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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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8 août 2006 2 08 /08 /août /2006 11:11

cavalierd-sar-onn-honnecourt.champagne

La planche XI de l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, illustré par Julien Champagne, comporte deux motifs en médaillon, figurant tous deux au porche central de Notre-Dame
de Paris.

Celui de gauche s'intitule La Cohobation, et celui de droite Origine et Résultat de la Pierre. Dans l'édition Pauvert du même ouvrage, les clichés correspondants, sans doute dûs à Pierre Jahan, portent respectivement les numéros XVIII et XIX.

Que nous en dit Fulcanelli dans son livre?


pl-11.champagne

"Auprès du contrefort qui sépare le porche central du portail nord, le premier motif nous présente un cavalier désarçonné se cramponnant à la crinière d'un cheval fougueux.

Cette allégorie a trait à l'extraction des parties fixes, centrales et pures, par les volatiles ou éthérées dans la Dissolution philosophique. C'est proprement la rectification de l'esprit obtenu et la cohobation de cet esprit sur la matière grave.

Le coursier, symbole de rapidité et de légèreté, marque la substance spirituelle; son cavalier indique la pondérabilité du corps métallique grossier. A chaque cohobation, le cheval jette bas son cavalier, le volatil quitte le fixe; mais l'écuyer reprend aussitôt ses droits, et cela tant que l'animal exténué, vaincu et soumis, consente à porter ce fardeau obstiné et ne puisse plus s'en dégager.

L'absorption du fixe par le volatil s'effectue lentement et avec peine. Pour y réussir, il faut employer beaucoup de patience et de persévérance et réitérer souvent l'affusion de l'eau sur la terre, de l'esprit sur le corps.

Et c'est seulement par cette technique, - longue et fastidieuse, en vérité, - que l'on parvient à extraire le sel occulte du Lion rouge avec le secours de l'esprit du Lion vert..."

Fulcanelli revient un peu plus avant dans son texte sur le même motif, pour souligner qu'en dépit des outrages du temps et des déprédations de toutes sortes dont elle a été victime, Notre-Dame conserve en elle-même le coloris orginal des figures de son grand porche.

"Guillaume de Paris, dont nous devons bénir la perspicacité, sut prévoir le préjudice considérable que le temps porterait à son oeuvre.

En maître avisé, il fit reproduire minutieusement les motifs des médaillons sur les vitraux de la rose centrale. Le verre vient ainsi compléter la pierre et, grâce au secours de la matière fragile, l'ésotérisme reconquiert sa pureté primitive.

On découvrira là l'intelligence des points douteux de la pratique. Le vitrail, par exemple, dans l'allégorie de la Cohobation (premier médaillon), nous présente, non un vulgaire cavalier, mais un prince couronné d'or, à veste blanche et bas rouges."

Combien voudrions-nous pouvoir admirer ces vitraux avec vous, et, au moment où l'on constate les ravages sur nos verrières médiévales de la pollution industrielle, combien il nous faut souhaiter que les trésors de nos basiliques, parisiennes et autres, ne soient pas abandonnés à l'indifférence d'édiles surtout intéressés par leur notoriété immédiate, ni à celle d'un clergé ô combien séculier!

 

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cohobation.champagne


"Au second médaillon, poursuit Fulcanelli, l'Initiateur nous présente d'une main un miroir, tandis que de l'autre il élève la corne d'Amalthée; à ses côtés se voit l'Arbre de Vie.

Le miroir symbolise le début de l'ouvrage, l'Arbre de Vie en marque la fin, et la corne d'abondance le résultat.

Alchimiquement, la matière première, celle que l'artiste doit élire pour commencer l'OEuvre, est dénommée Miroir de l'Art...

Ce sujet, si vulgaire et si méprisé, devient par la suite l'Arbre de Vie, Elixir ou Pierre philosophale, chef-d'oeuvre de la nature aidée par l'industrie humaine, le pur et riche joyau alchimique.

Synthèse métallique absolue, elle assure à l'heureux possesseur de ce trésor le triple apanage du savoir, de la fortune et de la santé.

C'est la corne d'abondance, source intarissable des félicités matérielles de notre monde terrestre..."

 

clipboard02.11.champagne

Dans ses Deux Logis Alchimiques (Schemit, 1945, Pauvert, 1979, et Bailly, 1998), Eugène Canseliet insistera à nouveau sur ce thème, à propos de la sirène noire et enceinte, peinte au plafond de la salle des gardes du château du Plessis-Bourré, dans le Maine-et-Loire:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_du_Plessis-Bourr%C3%A9

"Je suis noire mais belle - Nigra sum sed formosa - déclare, au premier chapitre du Cantique des Cantiques, la Grande Dame, qui est épouse excellement, tandis qu'au château du Plessis-Bourré, elle contemple son obscure beauté dans le miroir de l'art qui est issu d'elle-même.

Au-dessous de l'objet pesant, une corne d'abondance paraît en souligner la réfléchissante vertu..."


sirene.champagne

Oui, réfléchir, méditer, et puis voir, contempler la Merveille. En bas près des porches, comme en haut, sur les rosaces et même parmi les gargouilles de la galerie haute. La Grande Dame, Notre-Dame continue d'y veiller sur son, sur ses alchimistes.

 

vdalchemista.champagne
http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-cohobation-de-julien-champagne-120342281.html
cattiauxviergenoire.champagne

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7 août 2006 1 07 /08 /août /2006 13:45





C'est à Axel Brücker que revient le mérite d'avoir, dans son Fulcanelli et le mystère de la croix d'Hendaye (Séguier, 2005), attiré l'attention sur Pierre Jahan et son oeuvre.

Personnellement, je ne considère pas que ce photographe de renom ait dépossédé Julien Champagne de l'illustration des livres de Fulcanelli, à partir des éditions Pauvert, mais plutôt qu'il en a prolongé le travail.

En attendant, peut-être, une prochaine publication de ces livres, qui rende à nouveau justice au talent d'Hubert...

Mais la photographie, comme la peinture, ou le dessin, entre autres, est elle aussi un art et ce désormais depuis plusieurs siècles.

Avec Pierre Jahan (1909-2003), nous nous trouvons donc en bonne compagnie. "Véritable alchimiste de la photo, nous dit Brücker, il développait et "tirait" lui-même ses photos en noir & blanc, dans son atelier ou même dans son appartement, dans lequel il avait installé un laboratoire."

