Ce costume, cher ami hispanique, n'est autre qu'un habit de lumière.

 

jalchimiste.champagne

 

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 19:12

  jdalchemist.champagne

jeandubuis.champagne

 

Jean Dubuis (1919-2010) vient de nous quitter et il me paraît juste pour commencer de rendre hommage à l'un de nos aînés, dont l'oeuvre spagyrique connaît une renommée internationale.

 

Fondateur du groupe d'études Les Philosophes de la Nature (LPN), Dubuis a concentré l'essentiel de son enseignement dans une série de cours qu'il y a dispensé.

 

S'il conserve en France certains fidèles, comme Patrice Malèze, Jean a su conquérir également une certaine audience de portée mondiale, notamment aux Etats-Unis et en Australie.

 

Relativement proche d'un Albert Riedel (Frater Albertus) ou d'un Hans Nintzel, il n'est pas étranger, en particulier, à l'association anglo-saxonne des Philosophers of Nature (PON).

 

http://www.levity.com/alchemy/dubuis_inter.html

http://portaelucis.fr/html/dubuis.htm

http://www.triad-publishing.com/jdubuis.html

 

La spagyrie entretient avec l'alchimie un rapport complexe, et même si le mystère alchimique est loin d'être étranger à la pensée de Jean Dubuis, je suis tenté d'avancer cette conception, que certains trouveront peut-être excessivement simplificatrice, que le spagyriste est d'abord et avant tout un homme de recettes, de procédés.


Partant sa relation au cosmos, la dimension intérieure de sa quête, quand elles existent, se situent en stricte périphérie de ce qui est pour lui l'essentiel, finalement: Son travail au laboratoire.

 

Or il en est tout autrement pour un alchimiste. C'est donc à certains mystères de détail de l'alchimie ou plus exactement de son histoire récente que je vais maintenant consacrer mon petit pensum mensuel.

 

dubuisspagyrics.champagne

 

En alchimie, le mystère pourtant nous apparaît comme une des plus rares, une des plus simples des évidences.

 

Cela commence souvent par la fulgurance d'une inspiration poétique...Tenez, pourquoi diable le poète (et peintre) portugais contemporain Nicolau Saiao, né en 1946 a-t-il choisi de dédier son poème du Monde "à l'ingénieur Gaston Sauvage (Fulcanelli)"?

 

Ce Sauvage là, il ne peut en aucun cas, croyons-nous, être identifié à l'Adepte. Certes, nous l'avons vu apparaître dans certaines galaxies fulcanelliennes, plus ou moins fournies: la galaxie Poulenc, celle du Grand Lunaire, celle enfin de la transmutation de 1922.

 

Mais il est né pratiquement en même temps qu'Eugène Canseliet, selon toute vraisemblance (1897 et 1899 respectivement). Donc c'est un tout jeune homme qui assiste à l'opération de Sarcelles, exécutée par le disciple Canseliet, en présence de l'illustrateur Julien Champagne.

 

Et cette expérience est, elle, présidée, dirigée...par Fulcanelli. En définitive, quand on veut bien considérer le parcours pour le moins chaotique de Sauvage, il est permis, dans l'état actuel de nos connaissances, ou si l'on veut du nuage de notre inconnaissance, de se demander ce que Gaston pouvait bien aller faire dans cette galée.

 

ns.champagne

 

Voici donc un petit mystère, et voilà cependant ce qui ne saurait nous ôter le plaisir d'admirer, d'abord dans le texte, la superbe litanie composée par Nicolau, sur le monde et la vie, litanie d'où l'alchimie transparaît clairement:

 

http://www.triplov.org/letras/nicolau_saiao/2009/Mundo.htm

 

A princípio não sabes e pensas que sabes A seguir sabes e pensas que não sabes

No fim nada sabes e é então que tudo sabes. Ainda que nada te fite no rosto

não há grau nem posto ao longo da Estrada que não seja gosto

virado ao desgosto na luz ainda errada. Escada anti-rosto estrada destroçada.

Ou altivo cão luminoso e vivo no espaço votivo desde o céu ao chão.

Campo mais que ardido estepe ou sertão.

Barca sem oceano até ao minuto da hora subida no mar aparecida

fecundo e impoluto.

Máscara que navega até onde chega o olho vidrado do dragão solene

sereno e perene infrene, postado no corpo e no fruto.

Verão anti-escorbuto. Soubeste a princípio no meio saberás

no fim buscarás a figura ardente a estrela maldita o animal silente

a janela oclusa a mão que se agita desperta e medita

na porta doente que usa e abusa do peito deserto

sangrento e aberto.

Na boca fechada por prata, ouro e espada.


Le distingué fulcanelliste Walter Grosse, lui aussi lusitanien, a bien voulu nous proposer une traduction en français de ces vers parus en 1992 dans le recueil Objets d'inquiétude de Saiao:


Au début tu ne sais pas, et tu penses que tu sais Ensuite, tu sais et tu penses que tu ne sais pas

A la fin tu ne sais rien  et c’est alors que tu sais tout. Même si rien ne se fixe sur ton visage

Il n’y a pas de degré ou d’étage tout au long de la Route Qui ne soit pas un goût tourné au chagrin

Dans la lumière qui est encore une déroute. Echelle anti-visage, échelle détruite.

Ou chien distingué, lumineux et vif Dans l’espace sacré, du ciel à la terre.

Champ plus que brûlé, steppe ou forêt. Barque sans océan, jusqu’à la minute

De l’heure de la montée dans la mer trouvée Féconde et non polluée.

Masque qui navigue jusqu’où arrive L’œil de verre du dragon solennel

Serein et pérenne, sans freins Posté dans le corps et dans le fruit. Eté anti-scorbut.

Tu as su au début, à la fin tu sauras A la fin tu chercheras

La figure ardente, l’étoile maudite

L’animal silencieux, la fenêtre occluse La main qui s’agite, s’éveille et médite

Sur la porte malade, qui use et abuse De la poitrine déserte, sanglante et ouverte.

Sur la bouche fermée par de l’argent, de l’or Et une épée.

 

chartresphilosohe.champagne

Et maintenant, à quelques jours de la Pentecôte, tentons d'approcher un mystère un peu plus grand.

 

Le rêve, nous le savons bien depuis Le Songe Verd, peut nous ouvrir certaines des portes du mystère alchimique, d'où la raison n'est pas absente, certes, mais ne saurait être en aucun cas prépondérante.

 

Alors disons qu'il y a quelques nuits j'ai rêvé du premier livre de Fulcanelli, précisément intitulé Le Mystère des Cathédrales.

 

Pourquoi donc, me demandai-je, l'Adepte considérait-il, nous dit-on, ce maître ouvrage, qui n'en déplaise à L'As de la Belle nous en apprend beaucoup sur l'Alchimie, comme moins abouti que son second opus des Demeures Philosophales?

 

Voyons, me dis-je, ôtons-en le  développement final sur Hendaye, pièce rapportée de sa troisième oeuvre à ce jour non parue, le Finis Gloriae Mundi. De toute façon, il s'agit là d'une croix, près d'une église, et cette dernière n'a rien d'une basilique.

 

Mais alors, que penser du chapitre consacré à Bourges? Fulcanelli y passe prestement devant la cathédrale berruyère, et s'attarde avec brio sur l'hotel Lallemant et celui de Jacques Coeur. On s'éloigne déjà du Mystère, et on s'approche des Demeures.

