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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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2 juillet 2007 1 02 /07 /juillet /2007 11:18




Il y a autour de Julien Champagne, il faut bien le dire, beaucoup de personnes liées à la société Poulenc Frères.

Comme Walter Grosse a déjà consacré à cette entreprise devenue par la suite Rhone Poulenc un article documenté, je ne vais certes pas vous en infliger une nouvelle mouture:

http://www.fulgrosse.com/article-2427770.html

Il n'est pas sans intérêt, cependant, de noter que la firme en question, pharmaceutique au départ, a ensuite englobé dans ses activités d'autres secteurs, notamment ceux de la chimie et de l'agrochimie:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rh%C3%B4ne-Poulenc

Aujourd'hui, ses savoir-faire et ses parts de marché sont détenus respectivement par Sanofi Aventis, Rhodia et Bayer. Nous avons donc affaire ici à un grand groupe économique.


La Poulenc Frères avait été créée sous ce nom vers 1895-1900, les sources d'information à ce sujet n'étant pas concordantes, par les fils ou les neveux du pharmacien Etienne Poulenc (1825-1878), Camille (1864-1942), Emile (1855-1917) et Gaston (1852-1948).

http://www.ac-grenoble.fr/risqmaj/realisations/38/pompidou/2000/historiq.htm

Comme nous le montre le premier cliché de cet article, les frères Poulenc ont en fait assez rapidement diversifié leurs activités, des produits chimiques aux appareils de laboratoire et autres instruments de précision.

Il n'est peut-être pas sans intérêt également de noter leur attirance  pour la photographie, qui reste encore de nos jours connue d'un certain nombre d'amateurs.


Mais le plus connu des Poulenc reste sans conteste Francis (1899-1963), fils d'un des fondateurs de la Poulenc Frères, vraisemblablement Emile, puiqu'il perdit son père très tôt.

Aucun rapport pour le coup avec l'alchimie, pourrait-on penser. Pas sûr. Ce célébrissime compositeur fut un ami des poètes Apollinaire, Eluard...

http://www.37-online.net/histoire/personnes/poulenc.html

Eluard dont une maîtresse passe pour avoir été le modèle du tableau de Julien Champagne: Le Vaisseau du Grand OEuvre. Louise ou Margerite Barbe, elle-même alchimiste, travailla pour les Poulenc (première employée Poulenc).

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1855487.html


Sur les poèmes d'Apollinaire, Poulenc créa ainsi les mélodies du Bestaire (1918) et des Calligrammes (1948). Et sur ceux d'Eluard, les airs de Tel jour, telle nuit (1937) et du...Travail du peintre (1953).

Elevé religieusement, il s'éloigna un temps de l'Eglise, probablement sous l'influence d'une maman agnostique, mais s'en rapprocha sur le tard, ce qui nous valut entre autres ses Litanies à la Vierge noire de Rocamadour (1936).


Enfin, outre ses Miroirs brûlants (1938), son opéra bouffe des Mamelles de Tirésias (1947) porte pour le moins un titre aux connotations non seulement apollinariennes, mais aussi alchimiques.

Quand on veut bien se souvenir qu'au sein du groupe des six dont il fit partie nous trouvons un Erik Satie, proche de Joséphin Péladan, et comme Poulenc de Jean Cocteau, il devient incontestable, finalement que Francis a dû baigner dans le milieu ésotérique du début du XXème siècle.




Mais pour en revenir à la Poulenc Frères proprement dite, elle est présente dans un événement majeur de la vie de Julien Champagne, celui de la transmutation de Sarcelles en 1922:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1851159.html

A cette transmutation, opérée par Eugène Canseliet sous la direction de Fulcanelli, assistent en effet, outre Julien Champagne, un certain Gaston Sauvage (deuxième employé Poulenc).

De ce dernier, on sait peu de chose, en dehors de ses liens avec Champagne, sinon qu'il était chimiste à la Poulenc Frères, et plus précisément selon Walter Grosse agrochimiste.

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3239739-6.html

Walter a écrit au détenteur actuel des archives Poulenc; curieusement, il ne s'y trouverait aucune mention d'un quelconque Gaston Sauvage. C'est en tout cas ce qu'il s'est vu répondre aux dernières nouvelles.


Champagne fut un proche de Gaston Sauvage, lui-même ami d'une autre de ses relations, Jules Boucher, également employé Poulenc (troisième employé Poulenc):

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1868575.html

Boucher (alias J.B.) à la mort de Julien (1932) "hérita" d'un certain nombre de documents et plus généralement de biens ayant appartenu à Champagne.

C'est ainsi qu'il se trouva en possession d'un livre de Stanislas de Guaïta (Le Serpent de la Genèse) dont un chapitre (Magie des Transmutations) fut annoté par Champagne, certaines notes étant en outre signées Fulcanelli:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-5348400-6.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-5977594-6.html

A la mort de Boucher (1955), cet ouvrage  fut recueilli par Gaston Sauvage, lequel vivait encore en 1964 selon Eugène Canseliet.

D'après le libraire parisien qui vient de vendre ce livre, il comporte désormais un bristol explicatif de la main de Gaston Sauvage.


Dans son entretien sur Fulcanelli avec Guy Bechtel, Canseliet confirme et précise en 1974 à propos de Gaston Sauvage: "Il travaillait chez Poulenc, où il a découvert le Stovarsol, un médicament contre la syphilis."

A propos de la transmutation de Sarcelles, il affirme que Sauvage n'a jamais parlé. "Il avait reçu ce qu'il faut pour cela."

Curieusement, le Stovarsol semble avoir été "inventé" en ou vers 1922. Mais je n'ai pas trouvé jusqu'alors à son propos la moindre trace de Gaston Sauvage...


Suivant certaines sources ce médicament dérivé de l'arsenic serait le résultat des travaux du pharmacien Ernest Fourneau (1872-1949), au nom prédestiné et qui travailla pour la Poulenc Frères:

http://www.pasteur.fr/infosci/archives/fur0.html

D'après d'autres informations, il aurait été mis au point par une collaboratrice de Fourneau, Thérèse Boyer (1892-1978), ingénieur chimiste de son état et qui épousa précisément à cette époque Jacques Tréfouël (1897-1977), églement chimiste et  pour qui elle oeuvrait.

http://www.pasteur.fr/infosci/archives/trf0.html
http://www.pasteur.fr/infosci/archives/trt0.html

http://www.biam2.org/www/Sub509.html


Dans son entretien cité ci-dessus avec Bechtel, et dont nous ne possédons bien entendu que la relation de ce dernier, Canseliet a encore fait une étrange déclaration à propos de Sauvage:

"C'était un grand ami de Rouhier, dans la chambre duquel j'ai ensuite installé mon laboratoire." De Rouhier et comme ce dernier et Boucher de Champagne, puisque tous firent partie de la confrérie initiatique du Grand Lunaire:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3112353.html

Alexandre Rouhier était pharmacologue de profession. Je me suis laissé dire qu'en fait sa thèse sur les plantes hallucinogènes d'Amérique du Sud avait été financée par...Poulenc (quatrième employé Poulenc). De même source on m'indique aussi que l'alchimiste Henri Coton, autre relation de Julien Champagne fut également employé par la même firme (cinquième employé Poulenc).

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3552044-6.html

Comme il n'y a pas de hasard, le sixième employé Poulenc sur lequel je m'en vais maintenant achever ma petite démonstration, et qui est comme Barbe une employée, est bien plus proche encore de notre artiste.

Souvenez-vous, Sauvage et Boucher probablement aussi furent présentés à Champagne par une de ses cousines, qui travaillait chez Poulenc.

D'après un certain J.B., cette cousine s'appelait en fait Marguerite de Saint-Acheul, et était employée comme chimiste et comme Jules Boucher lui-même, aux usines chimiques Poulenc de Vitry-sur-Seine, dans les années 1922-1925:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-2357896.html

Julien Champagne se trouve donc bien, quelque part, "en famille" chez les Poulenc.


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3 juin 2007 7 03 /06 /juin /2007 18:00


Vous souvenez-vous de Carlos Larronde, dont le portrait est ici tiré par Chana Orloff? Nous avons déjà rencontré ce Veilleur, membre des Frères d'Elie de René Schwaller, en particulier lorsque nous avons évoqué la vie et l'oeuvre du maître verrier Richard Burgsthal:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3826243.html

Comme Schwaller...et Julien Champagne, comme Burgsthal aussi, et d'ailleurs avec lui, Larronde a cherché à retrouver le secret peut-être alchimique des rouges et des bleus des vitraux médiévaux de la cathédrale de Chartres.