Dès 1929, il devint "photographe-illustrateur", ainsi qu'il se définit lui-même, travaillant pour des revues de prestige comme L'Illustration.

Dans les années 1930, il commence à exposer, avec Henri Cartier-Bresson, Man Ray...son inspiration étant encore très classique, comme en témoigne sa Vierge à l'enfant de 1938.



Dès 1940, cependant, il commence à produire des études de nu.



Pour Brücker, sa plus grande rencontre, son plus génial modèle et maître sera Jean Cocteau, dont il fera les plus beaux portraits, de même qu'il photographiera aussi Colette, ou Picasso.

En 1946, Cocteau co-signera avec lui La mort et les statues (Editions du Compas), dont est extrait le Centaure reproduit ici. Ce volume semble avoir été repris par Seghers en 1977.


En 1949, s'inspirant peut-être des livres de Fulcanelli, Jahan sortira avec Jean-François Noël le premier volume de ses Gisants (Paul Morihien, éditeur) , photographies en pleine ou double page des tombeaux les plus magnifiques comme celui de Blanche de Castille ou Catherine de Médicis. Les photos seront accompagnées de textes de Cocteau.



C'est probablement cet ouvrage des Gisants, consacré à vingt cinq reines et rois de France, et agrémenté de notices historiques de Philippe Erlanger,  qui donnera ensuite à Jean-Jacques Pauvert et Eugène Canseliet l'idée de demander à Pierre Jahan de photographier les monuments du Mystère des Cathédrales, et, plus tard, une partie de ceux des Demeures Philosophales.

En 1950, Pierre Jahan rejoint le Groupe des XV, aux côtés notamment de Robert Doisneau.

Toujours en 1950, ce digne successeur de Julien Champagne a publié aux éditions du Cerf des extraits illustrés du poème de Charles Péguy : Présentation de la Beauce à Notre-Dame de Chartres.

Toutefois, cet ouvrage pourrait être une reprise d'une édition antérieure, de 1940 ou du moins des années 1940.

Il existe peu de textes consacrés à Pierre Jahan et à son oeuvre; citons cependant le Des mains parlent de la collection Photogalerie, aux éditions Ides et Calendes, de Neuchâtel (Suisse), qui est paru en 2002, aux bons soins d'Alain Fleig:

http://www.idesetcalendes.eu/index.php?module=produit&prd_id=175

Et ne quittons pas l'ami Pierre sans mentionner l'intérêt de certains des collages photographiques d'un Jahan qui fut à certains égards, lui aussi, proche du surréalisme:

http://www.parisenimages.fr/hist-bio.php
http://www.articite.com/events-arts-visuels/nov05/44.htm

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-de-champagne-a-pierre-jahan-120342180.html



Ah, oui, j'oubliais; dans les éditions Pauvert des Fulcanelli, "la plupart" des photographies sont de Pierre Jahan, mais les autres?

D'après Richard Caron, dans l'édition Bailly des Deux Logis Alchimiques d'Eugène Canseliet (1998), sur laquelle il nous faudra revenir, les autres clichés auraient été pris par un certain R.J. Ségalat.

R.J. comme Roger-Jean, sans doute, encore un Vaudois!



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1 août 2006 2 01 /08 /août /2006 14:30

aquarelleJCcouleur.champagne



Parmi les oeuvres de jeunesse de Julien Champagne, à caractère non alchimique, répertoriées par Geneviève Dubois dans son livre Fulcanelli dévoilé, figurent trois aquarelles de 1895.

Dubois emploie d'ailleurs à leur propos une expression curieuse, écrivant "nous possédons trois aquarelles", ce qui peut prêter à interprétation.

Elle n'en reproduit qu'une, datée du 9 août 1895, intitulée Beauvoir-Rivière, soleil couchant, un paysage de...campagne que voici donc, soumis à notre sagacité, et pour l'instant hélas en noir et blanc.

La commune de Beauvoir-Rivière était, ceci ne devrait pas nous surprendre, une commune du département de la Somme.

Les recherches à son sujet sont de nos jours un peu compliquées par cet "était", justement. En 1974, un regroupement de communes l'a rapprochée de Wavans-sur-Authie, et la nouvelle municipalité, dite désormais Beauvoir-Wavans, a changé de nom.

Elle a de plus changé de département, et se trouve désormais sise dans le Pas-de-Calais. D'une façon que je trouve très symbolique, on y trouve donc "très logiquement" deux monuments aux morts, un face à l'école, l'autre en face de l'église!

Ainsi s'acharne-t-on à compliquer le devoir et le travail de mémoire dans la durée, au nom de considérations parfois bien provisoires.

riviere.champagne.jpg

Mais je ne voudrais pas terminer ce post sur une note aussi acerbe et en tout cas mélancolique, et puisque nous voici en pleine pause estivale, je vais souhaiter à tous ceux qui peuvent et veulent en profiter de bonnes vacances, - si possible au vert, - et aux autres, bonne continuation dans leur travail et leurs chères études.

Ce blog, figurez-vous, a six mois d'existence, et sans vouloir vous infliger un bilan en règle, je veux aussi remercier sans plus attendre ses quinze mille lecteurs à ce jour.

Merci de votre attention, de votre intérêt toujours soutenu et renouvelé, et aussi de vos contributions. On en est  à peu près à un commentaire pour deux posts actuellement, ce que je trouve tout à fait encourageant.

Sans oublier, chers Walter Grosse, CosyRay et Calendrier notamment, tous ceux et celles grâce à qui il s'est trouvé très concrètement et substantiellement enrichi. Merci pour Julien Champagne, et pour son OEuvre.

A tous et toutes, je dis donc à bientôt, pour un soleil levant.

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-paysage-de-julien-champagne-120342144.html





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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 13:25




Après Paul de Lesseps, qui a été un des employeurs de Julien Champagne (mes posts du 04 février et  du 23 juillet 2006), voici venu le tour de son frère Bertrand, qui lui aussi a eu recours aux services de l'artiste, à la fois comme dessinateur et comme alchimiste.

Comme on peut le voir sur ces clichés de 1910 ou environ, les frères de Lesseps agissaient fréquemment de conserve, ce qui d'ailleurs n'a rien que de très normal.

Mais du coup, il est parfois difficile de les distinguer, d'autant que l'air de famille est passé par là, et que la famille Lesseps a été - et est peut-être toujours - nombreuse.

Et puis il y a les activités conduites en famille, les goûts partagés, comme celui de l'aéronautique, la passion de l'alchimie.

