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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 09:43

BECKchristinedesuede.CHAMPAGNE


A la belle âme d'Odile Duchamp (1953-2009) qui telle sainte Roseline cachait sous son tablier des brassées de roses.
"Heureux celui qui entend la parole de Dieu, et qui la garde," affirme l'Evangile selon saint Luc, autrement dit de la Lumière.

Cette Lumière est pour les alchimistes l'émanation du feu divin. Nous le voyons bien, en particulier dans les Trois anciens traités d'Alchimie d'Eugène Canseliet, quand l'auteur commente ainsi le portrait ci-dessus reproduit en couleurs de Christine de Suède par David Beck, toujours visible semble-t-il au musée national de Stockholm:

"La reine de Suède, ayant orné sa coiffure d'un frais bouquet de fleurs champêtres, appuie sa main, pour la lecture, sur la boule qui est communément l'hiéroglyphe de la première matière. L'écharpe vole au vent et l'eau s'étend à l'horizon."

Et d'emprunter à la brochure d'une exposition qui en 1966 fut réservée à Christine dans la capitale suédoise un passage qui complète son propos: "On a parfois voulu voir dans cette peinture l'allégorie des trois éléments représentés, le quatrième étant l'apanage de la Reine, c'est-à-dire le feu."

atlantisnumero1.champagne


Or ce feu invisible de l'émanant doit être orienté. Toutes les églises ont leur abside tournée vers le sud-est, leur façade vers le nord-ouest, tandis que les transepts, formant les bras de la croix, sont dirigés du nord-est au sud-est, constate Fulcanelli à l'orée de son Mystère des Cathédrales.

"C'est là une orientation invariable, poursuit-il, voulue de telle façon que fidèles et profanes entrent dans le temple par l'Occident, la face portée du côté où le soleil se lève, vers l'Orient, la Palestine, berceau du christianisme. Ils quittent les ténèbres et vont vers la lumière."

De ce Mystère paru pour la première fois en 1926, nous avons vu que Paul Le Cour, alias Pélékus, s'était fait l'écho élogieux au début de 1927 dans la revue AEsculape. Il apparaît également dès les tout premiers numéros du périodique de l'association Atlantis, fondée avec Philéas Lebesgue, ami et voisin d'Eugène Canseliet.

C'est ainsi que fin 1927 Atlantis organisa une excursion au sanctuaire druidique de Chartres, dont voici un extrait du compte-rendu: "Au dehors, sous les porches, Paul Le Cour exposa les commentaires de Fulcanelli dans Le Mystère des Cathédrales, d'une pénétration plus grande que celle de Huysmans."

atlantisannonceeomdc1.champagne


Début 1928 encore, Paul Le Cour rendant compte du livre de Jérôme Carcopino sur la basilique pythagoricienne de la Porte Majeure à Rome, observe: "Le symbolisme initiatique domine ici. A droite de l'entrée deux personnages, un homme et une femme, sont séparés par un tronc d'arbre autour duquel s'enroule un long serpent. A l'une de ses branches pend la Toison d'or.

On retrouvera à Bourges, bien des siècles après, le même tableau dans la chapelle de Jehan Lallemant. Ceci nous montre l'existence d'une continuité d'idées de l'antiquité à nos jours à travers le christianisme qui les a conservées sous des voiles. Le bélier à la toison d'or n'est-il pas cet agneau couché sur le livre aux sept sceaux? C'est la brebis (Rachel) qui porte la toison d'or, est-il dit dans les textes sacrés."

Enfin, Atlantis ne manque pas dès ses livraisons initiales de publier des encarts publicitaires de libraires amis, tel Emile Nourry, qui renonça à publier le Mystère, ou Jean Schemit, qui édita "le seul livre moderne qui jette sur la vieille Alchimie une lumière nouvelle".

Son rédacteur et préfacier Eugène Canseliet et son illustrateur Julien Champagne sont dûment mentionnés dans ces encarts, et c'est après le décès de Champagne que Canseliet commencera vraiment une longue collaboration aux activités et publications d' Atlantis.


atlantisannonceeomdc2.champagne


Eugène Canseliet, qui correspondit si longuement aussi avec un hermétiste suédois de ses amis, Arne Wettermark, notamment à propos de Christine de Suède, rappelle dans son ouvrage précité que Christine, dans le temps de son abdication, fit graver une médaille qui porte à l'avers son effigie et au revers la couronne royale, avec ces mots:

ET SINE TE - ET SANS TOI

Il ajoute aussitôt: "La souveraineté terrestre, sans l'emblème ordinaire des privilèges du sang! La fille de Gustave-Adolphe avait choisi la véritable royauté, celle que confère le Grand OEuvre physique, auquel elle caressait le dessein de travailler, dans la Ville du Pape." Soit Rome, la Ville éternelle.

Dans ses alchimiques mémoires de la revue La Tourbe des Philosophes, déjà maintes fois citée dans ce blog, Canseliet est d'ailleurs revenu sur son amitié avec Wettermark. Ce dernier a lui-même signé dans le même périodique (N°27, 1985) un article intitulé Christine de Suède, Roy par la grâce de Dieu.

Il y affirme notamment, argumentation à l'appui,  qu'on peut considérer que cette dernière pratiquait déjà l'alchimie avant son abdication, et qu'elle avait (comme d'autres) dénommé cet Art la Science des Roys.

Dans son ouvrage paru lui en 1991 (Queen Christina of Sweden and her Circle, E.J. Brill), Susanna Akerman pour sa part et en outre rapporte cette maxime de Christine selon laquelle:

"La Chimie est une belle science, elle est l'anatomie de la nature et la seule véritable clé qui ouvre tous les trésors."


sinete.champagne


A chacun et chacune, excellente année en Hermès.

guisurarbre.champagne


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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 17:56

GJ.champagne

 

Un colloque d'alchimie en plein Paris, en ce début du XXIème siècle, et un colloque où s'est invité Julien Champagne, voici un pari réussi le 28 novembre 2009 de l'association Atlantis, présidée par Jacques Grimault, association fondée rappelons le en 1926, l'année même de la parution du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli.

Organisée en l'honneur d'Eugène Canseliet, disciple de Fulcanelli, cette manifestation qui est intervenue dix ans après le mémorable colloque Canseliet mis sur pied à l'occasion du centenaire de sa naissance, en 1899, a réuni de cent à cent cinquante personnes, ce qui est sans conteste un beau succès.

La famille Canseliet et ses amis proches y était fort bien représentée, notamment par les présidentes d'honneur du colloque, Béatrix Canseliet, fille d'Eugène, et sa propre fille Sylvaine.

Cette dernière, qui a courageusement entrepris de faire éditer ou rééditer par Guy Trédaniel les nombreux articles de son aïeul, dont elle annonce après le volume 2007 une seconde livraison en 2010, a d'ailleurs tenu à rappeler que sa famille entend toujours faire respecter ses droits, s'agissant en particulier des oeuvres de Fulcanelli.



Des interventions des conférenciers, je retiendrai principalement qu'à une approche essentiellement historique de l'alchimie a succédé une vision plus contemporaine et plus thématique à la fois.

Joseph Davidovits a à mon avis très heureusement dégagé les origines et la dimension absolument religieuses de l'alchimie et de la chimie de l'ancienne Egypte, puis Alain Queruel a à son tour disserté sur les apports qui furent ceux des alchimistes médiévaux à la science actuelle.

Jacques Grimault, qui donne par ailleurs des conférences sur l'alchimie, a notamment insisté sur la nécessité plus impérieuse que jamais d'oeuvrer pour la préservation du patrimoine culturel considérable qui est celui de l'alchimie, aussi bien en matière scientifique qu'artistique, philosophique ou spirituelle.

Enfin Roland Narboux a justement présenté un panorama berrichon de ce patrimoine, et j'ai pour ma part été séduit par son rappel à propos de Bourges du fait qu'aussi bien l'hotel Lallemant - c'est bien connu - que le palais Jacques Coeur (ceci est moins su) conservent aujourd'hui encore dans la pierre la mémoire de leur alchimiste ou de leurs alchimistes.

