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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 15:57

yardleytranche.champagne
Nous avons certes déjà rencontré Julien Champagne en copiste:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-2131079.html

A-t-il écrit lui-même un traité d'alchimie? Nous le saurons peut-être "un jour ou l'autre." En tout cas, le voici, en 1912-1913, tout occupé de traduire et de présenter un ouvrage peu connu de science hermétique: le manuscrit Yardley, joignant d'ailleurs à son travail une notice bibliographique extraite du catalogue N°5 de son ami et vraisemblablement employeur Pierre Dujols (mars 1913).


Sans doute n'est-il pas anodin de relever, grâce à Vérax,  le fait qu'à cette époque, il connaît déjà Fulcanelli depuis plus d'un lustre et a quelques années auparavant réalisé pour lui divers tableaux et gravures, dont le frontispice du Mystère des Cathédrales, publié dès 1912 dans un catalogue de la librairie Chacornac:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3308771.html



Un Fulcanelli d'ailleurs très anglophile, puisque les seules "demeures philosophales" non françaises faisant dans ses ouvrages l'objet d'illustrations de Champagne sont à l'heure actuelle précisément britanniques.

Et un Fulcanelli ami de "l'illustre Berthelot", Julien dixit, lequel pour s'entourer de conseils avisés sur son travail vraisemblablement destiné à l'édition fait appel à un élève de l'auteur de L'origine de l'Alchimie, le comte de Belfort de la Roque, qui je l'avoue est pour moi un parfait inconnu à l'heure actuelle.

Quant à madame Paul Vulliaud, Annie Sullivan, dont du même coup nous apprenons que Julien Champagne en fut un familier, au point de la consulter également, elle ne nous avait jusqu'alors laissé de souvenir que par le truchement de son époux, auteur notamment du Cantique des cantiques (1925) et de La fin du monde (posthume, 1952).


Pour en venir à ce fameux manuscrit Yardley, il nous est impossible de ne pas relever également le fait que Fulcanelli le mentionne au chapitre "alchimie et spagyrie" de son second livre hermétique:

"Parmi les archimistes ayant utilisé l'or pour l'augmenter, à l'aide de formules qui les conduisirent au succès, nous citerons Yardley, inventeur anglais d'un procédé transmis à M. Garden, gantier à Londres, en 1716, puis communiqué par M. Ferdinand Hockley au docteur Sigismond Bacstrom, et qui fit l'objet d'une lettre de celui-ci à M. L. Sand, en 1804."

Fulcanelli en profite d'ailleurs pour préciser, en "footnote", que le docteur Bacstrom fut affilié à la Société hermétique fondée par l'Adepte de Chazal, qui habitait l'île Maurice, dans l'océan Indien, à l'époque de la Révolution française.


Or Bacstrom (1750?-1805) est un alchimiste bien connu, au moins en Angleterre et comme disait Eugène Canseliet de tous les "Anglais d'Amérique" et d'ailleurs.

Son Anthologie alchimique en particulier a été publiée dès 1960 (à petit tirage, certes) et régulièrement rééditée depuis, et reste disponible pour le public anglophone:

http://ramsdigital.com/author/Bacstrom.html

Et si on veut bien accorder crédit à la notice biographique ci-dessus, il paraît évident qu'il ait détenu entre autres manuscrits alchimiques une oeuvre de John Yardley.




Une partie au moins de la collection Bacstrom de manuscrits alchimiques fut au siècle dernier acquise par l'hermétiste nord-américain Manly Palmer Hall, et il semble bien que celui de Yardley ait été du nombre:

http://www.alchemywebsite.com/almss16.html

Né au Canada, Manly P. Hall (1901-1990) est d'ailleurs un auteur réputé outre-Atlantique où il a notamment fondé en 1934 une société hermétisante, voire alchimisante: la Philosophical Research Society (PRS).

http://en.wikipedia.org/wiki/Manly_Palmer_Hall
http://prs.org/mphbio.htm

Son ouvrage le plus connu reste un texte de jeunesse, The secret teaching of all ages (1928).

http://www.sacred-texts.com/eso/sta/index.htm

En 1976, il a cependant aussi publié Orders of the Great Work, qui est sans doute son titre le plus alchimique:

http://www.amazon.com/Orders-Great-Work-Alchemy-Manly/dp/0893145343



En 1986, la PRS a rassemblé en volume les livres et manuscrits alchimiques de la collection Hall. Le manuscrit Yardley y figure bien et compte tenu de l'orthographe du nom de son auteur occupe même la dernière place du catalogue, dont je vous livre "ex abrupto" le détail de la notice:

"The processes of Mr. John Yardley of Worcester:

This is a series of recipes for the "acuation" of mercury, represented as the principal and fundamental step in the transmutation of metals. The idea proceeds "from the foundation of the Process of the celebrated Irenaeus Philatheta and Philatheta Philoponus, "as discovered by John Yardley, "a glover of Worcester, communicated by him in a Letter in the year 1716."