Quel est par conséquent "l'aviateur de Lesseps" que l'on voit canoter de plaisante façon sur l'avenue Montaigne à Paris? Je vois sur cette carte postale trois messieurs bien mis, que leur haut de forme et leur moustache n'aident guère à distinguer l'un de l'autre.

Encore une fois, Paul, Jacques, Bertrand, ou...Tous trois ont fait partie des pionniers français de l'aéronautique.

D'où l'intérêt de la première photo, où grâce à la légende au moins le doute ne semble guère permis. Bertrand est à gauche de la dame, et Jacques à sa droite.

Vous avez dit dame? Et bien non, mesdames, je ne dirai rien ce jour ni de la comtesse du Bouays de la Bégassière, ni de la baronne Delagrange, appartenant toutes deux à des familles alliées aux Lesseps, et ce pour plusieurs raisons.

D'abord, la Sainte Juliette est passée, nous fêtons aujourd'hui Ignace de Loyola, un peu d'austérité me semble de mise.

Ensuite, ces deux dames jusqu'à preuve du contraire ne font pas partie de la "galaxie Champagne", c'est tout de même Bertrand le sujet de ce post!

Enfin, ma discrétion naturelle me l'interdit. Comment, vous vous asseyez sur ma discrétion? Ah je vois, ce sont les messieurs qui sont marris: tant pis pour eux.


Pour en revenir donc à Bertrand Marie, il est né en 1875 et décédé en 1917 ou 1918. 

1918, si l'on en croit ce certificat de décès, et il aurait été glorieusement "tué à l'ennemi":



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En 1902, il épousa Marguerite Sara Faure (1877-1969), dont il eut un fils, René Bertrand Ferdinand (1905-1980).

Si Jacques est le plus connu des aviateurs Lesseps, Bertrand s'illustra également très tôt comme aviateur émérite, internationalement connu, et dès 1910, année décidément faste par certains côtés, volait en compagnie de l'"as" Walter Brookins:

http://www.earlyaviators.com/ebrookin.htm

En 1912, il effectue à bord d'une automobile à hélice le trajet Paris-Lyon:

http://www.helica.info/monographie.pdf

Comment à se propos ne pas se souvenir du traineau à hélice cher à Julien Champagne et Raymond Roussel (mon post du 14 février 2006)?

Selon Walter Grosse:

http://www.fulgrosse.com/

Bertrand de Lesseps s'attacha les services de Julien Champagne dès 1907, soit trois ans avant qu'il n'obtint son brevet civil de pilote de l'aéroclub de France, en même temps que son frère Jacques.

Vous savez déjà une partie de la suite ; Jacques, que fréquentèrent pourtant Fulcanelli et Eugène Canseliet, ne semble pas avoir été en aussi étroits rapports avec Julien Champagne que ses frères Paul et Bertrand.

Cela peut paraître étrange, mais c'est ainsi, du moins dans l'état de nos connaissances actuelles.

Dans Le Feu du Soleil (Pauvert, 1978), Eugène Canseliet précisera :

"Ferdinand de Lesseps avait trois fils. Je les ai connus tous les trois. L'aîné, Bertrand, a été tué, je crois bien, un jour avant l'armistice, le 10 novembre 1918. C'a été une immense perte pour Champagne."

Il est vrai que le même Canseliet, dans ses Deux Logis Alchimiques (Pauvert, 1979), présente Julien comme "le dessinateur de Bertrand de Lesseps et de Fulcanelli."

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-champagne-et-bertrand-de-lesseps-120342122.html



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30 juillet 2006 7 30 /07 /juillet /2006 21:17


Nous voici de retour en Arles, après notre post du 20 mai 2006: Arlésienne de Champagne, puisque nous pouvons, en ce soir de la sainte Juliette, admirer avec vous un cliché, cette fois pris à l'endroit, de la reproduction par Julien Champagne du tombeau de Constantin, dessin qui devait figurer parmi ceux du troisième ouvrage de Fulcanelli, intitulé Finis Gloriae Mundi et non paru à ce jour.

Relisons, à propos de ce livre "mythique", l'extrait correspondant de l'inventaire des documents du dossier consulté en 1982 à Savignies par feu Jean Laplace, à qui je cède bien respectueusement la parole:

"Une page répertoriée D à l'encre violette, écrite de la main de Fulcanelli et titrée Le Labarum de Constantin."

Alors même qu'il l'a fait graver sur sa tombe, je ne crois pas qu'Eugène Canseliet se soit jamais exprimé sur le sigle I.H.S., qui peut alternativement signifier Jésus sauveur de l'humanité ou Par ce signe (tu vaincras).

Fulcanelli, après l'avoir mentionné dans Le Mystère des Cathédrales, y est revenu dans Les Demeures Philosophales, à propos de Sainte Véronique (mon post du 04 février 2006: Sainte Véronique et Champagne).

"Tel est le sens de l'inscription latine In hoc signo vinces, "tu vaincras par ce signe", placée sous le chrisme du labarum de Constantin...

Le signe de la croix, monogramme du Christ dont l'X de Saint André et la clef de Saint Pierre sont deux répliques d'égale valeur ésotérique, est donc bien cette marque capable d'assurer la victoire par l'identification certaine de l'unique substance exclusivement affectée au labeur philosophal."

Je ne doute pas, personnellement, que cette substance soit féminine. Et puisque nous avons récemment évoqué le Mars de Roméo, comment ne pas noter, sur ce dessin et sur ce cliché du tombeau impérial, la présence centrale, chères Juliettes, et bien sûr vous surtout, Juliette chère, du signe de Vénus?

Ce signe, vous savez également, n'est-ce pas, qu'il est bien évidemment aussi celui du bouleversement de la terre.

Fulcanelli, dans les Demeures Philosophales, reviendra sur les rapports tumultueux entre Mars et Vénus au chapitre Le grimoire du chateau de Dampierre, à propos du troisième caisson de la première série de la galerie haute:

"Quatre fleurs épanouies et dressées sur leurs tiges sont en contact avec le tranchant d'un sabre nu. Ce petit motif a pour devise:

.NVTRI.ETIAM.RESPONSA.FERVNTVR.
Développe aussi les oracles annoncés...

Ces oracles, au nombre de quatre, correspondent aux quatre fleurs ou couleurs qui se manifestent pendant l'évolution du Rebis...Ces phases, diversement colorées, portent le nom de Régimes ou de Règnes...