 

Finalement les seules cathédrales étudiées en détail par Fulcanelli à l'appui de sa démonstration sont celles de Paris et d'Amiens. On eût aimé une, voire des confirmations..., d'autant que de ce point de vue les Demeures pourront paraître extrêmement riches.

 

Quelle cathédrale eût pu faire l'objet d'un chapitre entier, qui semble avoir été finalement réservé? S'il n'y en a une seule, je parierais volontiers pour Chartres, le plus ancien des pélerinages, nous dit Fulcanelli lui-même.

 

Et si son disciple Eugène Canseliet ne s'est guère étendu sur l'édifice beauceron, d'après l'Index de son oeuvre qu'a établi Jean Laplace, constatons cependant que le Maître y fait régulièrement allusion, aussi bien dans les Demeures que dans le Mystère.

 

Soulignant par exemple l'étroite parenté des emblêmes de Paris et d'Amiens, il n'hésite pas à étendre à Chartres cette ô combien significative proximité symbolique. Et à bon droit, puisque pour en être convaincus il nous suffit de nous rendre au plus fulcanellien des musées, celui des monuments français du palais de Chaillot.

 

Certain bas-relief hermétique chartrain dont on peut y admirer le moulage ressemble à s'y méprendre à son homologue parisien.

 

Donc la redondance ne semble pas constituer un argument valable à sa retenue. Curieusement, Chartres aurait été au centre de la relation entre Julien Champagne, alchimiste, peintre et dessinateur qui fut au service de Fulcanelli, et l'ésotériste René Schwaller.

 

Tous deux auraient cherché ensemble à retrouver le secret des bleux et des rouges des vitraux de Chartres, ces merveilles médiévales dont il nous est rapporté qu'elles auraient pu être teintes dans la masse par les artistes verriers, éventuellement en ayant recours à l'utilisation de la pierre philosophale.

 

Etrangement encore, Champagne aurait été sur ce point en possession d'un manuscrit...Existerait-il quelque part tout un chapitre non publié du Mystère des Cathédrales?

 

lambspringswappen.champagne

 

Mon espoir est dans l'agneau de Dieu.

Lambspring, suivi par Jean d'Espagnet

 

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 23:53

moreuxalchimiecouv.champagne

 

En cette veille de Saint Stanislas où nos pensées se tournent vers nos frères polonais, une fois de plus durement éprouvés par l'histoire des hommes, je me suis laissé dire qu'au laboratoire et dans nos régions les influx cosmiques ne sont pas encore au rendez-vous des chercheurs.

 

Qu'ils nous rejoignent donc pour l'instant dans nos études livresques, et retrouvons ensemble, en 1924, un Julien Champagne cette fois-ci non plus copiste, ni auteur, mais lecteur.

 

Lecteur à la mine de crayon, il va sans dire. Et donc annotant assidûment les objets d'une attention soutenue, souvent sévère, parfois bienveillante. En 1923, pour mémoire, Eugène Canseliet vient de recevoir de Fulcanelli les brouillons du Mystère des Cathédrales et des Demeures Philosophales, qui ne seront publiés respectivement qu'en 1926 et 1930.

 

Mais voici que cette année-là paraît de l'abbé Théophile Moreux un petit livre au titre magnétique, L'Alchimie moderne, et bien entendu notre "Hubert" se...précipite.

 

alchimiemoreuxportrait.champagne

 

Astronome, l'abbé Moreux (1867-1954) est un berrichon qui dès avant la première guerre mondiale a publié plusieurs études de vulgarisation, aux titres évocateurs: Qui sommes-nous? D'où venons-nous? Où allons-nous? Cette relation de Camille Flammarion a donc fait et fera montre d'une belle ouverture d'esprit, dont témoignent notamment des ouvrages tels que L'Atlantide a-t-elle existé (1924) ou La science mystérieuse des pharaons (1925).

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9ophile_Moreux

http://encyclopedie.bourges.net/abbemoreux.htm

http://www.massanne.com/component/virtuemart/?page=shop.product_details&category_id=17&product_id=223

 

Voici donc bien a priori un personnage et une oeuvre qui pouvaient être du goût d'un Julien Champagne, dont je me propose de vous faire part ici et maintenant d'une partie des approbations, commentaires et critiques de L'alchimie moderne:

 

Page 20

Moreux: Ces appellations: mercure, soufre, air, etc...n'ont rien de commun avec les substances vulgaires décorées de ce nom. Ce ne sont que des symboles philosophiques.

Champagne: Très bien.

 

Page 71

Moreux: L'idée de l'unité de la matière à travers ses aspects multiples et variés ne date pas d'aujourd'hui. Les Grecs la professaient ouvertement; ils la tenaient des Egyptiens. Plus d'un savant moderne n'a cure de ces affirmations: "Ce ne sont dit-on, qu'intuitions de génie." Une telle réponse est enfantine.

Champagne: Très bien.

 

moreuxtelescope.champagne

 

Page 14

 

moreuxpierrephilosophale.champagne

 

Page 15

Moreux en réponse à sa question: L'histoire de cette merveille, c'est toute celle de la chimie ancienne que l'on appelait autrefois l'Alchimie, en deux mots: Al Chimie. Et la Chimie, Chimia, n'était que le nom ancien donné à l'Egypte.

Champagne: Non; le début seulement, l'alpha. Erreur Ximuo= la matière muée.

 

Page 17

Moreux (illustration intitulée Cristaux de neige vus au microscope. Tous sont bâtis sur le type d'un polygone à six côtés).

Champagne: Le symbole de la pierre philosophale ou Sceau de Salomon est également une étoile à six pointes. Ce n'est, en somme, comme la neige, qu'une Eau condensée (métallique).

 

Page 19 (Artero me renvoie sur ce point aux Demeures Philosophales)

Moreux: D'où les Egyptiens tenaient-ils cette science avancée? D'après eux d'une personnage fameux, probablement mythique, Hermès Trismégiste. Nous possédons encore une traduction latine d'un des prétendus écrits de cet énigmatique égyptien, la Tabula Smaragdina, conçue d'ailleurs en un langage mystique et incompréhensible. Ce serait, au dire des vieux alchimistes, le plus ancien document traitant de l'Alchimie.

Champagne: Erreur encore. Hermes=Mercure. C'est donc le mercure qui parle dans ce texte. La Table d'Emeraude fut écrite en grec primaire. La matière première de l'oeuvre est de couleur verte, d'où son nom d'Emeraude des Philosophes. La Table n'est autre chose que la nomenclature, le tableau de ses propriétés. Et c'est la matière elle-même qui exprime ses vertus. Elle a, en elle, les trois principes (Trismégiste).

 

christsirene.champagne

 

Page 22

Moreux (illustration intitulée Le mariage philosophique du soufre et du mercure se fait dans l'oeuf des philosophes, sorte de ballon où s'élaborera le grand oeuvre. Le résultat est la pierre philosophale représentée ici par un enfant nouveau-né.)

Champagne: Erreur encore. Ce n'est pas un enfant, c'est un ange. La matière est d'abord volatile, d'où ses ailes. Elle devient fixe par la cuisson et perd ainsi ses attributs aériens.

 

Page 23

Moreux: Cet enfant nouveau-né, ce produit mystérieux capable de tout muer en or, c'est la pierre philosophale.

Champagne: Non, erreur. C'est le soufre philosophique, et sa puissance est faible. La pierre est autre chose.

