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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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29 juillet 2006 6 29 /07 /juillet /2006 19:11

 

 


De la Suisse à l'Italie, il n'y a qu'un pas alpestre, n'est-ce pas? Alors voilà, je ne sais pas si Julien Champagne est allé dans la péninsule, mais puisque nous l'avons rencontré comme Eugène Canseliet à Marseille, pourquoi pas.

Faisons un rêve, voulez-vous: Aix en Provence, Cimiez sur les hauteurs de Nice...Et pourquoi pas la villa Palombara à Rome?

Figurez-vous que c'est un de mes projets, écrire une carte d'Europe des demeures philosophales.

Si on excepte la France, thème du Guide des lieux et demeures alchimiques de Josane Charpentier, paru chez Retz en 1980, préfacé par Eugène Canseliet et orné de dessins de sa fille Isabelle, que reste-t-il?

Mais beaucoup, à mon avis. Dans ce blog, je viens d'évoquer la Suisse, et l'Espagne aussi, et auparavant encore le Royaume-Uni, du moins si nous considérons que l'Angleterre et l'Ecosse sont unies...

Beaucoup de découvertes, ou de redécouvertes, restent à faire dans ce domaine, ne croyez-vous pas?

Souvenons-nous en tout cas que selon Fulcanelli et Canseliet le terme de demeure philosophale est à prendre de façon...philosophique.

Tel objet d'art, dont la dimension hermétique ou alchimique est évidente, sera ainsi une demeure. Et une demeure philosophale si cet esprit qui est supposé l'animer reste présent.

Un bouquin oublié sur l'étagère vermoulue d'une bibliothèque redeviendra par conséquent instantanément philosophal s'il tombe, heureusement, entre les mains chanceuses d'un chercheur, d'un labourant.

Ceci étant posé, j'en arrive à la question centrale de ce post: un livre de Geneviève Dubois sur Fulcanelli, traduit en italien peut-il être considéré comme une demeure?

Vous haussez les sourcils, mais vous savez déjà ma réponse. La traduction du français d'Alda Teodorani, traduttore...n'est guère critiquable, et l'introduction de Gianfranco de Turris, si elle apporte peu, a du moins le mérite de situer cette oeuvre dans son contexte.

Et surtout, contrairement à la récente version américaine du même ouvrage, la reproduction des illustrations par les Edizioni Mediterranee (1996) est de qualité, une qualité au moins égale à celle que nous observons dans l'édition originale française.

Voilà, en partie du moins, la raison pour laquelle c'est sur la version transalpine que j'ai souvent travaillé pour proposer certains des mes clichés.

Et puis, et ce n'est certes pas négligeable, Julien Champagne est toujours là, présent dès la couverture, avec cet autoportrait de l'âge mûr dont la datation et la localisation restent actuellement encore incertaines.

Pour combien de temps encore?

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-en-italie-118224148.html


misterio.champagne.jpg

 

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29 juillet 2006 6 29 /07 /juillet /2006 10:20


Il est sans doute trop tôt pour estimer à sa juste valeur l'apport d'un Jean Laplace à l'alchimie traditionnelle.

Le vocable "trop tard connu, trop tôt laissé" de l'Adepte de Dampierre sur Boutonne, que l'on peut méditer à partir de la couverture de l'Index Fulcanelli, me paraît s'appliquer singulièrement bien à ce jeune Philosophe, disciple d'Eugène Canseliet, avec qui il s'est brouillé par sa faute, puis réconcilié avec l'humilité requise par l'obédience.

Né peu après la seconde guerre  mondiale (1951), il nous a brusquement quittés vers le milieu des années 1990 (1996), sans doute après avoir réussi au moins le premier oeuvre. S'agissant d'oeuvre, je voudrais reprendre brièvement à mon compte, et à son propos, l'expression "lueurs d'une oeuvre", autrefois utilisée par un correspondant de la revue Initiation & Science, qui visait dans son article le mythe fulcanellien.

Jean Laplace faisait partie du cercle des alchimistes de Grenoble, dont certains membres sont devenus des auteurs connus.

Il a commencé sa carrière de publiciste en fondant la revue La Tourbe des Philosophes, qui devait être reprise ultérieurement par Bernard Renaud de la Faverie, et qui ne paraît plus actuellement.

Dès 1977, ses éditions provinciales de la Tourbe ont le culot de rééditer les introuvables Voyages en kaléïdoscope, d'Irène Hillel-Erlanger, à l'étrange parfum surréaliste et dont l'hermétisme avait aussitôt frappé Fulcanelli.

L'année suivante, il fait paraitre un fascicule au titre provocateur: Révélations Alchimiques sur la Fin du Monde, orné d'un cliché du célèbre tableau de Valdes Leal: Finis Gloriae Mundi, déjà examiné dans mon post du 04 mars 2006: Julien Champagne et le Finis Gloriae Mundi.

Car c'est ici, bien entendu, que nous allons retrouver Julien Champagne, même s'il n'apparaît pas directement dans le livret.


Les mérites de ce dernier ne sont certes pas dûs à son épaisseur, et Jean le bien prénommé ne s'attendait sans doute pas à un succès public, qui a mis en exergue au début de son étude le "Je suis la voix qui crie dans le désert" du Baptiste.

J'ajouterai simplement que sa trame mérite un détour, et je citerai par exemple cette phrase de la quatrième de couverture:

"Au travers du FINIS GLORIAE MUNDI de Valdès Leal, au fil d'une histoire événementielle réelle, se dessine la destinée de la terre réglée par l'horloge des ondes."

Le troisième livre de Fulcanelli apparaît, lui, en filigrane, et est mentionné au travers d'une citation d'Eugène Canseliet, extraite du N°4 de La Tourbe des Philosophes (1978):

"Devant la passive résignation des peuples asservis par le scientisme, je comprends mieux, après bientôt un demi-siècle, la ferme décision prise par Fulcanelli, que son troisième livre ne fut pas publié, qui portait ce titre latin particulièrement évocateur:

FINIS GLORIAE MUNDI
La Fin de la Gloire du Monde."