After many failures in experiments, starting from his youth, Yardley finally abandoned the use of animal and vegetable substances for work only with the strictly metallic. He concludes:

"All what I write here is certain and true, and has often been done by me, and I can say, that it has been given to me by the Giver of every Good and perfect Gift."

Nothing else is known of the glover of Worcester. He is mentionned in one of the Bacstrom papers in the Mellon collection."


Grâce à la charmante et érudite libraire parisienne Florence de Chastenay, nous avons pu vérifier récemment l'exactitude de la citation d"Hubert."

Dans sa thèse de doctorat tirée à petit nombre, René Allendy fait montre d'une science certaine, s'agissant notamment des symboles alchimiques figurant à l'entrée de Notre-Dame de Paris. C'est à Guillaume de Sildy, un des architectes de la cathédrale, précise-t-il, qu'on en serait redevable.

Mais voici la suite de la citation concernant le document Hockley, qui elle non plus ne manque pas de sel:

"Il est dit dans ce document que la Société (de la Rose-Croix) existe depuis plus de deux siècles et demi, c'est-à-dire au moins depuis 1540; qu'elle se sépara de la franc-maçonnerie avec laquelle elle était d'abord unie.

On lit, dans ce document, que les membres de la R.-C. avaient l'obligation de tenir leur Société secrète, d'initier avant leur mort un ou deux disciples, hommes ou femmes, de garder une apparence pauvre, de fuir la renommée, et de faire la charité secrètement."



Si Julien Champagne avoue modestement s'être fait aider sur le strict plan linguistique, il n'en demeure pas moins que la qualité proprement alchimique du manuscrit recopié et traduit lui a semblé suffisante à lui aussi pour justifier de sa part un labeur des plus significatifs.

Que nous dit-il d'important à ce sujet dans sa brève, voire laconique introduction? Pour lui, il est indéniable que Yardley a connu le processus du Grand OEuvre dans son entier.

Je remarquerai ensuite qu'il conseille pour profiter de la lecture de ce texte de s'être imprégné au préalable, et même d'avoir "confronté" entre eux les philosophes ou alchimistes classiques.

Il affirme encore qu'il manque ici (comme souvent) deux points essentiels: le début et la fin. Enfin, il estime que "le mercure commun est le sujet initial de la pierre des philosophes."



Quant aux procédés de Yardley, dont hélas je ne puis dans le cadre de ce court article vous présenter qu'un aperçu des plus elliptiques, je remarque surtout qu'après avoir lu tous les auteurs, il a principalement conclu de ses nombreux échecs préalables ce qui suit:

"Ayant été dans ma jeunesse un fervent d'expériences chimiques, lesquelles ne m'ont pas servi à grand-chose, j'ai trouvé enfin que l'OEuvre fondamentale ne pouvait être accomplie, relativement à l'amélioration des métaux, qu'en des choses d'espèce et de nature métalliques, parce que par et dans les métaux les métaux doivent être perfectionnés."




Avant d'en terminer, en ce jour béni de la sainte Lucie, je m'en voudrais de ne pas signaler "à la foule nombreuse" des curieux de l'Art une nouvelle et heureuse initiative des éditions Arqa de Thierry Emmanuel Garnier, lesquelles après avoir édité cette année le livre de mon ami Jean Artero sur Fulcanelli viennent de clore le cycle calendaire et astral sur un coup d'éclat, qu'il convient de saluer comme il se doit.

Quelle bonne idée, en effet, que celle d'offrir à nouveau aux amateurs et aux étudiants le texte souvent méconnu d'André Savoret, ami d'Eugène Canseliet, sur l'alchimie!