 

Page 45 (Artero me renvoie encore sur ce point aux Demeures Philosophales)

Moreux: "Je lui montrerai dans l'atome "une infinité d'Univers, dont chacun a son firmament, ses planètes, sa terre, en la même proportion que le monde visible." (Pascal)

Champagne: Fut un grand alchimiste, ainsi qu'on l'apprit à sa mort, au moment de l'ensevelir.

 

reimsviergealchimique.champagne

 

Page 72

Moreux: Il est tout simplement merveilleux que des hommes ayant vécu des dizaines de siècles avant nous aient émis de semblables conclusions.

Champagne: La science ne doit jamais nier ce qu'elle n'est pas en mesure de réaliser.

 

Page 91

Moreux: Maintenant Rutherford, en possession d'une technique rigoureuse, s'attaque aux éléments lourds. Ceux-ci, n'en doutons pas, seront dissociés les premiers.

Champagne: Partir de poids atomiques lourds pour aboutir, par désintégration, à des poids de plus en plus légers, cela est l'enfance de l'art, mais ne réalise pas du tout le problème de la transmutation, qui exige au contraire que l'on parte des corps légers, plus simples, pour obtenir des corps lourds, plus complexes. Dissocier est le propre de l'analyse, ce qu'il faut c'est la synthèse.

 

abbémoreux2010.champagne

 

alcideallevychardusoleil.champagne

 

Théodore M. pcc ARCHER

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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 18:22

arrabal2.champagne


Grâce à Michel Dziwak et à La Pierre Philosophale, notre attention est pour ainsi dire appelée sur le premier roman du célèbre et sulfureux dramaturge espagnol Fernando Arrabal: La vierge rouge, Acropole, Paris, 1986.

Né en 1932, année de la mort de Julien Champagne, il l'a écrit semble-t-il directement en français, ce qui n'est pas   rien, même s'il s'est établi en France dès 1955.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernando_Arrabal
http://librerohumanoide.blogspot.com/2008/03/la-virgen-roja.html

En contrepoint, l'histoire est la suivante: une femme (Aurora), nourrie d'une éducation soignée (elle connait par cœur les règles de Flamel à neuf ans) envisage d'avoir une fille qu'elle formera à la réalisation de l'œuvre, œuvre que l'auteur ne précise guère dans un premier temps.


Son père lui présente un certain Nicolas Trévisan qu'il aimerait bien lui voir épouser. Elle lui préfère un inconnu pour se faire simplement engrosser. Après la naissance, la fillette, de son prénom Vulcasaïs, se révèle précocement douée pour l'étude et préfère contempler les gravures de Julien Champagne aux jeux de son âge.


Sous la férule de sa mère, « elle apprit rapidement à maintenir, avec un art consommé, le feu du fourneau. »

Si la mère fut « toujours captivée par la voie humide, longue et ingrate", sa petite "comprend sans aucune explication, combien la transmutation diffère grandement des opérations analogues que lui enseigne son professeur de chimie. »


Bref, Fernando nous entraîne, à coups d'innombrables citations puisées aux meilleures sources ou d'enseignements de son crû, à l'accomplissement du Grand-Œuvre.


On connait l'intérêt d'Arrabal pour l'alchimie et son œuvre y fait maintes fois référence, ajoute Michel, mais il est curieux que ce roman soit si peu cité dans la sphère hermétique.

Même en Espagne où il parut un an après son édition française, sous le titre La Virgen roja (Seix Barral, Barcelone, 1987), dans une version castillane qui serait due à à l'auteur lui-même, peu d'articles semblent avoir développé l'aspect alchimique de l'œuvre, (on y remarquera l'influence prépondérante de Fulcanelli).

http://www.arrabal.org/fvierge.html
http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/2770
http://newsfernandoarrabal.blogspot.com/2007/11/agulha.html
http://librerohumanoide.blogspot.com/2008/03/la-virgen-roja.html

 

viergerouge.champagne


Vous avez dit Julien Champagne? En fait il n'apparaît qu'une seule fois dans cette oeuvre de fiction, lorsque Aurora emmène sa fille Vulcasaïs dans une échoppe de livres d'occasion:

"Haussée sur tes petits pieds, tu contemplais des gravures de Julien Champagne. Tu paraissais si absorbée que le propriétaire de la boutique s'approcha de toi et te demanda en souriant:

- Elles te plaisent donc tant?

- Oui, beaucoup.

- Tu veux les acheter?

- Oh, oui."


arrabalfernando.champagne


Fulcanelli pour sa part n'est jamais nommé, directement du moins, car son pseudonyme est tout de même repris partiellement dans la dénomination de Vulcasaïs.

Cependant, les évocations plus ou moins biaisées de ses ouvrages abondent dans celui de Fernando Arrabal. On  trouve en effet dans ce dernier, souvent au travers des rêves d'Aurora, maintes évocations des symboles décrits et décryptés dans les Demeures Philosophales.

Quant au Mystère des Cathédrales, il est à mon sens encore plus fréquemment tout simplement paraphrasé, et parfois reproduit quasiment in extenso.

Sans prétendre à une recension exhaustive, je vous en livrerai seulement quelques exemples qui j'espère vous paraîtront...parlants, ou si vous préférez chantants:

"Je savais que tu jetterais bas l'antique sagesse des savants et la vieille science des scientifiques. Avec la bonté comme clé secrète, tu ouvrirais le sanctuaire de la Nature."

"Ma fille vivra ombragée par le chef-d'oeuvre de la nature: l'arbre de vie."

VIRGEN ROJA SUDAMERICANA.champagne


"Par l'intermédiaire du souffle divin se résolvait l'impossibilité de dialoguer qu'éprouvèrent nos ancêtres au pied de la Tour de Babel."

"La foi me menait tout droit à la vérité."

"Le savant auteur instilla en moi, page après page, sans la moindre adulation, son magistère merveilleusement limpide, d'une exacte pureté et si simple."

"La matière vive s'est toujours soumise aux vicissitudes de l'esprit."

"Si le Chevalier avait été un adepte, il aurait réservé les clés qui ouvrent les arcanes vers la voie sèche, courte et facile."

"Tu étais le plus grand trésor qui pouvait être au monde, un rayon de soleil capté et concentré sous une forme matérielle."

"La mort me surprit tant, moi qui l'avais toujours considérée comme un signe du travail régulier et efficace de la Nature."

"Le feu s'éteint lorsque l'oeuvre se consume."

"Vanités,  illusions, erreurs, mes nom et prénoms s'effritèrent en poudre  calcinée. Comme le phénix, je renaquis de ces cendres."

"Tu posséderais le triple don de sagesse, fortune et félicité. Tu serais le miroir où se reflèterait l'humanité."

 

arrabalpipe.champagne


arrabal5.champagne


Arrabal nous livre donc ici une fable certes emplie de pantagruèlerie, mais aussi bardée, lardée en tous cas, de références alchimiques.

Au passage, cet anarchiste, de droite, de gauche, d'en bas, d'en haut ou peut-être mieux du milieu, se livre à une féroce satire et de l'emprise de l'opinion publique sur la vie des gens, et de l'inanité des prétendus savoirs officiels.

Par où naturellement il rejoint aisément l'ésotérisme d'une alchimie forcément contestataire. Pour autant jusqu'à quel point le brillant amateur d'échecs qu'est Fernando, - lequel m'a-t-on affirmé aime à défier au jeu des rois, si proche de l'art royal, un certain Jorge Camacho, disciple d'Eugène Canseliet que nous avons déjà rencontré ici, - pour aussi féru d'alchimie qu'il soit, est-il proche de l'alchimie traditionnelle?