On pourrait en dire autant, au demeurant, de bien des cathédrales (à commencer par Paris) et de bien des demeures philosophales ou logis alchimiques.


Patrick Rivière s'est en ce jour de saint Jacques, patron des alchimistes, livré à une brillante étude du symbolisme alchimique du pélerinage de Compostelle, dont depuis Nicolas Flamel et Fulcanelli nous savons bien qu'une partie doit s'effectuer par voie de terre, et l'autre reste maritime.

J'ai également relevé avec intérêt qu'il a bravement conclu son propos par une déclaration coram publico sans ambigüité sur l'inanité des recherches sur l'identité d'Adeptes de l'alchimie comme Fulcanelli.

Enfin Jean Artero a cherché à mettre en relief la nature même du mystère alchimique, telle qu'elle ressort de l'oeuvre écrite de Fulcanelli, l'apport considérable, voire unique,  de ce dernier à l'alchimie traditionnelle, et le sens de l'engagement alchimique d'Eugène Canseliet.

Il a conclu par une petite analyse du symbolisme de l'écu final de Canseliet, "abrégé de la voie sèche" en alchimie, et in fine sur l'importance du sel principe et des adjuvants salins dans la pratique alchimique (Quand sel y est est d'ailleurs le titre d'un des chapitres de son livre Présence de Fulcanelli).


C'est surtout Artero en fait qui a insisté sur l'importance de Julien Champagne dans l'élaboration du corpus fulcanellien. Voici donc une transcription que j'espère fidèle de quelques uns de ses propos à ce sujet:

"Pour conclure, ou plutôt pour ne pas conclure, mais pour terminer cette réflexion d’aujourd’hui, je souhaite appeler votre attention sur l’importance des illustrations en alchimie, notamment vis-à-vis des textes. Ces derniers, nous expliquent à l'unisson Fulcanelli et Canseliet, restent fréquemment trompeurs. Ils voilent autant qu'ils dévoilent. 

Puis-je d'ailleurs émettre l'opinion que ceci s'adresse à tous les auteurs alchimiques, Canseliet et Fulcanelli y compris?

Tous les alchimistes sans exception doivent en effet à l’obédience de réserver à leurs semblables les arcanes principaux de leur Science, de leur Art. Voilà qui me conduit à vous demander de ne pas négliger dans l’étude de l’œuvre fulcanellienne l’importance des illustrations de Julien Champagne, qu’aucune photographie ne saurait valablement remplacer.

Julien qui fut un ami aîné, mais proche d'Eugène, au point que ce dernier nous a expliqué être persuadé que Fulcanelli lui a adressé, à la mort de Champagne, et pour l'en consoler, un alchimiste turc du nom de Moktar Pacha, dont il est bien sûr question dans mon livre.

Rappelons tout de même que les seules éditions de ses livres qui furent approuvées par Fulcanelli sont celles où figurent les dessins de son illustrateur."

 

Souhaitons par conséquent qu'Atlantis, qui a manifestement entrepris de réimprimer les premiers numéros de sa revue et vient fin 2009 de publier une livraison spéciale sur l'alchimie, puisse faire paraître les actes de ce colloque, colloque dont une réédition est dès à présent prévue en 2012.

Et à chacune et chacun, joyeux Noël!



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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 10:08




Célébrer les morts, c'est une manière comme une autre d'honorer les vivants. Et s'il est permis avec Maurice-Consantin Weyer, qui met en scène certain Archer canadien, de se pencher avec nostalgie sur notre passé, ne manquons pas de faire renaître aussi celui de notre prochain.

Il est notre présent comme nous sommes son avenir. Sa mémoire nourrit notre imaginaire, et la transmission de sa parole se trouve au coeur même de notre appréhension spirituelle de la Tradition. Chère Fanny, voyez en ce deux cent cinquantième article du blog de Julien Champagne comme mes compatriotes Elmiro et Rose Celli reposent en paix au pied de la croix, cachés tous deux derrière la pierre du soleil.

Mais qu'ont-ils à nous dire, Rose et Elmiro, en ces lendemains de Toussaint? Et quels rapports, déjà avec notre cher "Hubert"?

Je pense qu'Elmiro est le mieux placé pour nous répondre dans un premier temps, grâce notamment aux écrits d'Alexandra Charbonnier sur Milosz.



"Je suis né en Italie, dans une famille de musiciens ambulants très pauvres. Enfant, je joue instinctivement du violon pour gagner ma vie, ce qui me conduit au conservatoire de Bologne, puis à celui de Paris. Mais mes amis ne se trompaient pas en disant déjà que j'avais une oreille de peintre et un oeil de musicien.

Vers 1912, une illumination me fait me tourner vers la peinture, et j'appelle précisément mon approche personnelle celle de la peinture de sensations. Je commence à exposer dans l'immédiat après-guerre (1919-1920) à la même période où je rencontre ma future femme.

Mes tableaux de l'époque témoignent déjà de ma sensibilité ésotérique: Prière à la Nature, Commencement, Gestation, Initiation, Vision, Le Feu, Alchimie.

Comme l'indique l'article me concernant du dictionnaire Bénézit, j'exposerai de 1920 à 1927 au Salon d'Automne, aux Indépendants et à la Nationale.

rosecellisignure.champagne



La principale toile de moi qui est actuellement accessible au grand public est ce Chemin de Lumière qui fit partie de la collection de René  et  Isha Schwaller et aurait rejoint depuis la bibliothèque de la fondation Bozawola.

J'ai noué des relations avec Aor et Isha en 1916-1917 et je suis alors entré dans son groupe des Veilleurs, dont j'ai fait partie du cercle intérieur des frères d'Elie.  Rose et moi avons un temps rejoint son phalanstère de Suhalia, dont Julien Champagne devait être le directeur de recherche.

En 1920 je me suis installé provisoirement à Théoule, auprès du maître verrier Richard Burgsthal. Puis j'ai gagné l'Algérie, où nous avions à ce moment dans l'idée de refonder un groupe de Veilleurs.

De retour à Saint-Paul de Vence, j'y ai repris mes travaux et Rose n'a pas manqué de témoigner plus tard qu'une bonne part de ceux-ci se sont toujours déroulés dans mon laboratoire d'alchimie."

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3826243.html
http://touscesgens.hautetfort.com/archive/2006/08/18/celli-elmiro.html


Rose confirme aussitôt, puis: "Je suis née en Algérie, comme mon frère le poète Edmond Brua, et à part Elmiro ma grande passion au delà de mes études littéraires à l'école normale supérieure de Sèvres a toujours été l'écriture, ce qui a fait de moi assez rapidement une proche de Milosz et plus tard de Jean Giono.

Charbonnier rapporte à ce sujet que j'ai obtenu un prix littéraire (Fémina, 1925). Dans Comme l'eau (1930) j'ai bien pu comme avancé par Geneviève Dubois livrer sous forme de roman à clefs un épisode de la vie du Veilleur Henri Coton, alchimiste aussi connu sous le nom d'Alvart. Nous étions amis des Coton.

Elmiro et moi avons aussi à une époque fréquenté divers salons, à Paris celui de Nathalie Clifford Barney et à Nice celui de nos autres amis les Prozor, Maurice et Greta. Greta avec laquelle j'ai aussi échangé une correspondance, notamment en 1927 au sujet de l'alchimie de Coton.

