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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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1 janvier 2009 4 01 /01 /janvier /2009 00:01


A chacun et chacune, excellente année 2009, emplie comme il se doit de pantagruèleries, et donc hermétique et alchimique à souhait.

Qu'en particulier Mars et Vénus, vêtus ou non et éveillés ou pas, telle ici cette Vénus endormie, vous soient propices, aux unes et aux autres.  Et que diantre ferait Vénus sans son Mars, et réciproques amants.


En cette saint Jean d'hiver où je commence à rédiger pour notre plaisir à tous, à ce que je veux croire, et peut-être aussi pour l'instruction de certains de nos frères et soeurs, mon petit article actuellement mensuel, je voudrais tout de go réexprimer ma sincère gratitude à David, pour m'avoir récemment remémoré l'existence du spectaculaire recueil La danse de la mort, consacré en 1976 par la Galerie de Seine à Jorge Camacho.

Comme nous avons déjà rendu justice à l'excellent poète et peintre cubain:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3409533.html

je voudrais ce jour m'intéresser avec vous principalement à la substantielle et donc rabelaisienne introduction de René Alleau à ce livret, qui est tout bonnement intitulée Hypnos et Thanatos, ou le Philosophe dans le paysage.


Quand j'ai vu pour la première fois, nous explique Alleau, les tableaux de Jorge Camacho sur ce thème de "la danse de la mort", ce n'est pas l'imagerie macabre du XVe siècle qu'évoqua ma mémoire mais, aussitôt et comme spontanément, l'admirable gravure de Giulio Campagnola (1482-1515): "Le philosophe hermétique dans le paysage"
(1509).

Cette gravure, souvent intitulée également L'astrologue, et reproduite ci-dessus, inspire alors à René les commentaires suivants:


"Le critique allemand G.F. Hartlaub, l'un des mieux informés des relations étroites de la peinture et de la gravure de la Renaissance avec l'alchimie et la "Haute Science" hermétique, ne nous apprend pourtant presque rien sur la signification ésotérique et initatique de ce chef-d'oeuvre (Der Stein der Weisen, München, 1959). Il se borne à le rapprocher du célèbre tableau "Les trois Philosophes" de Giorgione, dont Campagnola aurait gravé sur cuivre des motifs picturaux.

Constatons d'abord, poursuit René Alleau, des faits assez évidents. Après un siècle de mutisme total des ténors universitaires "positivistes" à propos des rapports entre l'ésotérisme hermétique et l'art de la Renaissance, les travaux érudits d'Albert-Marie Schmidt, de Paul Arnold, de François Secret en France, de Van Lennep en Belgique, ont montré de façon irréfutable historiquement et philosophiquement le rôle capital de la "Haute Science" dans la poésie, la gravure et la peinture de cette époque."


Et de se livrer alors à une analyse détaillée de la gravure, que je suis tenté de qualifier de saturnienne et à laquelle je me permets de vous renvoyer sans autre forme de procès, car si elle vaut le détour, mon propos de ce jour se situe...ailleurs.

Dans un premier temps cependant, je noterai avec vous que l'auteur inspiré d'Aspects de l'alchimie traditionnelle eût pu également, mais sans doute a-t-il jugé cela superfétatoire, citer en référence à l'appui de sa thèse ô combien pertinente les travaux de Fulcanelli sur l'art monumental et la statuaire de la Renaissance, comme du Moyen Age d'ailleurs.

Mais surtout, et pour en venir au fait, comment a-t-il pu ne pas relever, ne serait-ce qu'in-petto, la similitude de nom que chacun constatera avec nous, entre Giulio Campagnola et Julien Champagne? Nul doute à mon avis qu'elle eût également frappé ce jeune berger si négligemment appuyé sur un tronc de chêne, mais aussi tellement attentif, n'en doutons pas, à l'enseignement du vieil art.


Dans son savant ouvrage sur Le laboratoire alchimique (Guy Trédaniel, 1981, traduit depuis en italien et espagnol),  Atorène s'est penché assidument sur ce genre de coïncidences, qui sont sans doute autant de clins d'oeil des Parques.

Si ce terrain, assure-t-il, ne s'avère pas très alchimique, ce qui à mon sens serait tout de même à démontrer, il n'en contribuera pas moins à décaler  l'étudiant de la réalité ordinaire. De cette réalité qui quelque part nous retient captifs, ajouterai-je.