A chaque régime les philosophes ont attribué l'une des divinités supérieures de l'Olympe...Au règne de Mercure (Hermès, base, fondement), premier stade de l'OEuvre, succède celui de Saturne (Chronos, le vieillard, le fou); Jupiter gouverne ensuite (Zeus, union, mariage), puis Diane (Artémis, entier, complet), ou la Lune, dont la robe étincelante est tantôt tissée de cheveux blancs, tantôt faite de cristaux de neige;

Vénus, vouée au vert (Aphrodite, beauté, grâce), hérite alors du trône, mais Mars la chasse bientôt (Arès, adapté, fixé), et ce prince belliqueux, aux vêtements teints de sang coagulé, est lui-même renversé par Apollon (le triomphateur), le Soleil du Magistère, empereur vêtu de brillance écarlate, lequel établit définitivement sa souveraineté et sa puissance sur les ruines de ses prédécesseurs."

Et l'Adepte dévolu au XXème siècle de préciser, à mon avis mezza voce:

"Quelques auteurs, assimilant les phases colorées de la coction aux sept jours de la création, ont désigné le labeur entier par l'expression Hebdomas hebdomadum, la Semaine des semaines, ou simplement la Grande Semaine, par ce que l'alchimiste doit suivre au plus près, dans sa réalisation microcosmique, toutes les circonstances qui accompagnèrent le Grand OEuvre du Créateur."


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29 juillet 2006 6 29 /07 /juillet /2006 21:49


Julien Champagne a notamment été l'illustrateur des livres de Fulcanelli; notamment, nous l'avons vu et le verrons, mais pas uniquement.

Eugène Canseliet en fut le rédacteur, puis le "propagateur", j'allais écrire, entre guillemets bien sûr, le propagandiste; je crois même qu'il est le véritable ou du moins un véritable apôtre de la science hermétique.

Une question que je voudrais poser à ce stade est la suivante: Y a-t-il eu un Julien Champagne d'Eugène Canseliet? Globalement, ma réponse sera actuellement négative, Canseliet, peintre et dessinateur, a été son propre Julien Champagne, et a choisi de n'illustrer qu'occasionnellement, de ses propres esquisses, ses livres et articles de revues, ce que d'ailleurs on peut regretter d'un point de vue esthétique: confortée par ses aquarelles, son oeuvre n'en est que plus belle, par exemple quand il traite du traité Donum Dei de Georges Aurach .

Si on excepte donc certaines collaborations pratiquement ponctuelles, comme celle déjà mentionnée de sa fille Isabelle, un seul nom me paraît s'imposer dans la durée, celui, qu'on pourra trouver inattendu, de Jorge Camacho.

Comment peut-on considérer que ce peintre cubain surréaliste est un continuateur, presque un héritier de Julien Champagne, du moins dans certaines de ses productions, alors qu'il est né à La Havane deux ans après la mort d'"Hubert"? C'est, cher CosyRay, ce que nous allons maintenant découvrir ensemble.

Ouvrons donc pour commencer l'essai d'Eugène Canseliet sur L'hermétisme dans la vie de Swift et dans ses voyages, tiré à part des Cahiers du Sud publié dans la collection Hermès de Fata Morgana en 1983 ( édition "définitive" en 1998).

Les illustrations sont de Jorge Camacho, dont celle-ci:


On peut y vérifier à nouveau la justesse de l'adage alchimique qui veut que très souvent les images sont plus sincères, plus parlantes que les textes des écrits.

Il ne m'appartient pas de développer le point de science évoqué ci-dessus, mais comment ne pas voir qu'il est tout sauf accessoire?

La réminiscence d'une des devises de Jacques Coeur est patente, et bien sûr la lecture cabalistique "fer terre" sera plus qu'autorisée, comme en témoignent les symboles astrologiques et chymiques qui encerclent les mots fatidiques et les unissent.

Il me paraît évident que la main de Jorge Camacho a été comme tenue, qu'il a sans doute réalisé mais peut-être pas conçu cette vignette. Alors, cette oeuvre serait, sinon alimentaire, du moins de circonstance? Et bien, rien n'est moins sûr.



Que savons nous au juste de cet artiste? Autodidacte, Jorge Camacho s'établit en 1959 à Paris où il se lie à André Breton et aux Surréalistes. "Celui qui piège", ainsi que le désignait Breton en 1964, restera fidèle à ses premiers engagements.

En 1965, il participera à la XIème exposition internationale du surréalisme, l'Ecart Absolu, à la Galerie l'Oeil. Il deviendra un ami proche d'Henri Michaux et Joyce Mansour...Jorge Camacho vit et travaille entre Paris et l'Andalousie depuis 1975.

Il a puisé dans tous les domaines de la culture pour nourrir sa vision d'artiste: l'art précolombien, le jazz, la musique andalouse, la poésie française et haïtienne (qu'il traduit), la science alchimique et la cabale, la photograhie, l'ornithologie...L'oeuvre de Jorge Camacho naît d'un désir de peindre tout ce que le réel a d'énigmatique et de paradoxal.

Son espace pictural aborde des mondes torturés, où l'ésotérisme le plus sophistiqué côtoie un chamanisme surpenant. Au delà de ces marques, les tableaux de Jorge Camacho expriment un univers poétique, sous l'éclairage raffiné d'une palette...fauve.

En 2003, il a exposé à la Maison parisienne de l'Amérique latine et Somody a fait paraître à cette occasion un livre collectif, comprenant des textes de l'écrivain cubain Zoé Valdès, et intitulé Jorge Camacho, Le miroir aux mirages.

En 2004, Anne Tronche lui a consacré un ouvrage bilingue, français et espagnol, aux éditions Palantines: Jorge Camacho, vue imprenable...



Vue imprenable en tout cas sur l'alchimie, dont on voit bien qu'elle a pu être au moins facilitée par la rencontre avec André Breton, admirateur de Fulcanelli et ami d'Eugène Canseliet.

A partir de 1968, Jorge Camacho s'intéresse à l'étude de la science alchimique, et choisit comme devise "Silentium Post Clamores", le titre même d'un ouvrage de Michel Maier (1617), où l'auteur présente les origines du rosicrucianisme comme notamment égyptiennes...

