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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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18 juin 2006 7 18 /06 /juin /2006 10:41


Représentations respectives de l'obéissance et de la persévérance suivant l'acception moralisante traditionnelle, les deux médaillons ci-dessus du porche central de Notre Dame de Paris constituent la planche VIII de l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, illustrée par Julien Champagne.

Le premier symbolise en alchimie la Conjonction du Soufre et du Mercure, et le Second y est dénommé L'Athanor et la Pierre.


"C'est un griffon que l'on voit inscrit dans le cercle suivant, commente Fulcanelli.

Le monstre mythologique dont la tête et la poitrine sont celles de l'aigle, et qui emprunte au lion le reste du corps, initie l'investigateur aux qualités contraires qu'il faut nécessairement assembler dans la matière philosophale.

Nous trouvons en cette image l'hiéroglyphe de la première conjonction, laquelle ne s'opère que peu à peu, au fur et à mesure de ce labeur pénible et fastidieux que les philosophes ont appelé leurs aigles.

La série d'opérations dont l'ensemble aboutit à l'union intime du soufre et du mercure porte aussi le nom de Sublimation.

C'est par la réitération des Aigles ou Sublimations philosophiques que le mercure exalté se dépouille de ses parties grossières et terrestres, de son humidité superflue, et s'empare d'une portion du corps fixe, qu'il dissout, absorbe et assimile."


Fulcanelli est nettement moins disert à propos du motif suivant:

"Sur le septième bas-relief de cette série, - le premier à droite, - nous remarquons une coupe longitudinale de l'Athanor et l'appareillage interne destiné à supporter l'oeuf philosophique; de la main droite, le personnage tient une pierre."

Rappelons que la tradition alchimique exige que cet Athanor, ou four de l'alchimiste, dans lequel ce dernier va s'efforcer de susciter une génération, soit construit des mains mêmes de l'artiste.

Dans son Alchimie expliquée (Pauvert, 1972), Eugène Canseliet divulguera une part de ses essais personnels dans ce domaine, en citant ce passage d'une de ses lettres à un ami "Labourant" comme lui, au début des années 1950:

"A l'égard de mon appareil en construction, de mon athanor dirai-je donc, tes suggestions sont très pertinentes.

Le rôle et l'intérêt de la balance, crois-le bien, ne m'échappent pas, laquelle doit-être, ainsi que tu l'auras toi-même envisagé, un trébuchet, devant la double nécessité du montage et de la précision.

Le creuset...évidemment, ne peut être soutenu au-dessus de la flamme du brûleur, que par un dispositif plongeant de l'extérieur et de haut en bas..."


"Les motifs ornant le côté droit sont de lecture...ingrate", se désole à cet endroit Fulcanelli.

"Noircis et rongés, ils doivent surtout leur détérioration à l'orientation de cette partie du porche. Balayés par les vents d'ouest, sept siècles de rafales les ont effrités jusqu'au point de réduire certains d'entre eux à l'état de silhouettes mousses et floues."

Il en est particulièrement ainsi du motif de l'Ahanor, dont pour se faire une meilleure idée et pour ainsi dire afin de se servir de lui dans le but de remonter le temps destructeur, on pourra comparer ici  un cliché contemporain aux dessins de Julien Champagne, d'abord celui de l'édition 1957 du Mystère, puis, finalement, celui, bien plus net, de l'édition 1926 et originale.

La netteté relative de cette dernière apparaît sans aucun doute bien plus satisfaisante: Voyez encore une fois l'Athanor!

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-a-l-athanor-83878892.html



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11 juin 2006 7 11 /06 /juin /2006 19:28


Cosy Ray me propose une reproduction d'un petit tableau sur bois, également vu aux Etats-Unis, intitulé Nascendo Quotidie Morimur, titre qui nous renvoie à la maxime de Sénèque récemment évoquée à propos du chateau de Terre Neuve (mon post: Champagne cheminant, 05 juin 2006).

Là encore, l'hermétisme est évident, et on voudrait en savoir plus sur l'auteur de ce tableau et son histoire.

"Mort, où est ta victoire?", dit l'Ecclésiaste. La réponse donnée ici est éclatante, si cette victoire existe elle réside dans la vie donnée et qui se perpétue.

Curieusement, Cosy Ray m'interroge dans le même temps sur M. Lemoine, peintre "de grand talent", qui aurait fourni à Fulcanelli et Julien Champagne les premières photos et les premiers dessins de la croix cyclique d'Hendaye, sur laquelle, il faut l'espérer, nous serons conduits à revenir.

Notre informateur de première main paraît bien être dans cette affaire Jules Boucher, que nous avons déjà rencontré.

Ce M. Lemoine est notamment évoqué dans les livres de Jay Weidner et Vincent Bridges, The mysteries of the great cross at Hendaye (Destiny Books, 2003) et d'Axel Brücker, Fulcanelli et le mystère de la croix d'Hendaye (Séguier, 2005).

Il n'y est pas question de son prénom. Les premiers concluent à un pseudonyme, qui ajouterai-je pourrait bien cacher un certain Julien Champagne, mais je n'ai jamais lu encore que ce dernier, ses fantaisies en matière de prénoms mises à part, ait recouru à ce type de dissimulation de son patronyme.

Brücker pour sa part note simplement que ce nom est un comble, et semble reprendre à son compte les allégations de Jules Boucher, qui situent Lemoine dans le cercle de Fulcanelli, Champagne, Canseliet...

Je pense de mon côté qu'il ne faudrait pas sous-estimer la capacité d'affabulation de Jules Boucher, dans cette histoire notamment (voyez mon post du 13 férvier 2006) .