S'étant retiré à Bâle, en Suisse, Jean Laplace y fit paraître, dans les années 1980 et au début des années 1990, une série de fascicules principalement consacrés à l'alchimie, et en principe uniquement vendus par correspondance, à des abonnés très peu nombreux.

Le fascicule 4 du volume I de sa "collection d'alchimie", dont un cliché est reproduit ci-dessus, présente à mon sens un intérêt exceptionnel.

Postérieure à janvier 1993, son impression nous permet ainsi d'accéder d'une part à un inédit d'Eugène Canseliet, tout bonnement consacré à la définition d'alchimie, et de l'autre à un dossier intitulé : Fulcanelli, Fragments du Finis Gloriae Mundi.

Ce dossier est en partie repris de l'article de Jean Laplace paru dans le N°31 de La Tourbe, et déjà mentionné.

Voici tout ce qui y concerne directement Julien Champagne.


"Nous apportons, commence Jean Laplace, de nouvelles précisions au sujet de quelques documents du dossier que nous avons examiné à Savignies en 1982, et dont voici l'inventaire..."

"Une grande photo du F.G.M. de Valdès Léal numérotée en bas 16975. Au dos, indications de Fulcanelli à Julien Champagne pour le frontispice de son troisième ouvrage..."

"Un faire-part pour la mort de Julien Champagne inhumé le 29 août à 9h15..."

"Nous avons conservé, continue-t-il, une copie, parfois partielle, de quelques uns de ces documents, de sorte qu'aujourd'hui nous pouvons préciser ce qui suit..."

"La photographie devant servir de modèle Julien Champagne pour le dessin du frontispice du troisième ouvrage de Fulcanelli, porte au dos une note manuscrite précisant que l'arrondi du cadre devra être exploité pour introduire, d'un côté les pyramides d'Egypte noyées sous les eaux avec le mot grec CHTHES inscrit dans un phylactère, de l'autre les mêmes pyramides dans un paysage calciné avec le mot AYRION."



Pour conclure - provisoirement, j'espère - nous ne devons pas oublier que Jean Laplace est également l'auteur d'un ouvrage que nous avons encore récemment utilisé: l'Index Canseliet (Pauvert ou Suger, 1986).

Germanisant, il est aussi à mon avis l'acteur principal de la publication en allemand du Mutus Liber commenté par Eugène Canseliet (Weber, Amsterdam, 1991), et des éditions germaniques des Fulcanelli (Mysterium der Kathedralen, Oriflamme 2004, la publication intégrale des Demeures Philosophales en allemand est encore, à ce stade,  en projet).

Enfin, sans vouloir être complet, je pense qu'une oeuvre majeure de Jean restera son étude du poële alchimique de Winterthur (près de Zürich, en Suisse), publiée par Jean-Marc Savary en deux éditions, reliée puis brochée (1992, et Liber Mirabilis, 2000).

Savary dont on pourra recueillir ici le témoignage:

http://alkest.club.fr/ptvuejms.htm

Ce témoignage est en particulier intéressant en ceci, qu'il affirme la pérennité du troisième livre de Fulcanelli, dont comme d'autres je ne suis pas persuadé qu'il ait disparu à jamais.

Quoiqu'il en soit, le poële helvète de Winterthur est bien une demeure philosophale, connue des hermétistes depuis bien plus d'un siècle. Voyez notamment à ce propos :

Jacob, Esquisse hermétique du tout universel, Chacornac, 1902, réédité par Sébastiani à Milan, en 1975, et

Jacob, Explication du poële exposé au musée des arts et métiers de Winterthur, Chez M.L., 2001
(tirage limité à 7 exemplaires).

La planche X du livre principal de Jean Laplace, dont je vous joins un cliché, peut-elle accessoirement faire office à mon sujet d'armes parlantes? A vous d'en juger.

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-de-champagne-a-jean-laplace-118224123.html

 

JL1992.champagne



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27 juillet 2006 4 27 /07 /juillet /2006 14:44


La planche XVIII de l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, illustré par Julien Champagne, a trait au portail de la Vierge de Notre-Dame de Paris et est intitulée Le Bain des Astres - Condensation de l'Esprit Universel.

Dans l'édition Pauvert, elle est remplacée par un cliché qui porte le numéro XXIX. Voici pour commencer ce qu'en dit Fulcanelli lui-même:

"On remarque encore, sous ce porche, un petit bas-relief quadrangulaire extrêmement curieux. Il synthétise et exprime la condensation de l'Esprit universel, lequel forme, aussitôt matérialisé, le fameux Bain des astres où le soleil et la lune chimiques doivent se baigner, changer de nature et se rajeunir.

Nous y voyons un enfant tomber d'un creuset, grand comme une jarre, que maintient un archange debout, nimbé, l'aile étendue, et qui paraît frapper l'innocent.

Tout le fond de la composition est occupé par un ciel nocturne et constellé."


"Nous reconnaissons en ce sujet l'allégorie très simplifiée, chère à Nicolas Flamel, du Massacre des Innocents, que nous verrons bientôt sur un vitrail de la Sainte-Chapelle", ajoute Fulcanelli.

On pourra à ce sujet se reporter à notre post du 04 février 2006: La Sainte Chapelle et Champagne.

Mais laissons Fulcanelli poursuivre son commentaire:

"Sans entrer par le menu dans la technique opératoire, - ce qu'aucun auteur n'a osé faire, - nous dirons cependant que l'Esprit universel, corporifié dans les minéraux sous le nom alchimique du Soufre, constitue le principe et l'agent efficace de toutes les teintures métalliques.

Mais on ne peut obtenir cet Esprit, ce sang rouge des enfants, qu'en décomposant ce que la nature avait d'abord assemblé en eux.