A ce moment, de façon significative, Jorge Camacho cesse de participer à toute activité collective. Il dirigera...chez Fata Morgana une collection sur l'alchimie, et inaugurera en 1978 le cycle de ses propres publications alchimiques par son Héraldique alchimique nouvelle, qu'il co-signera avec Alain Gruger (Le Soleil Noir), et sur lequel nous allons revenir.

 

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Il ne s'agit pas là d'une passade, d'un feu de paille, au contraire, la démarche est volontaire, durable. Voyez plutôt cette liste de ses ouvrages "sur l'alchimie", extraite de sa bibliographie de 2003:

Le Hibou philosophe, avec une introduction de Bernard Roger, La Pierre d'Alun, Bruxelles, 1991
Basile Valentin, De la nature des métaux, avec une introduction de Bernard Roger, la Pierre d'Alun, Bruxelles, 1997
Typus Mundi, commenté par Bernard Roger et Jorge Camacho, Tenuel, Huelva, 1997
Arcanes de la philosophie naturelle, avec une introduction de Bernard Roger, Fondation Pol François Lambert, 1998
La cathédrale de Séville et son bestiaire hermétique, avec Bernard Roger, Pol François Lambert, Huelva, 2001

Mentionnons aussi, à la même rubrique, deux catalogues d'exposition:

Le Ton Haut, à la Galerie Mathias Fels, avec une préface de Bernard Roger, 1969
La Danse de la mort, à la Galerie de Seine, avec une préface de René Alleau, 1976

J'en profite, sans hélas pouvoir m'appesantir sur ce point, pour regretter la discrétion et le silence qui entourent les activités alchimiques de Bernard Roger et de René Alleau, tous deux proches des surréalistes.



Mais revenons, si vous le voulez bien, à l'Héraldique alchimique nouvelle de Jorge Camacho et Alain Gruger.

Elle est tout de même préfacée - et postfacée - par un Eugène Canseliet, qui de surcroît signe solennellement de ces lettres de Frère Chevalier d'Héliopolis, F.C.H., ce qui est inhabituel.

Canseliet naturellement insiste d'emblée sur l'importance en alchimie de la science du blason.

"Le blason ne parle que pour ceux qui sont capables d'en saisir le langage indistinct."

Pour arriver au degré altissime de pureté requis par l'alchimie, ajoute-t-il, "la voie est longue et difficile que Jorge et son ami inséparable, à la suite de notre cher André Breton, parcourent inlassablement, dans leur quête de l'or du temps; ce moteur perpétuel du Surréalisme.

Leurs découvertes sont nombreuses que, dans l'amour et la charité, ils ont transformées en emblèmes et en devises, sur écus et banderoles."

De ces emblèmes, j'ai choisi de reproduire le quarante et unième, qui est intitulée le cheval de bois et est accompagnée d'un vers magnifique d'Arthur Rimbaud, poète que de surcroît  Jorge Camacho a traduit par ailleurs:

"Elle est retrouvée! Quoi? l'éternité. C'est la mer mêlée Au soleil."

Devons nous entendre que la distinction entre voie sèche et humide et en partie sophistique?

Quant au cheval de bois, il nous renvoie bien sûr aux jeux des enfants, dont le cerf-volant est une autre illustration.

Jeux d'enfants qui fournirent le titre d'un classique traité d'alchimie, reproduit par Jean Laplace dans deux de ses livraisons du Curieux de Nature.

Travail de femmes et jeux d'enfants, c'est une des définitions possibles du labeur alchimique. Travail de femme, car il ne s'agit bien souvent "que" de laver et cuire.

Dans son épilogue à l'Héralidique alchimique nouvelle, Canseliet rappelle ainsi:

"L'alchimie se montre tout spécialement l'art de la cuisson."


Sur le jeu des enfants, Eugène Canseliet reviendra à plusieurs reprises, notamment dans son Alchimie expliquée (Pauvert).

Au chapitre de L'oeuf philosophal, il estime ainsi, à propos d'une représentation de la Vierge, qui reçoit sur son sein le fluide spirituel du cosmos, qu'elle renvoie tout aussitôt sur le petit Jésus étendu à ses pieds, dans son douillet moïse:

"Ce sont, précisément, ces symboliques manipulations, de la Vierge Marie et du bambin précoce, qui concourent à la confection du vase, dans le Grand OEuvre, et qui justifient que l'ensemble des Philosophes les eussent comparées au jeu des enfants et au travail des femmes."

Cette Vierge est-elle l'Isis noire ou déjà la Dame blanche à laquelle  Jorge Camacho a consacré vers 1998 le tableau ci-dessus? Voyez:

http://www.habanaelegante.com/Fall-Winter2002/Cafe.html

...et devinez!


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-cuba-libre-de-champagne-119957431.html


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29 juillet 2006 6 29 /07 /juillet /2006 19:11

 

 


De la Suisse à l'Italie, il n'y a qu'un pas alpestre, n'est-ce pas? Alors voilà, je ne sais pas si Julien Champagne est allé dans la péninsule, mais puisque nous l'avons rencontré comme Eugène Canseliet à Marseille, pourquoi pas.

Faisons un rêve, voulez-vous: Aix en Provence, Cimiez sur les hauteurs de Nice...Et pourquoi pas la villa Palombara à Rome?

Figurez-vous que c'est un de mes projets, écrire une carte d'Europe des demeures philosophales.

Si on excepte la France, thème du Guide des lieux et demeures alchimiques de Josane Charpentier, paru chez Retz en 1980, préfacé par Eugène Canseliet et orné de dessins de sa fille Isabelle, que reste-t-il?

Mais beaucoup, à mon avis. Dans ce blog, je viens d'évoquer la Suisse, et l'Espagne aussi, et auparavant encore le Royaume-Uni, du moins si nous considérons que l'Angleterre et l'Ecosse sont unies...

Beaucoup de découvertes, ou de redécouvertes, restent à faire dans ce domaine, ne croyez-vous pas?

Souvenons-nous en tout cas que selon Fulcanelli et Canseliet le terme de demeure philosophale est à prendre de façon...philosophique.

Tel objet d'art, dont la dimension hermétique ou alchimique est évidente, sera ainsi une demeure. Et une demeure philosophale si cet esprit qui est supposé l'animer reste présent.

Un bouquin oublié sur l'étagère vermoulue d'une bibliothèque redeviendra par conséquent instantanément philosophal s'il tombe, heureusement, entre les mains chanceuses d'un chercheur, d'un labourant.

Ceci étant posé, j'en arrive à la question centrale de ce post: un livre de Geneviève Dubois sur Fulcanelli, traduit en italien peut-il être considéré comme une demeure?