Je me suis laissé dire qu'il aurait peu goûté, en fait, certain reportage vidéo, réalisé en conjonction avec La vierge rouge, et  probablement connu d'un Bernard Renaud, où des alchimistes d'un calibre proche de celui de Robert Delvarre ou Roger Bourguignon  se livraient  à des manipulations pourtant parfaitement canoniques,  incluant, références livresques à l'appui, la séparation des ténèbres et de la lumière.

Initialement destinée à  FR3,  cette émission a été enregistrée et quelques copies doivent en exister, mais il me paraît vraisemblable qu'elle n'ait jamais été diffusée. On pourrait donc presque reprendre à son propos celui d'Eugène Canseliet sur Fulcanelli, dans l'interpétation transparente de Fernando Arrabal:

"Nul n'est prophète en son pays. Ton enveloppe s'est évanouie et éclipsée. Seul flamboie et surnage ton souvenir."

J'ajouterai seulement: Et ton OEuvre.

k karras bath.champagne



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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 10:27

JC1898.champagne



Avant d'ouvrir à nouveau les carnets de croquis de Julien Champagne, permettez-moi un petit mot sur le
quatrième anniversaire de ce blog: Comme le temps passe...

Un peu plus de 250 articles, avec en moyenne deux commentaires par article, quelque 150.000 lecteurs,
et de l'ordre de 700.000 pages vues: Allons, grâce à vous le début est excellent, mais you know, it's a long way.

La preuve: Nous voici non plus en 2010 mais en 1898, "Hubert" a une vingtaine d'années, et je parierais presque que voici sans doute un de ses tout premiers autoportraits.

Il continue à saisir sur le vif certaines scènes de sa vie quotidienne, et croque ainsi par exemple, si je puis dire, son toutou...Toto.

toto.champagne


Dans le même temps, cependant, il me semble qu'au-delà de telle académie de l'atelier de Léon Gérôme son intérêt pour les vieilles pierres et leur histoire tend à s'affirmer.

Julien ne se contente pas de les dessiner, il annote ses esquisses d'extraits d'auteurs choisis, parmi lesquels par exemple Victor Hugo, à propos de la Tour Saint-Jacques parisienne, chère au coeur de tout alchimiste.

Car ces Vierges qui l'inspirent, ces marmousets qu'il s'amuse déjà à reproduire, elles sont ici la plupart du temps des oeuvres sculptées ou architecturales d'art gothique.

Rien de surprenant après cela qu'il se soit déjà essayé précocement, dès cette époque à l'étude de Notre
Dame de Paris: Le futur illustrateur de l'oeuvre de Fulcanelli a commencé, croyons-nous, son cheminement.
 

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Dans sa récente communication sur le mystère alchimique de Fulcanelli et Eugène Canseliet, Jean Artero avait relevé le fait qu'à ce jour aucune monographie publiée n'a été consacrée au "scribe" de Fulcanelli.

Il a cité cependant le petit livre d'hommage si émouvant que Judith Henry a dédié à la mémoire vivante de Canseliet, et il aurait  pu, à mon avis, ajouter à cette sorte d'exception le bel essai d'Hervé Rougier: Alchimie et art de vivre dans le sillage d'Eugène Canseliet (Rafael de Surtis, 2007).

Car s'il est bien vrai que nombre de revues, déjà mentionnées ici, telles Atlantis, La Tourbe des Philosophes, ou Prisme, ont voué un de leurs cahiers spéciaux au maître alchimiste de Savignies, la seule étude de fond qui lui ait été réservée et que nous avons déjà citée également, celle de Cédric Mannu sur Eugène philosophe hermétique, n'est pas encore éditée à ce jour.

Souhaitons avec Artero qu'elle le soit prochainement. Or, il y a au moins un point commun entre la conférence inspirée de Rougier et le mémoire de maîtrise de Mannu: Lionel Poilâne (1945-2002).

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Mannu comme Rougier nous rappellent en effet tous deux que ce boulanger d'exception, de renommée internationale, comme d'autres prématurément disparu, fit réaliser pour la seconde échope famiale, sise à Paris au 49 du boulevard de Grenelle, une série de neuf médaillons alchimiques.

Cette boulangerie est ainsi devenue une des plus récentes de nos demeures philosophales, et ces médaillons furent en fait réalisés, nous dit-on, d'après les dessins d'Eugène Canseliet.

Leur créateur semble bien avoir été Pierre Mestre, potier de tradition à La Borne, près d'Henrichemont, dans le Cher.

Rougier les a d'ailleurs longuement décrit dans un autre de ses ouvrages, qui semble actuellement épuisé: Mémoires d'un chêne dans l'Albigeois (Lacour, 1996).

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Rien de surprenant d'ailleurs à ce que Lionel se soit intéressé à l'alchimie au point de faire appel à un Canseliet: La relation de la boulange au labeur philosophique de l'alchimiste a déjà été maintes fois soulignée, de l'évangélique allégorie du grain qui meurt ou du solve au coagula ou à la fermentation panaire.

Au tour du boulanger d'oeuvrer: Il met, nous explique Rougier, la main à la pâte. Poilâne, nous rappelle-t-il, est l'auteur d'un livre qu'il a écrit à la lueur du four, et Hervé d'ajouter qu'il le range sur la même étagère que les ouvrages de Fulcanelli et de Canseliet: Guide de l'amateur de pain (Laffont, 1981).

Ô le pain! précise-t-il encore, est l'anagramme exclamative de Poilâne..."La vocation du boulanger, telle la vocation de l'alchimiste.

A présent, il fait nuit. Très légèrement vêtu, le boulanger pétrit la pâte. "Cette opération, note Lionel Poilâne, exige de l'expérience, car elle nécessite une appréciation instinctive sur le comportement de la pâte." Au pétrissage fait suite la pesée, l'attention au poids, et enfin la mise au four. A travers le soupirail on aperçoit la lune croissante..."



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Pour Rougier comme pour Prisme, le mot-clé est dans tous les cas l'harmonie, et nous retrouvons aussi sous sa plume cette idée que je viens d'exprimer à propos de Champagne: Celle d'un cheminement.

"Quand vous marchez, la terre, le ciel, tout s'allège. Vous n'êtes plus dans l'attente. La rencontre est là, vécue pédestrement, la Nature apparaît comme une féerie. De toute évidence, l'harmonie émane du concours des quatre éléments qui agissent les uns sur les autres de concert."

C'est exactement, conclut-il, ce qui apparaît au cours de l'enseignement altruiste d'Eugène Canseliet, le moins envieux des alchimistes. "Alchimie et art de vivre, d'être au coeur vivant du monde, cela est à l'unisson, inséparable, comme se manifestent dans l'harmonie, aux yeux du voyageur, renouvelant sans cesse leurs métamorphoses, le ciel, les eaux, l'étendue de toutes les terres."

Lisez Hervé, vous ne serez pas décu, croyez-moi. Tenez, il a encore la sagesse de finir son opus par une citation des plus idoines: "C'est ici qu'il y a lieu et opportunité de rappeler ce qu'écrivit Pierre Jean Fabre de Castelnaudary, dans son Abrégé des secrets chymiques, Louis XIII régnant:

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"L'Alchymie n'est pas tant seulement un Art ou science pour enseigner la transmutation métallique, mais une vraie et solide science, qui enseigne de connaître le centre de toutes choses; en langage divin on l'appelle l'Esprit de Vie."

Dans la marge de ce paragraphe figurent ces quelques mots de la main de Fabre: Vraie définition de l'Alchymie.