Soit, me direz-vous, mais quid novi sur Carlos? Et bien, mais un livre bien sûr, et même plusieurs. D'abord, il apparaît en 2005 et 2006 dans les ouvrages qu'Emmanuel Dufour-Kowalski a consacrés à Schwaller de Lubicz (L'oeuvre au rouge, L'Age d'Homme, 2005 et La quête alchimique, Archê, 2006):

http://www.archerjulienchampagne.com/article-6060781.html

Ensuite, figurez vous que notre Carlos Larronde est en fait surtout passé, ô bien discrètement, à la postérité parce qu'il fut (aussi) un des pionniers de la radio française de l'entre deux guerres.

C'est à ce titre principalement qu'un professeur émérite de l'université britannique de Leeds, Christopher Todd pour ne pas le nommer, vient de lui consacrer un essai à la fois inspiré et documenté, bellement  et d'ailleurs alchimiquement intitulé Carlos Larronde, poète des ondes (L'Harmattan, 2007).



En fait, selon Christopher, ce titre enviable de "poète des ondes" lui fut tout simplement donné par ses confrères journalistes.

Chère Sylvie, notre Carlos était en fait un basque girondin, même s'il naquit en 1888 en...Argentine. Très tôt, il manifesta des goûts particulièrement éclectiques. C'est ainsi qu'encore adolescent, il correspondit avec Camille Flammarion sur divers sujets d'astronomie.

Il lui dédia même un poème, car il fut très tôt féru de littérature comme de théâtre. En 1912, Larronde "monte" à Paris.

Et là, très vite, fréquentant le café littéraire à la mode de l'époque, La Closerie des Lilas, il rencontre successivement, en 1913, Milosz, puis sans doute grâce à ce dernier, Schwaller. La même année que Julien Champagne, et de surcroît au même endroit...

Avec ses amis Louise Lara et Claude Autant (le futur cinéaste) il fonde le Théâtre idéaliste et y donne libre court à son mysticisme (Claudel, Péguy, Barrès, Saint-Pol-Roux, Maeterlinck) et à son modernisme (Apollinaire, Marinetti, Honegger).

Au lendemain de la guerre, "Jacques d'Elie" et sa femme rejoignent à Saint-Rémy-lès-Chevreuse l'ordre des Veilleurs de Schwaller, dont il est considéré alors comme l'éveilleur. "Je n'instruis pas, j'éveille", écrira magnifiquement Rudolf Steiner.

Steiner dont le Goetheanum servit sans doute de modèle à Schwaller pour en 1922 transporter ses fidèles à la station scientifique Suhalia, près de Saint-Moritz, en Suisse. Larronde, que l'on voit ci-dessus dans l'habit de l'ordre en compagnie d'André Fourcine, Veilleur également, est de l'aventure, mais plutôt comme visiteur occasionnel.

Que fait-il là-bas? Profondément épris des joies du travail manuel, il apprend à travailler le verre. En fait, dès cette époque, il connaît aussi et suit dans leurs retraites successives le pianiste et maître verrier Richard Burgsthal et sa femme, la compositrice Rita Strohl, à l'"oeuvre" ou art cosmique de laquelle il consacrera un livre publié en 1931.

En 1922, Larronde est ainsi à Saint-Cyr-sur-Mer. "Au premier essai, j'ai réussi un beau verre d'un violet pourpre. Au deuxième, j'obtins des plaques du même bleu outremer qu'on admire à la cathédrale de Clermont et du bleu royal absolument pur qui fait la splendeur des vitraux de Chartres."

 

artcosmique.champagne


En 1925, Burgtshal et Larronde, que l'on voit ici crayonné par Luis de la Rocha,  autre Veilleur, passionné d'alchimie, et comme Champagne dessinateur et peintre, commencèrent à travailler pour les Monuments Historiques.

Ils restaurèrent ainsi les vitraux des cathédrales de Morsain, Carcassonne, Narbonne, et à Avignon ceux du Palais des Papes, et surtout on leur confia la réfection des verrières du choeur de la cathédrale d'Albi, achevée en 1929.

Pour Todd, cet épisode de la vie de Larronde est bien central: "il a tout quitté au début des années 1920 pour devenir maître verrier."

Entretemps, Carlos s'était épris de Charlotte Fourcine. Leur fils Olivier, né en 1927, devait lui aussi devenir plus tard écrivain...En 1929, Larronde regagne la capitale. Il reste pourtant ébloui par "ses vitraux."

C'est alors que commence vraiment sa carrière radiophonique, assez symboliquement par sa collaboration à la revue Lumière et radio. En 1935, Carlos Larronde "invente" le journal parlé moderne à Radio-Cité. Il passera à la radio d'Etat en 1938, et décèdera d'une crise cardiaque deux ans plus tard. Dans l'esprit de Carlos, la radio était d'abord un "huitième art."

Il ne faudrait pas pour autant méconnaître d'autres dimensions de sa riche personnalité: Larronde fut aussi le romancier cryptique du Parc aux chevreuils (1923), écrit "à clefs" où selon Alexandra Charbonnier il met en fait en scène Milosz et son entourage, l'essayiste lyrique de La couronne de l'unité (1930), le poète des Cristaux (1931) et de ses "haïkus"...



Enfin, il fut un pionnier de la critique et du théâtre radiophoniques. Ce théâtre qui d'ailleurs le passionna d'emblée, comme on l'a vu, et qui lui inspira des pièces aux titres "curieux", ou au choix parlants: La mort sera le réveil (1914), Le mystère de la fin du monde (1917), Le chant des sphères (1936), et un fantastique et utopique Sixième continent (1938).

Voulez vous que je vous fasse lire un peu de Larronde? Voici donc quelques pensées de lui, que je trouve significatives:

"Non, il ne faut pas considérer les auditeurs comme des aveugles...Ils sont des "sur-auditifs". Sachons leur donner tout ce que l'ouïe, le sens subtil et intérieur par excellence, peut accueilir de lyrisme, de rêve ou d'évocation. Sachons en faire des voyants."

"L'homme est un résumé de l'univers. il contient l'unité, son origine, la dualité, matrice de la création, la trinité qui crée, les quatre éléments qui construisent, les sept planètes à travers lesquelles la création s'accomplit."

Et finalement, de son inédit le plus important, intitulé Désir, âme du monde, ce titre d'un des chapitres: La vie est un chant.


Larronde a aussi en 1908 écrit une pièce en un acte, intitulée La chimère. En sa mémoire, je vous propose en ce jour de la Trinité cette chimère moderne, humoristique il est vrai mais finalement non moins réelle que d'autres. Elle me semble nous poser la même question oedipienne que le sphinx cher à Fulcanelli, et à Julien Champagne.





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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 13:38

Voulez vous un conseil? Allez au musée Carnavalet, et si vous voulez retrouver l'atmosphère des Soirées parisiennes de Julien Champagne:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-6323545.html

prenez rendez-vous au département des dessins et gravures, qui n'est accessible au chercheur que de cette façon. L'accueil y est excellent, et le dépaysement garanti.

C'est ce que j'ai fait moi-même ces derniers temps, et quand je suis arrivé à me persuader que le classement par auteur était inexistant, j'ai pu profiter des joies discrètes mais finalement incommensurables de la recherche par thèmes: moeurs, topographie, bals, concerts...

Après, naturellement, il faut se rendre compte qu'il y a des classeurs pour grands formats, et qu'il y a également ceux réservés aux petits. Mais au bout du compte le résultat a été significatif, sans compter que le bonheur est dans l'attente, comme disent -entre autres- les bédouins.

Nous connaissions déjà les numéros 3 et 5 de la série des Soirées: Concert à la chaussée d'Antin et Fête de banlieue.

Je peux vous dire que le 4 est consacré à un Thé au faubourg Saint Germain, auquel j'adorerais participer pour une foultitude d'excellentes raisons. Et je vous présente ci-dessus Un punch d'artiste (numéro 9).

Le numéro 11 s'intitule bizarrement Un lansquenet au quartier Brédal. Mais bien entendu je ne suis pas certain d'avoir en une visite épuisé les charmes du Carnavalet, je ne saurais être aussi prétentieux.

La signature imprimée de Champagne qui figure en bas à droite des gravures est peu lisible sur leurs reproductions en ligne, néanmoins si on les agrandit:

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/23/43/31/antin.champagne.jpg
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/23/43/31/banlieue.champagne.jpg

on obtient un résultat satisfaisant, que je vous livre ci-après:


Lithographie de J.Champagne donc, et je ne connais pas d'autre Champagne convenable au Bénézit actuellement.

