Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : JULIEN CHAMPAGNE
  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
  • Contact

Profil

  • ARCHER
  • hermétiste
  • hermétiste


...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

Recherche

25 juillet 2006 2 25 /07 /juillet /2006 22:03

 


Nous voici sans aucun doute devant une énigme majeure de l'alchimie, qui nous est proposée par cette crédence de l'oratoire ou si l'on veut de la chapelle de l'hotel Lallemant, à Bourges.

La planche XXXV de l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, dessinée et signée par Julien Champagne, sera plus tard photographiée pour l'édition Pauvert, où elle porte le numéro XLVI.

Voici d'abord ce que dit Fulcanelli de cette pièce très curieuse et singulièrement rare:

"Creusée dans la muraille, auprès de la fenêtre, une petite crédence du XVIe siècle attire le regard autant par la joliesse de sa décoration que par le mystère d'une énigme considérée comme indéchiffrable...

Notre crédence porte cependant...l'empreinte alchimique dont nous n'avons fait, en cet ouvrage, que décrire les particularités.

En effet, sur les piliers engagés qui supportent l'architrave de ce temple en miniature, nous découvrons directement au-dessous des chapiteaux les emblèmes consacrés au mercure philosophal; la mérelle, coquille de saint Jacques ou bénitier, surmontée des ailes et du trident, attribut du dieu marin Neptune.

C'est toujours la même indication du principe aqueux et volatil. Le fronton est constitué par une large coquille décorative servant d'assise à deux dauphins symétriques liés dans l'axe à leur extrémité.

Trois grenades enflammées achèvent l'ornementation de cette crédence symbolique. L'énigme par elle-même comporte deux termes: RERE, RER, qui semblent n'avoir aucun sens et sont, tous deux, répétés trois fois sur le fond concave de la niche.


Et l'Adepte de se livrer alors à un savant travail d'élucidation partielle:

"Nous découvrons déjà, grâce à cette disposition simple, une indication précieuse, celle des trois répétitions d'une seule et même technique voilée sous la mystérieuse expression RERE, RER.

Or, les trois grenades ignées du fronton confirment cette triple action d'un unique procédé, et, comme elles représentent le feu corporifié dans ce sel rouge qu'est le Soufre philosophal, nous comprendrons aisément qu'il faille réitérer trois fois la calcination de ce corps pour réaliser les trois oeuvres philosophiques, selon la doctrine de Geber.

La première opération conduit d'abord au Soufre, ou médecine du premier ordre; la seconde opération, absolument semblable à la première, fournit l'Elixir, ou médecine du second ordre, lequel n'est différent du Soufre qu'en qualité et non pas en nature; enfin, la troisième opération, exécutée comme les deux premières, donne la Pierre philosophale, médecine du troisième ordre, laquelle contient toutes les vertus, qualités et perfections du Soufre et de l'Elixir multipliées en puissance et en étendue..."


Mais, poursuit Fulcanelli, comment déchiffrer l'énigme des mots vides de sens? D'une manière très simple, se répond-t-il à lui-même:

"RE, ablatif latin de res, signifie la chose, envisagée dans sa matière; puisque le mot RERE est l'assemblage de RE, une chose, et RE, une autre chose, nous traduirons deux choses en une, ou bien une double chose, et RERE équivaudra ainsi à RE BIS.

Ouvrez un dictionnaire hermétique, feuilletez n'importe quel ouvrage d'alchimie et vous trouverez que le mot REBIS, fréquemment employé par les Philosophes, caractérise leur compost, ou composé prêt à subir les métamorphoses successives sous l'influence du feu.

Résumons. RE, une matière sèche, or philosophique; RE, une matière humide, mercure philosophique; RERE ou REBIS, une matière double, à la fois humide et sèche, amalgame d'or et de mercure philosophiques, combinaison qui a reçu de la nature et de l'art une double propriété occulte exactement équilibrée.

Nous voudrions être aussi clair dans l'explication du second terme RER...RER sert à cuire, à unir radicalement et indissolublement, à provoquer les transformations du compost RERE...

Qu'est-ce donc que RER? - Nous avons vu que RE signifie une chose, une matière; R, qui est la moitié de RE, signifiera une moitié de chose, de matière.