Mon rôle auprès de mon mari ne doit pas être sous-estimé, y compris au plan alchimique. Je l'ai aidé au laboratoire, j'y ai tenu des notes, j'ai recopié des traités classiques de l'alchimie.

http://www.archerjulienchampagne.com/article-4849361.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-3552044.html
http://www.lemercuredauphinois.fr/data/pages_site/bio_henri.php

Dans le même temps et tout en restant romancière j'ai commencé une oeuvre de traductrice, avant de bifurquer finalement vers les contes pour enfants, qui ont assis ma notoriété (Boucle d'or et les trois ours, Le bateau de pierre...). Tout ceci sans oublier de promouvoir l'oeuvre d'Elmiro, bien entendu comme dans cet article de La revue métapsychique de mon ami Hubert Larcher que j'ai rédigé en 1967 sur "Elmiro Celli et la peinture de sensation."

http://touscesgens.hautetfort.com/archive/2006/08/18/celli-rose.html


Ce qui nous conduit en définitive à évoquer également ici la mémoire d'Hubert Larcher (1921-2008), docteur en médecine  qui hélas nous quitté récemment et qui écrivit ceci, dans la livraison 35 (1996) de l'excellente revue des Amis de Milosz, patronnée par André Silvaire:

"J'avais commencé à étudier la médecine à Montpellier lorsque passant mes vacances à Saint-Paul ma mère me dit qu'il s'y trouvait un alchimiste du nom d'Elmiro Celli.

Je n'eus alors de cesse de le rencontrer et nous devînmes amis au point qu'il me permit de visiter son laboratoire, m'enseigna des éléments de son art et me conseilla sur le choix des verreries indispensables et d'un athanor."

Dans ce même numéro de revue on trouvera en outre divers articles sur "deux amis de Milosz, Rose et Elmiro Celli", dont un de Rose, Cet arbre mort devenu ange, et un autre de Milosz sur Elmiro: Un paysagiste mystique. Ce dernier est extrait du catalogue  de l'exposition  Celli, organisée par L'Affranchi en 1919.

celliexpo.champagne


Ami de Jean Guitton, Hubert Larcher est plus connu comme tanathologue que comme alchimiste. Il fut d'ailleurs en 1966 l'un des fondateurs de la société de tanathologie.

Dès 1957 il a cependant publié un essai retentissant intitulé Le sang peut-il vaincre la mort (Gallimard) qui a été réédité en 1990 par Désiris sous un autre titre, plus poétique (La mémoire du soleil) et dont les préoccupations alchimiques sont loin d'être absentes, comme l'a tout de suite vu certain disciple de Fulcanelli et ami de Julien Champagne: Eugène Canseliet.

Notons enfin qu'il travailla un temps comme assistant chercheur au Laboratoire de chimie organique de l’Ecole Polytechnique (1948-1951), sous la direction du Professeur Pierre Baranger (passionné de mystique et d’alchimie).

http://www.metapsychique.org/Hubert-Larcher.html

Sur Celli, Larcher, et tant d'autres alchimistes vivants ou pas de notre belle Provence, et sur certaines demeures philosophales somptueuses comme Cimiez et Saorge, je vous recommande en outre chaudement un petit livret fort bien fait de l'UNIA, paru à Nice en cette fin d'année de l'an de grâce 2009: "Alchimie et Alpes maritimes, une quête":

http://www.universite-nice-inter-ages.fr/?uniaPage=26&acti=ALCHIMIE%20ALPES%20MARIT

"Le paranormal, nous n'y croyons pas, nous l'étudions."


 

ecelllisignure.champagne



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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 21:43


Xavier en attendant de vos bonnes nouvelles voici en cette Saint Firmin quelques souvenirs de notre Julien favori. 1897...le peintre, dessinateur et alchimiste a vingt ans.

C'est le bel âge du printemps, et Julien Champagne en profite pour visiter, carnet de croquis à la main, le musée de Picardie de la bonne ville d'Amiens.

Actuellement fermé pour travaux, ce musée fondé au siècle dernier sous l'égide de la Société des Antiquaires abrite nombre de chefs d'oeuvre universels.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_de_Picardie
http://www.amiens.fr/decouvrir/musee/index.asp



S'il ouvre à nouveau comme prévu le mois prochain, peut-être pourrons nous bientôt, comme Hubert le fit en son temps, admirer notamment ce Saint Eustache, ou plus exactement ce "fragment de sculpture" du XVIème siècle qui plut tellement à l'illustrateur futur des oeuvres de Fulcanelli.

Ou encore du même siècle fossoyeur d'un moyen âge encore bien présent ce Saint Michel terrassant le dragon. Mythe à propos duquel l'Adepte dévolu au XXème siècle dissertera à maintes reprises:

"Ce combat singulier des corps chimiques dont la combinaison procure le dissolvant secret (et le vase du composé) a fourni le sujet de quantités de fables profanes et d'allégories sacrées." (Mystère)

"La lutte courte mais violente livrée par le chevalier ne cesse que par la mort des deux champions (en hermétique, l'aigle et le lion) et leur assemblage en un corps nouveau dont la signature alchimique est le griffon." (Demeures)


Ou encore (Demeures toujours):

"Longin, dans la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, joue le même rôle que Saint Michel et Saint Georges; Cadmos, Persée, Jason font un geste semblable chez les païens.

Il perce d'un coup de lance le côté du Christ, comme les chevaliers célestes et les héros grecs transpercent le dragon. C'est là un acte symbolique dont l'application positive au travail hermétique s'avère lourd de conséquences heureuses."

Mais voici que cette même année nous retrouvons cette fois Julien dans l'atelier de Léon Gérôme.


Et certes nous savions bien déjà que Champagne en fut l'élève distingué:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1752591.html

Mais en voici désormais deux nouvelles preuves, et des plus esthétiques comme il se doit. Il me semble bien émouvant de penser, au demeurant, que Julien dut cotoyer, mais aussi tutoyer, nombre des jeunes condisciples ici représentés, qu'il ne manqua pas pour autant de croquer.

Et devant l'amicale insistance d'Edith, je ne peux clore mon petit article de ce mois sans signaler publiquement, à l'attention générale, une heureuse initiative d'Ibrahim, qui nous propose sur son excellent site déjà maintes fois nominé (je renomme La rue de l'Alchimie) une version en ligne des textes des deux ouvrages cités ci-dessus de Fulcanelli:

Fulcanelli complet en pdf avec les illustrations originales


Ni bien sûr passer sous silence une des prochaines conférences de l'association Atlantis, d'heureuse mémoire et toujours vivace, qui sera à Paris le mois prochain (novembre 2009) consacrée à "l'alchimie aux mille visages."

En ce cent-dixième anniversaire de la naissance d'Eugène Canseliet, cette conférence est de surcroît placée sous la présidence d'une de ses filles, Béatrix, et de Sylvaine, sa petite fille:

http://www.atlantis-site.com/activites/conferences.php?m02

http://www.atlantis-site.com/activites/programme.pdf

Puis pour finir ou plutôt continuer en harmonie, et en beauté, je vous propose de découvrir une toute récente symphonie concertante pour violoncelle du compositeur tchèque Jan Valta, précisément consacrée à Fulcanelli et tout bonnement intitulée:  Fulcanelli.

http://www.youtube.com/watch?v=YM9k35LA4_8

http://www.youtube.com/user/JanValta77 

http://www.projectfulcanelli.com/
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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 10:43


Julien Champagne, en rédigeant en 1908 son traité de La vie minérale, qui attend toujours son éditeur,

http://www.archerjulienchampagne.com/article-32335725.html

fait référence à un "prix Nobel" 1920 de physique d'origine française mais de nationalité suisse, et Polytechnicien de Zürich, bien oublié actuellement du grand public: Charles Edouard Guillaume (1861-1938):

http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_%C3%89douard_Guillaume
http://www.worldtempus.com/fr/encyclopedie/index-encyclopedique/horlogers-celebres/guillaume-charles-edouard/
http://www.cartage.org.lb/fr/themes/Biographies/mainbiographie/G/guillaume/guillaume.htm
http://en.wikipedia.org/wiki/Charles_%C3%89douard_Guillaume
http://nobelprize.org/nobel_prizes/physics/laureates/1920/guillaume-bio.html

Fils d'horloger, il reste connu en Helvétie en raison des application de ses découvertes d'alliages utiles en horlogerie. Guillaume entra en 1883 au Bureau international des poids et mesures de Paris (BIPM), dont en 1902 il devint directeur adjoint, et qu'il dirigera de 1915 à 1936.


Parmi ses ouvrages, il nous semble impossible de ne pas citer ici La vie de la matière (1899). Relevons aussi en 1907 cette fois son Des états de la matière...