Quant à l'imprimeur de cette série, il est parfois mentionné comme étant lui aussi parisien: "Paris, publié par E. Sinnett, édit. Galerie Colbert, 10."

Ce qui me conduit à évoquer illico une piste que vient à l'instant de me proposer une toute jeune ancienne étudiante de l'école des beaux arts d'Amstelodami, romancière à ses heures gagnées:

"Quand j'étais à mon école, je me souviens que les artistes, pour gagner leur pain, travaillaient souvent dans les ateliers de gravure.

Comme pour imprimer des estampes il faut une connaissance assez profonde de la chimie, il est possible que notre Champagne fut tout simplement  le graveur des Soirées parisiennes."

Je m'en voudrais de ne pas relever aussi l'intéressante hypothèse émise récemment par une bachelière ès Arts d'outre Atlantique, que je salue ici ainsi que son heureux mari:

En voyant les reproductions de ces images, elle a fait remarquer qu'on enseignait aux Beaux-Arts en 1900 ce qui se faisait commercialement en 1850, et que l'Art Nouveau, du point de vue académique, était alors une hérésie.

Donc elle propose que ces dessins sont possiblement des études exécutées lors de ses cours par Julien Champagne.

Supposition d'autant plus séduisante que cette époque est précisément celle du décès du dessinateur des gravures originales, Henri de Montaut...


J'en étais là de mes satisfactions et de mes frustrations, lorsque j'ai eu brusquement l'idée saugrenue de rechercher sur la "toile" d'autres images attribuées à J. Champagne. Bien m'en a pris!

Voici donc de la prestigieuse université nord-américaine de Princeton la collection Allison Delarue:

http://libweb5.princeton.edu/visual_materials/delarue/htmls/
http://libweb5.princeton.edu/visual_materials/delarue/Htmls/contacts.html

Mon propos n'est pas "à c'tte heure" de vous infliger une bio de ce gentleman, dont les anglicistes pourront aisément transcrire une présentation in situ:

http://libweb5.princeton.edu/visual_materials/delarue/Htmls/delarue.html

Passionné de théatre, de danse et de ballets, Allison Delarue s'est constitué au fil des ans une collection qui me paraît finalement avoir été au moins partiellement mise en ligne en 1999. Et bien, si précisément nous nous rendons ensemble à la rubrique des imprimés de ballets:

http://libweb5.princeton.edu/visual_materials/delarue/Htmls/printsVB.htm

nous découvrons une nouvelle estampe des Soirées parisiennes, le Foyer de l'Opéra:

http://libweb5.princeton.edu/visual_materials/delarue/Prints/154.jpg

Elle ne m'apparaît pas être numérotée, et je me demande si on ne perçoit pas la trace d'un grattage au bas de la gravure, qui est présentée on ne sait trop pourquoi comme réalisée "d'après Julien Champagne."

Le Foyer de l'Opéra, disons tout de même au passage que c'est aussi, après tout, l'Athanor de l'OEuvre.


Remember...En ce jour du 8 mai, celui du bleuet ou du chardon, comme le 11 novembre est pour l'éternité du coquelicot, "le vieillard d'aujourd'hui est l'enfant de demain."



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30 avril 2007 1 30 /04 /avril /2007 18:40


Oui, promis, je vous en dirai un peu plus bientôt sur les Soirées parisiennes de Julien Champagne.

Disons le mois prochain? C'est cela, au joli mois de mai...Mais en attendant, et à propos de floraison, que penseriez-vous d'un Lotus bleu?

Grâce à Dieu, et à son fidèle serviteur Dubosi, voici donc avec un tout petit peu de retard le produit
d'un article du périodique du même nom, précisément consacré au centenaire (1890-1990) de cette revue théosophique.


A tout seigneur, tout honneur, revoici d'abord "Krishna", supposé maître de Julien Champagne en alchimie et fondateur de l'éphémère Lotus rouge, qui précéda le bleuet:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-5695800.html

"C'était, nous rapporte Daniel Caracostea dans sa chronique lotusienne, un jeune homme originaire de Nantes, qui, après avoir hérité, avait décidé de fonder une revue théosophique qui pourrait vivre deux ans sur ce legs.

Sur la couverture on pouvait lire "sous l'inspiration de H.P. Blavatsky." Cette dernière fit supprimer son nom à partir du numéro de décembre 1888 car Gaboriau était devenu très caustique vis-à-vis des fondateurs dans ses notes éditoriales, après les problèmes survenus au sein de la société en France à l'automne de cette même année...

En dépit de ces notes désobligeantes, le Lotus avait acquis une solide réputation de sérieux. Les articles originaux poteraient, parmi d'autres, les signatures de Amaravella, de Charles Barlet, de Stanislas de Guaita, de Papus, de l'abbé Roca...

Le dernier numéro du Lotus daté de mars 1889 ne parut que vers août 1889." Exit donc le Lotus rouge.


Avant le Lotus bleu toutefois, disons un mot de l'intermezzo de la Revue théosophique:

"Le second journal théosophique français parut en mars 1889. La comtesse G. d'Adhémar qui en était la directrice ne savait pas que Gaboriau allait faire cesser la parution du Lotus...

Le nom de Mme Blavatsky apparaissait à nouveau mais comme rédacteur en chef. La durée de vie de la revue sera encore plus brève que celle de son prédécesseur puisque dans le numéro 12 de février 1890 la comtesse écrivait qu'elle était "obligée pour des motifs personnels d'abandonner la direction de la Revue théosophique."

D'après le commandant Courmes dont nous ferons la connaissance tout à l'heure, la comtesse qui était américaine dut quitter la France pour des affaires de famille.

Parmi les auteurs non encore mentionnés qui ont écrit dans sa revue, citons Joséphin Péladan, Eugène Nuss, et Arthur Arnould.


Il semble que ce soit Arnould (1833-1895) qui ait pris la décision de fonder le Lotus bleu au début de l'année 1890.

Cet écrivain avait été membre de la Commune en 1871 et à son retour en France d'une dizaine d'années d'exil écrivit sous le pseudonyme d'Arthur Mattey.

Il adhéra à la Société Théosophique en 1888 et la dirigea en France jusqu'à sa mort. Son nom de plume théosophique était Jean Matthéus.

Sa santé étant déficiente, il fut secondé de 1891 à 1893 par Amaravella (nomen d'Emile J. Coulomb).


Après la mort d'Arthur Arnould, la direction de la revue passa entre les mains du docteur Théophile Pascal (1860-1909).

Docteur en médecine, natif du Var, il adhéra à la Société en 1891. En 1898 une dépression nerveuse l'obligea à interrompre son travail et Mme Besant l'emmena en Inde pour rétablir sa santé...

A son retour en 1899 il fut élu secrétaire général de la section française qui venait d'être fondée; poste qu'il conserva jusqu'à sa mort.


Dès 1898 cependant la direction effective du Lotus bleu incomba à "M.Dac" alias Dominique Albert Courmes (1843-1914). Il la dirigea pendant 17 ans jusqu'à sa mort.

Il s'était engagé à 17 ans dans la marine et y avait servi pendant 35 ans. Il quitta le service avec le grade de commandant et adhéra à la Société en 1876. C'est lui qui traduisit La Doctrine Secrète en français.


Et nous en arrivons maintenant à Gaston Revel...pour ne presque rien vous carcher, si, si je maintiens le carcher, c'est d'ailleurs à lui que je voulais en venir.

Mais écoutons d'abord à son sujet Daniel Caracostea:

"Gaston Revel, nommé par le Conseil de la Société Théosophique, fut le quatrième directeur du journal...

Gaston Revel avait adhéré à la Société avec ses parents, son frère et son épouse. Il dirigea diverses revues dont Le Théosophe, ainsi que les Publications Théosophiques, ancêtre des éditions Adhyar.

En cette qualité il publia la première oeuvre de Mme Blavatsky, Isis Dévoilée, de 1913 à 1921. Il mourut vers la fin de l'année 1939."

Gaston Revel (1880-1939) fut en fait un des Veilleurs de René Schwaller. Son pseudo au sein de l'ordre intérieur était Paul d'Elie.

Dans sa revue Le Théosophe parurent d'ailleurs des articles de Schwaller et d'un autre ami de Julien Champagne, Pierre  Dujols.