Il est donc nécessaire que le corps périsse, qu'il soit crucifié et qu'il meure, si l'on veut extraire l'âme, vie métallique et Rosée céleste, qu'il tenait enfermée.

Et cette quintessence, transfusée dans un corps pur, fixe, parfaitement digéré, donnera naissance à une nouvelle créature, plus resplendissante qu'aucune de celles dont elle provient.

Les corps, termine Fulcanelli en rappelant un axiome fondamental de l'alchimie, n'ont point d'action les uns sur les autres; l'esprit seul est actif et agissant."
Dans le numéro 3 de la revue La Tour Saint Jacques (1956), Eugène Canseliet reviendra sur le thème du massacre des innocents, à l'occasion de son article Nicolas Flamel: Traité des laveures (extraits commentés).

Il l'a repris également, en modifiant  son commentaire, dans son édition de Nicolas Flamel, Le Livre des Figures Hiéroglyphiques, paru chez Denoël puis Retz, respectivement en 1970 et 1977.

Voici d'abord le texte des Figures de Nicolas Flamel (1977):

"A l'autre page du cinquième feuillet, il y avoit un Roi avec un grand coutelas, (IV) qui faisoit tuer en sa présence par des Soldats grande multitude de petits Enfans, les Mères desquels pleuroient aux pieds des impitoyables Gendarmes, et ce sang étoit puis après ramassé par d'autres Soldats, et mis dans un grand Vaisseau, dans lequel le Soleil et la Lune du Ciel se venoient baigner.

Et parce que cette Histoire représentoit à peu près celle des Innocens tuez par Hérode, et qu'en ce Livre-ci j'ai appris la plupart de l'Art, ç'a été une des causes pourquoi j'ai mis en leur Cimetière ces Symboles Hyéroglifiques de cette secrette Science."


Et voilà finalement le texte d'Eugène Canseliet relatif à la planche intitulée Le massacre des innocents, dans la revue La Tour Saint Jacques, qui porte le titre : Bref commentaire sur la planche ci-contre:

"Le massacre des Innocents, que Flamel fit représenter sur son arche de charnier parisien, dans sa correspondance théologico-chimique, évoque le grand arcane du second oeuvre.

Au Livre des Figures, l'Adepte n'en fournit pas l'explication et se contente de signaler le martyre collectif et initial qu'enregistra l'histoire chrétienne au début de l'ère, par les six lignes d'un court alinéa du premier chapitre:

"Quand aux troisiesme, quatriesme & cinquiesme Tableau suivants, au long desquels y a escrit, COMMENT LES INNOCENS FURENT OCCIS PAR LE COMMANDEMENT DU ROY HERODES. Le sens Theologique s'y entend aussi assez par ceste escripture, il faut seulement parler du reste qui est au dessus."

Dans cette édition du sieur Arnauld de la Chevallerie, sur la grande planche qui se déplie, on voit de même la scène d'égorgement extrêmement simplifiée.

Il nous a paru utile de l'offrir au lecteur, d'après l'image peinte du Livre d'Abraham, beaucoup plus parlante, puisque les bambins immolés, tous accompagnés du signe solaire, s'y trouvent au nombre de sept, en regrettant toutefois d'avoir été contraint de ne la rendre qu'"en noir."

Cette image est ici reproduite avec ses couleurs d'origine.

Et Canseliet de conclure:

"Du texte éclairant cette composition sur parchemin, dans le beau manuscrit de la Bibliothèque nationale (fr. n° 14765), nous extrayons, - non sans avoir écarté les ratures et les surcharges peut-être dues à Denis Molinier, - quelques lignes rappelant l'opération au cours de laquelle  les petits poissons, patiemment et successivement, sont pêchés dans la mer hermétique.

Dans le sang de tous ces innocents prendra naissances l'ICHTUS de la primitive Eglise, la rémore des alchimistes, le Sauveur ou Roi du Monde:

"Par ce sang il faut entendre la reduction de nos souffres metalliques incorporés dans notre eau mercurielle animée, car il n'y a qu'elle dans la nature capable de faire cette extraction et cette reduction de nos metaux en mercure; c'est en cette eau que Vulcain a begné le soleil pour le purifier de sa lèpre."

Sur Denis Molinier, on pourra en particulier consulter la publication de L'Alchimie de Flamel aux Editions d'Art Savary, en 1989.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-et-le-bain-des-astres-118224003.html




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26 juillet 2006 3 26 /07 /juillet /2006 20:18


Walter Grosse est persuadé que c'est par l'entremise des  Chacornac que Julien Champagne a fait la connaissance de Fulcanelli.

Grâce à Calendrier, nous savons en tout cas qu'ils furent peut-être les premiers éditeurs d'"Hubert". Toujours extrait de leur Bibliographie de la science occulte (1912), voici donc, et un portrait d'Henri Chacornac (1855-1907), et sa biographie écrite par son fils Paul.

Notons au passage qu'Henri Chacornac présente cette double particularité d'être le cadet de Fulcanelli de vingt années environ, et l'aîné de Julien Champagne...d'environ vingt années.

"Vers l'année 1873, habitait au 3, Rue Jean de Beauvais, une famille de relieurs, très estimée sur la place de Paris, du nom de Chacornac.

L'un des fils, Henri Chacornac, devint en 1880 le gendre de Jules Lermina, le romancier bien connu. C'est de cette époque que date la vocation de mon père.

En 1883, il vint s'établir libraire sur le quai Montebello, dans une baraque Collet, tout contre l'Hôtel-Dieu, aujourd'hui disparu.

Les débuts furent difficiles, mais à force de patience et de courage, il parvint au résultat de ses efforts et s'installa définitivement, l'année suivante, 11, quai Saint-Michel, dans le local actuel de la Librairie.

En ce temps, Henry Chacornac s'occupait exclusivement de littérature; il édita à ses frais quelques oeuvres excellentes de Jules Lermina, Barbey d'Aurevilly, Léo Trézenick, etc...