En 1908 "Hubert" mentionne dans son essai une déclaration éclairante de Guillaume:

"Monsieur Charles Edouard Guillaume, physicien au Bureau international des poids et mesures, à Paris, a fait à Neufchatel, devant la Société helvétique des sciences naturelles, une conférence qui par certains de ses côtés, aurait vivement scandalisé les naturalistes d'il y a vingt ou trente ans.

L'auteur, grand partisan de la vie de la matière, a fait l'expérience suivante. Il a introduit dans un ballon de verre du mercure et de l'acide sulfurique. Le ballon fut ensuite plongé dans un amalgame de sodium soumis à un courant électrique de l'extérieur à l'intérieur.

Or le sodium, sous l'influence de l'électrolyse, a traversé le verre et est allé se dissoudre dans le liquide du ballon. Si le verre est à la base de sodium, on peut le faire traverser,  pour toute molécule plus petite,  par du lithium, par exemple.


Le sodium du verre s'en va le premier, et à mesure qu'il est remplacé par le lithium, on voit le verre prendre un aspect laiteux.

Ajoutons que la densité et la consistance du verre diminuent simultanément. On obtient du reste le même effet lorsque l'expérience se produit avec le sodium chaud ou froid. Dans le second cas, l'effet se fait attendre plus longtemps.

M. Guillaume trouve avec raison que cette expérience, de même que beaucoup d'autres dirigées dans le même but, démolissent la notion surannée de la matière inerte."

Notamment de la matière minérale, si nous suivons bien Julien Champagne...Mais n'est-il pas intéressant de nous rappeler à ce stade que Charles Edouard fait également partie des rares savants contemporains de l'époque qui sont favorablement mentionnés par un certain Fulcanelli?



"Il ne suffit pas au philosophe, lisons-nous ainsi au chapitre Chimie et philosophie des Demeures philosophales, de noter seulement l'allongement d'une barre de fer soumise à la chaleur, il lui faut encore rechercher quelle volonté occulte oblige le métal à se dilater.

Cette volonté métallique, l'âme même du métal, est nettement mise en évidence dans l'une des belles expériences faites par Charles Edouard Guillaume. Un barreau d'acier calibré est soumis à une traction continue et progressive dont on enregistre la puissance à l'aide du dynamographe. Quand le barreau va céder, il manifeste un étranglement dont on relève la place exacte.

On cesse l'extension et l'on rétablit le barreau dans ses dimensions primitives, puis l'essai est repris. Cette fois l'étranglement se produit en un point différent du premier. En poursuivant la même technique, on remarque que tous les points ont été successivement éprouvés, en cédant les uns après les autres à la même traction.

Or si l'on calibre une dernière fois le barreau d'acier en reprenant l'expérience du début on constate qu'il faut employer une force très nettement supérieure à la première pour provoquer le retour des symptômes de rupture.


M. Guillaume conclut de ces essais, avec beaucoup de raison, que le métal s'est comporté comme l'eût fait un corps organique. Il a successivement renforcé toutes ses parties faibles et a augmenté à dessein sa cohérence pour mieux défendre son intégrité menacée. Un enseignement analogue se dégage de l'étude des composés salins cristallisés..."

Et Fulcanelli d'en déduire, à l'issue d'une démonstration appuyée sur d'autres exemples, que la mort, corrolaire de la vie, étant la conséquence directe de la naissance, il s'ensuit que les métaux et minéraux manifestent leur soumission à la loi de prédestination qui régit tous les êtres créés.

"Naître, vivre, mourir ou se transformer sont les trois stades d'une période unique embrassant toute l'activité physique. Et comme cette activité a pour fonction essentielle de se renouveler, de se continuer et se reproduire par génération, nous sommes amené à penser que les métaux portent en eux, aussi bien que les animaux et les végétaux, la faculté de multiplier leur espèce.

Telle est la vérité analogique que l'alchimie s'est efforcée de pratiquer."



Au-delà même de la référence commune à Guillaume, on voit donc bien la communauté de pensée qui dans ces extraits au moins rapproche le Champagne de 1908 du Fulcanelli des Demeures (publiées pour la première fois en 1930).

Gardons nous pour autant de toute conclusion hâtive: Plus direct, moins lyrique que celui de Fulcanelli, le style de Champagne s'en distingue nettement. Beaucoup plus que son futur maître en alchimie, il emploie la nomenclature moderne de la chimie.

Bien plus, et à l'inverse, son approche de la cabale hermétique semble rudimentaire à l'époque, et sur le fond il nous semble dans nombre de passages plus proche en définitive du vitalisme hyperchimique ou si l'on veut de la spagyrie que de la légendaire alchimie.

Mais Champagne avec La vie minérale témoigne pour autant, et avec quel brio, qu'il est passé ou se trouve sur le point de passer "sur les banc d'une autre école" (Fulcanelli).



Ne quittons pas d'ailleurs M. Guillaume sans nous remémorer le fait qu'il fut, comme Fulcanelli, un des rares proches d'un autre Nobel, Pierre Curie.

A cette proximité Fulcanelli-Curie, Artero consacre d'ailleurs tout un chapitre de son Présence de Fulcanelli, où il s'appuie pour l'essentiel sur le témoignage d'Eugène Canseliet. Mais voici pour l'instant une preuve éclatante de la proximité Guillaume-Curie. Nous sommes en 1904, au BIPM:

http://www.bipm.org/fr/si/history-si/radioactivity/familles_curie_guillaume.html

1904...L'an prochain, Julien Champagne rencontrera Fulcanelli.

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 12:33


Saluons d'emblée, et avec la joie qui convient, la parution si attendue du livre de notre ami portugais Walter Grosse sur Fulcanelli (Un secret violé, Grosse, Seixal, 2009).

Non content en effet de tenir depuis plusieurs années un blog sur notre Adepte, auquel nous nous sommes si souvent référé:

http://fulgrosse.over-blog.com/

Fulgrosse de son pseudonyme vient en effet de prendre la courageuse décision de s'auto-éditer, et de le faire en français. Espérons que les 500 premiers exemplaires de son ouvrage (500, tirage selon selon certains de l'édition originale des Demeures Philosophales de Fulcanelli) trouveront rapidement preneurs et rencontreront également un écho des plus favorables.

Je le souhaite, en tout cas, car la ténacité et le talent de ce chercheur trentenaire me semblent en tous points dignes d'éloge.

La méthode qu'il suit pour tenter de résoudre l'énigme de l'identité de Fulcanelli n'est pas d'ailleurs sans rappeller celle de Frédéric Courjeaud (Une identité révélée, Claire Vigne, 2006): Grosse dresse la liste des paramètres biographiques à prendre en compte, puis procède par éliminations successives.

S'appuyant sur une solide connaissance de "l'équation biographique" de Fulcanelli, Walter a cherché, et c'est sans nul doute un des points forts de sa démarche, à en retrouver la trace, dans les archives en général et en particulier dans celles de l'état-civil...et de l'état militaire.


Et de l'état militaire car pourquoi ne pas le dire d'entrée de jeu, son Fulcanelli à lui n'est pas Camille Flammarion mais un polytechnicien nommé Paul Decoeur (1839-1923 ou 1924). Fulgrosse au sujet de Polytechnique met d'ailleurs à juste titre l'accent sur le témoignage peu connu de Paolo Lucarelli dans son édition transalpine du Mystère des Cathédrales, en 2005.

Walter Grosse argumente sur la disparition de Decoeur en 1924, car on s'en souvient c'est celle où Fulcanelli et Canseliet assistèrent ensemble aux obsèques d'Anatole France.

Les quelques objections principales que je voudrais cependant formuler en toute amitié sur ce travail des plus estimables sont les suivantes:

Grosse me paraît restreindre sa recherche à l'excès, en fait aux "X Ponts" (et Chaussées) et de plus aux Polytechniciens restés sans descendance, voire célibataires (il s'apuie à ce sujet sur le témoignage écrit reçu par lui de Béatrice Canseliet, fille du disciple de Fulcanelli, toujours en 2005).