Après sa séparation d'avec la Société Théosophique et la dispersion des Veilleurs, nous explique Alexandra Charbonnier, Gaston Revel, grâce à sa femme, l'excellente comédienne Marcelle Rueff, devint administrateur du théatre du Vieux-Colombier.


Et le Lotus bleu, me direz-vous? En 1919, après l'expiration du mandat de M. Revel, c'est Emile Point qui diriga la revue jusqu'en 1935...

En 1990, son "rédacteur responsable" était Françoise Caracostea.


Comme Schwaller et Dujols, comme aussi le disciple de ce dernier, Henri Coton, Julien Champagne adhéra à la Société Théosophique, si on en croit Geneviève Dubois.

De cette adhésion passagère, qui a peut-être cessé en 1919 avec l'émergence des Veilleurs, serait-il possible de trouver une trace au sein des archives de la section française de la "S.T."?

Et puisqu'on m'avait à tort laissé entendre que Daniel Caracostea avait quitté cette terre, je voudrais conclure par un salut amical  à son endroit, et clore mon articulet du jour par les dernières phrases de sa chronique:

"Et l'avenir? L'aspect extérieur du Lotus bleu a été modifié mais son but n'a pas changé depuis sa fondation:

Essayer par le biais de ses articles d'inciter ses lecteurs à chercher cette autre conscience qui réside en chacun de nous.

Conscience qui une fois réalisée nous fait ressentir l'unité de toute vie, et par là même la fraternité qui unit tous les êtres."



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24 avril 2007 2 24 /04 /avril /2007 21:19


En cette soirée de la Saint Fidèle, je reviens un peu vers Julien Champagne pour un bref article que je dois une fois de plus à Walter Grosse, dont vous connaissez déjà le site consacré à Fulcanelli:

http://www.fulgrosse.com/

Son dernier article en date porte notamment sur le produit d'un recensement effectué en 1926, dont il a publié une partie des résultats :

http://www.fulgrosse.com/article-6434752.html

Il s'agit ici des résultats de ce recensement qui concernent le 59bis de la rue Rochechouart, à Paris, où à l'époque habitaient au 6ème étage, Julien Champagne, Eugène Canseliet et un certain Grappelli, dont nous avons déjà évoqué la mémoire et qui n'est autre que le père de Stéphane Grappelli:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3733333.html

A juste titre, Walter Grosse fait remarquer que le Champagne dont il est question dans l'extrait ci-dessus du recensement est prénommé Jean, et est dit être né en 1876 dans le département de la Somme, enfin est présenté comme chimiste.

Le doute semble donc permis, puisque l'artiste Julien Champagne est en fait de 1877 et que sa naissance a eu lieu dans le département de la Seine:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-2258329.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-2241312.html

N'oublions pas tout de même que "notre" Champagne s'appelait officiellement Jean Julien....Quant à sa qualité de chimiste, elle ne surprendra pas les lecteurs de ce site.

Je reconnais cependant que les rubriques "Somme" et "1876" sont plus difficiles à expliquer, mais je ne crois guère pour l'instant à l'existence d'un Jean Champagne distinct de Julien Champagne.

En théorie, des erreurs du scripteur ne sont pas forcément à écarter. Mais je suis assez tenté de me rallier tout bonnement à l'hypothèse d'une nouvelle facétie d'"Hubert".

Champagne occupait apparemment le studio 5, et le couple Canseliet le 18. Et oui, le couple, puisque outre le "comptable" Eugène apparaît ici Germaine Hubat, sans profession.

Cette tourangelle que Canseliet épousera en 1937 pourrait selon Walter Grosse avoir cependant exercé le métier de journalière.

Elle serait aussi peut-être la détentrice réelle du domicile. Enfin, toujours d'après Walter, elle aurait avec Eugène participé aux soins donnés à Julien Champagne lors de sa maladie hélas fatale de 1931-1932.

Pour terminer sur une note optimiste, je voudrais enfin saisir cette occasion de vous signaler l'apparition d'un blog dédié justement... à Eugène Canseliet:

http://canseliet.over-blog.com/



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8 avril 2007 7 08 /04 /avril /2007 16:45


Voici sans doute un tournant de ce blog: Julien Champagne est de nouveau retrouvé dans ses oeuvres, et donc reconnu en tant qu'artiste.

Merci encore une fois à notre petit cousin acadien, grâce à qui nous l'avons repéré cette fois, dans un musée parisien.

Et quel musée, ma foi! Un musée qui lui convient finalement très bien, où il a sa place avec d'autres, le musée historique de Paris, bref le musée Carnavalet, qui entre autres singularités présente celle d'être gratuit.

Car il y est en bonne compagnie! Celle de l'Amazone Natalie Clifford Barney, notamment, qu'il a dû côtoyer:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-4849361.html

Mais aussi pour remonter dans le temps celle de Sainte Geneviève, sainte parisienne, et de cette peinture hermétique en dépot de l'église Saint-Merry, qu'Eugène Canseliet, ami de Champagne, décrivit dans la revue Atlantis (N°223, 1964), et finalement celle des Saints-Innocents, chers à Nicolas Flamel, dont une représentation de l'enclos médiéval est clichée dans les Trois anciens traités d'alchimie du même Canseliet (Pauvert, 1975).

Ainsi donc la Réunion des musées nationaux (RMN) a eu l'heureuse idée de rendre disponible sur son site deux "nouveaux" dessins de Jean Julien, ainsi qu'elle l'appelle:

http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchT.aspx?V=CSearchT&SID=22S39UWP1R24O&E=S_22S39UWP1R24O&NoR=500&New=T
http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchZ.aspx?o=&Total=2&FP=65472107&E=22S39UWP1R24O&SID=22S39UWP1R24O&New=
T&Pic=2&SubE=2C6NU0GE0ID0
http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchZ.aspx?o=&Total=2&FP=65472107&E=22S39UWP1R24O&SID=22S39UWP1R24O&New=
T&Pic=1&SubE=2C6NU0GEP8YG


L'attribution à Julien Champagne de ces oeuvrettes, qui n'ajoutent guère à sa gloire, mais laissent augurer d'autres découvertes, ne fait pas de doute dans l'esprit des experts de la RMN:

Il s'agit bien dans les deux cas de Jean Julien Champagne (1877-1932). De ce point de vue, toute homonymie semble exclue. Mais ce Julien est-il bien le notre?

Si c'est bien le cas, ce sont là sans doute oeuvres de jeunesse ou de commande, sinon alimentaires, puisqu'elles sont toutes deux répertoriées comme estampes lithographiques du XIXème siècle.

A mon avis, l'attribution à Champagne est certainement plausible. Même si je ne peux vous offrir pour l'instant de reproduction de meilleure qualité, la signature habituelle: J. Champagne est bien visible au bas des deux travaux.

Il semble que ces deux gravures fassent partie d'une série consacrée aux "soirées parisiennes", ce qui permet encore une fois d'espérer d'autres exhumations. C'est du moins l'impression, si j'ose m'exprimer ainsi, que nous laisse leur numérotation.

J'observerai enfin qu'il peut paraître symbolique qu'"Hubert" ait eu ainsi la faveur de passer des "fêtes de banlieue" aux soirées mondaines, telles que ce "concert à la chaussée d'Antin".

Le dit concert est au demeurant proposé ailleurs sur la "toile":

http://www.scholarsresource.com/browse/work/2144593323
http://imagecache2.allposters.com/images/BRGPOD/18870.jpg
Suivant la RMN, Julien Champagne aurait ici dessiné d'après Henri de Montaut (1825-1890/1897).
Mais qui est ce Montaut?

Vous aurez noté comme moi l'incertitude très fulcanellienne qui plane sur son année de décès...On le dit aussi parfois né "vers" 1825, voire en 1829 ou 1840.

Le Dictionnaire des illustrateurs le nommerait ainsi: Henri de Montaut (ou De Hem ou Monta ou Hy) et ajouterait qu'il aurait oeuvré entre 1860 et 1905, cette dernière année pouvant également être celle de sa mort....

L'ordre de la légion d'honneur fait mention quoiqu'il en soit d'un Henri Antoine Victor de Montaut, né en 1829 à Paris.

Ce qu'il y a d'un peu plus certain, c'est qu'en bon Parisien, Montaut s'intéressa de près à la vie de la capitale, qu'elle fût tragique, comme au moment de la Commune de 1870-1871, ou frivole: cette curieuse illustration pour La vie parisienne est de 1879 - ou 1882!

http://www.artandarchitecture.org.uk/fourpaintings/manet/paris/corsetrie.html
Un deuxième point concerne son attrait pour les rives...de la Méditerranée, qu'elles soient françaises (Voyage au pays enchanté, 1880), ou grecques, ou encore égyptiennes.