RER équivaut donc à une matière augmentée de la moitié d'une autre ou de la sienne propre...Prenons un exemple, et supposons que la matière représentée par RE soit le réalgar ou sulfure naturel d'arsenic. R, moitié de RE, pourra donc être le soufre du réalgar ou son arsenic, lesquels sont semblables, ou différents, selon qu'on envisage le soufre et l'arsenic séparément ou combinés dans le réalgar.

De telle sorte que RER sera obtenu par le réalgar augmenté du soufre, qui est considéré comme formant la moitié du réalgar, ou de l'arsenic, envisagé comme l'autre moitié dans le même sulfure rouge.

Quelques conseils encore; cherchez tout d'abord RER, c'est-à-dire le vaisseau. RERE vous sera ensuite facilement connaissable."

Fulcanelli nous confirme ici, mine de rien, ce qu'il a déjà expliqué quelques lignes plus haut, à savoir que ces trois lettres RER "contiennent un secret d'une importance capitale, qui se rapporte au vase de l'OEuvre." Sur ce thème du vase, du vaisseau ou de l'oeuf philosophique, on pourra se reporter utilement à mon post Julien Champagne au matras du 25 mai 2006.

"Par le terme d'oeuf, précise Fulcanelli dans le même passage que celui de ce post précédent, les Sages entendent leur composé, disposé dans son vase propre, et prêt à subir les transformations que le feu y provoquera.

C'est, dans ce sens, positivement un oeuf, puisque son enveloppe, ou sa coque, renferme le rebis philosophal."

Dans son édition du Mutus Liber (Pauvert, 1967), Eugène Canseliet reviendra longuement sur l'énigme de la crédence. Après avoir affirmé que le vaisseau secret n'est pas le contenant, mais le contenu même, il précise:

"Dans l'oeuf des philosophes, comme dans celui de la poule plus expressément, la coquille ou contenant, est formée en même temps que les diverses substances ou contenu, qui sont destinées au développement de l'individu nouveau."


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-au-rebis-117239089.html


undefined

ARCHER

Partager cet article
Repost0
24 juillet 2006 1 24 /07 /juillet /2006 21:00


Dans son article intitulé: Les mystères de Paris et des hommes, de la revue La Tourbe des Philosophes (N°8, 1979), qui vient de m'inciter à compléter mon post du 30 janvier 2006: Julien Champagne, Jean Laplace, disciple d'Eugène Canseliet, affirme, à propos des Lesseps:

"Au N°11 de l'ancienne allée des Veuves, aujourd'hui avenue Montaigne, habitait Ferdinand de Lesseps, tandis qu'au 26 logeait le représentant en France du bey de Tunis, Jules de Lesseps.

Madame Barbarin, que je remercie, se remémora pour moi quelques souvenirs de jeunesse. Je savais ce que je cherchais et la confirmation ne tarda pas, qui se trouvait dans cette phrase:

"Je me souviens quand les portes cochères étaient ouvertes pour laisser passer les attelages, j'apercevais au fond de la cour un pavillon égyptien."

Ce pavillon, où dormait souvent Julien Champagne, fut détruit, et aucun document, même dessiné, ne subsiste à ma connaissance.

Toute l'obligeance du Comte Roland, que je remercie à nouveau, ne me permet pas de découvrir ce que représentaient les décorations luxuriantes de ce pavillon.

La Belle Epoque! Nous sommes au printemps 1926. La température est douce et le soir arrive. Au portail du N°11 avenue Montaigne, Ferdinand de Lesseps prend congé de la baronne Delagrange..."

De ce pavillon égyptien, où dormait souvent Julien Champagne, voici un dessin, que je dédie à la mémoire de Jean Laplace.

Je reconnais volontiers aussitôt qu'il est issu d'un site bizarre, mais un alchimiste n'a pas peur des bizarreries, et dans son imagination sait raison garder:

http://www.france-secret.com/excalibur_art.htm

Souvenons-nous:

Un événement d'importance a lieu pendant le Second Empire: c'est le percement d'un canal à travers l'isthme de Suez, dont les travaux débutent en 1859. Le concepteur du projet, Ferdinand de Lesseps crée alors la Compagnie universelle du Canal de Suez. Le canal, officiellement ouvert à la navigation en 1869, permet à la France d'obtenir, pendant quelques années, une situation prépondérante en Egypte.