Alchymie dont la saga fulcanellienne a produit nombre d'avatars, notamment harmoniques ou du moins musicaux, dont voici à ma connaissance un des plus récents:

http://www.lastfm.fr/music/Lagartija+Nick/_/Fulcanelli

Poilanefour.champagne


Et toujours pour ne pas conclure signalons aussi que Walter Grosse vient pour sa part de débuter un blog sur Eugène Canseliet:

http://elcanseliet.blogs.sapo.pt/

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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 09:43

BECKchristinedesuede.CHAMPAGNE


A la belle âme d'Odile Duchamp (1953-2009) qui telle sainte Roseline cachait sous son tablier des brassées de roses.
"Heureux celui qui entend la parole de Dieu, et qui la garde," affirme l'Evangile selon saint Luc, autrement dit de la Lumière.

Cette Lumière est pour les alchimistes l'émanation du feu divin. Nous le voyons bien, en particulier dans les Trois anciens traités d'Alchimie d'Eugène Canseliet, quand l'auteur commente ainsi le portrait ci-dessus reproduit en couleurs de Christine de Suède par David Beck, toujours visible semble-t-il au musée national de Stockholm:

"La reine de Suède, ayant orné sa coiffure d'un frais bouquet de fleurs champêtres, appuie sa main, pour la lecture, sur la boule qui est communément l'hiéroglyphe de la première matière. L'écharpe vole au vent et l'eau s'étend à l'horizon."

Et d'emprunter à la brochure d'une exposition qui en 1966 fut réservée à Christine dans la capitale suédoise un passage qui complète son propos: "On a parfois voulu voir dans cette peinture l'allégorie des trois éléments représentés, le quatrième étant l'apanage de la Reine, c'est-à-dire le feu."

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Or ce feu invisible de l'émanant doit être orienté. Toutes les églises ont leur abside tournée vers le sud-est, leur façade vers le nord-ouest, tandis que les transepts, formant les bras de la croix, sont dirigés du nord-est au sud-est, constate Fulcanelli à l'orée de son Mystère des Cathédrales.

"C'est là une orientation invariable, poursuit-il, voulue de telle façon que fidèles et profanes entrent dans le temple par l'Occident, la face portée du côté où le soleil se lève, vers l'Orient, la Palestine, berceau du christianisme. Ils quittent les ténèbres et vont vers la lumière."

De ce Mystère paru pour la première fois en 1926, nous avons vu que Paul Le Cour, alias Pélékus, s'était fait l'écho élogieux au début de 1927 dans la revue AEsculape. Il apparaît également dès les tout premiers numéros du périodique de l'association Atlantis, fondée avec Philéas Lebesgue, ami et voisin d'Eugène Canseliet.

C'est ainsi que fin 1927 Atlantis organisa une excursion au sanctuaire druidique de Chartres, dont voici un extrait du compte-rendu: "Au dehors, sous les porches, Paul Le Cour exposa les commentaires de Fulcanelli dans Le Mystère des Cathédrales, d'une pénétration plus grande que celle de Huysmans."

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Début 1928 encore, Paul Le Cour rendant compte du livre de Jérôme Carcopino sur la basilique pythagoricienne de la Porte Majeure à Rome, observe: "Le symbolisme initiatique domine ici. A droite de l'entrée deux personnages, un homme et une femme, sont séparés par un tronc d'arbre autour duquel s'enroule un long serpent. A l'une de ses branches pend la Toison d'or.

On retrouvera à Bourges, bien des siècles après, le même tableau dans la chapelle de Jehan Lallemant. Ceci nous montre l'existence d'une continuité d'idées de l'antiquité à nos jours à travers le christianisme qui les a conservées sous des voiles. Le bélier à la toison d'or n'est-il pas cet agneau couché sur le livre aux sept sceaux? C'est la brebis (Rachel) qui porte la toison d'or, est-il dit dans les textes sacrés."

Enfin, Atlantis ne manque pas dès ses livraisons initiales de publier des encarts publicitaires de libraires amis, tel Emile Nourry, qui renonça à publier le Mystère, ou Jean Schemit, qui édita "le seul livre moderne qui jette sur la vieille Alchimie une lumière nouvelle".

Son rédacteur et préfacier Eugène Canseliet et son illustrateur Julien Champagne sont dûment mentionnés dans ces encarts, et c'est après le décès de Champagne que Canseliet commencera vraiment une longue collaboration aux activités et publications d' Atlantis.


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Eugène Canseliet, qui correspondit si longuement aussi avec un hermétiste suédois de ses amis, Arne Wettermark, notamment à propos de Christine de Suède, rappelle dans son ouvrage précité que Christine, dans le temps de son abdication, fit graver une médaille qui porte à l'avers son effigie et au revers la couronne royale, avec ces mots:

ET SINE TE - ET SANS TOI

Il ajoute aussitôt: "La souveraineté terrestre, sans l'emblème ordinaire des privilèges du sang! La fille de Gustave-Adolphe avait choisi la véritable royauté, celle que confère le Grand OEuvre physique, auquel elle caressait le dessein de travailler, dans la Ville du Pape." Soit Rome, la Ville éternelle.

Dans ses alchimiques mémoires de la revue La Tourbe des Philosophes, déjà maintes fois citée dans ce blog, Canseliet est d'ailleurs revenu sur son amitié avec Wettermark. Ce dernier a lui-même signé dans le même périodique (N°27, 1985) un article intitulé Christine de Suède, Roy par la grâce de Dieu.

Il y affirme notamment, argumentation à l'appui,  qu'on peut considérer que cette dernière pratiquait déjà l'alchimie avant son abdication, et qu'elle avait (comme d'autres) dénommé cet Art la Science des Roys.

Dans son ouvrage paru lui en 1991 (Queen Christina of Sweden and her Circle, E.J. Brill), Susanna Akerman pour sa part et en outre rapporte cette maxime de Christine selon laquelle:

"La Chimie est une belle science, elle est l'anatomie de la nature et la seule véritable clé qui ouvre tous les trésors."


sinete.champagne


A chacun et chacune, excellente année en Hermès.

guisurarbre.champagne


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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 17:56

GJ.champagne

 

Un colloque d'alchimie en plein Paris, en ce début du XXIème siècle, et un colloque où s'est invité Julien Champagne, voici un pari réussi le 28 novembre 2009 de l'association Atlantis, présidée par Jacques Grimault, association fondée rappelons le en 1926, l'année même de la parution du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli.

Organisée en l'honneur d'Eugène Canseliet, disciple de Fulcanelli, cette manifestation qui est intervenue dix ans après le mémorable colloque Canseliet mis sur pied à l'occasion du centenaire de sa naissance, en 1899, a réuni de cent à cent cinquante personnes, ce qui est sans conteste un beau succès.

La famille Canseliet et ses amis proches y était fort bien représentée, notamment par les présidentes d'honneur du colloque, Béatrix Canseliet, fille d'Eugène, et sa propre fille Sylvaine.

Cette dernière, qui a courageusement entrepris de faire éditer ou rééditer par Guy Trédaniel les nombreux articles de son aïeul, dont elle annonce après le volume 2007 une seconde livraison en 2010, a d'ailleurs tenu à rappeler que sa famille entend toujours faire respecter ses droits, s'agissant en particulier des oeuvres de Fulcanelli.



Des interventions des conférenciers, je retiendrai principalement qu'à une approche essentiellement historique de l'alchimie a succédé une vision plus contemporaine et plus thématique à la fois.