Cosy Ray enfin paraît avoir trouvé  un prénom à ce Monsieur Lemoine. Je m'attendais vaguement en bon ou mauvais cabaliste à ce qu'il s'appelle Roger, comme le "friar" du même nom (Bacon).

Mais non, il s'agirait d'André Lemoine...Il y a bien un peintre André Lemoine, qu'apparemment Weidner et Bridges n'on pas su découvrir. Né en 1894, il était peintre officiel de la marine.


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-champagne-nascendo-83878834.html


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11 juin 2006 7 11 /06 /juin /2006 17:35


Revenant au Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, illustré par Julien Champagne, nous voici derechef devant Notre Dame de Paris et son "portail de la Vierge".

A propos de cette traduction de l'apophtegme alchimique: Dissous et Coagule, Fulcanelli explique que la meilleure traduction en est l'homme retourné, dont on trouvera ci-dessus et ci-après deux versions, dessinée pour l'une et pour l'autre photographiée.

Pour lui, cet axiome enseigne à réaliser la conversion élémentaire, en volatilisant le fixe et fixant le volatil:

"Si le fixe tu sçays dissouldre,
Et le dissoult faire voller,
Puis le vollant fixer en pouldre,
Tu as de quoi te consoler."

Fulcanelli précise également que c'est dans cette partie du porche que se trouvait sculpté autrefois l'hiéroglyphe majeur de la pratique alchimique: le Corbeau. On peut se demander ce qu'est devenue cette sculpture, et s'il en existe encore des reproductions.

Dans sa préface à la troisième édition du Mystère des Cathédrales, Eugène Canseliet reviendra sur cette conception alchimique de la Dissolution et de la Coagulation:

"Qu'est-ce que l'alchimie pour l'homme, sinon, très véritablement, issus d'un certain état d'âme qui relève de la grâce réelle et efficace, la recherche et l'éveil de la Vie secrètement assoupie sous l'épaisse enveloppe de l'être et la rude écorce des choses.

Sur les deux plans universels, où siègent ensemble la matière et l'esprit, le processus est absolu, qui consiste en une permanente purification, jusqu'à la perfection ultime.

Dans ce but, rien ne fournit mieux le mode d'opérer, que l'apophtegme antique et tant précis en son impérative brièveté: Solve et coagula; dissous et colagule.

La technique est simple et linéaire, qui exige la sincérité, la résolution et la patience, et qui appelle
l'imagination, hélas! presque totalement abolie chez le plus grand nombre, à notre époque d'agressive et stérilisante saturation.


Rares sont ceux qui s'appliquent à l'idée vivante, à l'image fructueuse, au symbole restant inséparable de toute philosophale élaboration ou de toute aventure poétique, et s'ouvrant peu à peu, en lente progression, vers plus de lumière et de connaissance."

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-solve-de-julien-champagne-83878775.html





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10 juin 2006 6 10 /06 /juin /2006 16:47


Après une première approche du thème astrologique de Julien Champagne, empruntée à la "toile"
( post: Astrologie de Champagne, 28 mai 2006), en voici une seconde, tout droit sortie du livre Fulcanelli dévoilé de Geneviève Dubois.

Plutôt que de comparer les deux études, travail de spécialiste sans doute, je vais là encore essayer de résumer ce que l'astrologue a tiré du thème.

Je précise que cette astrologue grenobloise, Véronique Guilet, a réalisé  ce travail en mai 1989.

Pour  elle donc, Julien est Verseau par son signe solaire et ascendant Bélier. Très marqué par le Verseau, il est avant tout un idéaliste, novateur, peu conformiste, indépendant.

Profondément touché par le devenir de l'être humain, il aspire dans un élan fraternel, à apporter sa contribution prométhéenne à la race humaine.

La présence du Soleil dans sa Maison XI souligne son souci de participation sociale et collective, le souhait de diffuser très largement ses connaissances, souvent en avance sur son temps.

Un autre élément puissant dans son thème, Jupiter en Sagittaire, en Maison IX, renforce l'idéalisme humanitaire et la quête de vérité.

Emporté par une soif de connaissance insatiable et sans borne, il cherche toujours à marier dans une attitude d'accueil et de tolérance, l'épicurisme et la philosophie, les sciences et la spiritualité.

Jupiter, proche du milieu du ciel, accentue aussi l'ambition et la volonté de pouvoir. Le désir de jouer un rôle social est excessif; ainsi, au-delà du propagateur et de l'initiateur, le danger est toujours présent de se croire investi d'une mission de prophète ou de gourou.

Générosité, oui, mais non sans récupération égotique du pouvoir, voilà quelle était l'une des ambiguités de Julien Champagne.

On peut le dépeindre également comme un curieux encyclopédiste. La conjonction de Mercure au Soleil dans le signe du Verseau en fait un être très cérébralisé, passionné de lecture et d'écriture.

C'est un esprit vif et inventif, indépendant dans ses choix et suivant ses convictions personnelles, faisant souvent fi des conventions de l'époque. Une intelligence ouverte et universelle, multipliant ses sources d'informations, toujours en quête d'une philosophie existentielle.

L'appui de Mars à la conjonction Soleil-Mercure en fait aussi un pragmatique, un expérimentateur, un esprit positif et pratique qui aime à se frotter aux réalités concrètes, privilégiant toujours l'application et le sens de l'utilitaire à l'abstraction pure. Et sa précipitation n'a d'égale que son  impatience.

Etre en résonance avec son intériorité et sa foi intime, agir selon son intuition et son inspiration, voilà qui est essentiel pour cet Ascendant Bélier doté de Neptune en Maison I. Du courage et de l'audace, un côté un peu prophète.