Publié en 1947, peu après les Deux logis du "Maître de Savignies", il n'a été repris jusqu'alors qu'en recueil (Alchimie, Albin Michel, 1978, et Dervy, 1996).

http://thot-arqa.org/boutique/boutique.html



Pour le druide Savoret, rappelons-le hinc et nunc, "l'alchimie vraie, l'alchimie traditionnelle, est la connaissance des lois de la vie dans l'homme et dans la nature et la reconstitution du processus par lequel cette vie, adultérée ici-bas par la chute adamique, a perdu et peut recouvrer sa pureté, sa plendeur, sa plénitude et ses prérogatives primordiales:

Ce qui, dans l'homme moral s'appelle rédemption ou régénération; réincrudation dans l'homme physique; purification et perfection dans la nature, enfin dans le règne minéral proprement dit, quintessenciation et transmutation."



Hélas finalement - good news, bad news - je viens d'apprendre qu'une de nos trop rares alchimistes contemporaines, et j'ai nommé Tanya, vient de quitter le plan terrestre.

Françoise Burel, des éditions Ramuel, puiqu'il s'agit de toi et de tout ce que tu as fait pour l'alchimie, je te dédie cet articulet.

http://www.ramuel.com/

Et notre poète alchimiste de service (j'ai nommé Joker de Carreau) ne m'en voudra pas j'espère si je dépose encore aux pieds de Tanya cette rose bleue de sa composition, des plus naturelles et à la fois des plus surnaturelles:

De tous temps l’Alchimie fut une science divine,
Et aujourd’hui encore, en alcôves secrètes,
D’anonymes artistes, sans qu’on ne le devine,
Font éclore des pierres une Lumière discrète.

http://ora-et-labora.frenchboard.com/alchimie-sujets-varies-f10/alchimique-attitude-t64.htm

Un abrazo, Tanya et joyeux Noël à chacune et à chacun d'entre nous.



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Published by ARCHER - dans archer
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commentaires

Fr .G de R 09/09/2009 21:26

Trés cher Archer,J'ai une copie du procédé de Yardler du wellcome institute, dans lequel il nous dit qu'il n'est jamais aller jusqu'a la voie universel, mais c'est contenté de de la voie particuliére la question est donc aurait il eu un résultat ? Fulcanelli nous dit non, et sans doute d'experience....je me permet d'indiquer que le Getty institute a mit en pdf accessible au publique trois manuscrits alchimiques de la collection Manly P. Hall, un de S. Bacstrom et un de Cagliostro inconnu que vous pouvez consulter à:http://www.archive.org/search.php?query=creator%3A%22Hall%2C%20Manly%20P.%20(Manly%20Palmer)%2C%201901-1990%22(merci à monsieur
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Tracey SchusterHead, Special Collections and Visual Resources Reference of
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}

Getty Research Institute de m'avoir prévenu)pour vous consolez de ne pas avoir la copie du beau manuscrit de la traduction du procédé de Yardler   ;)

ARCHER 20/09/2009 18:16


Cher Fr. G. de R. merci pour ce commentaire, et notamment pour votre lien que je me permets de simplifier quelque peu vers les archives du Getty Institute:

http://www.archive.org/search.php?query=Hall%20Bacstrom

Evidemment il serait intéressant comme vous le sous-entendez plaisamment de pouvoir comparer entre elles les diverses versions actuellement connues du manuscrit Yardley, dont naturellement celle
que vous détenez en provenance du Wellcome Institute.

A mon avis il n'est pas exclu d'ailleurs qu'on y trouve des différences significatives, y compris s'agissant du manuscrit de Julien Champagne, qui attend toujours actuellement le bon vouloir d'un
éditeur.

Quant aux particuliers, je crois qu'il nous faut rester prudents, comme déjà avancé je crois, car si Fulcanelli avance effectivement ce terme à propos de Yardley, il nous explique aussi par
ailleurs que certains de ces procédés se trouvent tout proches de la réalité "philosophique", si bien qu'il se pourrait fort, à mon humble avis, que nous ayions parfois à faire avec certains
d'entre eux à un nième moyen de dissimulation de la véritable pratique alchimique.


limojon 07/08/2009 18:26

la purification du mercure peut se faire aussi selon le procédé d'Orchall qui enseigne que l'animation du mercure peut se faire avec le cuivre .mais je vous signale ce que dit philalethe sur le mercure qui à mon avis est de concéquences : " il contient ( le mercure) en lui même , en effet, un soufre fermentatif dont le plus petit grain suffirait à coaguler le corps du mercure "il faut comprendre que la coagulation se fait en soleil de même que la fixation.si ce grain ne se forme pas par différentes voies il est inutile à mon avis de continuer soit dans les particuliers où dans l'oeuvre .limojon 

ARCHER 08/08/2009 18:47



Limojon votre nouvelle intervention sur le procédé Yardley nous rappelle à point nommé que ces procédés dits aussi "particuliers" car ne découlant pas stricto sensu d'une approche alchimique n'en
méritent pas moins l'attention des chercheurs.