Là encore je ne m'appesantirai pas sur la plupart des exemples qu'il prend, et dont Richard Khaitzine vient encore de se faire l'écho dans son récent livre Comprendre l'alchimie (Médiadit, 2008).


Mais tout de même, comment ne pas relever une autre homonymie, celle qui à quelques siècles ou décennies de distance là encore rapproche Eugène Canseliet, ami de Julien Champagne, de Francisco Cancellieri (1751-1826).

Cet autre Transalpin a en particulier, comme notre compatriote, disserté sur l'alchimique  villa Palombara de Rome. Les deux ouvrages datent respectivement de 1806 (Dissertazioni con le bizarre iscrizioni della villa Palombara, Rome)
et 1945 (Deux logis alchimiques, Paris).

Si nous voulons bien nous laisser prendre la main par l'ange de l'intuition, notre récolte n'en sera que plus fructueuse, et on ne pourra qu'être frappés, au demeurant, du fait que comme Cancielleri et Canseliet nous ont surtout légué des oeuvres écrites, Campagnola et Champagne sont d'abord peintres et graveurs. Et ces derniers du moins, si l'on veut bien suivre Alleau et très modestement votre serviteur, sont de surcroît tous deux des artistes hermétiques.


Dans un ordre d'idées voisin, Paul Le Cour cité par Jean Artero dans son ouvrage nouvellement paru Présence de Fulcanelli (Arqa, 2008), estimait déjà que les noms portés par certains hommes semblent avoir été parfois préparés de longue date, par on ne sait quel destin, afin de servir de devise à ceux auxquels ils étaient destinés.

Mais à tout seigneur tout honneur, et puisque voici désormais que Julien Champagne invite lui-même sur son site son compère Giulio Campagnola, disons quelques mots de ce dernier. Nous baptisera-t-il dans l'eau comme Jean Baptiste, ou comme le Christ Sauveur dans le feu?

A l'instar de Julien, Giulio est assez mal connu, disons plutôt d'ailleurs: méconnu. Sur la grande toile du réseau d'Ariane, il est cependant possible de recueillir suffisamment d'informations pour se faire une petite idée de ce que fut sa vie, et son oeuvre:

http://en.wikipedia.org/wiki/Giulio_Campagnola
http://www.spamula.net/blog/archives/000339.html


Je relèverai également quelques unes des études qui lui ont été consacrées, que ce fût totalement (Emile Galichon, Giulio Campagnola, peintre graveur du XVIème siècle, Claye, 1862; Paul Kristeller, Giulio Campagnola, Kupferstiche und Zeichnungen, Cassirer, Berlin, 1907) ou en partie (Georges Duplessis, Les merveilles de la gravure, Hachette, 1869, 1871, 1877, 1882...).

On ne peut pas ne pas être immédiatement frappé au premier abord par le fait que, comme Champagne, Campagnola fut un artiste éclectique, linguiste talentueux, poète, et musicien notamment.

Il existe entre eux un point commun supplémentaire, si j'ai bien compris, qui est que les dessins de l'un comme de l'autre nous sont partiellement parvenus, alors que leurs peintures présentement recensées sont totalement ou presque totalement inexistantes.


Enfin, avant de vous laisser vous en aller, et si possible vous envoler sur les ailes de l'aigle, clairvoyantes et clairvoyants, je souhaite appeler votre attention sur l'influence sur Guilio Campagnola d'un certain Andrea Mantegna, qu'il semble bien avoir pu cotoyer, au demeurant, Mantegna sur l'oeuvre duquel François Trojani nous a gratifié naguère d'une belle étude, à la fois historique, tarologique et alchimique (Suite d'estampes de la Renaissance italienne dite Tarots de Mantegna, ou jeu du gouvernement du monde au Quattrocento, Seydoux, 1985).


Et puisque nous voici dans une période faste, et donc de charité romaine, je ne peux en définitive faire moins que de vous signaler la parution récente en Italie d'une nouvelle édition du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, dont je sais gré à Nemo Captain de me l'avoir signalée il n'y a guère.

Elle est due à l'heureuse initiative du regretté Paolo Lucarelli, et est parue en 2005 aux éditions Mediterranee de Rome, toute parée des dessins originaux d'un certain Julien Champagne.