On pourrait se risquer à le décrire comme un doux illuminé, un romantique échevelé, au mode de vie décousu, vivant au gré de son humeur farfelue; un certain laisser-aller en prise directe avec ses mouvements de l'âme.

Pour lui, il est vital de se sentir vivre intensément, de ne faire qu'un avec l'objet contemplé ou travaillé, d'adhérer totalement à son entreprise jusqu'à complète identification.

Laisser son imagination vagabonder aux confins de l'extase et faire durer ces moments d'illumination et même d'hyperconscience devient alors si impérieux qu'on peut aisément se représenter qu'il fut tenté plus souvent qu'il n'aurait dû par des excitants de toutes sortes, prolongeant ainsi sa subtile folie et retardant l'instant du retour à la réalité quotidienne.

Comme tout individu en avance sur son temps et loin des préoccupations journalières de ses contemporains, il devait souvent déconcerter, étonner et déranger, tant par son mode de vie marginal, que par ses accoutrements excentriques.

Seule comptait à ses yeux la quête de sa vérité, la vérité que l'Ascendant Bélier en bon aspect de Mars en Sagittaire en Maison VIII, recherche éperdument avec force et enthousiasme, au mépris de sa vie et de sa santé.

Il faut l'imaginer en travailleur acharné, infatigable, s'attaquant avec ivresse à des combats herculéens et dangereux, parfois même aux portes de la mort. En d'autres temps, la course automobile l'eût attiré.

Par Mars, Maître de l'Ascendant en Maison VIII, il ne privilégie que la difficulté, là où un défi est à relever, où une exploration l'appelle. Toute aussi ardente, devait être sa sexualité, très certainement impérieuse et obsédante...

Pour Julien Champagne, toute recherche ne peut que s'accompagner de l'intégration des énergies du "bas". Mars explicite dans son thème ce désir brûlant d'exploration de nos ténèbres pour mieux les remonter à la lumière, dans une volonté d'exorciser notre ombre sans peur ni retenue.

Il convient maintenant d'aborder la grande contradiction du thème, qui s'exprime entre les signes du Taureau et du Verseau, par le besoin de s'accrocher à la matière au Taureau, et le désir de s'en dégager au Verseau. Tel était le défi proposé à Julien Champagne...

La Lune, ici en Taureau, incarne bien la forme originelle, la matière brute sur laquelle se construisent tous nos attachements et toutes nos dépendances; volupté des nourritures terrestres, jouissance illimitée des sens, instinct de possession et conservation.

Cette perception très aiguë de son incarnation et des besoins primordiaux qui en découlent, Julien Champagne y était très sensible et une grande partie de sa vie, il dut être tiraillé entre des impératifs opposés: profiter des joies toutes simples de la vie, s'arrêter à l'aspect matériel des choses, s'ancrer dans la permanence, et à l'autre extrême, renoncer à toute attache et se laisser guider par l'intuition de l'éphémère...

Si l'apparence vestimentaire lui importait peu, il pouvait pousser la coquetterie à rechercher lingerie et costumes d'une certaine originalité, dénichés chez quelque fripier.

Vénus en Capricorne donne le goût des antiquités et le bel aspect de Vénus à la Lune lui confère un charme de séducteur indéniable qui n'était pas sans lui attirer les attentions féminines, qu'il appréciait d'ailleurs.

Par rapport à l'argent, il serait illusoire de penser qu'il fut tout à fait désintéressé; probablement avait-il ses petites affaires et combines et vivait-il à ses heures, des mesquineries dignes d'un Harpagon.

Panier percé à ses jours, ascète à d'autres, il était tout aussi capable d'élans chevaleresques que d'attitudes de pique-assiette.

La Lune, en position stratégique dans le thème de Julien Champagne, est encadrée par Neptune et Pluton.

Si Neptune représente une fonction de dissolution, Pluton est transformation, destruction pour une renaissance. Avec un tel encadrement, il est impensable d'accepter la matière dans sa structure finie et limitée.

Julien devait ressentir intensément l'état de confusion et de dissolution de la matière par Neptune, la dissociation des différents composants. Par Pluton, la simple identification aux choses ne pouvait qu'être balayée.

C'est la nécessité de détruire la matière pour aller au coeur de l'atome et ensuite reconstituer une autre matière, recomposée, purgée de ses veuleries et imperfections...

Au delà de ce rapprochement alchimique, il faut comprendre avec Pluton combien la sensibilité de Julien était douloureuse, l'angoisse toujours présente avec le sentiment poignant d'insécurité et d'exclusion.

Et sa sexualité, ausi intense fut-elle, ne pouvait venir à bout de ses désirs insatisfaits et de ses pulsions démoniaques. Comment trouver la détente?

Se libérer de la matière en intégrant cette part d'ombre envahissante et en faire un élixir de vie, tel fut le support de toute la créativité de Julien Champagne.

On comprend mieux alors tout le travail sur le corps et les métaux, ses intérêts pour les constituants de la nature et le culte des formes.

Uranus en Maison VI atteste de toutes les qualités de technicien et de véritable esprit scientifique. Et Vénus prend toute sa signification en Capricorne, en recherchant la sobriété et le dépouillement des formes.

Le milieu du Ciel, lieu de notre réalisation sociale, encadré par Jupiter et Vénus, laisse supposer le désir d'une certaine réussite, une aisance à se faire connaître et reconnaître, mais aussi la recherche d'appréciation, de compliments et d'honneurs, un hommage rendu à ses mérites.

Là encore, la farouche volonté d'indépendance et de marginalité de Julien ne pouvait se satisfaire,
cependant, de marques extérieures trop faciles. On en conclut donc des attitudes fort ambivalentes et contradictoires dans son comportement social.