L'espace consacré aux colonies de l'empire français durant l'exposition de 1867 est très important: par exemple le Maroc, la Tunisie et l'Algérie sont présents dans les pièces centrales du palais de l'exposition.

Pour l'Egypte, une reproduction du temple de Philoé a été installée, avec, à l'intérieur, un musée exposant des objets de l'Egypte ancienne directement importés d'un musée égyptien. On trouve aussi des reproductions d'une maison égyptienne et du palais du vice-roi d'Egypte.

http://tecfa.unige.ch/~grob/1867/expoco.html

De cette exposition de 1867, Edouard Manet (1832-1883), comme Julien Champagne décédé d'une gangrène de la jambe, gauche en ce qui le concerne, a laissé un ou plusieurs tableaux, où le cavalier, ou cabaliste occupe une place centrale.


Laissons, si vous le voulez bien, le mot de la fin, ou de la faim, à Jean Laplace:

"Peut-être, pour illustrer cet article, j'aurais dû aller chercher là où elle se trouve, la copie dessinée  de l'ancienne maison aujourd'hui abattue et remplacée par l'immeuble en béton de Rhône-Poulenc." Ce qui ne manque pas de sel, quand on connaît l'importance de la maison Poulenc dans la saga Champagne...

(D'après Richard Khaitzine, Antenne 2 a depuis succédé à Rhône-Poulenc.)

"Mais je ne l'ai pas fait, et l'hôtel particulier garde son anonymat perdu dans les années 1920 où on pouvait encore admirer les hauts reliefs allégoriques décorant sa façade en gothique flamboyant.

"Peu d'amis visitent la Maison entière, haute et vaste derrière sa façade ancienne. Il faut une permission spéciale rarement accordée."


Citation extraite des Voyages en kaléidoscope d'Irène Hillel-Erlanger, bien sûr. Dans le numéro 286 de la revue Atlantis, Eugène Canseliet commentera ainsi en 1976 leur surprenante couverture:

"Cercles en transmission, les principes s'interactivent, qui sont le sel, le mercure et le soufre, ou bien le corps, l'esprit et l'âme.

Le moteur secret, puissant, agent et patient, est désigné, non point sans grande hésitation, par le terme KALI qui presque s'impose à l'immédiate lecture, tant il transparaît singulièrement, au centre, puis en oblique, parmi les capitales en grisé composant le non moins étrange titre...

Si on regarde bien, on constatera, cependant, que ce n'est pas un I qui termine la seconde syllable du substantif révélé, sur la couverture du livre; c'est exactement le jambage vertical d'un E dont le reste est caché par la même voyelle majuscule de la préposition EN.

L'arrangement bizarre fut voulu afin qu'on lût KALEN, que l'on comprît galène, et que l'attention fût fortement attirée sur la portée du vocable, à la fois secrète et considérable...

Mais venons-en maintenant à la composition majeure de Van Dongen. Les trigones qu'on y remarque, en haut, à gauche, posés sur leurs bases, à droite, renversés sur leurs sommets, désignent, les uns, le feu et le soufre, les autres, l'eau et le mercure; cela non point en qualité d'éléments et minéraux ordinaires, mais comme feu, soufre, eau et mercure des sages.

Le dessin linéaire lie étroitement ces symboles triangulaires, afin que l'on comprenne que le soufre et le mercure sont triples à ce niveau de l'alchimie, et qu'ils reçoivent chacun, en la phase correspondante, l'épithète qui lui convient: vulgaire, commun, ou bien philosophique."


Et bien...dans la réédition par La Table d'Emeraude de cet ouvrage, en 1984, la subtantielle préface d'André Coia-Gatié comporte tout un passage sur "la redécouverte de l'Egypte, consécutive à l'expédition de 1798":

"La place et le temps nous manquent pour évoquer en détail la haute figure de Ferdinand de Lesseps, qui laissa son empreinte sur tout le dix-neuvième siècle."

Et de conseiller discrètement, en note, la lecture des Souvenirs de quarante ans du dit Ferdinand (Nouvelle Revue, 1887).

Mais il ajoute tout de même:

"Le fameux "pavillon égyptien" du logis de l'avenue Montaigne a-t-il abrité l'émir Abd-el-Kader lorsqu'il vient à Paris à l'Exposition universelle de 1867?