Voici donc à tous égards une démarche que je trouve exemplaire pour ma part, et dont on ne peut que souhaiter vivement qu'elle soit imitée, ici comme ailleurs.

http://www.zen-it.com/ermes/Lucarelli/introfulcanelli.htm

 

paololucarelli.champagne



La mort a dansé l'année achevée. D'immortelle vie point l'année nouvelle. Au gui l'an neuf! Ou comment disent nos amis les druides: O Ghel an Heu: Que le blé germe, que le blé lève.





pcc ARCHER

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Published by ARCHER - dans archer
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richard khaitzine 19/02/2009 16:56

Bonjour Ami,Bien vu concernant la réponse à Valérie. L'absence de la lettre M est remplacée par un accent tonique. Cette signalétique possède le mode sens que la présence d'un phylactère. Je vous invite l'un comme l'autre, si vous en avez le loisir, à aller à Bry-sur-Marne, loclité quiservit au décor de "l'Orme du Mail" d'Anatole France. Le musée comporte une magnifique cheminée ornée d'une reproduction du Voyage d'Eléazar de Poussin. Cette toile masque un sujet que, visiblement, il convenait d'occulter si j'en crois les documents photos en ma possession. Plus curieux, sur le côté de cette cheminée, gravés au burin quelques mots "Et Por cause". Le O est surmonté du fameux signe graphique. La phrase rétablie "Et pour cause" était un tic de langage de ... Pierre Dujols.La cheminée fut offerte par le beaux frère d'Adrien Mentienne (maire de Bry) . Ce beau-frère était un certain Pierre Jobert, chirurgien à l'hôpital Saint-Louis de Paris...Amitiés

ARCHER 25/02/2009 21:54


Merci, ami Richard, pour ces intéressantes observations. Ce que vous nous dites en particulier de certaine abréviation latine pourrait même s'avérer important, car je ne me souviens pas d'avoir
relevé ce point dans Fulcanelli ni Canseliet.

Si je vous suis bien le jambage abrégeant le patronyme de Campognola sur certaines de ses gravures, ce qui fait que le M en est occulté, aurait la même signification hermétique que le phylactère
adornant certaines oeuvres picturales ou sculptées.

Je rappelle pour la clarté de l'exposé que pour Fulcanelli et Canseliet ce phylactère désigne le caractère symbolique de l'oeuvre en question, et incite donc à y chercher et y trouver un sens
hermétique et alchimique.

Il est d'ailleurs précisé que ce sens est d'autant plus souligné que le phylactère en question est dépourvu d'inscription, autrement dit "muet".

Voilà qui interpelle, en effet, et qui ne serait pas preneur ici d'une référence bibliographique sur ce point important de la symbolique alchimique?

Je tiens en tout cas à vous remercier de cette nouvelle intervention, encore une fois des plus percutantes.

Bien à vous.


Valérie 18/02/2009 23:54

Oui-oui, magnifique d'harmonie est simple à comprendre pour une pauvrette comme moi qui, vous l'aurez deviné, ne connait rien à votre Art (et ne sait pas même faire une sauce financière !).Le jeune patre passe sa jambe gauche sur la droite (sans faire de ronds de jambe, j'aime beaucoup le jeu visuel). Le viel homme est la base de la connaissance (la racine nécessaire) que le jeune homme doit acquérir afin que se perpétue l' Arbre. Vous parliez de symboles, ce n'est vraiment pas évident. Je n'ai pas fait d'études iconographiques, à mon grand regret, mais parfois je me pose des questions sur ce qui est réellement "vivant". Prenez la grenade (ce n'est peut-être pas le meilleur exemple, mais n'en reste pas moins le premier qui me vient à l'esprit) , j'ai l'impression qu'elle correspond plus à des éléments culturels que l'on retrouve dans une certaine peinture et autres représentations  d'une certaine époque, mais pour nous, c'est très éloigné.Merci vraiment de votre patience, d'avoir pris le temps de me répondre.

ARCHER 24/02/2009 21:42




Valérie, il y a en ce moment beaucoup de gens qui n’entendent rien à la sauce financière, crise internationale oblige.





N’ayez donc aucun complexe à ce sujet, car voici (re)venu le temps des alchimistes, de la terre et de la pierre, et aussi de la Pierre.





Et continuez plutôt, si vous voulez mon humble avis, à vous laisser guider par l’ange de l’intuition, qui n’est pas forcément celui du bizarre.





Le langage universel du symbole se caractérise par son ambivalence, du moins si l’on en croit l’étymologie grecque.