Le Capricorne en Maison X et son maître Saturne en Maison XII suggèrent une reconnaissance tardive, une célébrité surtout posthume.

Ce Saturne en Maison XII est pour Julien Champagne le lieu de son accomplissement et du dépassement de soi; un travail de recherche en solitaire, humble et laborieux, à l'écart des regards curieux, le choix d'une existence moins glorieuse et l'acceptation de cultiver son jardin secret en silence.

En Maison XII, on prépare le futur et il faut savoir garder ses trésors...en un mot être un Sage.  Je ne saurais mieux conclure.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-champagne-en-verseau-83878721.html





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5 juin 2006 1 05 /06 /juin /2006 18:44


Courage et foi, devise d'une de mes aïeules. La foi et l'espérance, si nous en croyons l'interprétation religieuse habituellement avancée, nous accueillent de conserve à notre retour au porche central de Notre Dame de Paris. 

A gauche, la flamme de l'espérance, à droite, la croix de la foi. Pour Fulcanelli et Julien Champagne, la signification occulte de la planche VII de l'édition originale du Mystère des Cathédrales est bien sûr alchimiquement très différente:

D'un côté, L'évolution, Les Couleurs et Régimes du Grand OEuvre, de l'autre, Les Quatre Eléments et les deux Natures.


"L'Evolution montre l'oriflamme aux trois pennons, triplicité des Couleurs de l'OEuvre, que l'on trouve décrites dans tous les ouvrages classiques.

Ces couleurs, au nombre de trois, se développent selon l'ordre invariable qui va du noir au rouge en passant par le blanc.

Ce ne sont point là des teintes fugitives, plus ou moins brillantes, qui jouent à la surface du bain, mais bien des colorations dans la masse."

Charitablement, Fulcanelli poursuit son exposé en insistant sur l'importance prépondérante des Régimes:

"Apprenez donc, non en quoi une couleur diffère d'une autre, mais plutôt en quoi un régime se distingue du suivant.

Et d'abord, qu'est-ce qu'un régime?  - Tout simplement la manière de faire végéter, d'entretenir et d'accroître la vie que votre pierre a reçue dès sa naissance...

Votre pierre a besoin de nourriture pour augmenter sa puissance, et cette nourriture doit être graduée, voire changée à certain moment.

Donnez d'abord du lait; le régime carné, plus substantiel, viendra ensuite...Suivez donc la nature."


L'Adepte est beaucoup plus laconique dans son exposé du motif suivant, dans lequel il reconnaît
"la Philosophie, dont le disque porte l'empreinte d'une croix."

Il ajoute simplement:

"C'est là l'expression du quaternaire des éléments et le manifeste des deux principes métalliques, soleil et lune, - celle-ci, martelée, - ou soufre et mercure, parents de la pierre, selon Hermès."

Ce sont ces parents qui pour produire meurent chaque jour, et  que nous venons de rencontrer au chateau de Terre-Neuve.

Sur le quaternaire des éléments, évidemment représentés par les quatre branches de la croix, Eugène Canseliet reviendra dans son Alchimie expliquée (Pauvert, 1972):

"On ne pourra jamais faire que les quatre éléments ne soient à la base de toute création. "

Prenant appui sur la codification de Lémery, il observe:

"C'est pour chaque élément, le même polygone à trois côtés, lequel varie pourtant dans sa disposition: pour le feu, installé sur sa base, pour l'eau, renversé sur son sommet.

Cette pointe,  qu'elle soit dirigée vers le haut ou le bas, lorsqu'elle est coupée d'une ligne horizontale, convertit les triangles du feu et de l'eau en ceux de l'air et de la terre.

Petit tronçon de droite, qui reste de la superposition des deux premiers trigones placés tête-bêche et fournissant la figure de l'étoile à six branches, c'est-à-dire du sceau de Salomon...symbole du merveilleux résultat de l'OEuvre physique."

Et Canseliet de citer Albert le Grand, au Traité des Secrets:

"Convertis les éléments, et tu trouveras ce que tu cherches: convertir les éléments, c'est faire l'humide sec, et le fixer solide, et le compact s'affaiblit, et le rare reste teignant."

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-la-fede-e-la-speranza-83878653.html



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5 juin 2006 1 05 /06 /juin /2006 12:53

Lors d'un séjour à la Nouvelle Orléans,  avant que la Louisiane ne fut dévastée en août 2005 par le cyclone Katrina, Cosy Ray , en visite dans cette ancienne province de nos rois, fut frappé par le caractère alchimique d'une série de peintures, d'inspiration à la fois hermétique et surréaliste. Il s'en est ouvert dans son commentaire à mon post récent, Renard de Champagne (30 mai 2006).

Pablo Picasso et Salvador Dali d'un côté, mais aussi de l'autre Fulcanelli et Julien Champagne. Comment nier, en effet, que l'oeuvre de ces derniers transparaisse dans les deux clichés aimablement communiqués, et que nous nous faisons maintenant un plaisir de soumettre à la sagacité générale?

Le premier tableau est visiblement une nouvelle variation sur le thème bien connu du ludus puerorum cher aux alchimistes.

Le second plus étrange encore, si possible, que le premier, me ferait plutôt penser à une illustration de la toute-puissance et de l'unicité de la cabale solaire.

Non pas que cette dernière soit totalement absente de la première scène: Si la quête de la pierre par l'agriculture céleste y prédomine, on ne peut pas ne pas noter, également, et ce lièvre soulevé, et la nature très particulière de la lance que tient notre petit chevalier casqué et par là même masqué, qui tente à l'évidence de nous aiguiller vers la solution du mystère.