Vous haussez les sourcils, mais vous savez déjà ma réponse. La traduction du français d'Alda Teodorani, traduttore...n'est guère critiquable, et l'introduction de Gianfranco de Turris, si elle apporte peu, a du moins le mérite de situer cette oeuvre dans son contexte.

Et surtout, contrairement à la récente version américaine du même ouvrage, la reproduction des illustrations par les Edizioni Mediterranee (1996) est de qualité, une qualité au moins égale à celle que nous observons dans l'édition originale française.

Voilà, en partie du moins, la raison pour laquelle c'est sur la version transalpine que j'ai souvent travaillé pour proposer certains des mes clichés.

Et puis, et ce n'est certes pas négligeable, Julien Champagne est toujours là, présent dès la couverture, avec cet autoportrait de l'âge mûr dont la datation et la localisation restent actuellement encore incertaines.

Pour combien de temps encore?

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-en-italie-118224148.html


misterio.champagne.jpg

 

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29 juillet 2006 6 29 /07 /juillet /2006 10:20


Il est sans doute trop tôt pour estimer à sa juste valeur l'apport d'un Jean Laplace à l'alchimie traditionnelle.

Le vocable "trop tard connu, trop tôt laissé" de l'Adepte de Dampierre sur Boutonne, que l'on peut méditer à partir de la couverture de l'Index Fulcanelli, me paraît s'appliquer singulièrement bien à ce jeune Philosophe, disciple d'Eugène Canseliet, avec qui il s'est brouillé par sa faute, puis réconcilié avec l'humilité requise par l'obédience.

Né peu après la seconde guerre  mondiale (1951), il nous a brusquement quittés vers le milieu des années 1990 (1996), sans doute après avoir réussi au moins le premier oeuvre. S'agissant d'oeuvre, je voudrais reprendre brièvement à mon compte, et à son propos, l'expression "lueurs d'une oeuvre", autrefois utilisée par un correspondant de la revue Initiation & Science, qui visait dans son article le mythe fulcanellien.

Jean Laplace faisait partie du cercle des alchimistes de Grenoble, dont certains membres sont devenus des auteurs connus.

Il a commencé sa carrière de publiciste en fondant la revue La Tourbe des Philosophes, qui devait être reprise ultérieurement par Bernard Renaud de la Faverie, et qui ne paraît plus actuellement.

Dès 1977, ses éditions provinciales de la Tourbe ont le culot de rééditer les introuvables Voyages en kaléïdoscope, d'Irène Hillel-Erlanger, à l'étrange parfum surréaliste et dont l'hermétisme avait aussitôt frappé Fulcanelli.

L'année suivante, il fait paraitre un fascicule au titre provocateur: Révélations Alchimiques sur la Fin du Monde, orné d'un cliché du célèbre tableau de Valdes Leal: Finis Gloriae Mundi, déjà examiné dans mon post du 04 mars 2006: Julien Champagne et le Finis Gloriae Mundi.

Car c'est ici, bien entendu, que nous allons retrouver Julien Champagne, même s'il n'apparaît pas directement dans le livret.


Les mérites de ce dernier ne sont certes pas dûs à son épaisseur, et Jean le bien prénommé ne s'attendait sans doute pas à un succès public, qui a mis en exergue au début de son étude le "Je suis la voix qui crie dans le désert" du Baptiste.

J'ajouterai simplement que sa trame mérite un détour, et je citerai par exemple cette phrase de la quatrième de couverture:

"Au travers du FINIS GLORIAE MUNDI de Valdès Leal, au fil d'une histoire événementielle réelle, se dessine la destinée de la terre réglée par l'horloge des ondes."

Le troisième livre de Fulcanelli apparaît, lui, en filigrane, et est mentionné au travers d'une citation d'Eugène Canseliet, extraite du N°4 de La Tourbe des Philosophes (1978):

"Devant la passive résignation des peuples asservis par le scientisme, je comprends mieux, après bientôt un demi-siècle, la ferme décision prise par Fulcanelli, que son troisième livre ne fut pas publié, qui portait ce titre latin particulièrement évocateur:

FINIS GLORIAE MUNDI
La Fin de la Gloire du Monde."


S'étant retiré à Bâle, en Suisse, Jean Laplace y fit paraître, dans les années 1980 et au début des années 1990, une série de fascicules principalement consacrés à l'alchimie, et en principe uniquement vendus par correspondance, à des abonnés très peu nombreux.

Le fascicule 4 du volume I de sa "collection d'alchimie", dont un cliché est reproduit ci-dessus, présente à mon sens un intérêt exceptionnel.

Postérieure à janvier 1993, son impression nous permet ainsi d'accéder d'une part à un inédit d'Eugène Canseliet, tout bonnement consacré à la définition d'alchimie, et de l'autre à un dossier intitulé : Fulcanelli, Fragments du Finis Gloriae Mundi.

Ce dossier est en partie repris de l'article de Jean Laplace paru dans le N°31 de La Tourbe, et déjà mentionné.

Voici tout ce qui y concerne directement Julien Champagne.


"Nous apportons, commence Jean Laplace, de nouvelles précisions au sujet de quelques documents du dossier que nous avons examiné à Savignies en 1982, et dont voici l'inventaire..."

"Une grande photo du F.G.M. de Valdès Léal numérotée en bas 16975. Au dos, indications de Fulcanelli à Julien Champagne pour le frontispice de son troisième ouvrage..."

"Un faire-part pour la mort de Julien Champagne inhumé le 29 août à 9h15..."

"Nous avons conservé, continue-t-il, une copie, parfois partielle, de quelques uns de ces documents, de sorte qu'aujourd'hui nous pouvons préciser ce qui suit..."

"La photographie devant servir de modèle Julien Champagne pour le dessin du frontispice du troisième ouvrage de Fulcanelli, porte au dos une note manuscrite précisant que l'arrondi du cadre devra être exploité pour introduire, d'un côté les pyramides d'Egypte noyées sous les eaux avec le mot grec CHTHES inscrit dans un phylactère, de l'autre les mêmes pyramides dans un paysage calciné avec le mot AYRION."



Pour conclure - provisoirement, j'espère - nous ne devons pas oublier que Jean Laplace est également l'auteur d'un ouvrage que nous avons encore récemment utilisé: l'Index Canseliet (Pauvert ou Suger, 1986).