Tenez, prenons la grenade que vous évoquez spontanément. « Ce fruit symbolique n’est autre que la gemme hermétique, pierre philosophale du Grand-OEuvre ou Médecine des anciens sages. »
(Fulcanelli)





Vous nous dites aussi vous interroger parfois sur ce qui est réellement vivant. Sachez bien que ce questionnement est à la base même de ce qui fait la science et la religion, et de leur racine
commune, l’alchimie.





L'alchimie, science de la vie, et qui donc ne peut que scruter la nature, dont on ne doit pas oublier qu'elle est naturante, donc d'essence divine.


Tenez faisons un songe d'une nuit d'hiver, voulez vous? Nous revoici devant la première gravure de Campagnola.


Dame nature est assoupie, elle aussi, et dans son sommeil nous dévoile une part de ses charmes et autres sortilèges.


Non loin de là, un vieux sage, qui sans doute deviendra un jeune alchimiste, veille, médite même. Peut-être en fête rêve-t-il  tout éveillé?  Je vous parie qu'il a en tête un des
axiomes primordiaux de l'Art: "Suivez la nature."



Valérie 17/02/2009 18:41

Etonnante correspondance entre ces trois gravures, le berger à l'arbre sans racine, le tronc scié au niveau de sa jambe droite (la gravure est signée Capagnola, sans M, tiens), et dans la gravure qui précède les plis  de la jambe de second plan se muent en une branche, et puis on  retrouve une jambe présente derrière le phiiosophe de la gravure d'avant, et dont les lignes ont tendance à rejoindre le tronc derrière son épaule droite, sans branches, lui.

ARCHER 18/02/2009 22:30


Chère Valérie, vous avez encore une fois bien deviné, les gravures se suivent dans un certain ordre et correspondent un tant soit peu au texte, qui de son côté y renvoie.

Petite précision au passage sur le M manquant ici ou là, ce manque est compensé en général par un jambage sur une lettre, qui en fait le représente. C'est une sorte de signalétique d'abréviation de
l'épigraphie ancienne, et en particulier si je me souviens bien de la latine.

Pour le reste, il est bien certain que l'interprétation que nous faisons de la symbolique des images qui nous sont proposées est subjective, et en un sens c'est très bien ainsi.

Pour moi il y a ainsi une forte correspondance entre la souche de l'arbre, avec ses racines, et le vieillard ou vieil art et la transmission de son savoir au jeune pâtre.

D'un autre côté, vous avez à mon sens raison de souligner le fait qu'on voit quelque part une autre correspondance entre vie végétale et vie animale.

La sécheresse de l'une et de l'autre peut se muer en verdeur, et il pourrait en être de même dans l'ordre ou règne minéral.

Car le vieillard est aussi quelque part Saturne, père des métaux. Dans une certaine mesure, il peut représenter aussi notre matière, celle qu'il convient de travailler, pour en faire issir notre
petit prince ou notre petit roi, du moins en alchimie.

Or cette matière est cachée dans les creux de roche, les cavernes, les mines, car c'est bien là que "l'or y vit."


ARCHER 31/01/2009 11:32

Cher Richard,Très volontiers et merci beaucoup. Nous attendons donc avec intérêt ce document.Amitié,A.PS Permettez-moi de profiter de votre intervention pour signaler à totu le monde une manière simple d'entrer en contact avec la rédaction du blog: Il suffit d'aller justement à la rubrique dénommée contact qui est située en bas de chaque page de JULIEN CHAMPAGNE.

richard khaitzine 30/01/2009 16:59

Bonjour Archer,Merci pour l réponseC'est bien volontiers que je vais anticiper sur la parution du Fulcanelli 1 en vous adressant le texte de Lartigue.Le texte étant un peu long,pouvez-vous m'indiquer votre mail afin que je vous fasse parvenir ce document; vous pourrez  publier ce texte après réception.AmitiéRichard

ARCHER 06/02/2009 19:28


Cher Richard,

Très volontiers et merci beaucoup. Nous attendons donc avec intérêt ce document.

Amitié,

A.

PS Permettez-moi de profiter de votre intervention pour signaler à tout le monde une manière simple d'entrer en contact avec la rédaction du blog: Il suffit d'aller justement à la rubrique dénommée
contact qui est située en bas de chaque page de JULIEN CHAMPAGNE.