Joseph Davidovits a à mon avis très heureusement dégagé les origines et la dimension absolument religieuses de l'alchimie et de la chimie de l'ancienne Egypte, puis Alain Queruel a à son tour disserté sur les apports qui furent ceux des alchimistes médiévaux à la science actuelle.

Jacques Grimault, qui donne par ailleurs des conférences sur l'alchimie, a notamment insisté sur la nécessité plus impérieuse que jamais d'oeuvrer pour la préservation du patrimoine culturel considérable qui est celui de l'alchimie, aussi bien en matière scientifique qu'artistique, philosophique ou spirituelle.

Enfin Roland Narboux a justement présenté un panorama berrichon de ce patrimoine, et j'ai pour ma part été séduit par son rappel à propos de Bourges du fait qu'aussi bien l'hotel Lallemant - c'est bien connu - que le palais Jacques Coeur (ceci est moins su) conservent aujourd'hui encore dans la pierre la mémoire de leur alchimiste ou de leurs alchimistes.

On pourrait en dire autant, au demeurant, de bien des cathédrales (à commencer par Paris) et de bien des demeures philosophales ou logis alchimiques.


Patrick Rivière s'est en ce jour de saint Jacques, patron des alchimistes, livré à une brillante étude du symbolisme alchimique du pélerinage de Compostelle, dont depuis Nicolas Flamel et Fulcanelli nous savons bien qu'une partie doit s'effectuer par voie de terre, et l'autre reste maritime.

J'ai également relevé avec intérêt qu'il a bravement conclu son propos par une déclaration coram publico sans ambigüité sur l'inanité des recherches sur l'identité d'Adeptes de l'alchimie comme Fulcanelli.

Enfin Jean Artero a cherché à mettre en relief la nature même du mystère alchimique, telle qu'elle ressort de l'oeuvre écrite de Fulcanelli, l'apport considérable, voire unique,  de ce dernier à l'alchimie traditionnelle, et le sens de l'engagement alchimique d'Eugène Canseliet.

Il a conclu par une petite analyse du symbolisme de l'écu final de Canseliet, "abrégé de la voie sèche" en alchimie, et in fine sur l'importance du sel principe et des adjuvants salins dans la pratique alchimique (Quand sel y est est d'ailleurs le titre d'un des chapitres de son livre Présence de Fulcanelli).


C'est surtout Artero en fait qui a insisté sur l'importance de Julien Champagne dans l'élaboration du corpus fulcanellien. Voici donc une transcription que j'espère fidèle de quelques uns de ses propos à ce sujet:

"Pour conclure, ou plutôt pour ne pas conclure, mais pour terminer cette réflexion d’aujourd’hui, je souhaite appeler votre attention sur l’importance des illustrations en alchimie, notamment vis-à-vis des textes. Ces derniers, nous expliquent à l'unisson Fulcanelli et Canseliet, restent fréquemment trompeurs. Ils voilent autant qu'ils dévoilent. 

Puis-je d'ailleurs émettre l'opinion que ceci s'adresse à tous les auteurs alchimiques, Canseliet et Fulcanelli y compris?

Tous les alchimistes sans exception doivent en effet à l’obédience de réserver à leurs semblables les arcanes principaux de leur Science, de leur Art. Voilà qui me conduit à vous demander de ne pas négliger dans l’étude de l’œuvre fulcanellienne l’importance des illustrations de Julien Champagne, qu’aucune photographie ne saurait valablement remplacer.

Julien qui fut un ami aîné, mais proche d'Eugène, au point que ce dernier nous a expliqué être persuadé que Fulcanelli lui a adressé, à la mort de Champagne, et pour l'en consoler, un alchimiste turc du nom de Moktar Pacha, dont il est bien sûr question dans mon livre.

Rappelons tout de même que les seules éditions de ses livres qui furent approuvées par Fulcanelli sont celles où figurent les dessins de son illustrateur."

 

Souhaitons par conséquent qu'Atlantis, qui a manifestement entrepris de réimprimer les premiers numéros de sa revue et vient fin 2009 de publier une livraison spéciale sur l'alchimie, puisse faire paraître les actes de ce colloque, colloque dont une réédition est dès à présent prévue en 2012.

Et à chacune et chacun, joyeux Noël!



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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 10:08




Célébrer les morts, c'est une manière comme une autre d'honorer les vivants. Et s'il est permis avec Maurice-Consantin Weyer, qui met en scène certain Archer canadien, de se pencher avec nostalgie sur notre passé, ne manquons pas de faire renaître aussi celui de notre prochain.

Il est notre présent comme nous sommes son avenir. Sa mémoire nourrit notre imaginaire, et la transmission de sa parole se trouve au coeur même de notre appréhension spirituelle de la Tradition. Chère Fanny, voyez en ce deux cent cinquantième article du blog de Julien Champagne comme mes compatriotes Elmiro et Rose Celli reposent en paix au pied de la croix, cachés tous deux derrière la pierre du soleil.

Mais qu'ont-ils à nous dire, Rose et Elmiro, en ces lendemains de Toussaint? Et quels rapports, déjà avec notre cher "Hubert"?

Je pense qu'Elmiro est le mieux placé pour nous répondre dans un premier temps, grâce notamment aux écrits d'Alexandra Charbonnier sur Milosz.



"Je suis né en Italie, dans une famille de musiciens ambulants très pauvres. Enfant, je joue instinctivement du violon pour gagner ma vie, ce qui me conduit au conservatoire de Bologne, puis à celui de Paris. Mais mes amis ne se trompaient pas en disant déjà que j'avais une oreille de peintre et un oeil de musicien.

Vers 1912, une illumination me fait me tourner vers la peinture, et j'appelle précisément mon approche personnelle celle de la peinture de sensations. Je commence à exposer dans l'immédiat après-guerre (1919-1920) à la même période où je rencontre ma future femme.

Mes tableaux de l'époque témoignent déjà de ma sensibilité ésotérique: Prière à la Nature, Commencement, Gestation, Initiation, Vision, Le Feu, Alchimie.

Comme l'indique l'article me concernant du dictionnaire Bénézit, j'exposerai de 1920 à 1927 au Salon d'Automne, aux Indépendants et à la Nationale.

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La principale toile de moi qui est actuellement accessible au grand public est ce Chemin de Lumière qui fit partie de la collection de René  et  Isha Schwaller et aurait rejoint depuis la bibliothèque de la fondation Bozawola.

J'ai noué des relations avec Aor et Isha en 1916-1917 et je suis alors entré dans son groupe des Veilleurs, dont j'ai fait partie du cercle intérieur des frères d'Elie.  Rose et moi avons un temps rejoint son phalanstère de Suhalia, dont Julien Champagne devait être le directeur de recherche.

En 1920 je me suis installé provisoirement à Théoule, auprès du maître verrier Richard Burgsthal. Puis j'ai gagné l'Algérie, où nous avions à ce moment dans l'idée de refonder un groupe de Veilleurs.

De retour à Saint-Paul de Vence, j'y ai repris mes travaux et Rose n'a pas manqué de témoigner plus tard qu'une bonne part de ceux-ci se sont toujours déroulés dans mon laboratoire d'alchimie."

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3826243.html
http://touscesgens.hautetfort.com/archive/2006/08/18/celli-elmiro.html


Rose confirme aussitôt, puis: "Je suis née en Algérie, comme mon frère le poète Edmond Brua, et à part Elmiro ma grande passion au delà de mes études littéraires à l'école normale supérieure de Sèvres a toujours été l'écriture, ce qui a fait de moi assez rapidement une proche de Milosz et plus tard de Jean Giono.