Ce dernier est à la fois figuré par le labyrinthe du jardin, et par toutes les sombres ouvertures représentées vers les "cavernes obscures des métaux." Et pourtant, la vérité est simple, et nue, comme le sont les petits parvuli...

Pourquoi, cher Cosy Ray, le petit cheval du second tableau urine-t-il sous lui? Oui, pourquoi ce détail sulfureux? Peut-être la réponse est-elle, comme souvent, dans la question.

A propos de l'hippocampe redoublé qui figure sur les deux peintures, et qui bien sûr nous renvoie à l'écu final du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, dessiné par Julien Champagne, force est enfin de reconnaître que la coïncidence est des plus troublantes.

Il n'est jusqu'au heaume et à son panache qui ne soient à nouveau reproduits. J'observe également que la partie basse de l'écu est dorée, et la supérieure de couleur rouge, ce qui me paraît canonique.

Qui pourra nous en dire plus sur ces tableaux, sur leur auteur et sur les circonstances de leur invention? Peut-être quelque lointain "cousin d'Amérique" de Julien Champagne. Si la paternité n'est pas facile à prouver, du moins y a t il là filiation.

Cosy Ray m'a aussi précisé avoir vu ces peintures chez un marchand d'art de la Nouvelle Orléans.
L'une serait intitulée "Madame de Beauharnais" et l'autre "Lauriers".

Ces huiles sur toile sont de dimension conséquente, les clichés ci-contre n'en représentent que des détails; elles mesurent 125x250cm pour l'une, et pour l'autre 130x195.

Provenant de France (deuxième moitié du XXème siècle), elles sont actuellement dans des collections privées américaines: Avis de recherche aux "amateurs de l'art."

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-champagne-alla-ricerca-di-paternita-83878578.html



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5 juin 2006 1 05 /06 /juin /2006 09:59


Caminando...en bon chemineau des chemins de traverse chers à Martin Heidegger, ces Holzwege que Stanley Redgrove avait pour sa part dit être animés par les bygone beliefs, nous voici de retour à Terre-Neuve, plantés comme le 03 avril 2006 devant la cheminée monumentale.

Dessinée par Julien Champagne, la planche XIII de l'édition originale des Demeures Philosophales de Fulcanelli est intitulée Fontenay-le-Comte - Chateau de Terre-Neuve Cheminée du Grand Salon. Elle sera remplaçée dans la troisième édition (Pauvert) par un cliché portant le numéro XVI.

Ayant déjà évoqué l'histoire de Fontenay et Terre-Neuve, et nous étant alors concentrés sur le motif central de cette cheminée, le moment est semble-t-il venu pour nous d'élargir le champ, et d'examiner cette oeuvre d'art dans son ensemble.

"Plus remarquable encore par l'exactitude des hiéroglyphes qui la décorent, le fini de l'exécution, "la rectitude de la taille poussée parfois jusqu'au tour de force" et sa surprenante conservation que par sa tenue artistique, elle constitue pour les disciples d'Hermès un document précieux et fort utile à consulter", estime d'emblée Fulcanelli.

Et notre Adepte de décrire ainsi ce "logis":

"Le manteau architecturé à la manière d'un entablement chargé d'entrelacs et de figures symboliques, porte sur deux piliers de pierre, cylindriques et polis.

Sur leurs abaques s'applique un linteau cannelé, sous un quart de rond d'oves et flanqué de trois feuilles d'acanthe.

Au-dessus, quatre cariatides engainées, deux hommes et deux femmes, soutiennent la corniche; les femmes ont leur gaine ornée de fruits, tandis que celle des hommes présente un masque de lion, mordant, en guise d'anneau, le croissant lunaire.

Entre les cariatides, trois panneaux de frise développent divers hiéroglyphes sous une forme décorative destinée à les mieux voiler.

La corniche est divisée, horizontalement, en deux étages, par un listel saillant recouvrant quatre motifs: deux vases pleins de feu, et deux cartels portant, gravée, la date d'exécution, mars 1563."

En note de bas de page, Fulcanelli précise à cet endroit que Louis d'Estissac était alors âgé de cinquante-six ans. Ah le bel âge que voilà! Et il poursuit, toujours à propos de ces motifs:

"Ils servent de cadre à trois caissons recevant les trois membres d'une phrase latine: Nascendo quotidie morimur.

Enfin, la partie supérieure montre six petits panneaux, opposés deux  à deux en allant des extrémités vers le centre; on y voit des panonceaux réniformes, des bucrânes et, près de l'axe médian, des écus hermétiques."

Erudite et forte, élégante et précise, la prose poétique de Fulcanelli se dresse ainsi, à longueur de pages, telle la cheminée du grand salon qu'elle décrit, et qui sous nos yeux s'anime et s'illumine.


Il ne serait pas idoine, à mon avis, dans le cadre de ce blog, de relater "par le menu" le détail de la leçon fulcanellienne sur toutes ces pièces emblématiques. Je préfère vous renvoyer à la lecture de son oeuvre, et à la contemplation de celle de Julien Champagne.

Nous nous sommes plutôt assigné pour but de, modestement, évoquer, voire invoquer...

Je voudrais cependant partager avec vous ce que le Philosophe Fulcanelli nous révèle à propos de l'inscription latine mentionnée ci-dessus:

"Elle comprend trois mots, séparés les uns des autres par deux vases pyrogènes...En naissant, nous mourons chaque jour.

Grave pensée de Sénèque le Philosophe, axiome qu'on ne s'attendrait guère à rencontrer ici...C'est la seule parole écrite en ce mutus liber. Nul doute qu'elle ne soit conséquente, et mise là tout exprès pour enseigner ce que l'image ne saurait traduire...