C'est que bien souvent la vérité hermétique s'y trouve cotoyée de si près qu'avec un peu de perspicacité elle pourrait en être dégagée de façon lumineuse.


Un peu comme le soufre du mercure me direz-vous sans doute...


On connaît ainsi la prédilection d'Eugène Canseliet pour certain particulier de Vigenère, et celle de Fulcanelli pour tel procédé d'Orschall:


http://herve.delboy.perso.sfr.fr/Sol_Sine_Veste.html

Procédé que l'Adepte semble avoir d'ailleurs voulu expérimenter lui-même, peu près la fin du premier conflit mondial, alors qu'il se trouvait tout près de la réussite finale.


 


 



JDP 22/07/2009 19:13

Hi Archer,Thank you for that information. It would appear from your transcribed lines, then, that Fulcanelli was right about this, and the Wellcome Institute wrong. Could I trouble you a bit more? Fulcanelli puts Yardley among the experimenters who supposedly managed to successfully carry out "particulars" that increase the amount of gold used. Can you please give me a summary of the process itself? What materials and proportions did he use, what modus operandi, what was the supposed increase of the amount gold used, etc.?

ARCHER 23/07/2009 21:33


JDP je ne peux faire cela pour l'instant, compte tenu d'une publication éventuelle et du fait que je ne suis pas sûr de disposer actuellement de la totalité du texte de Yardley.

En voici cependant une partie du début:

"Ma purification du mercure était parfois obtenue, selon ce qu’enseigne Geber, avec de la chaux vive et sel de tartre, lesquels je mélangeais au mercure et le distillais ensuite per descendum.





D’autres fois, je distillais mon mercure à quatre reprises sur du vitriol calciné en prenant
de nouveau vitriol à chacune d’elles.





J’ai de même nettoyé et exalté mon mercure avec la mixture suivante qui produisit un très noble métal :


…Chaux vive une partie
Vitriol calciné une
…de Mars une
Soufre un quart
Sel de tartre… une demie
Mercure deux





Parties en poids





Le vitriol doit être calciné seulement en poudre grise ; mélangez ces substances peu à peu
par une forte et longue trituration qui doit être observée dans toutes les opérations précédemment indiquées."



JDP 21/07/2009 18:06

Hi Archer,Thanks for your prompt reply. Do you have access to all the English transcription of Yardley's process? If you do, would you mind sharing it? If for some reason you can't share the scans perhaps you could give me some summary of what the process actually is (feel free to email me if you like.) I am interested in determining what exactly is it that Yardley was reputed to have achieved. Fulcanelli claims that his process was an "archimical" particular to increase the amount of gold used, yet what I have read in the description of the manuscript at the Wellcome Institute it says that Yardley was reputed to have found the Philosopher's Stone. This is conflicting information that I would like some clarification for.

ARCHER 22/07/2009 17:57


Hola JDP

“This manuscript is transcribed from an accurate copy of the original letter of Dr Sigismond Bacstrom to Mr Hand.

The original I unfortunately burnt with other Mss in the year 1830 but the accuracy of the
present copy may be depended upon.”

This wrote Frederick Hockley in 1839 in Champagne's text. And he added at some stage:

“The following is the process in Mr Yardley’s own words.”

Considering now the bulk of your question (alchemy versus spagyrics or archimia), hereafter are some hints by Yardley himself:

“A universal way which I have not yet attempted, contenting my self with a particular but
gainful work.”

“All that I here wrote is true and I have done it myself for many years and I may say it was given to me by the Giver of all good gifts.”

“The universal work of  Ripley, Irenaus Philaletha and others are on this foundation.”

Trying to summarize: It seems to me that Yardley was aware of the alchemical process, but that (he knew that) his process is not clearly alchemical.



JDP 21/07/2009 00:57

May I ask where did you get the scans of the transcription of Yardley's process dated London, 1839? I tried getting a copy of them several years ago but the English library that has the original manuscript ended up ignoring my request.

ARCHER 21/07/2009 09:59


Hi JDP

Got the scans from the current owner of this transcription and translation by Julien Champagne.

Champagne's work is at the moment a private property.

Best,