Mais il doit surtout sa célébrité à son travail d'illustration des livres de Jules Verne, et ce dès les années 1865, en particulier De la terre à la lune:

http://jv.gilead.org.il/rpaul/
http://jv.gilead.org.il/evans/illustr/
http://jv.gilead.org.il/zydorczak/zzie03.htm

Et puisque je vous parlais d'entrée de jeu de tournant pour ce blog, permettez-moi de conclure là dessus, en bon ouroboros.

Ce blog continue, mais voici sans doute mon dernier courriel régulier. Oh j'ai encore dans ma manche plusieurs articles déjà pensés, qui je l'espère paraîtront tôt ou tard. Mais je suis appelé à d'autres tâches que celle-ci, et je ne reviendrai vous entretenir de Julien Champagne dans les prochaines semaines et les prochains mois qu'en cas de fait nouveau.

Celui de ce jour en est un, et pas anodin. Il en annonce d'autres, et pourquoi pas une reparution des Fulcanelli illustrés par Champagne? Parallèlement, je compte bien continuer de me tenir à votre écoute, et améliorer un peu les courriels déjà en ligne, ce que j'ai déjà commencé à faire, qu'ils soient anciens (Allainguillaume par exemple) ou récents (par exemple Hillel-Erlanger).

Mais la bonne nouvelle est là, et c'est l'essentiel: L'oeuvre de Julien est revenue au grand jour, et puisque ce 8 avril est celui de Pâques, réjouissons nous surtout qu'un autre J.C. soit ressuscité.

http://www.ocarm.org/news/esp0800.htm
A très bientôt, et Joyeuses Pâques!

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1 avril 2007 7 01 /04 /avril /2007 19:31


Aimez-vous, mais aimez-vous Arturo Perez Reverte? Moi j'adore, et pas seulement parce qu'il cite Fulcanelli dans ses premières obras:

http://www.livres-online.com/-Perez-Reverte-Arturo-.html

Toujours est-il que son "Tableau du maître flamand" pourrait fort bien s'appliquer à Julien Champagne.

Voici pourquoi, et voici pourquoi en outre on ne regarde jamais d'assez près une peinture, notamment celles se rapportant à l'alchimie.

Considérons ensemble si vous le voulez bien la couverture du Fulcanelli dévoilé de Geneviève Dubois:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-2709452.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-3405546-6.html

J'avais en son temps qualifié ce tableau de "possible autoportrait":

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1784265.html

Mais voilà...

 

 

Dans un autre ouvrage édité par la même Geneviève, Ces hommes qui ont fait l'alchimie du XXème siècle (1999), le même tableau, hélas reproduit en noir et blanc, figure également, mais d'étrange manière.

D'abord, il est tout retourné, ce portrait, flamand ou pas.

Ensuite, il fait apparaître bien mieux que précédemment un écusson jouxtant la belle reproduction de Julien Champagne dans sa maturité.

Donc cette belle ouvrage était antérieurement tronquée...et peut-être l'est-elle toujours.


Bien entendu le blason dont il s'agit est de lecture aisée, au premier abord. Nous avons ici affaire au symbole du mercure cher aux alchimistes.

Mais pourquoi ce fond rouge, pourquoi ce noeud en forme d'alpha qui surmonte la pièce d'héraldique, pourquoi enfin cette étoile à cinq branches au beau milieu du cercle central?

Cette astérie moins commune en alchimie que sa cousine à six pétales me paraît d'ailleurs ornée d'un grain médian...Illusion d'optique?

Voici en tout cas ce que je me suis laissé dire, en l'attente d'éventuelles précisions sur cette énigmatique peinture:

Champagne n'est pas l'auteur du tableau, et ce dernier pourrait bien n'être que la partie d'un tout.
Série de portraits?

Si c'est le cas, il y en aurait au moins trois, le soufre et le sel rejoignant le mercure. Mais peut-être y en a-t-il davantage, et pourquoi pas autant que de métaux planétaires?

Maintenant, qui a peint Julien? Peut-être quelqu'un de l'entourage du Docteur Rouhier:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3112353.html

Voici ce qu'en écrit entre autres Dubois dans son Fulcanelli:

"Alexandre Rouhier avait publié chez Véga l'ouvrage "De l'architecture naturelle", dont il était l'auteur principal, avec la participation de Marcel Nicaud."

http://www.sacredscience.com/archive/PetrusPages.htm
http://www.sacredscience.com/archive/PetrusPreface.htm


Ne manquons pas quoiqu'il en soit de comparer le motif ci-dessus, qui figure dans De l'architecture naturelle, à celui que Julien Champagne consacra dès 1910 aux métaux planétaires:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-2376922.html

Ce motif vient d'être début 2009 utilement reproduit par Ibrahim dans son site si pertinemment consacré à La rue de l'alchimie.

http://hermetism.free.fr/Julien_Champagne_Metaux_planetaires.htm

D'après certain témoignage, le portrait ci-dessus de Julien Champagne serait en fait précisément l'oeuvre de Marcel Nicaud, et il ferait partie d'une série de sept (autant que de métaux planétaires), à laquelle le Grand Lunaire d'Alexandre Rouhier ne serait pas étranger.

Parmi les sept peintures figurerait celle d'une femme, et une autre représentant Eugène Canseliet.


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25 mars 2007 7 25 /03 /mars /2007 14:56


Dans son ouvrage sur La quête alchimique de R.A. Schwaller de Lubicz (Archè, 2006), qui a suscité notre dernier article en date, Emmanuel Dufour-Kowalski  affirme à propos du récit Voyages en Kaléïdoscope:

"Vers 1919, à Paris, Madame Erlanger, alias Claude Lorrey, dont le salon avait été fréquenté par les Lesseps, Roussel et Champagne, faisait dire à l'un des personnages de son roman...

"Comtesse Véra, vous ne dispenserez pas une parcelle de sourire à qui vous est inutile.  Vous répudiez ce qui vous gêne. Et ce qui vous augmente, vous le gardez jalousement. Jupitérienne!"

Gageons qu'Irène Hillel-Erlanger, puisqu'il s'agit ici d'elle et de son livre principal, se range résolument du côté de Grâce, la rivale de Véra dans le coeur du philosophe visionnaire Joël Joze, et donc préfère la charis à la science sans conscience.

Il y aurait donc eu, quoiqu'il en soit, une relation entre le salon des Lesseps et celui d'Irène, les habitués de l'un fréquentant aussi le deuxième, il va sans dire. En voulez vous des confirmations?

En voici trois, de Jacques Simonelli, critique d'Hillel, d'abord:

http://ornithorynque.hautetfort.com/archive/2005/03/07/la_musique_des_hauts-fonds.html

"Irène Hillel-Erlanger (1878-1922), descendante d'une famille antique de rois et de rabbins, tenait un salon fréquenté par les jeunes surréalistes et des écrivains et artistes comme Larbaud, Saint-John Perse ou encore Van Dongen."

Ajoutons-y entre autres Paul Valéry et Anna de Noailles, en 1918-1919, puis en 1919-1920 Louis Aragon, Jean Cocteau et Tristan Tzara et autres "dadaïstes."

Ensuite, de Roland Soyer, disciple d'André Savoret (1898-1981), druide et alchimiste:

http://www.livres-mystiques.com/Temoignage/formation/formatio.html

Roland dit ainsi de son maître André:

"Après la disparition d'Irène Hillel-Erlanger et du célèbre Fulcanelli qu'il avait également connus, il devint l'ami de Philéas Lebesgue et Eugène Canseliet."

Enfin de Richard Khaitzine, qui dans le numéro 3 de 1997 de la revue martiniste L'Initiation affirme tout simplement:

"Elle fréquenta le 22 de l'avenue Montaigne" (résidence des Lesseps). Curieusement, il ne reprendra pas ce point dans son Fulcanelli et le cabaret du Chat Noir (Ramuel, 1997), où pourtant il est bien question d'Irène.


Mais qui était Irène Hillel-Erlanger, alias Claude Lorrey?

http://www.genami.org/Personnages-celebres/fr_Camondo.php

Issue d'une famille de banquiers israélites de Constantinople (Turquie), les Camondo, Irène Hillel-Manoach, dont voici un rare portrait, épousa en 1902 le compositeur d'opéras Camille Erlanger (1863-1919), dont un portrait figure ci-dessous. Elle devait en divorcer en 1912.