Germanisant, il est aussi à mon avis l'acteur principal de la publication en allemand du Mutus Liber commenté par Eugène Canseliet (Weber, Amsterdam, 1991), et des éditions germaniques des Fulcanelli (Mysterium der Kathedralen, Oriflamme 2004, la publication intégrale des Demeures Philosophales en allemand est encore, à ce stade,  en projet).

Enfin, sans vouloir être complet, je pense qu'une oeuvre majeure de Jean restera son étude du poële alchimique de Winterthur (près de Zürich, en Suisse), publiée par Jean-Marc Savary en deux éditions, reliée puis brochée (1992, et Liber Mirabilis, 2000).

Savary dont on pourra recueillir ici le témoignage:

http://alkest.club.fr/ptvuejms.htm

Ce témoignage est en particulier intéressant en ceci, qu'il affirme la pérennité du troisième livre de Fulcanelli, dont comme d'autres je ne suis pas persuadé qu'il ait disparu à jamais.

Quoiqu'il en soit, le poële helvète de Winterthur est bien une demeure philosophale, connue des hermétistes depuis bien plus d'un siècle. Voyez notamment à ce propos :

Jacob, Esquisse hermétique du tout universel, Chacornac, 1902, réédité par Sébastiani à Milan, en 1975, et

Jacob, Explication du poële exposé au musée des arts et métiers de Winterthur, Chez M.L., 2001
(tirage limité à 7 exemplaires).

La planche X du livre principal de Jean Laplace, dont je vous joins un cliché, peut-elle accessoirement faire office à mon sujet d'armes parlantes? A vous d'en juger.

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-de-champagne-a-jean-laplace-118224123.html

 

JL1992.champagne



pcc
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27 juillet 2006 4 27 /07 /juillet /2006 14:44


La planche XVIII de l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, illustré par Julien Champagne, a trait au portail de la Vierge de Notre-Dame de Paris et est intitulée Le Bain des Astres - Condensation de l'Esprit Universel.

Dans l'édition Pauvert, elle est remplacée par un cliché qui porte le numéro XXIX. Voici pour commencer ce qu'en dit Fulcanelli lui-même:

"On remarque encore, sous ce porche, un petit bas-relief quadrangulaire extrêmement curieux. Il synthétise et exprime la condensation de l'Esprit universel, lequel forme, aussitôt matérialisé, le fameux Bain des astres où le soleil et la lune chimiques doivent se baigner, changer de nature et se rajeunir.

Nous y voyons un enfant tomber d'un creuset, grand comme une jarre, que maintient un archange debout, nimbé, l'aile étendue, et qui paraît frapper l'innocent.

Tout le fond de la composition est occupé par un ciel nocturne et constellé."


"Nous reconnaissons en ce sujet l'allégorie très simplifiée, chère à Nicolas Flamel, du Massacre des Innocents, que nous verrons bientôt sur un vitrail de la Sainte-Chapelle", ajoute Fulcanelli.

On pourra à ce sujet se reporter à notre post du 04 février 2006: La Sainte Chapelle et Champagne.

Mais laissons Fulcanelli poursuivre son commentaire:

"Sans entrer par le menu dans la technique opératoire, - ce qu'aucun auteur n'a osé faire, - nous dirons cependant que l'Esprit universel, corporifié dans les minéraux sous le nom alchimique du Soufre, constitue le principe et l'agent efficace de toutes les teintures métalliques.

Mais on ne peut obtenir cet Esprit, ce sang rouge des enfants, qu'en décomposant ce que la nature avait d'abord assemblé en eux.

Il est donc nécessaire que le corps périsse, qu'il soit crucifié et qu'il meure, si l'on veut extraire l'âme, vie métallique et Rosée céleste, qu'il tenait enfermée.

Et cette quintessence, transfusée dans un corps pur, fixe, parfaitement digéré, donnera naissance à une nouvelle créature, plus resplendissante qu'aucune de celles dont elle provient.

Les corps, termine Fulcanelli en rappelant un axiome fondamental de l'alchimie, n'ont point d'action les uns sur les autres; l'esprit seul est actif et agissant."
Dans le numéro 3 de la revue La Tour Saint Jacques (1956), Eugène Canseliet reviendra sur le thème du massacre des innocents, à l'occasion de son article Nicolas Flamel: Traité des laveures (extraits commentés).

Il l'a repris également, en modifiant  son commentaire, dans son édition de Nicolas Flamel, Le Livre des Figures Hiéroglyphiques, paru chez Denoël puis Retz, respectivement en 1970 et 1977.

Voici d'abord le texte des Figures de Nicolas Flamel (1977):

"A l'autre page du cinquième feuillet, il y avoit un Roi avec un grand coutelas, (IV) qui faisoit tuer en sa présence par des Soldats grande multitude de petits Enfans, les Mères desquels pleuroient aux pieds des impitoyables Gendarmes, et ce sang étoit puis après ramassé par d'autres Soldats, et mis dans un grand Vaisseau, dans lequel le Soleil et la Lune du Ciel se venoient baigner.

Et parce que cette Histoire représentoit à peu près celle des Innocens tuez par Hérode, et qu'en ce Livre-ci j'ai appris la plupart de l'Art, ç'a été une des causes pourquoi j'ai mis en leur Cimetière ces Symboles Hyéroglifiques de cette secrette Science."


Et voilà finalement le texte d'Eugène Canseliet relatif à la planche intitulée Le massacre des innocents, dans la revue La Tour Saint Jacques, qui porte le titre : Bref commentaire sur la planche ci-contre:

"Le massacre des Innocents, que Flamel fit représenter sur son arche de charnier parisien, dans sa correspondance théologico-chimique, évoque le grand arcane du second oeuvre.

Au Livre des Figures, l'Adepte n'en fournit pas l'explication et se contente de signaler le martyre collectif et initial qu'enregistra l'histoire chrétienne au début de l'ère, par les six lignes d'un court alinéa du premier chapitre:

"Quand aux troisiesme, quatriesme & cinquiesme Tableau suivants, au long desquels y a escrit, COMMENT LES INNOCENS FURENT OCCIS PAR LE COMMANDEMENT DU ROY HERODES. Le sens Theologique s'y entend aussi assez par ceste escripture, il faut seulement parler du reste qui est au dessus."

Dans cette édition du sieur Arnauld de la Chevallerie, sur la grande planche qui se déplie, on voit de même la scène d'égorgement extrêmement simplifiée.