Cependant, l'occultisme l'attirait et, en 1888, il fut l'un des premiers libraires parisiens qui, au moment où la vente de ces livres était difficile, osa entreprendre une tâche où pas mal se découragèrent.

Quelques mois plus tard, il édita son premier ouvrage d'occultisme: L'Or et la Transmutation des métaux, par Tiffereau.

L'année suivante, voulant donner plus d'extension à ses affaires, il créa la "Bibliothèque Chacornac" qui d'un meuble devint une firme célèbre.

C'est à cette époque qu'il fit la connaissance d'Albert Poisson que la mort devait ravir si rapidement à l'affection de ses amis.

En mars 1890, Henri Chacornac fit paraître son premier catalogue d'ouvrages anciens et modernes relatifs aux Sciences Hermétiques.

Sa maison devint bientôt un des centres du mouvement spiritualiste, et les chefs de chaque école devinrent ses amis.

Dans l'intervalle, un certain nombre d'ouvrages firent leur apparition et bientôt M. René Philippon lui confia la vente de la Bibliothèque Rosicrucienne.

Enfin, en 1901, mon père fit l'acquisition des livres du fonds de Sciences Occultes connu sous le nom de Librairie du Merveilleux et fondée en 1888 par Chamuel.

C'est alors et avec raison qu'il dénomma sa librairie: Librairie Générale des Sciences Occultes.

Le premier catalogue raisonné parut en 1903; 3 ans plus tard, le 2e catalogue, illustré cette fois, devint une véritable rareté.

Mais, malheureusement, la mort guettait Henri Chacornac. Décoré des Palmes Académiques en mars, il s'éteignit le 27 mai 1907, après 30 années d'un labeur acharné, de luttes continuelles, au moment où il aurait pu se reposer et recueillir le bien-être dû à son courage et à sa persévérance.

La vie de Henri Chacornac est un modèle du genre.

Fils de ses OEuvres, il sut par son honnêteté et sa bonté s'allier la sympathie de tous et l'on peut dire, sans conteste, que la Librairie Générale des Sciences Occultes est, à l'heure actuelle, la plus justement réputée des librairies spiritualistes."

J'ajouterai simplement que, dans son introduction, Papus se fait comme l'écho de l'avis reproduit ci-dessus de Paul Chacornac sur son père:

"Tous les auteurs qui ont aimé l'occulte ont gardé pour le Père Chacornac une amitié sincère doublée parfois de reconnaissance.

Sa famille rend toujours de précieux services à notre cause en éditant, à côté d'ouvrages de vente immédiate, des classiques de faible rapport commercial, mais de grande valeur intellectuelle."

Voici les auteurs alchimiques répertoriés dans ce catalogue de 1912: Roger Bacon, Jacob Boehme, John Dee, Charles Galder, Jules Grillot de Givry, Abel Haatan, Marc Haven, Jacob, Heinrich Khunrath, Albert Poisson, Saint-Thomas d'Aquin, Saint-Yves d'Alveydre, et Tiffereau.

Rappelons finalement que la partie alchimie de la bibliographie présentée par Sédir s'ouvre, comme mentionné dans mon post du 17 juillet 2006: Champagne en 1912, par le futur frontispice du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli (1926), "conçu et dessiné" en 1910 par Julien Champagne, et dont voici une nouvelle reproduction, bien plus nette encore.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-da-henri-charconac-a-champagne-118170121.html

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25 juillet 2006 2 25 /07 /juillet /2006 22:03

 


Nous voici sans aucun doute devant une énigme majeure de l'alchimie, qui nous est proposée par cette crédence de l'oratoire ou si l'on veut de la chapelle de l'hotel Lallemant, à Bourges.

La planche XXXV de l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, dessinée et signée par Julien Champagne, sera plus tard photographiée pour l'édition Pauvert, où elle porte le numéro XLVI.

Voici d'abord ce que dit Fulcanelli de cette pièce très curieuse et singulièrement rare:

"Creusée dans la muraille, auprès de la fenêtre, une petite crédence du XVIe siècle attire le regard autant par la joliesse de sa décoration que par le mystère d'une énigme considérée comme indéchiffrable...

Notre crédence porte cependant...l'empreinte alchimique dont nous n'avons fait, en cet ouvrage, que décrire les particularités.

En effet, sur les piliers engagés qui supportent l'architrave de ce temple en miniature, nous découvrons directement au-dessous des chapiteaux les emblèmes consacrés au mercure philosophal; la mérelle, coquille de saint Jacques ou bénitier, surmontée des ailes et du trident, attribut du dieu marin Neptune.

C'est toujours la même indication du principe aqueux et volatil. Le fronton est constitué par une large coquille décorative servant d'assise à deux dauphins symétriques liés dans l'axe à leur extrémité.

Trois grenades enflammées achèvent l'ornementation de cette crédence symbolique. L'énigme par elle-même comporte deux termes: RERE, RER, qui semblent n'avoir aucun sens et sont, tous deux, répétés trois fois sur le fond concave de la niche.


Et l'Adepte de se livrer alors à un savant travail d'élucidation partielle:

"Nous découvrons déjà, grâce à cette disposition simple, une indication précieuse, celle des trois répétitions d'une seule et même technique voilée sous la mystérieuse expression RERE, RER.

Or, les trois grenades ignées du fronton confirment cette triple action d'un unique procédé, et, comme elles représentent le feu corporifié dans ce sel rouge qu'est le Soufre philosophal, nous comprendrons aisément qu'il faille réitérer trois fois la calcination de ce corps pour réaliser les trois oeuvres philosophiques, selon la doctrine de Geber.

La première opération conduit d'abord au Soufre, ou médecine du premier ordre; la seconde opération, absolument semblable à la première, fournit l'Elixir, ou médecine du second ordre, lequel n'est différent du Soufre qu'en qualité et non pas en nature; enfin, la troisième opération, exécutée comme les deux premières, donne la Pierre philosophale, médecine du troisième ordre, laquelle contient toutes les vertus, qualités et perfections du Soufre et de l'Elixir multipliées en puissance et en étendue..."