A propos de ce portrait, Serge Hutin, dans sa notice sur L'alchimie au XXème siècle (Alpha International, 1995) avance l'hypothèse qu'Irène Hillel fut le modèle réel du tableau de Julien Champagne intitulé le Vaisseau du Grand OEuvre.

 

1905CE.f1.champagne


Quoiqu'il en soit, de l'union de Camille et d'Irène naquit un fils resté célibataire, Phillipe Erlanger (1903-1987), journaliste et historien, dont une photo figure également ci-dessous.

Nous avons déjà rencontré Philippe comme biographe de Diane de Poitiers:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3647621.html

Il fut également le chroniqueur de nombre de souverains, dont Charles VII, roi de Jacques Coeur, et son nom reste attaché à la fondation du festival du film à Cannes. Comme nous le verrons, "bon sang ne saurait mentir."


En 1909, Irène publie à Bruges, sous son pseudonyme "parlant", un recueil de Poésies ( chez Verbeke, imprimeur de la N.R.F.), suivies de diverses adaptations de Shakespeare, Marlowe, Keats et Shelley. La même année, chez le même éditeur paraissent Deux poèmes: Ode à la douleur, et Pan et Psyché.

Suivra en 1910, chez Grasset cette fois, le recueil des Stances, sonnets et chansons. Les Amantes. In solitudine cordis. Impressions et paysages. Feuilles. Airs et arabesques. Enfin, en 1913 est paru chez Figuière La chasse au bonheur.

Sur tous ces écrits édités à petit tirage et devenus rarissimes, donnons la parole à André Savoret:

http://www.livres-mystiques.com/partieTEXTES/ASavoret/Psyche/hermetis.html

André commente ainsi le recueil Poésies (1909):

"J'ai justement sous les yeux l'un de ces recueils dont je tairai la dédicace pour ne révéler que la devise de l'ex-libris: "Siccat Flamma Lacrismas"....

L'allégorie liminaire qui ouvre le recueil est un morceau hermétique non équivoque, à la fois mystérieux et précis dans ses allusions:

"L'écorce sans éclat de la grenade close
Recèle un pur trésor lucide et savoureux
Le miel, rayon brillant, parmi l'ombre se pose;
Et dans l'obscurité, bien souvent tu reposes,
Eau limpide et glacée, cristal délicieux.

L'ivoire et le carmin des roses qui se fanent
Embaument d'un parfum plus doux la paix du soir;
Et, sereine beauté, loin du regard profane,
Rëve de marbre lisse et de splendeur diaphane,
De la blanche statue au fond du temple noir.

Sous le feu du soleil, à la lueur de l'ourse,
Le pélerin gravit des sentiers sourcilleux.
Mais, parvenu enfin au terme de sa course,
En un jardin secret, il trouvera la source,
La grenade et la rose et le temple d'un dieu."

 

pe.champagne

 

N'hésitant pas dans son article à qualifier Hillel d'alchimiste et même d'Adepte, André Savoret y souligne le curieux destin du livre le plus célèbre de notre auteur, seul publié sous son vrai nom et après la première guerre mondiale.

Sitôt parus en 1919 chez Georges Crès, les Voyages en Kaléidoscope "disparurent de la circulation, ainsi que toute l'édition commerciale de l'ouvrage. Seuls quelques exemplaires dédicacés peuvent de loin en loin passer des bibliothèques particulières chez quelque bouquiniste.

Livre singulier dont la gangue baroque dissimule ou protège une dizaine de pages précieuses, constituant le témoignage que laisse traditionnellement tout Adepte au temps de sa métamorphose, soit selon le sort commun aux mortels, soit  - et c'est sans doute le cas ici - en un
avatar d'un tout autre ordre."

Heureusement, ces singuliers Voyages à la Jonathan Swift, ou à la Jules Verne, diront certains, ont suffisamment survécu à ces orages, qu'ils fussent ou non désirés, et ont ainsi précocement attiré l'attention surréaliste de Louis Aragon, qui leur consacra dès 1919 un article dans la revue Littérature, mais aussi celle plus alchimique d'un certain Fulcanelli, qui les cite en 1930 dans ses Demeures Philosophales:

"C'est pourtant lui, ce primitif sujet des sages, vil et méprisé des ignorants, qui est le seul, l'unique dispensateur de l'eau céleste, notre premier mercure et le grand Alkaest.

C'est lui le loyal serviteur et le sel de la terre que Mme Hillel-Erlanger appelle Gilly, et qui fait triompher son maître de l'emprise de Véra.

Aussi l'a-t-on nommé le dissolvant universel, non pas qu'il soit capable de résoudre tous les corps
de la nature, mais parce qu'il peut tout dans ce petit univers qu'est le Grand OEuvre."


Disciple de Fulcanelli et ami de Julien Champagne, Eugène Canseliet n'a pas manqué d'évoquer à son tour l'OEuvre d'Irène, et ce précisément à propos de Champagne, comme en témoigne ce passage déjà cité de ses Alchimiques mémoires (La Tourbe des Philosophes, N°15-16, 1981):

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1849668.html

"De nombreux souvenirs m'attachaient à Julien Champagne, principalement ceux de l'ancien temps de ma jeunesse heureuse, ceux aussi de l'avenue Montaigne et des fameux Voyages en Kaléidoscope."

Lui aussi sensible à l'hermétisme de ces Voyages, dans un autre numéro de La Tourbe (N°6, 1979), il rapproche cet ouvrage du poème alchimique médiéval de Jean de Lafontaine, La Fontaine des Amoureux de Science:

"L'auteur raconte qu'il découvrit une fontaine qui me rappelle, avenue Montaigne, la source jaillissante, la salutaire, tant semblable à celle du poète hermétique:

D'eaue tres clere, pure et fine,
Qui estoit soubs une aubespine.

Là, vers l'artiste errant, deux belles dames viennent, lesquelles aussi je retrouve dans la suave Grâce et la fière Véra des Voyages en Kaléidoscope, "la même personne sous deux aspects":

Amy, i'ay nom congnoissance;
Voicy Raison que i'accompaigne,
Soit par monts, par vaux, par campaigne;
Elle te peult faire moult saige.

Le même couple féminin régnait, en l'hotel de la comtesse Véra, duquel les salons connurent leur époque glorieuse, avec les années folles et le vivant Surréalisme des Lettres et des Arts.

Assurément, mieux valait que, de bon lignage, on y choisît de soulever le Rideau de Bure, plutôt que le Rideau d'Or-fin, car dans la Salle du Trésor, "seuls sont pénétré les Simples."


Qu'ajouter à cela?

"Peu d'amis visitent la Maison entière, haute et vaste derrière sa façade ancienne. Il faut une permission spéciale rarement accordée."

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3365786.html

Fort heureusement,  depuis leur première et éphémère mise en vente, les Voyages d'Irène Hillel ont fait l'objet de rééditions plus ou moins récentes: D'abord, ...grâce à Jean Laplace aux éditions grenobloises de La Tourbe, en 1977:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3402402.html

Je reproduis ci-dessus la photo de la couverture de cette publication bien sûr épuisée maintenant. Puis en 1984 La Table d'Emeraude l' a reprise, avec une belle introduction d'André Coia-Gatié.

La dernière réédition actuelle est celle des éditions Allia (1997), avec une remarquable étude écrite "à la lueur de l'ours" par Jacques Simonelli, déjà mentionné, qui fait notamment état de l'amitié qui existait entre Irène Hillel d'une part, et d'autre part Valery Larbaud et Léon-Paul Fargue, ainsi que de l'influence de Guaïta sur son oeuvre.

Enfin, une nouvelle réimpression est prévue en 2007 par MCOR Christienne.


Mais bien sûr nous n'en avons pas fini avec Julien Champagne, puisque le modèle de son tableau éponyme du Vaisseau du Grand OEuvre, conçu par Fulcanelli, et réalisé dès 1910, fut une proche de Claude Lorrey.

Dans ses Deux Logis Alchimiques, où dès 1945 il consacra un subtantiel déveoppement aux Voyages, Eugène Canseliet s'est exprimé sur ce point particulier , et a produit en 1979 une photo de ce modèle, prise en 1913, un modèle qui fut proche de Paul Eluard, appartenant à la meilleure société, et qui "fréquentait chez Mme Erlanger".