Nascendo renferme une autre signification. En l'employant au gérondif il invoque, sans modification orthographique, l'idée de production, de génération. Ce n'est plus En naissant qu'il faut lire, mais bien Pour produire, pour générer...

Pour produire nous mourons chaque jour. Ce sont les parents de l'enfant hermétique qui parlent. Et leur langage est véritable; ils meurent réellement ensemble, non seulement pour lui donner l'être, mais encore pour assurer sa croissance et développer sa vitalité.

Ils meurent tous les jours, c'est-à-dire à chacun des six jours de l'OEuvre qui régissent l'augmentation et la multiplication de la pierre."


"Un certain nombre d'auteurs, - Philalèthe en particulier, - démontrèrent la nécessité, l'utilité de la mort et de la putréfaction minérales à l'aide d'une similitude tirée du grain de blé.

Sans doute en prirent-ils l'idée dans la parabole évangélique recueillie par saint Jean; l'apôtre y transcrit ces paroles du Christ:

"En vérité, je vous le dis: si le grain de froment ne meurt après qu'on l'a jeté en terre, il demeure seul; mais quand il est mort, il porte beaucoup de fruits."

Et de fleurs. Amen.

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4 juin 2006 7 04 /06 /juin /2006 20:38

 

Dans son oeuvre publiée, Eugène Canseliet mentionne par deux fois le nom d'Alexandre Thomas.
Il explique ainsi dans Le feu du soleil (Pauvert, 1978):

"La librairie de Pierre Dujols avait disparu, de même que la Librairie du Merveilleux, où avait officié Thomas, qui mourut, le pauvre, avec tous les pantalons rouges de 1914.

Jean Julien Champagne avait été très lié avec Alexandre Thomas."

Dans un article de février 1936 paru dans la revue Atlantis: Le feu purificateur et son messager apocalyptique, repris en 1964 dans son recueil intitulé Alchimie (Pauvert), Eugène Canseliet avait en fait déjà fait référence à cet associé de Pierre Dujols, à propos de la réédition par ce dernier de l'ouvrage de Duchanteau (Touzay, peintre de profession), Le Grand Livre de la Nature:

"Cet ouvrage a été réédité en 1910 avec une introduction d'Oswald Wirth, par Pierre Dujols, à savoir Magophon, qui devait rédiger sa remarquable Hypotypose au Liber Mutus, lorsqu'il était à sa Librairie du Merveilleux, hélas! bientôt fermée par le départ sans retour de l'infortuné Thomas, pour l'hécatombe épique de 1914."

 



Cet Alexandre Thomas, en fait prénommé Albéric-Alexandre, aussi connu sous le pseudonyme de Marnès, était un martiniste et un franc-maçon de l'ordre égyptien de Memphis-Misraïm. Dans l'ouvrage que Gérard Galtier a consacré à la Maçonnerie Egyptienne (Editions du Rocher, 1989), on trouve une planche sur la Grande Loge Misraïmite en 1897-1898.

 

Le Vénérable en est Abel Thomas et son frère Albéric en est Secrétaire. Ils s'y trouvent d'ailleurs en excellente compagnie: Chacornac, Lalande, Philipon...

 

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Pierre Dujols et Thomas ont travaillé en 1909 à l'édition des Sept Livres de l'archidoxe magique de Paracelse – livre qui sera publié sous les auspices de l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix.  À l'époque, suite à l'affaire de l'Ordre du Temple rénové, ces deux hommes sont en froid avec Papus.

En 1908 en effet, au cours d'une séance de spiritisme effectuée dans un hôtel situé au 17 de la rue des Canettes, ils reçoivent pour mission, par écriture directe, de fonder un ordre templier dont René Guénon sera le chef. Ainsi naît l'Ordre du Temple rénové, dont la création sera la cause en 1909 de l'exclusion de René Guénon et Thomas de l'ordre martiniste de Papus. L'Ordre du Temple sera dissout en 1911, quand Dujols tombe gravement malade.

Outre Oswald Wirth, Paul Chacornac, Sédir, René Guénon et Ferdinand de Lesseps, entre autres, étaient membres de la Loge Misrainite, dite de L'arc-en-ciel.

Le frère d'Alexandre, Abel Thomas, en était le Vénérable. C'est lui, explique Geneviève Dubois dans son Fulcanelli dévoilé, qui fit pression pour que soit rejetée la candidature de Papus. Ce dernier avait pourtant nommé Abel Thomas "professeur titulaire" de sa Faculté libre de sciences hermétiques.

 

Sur les relations multiples et parfois tumultueuses des frères Thomas avec le milieu "papusien", on pourra consulter également avec profit l'excellent ouvrage Papus, biographie, de Marie-Sophie André et Christophe Beaufils (Berg, 1995).


En 1909, Guénon (Palingénius) et Marnès créèrent la revue La Gnose, éditée par la Librairie du Merveilleux, et qui devait paraître jusqu'en 1912. Plusieurs numéros de cette revue feront une large place à L'archéomètre de Saint-Yves d'Alveydre, abondamment annoté par les deux compères.

 

En 1911 cette revue, dont l'intégralité des livraisons a été opportunément publiée en 2009 par les éditions de l'Homme libre, a proposé à ses lecteurs un certain nombre d'articles sur l'alchimie, dus en partie à Patrice Genty (Mercuranus): L'alchimie pratique, Quelques recettes alchimiques, et en partie à Marnès: Le mystère de la croix.

 

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Si Alexandre Thomas a été un ami de Julien Champagne, il est plus que probable que son frère Abel l'a été également.

Abel Thomas, dont une photo figure ci-dessus, était un astrologue connu. Il porte également le nom de plume d'Abel Haatan. Son maître en astrologie était Albert Faucheux, plus connu sous le nom de François Charles Barlet (1838-1921).