Pour Grosse, Decoeur, qui n'a guère laissé d'autres écrits que des brevets et n'a pas eu semble-t-il de son vivant une notoriété des plus significatives, est bien cependant ce Fulcanelli qui fut l'intime de la famille Lessseps et de combien d'autres "célébrités du temps."

Bien plus, une approche que je qualifierai volontiers de résolument rationaliste conduit Walter à remettre en question certains invariants du "mythe" Fulcanelli.

C'est ainsi que pour lui l'hypothèse d'un Fulcanelli qui a effacé toutes ses traces n'a aucun fondement. Il ne croit pas, dit-il de plus, en un Fulcanelli plus que centenaire et donc sa thèse présente est qu'Eugène Canseliet a perpétué le mythe selon lequel il était encore vivant en 1952.

waltergrosse.champagne


Tout ceci me rappelle fortement ce qu'André Rolland de Renéville écrivait en février 1953 dans sa critique de la N.R.F. consacrée au Mythe de Rimbaud de René Etiemble:

"Après avoir postulé que tout ce qui est mythe tient de l'erreur à demi-volontaire ou du simple mensonge, Etiemble entreprend de démontrer que chacun des essayistes qui s'est attaché à décrire la vie de Rimbaud ou à expliquer son expérience n'a guère fait que s'interpréter lui-même en terme de fable...

Notre mentor ne serait-il pas à son tour prisonnier d'une illusion? Dans ce cas, la sienne serait le mythe du mythe."

Le mythe alchimique de Fulcanelli devrait donc, selon nous, permettre une approche englobante, qui ne s'interdira pas l'appréhension du mystère dans sa réalité profonde, mystère dont témoigne cette belle illustration de l'alchimiste de Notre Dame, que produit Walter Grosse, illustration dont le héros est très opportunément qualifié de gnome, et qui se trouve de plus frappée au coin de la Rose.

J'ai donc un peu de mal à suivre notre auteur quand il balance à soutenir la véracité du témoignage d'Eugène Canseliet, en assurant après d'autres que son périple marseillais, niçois et aixois des années 1915-1917 serait en fait une habile fiction permettant de voiler la localisation du domicile parisien de Fulcanelli.

Et pourtant, que de pépites issent de ce tamis d'orpailleur aux mailles un peu trop serrées à mon goût! Nous en apprenons plus, grâce à Walter, sur l'histoire de l'usine à gaz de Sarcelles, cher OrnithOrynque, usine où eut lieu la désormais célèbre transmutation de 1922, sur Gaston Sauvage, chimiste de Poulenc qui y assista, sur Mariano Ancon, peintre ami d'Eugène Canseliet et Julien Champagne, sur Henri Steineur, compagnon de ce dernier...

S'agissant de Champagne, d'ailleurs, Grosse formule une hypothèse que je trouve bien intéressante, et qui gagnerait à être davantage étayée: Julien se serait fait passer volontairement pour Fulcanelli afin de brouiller encore les pistes menant à l'Adepte.

Et puis à la fin de son opuscule si instructif, comment ne pas être frappé par cet aréopage de Polytechniciens contemporains de Fulcanelli et tous plus ou moins en relation les uns avec les autres, qui se sont également intéressés peu ou prou, voire adonnés à l'alchimie. Voici qui promet je crois, dans la perspective de la suite que Walter Grosse compte dès à présent donner à "Un secret violé."

En complément plus qu'en opposition à ce travail en devenir, ou si l'on veut en contrepoint, je tiens à signaler à l'attention générale la qualité de l'étude de Leo Krugerman, que d'ailleurs Fulgrosse mentionne sur son site: "Une lecture maçonnique des enseignements de Fulcanelli."

 

Oeuvre d'un chercheur d'Uruguay, cette remarquable vision de la pensée de Fulcanelli, dans une perspective maçonnique spiritualiste, mérite d'être elle aussi connue.

 

Rédigée en 2007, elle a été publiée en ligne en 2008-2009 et se trouve donc désormais à la portée de chacun:

http://www.freemasons-freemasonry.com/fulcanelli-indice.html

 

Après s'être demandé si l'identité de Fulcanelli a une importance quelconque, et y avoir répondu manifestement par la négative, Krugerman évoque brièvement les accointances maçonniques et rosicruciennes de la philosophie de l'Adepte, puis se livre à un examen fouillé des diverses facettes de son oeuvre, sans en oublier ni les références à l'architecture, ni celles à l'eschatologie.

 

Mais surtout, il s'attache à définir et illustrer de façon convaincante tous les aspects de la "chimie spirituelle" que constitue en fait l'alchimie fulcanellienne, et sans négliger l'oratoire nous fait bel et bien pénétrer dans le "légendaire laboratoire" de Fulcanelli.

 

leokrugerman.champagne





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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 12:14




Pour  un alchimiste, la vie est une, même s'il n'y a pas qu'une vie. Donc non seulement il n'y a qu'un pas de la vie minérale à la végétale (ou à l'animale), mais la vie minérale est par essence animale et végétale.

Et c'est un chant, la vie, une vibration, picturale, musicale notamment. Nous nous trouvons donc maintenant, me semble-t-il, en situation d'admirer ensemble ce très beau tableau réalisé en 1900 par un certain Julien Champagne.

A cette époque, notre « Hubert » vient de terminer ou est en train d’achever son parcours estudiantin à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris.

Nous voici donc, si j’ose dire plantés devant ce qui est encore une œuvre de jeunesse, même s’il est aisé de constater comme le trait s’est en quelques années considérablement affermi, et combien s’est enrichi la palette.



Heureuse trouvaille par conséquent de la talentueuse galeriste de la rive gauche de la Seine, providentiellement nommée, du moins est-ce mon avis, Marie Watteau :

www.mariewatteau.com
http://pagesperso-orange.fr/marie.watteau/Artistes/Pages/Champagne.htm

On pourra si l’on veut admirer rue de Beaune cette belle œuvre, qui attendait encore acquéreur ces jours derniers.

Et certes Marie qui s’est heureusement pour nous faite une spécialité de la fin du XIXème siècle et du début du XXème ne l’a pas dénichée par hasard, puisqu’elle cherche précisément depuis quelque temps à acquérir des dessins ou peintures de Julien, passionnée qu’elle est par le génie de l’auteur du Vaisseau du Grand œuvre (1910). Auteur qui rappelons-le tout de même figure au Bénézit.


Sur cette toile que pour notre part nous avons pu contempler grâce à l’obligeance et à la gentillesse également expertes de Sophie de Saint Phalle, collaboratrice de Watteau, nous ne disposons hélas que de peu d’informations: "Intérieur d'une serre" serait le nom de ce tableau de 54x73cm.

En effet, son dernier propriétaire en date semble ne pas avoir été conscient de la personnalité de Champagne.

Pour autant, et même si le peintre n’a pas apposé au verso de sa toile son cachet de prédilection : « Julien Champagne, artiste peintre », tout simplement peut-être parce qu’il n’en disposait pas à l’époque, sa signature, que nous reproduisons ici en positif et en négatif, et qu’il a fait suivre comme ailleurs parfois de l’année de sa création, témoigne suffisamment à mon sens du fait que nous avons devant nous une œuvre authentique, et jusqu’alors inconnue.

Mais me direz-vous où peut bien se trouver cette belle serre, ce jardin tropical ou jardin d’hiver dont la mode au tournant des deux siècles précités s’était déjà largement affirmée ? Je parierais volontiers pour la région parisienne, qui était après tout la région de prédilection de Jean-Julien.


Et je me plais à penser que nous pourrions nous trouver tout simplement au Muséum d’histoire naturelle de Paris, si cher au grand savant que fut Eugène Chevreul, lequel lui légua d’ailleurs sa collection de livres d’alchimie. Chevreul, qui fut par ailleurs un ami aîné de Fulcanelli.