Nous avons d'ailleurs à plusieurs reprises examiné la question de son identité civile, qu'il s'agisse de Louise Barbe, d'Henriette Roggers ou de quelqu'un d'autre encore:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1742426.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-1855487.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-2457592.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-3573552.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-3578054.html

Une de nos aimables correspondantes se demande au demeurant et de façon audacieuse mais plausible si ce modèle ne serait pas tout bonnement Hillel-Erlanger en personne. Raison de plus pour dénicher un nouveau portrait d'Irène, semble-t-il.

En tout cas, voilà qui illustre à nouveau la proximité de Julien Champagne et de Mme Erlanger.


Avant d'en terminer, peut-être provisoirement avec cette gente dame, disons deux mots tout de même de l'illustre illustrateur de ses Voyages.

Comme nous l'avons vu, Kees Van Dongen (1877-1968), puiqu'il s'agit de lui, fréquentait le salon d'Irène. Je vous en propose ci-dessus une photographie.

Né comme Raymond Roussel la même année que Julien Champagne, il est donc plus que probable qu'il l'ait connu.

http://perso.orange.fr/j.bailly/fr/avandongen.htm
http://www.roussard.com/artistes/nouveaux/vandongen.html
http://www.chez.com/alanek/index_NS.htm

Sa rencontre avec "le grand monde" semble remonter à 1913 au moins:

http://peinturesetpoesies.blog50.com/archive/2006/07/11/kees-van-dongen.html

Ce fauviste d'origine néerlandaise se fit un temps le peintre des jeunes femmes de la bourgeoisie et de l'aristocratie qu'il côtoya, comme en témoigne cet étonnant portrait de "la femme au chapeau noir" (1908). Il aurait d'ailleurs semble-t-il réalisé en outre un portrait d'Irène, qui aurait été une de ses amies.

J'ai également retenu de Kees un tableau que l'on pourra au choix considérer comme particulièrement scabreux ou hautement symbolique, qui fut présenté en 2005 lors d'une exposition qui lui fut consacrée à Nice.

Ce tableau nous introduit en effet à la personnalité d'une autre proche d'Hillel, Germaine Dulac, dont vous pouvez voir ici deux portraits.


Car pour Irène Hillel-Erlanger, que l'on fait parfois décéder en 1920, sitôt les Voyages publiés et consumés, il y eut un "après Kaléidoscope".

Et cet après s'appelle en particulier Germaine Dulac (1882-1982), féministe et surréaliste, entrée en septième art dès 1915.

http://cinema.fluctuat.net/germaine-dulac.html
http://la_pie.club.fr/forgenot/dulac.htm
http://revista.cisc.org.br/ghrebh8/artigo.php?dir=artigos&id=antonia_lant

Irène Hillel fut en 1916 la co-fondatrice de la première entreprise de Germaine, la bien nommée D.H. Films.

Elle fut en suite la scénariste de quatre ou cinq de ses productions, ce qui lui vaut aujourd'hui encore de figurer aux archives du cinéma:

http://french.imdb.com/name/nm2206647/

Parmi les autres scénaristes de Dulac se trouve un certain Antonin Artaud (1896-1948), auteur tourmenté et génial qui écrivit en particulier en 1938 un essai retentissant sur Le théatre et son double, où transparaît sa connaissance de l'alchimie.

Il semble que ses partisans n'apprécièrent guère, lors de sa sortie, la vision que Dulac entérina de son scénario du Clergyman et la coquille, dont l'ambiance générale rappelle passablement le deuxième tableau reproduit de Van Dongen. En voici un enregistrement, si vous voulez vous en faire une idée par vous-même:

http://video.google.com/videoplay?docid=-7436093386944527955

Et découvrir une autre époque, celle de 1926-1927, et donc de l'édition première du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli.

Dans un numéro de 1985 de la revue Tempête chymique, Isabelle Canseliet écrit:

"Il se pourrait bien qu'Irène Hillel-Erlanger ait été reçue chez Fulcanelli. Raymond Roussel le fut bien, qui était de la même génération, du même milieu social et qui est mort d'une mort non moins mystérieuse que la sienne.

Il y a comme une parenté singulière entre ces deux patriciens lettrés, en exil au sein du Tout-Paris, et qui peut-être sans s'être jamais rencontrés, se trouvaient à l'unisson."

De cet unisson témoigne bien me semble-t-il cette photo d'Irène dédicacée en 1910 à Germaine, qui la représente dans son intimité avec son fils Philippe:


ihe1910.Champagne.jpg




pcc ARCHER

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18 mars 2007 7 18 /03 /mars /2007 15:50

Emmanuel Dufour-Kowalski vient de publier en 2006 aux éditions milanaises Archè un livre consacré aux conférences de René Schwaller: La quête alchimique, dont je me permets de vous recommander la lecture, pour plusieurs raisons.

La première est naturellement que nous en apprenons un peu plus sur Schwaller, ainsi que sur ses relations connues et inconnues, des peintres Hans (Jean) Arp et Henri Matisse au poète Jean Cocteau, en passant par l'historienne Marie-Madeleine Davy.

La seconde est que l'auteur est manifestement très au fait de ce qui est advenu de l'héritage matériel de la famille Schwaller. Il n'ignore rien semble-t-il et du rôle joué par la dame de compagnie d'Isha Schwaller, Thérèse Collet, ni des diverses péripéties liées à la création de l'association Bozawola, exécuteur testamentaire de Lucie Lamy, la belle fille de Schwaller, de même qu'Olivier Robichon et son frère en furent les légataires universels.

Enfin, Kowalski s'explique sur la constitution des archives Ta-Meri (terre aimant du ciel), du nom du dernier groupe fondé par les Schwaller, archives à lui léguées de son vivant par Olivier Robichon, et qu'il anime désormais.

A la lecture de cet imboglio de la fin du groupe de Louxor, on comprend mieux l'étrange silence de la fondation Pierre de Coubertin, supposée détentrice d'un "fonds Lucy Lamy", dès lors qu'elle elle l'objet sur ce point de sollicitations privées.

Sur tous ces points, vous voudrez bien vous reporter à mes posts précédents, tels que: Julien Champagne et Lucie Lamy (21 août 2006), et André Vandenbroeck gomme Champagne (29 août 2006):

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3603422.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-3672613.html

Qualifiant Schwaller et Champagne de lucifériens, ce qui me paraît pouvoir prêter à confusion, Dufour est également disert sur le groupe du Grand Lunaire, que nous avons déjà rencontré:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3112353.html

Il estime visiblement que l'influence sur ce groupe auquel aurait appartenu Champagne de l'oeuvre de la baronne Elisa Lotus de Païni, auteur des Trois totémisations publiées par Chacornac en 1924, ne doit pas être sous-estimée.

Selon EDK, ce Lunaire qu'il appelle Grand ou Très Haut, fut composé en partie par le cénacle de Schwaller à sa villa Hiéra de Saint-Rémy-lès-Chevreuse, et il cite parmi les membres du groupe
Julien Champagne, Jules Boucher et Alexandre Rouhier.

J'ai également trouvé très révélateurs les passages de cet ouvrage où Emmanuel confirme notre intuition sur les rapports entre la pensée de Dina et le cercle fulcanellien auquel participèrent Schwaller et Champagne.

Pour lui, Schwaller subit dès 1917 l'influence de Dina, alias Aor Mahamet Aliah, qui, présent dans le cénacle des soeurs Barney, signera avec René une plaquette intitulée Nécessité, destinée aux futurs Veilleurs:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3697984-6.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-4849361-6.html


Pour en venir plus précisément à Julien Champagne lui-même, toutes les photos que je vous propose ce jour, de lui comme de René Schwaller, sont dites par Dufour-Kowalski dater de 1931.

Elles auraient été prises chez les Schwaller, au Mas de Cocagne, près de Grasse.  DK note à juste titre "le regard de Champagne, et sa fine perspicacité, dans l'éclair de la rétine". Voici bien un portrait d'Hubert qui ne ressemble pas forcément à ceux que nous avons vus jusqu'alors.

Je n'exclus d'ailleurs pas qu'il s'agisse de notre homme. Mais ces yeux clairs me semblent être une vraie nouveauté. Et puis, comme le souligne encore Emmanuel, "Champagne mourra l'année suivante à Paris". Or cet homme paraît être d'une grande vitalité, et en pleine santé.

Où est l'ivrogne que l'on nous a décrit ici ou là? Comment concilier cette image avec le "Champagne âgé" que nous connaissons par ailleurs? Et même avec le croquis de Schwaller?