Mais, poursuit Fulcanelli, comment déchiffrer l'énigme des mots vides de sens? D'une manière très simple, se répond-t-il à lui-même:

"RE, ablatif latin de res, signifie la chose, envisagée dans sa matière; puisque le mot RERE est l'assemblage de RE, une chose, et RE, une autre chose, nous traduirons deux choses en une, ou bien une double chose, et RERE équivaudra ainsi à RE BIS.

Ouvrez un dictionnaire hermétique, feuilletez n'importe quel ouvrage d'alchimie et vous trouverez que le mot REBIS, fréquemment employé par les Philosophes, caractérise leur compost, ou composé prêt à subir les métamorphoses successives sous l'influence du feu.

Résumons. RE, une matière sèche, or philosophique; RE, une matière humide, mercure philosophique; RERE ou REBIS, une matière double, à la fois humide et sèche, amalgame d'or et de mercure philosophiques, combinaison qui a reçu de la nature et de l'art une double propriété occulte exactement équilibrée.

Nous voudrions être aussi clair dans l'explication du second terme RER...RER sert à cuire, à unir radicalement et indissolublement, à provoquer les transformations du compost RERE...

Qu'est-ce donc que RER? - Nous avons vu que RE signifie une chose, une matière; R, qui est la moitié de RE, signifiera une moitié de chose, de matière.

RER équivaut donc à une matière augmentée de la moitié d'une autre ou de la sienne propre...Prenons un exemple, et supposons que la matière représentée par RE soit le réalgar ou sulfure naturel d'arsenic. R, moitié de RE, pourra donc être le soufre du réalgar ou son arsenic, lesquels sont semblables, ou différents, selon qu'on envisage le soufre et l'arsenic séparément ou combinés dans le réalgar.

De telle sorte que RER sera obtenu par le réalgar augmenté du soufre, qui est considéré comme formant la moitié du réalgar, ou de l'arsenic, envisagé comme l'autre moitié dans le même sulfure rouge.

Quelques conseils encore; cherchez tout d'abord RER, c'est-à-dire le vaisseau. RERE vous sera ensuite facilement connaissable."

Fulcanelli nous confirme ici, mine de rien, ce qu'il a déjà expliqué quelques lignes plus haut, à savoir que ces trois lettres RER "contiennent un secret d'une importance capitale, qui se rapporte au vase de l'OEuvre." Sur ce thème du vase, du vaisseau ou de l'oeuf philosophique, on pourra se reporter utilement à mon post Julien Champagne au matras du 25 mai 2006.

"Par le terme d'oeuf, précise Fulcanelli dans le même passage que celui de ce post précédent, les Sages entendent leur composé, disposé dans son vase propre, et prêt à subir les transformations que le feu y provoquera.

C'est, dans ce sens, positivement un oeuf, puisque son enveloppe, ou sa coque, renferme le rebis philosophal."

Dans son édition du Mutus Liber (Pauvert, 1967), Eugène Canseliet reviendra longuement sur l'énigme de la crédence. Après avoir affirmé que le vaisseau secret n'est pas le contenant, mais le contenu même, il précise:

"Dans l'oeuf des philosophes, comme dans celui de la poule plus expressément, la coquille ou contenant, est formée en même temps que les diverses substances ou contenu, qui sont destinées au développement de l'individu nouveau."


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-au-rebis-117239089.html


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24 juillet 2006 1 24 /07 /juillet /2006 21:00


Dans son article intitulé: Les mystères de Paris et des hommes, de la revue La Tourbe des Philosophes (N°8, 1979), qui vient de m'inciter à compléter mon post du 30 janvier 2006: Julien Champagne, Jean Laplace, disciple d'Eugène Canseliet, affirme, à propos des Lesseps:

"Au N°11 de l'ancienne allée des Veuves, aujourd'hui avenue Montaigne, habitait Ferdinand de Lesseps, tandis qu'au 26 logeait le représentant en France du bey de Tunis, Jules de Lesseps.

Madame Barbarin, que je remercie, se remémora pour moi quelques souvenirs de jeunesse. Je savais ce que je cherchais et la confirmation ne tarda pas, qui se trouvait dans cette phrase:

"Je me souviens quand les portes cochères étaient ouvertes pour laisser passer les attelages, j'apercevais au fond de la cour un pavillon égyptien."

Ce pavillon, où dormait souvent Julien Champagne, fut détruit, et aucun document, même dessiné, ne subsiste à ma connaissance.

Toute l'obligeance du Comte Roland, que je remercie à nouveau, ne me permet pas de découvrir ce que représentaient les décorations luxuriantes de ce pavillon.

La Belle Epoque! Nous sommes au printemps 1926. La température est douce et le soir arrive. Au portail du N°11 avenue Montaigne, Ferdinand de Lesseps prend congé de la baronne Delagrange..."

De ce pavillon égyptien, où dormait souvent Julien Champagne, voici un dessin, que je dédie à la mémoire de Jean Laplace.

Je reconnais volontiers aussitôt qu'il est issu d'un site bizarre, mais un alchimiste n'a pas peur des bizarreries, et dans son imagination sait raison garder:

http://www.france-secret.com/excalibur_art.htm

Souvenons-nous:

Un événement d'importance a lieu pendant le Second Empire: c'est le percement d'un canal à travers l'isthme de Suez, dont les travaux débutent en 1859. Le concepteur du projet, Ferdinand de Lesseps crée alors la Compagnie universelle du Canal de Suez. Le canal, officiellement ouvert à la navigation en 1869, permet à la France d'obtenir, pendant quelques années, une situation prépondérante en Egypte.

L'espace consacré aux colonies de l'empire français durant l'exposition de 1867 est très important: par exemple le Maroc, la Tunisie et l'Algérie sont présents dans les pièces centrales du palais de l'exposition.