Mais puisque nous voici en train de remonter dans le temps, je voudrais presque conclure mon petit pensum du mois courant en offrant à Marie et Sophie, en manière de remerciement pour nous avoir obligeamment signalé et fait admirer cette superbe découverte, une reproduction d’un tableau de 1880, cette fois, et qui est une œuvre « orientaliste » de Luc-Olivier Merson.

Convenons ensemble que cette vision qu’il nous propose de la fuite en Egypte de la Sainte Famille est pour le moins inhabituelle.

Luc nous présente donc une vision symbolique ou symboliste, comme on voudra, de cet épisode biblique. Vision qui au demeurant ne nous surprend que partiellement, après notre lecture des quelques lignes que lui consacre Eugène Canseliet dans son édition du Livre Muet.




« Le sphinx protège et domine la science », proclame pour sa part le frontispice fulcanellien du Mystère des Cathédrales, dessiné par Julien Champagne dès 1910.

Et quelle magnifique illustration, également, du caractère œcuménique de la science et de la religion alchimiques !

Je terminerai donc ce petit laïus en vous signalant une œuvre musicale originale de notre cousin du Québec Christopher Cousineau, dont l’Electric Chamber Orchestra s’inspire très régulièrement de l’œuvre de Fulcanelli et de celle de Julien Champagne:

http://www.myspace.com/thecrucibleece

Je trouve qu’elle complète d’heureuse façon ce petit tour d’horizon conjoncturel de l’Art, des arts et de leurs artistes, puisqu’elle s’intitule tout simplement La danse de Sophia :

« La vie, ça se danse. »



pcc ARCHER

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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 21:04


Ou 1908 de Champagne, puisque cette année-là "Hubert" parachève un traité d'alchimie, intitulé tout bonnement La Vie Minérale, écrit resté à ce jour non publié, et dont nous vous présentons donc, en ce jour de la Trinité, quelques extraits du début et de la fin.

C'est je crois pour l'instant la seule preuve évidente d'un intérêt précoce du peintre et dessinateur pour la science hermétique, même s'il est réputé avoir rencontré Fulcanelli dès 1905, et être passé en 1910 à son service. 1910, moment où il produit ses premières illustrations pour le Mystère des Cathédrales, année également où il réalise sa superbe composition du Vaisseau du Grand OEuvre...

Et puis voici enfin un Julien Champagne dont il est désormais impossible de prétendre qu'il fut un vulgaire copiste de traités anciens, pour ne pas dire un plagiaire ou pire encore. Comme pour l'heure nous ne savons rien de la genèse de ce manuscrit, en dehors du fait qu'il ne comporte pas d'illustrations, ce qui pourra sembler notable, et qu'il fut relié à une époque indéterminée, nous ne pouvons nous prononcer sur les motivations qui furent celles de l'artiste et alchimiste: Accession à un voeu exprimé par Fulcanelli?


Quoiqu'il en soit, l'essai de Julien Champagne se présente sous les auspices du clacissisme le pur, comme en témoigne son sous-titre...en caractères gothiques: Etude de Philosophie Hermétique et d'Esotérisme Alchimique. Voici bien une dénomination qui nous rappelle en outre fortement celles choisies pour leurs écrits par Fulcanelli et Eugène Canseliet.

Naturellement, Hermès, dieu éponyme des Philosophes, s'impose à notre attention d'entrée de jeu: "Revenez à vous même, vous qui marchez dans l'erreur, qui languissez dans l'ignorance; éloignez-vous de la lumière ténébreuse."

Puis aussitôt, et ceci me semble être très fulcanellien d'inspiration, il cède place à un savant plus proche de nous, l'illustre astronome et mathématicien Pierre-Simon Laplace (1749-1827), dont je vous laisse découvrir la leçon toujours actuelle de constante ouverture d'esprit et de soigneuse humilité, ainsi que de recours vigilant à une expérimentation qui reçoit également les faveurs de la pratique alchimique.


C'est le même Laplace, aujourd'hui réputé avoir déclaré à l'empereur Napoléon 1er qu'il n'avait que faire de l'hypothèse de Dieu, qui affirmait pourtant:

« Une intelligence qui, à un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée, la position respective des êtres qui la composent, si d’ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ces données à l’analyse, elle embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l’univers, et ceux du plus léger atome. Rien ne serait incertain pour elle, et l’avenir comme le passé seraient présents à ses yeux. »

A sa suite, ne soyons certes pas surpris de trouver, appelé à la rescousse de ses références concordantes par un Julien Champagne décidémment plus érudit qu'on ne le croyait, et cette fois dans le rôle de l'épistémologue, le génial visionnaire que fut aussi l'auteur du roman Notre-Dame de Paris, "écrit tout entier sous le charme de l'alchimie."


Puis l'auteur fonde très vite le début de son témoignage sur un certain nombre d'auteurs qui tous font partie du corpus traditionnel de l'alchimie occidentale: Artephius, Flamel, Philalèthe, Valentin entre autres figurent bien au nombre de ces "textes classiques" qui sous-tendront plus tard tout un traité d'Eugène Canseliet.

Mais si Champagne leur fait explicitement obédience, leur rendant un hommage mérité pour avoir perçu l'unité profonde de la matière, c'est qu'il s'est longuement appliqué à vérifier la véracité de leurs dires:

"Comme eux j'ai pu, à force d'étude, d'expériences laborieuses et de persévérance, me pénétrer de cette idée qu'un principe unique et primitif devait, en se diversifiant par évolutions et transformations successives, demeurer le véritable et seul créateur de toutes les substances du macrocosme." Celui qui s'exprime ainsi est bien devenu philosophus per ignem.


Champagne reviendra d'ailleurs sur cette même idée dans les toutes dernières lignes de son opuscule, qui cher Vérax comporte tout de même une bonne centaine de pages:

"Concentrer l'Energie minérale sous une Forme capable d'opérer la transmutation métallique; enchaîner l'enseignement philosophique aux opérations manuelles; rendre manifeste et tangible ce qui est occulte par les voies simples de l'expérience, tel est le but de la Science Hermétique."

Et de témoigner de sa certitude profonde que cet idéal est accessible, et fut atteint par nos anciens Maîtres: "Les Alchimistes, en se basant sur elle, ont atteint ce prodigieux sommet; ils ont cueilli - après combien d'efforts - la Rose Mystérieuse."



"Quelle splendide figure, remarquera Fulcanelli à propos de l'alchimiste de Notre Dame, que celle du vieux maître, qui scrute, interroge, anxieux et attentif, l'évolution de la vie minérale, puis contemple enfin, ébloui, le prodige que sa foi seule lui laissait entrevoir!" (Mystère des Cathédrales).

Et dans les Demeures Philosophales: "L'activité vitale, très apparente chez les animaux et les végétaux, ne l'est guère moins dans le règne minéral, bien qu'elle exige de l'observateur une attention plus aiguë. Les métaux, en effet, sont des corps vivants et sensibles...

Qu'est-ce que la dilatation et la contraction, sinon deux effets du dynamisme métallique, deux manifestations de la vie minérale? Pourtant, il ne suffit pas au philosophe de noter seulement l'allongement d'une barre de fer soumise à la chaleur, il lui faut encore rechercher quelle volonté occulte oblige le métal."


Voici sans doute pourquoi Julien insiste tant en définitive sur la nécessité de "l'observation constante, persévérante et raisonnée des phénomènes biologiques."

Je viens d'apprendre que Fabrice Bardeau est passé il y a quelques semaines. Naturopathe de profession, il fut aussi et peut-être d'abord alchimiste.

Nous lui devons en particulier nombre de volumes dignes d'intérêt, tels Les clefs secrètes de la chimie des Anciens (Laffont, 1975 et 1992) et la présentation d'une curieuse édition par Savary de l'Alchimie de Flamel du chevalier Denis Molinier (1989).



Dans son Présence de Fulcanelli, Artero rappelle qu'en 1978, Fabrice Bardeau participa à la défunte librairie parisienne La Table d'Emeraude à une alchimique conversation dont Eugène Canseliet fut un autre des acteurs.

Pour Eugène, on pouvait dire aussi à cette époque que l'alchimie connaît une sorte de renouveau, de renaissance. De ce renouveau et de cette renaissance, Fabrice, nous te sommes en partie redevables.