Et enfin avec cette citation d'Eugène Canseliet, déjà produite, dans le numéro 15-16 de la revue La tourbe des philosophes, en 1981:

"Le progrès du mal avait été inexorablement lent et douloureux, depuis son début presque soudain, en cette belle journée de 1930."? Nous voici de nouveau, pour reprendre l'expression de l'auteur de La quête alchimique, devant "un mystère."


Et en voici un autre encore, dont le Mas de Cocagne semble regorger:

"C'est là qu'en 1931 et 1932, écrit EDK, auront lieu les dernières tentatives opératoires de l'Opus alchemicum."

Pour lui, elles auraient été couronnées de succès, Schwaller-Fulcanelli conduisant les opérations réalisées par Champagne, et une transmutation aurait eu lieu.

En témoignerait ce ténébreux cliché de "la pierre recouverte de l'enduit de cire, sous l'abat-jour."

Il est vrai que Schwaller, alias Aor, était lui-même un homme secret, à l'instar de cet ésotérisme qui fut finalement le fil conducteur de sa vie. En 1941, il considérait ainsi que la science hermétique est "une synthèse de tous les aspects du monde et de la vie.

Ne serait-elle considérée que dans ce sens, son étude vaudrait la peine. Elle présente une sorte de transmission mystérieuse à travers les temps, les mêmes phrases souvent se retrouvent chez les alchimistes moyenâgeux et dans les textes retrouvés en Egypte."

Et l'année précédente, il affirmait déjà:

"Les cathédrales nous sont plus proches que les temples d'Egypte, croyons-nous. Mais nous sommes indécrottables..."


Quoiqu'il en soit, en 1931 Julien Champagne, sain d'esprit et également ou non de corps, rédige un testament par lequel nous apprenons notamment qu'il compte léguer à Eugène Canseliet son fichier, "qu'il lui destine et où il trouvera des documents et des renseignements utiles pour ses travaux."

Qu'est devenu ce fichier?


pcc ARCHER

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11 mars 2007 7 11 /03 /mars /2007 21:32

elsdg.champagne

 

Dans mon pensum d'il y a quelques semaines sur Guaïta:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-5348400.html

je n'avais pas pu aller aussi loin que je le souhaitais dans mes commentaires sur l'exemplaire récemment vendu par la librairie parisienne L'Intersigne de l'ouvrage La Clef de la Genèse, ouvrage provenant de la bibliothèque de Jules Boucher et annoté par Julien Champagne.

Me voici désormais muni de l'autorisation d'aller cette fois un tantinet plus avant, et donc en mesure de vous communiquer certaines des informations que j'avais pu recueillir en consultant ce livre avant que n'intervienne sa vente.

Voici d'abord, et les gourmets appelleront peut-être cela une mise en bouche, un des ex-libris de Jules Boucher qui s'y trouve, et qui serait l'oeuvre de Julien Champagne:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-4567408.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-3715710.html

Bien que de qualité moyenne sur ce cliché, cette oeuvrette m'a paru digne de reproduction tant elle ressemble à celle décrite auparavant (mon article ci-dessus indiqué du 2 septembre 2006) et est donc publiée ici pour la première fois à ma connaissance.



Les deux autres extraits que j'ai l'honneur et le plaisir de vous proposer maintenant sont en fait deux annotations de Julien Champagne qui figurent en marge de ce livre. Je les ai retenues parce que dans les deux cas Julien n'a pas hésité, de nouveau, à les signer Fulcanelli, pour une raison ou une autre.

Il y a sur ce point plusieurs explications possibles, sachant que je récuse de plus en plus l'idée de l'identité Fulcanelli-Champagne.

On pourrait aussi penser à un faux postérieur, par exemple de Jules Boucher. Enfin, je mentionnerai l'hypothèse d'une affabulation de Champagne, sans toutefois écarter la thèse d'une citation de Fulcanelli par "Hubert", après tout le livre de Guaïta est paru en 1920.

Mais trêve de suppositions pour l'instant, faisons place aux faits. Voici d'abord une première assertion de Guaïta:

"Au laboratoire, et dans leur acception la plus large, le Mercure est une fumée blanche, le Soufre une graisse agglutinante, et le Sel un acide.

L'Azoth des Sages, synthèse des trois, consiste en un menstrue, l'Alchaëst ou dissolvant des métaux, qui ramène ceux-ci à leur première substance et met leur sperme androgynique en liberté."




Et Champagne-Fulcanelli, soulignant  "l'Azoth" et "l'Alchaëst ou dissolvant des métaux" s'exclame:

"Erreur! L'alcaest n'est pas l'Azoth. Il y a entre eux la différence du mercure vulgaire au mercure philosophique. Il suffit de cuire l'azoth pour obtenir la pierre, tandis que l'alcaest est seulement le premier dissolvant.

Par l'action de l'alcaest sur le métal on obtient l'humide radical qui fournira ensuite l'azoth."

Deuxième passage de Guaïta:

"Cependant, sous l'influence combinée de la chaleur et du temps, une série de phénomènes parfaitement déterminés se manifeste dans l'oeuf.

Les phases de volatilisation partielle, de fixation et de déliquescence de la matière alternent comme il convient, tandis que cette matière affecte successivement des teintes caractéristiques, dont l'apparition dans l'ordre voulu atteste à l'adepte qu'il n'a pas dévié du droit chemin.

Les couleurs principales se succèdent dans l'ordre suivant: le noir (corruption, tête de corbeau), le blanc (ablution, terre blanche feuillée, petit Elixir), et le rouge (grand Elixir ou pierre philosophale),etc."



Marquant tout ce passage,  Fulcanelli-Champagne apprécie ainsi:

"L'auteur n'a pas pénétré le grand secret de la coction. Ce n'est pas ainsi qu'elle s'opère et au surplus, l'artiste ne voit jamais les couleurs décrites.

Personne n'a jamais révélé cette connaissance et peu de philosophes l'ont sue. Une seule couleur apparaît: le noir. Les autres n'existent qu'à l'état de symboles et non d'apparences physiques."


Auteur entre autres d'un ouvrage sur Paracelse (CAL, 1970), Guy Bechtel, aujourd'hui âgé de 76 ans, est un fin connaisseur de l'occulte et notamment de l'alchimie. Il nous a en particulier gratifié en 1974 d'un entretien avec Eugène Canseliet sur Fulcanelli qui hélas est resté en partie confidentiel (en partie seulement, puisque son résultat figure partiellement au chapitre Fulcanelli de ses Grands livres mystérieux, CAL, 1974).

Passionné aussi par "maître Stanislas", comme il l'appelle, Bechtel nous a concocté voici quelques années un essai bourré d'érudition et d'humour sur la bibliothèque de Guaïta, qu'il qualifie de façon très intéressante à mon sens de "pérégrine."

Guaïta en effet, non seulement voyageait avec certains de ses livres, mais encore avait pris soin de disperser sa bibliothèque de son vivant, entre Paris et sa Lorraine natale en particulier. Sage prudence d'ésotériste? Nous sommes ainsi de toute façon d'emblée éclairés sur le pluriel apposé par notre écrivain  à la fin de l'intitulé de son étude au mot bibliothèques.

Et en tout cas, les "notules" de Bechtel, comme il les a bien modestement intitulées, raviront selon moi tous les curieux ou studieux de l'arcane, et au-delà tous les bibliophiles avertis.  A condition qu'ils se hâtent, car de ce petit monument de savoir, courageusement édité en 1998 par Alain Marchiset, qui ne se contente pas d'être un fameux libraire, il ne subsiste plus à ma connaissance que quelques exemplaires neufs.


C'est de ce tirage "strictement limité" qu'est extraite la photo ci-dessus, celle qui ouvre notre article de ce jour provenant d'un catalogue Chacornac de 1912 que vous avez sans doute gardé en mémoire:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3308771.html

Et puisque cette soirée de la sainte Rosine est décidémment placée sous le...signe des coïncidences qui n'en sont pas, j'espère que vous goûterez comme moi cette citation d'une partie de la conclusion de Bechtel parvenu au terme de son labeur, et philosophant sur la théorie des signatures chère à un certain Hohenheim:

"Même si ta quête est vaine, tu seras, toi, payé au centuple de ta peine: il n'est point d'objectif plus grand dans une vie que de régler les rapports des signes entre eux.


Certains appellent cela Musique, d'autres Poésie..." Et nous, cher Guy Bechtel, Alchimie.



In cauda venenum,

(HA)RCHER

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