Il nous a paru utile de l'offrir au lecteur, d'après l'image peinte du Livre d'Abraham, beaucoup plus parlante, puisque les bambins immolés, tous accompagnés du signe solaire, s'y trouvent au nombre de sept, en regrettant toutefois d'avoir été contraint de ne la rendre qu'"en noir."

Cette image est ici reproduite avec ses couleurs d'origine.

Et Canseliet de conclure:

"Du texte éclairant cette composition sur parchemin, dans le beau manuscrit de la Bibliothèque nationale (fr. n° 14765), nous extrayons, - non sans avoir écarté les ratures et les surcharges peut-être dues à Denis Molinier, - quelques lignes rappelant l'opération au cours de laquelle  les petits poissons, patiemment et successivement, sont pêchés dans la mer hermétique.

Dans le sang de tous ces innocents prendra naissances l'ICHTUS de la primitive Eglise, la rémore des alchimistes, le Sauveur ou Roi du Monde:

"Par ce sang il faut entendre la reduction de nos souffres metalliques incorporés dans notre eau mercurielle animée, car il n'y a qu'elle dans la nature capable de faire cette extraction et cette reduction de nos metaux en mercure; c'est en cette eau que Vulcain a begné le soleil pour le purifier de sa lèpre."

Sur Denis Molinier, on pourra en particulier consulter la publication de L'Alchimie de Flamel aux Editions d'Art Savary, en 1989.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-et-le-bain-des-astres-118224003.html




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26 juillet 2006 3 26 /07 /juillet /2006 20:18


Walter Grosse est persuadé que c'est par l'entremise des  Chacornac que Julien Champagne a fait la connaissance de Fulcanelli.

Grâce à Calendrier, nous savons en tout cas qu'ils furent peut-être les premiers éditeurs d'"Hubert". Toujours extrait de leur Bibliographie de la science occulte (1912), voici donc, et un portrait d'Henri Chacornac (1855-1907), et sa biographie écrite par son fils Paul.

Notons au passage qu'Henri Chacornac présente cette double particularité d'être le cadet de Fulcanelli de vingt années environ, et l'aîné de Julien Champagne...d'environ vingt années.

"Vers l'année 1873, habitait au 3, Rue Jean de Beauvais, une famille de relieurs, très estimée sur la place de Paris, du nom de Chacornac.

L'un des fils, Henri Chacornac, devint en 1880 le gendre de Jules Lermina, le romancier bien connu. C'est de cette époque que date la vocation de mon père.

En 1883, il vint s'établir libraire sur le quai Montebello, dans une baraque Collet, tout contre l'Hôtel-Dieu, aujourd'hui disparu.

Les débuts furent difficiles, mais à force de patience et de courage, il parvint au résultat de ses efforts et s'installa définitivement, l'année suivante, 11, quai Saint-Michel, dans le local actuel de la Librairie.

En ce temps, Henry Chacornac s'occupait exclusivement de littérature; il édita à ses frais quelques oeuvres excellentes de Jules Lermina, Barbey d'Aurevilly, Léo Trézenick, etc...

Cependant, l'occultisme l'attirait et, en 1888, il fut l'un des premiers libraires parisiens qui, au moment où la vente de ces livres était difficile, osa entreprendre une tâche où pas mal se découragèrent.

Quelques mois plus tard, il édita son premier ouvrage d'occultisme: L'Or et la Transmutation des métaux, par Tiffereau.

L'année suivante, voulant donner plus d'extension à ses affaires, il créa la "Bibliothèque Chacornac" qui d'un meuble devint une firme célèbre.

C'est à cette époque qu'il fit la connaissance d'Albert Poisson que la mort devait ravir si rapidement à l'affection de ses amis.

En mars 1890, Henri Chacornac fit paraître son premier catalogue d'ouvrages anciens et modernes relatifs aux Sciences Hermétiques.

Sa maison devint bientôt un des centres du mouvement spiritualiste, et les chefs de chaque école devinrent ses amis.

Dans l'intervalle, un certain nombre d'ouvrages firent leur apparition et bientôt M. René Philippon lui confia la vente de la Bibliothèque Rosicrucienne.

Enfin, en 1901, mon père fit l'acquisition des livres du fonds de Sciences Occultes connu sous le nom de Librairie du Merveilleux et fondée en 1888 par Chamuel.

C'est alors et avec raison qu'il dénomma sa librairie: Librairie Générale des Sciences Occultes.

Le premier catalogue raisonné parut en 1903; 3 ans plus tard, le 2e catalogue, illustré cette fois, devint une véritable rareté.

Mais, malheureusement, la mort guettait Henri Chacornac. Décoré des Palmes Académiques en mars, il s'éteignit le 27 mai 1907, après 30 années d'un labeur acharné, de luttes continuelles, au moment où il aurait pu se reposer et recueillir le bien-être dû à son courage et à sa persévérance.

La vie de Henri Chacornac est un modèle du genre.

Fils de ses OEuvres, il sut par son honnêteté et sa bonté s'allier la sympathie de tous et l'on peut dire, sans conteste, que la Librairie Générale des Sciences Occultes est, à l'heure actuelle, la plus justement réputée des librairies spiritualistes."

J'ajouterai simplement que, dans son introduction, Papus se fait comme l'écho de l'avis reproduit ci-dessus de Paul Chacornac sur son père:

"Tous les auteurs qui ont aimé l'occulte ont gardé pour le Père Chacornac une amitié sincère doublée parfois de reconnaissance.

Sa famille rend toujours de précieux services à notre cause en éditant, à côté d'ouvrages de vente immédiate, des classiques de faible rapport commercial, mais de grande valeur intellectuelle."

Voici les auteurs alchimiques répertoriés dans ce catalogue de 1912: Roger Bacon, Jacob Boehme, John Dee, Charles Galder, Jules Grillot de Givry, Abel Haatan, Marc Haven, Jacob, Heinrich Khunrath, Albert Poisson, Saint-Thomas d'Aquin, Saint-Yves d'Alveydre, et Tiffereau.

Rappelons finalement que la partie alchimie de la bibliographie présentée par Sédir s'ouvre, comme mentionné dans mon post du 17 juillet 2006: Champagne en 1912, par le futur frontispice du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli (1926), "conçu et dessiné" en 1910 par Julien Champagne, et dont voici une nouvelle reproduction, bien plus nette encore.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-da-henri-charconac-a-champagne-118170121.html

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