Bonne route sur ton nouveau chemin, et que notre Bonne Déesse t'ouvre tout grand ses bras secourables non moins que  maternels.

 

fabricebardeau.champagne




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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 12:19


En ce lendemain de la sainte Estelle, je me propose d'invoquer devant vous une Sainte Trinité réputée hérésiarque, dont mes deux filles ont pu voir une représentation à l'actuelle exposition parisienne au titre si alchimique: Une image peut en cacher une autre (Grand Palais, catalogue RMN, 2009).

Cette figuration, due à un anonyme du XVIIIème siècle allemand, me semble exemplaire de la manière dont, du Moyen Âge à la Renaissance, l'unité de la personne divine fut illustrée, dans les Alpes notamment, et devenue des plus rares pour cause d'ostracisme ecclésial, est au cas particulier visible à l'ordinaire au musée autrichien Charles-Auguste (Volkskundemuseum) de Salzbourg.

"Isis, Cérès, Cybèle, trois têtes sous le même voile", nous explique Fulcanelli à l'orée de son Mystère des Cathédrales. Or je voudrais remarquer ici, sans aucunement vouloir blasphémer, que nous retrouvons cette trinité voilée dans le "mystère Fulcanelli" lui-même: Fulcanelli, Julien Champagne, Eugène Canseliet.

Quant à la trinité alchimique, Eugène Canseliet est peut-être celui qui s'est exprimé, sinon complètement, du moins le plus clairement, dans ses Deux Logis Alchimiques:

"RUACH ELOHIM est l'Esprit de Dieu, sans lequel les opérations hermétiques ne se différencieraient pas des manipulations couramment effectuées par les chimistes dans les laboratoires...

Emanation du Père, l'Esprit permet à l'homme, qu'il collabore intimement avec le Tout-Puissant, dans la création microcosmique dont la matière vierge (mater sive materia virgo) est le chaos originel. De là naît la trinité..."Les trois sont admirables, Dieu et l'homme, la mère et la vierge, triple et un."

Et d'ajouter, cher Hervé This, que "seule peut permettre la réalisation philosophale, en apparence chimérique, l'identité de la matière et de l'esprit."


Pousuivant donc notre petite enquête sur la famille de Champagne, nous en arrivons à cette curieuse photo de son grand-père paternel, qu'il semble avoir tant chéri, qu'il s'agisse de Jean-Alexandre Champagne (1815-1889) ou d'Alfred Alphonse Champagne.

La question suivante est naturellement: Pourquoi? Et pourquoi cet imposant vieillard nous est-il arrivé ainsi, sous la forme d'un cliché qu'on dirait pris dans un de nos modernes "photomatons"?

Encore une fois, quel rapport particulier "Hubert" at-il entretenu avec cet aïeul?

Nous avons déjà rencontré récemment le père et la mère de Julien:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-24607594.html

Ils sont ici accompagnés d'un Loulou meilleur ami de l'homme que leur fils aima tant à dessiner, comme en témoignent ses carnets de croquis.

Mais quel fut le rôle exact, s'il y en eut un, du papa de Champagne, Alphonse Hubert (1854-1922) qui fut cocher, dans sa rencontre ô combien importante avec la famille Lesseps? Walter Grosse affirme que tel fut bien le cas.



Quant à sa maman, Pascaline Julienne Antonine Quinot (1854-193?) elle figure, cher Quinze, sur cette nouvelle photo en compagnie de sa fille Reine, de dix ans la cadette de Julien, et du mari de cette dernière.

Sur ce dernier, qui n'est autre que Gaston Devaux, nous allons revenir un peu plus avant. Mais je voudrais d'abord constater avec vous que la pièce d'état-civil ci-dessous établit clairement que Renée, comme on l'appelle aussi plus couramment, a officiellement porté un prénom légèrement différent.

Walter Grosse, déjà maintes fois cité, et dont le livre sur Fulcanelli nous est annoncé d'ici à l'été, a donc eu encore une fois raison sur ce point: Dans les familles du début du XXème siècle, et dans celle de Champagne en particulier, on a eu le patronyme singulièrement balladeur.


Mais voici Reine ou Renée (1887-1955) sur un autre cliché, qui cette fois-ci émane tout simplement de son passeport. Son affection pour son peintre de frère fut telle, nous l'avons déjà vu, qu'elle se fit le porte-parole de ses ultimes volontés:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-4464119.html

Et pour ce faire elle n'hésita pas à s'ouvrir de ces dernières auprès d'un René Schwaller, enclin pour des raisons déjà évoquées maintes fois à subventionner la sépulture de son ami défunt, ce qui une fois de plus réduit à néant les assertions selon lesquelles ce dernier se serait rendu coupable à son égard d'un quelconque larcin, ou de quelque malversation que ce soit.


Or, aux temps pas si lointains où Renée ou Reine Devaux devait signer son passeport pour se rendre dans un autre pays d'Europe, nous apprenons que celle qui fut, vraisemblablement comme son mari, institutrice dans la Somme, à Raincheval, s'est rendue en Angleterre, peu après le milieu des années 1920.

Fut-elle seule ou accompagnée, dans ce voyage, dont nous ignorons l'objet?

En tout cas il me paraît qu'il est intervenu entre la publication du Mystère des Cathédrales, et celle des Demeures Philosophales, autre ouvrage de Fulcanelli.


Et nous en arrivons au mari de Reine, Gaston Devaux (1881-1969), beau-frère donc de Julien Champagne, dont il épousa la soeur en 1910, l'année même où "Hubert" passa au service de Fulcanelli, Devaux qui n'est nul autre que le secrétaire présumé du dit Fulcanelli:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-5039674.html

Dès avant la publication de l'édition originale du Mystère, il semble bien, si l'on suit Robert Amadou, et même Eugène Canseliet, que ce dernier n'eut plus d'autre contact avec Fulcanelli, à partir du début des années 1920, et postérieurement bien sûr à la transmutation de Sarcelles en 1922, que par le truchement de Devaux.

Ce dernier paraît d'ailleurs avoir également servi de boites aux lettres avec Julien Champagne, si je ne me trompe pas, notamment vis-à-vis de René Schwaller. Quoiqu'il en soit, voici à ma connaissance la première photo publiée de cet homme des plus mal connus.



Mais pour cette fois terminons-en avec une publication des plus récentes, celles de l'essai si bien écrit et au titre si alléchant d'Hervé This: La sagesse du chimiste (L'oeil neuf, 2009).

Le distingué physico-chimiste nous y apparaît animé des meilleures intentions du monde, et puisqu'il est aussi, non seulement gourmet, mais gastronome, à ce qu'il apparaît, concédons-lui d'emblée que son petit livre est littéralement truffé ou si vous préférez entrelardé de réflexions subtiles, elles-mêmes étayées de faits des plus concrets.

Las, de cette charmante lecture, nous retirons l'impression très nette qu'il hésite à trancher entre ceux qu'il nomme les chimistes fous et les chimistes sages. Pire peut-être, il nous est apparu qu'il tend à confondre, peut-être intentionnellement, les uns et les autres. Et à ranger les alchimistes plutôt parmi les premiers...


C'est ainsi qu'après avoir admis très volontiers que le chimiste est sage, quand il sait l'histoire de sa science, nous lisons un peu effaré, il est vrai, que pour lui "le chimiste sage sait que sa science plonge ses racines dans l'alchimie, où la folie côtoie la sagesse." Mais en fait on s'aperçoit assez vite que dans son esprit, la science est d'invention récente...

Et plus précisément de Lavoisier et du XVIIIème siècle, pour ce qui concerne l'ancienne philosophie naturelle ou physique. Donc This en dépit de ses affirmations nous apparaît bien tout ignorer de l'Alchimie, dans son opuscule par ailleurs si intellectuellement stimulant.

Et c'est sans doute bien dommage, car cette Science aurait pu aider Hervé à répondre à cette question qu'il se pose à bon escient: "Serait-il fou de croire à une énergie vitale d'une nature qui échapperait à la chimie?"