Pour l'Egypte, une reproduction du temple de Philoé a été installée, avec, à l'intérieur, un musée exposant des objets de l'Egypte ancienne directement importés d'un musée égyptien. On trouve aussi des reproductions d'une maison égyptienne et du palais du vice-roi d'Egypte.

http://tecfa.unige.ch/~grob/1867/expoco.html

De cette exposition de 1867, Edouard Manet (1832-1883), comme Julien Champagne décédé d'une gangrène de la jambe, gauche en ce qui le concerne, a laissé un ou plusieurs tableaux, où le cavalier, ou cabaliste occupe une place centrale.


Laissons, si vous le voulez bien, le mot de la fin, ou de la faim, à Jean Laplace:

"Peut-être, pour illustrer cet article, j'aurais dû aller chercher là où elle se trouve, la copie dessinée  de l'ancienne maison aujourd'hui abattue et remplacée par l'immeuble en béton de Rhône-Poulenc." Ce qui ne manque pas de sel, quand on connaît l'importance de la maison Poulenc dans la saga Champagne...

(D'après Richard Khaitzine, Antenne 2 a depuis succédé à Rhône-Poulenc.)

"Mais je ne l'ai pas fait, et l'hôtel particulier garde son anonymat perdu dans les années 1920 où on pouvait encore admirer les hauts reliefs allégoriques décorant sa façade en gothique flamboyant.

"Peu d'amis visitent la Maison entière, haute et vaste derrière sa façade ancienne. Il faut une permission spéciale rarement accordée."


Citation extraite des Voyages en kaléidoscope d'Irène Hillel-Erlanger, bien sûr. Dans le numéro 286 de la revue Atlantis, Eugène Canseliet commentera ainsi en 1976 leur surprenante couverture:

"Cercles en transmission, les principes s'interactivent, qui sont le sel, le mercure et le soufre, ou bien le corps, l'esprit et l'âme.

Le moteur secret, puissant, agent et patient, est désigné, non point sans grande hésitation, par le terme KALI qui presque s'impose à l'immédiate lecture, tant il transparaît singulièrement, au centre, puis en oblique, parmi les capitales en grisé composant le non moins étrange titre...

Si on regarde bien, on constatera, cependant, que ce n'est pas un I qui termine la seconde syllable du substantif révélé, sur la couverture du livre; c'est exactement le jambage vertical d'un E dont le reste est caché par la même voyelle majuscule de la préposition EN.

L'arrangement bizarre fut voulu afin qu'on lût KALEN, que l'on comprît galène, et que l'attention fût fortement attirée sur la portée du vocable, à la fois secrète et considérable...

Mais venons-en maintenant à la composition majeure de Van Dongen. Les trigones qu'on y remarque, en haut, à gauche, posés sur leurs bases, à droite, renversés sur leurs sommets, désignent, les uns, le feu et le soufre, les autres, l'eau et le mercure; cela non point en qualité d'éléments et minéraux ordinaires, mais comme feu, soufre, eau et mercure des sages.

Le dessin linéaire lie étroitement ces symboles triangulaires, afin que l'on comprenne que le soufre et le mercure sont triples à ce niveau de l'alchimie, et qu'ils reçoivent chacun, en la phase correspondante, l'épithète qui lui convient: vulgaire, commun, ou bien philosophique."


Et bien...dans la réédition par La Table d'Emeraude de cet ouvrage, en 1984, la subtantielle préface d'André Coia-Gatié comporte tout un passage sur "la redécouverte de l'Egypte, consécutive à l'expédition de 1798":

"La place et le temps nous manquent pour évoquer en détail la haute figure de Ferdinand de Lesseps, qui laissa son empreinte sur tout le dix-neuvième siècle."

Et de conseiller discrètement, en note, la lecture des Souvenirs de quarante ans du dit Ferdinand (Nouvelle Revue, 1887).

Mais il ajoute tout de même:

"Le fameux "pavillon égyptien" du logis de l'avenue Montaigne a-t-il abrité l'émir Abd-el-Kader lorsqu'il vient à Paris à l'Exposition universelle de 1867?

L'étudiant sera sans doute ravi de voir ici l'image du petit édifice, qui pourrait avoir son rôle à jouer dans l'élucidation du "mystère" Fulcanelli."


Et il conclut d'une manière qui pourra paraître déroutante:

"Il ne faut pas que l'amoureux de Dame Nature consacre trop de temps à la recherche du patronyme habilement dissimulé.

La seule et véritable "bonne nouvelle" de sa vie est l'annonce de sa rencontre personnelle avec
Madame Grâce."

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-champagne-al-padiglione-egiziano-116361740.html





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24 juillet 2006 1 24 /07 /juillet /2006 14:04


Les Matières premières, tel est le titre de la planche XXV de l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, illustrée, et le mot est ici topique, par Julien Champagne. Illustre illustrateur!

Consacrée au portail Saint-Firmin de la cathédrale d'Amiens, cette planche dessinée sera plus tard reproduite en cliché dans l'édition Pauvert du même ouvrage (planche XXXVI).

Les cherchants, voire les labourants, auront déjà noté qu'il ne s'agit ici ni de première matière, ni d'une matière première: Le pluriel employé est à lui seul singulier.

Mais écoutons Fulcanelli commenter ce quadrilobe, ou quatre-feuilles:


"Le second quatre-feuilles...montre des arbres morts, tordant et entrelaçant leurs branches noueuses sous un firmament dégradé, mais où l'on peut encore discerner les images du soleil, de la lune et de quelques étoiles.

Ce sujet se rapporte aux matières premières du grand Art, planètes métalliques dont le feu, nous disent les Philosophes, a causé la mort, et que la fusion a rendues inertes, sans pouvoir végétatif, comme les arbres le sont pendant l'hiver.