Le Traité d'astrologie judiciaire d'Abel Thomas fut publié par Chamuel en 1895. En 1905, Abel Haatan, qui était aussi pharmacien et chimiste,  publia chez Chacornac un essai intitulé: Contribution à L`Etude De L'Alchimie. Théorie Et Pratique Du Grand Oeuvre. Ce livre, dont un exemplaire au moins fit partie de la bibliothèque de Julien Champagne, a été réédité en 2004 par MCOR-Christienne:

http://stores.ebay.fr/La-Table-dEmeraude

http://touscesgens.hautetfort.com/archive/2006/08/20/les-deux-freres-thomas.html

 

En 1911, on retrouve Abel Haatan parmi les principaux collaborateurs de la revue Le Voile d'Isis, fondée par Papus en 1890 (ainsi que Jules Grillot de Givry, Marc Haven, Paul Sédir...).

 

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D'après Richard Caron, dans son article sur L'histoire de l'alchimie en France à la fin du XIXème siècle (in Mélanges offerts à Antoine Faivre, Peeters, Leuven, Belgique, 2001), Abel Haatan est comme Jacob (Jean-Jacques Bourcart),  l'auteur d'un commentaire sur le poêle alchimique suisse de Winterthur. Pour lui les deux essais furent publiés presque en même temps, et celui d'Haatan, paru à  Zurich en 1896, s'intitulerait Révélation alchimique, par les peintures d'un poële de fayence, 22 mars 1896.

 

Il est vrai que les deux hommes se connaissaient, et furent entre autres des relations de Paul Sédir et d'Albert Poisson.

 


 

Signalons enfin cette belle dédicace, offerte par Simplet, d'un ouvrage publié par Pierre Dujols et Alexandre Thomas (Les sept livres de l'archidoxe magique, de Paracelse, commentés  par Marc Haven, 1909) à l'administrateur de la bibliothèque parisienne Sainte Geneviève, si riche en ouvrages alchimiques: Charles-Alfred Kohler, d'origine suisse genevoise (1854-1917).

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-champagne-amico-dei-fratelli-thomas-35788608.html

 

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4 juin 2006 7 04 /06 /juin /2006 14:47

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Depuis 1972, le Carroir doré de Romorantin Lanthenay, situé rue de la Pierre, abrite le musée archéologique de la capitale solognote, dit de Marcel de Marchéville.

Son nom de Carroir ou Coin doré serait dû au fait que sa carrure forme l'angle de deux rues, le vieux mot carroi étant synonyme de carrefour.

Il semble bien que Julien Champagne pour travailler sur la planche XIX de l'édition originale des Demeures Philosophales de Fulcanelli, intitulée: Le Carroir doré (XVème siècle), ait eu sous les yeux cette carte postale de 1923.


L'aquarelle également jointe de David Morichon est bien entendu beaucoup plus récente.

Je trouve Fulcanelli bien sévère dans la description qu'il fait de cette batisse:

"Le Carroir doré, logis de bois du XVème siècle, comprend un rez-de-chaussée dont il ne reste plus que la structure et un grenier à pignon ajouté postérieurement.

Les maisons, comme les livres et les hommes, ont parfois une étrange destinée. Le mauvais sort voulut que cette jolie demeure perdît ses tourelles d'angle.

Bâtie, en effet, à l'intersection de deux rues, elle forme pan coupé, et l'on sait quel parti les constructeurs médiévaux savaient tirer de telle disposition, en chanfreinant, en arrondissant les saillies latérales des encorbellements, à l'aide de tourelles, de bretèches ou d'échauguettes.

Il est à présumer que le Carroir doré, si nous en jugeons par la forme évasée des poteaux cormiers établis en porte à faux, devait présenter cet aspect harmonieux et original qu'affectionnait l'esthétique médiévale.

Malheureusement, il n'en subsiste aujourd'hui que les corbeaux sculptés, frustes, à demi vermoulus, misérables expansions osseuses, rotules décharnées d'un squelette de bois."

Et pourtant...ils valent le détour, les poteaux cormiers du Carroir, et c'est bien pourquoi ce dernier est mis au rang des logis alchimiques:

"Nous retrouvons ici l'exposé emblématique d'une opération essentielle, celle de la fixation du mercure et de sa mutation partielle en soufre fixe...

Il existe peu de versions différentes dans les paraboles dont se servent les auteurs pour décrire ce travail; la plupart, en effet, se bornent à représenter le combat du chevalier et du lion, ainsi qu'on peut le remarquer au château de Coucy (tympan de la porte du donjon), et sur l'un des bas-reliefs du Carroir doré, à Romorantin."


C'est le même motif que commente Josane Charpentier, dans sa France des lieux et demeures alchimiques (Retz, 1980), ouvrage préfacé par Eugène Canseliet:

"La maison appelée Carroir doré est un logis de bois du XVème siècle. Il comprend un rez-de-chaussée dont il ne reste plus que la structure, et un grenier à pignons ajouté postérieurement. Bâtie à l'intersection de deux rues, cette maison forme un plan coupé.

Il ne subsiste plus aujourd'hui que les corbeaux. Sur l'un des bas-reliefs, à droite, on peut voir le combat hermétique du chevalier et du lion."

 

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Ou de saint Michel et du dragon, suivant l'inventaire du patrimoine:

http://www.patrimoine-de-france.org/oeuvres/richesses-27-9088-69264-M12352-173399.html

 

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"Le combat singulier des corps chimiques dont la combinaison procure le dissolvant secret (et le vase du composé) a fourni le sujet de quantité de fables profanes et d'allégories sacrées...C'est Saint Michel, saint Georges, saint Marcel terrassant le dragon", rapporte Fulcanelli dans son Mystère des Cathédrales.