Ou à cette autre: "Le chimiste est-il sage, quand le propre de sa science est la transformation de la matière?"



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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 17:39


En ce lundi pascal, souffrez que nos pensées s'envolent vers les familles Champagne et Canseliet, qui ont toutes deux tellement souffert de l'apostolat hermétique dévolu à Julien et Eugène.

A Isabelle Canseliet je dédie tout spécialement cette rose fraichement coupée, dont en 1896 Julien s'essaya à coloriser le dessin, ainsi que le montre une partie de son carnet aimablement communiquée par Xavier.

Isabelle nos prières elles aussi vont vers vous, vous que votre père élut en vue de la publication peut-être toujours possible de ses carnets de notes alchimiques, "selon que c'est justice", n'hésita-t-il pas d'ajouter.


La justice des hommes, parfois rien moins qu'humains, étant ce qu'elle est et ce que nous savons, sans doute pensait-il avant tout à une autre justice, celle là immanente.

Une justice qui étant celle de Dieu ne pourra que se manifester un jour ou l'autre, et le plus tôt à mon avis sera le mieux.

Vers ses dix-neuf ans, donc, Julien Champagne, qui a déjà sans doute commencé d'oeuvrer en alchimie, poursuit également ses travaux de peintre et de dessinateur, futur "maître du pinceau et du crayon", comme en témoigne probablement cet aimable portrait d'une demoiselle Tortolani dont il est permis de penser qu'elle fut de ses parages.


De façon certes nettement plus austère, "Hubert" se lance aussi dans des études anatomiques qui en ce temps là faisaient indubitablement partie des figures imposées d'un cursus classique.

C'est ainsi que de la royale basilique de Saint-Denis, probablement visitée avec les meilleures intentions du monde, il tire ce saisissant croquis du gisant du roi français Henri II, réalisé au XVIème siècle par nul autre que Germain Pilon.

Et de la reine Anne de Bretagne (et de France) cet autre magnifique aperçu, cette fois d'après un compagnon mal identifié de l'italien Jean Juste, aperçu qui fut peu ou prou créé à la même époque que le précédent.


Comment pourrait-on évoquer ainsi, de façon apparemment morbide, la putréfaction de la chair qui nous est à tous échue, que nous appartenions au vulgum pecus ou à la société que l'on dit haute, quand on n'aurait pas, chevillée à l'âme et au corps, foi en la résurrection?

Et aussi comment ne pas relever dans le même temps le caractère quasiment prémonitoire de ces deux esquisses, quand on connaît à présent le travail postérieur sur les mêmes monuments qui fut celui d'un Pierre Jahan, illustrateur photographique de Fulcanelli comme Champagne l'a été - et l'est - par la gouache?

Mais bien sûr ici la synchronicité va bien au delà, puisque Saint-Denis abrite les tombeaux des Valois, si chers à Pierre Dujols et à Fulcanelli, et que "la duchesse en sabots", comme on surnomma la reine Anne, est à Nantes comme à Saint-Denis entourée des quatre vertus cardinales que devait un peu plus tard reproduire Julien Champagne.


"Cueur de vertus orne dignement couronne", Anne dixit.  Ainsi en est-il encore, exactement, en alchimie.

La famille de Juste étant italienne, on pourra sans doute interpréter comme un autre intersigne le fait que la même année Julien Champagne se soit inspiré d'un très printanier portrait de jeune fille dans une autre de ses épreuves, inspirée celle là de l'école de Luca della Robbia (XVème siècle).

Déjà présente à Nantes, l'école italienne, si importante dans l'étude des vertus en particulier, s'affirme ainsi comme celle qui témoigne le mieux du passage du temps du Mystère des Cathédrales à celui des Demeures Philosophales.


De retour en 2009, nous avons ouvert avec quelque espoir l'Histoire de l'Alchimie d'Alain Queruel (Trajectoires, Piktos). Cette espérance n'est pas totalement déçue.

En effet, l'auteur, qui a exercé des responsabilités dans l'industrie chimique, et enseigne dans ce domaine, nous brosse en généraliste un "survol" de l'Art Royal qui a le mérite à la fois de situer la Science dans ses diverses époques et courants de pensée, sans se limiter à une approche franchouillarde, et de donner sur les derniers siècles (XIXème et XXème)  un résumé qui inclut sans barguigner Cyliani et Chevreul, Berthelot, Fulcanelli et Canseliet.

Hélas, cent fois hélas, l'alchimie n'est définie qu'à la fin, de façon juste mais pauvre (obtention de la pierre philosophale) et outre les erreurs ponctuelles sur lesquelles je m'empresse de passer, l'appréciation portée dans l'ensemble ne s'écarte guère des idées erronées en vogue: Les alchimistes se sont présumément heurtés à "l'échec de la transmutation."


Les mauvaises langues, constatant que Queruel a également publié un De l'alchimie du Moyen Age à la chimie moderne (Massanne, 2007) et un Découvrir la franc-maçonnerie (Eyrolles, 2008) en concluront peut-être que nous assistons ici à la nième tentative, comme les autres destinée à rester infructueuse, de promouvoir l'alchimie spéculative aux dépens de l'opérative.

Et ce alors, s'esbaubiront certains, y compris dans les Loges, que l'alchimie opérative a été pratiquée par nombre de francs-maçons, et in situ,  au moins jusqu'au XIXème siècle.

Mais s'agissant de Julien Champagne - et dans ce blog - je ne peux pas ne pas relever l'énormité qui consiste à colporter la légende de l'emprunt à René Schwaller du prétendu manuscrit, qui aurait été écrit par ce dernier, de la première oeuvre connue de Fulcanelli, pour ensuite déclarer tout tranquillement: "Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Champagne a continué à recevoir des subsides de Schwaller." Evidemment et nous le savons bien la réalité est ô combien différente.


De cet ouvrage récent sur l'alchimie, dont je m'en voudrais de ne pas relever cependant qu'il reste de lecture agréable, passons à un livre d'alchimie, que vient de nous procurer une amie. L'Esprit dans la Philosophie Hermétique de Fulcanelli (2008) se présente en outre comme une édition privée, ce qui nous permet à nouveau de souligner la vivacité et le caractère à la fois souterrain et contemporain, en même temps que traditionnel, de la littérature alchimique.

Ce bref opuscule réservé aux "Amateurs de Science" se présente en fait comme un ensemble d'extraits du Mystère et des Demeures, qui tous sont relatifs à l'Esprit. Nous sommes donc bien ici dans une démarche d'étude de la théorie alchimique, sur un sujet capital, puisque l'alchimie est une chimie spirituelle.

Je me bornerai à en rapporter deux citations, la première et la dernière: "L'art gothique est l'art de la Lumière ou de l'Esprit." (Mystère) et "L'évangile solaire traduit ésotériquement le trajet de l'astre et celui de ses rayons, revenus à leur premier état de splendeur. Il marque le début d'une ère nouvelle, l'exaltation du pouvoir radiant sur la terre régénérée et le recommencement de l'orbe annuel et cyclique." (Demeures)


Arrivés à ce stade, nous nous sentons comme obligés de  remarquer que le ou les auteurs de L'Esprit tangentent le troisième livre, à ce jour non publié, de Fulcanelli: La Fin de la Gloire du Monde.

Nous croyons toujours que le Finis Gloriae Mundi a existé ou existe, et nous nous sommes laissés dire il n'y a guère que quelqu'un de crédible affirme l'avoir lu. Des passages de ce livre pourraient d'ailleurs bien figurer dans Les douze Clefs de Basile Valentin, telles que publiées par Eugène Canseliet, et dont certaines notes, de bas de page ou autres, et entre autres sur Cimiez, paraissent issir de la blanche "patte"  de Fulcanelli.

Mais puisque l'Alchimie est aussi l'Art de Musique, quittons-nous pour cette fois sur cet admirable couple de violoneux, croqué toujours en 1896 par un Julien Champagne qui ne l'oublions pas fut aussi violoniste, pianiste...bref, totalement artiste.



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