C'est pourquoi les Maîtres nous ont tant de fois recommandé de les réincruder, en leur fournissant, avec la forme fluide, l' agent propre qu'elles ont perdu dans la réduction métallurgique."


Mais où trouver cet agent, céleste plus que terrestre? C'est, dit Fulcanelli, le Secret des Secrets, et le Verbum dimissum. Et il semble aussitôt se contredire, singulièrement...

"Toutes les descriptions que nous ont laissées les Philosophes de leur sujet, ou matière première qui contient l'agent indispensable, sont fort confuses et très mystérieuses."



Et le bélier, dans tout ça, dira-t-on, bélier qui d'ailleurs figure au zodiaque amiennois? Dans le même ouvrage, au chapitre Paris, Fulcanelli explique, en parlant de l'alchimiste:

"Le bélier témoigne qu'il a su choisir la saison favorable et la substance propre."

La saison et la substance étant idoines, il appartiendra à l'alchimiste de se mettre en harmonie et de mettre sa matière, ou ses matières,  en harmonie avec l'univers, en se purifiant et en la, en les purifiant.

Voici pourquoi l'alchimie est parfois qualifiée d'art de musique, et voilà pourquoi cet ange musicien de la cathédrale d'Amiens en est sans aucun doute un messager.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-au-belier-115374386.html

 



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23 juillet 2006 7 23 /07 /juillet /2006 13:57

Pdl.champagne


En le relisant, je me dis que je ne suis pas entièrement satisfait de mon post sur Champagne et la famille Lesseps ( 04 février 2006). Il est vrai qu'il laissait présager une suite, que voici par conséquent, et qui ne devrait pas être une fin.

Après avoir sur ce thème laissé la parole à Robert Ambelain, donnons-la à Eugène Canseliet. Le très précieux Index Canseliet de Jean Laplace est presque complet au cas particulier.

S'agissant des Lesseps, il mentionne d'abord d'Eugène Canseliet  les Deux Logis Alchimiques, et puis Le Feu du Soleil. Ouvrons donc d'abord ce dernier.


"Champagne travaillait chez les Lesseps...Ferdinand de Lesseps, lui, avait trois fils. Je les ai connus tous les trois."

il s'agit ici, vraisemblablement de Paul, Bertrand et Jacques de Lesseps.

Dans ses Deux Logis, Canseliet précisera, en parlant de Julien Champagne:

Raymond Roussel "avait beaucoup d'estime pour le dessinateur de Fulcanelli et de Bertrand de Lesseps. il y avait aussi qu'avec le fils aîné de Ferdinand, Champagne restait l'inventeur du traîneau à hélice que Raymond Roussel admirait avenue Montaigne, et que, d'ailleurs, il fit photographier."

Sur ce point, on pourra se reporter à mon post du 14 février 2006: Champagne et le traineau à hélice.

Toujours dans les Deux Logis Alchimiques, Eugène Canseliet affirme, à propos de l'année 1920,
"à cette époque nous nous trouvions parfois avec le Maître (Fulcanelli), chez Paul et Jacques de Lesseps, avenue Montaigne."

Alors, Paul, Jacques, Bertrand,  me direz-vous?  Bertrand sans doute, sur qui il nous faudra revenir, mais est-il le seul?


Dans le numéro 10 de la revue La Tourbe des Philosophes (1980), qui est consacré à Eugène Canseliet, ce dernier rapporte une facétie de Julien Champagne relative à "monsieur Viviani", que nous avons déjà soulignée (Julien Champagne et Viviani, 04 mars 2006).

"Fulcanelli, ayant eu connaissance du numéro, pria son dessinateur, qu'il ne le produisît pas devant les jeunes de Lesseps."

Oui, mais encore une fois, lesquels? Toujours à propos de l'année 1920, ouvrons le numéro suivant de La Tourbe (N°11, 1980), et écoutons encore Canseliet:

"Julien Champagne et Henri Steineur...malheureusement, à partir du 31 (mai) ne seront plus au service de Monsieur Paul de Lesseps."

A ce sujet, on pourra se reporter à mon post du 16 mars 2006: Julien Champagne et ses disciples.

Et Eugène de préciser qu'ils "avaient démarré très tôt, avant le lever du soleil, avec la voiturette torpédo, les dames-jeannes (les deux petites et la grande), les entonnoirs, les filtres et les linges d'absorption, vers Evry-Petit-Bourg où les trèfles et les sainfoins sont beaux, afin de récolter, à deux jours de la pleine lune, le plus possible de rosée.

Cette liqueur qui concourt si puissamment à la naissance de l'être androgyne, au cours de l'ontogénèse philosophique du Grand OEuvre."


Soit, dira-t-on, mais alors quid de Paul de Lesseps? Comme son frère Jacques et sans doute son autre frère Bertrand passionné d'aviation, il est né en 1880, des oeuvres de Ferdinand de Lesseps et de sa seconde épouse Louise Autard de Bragard. Mais dans ce domaine de l'aéronautique nous trouvons aussi un autre frère, Robert de Lesseps...

Paul s'illustra dès 1910 en Grande-Bretagne lors du "meeting" de Doncaster, aux commandes d'un Blériot XI:

http://www.earlyaviators.com/edelespa.htm

D'après ce site, il aurait été le premier homme à survoler Paris, en faisant le tour...de la tour Eiffel.

Marié en 1902 à Marguerite de Béthune-Sully ( 1879-1975), il serait décédé en 1955.

Suivant d'autres sources:

http://www.eastlondonforum.com/viewtopic.php?p=31165

Paul de Lesseps d'après le magazine anglo-saxon Time du 14 janvier 1947 serait mort en prison cette année là de troubles cardiaques dans des conditions peu glorieuses pour l'Etat français.

 

Il est singulier que ce Lesseps là ait pu être considéré en 1912 comme l'inventeur du "traîneau à hélice", comme nous le prouvent les deux clichés ci-dessous, que vient de nous signaler l'ami Belliau.