Charbonnier rapporte à ce sujet que j'ai obtenu un prix littéraire (Fémina, 1925). Dans Comme l'eau (1930) j'ai bien pu comme avancé par Geneviève Dubois livrer sous forme de roman à clefs un épisode de la vie du Veilleur Henri Coton, alchimiste aussi connu sous le nom d'Alvart. Nous étions amis des Coton.

Elmiro et moi avons aussi à une époque fréquenté divers salons, à Paris celui de Nathalie Clifford Barney et à Nice celui de nos autres amis les Prozor, Maurice et Greta. Greta avec laquelle j'ai aussi échangé une correspondance, notamment en 1927 au sujet de l'alchimie de Coton.

Mon rôle auprès de mon mari ne doit pas être sous-estimé, y compris au plan alchimique. Je l'ai aidé au laboratoire, j'y ai tenu des notes, j'ai recopié des traités classiques de l'alchimie.

http://www.archerjulienchampagne.com/article-4849361.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-3552044.html
http://www.lemercuredauphinois.fr/data/pages_site/bio_henri.php

Dans le même temps et tout en restant romancière j'ai commencé une oeuvre de traductrice, avant de bifurquer finalement vers les contes pour enfants, qui ont assis ma notoriété (Boucle d'or et les trois ours, Le bateau de pierre...). Tout ceci sans oublier de promouvoir l'oeuvre d'Elmiro, bien entendu comme dans cet article de La revue métapsychique de mon ami Hubert Larcher que j'ai rédigé en 1967 sur "Elmiro Celli et la peinture de sensation."

http://touscesgens.hautetfort.com/archive/2006/08/18/celli-rose.html


Ce qui nous conduit en définitive à évoquer également ici la mémoire d'Hubert Larcher (1921-2008), docteur en médecine  qui hélas nous quitté récemment et qui écrivit ceci, dans la livraison 35 (1996) de l'excellente revue des Amis de Milosz, patronnée par André Silvaire:

"J'avais commencé à étudier la médecine à Montpellier lorsque passant mes vacances à Saint-Paul ma mère me dit qu'il s'y trouvait un alchimiste du nom d'Elmiro Celli.

Je n'eus alors de cesse de le rencontrer et nous devînmes amis au point qu'il me permit de visiter son laboratoire, m'enseigna des éléments de son art et me conseilla sur le choix des verreries indispensables et d'un athanor."

Dans ce même numéro de revue on trouvera en outre divers articles sur "deux amis de Milosz, Rose et Elmiro Celli", dont un de Rose, Cet arbre mort devenu ange, et un autre de Milosz sur Elmiro: Un paysagiste mystique. Ce dernier est extrait du catalogue  de l'exposition  Celli, organisée par L'Affranchi en 1919.

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Ami de Jean Guitton, Hubert Larcher est plus connu comme tanathologue que comme alchimiste. Il fut d'ailleurs en 1966 l'un des fondateurs de la société de tanathologie.

Dès 1957 il a cependant publié un essai retentissant intitulé Le sang peut-il vaincre la mort (Gallimard) qui a été réédité en 1990 par Désiris sous un autre titre, plus poétique (La mémoire du soleil) et dont les préoccupations alchimiques sont loin d'être absentes, comme l'a tout de suite vu certain disciple de Fulcanelli et ami de Julien Champagne: Eugène Canseliet.

Notons enfin qu'il travailla un temps comme assistant chercheur au Laboratoire de chimie organique de l’Ecole Polytechnique (1948-1951), sous la direction du Professeur Pierre Baranger (passionné de mystique et d’alchimie).

http://www.metapsychique.org/Hubert-Larcher.html

Sur Celli, Larcher, et tant d'autres alchimistes vivants ou pas de notre belle Provence, et sur certaines demeures philosophales somptueuses comme Cimiez et Saorge, je vous recommande en outre chaudement un petit livret fort bien fait de l'UNIA, paru à Nice en cette fin d'année de l'an de grâce 2009: "Alchimie et Alpes maritimes, une quête":

http://www.universite-nice-inter-ages.fr/?uniaPage=26&acti=ALCHIMIE%20ALPES%20MARIT

"Le paranormal, nous n'y croyons pas, nous l'étudions."


 

ecelllisignure.champagne



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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 21:43


Xavier en attendant de vos bonnes nouvelles voici en cette Saint Firmin quelques souvenirs de notre Julien favori. 1897...le peintre, dessinateur et alchimiste a vingt ans.

C'est le bel âge du printemps, et Julien Champagne en profite pour visiter, carnet de croquis à la main, le musée de Picardie de la bonne ville d'Amiens.

Actuellement fermé pour travaux, ce musée fondé au siècle dernier sous l'égide de la Société des Antiquaires abrite nombre de chefs d'oeuvre universels.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_de_Picardie
http://www.amiens.fr/decouvrir/musee/index.asp



S'il ouvre à nouveau comme prévu le mois prochain, peut-être pourrons nous bientôt, comme Hubert le fit en son temps, admirer notamment ce Saint Eustache, ou plus exactement ce "fragment de sculpture" du XVIème siècle qui plut tellement à l'illustrateur futur des oeuvres de Fulcanelli.

Ou encore du même siècle fossoyeur d'un moyen âge encore bien présent ce Saint Michel terrassant le dragon. Mythe à propos duquel l'Adepte dévolu au XXème siècle dissertera à maintes reprises:

"Ce combat singulier des corps chimiques dont la combinaison procure le dissolvant secret (et le vase du composé) a fourni le sujet de quantités de fables profanes et d'allégories sacrées." (Mystère)

"La lutte courte mais violente livrée par le chevalier ne cesse que par la mort des deux champions (en hermétique, l'aigle et le lion) et leur assemblage en un corps nouveau dont la signature alchimique est le griffon." (Demeures)


Ou encore (Demeures toujours):

"Longin, dans la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, joue le même rôle que Saint Michel et Saint Georges; Cadmos, Persée, Jason font un geste semblable chez les païens.

Il perce d'un coup de lance le côté du Christ, comme les chevaliers célestes et les héros grecs transpercent le dragon. C'est là un acte symbolique dont l'application positive au travail hermétique s'avère lourd de conséquences heureuses."

Mais voici que cette même année nous retrouvons cette fois Julien dans l'atelier de Léon Gérôme.


Et certes nous savions bien déjà que Champagne en fut l'élève distingué:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1752591.html

Mais en voici désormais deux nouvelles preuves, et des plus esthétiques comme il se doit. Il me semble bien émouvant de penser, au demeurant, que Julien dut cotoyer, mais aussi tutoyer, nombre des jeunes condisciples ici représentés, qu'il ne manqua pas pour autant de croquer.

Et devant l'amicale insistance d'Edith, je ne peux clore mon petit article de ce mois sans signaler publiquement, à l'attention générale, une heureuse initiative d'Ibrahim, qui nous propose sur son excellent site déjà maintes fois nominé (je renomme La rue de l'Alchimie) une version en ligne des textes des deux ouvrages cités ci-dessus de Fulcanelli:

Fulcanelli complet en pdf avec les illustrations originales


Ni bien sûr passer sous silence une des prochaines conférences de l'association Atlantis, d'heureuse mémoire et toujours vivace, qui sera à Paris le mois prochain (novembre 2009) consacrée à "l'alchimie aux mille visages."