 

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Signalons aussi au même poteau un saint Jean portant l'agneau. Cet agneau est bien sûr le Christ que baptisa l'Apôtre, c'est toujours selon Fulcanelli "l'Agnus immolé depuis le commencement du monde" (Demeures Philosophales).

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Le bas-relief de gauche représente lui une Annonciation, que Fulcanelli ne mentionne qu'à propos d'un motif de l'hotel Jacques Coeur de Bourges, et ce sans le commenter.

Eugène Canseliet sera plus disert sur ce point dans son Alchimie expliquée (Pauvert, 1972):

"Du grand vase, placé entre l'ange et sa souveraine, s'élève la haute tige d'un lis, dont les feuilles semblent être des flammes, et qui se partage, à l'extrémité, en trois magnifiques corolles.

Symboles de la pureté, ces fleurs rappellent les trois réitérations qui, aussitôt que le mercure est séparé, le purifient par le feu et le sel. La Vierge qui était noire est devenue blanche."

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-e-il-quadrato-dorato-35788583.html

 

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3 juin 2006 6 03 /06 /juin /2006 18:31


Parmi les librairies anciennes fréquentées par Julien Champagne, à la fin du XIXème siècle et au début du XXème, celle des frères Chacornac mérite une mention particulière, de même que la Librairie du Merveilleux de Chamuel et Dujols, déjà évoqués.

Pour Walter Grosse, d'ailleurs, les deux entreprises auraient été liées:

http://www.fulgrosse.com/article-2787865.html

Il estime en effet qu'en 1901 Henri Chacornac est devenu propriétaire de La Librairie du Merveilleux.

Né en 1855, Henri Chacornac épousa vers 1875 la fille de de l'écrivain Jules Lermina (1839-1915);
membre du "club Dumas" et admirateur de Cyrano Bergerac, ce dernier semble s'être intéressé de près à l'alchimie.

Il a en particulier publié en 1890 L'élixir de vie.


Sa fille Marie-Pauline donnera deux fils à Henri Chacornac, Paul, né en 1884, l'année même de la création de la "maison Chacornac", et Louis, venu au monde en 1890. Louis sera d'abord le gérant de la bibliothèque Chacornac, alors que Paul se consacrera sutout à l'écriture.

Pour Walter Grosse, c'est par l'intermédiaire des frères Chacornac que Julien Champagne a en 1905 fait la connaissance de Fulcanelli.

C'était, estime-t-il,  grâce à son travail de reliure et de "cataloguage" de livres anciens.


Si nous nous intéressons d'abord au catalogue Chacornac, force est de constater une certaine prégnance de l'alchimie, et de l'ésotérisme en général.

En 1890, nous trouvons d'Albert Poisson les Cinq traités d'alchimie. Le même Poisson récidivera en 1893 avec son Nicolas Flamel. En 1897 paraît le Traité des causes secondes de Jean Trithème. En 1899 Henri Chacornac préface lui même le Traité de réintégration des êtres de Martines de Pasqually.

Nous avons aussi dès 1902 l'Esquisse du tout universel de Jacob, présenté par Papus. De Papus justement, La science des mages est éditée en 1905. En 1908 mentionnons le De signatura rerum de Jacob Boehme, traduit par Sédir. Puis en 1910 La philosophie occulte de Henri Corneille Agrippa, ainsi que L'amphithéatre d'éternelle sapience d'Henri Khunrath.

En 1912 suivront les Cinquante merveilleux secrets d'alchimie de Phaneg (Georges Descormiers). L'Hermès dévoilé de Cyliani, si cher à Eugène Canseliet, sera publié en 1915. En 1925 paraîtra de Emile Jules Grillot de Givry une édition de La monade hiéroglyphique de John Dee. La lumière tirée du chaos de Louis Grassot sera mise en vente en 1930, de même que le Dogme et rituel de haute magie d'Eliphas Lévi.

Si on veut absolument sortir du strict domaine de l'occulte, Chacornac a également publié en 1924 les Ennéades de Plotin...

Parallèlement l'aventure de la revue Le voile d'Isis se poursuit. En 1933 cette revue d'inspiration de plus en plus guénonienne deviendra Etudes traditionnelles, qui paraît toujours.

Contrairement peut-être à son frère Louis, décédé à 65 ans en 1955, Paul Chacornac, qui quittera ce monde à 79 ans passés, en 1964, est aussi écrivain; on lui doit, outre une histoire de l'astrologie médiévale qui est restée hors commerce, un livre sur Eliphas Lévi (1926), une note bibliographique à l'édition des Noces chymiques de Jean Valentin Andreae (1928), Le comte de Saint Germain (1947), La vie simple de René Guénon (1958), enfin Grandeur et adversité de Jean Trithème (1963).


Toujours situées quai saint Michel à Paris, la librairie et les éditions Chacornac deviendront ensuite les Editions Traditionnelles, sous la houlette d'André Villain. Ce dernier décéda en 1985. Les Editions Traditionnelles ont récemment déménagé et se trouvent désormais rue des Fossés
Saint Bernard.

La librairie de Nicole et André Braire est d'ailleurs à vendre, ce couple préférant se consacrer exclusivement à l'édition.


Devenant aveugle sur ses vieux jours, Paul Chacornac n'est pas resté sans descendance. Qui est ce Jacques Chacornac, employé d'un kiosque parisien, à qui André Braire remit il y a quelques années un certain nombre de souvenirs de famille, dont le livret militaire de l'aîné des frères Chacornac?

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-champagne-nel-paese-charconac-35788569.html


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