 

Le brevet d'invention du dit engin, reproduit par Jean Artero dans son fascicule Alchimie de Lesseps (Arqa, 2010) a été, en 1911, établi au nom de son frère Bertrand.

 

BPdLtraîneau1912.champagne

 

PdL1912traineau.champagne


Pour en revenir à Julien Champagne, et pour en terminer provisoirement avec les de Lesseps, n'oublions pas d'Eugène Canseliet cette mention de Paul dans le rabat de couverture de l'édition Pauvert des Demeures Philosophales de Fulcanelli (1977), non répertoriée pour le coup par Jean Laplace:

"Dans l'automne de 1919, alors que je me trouvais avenue Montaigne, avec Julien Champagne qui travaillait là, pour Paul de Lesseps, Fulcanelli arriva inopinément."

 

PDLbig.champagne

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-champagne-e-paul-de-lesseps-114726648.html




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22 juillet 2006 6 22 /07 /juillet /2006 13:40


La planche X de l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, illustrée par Julien Champagne, a trait au porche central de Notre Dame de Paris.

Ses deux  médaillons représentent respectivement  l'Union du Fixe et du Volatil, et le Soufre Philosophique.

Dans l'édition Pauvert, elles sont remplacées par les clichés XVI (reproduit ci-dessous) et XVII.


En voici le commentaire par Fulcanelli:

"L'extraction du Soufre rouge et incombustible est manifestée par la figure d'un monstre tenant à la fois du coq et du renard.

C'est le même symbole dont se servit Basile Valentin dans la troisième de ses Douze Clefs.

"C'est ce superbe manteau avec le Sel des Astres, dit l'Adepte, qui suit ce soulfre céleste, gardé soigneusement de peur qu'il ne se gaste, et les fait voller comme un oyseau, tant qu'il sera besoin, et le coq mangera le renard, et se noyera et estouffera dans l'eau, puis, reprenant vie par le feu, sera (afin de jouer chacun leur tour) dévoré par le renard."


Au renard-coq succède le taureau.

Envisagé comme signe zodiacal, c'est le second mois des opérations préparatoires dans le premier oeuvre, et le premier régime du feu élémentaire dans le second.

Comme figure de pratique, le taureau et le boeuf étant consacrés au soleil, de même que la vache l'est à la lune, il figure le Soufre, principe mâle, puisque le soleil est dit métaphoriquement, par Hermès, le Père de la pierre.

Le taureau et la vache, le soleil et la lune, le soufre et le mercure sont donc des hiéroglyphes de sens identique et désignent les natures primitives contraires, avant leur conjonction, natures que l'Art extrait de mixtes imparfaits."


Nous avons déjà rencontré le coq et le renard, auxquels nous renvoie le premier médaillon, à Amiens (Renard de Julien Champagne, post du 30 mai 2006).

Quant au second, il est classiquement considéré comme emblématique de la patience, celle probablement du boeuf paissant.

Patience qui selon Nicolas Valois est l'échelle des Philosophes, comme l'humilité est la porte de leur jardin.

Dès le début de son introduction au Livre Muet (Pauvert, 1967), Eugène Canseliet rappelle pour sa part un autre apophtegme alchimique:

"ORA, LEGE, LEGE, LEGE, RELEGE, LABORA ET INVENIES. Prie, lis, lis, lis, relis, travaille et tu trouveras.

Conseil charitable, encourageant et précieux, qui, suivi dans l'humilité et la patience, fournit la clef du grand jardin des philosophes et leur échelle d'accession au monde inconnu du subconscient universel."

Oui, lire, relire, et relier.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-pazienza-di-julien-champagne-113837520.html




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17 juillet 2006 1 17 /07 /juillet /2006 21:46


Grâce à Calendrier, voici maintenant une sorte de "scoop", à mon sens et pour utiliser le vocabulaire médiatique actuel.

En résumé, le frontispice du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, réalisé par Champagne en 1910 (mon post Champagne et Fulcanelli daté du 31 janvier 2006), a été publié dès 1912, dans un catalogue Chacornac, comme en témoignent les clichés joints.

Mais laissons, si vous le voulez bien,  la parole à l'"inventeur" de ce trésor, et écoutons Calendrier:

"Ce frontispice se trouve page 11 du catalogue intitulé: Bibliographie méthodique et illustrée de la science occulte, Préface et notes explicatives de Sédir, Paris, Librairie générale des sciences occultes, Bibliothèque Chacornac, 11 quai saint michel, 1912.

Il a 132 pages et recense tous les ouvrages disponibles de la librairie Chacornac, divisés en plusieurs chapitres.

A la page 11, le texte est le suivant:

ALCHIMIE

C'est celle des sciences occultes qui étudie le règne minéral, qui recherche les secrets de la vie, de la matière, et qui synthétise ses travaux sous les symboles de la pierre philosophale et de l'élixir de longue vie.

Suit alors le frontispice suivi de la légende: Symbole alchimique de J.Champagne. Sur la page de gauche est représenté un dessin figurant le portail droit de Notre Dame de Paris, dessiné peut être aussi par Champagne."

De fait, il s'agit du fameux pilier de saint Marcel (mon post Julien Champagne et saint Marcel, du 27 avril 2006).


Quelques brefs commentaires conclusifs de ma part, maintenant:

Comme relevé par Calendrier, cette publication ne semble avoir jamais encore été mentionnée par quiconque, y compris Eugène Canseliet.

Il s'agit là désormais de la première impression connue pour l'instant d'une oeuvre de Julien Champagne, qui a précédé de presque quinze ans celle de l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli.

Elle confirme les liens entre Champagne et les Chacornac (mon post Champagne au pays Chacornac du 03 juin 2006) et valide aussi ceux entrevus avec Chamuel, dont Sédir (Yvon Le Loup) a été également un commis (mon post: Champagne et l'archange du 25 mai 2006).

A suivre, donc, selon l'expression consacrée!

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-champagne-nel-1912-101666066.html




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