En ce cent-dixième anniversaire de la naissance d'Eugène Canseliet, cette conférence est de surcroît placée sous la présidence d'une de ses filles, Béatrix, et de Sylvaine, sa petite fille:

http://www.atlantis-site.com/activites/conferences.php?m02

http://www.atlantis-site.com/activites/programme.pdf

Puis pour finir ou plutôt continuer en harmonie, et en beauté, je vous propose de découvrir une toute récente symphonie concertante pour violoncelle du compositeur tchèque Jan Valta, précisément consacrée à Fulcanelli et tout bonnement intitulée:  Fulcanelli.

http://www.youtube.com/watch?v=YM9k35LA4_8

http://www.youtube.com/user/JanValta77 

http://www.projectfulcanelli.com/
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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 10:43


Julien Champagne, en rédigeant en 1908 son traité de La vie minérale, qui attend toujours son éditeur,

http://www.archerjulienchampagne.com/article-32335725.html

fait référence à un "prix Nobel" 1920 de physique d'origine française mais de nationalité suisse, et Polytechnicien de Zürich, bien oublié actuellement du grand public: Charles Edouard Guillaume (1861-1938):

http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_%C3%89douard_Guillaume
http://www.worldtempus.com/fr/encyclopedie/index-encyclopedique/horlogers-celebres/guillaume-charles-edouard/
http://www.cartage.org.lb/fr/themes/Biographies/mainbiographie/G/guillaume/guillaume.htm
http://en.wikipedia.org/wiki/Charles_%C3%89douard_Guillaume
http://nobelprize.org/nobel_prizes/physics/laureates/1920/guillaume-bio.html

Fils d'horloger, il reste connu en Helvétie en raison des application de ses découvertes d'alliages utiles en horlogerie. Guillaume entra en 1883 au Bureau international des poids et mesures de Paris (BIPM), dont en 1902 il devint directeur adjoint, et qu'il dirigera de 1915 à 1936.


Parmi ses ouvrages, il nous semble impossible de ne pas citer ici La vie de la matière (1899). Relevons aussi en 1907 cette fois son Des états de la matière...

En 1908 "Hubert" mentionne dans son essai une déclaration éclairante de Guillaume:

"Monsieur Charles Edouard Guillaume, physicien au Bureau international des poids et mesures, à Paris, a fait à Neufchatel, devant la Société helvétique des sciences naturelles, une conférence qui par certains de ses côtés, aurait vivement scandalisé les naturalistes d'il y a vingt ou trente ans.

L'auteur, grand partisan de la vie de la matière, a fait l'expérience suivante. Il a introduit dans un ballon de verre du mercure et de l'acide sulfurique. Le ballon fut ensuite plongé dans un amalgame de sodium soumis à un courant électrique de l'extérieur à l'intérieur.

Or le sodium, sous l'influence de l'électrolyse, a traversé le verre et est allé se dissoudre dans le liquide du ballon. Si le verre est à la base de sodium, on peut le faire traverser,  pour toute molécule plus petite,  par du lithium, par exemple.


Le sodium du verre s'en va le premier, et à mesure qu'il est remplacé par le lithium, on voit le verre prendre un aspect laiteux.

Ajoutons que la densité et la consistance du verre diminuent simultanément. On obtient du reste le même effet lorsque l'expérience se produit avec le sodium chaud ou froid. Dans le second cas, l'effet se fait attendre plus longtemps.

M. Guillaume trouve avec raison que cette expérience, de même que beaucoup d'autres dirigées dans le même but, démolissent la notion surannée de la matière inerte."

Notamment de la matière minérale, si nous suivons bien Julien Champagne...Mais n'est-il pas intéressant de nous rappeler à ce stade que Charles Edouard fait également partie des rares savants contemporains de l'époque qui sont favorablement mentionnés par un certain Fulcanelli?



"Il ne suffit pas au philosophe, lisons-nous ainsi au chapitre Chimie et philosophie des Demeures philosophales, de noter seulement l'allongement d'une barre de fer soumise à la chaleur, il lui faut encore rechercher quelle volonté occulte oblige le métal à se dilater.

Cette volonté métallique, l'âme même du métal, est nettement mise en évidence dans l'une des belles expériences faites par Charles Edouard Guillaume. Un barreau d'acier calibré est soumis à une traction continue et progressive dont on enregistre la puissance à l'aide du dynamographe. Quand le barreau va céder, il manifeste un étranglement dont on relève la place exacte.

On cesse l'extension et l'on rétablit le barreau dans ses dimensions primitives, puis l'essai est repris. Cette fois l'étranglement se produit en un point différent du premier. En poursuivant la même technique, on remarque que tous les points ont été successivement éprouvés, en cédant les uns après les autres à la même traction.

Or si l'on calibre une dernière fois le barreau d'acier en reprenant l'expérience du début on constate qu'il faut employer une force très nettement supérieure à la première pour provoquer le retour des symptômes de rupture.


M. Guillaume conclut de ces essais, avec beaucoup de raison, que le métal s'est comporté comme l'eût fait un corps organique. Il a successivement renforcé toutes ses parties faibles et a augmenté à dessein sa cohérence pour mieux défendre son intégrité menacée. Un enseignement analogue se dégage de l'étude des composés salins cristallisés..."

Et Fulcanelli d'en déduire, à l'issue d'une démonstration appuyée sur d'autres exemples, que la mort, corrolaire de la vie, étant la conséquence directe de la naissance, il s'ensuit que les métaux et minéraux manifestent leur soumission à la loi de prédestination qui régit tous les êtres créés.

"Naître, vivre, mourir ou se transformer sont les trois stades d'une période unique embrassant toute l'activité physique. Et comme cette activité a pour fonction essentielle de se renouveler, de se continuer et se reproduire par génération, nous sommes amené à penser que les métaux portent en eux, aussi bien que les animaux et les végétaux, la faculté de multiplier leur espèce.

Telle est la vérité analogique que l'alchimie s'est efforcée de pratiquer."



Au-delà même de la référence commune à Guillaume, on voit donc bien la communauté de pensée qui dans ces extraits au moins rapproche le Champagne de 1908 du Fulcanelli des Demeures (publiées pour la première fois en 1930).

Gardons nous pour autant de toute conclusion hâtive: Plus direct, moins lyrique que celui de Fulcanelli, le style de Champagne s'en distingue nettement. Beaucoup plus que son futur maître en alchimie, il emploie la nomenclature moderne de la chimie.

Bien plus, et à l'inverse, son approche de la cabale hermétique semble rudimentaire à l'époque, et sur le fond il nous semble dans nombre de passages plus proche en définitive du vitalisme hyperchimique ou si l'on veut de la spagyrie que de la légendaire alchimie.

Mais Champagne avec La vie minérale témoigne pour autant, et avec quel brio, qu'il est passé ou se trouve sur le point de passer "sur les banc d'une autre école" (Fulcanelli).



Ne quittons pas d'ailleurs M. Guillaume sans nous remémorer le fait qu'il fut, comme Fulcanelli, un des rares proches d'un autre Nobel, Pierre Curie.

A cette proximité Fulcanelli-Curie, Artero consacre d'ailleurs tout un chapitre de son Présence de Fulcanelli, où il s'appuie pour l'essentiel sur le témoignage d'Eugène Canseliet. Mais voici pour l'instant une preuve éclatante de la proximité Guillaume-Curie. Nous sommes en 1904, au BIPM:

http://www.bipm.org/fr/si/history-si/radioactivity/familles_curie_guillaume.html

1904...L'an prochain, Julien Champagne rencontrera Fulcanelli.

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