L'étudiant sera sans doute ravi de voir ici l'image du petit édifice, qui pourrait avoir son rôle à jouer dans l'élucidation du "mystère" Fulcanelli."


Et il conclut d'une manière qui pourra paraître déroutante:

"Il ne faut pas que l'amoureux de Dame Nature consacre trop de temps à la recherche du patronyme habilement dissimulé.

La seule et véritable "bonne nouvelle" de sa vie est l'annonce de sa rencontre personnelle avec
Madame Grâce."

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-champagne-al-padiglione-egiziano-116361740.html





ARCHER

Partager cet article
Repost0
24 juillet 2006 1 24 /07 /juillet /2006 14:04


Les Matières premières, tel est le titre de la planche XXV de l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, illustrée, et le mot est ici topique, par Julien Champagne. Illustre illustrateur!

Consacrée au portail Saint-Firmin de la cathédrale d'Amiens, cette planche dessinée sera plus tard reproduite en cliché dans l'édition Pauvert du même ouvrage (planche XXXVI).

Les cherchants, voire les labourants, auront déjà noté qu'il ne s'agit ici ni de première matière, ni d'une matière première: Le pluriel employé est à lui seul singulier.

Mais écoutons Fulcanelli commenter ce quadrilobe, ou quatre-feuilles:


"Le second quatre-feuilles...montre des arbres morts, tordant et entrelaçant leurs branches noueuses sous un firmament dégradé, mais où l'on peut encore discerner les images du soleil, de la lune et de quelques étoiles.

Ce sujet se rapporte aux matières premières du grand Art, planètes métalliques dont le feu, nous disent les Philosophes, a causé la mort, et que la fusion a rendues inertes, sans pouvoir végétatif, comme les arbres le sont pendant l'hiver.

C'est pourquoi les Maîtres nous ont tant de fois recommandé de les réincruder, en leur fournissant, avec la forme fluide, l' agent propre qu'elles ont perdu dans la réduction métallurgique."


Mais où trouver cet agent, céleste plus que terrestre? C'est, dit Fulcanelli, le Secret des Secrets, et le Verbum dimissum. Et il semble aussitôt se contredire, singulièrement...

"Toutes les descriptions que nous ont laissées les Philosophes de leur sujet, ou matière première qui contient l'agent indispensable, sont fort confuses et très mystérieuses."



Et le bélier, dans tout ça, dira-t-on, bélier qui d'ailleurs figure au zodiaque amiennois? Dans le même ouvrage, au chapitre Paris, Fulcanelli explique, en parlant de l'alchimiste:

"Le bélier témoigne qu'il a su choisir la saison favorable et la substance propre."

La saison et la substance étant idoines, il appartiendra à l'alchimiste de se mettre en harmonie et de mettre sa matière, ou ses matières,  en harmonie avec l'univers, en se purifiant et en la, en les purifiant.

Voici pourquoi l'alchimie est parfois qualifiée d'art de musique, et voilà pourquoi cet ange musicien de la cathédrale d'Amiens en est sans aucun doute un messager.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-au-belier-115374386.html

 



ARCHER

Partager cet article
Repost0
23 juillet 2006 7 23 /07 /juillet /2006 13:57

Pdl.champagne


En le relisant, je me dis que je ne suis pas entièrement satisfait de mon post sur Champagne et la famille Lesseps ( 04 février 2006). Il est vrai qu'il laissait présager une suite, que voici par conséquent, et qui ne devrait pas être une fin.

Après avoir sur ce thème laissé la parole à Robert Ambelain, donnons-la à Eugène Canseliet. Le très précieux Index Canseliet de Jean Laplace est presque complet au cas particulier.

S'agissant des Lesseps, il mentionne d'abord d'Eugène Canseliet  les Deux Logis Alchimiques, et puis Le Feu du Soleil. Ouvrons donc d'abord ce dernier.


"Champagne travaillait chez les Lesseps...Ferdinand de Lesseps, lui, avait trois fils. Je les ai connus tous les trois."

il s'agit ici, vraisemblablement de Paul, Bertrand et Jacques de Lesseps.

Dans ses Deux Logis, Canseliet précisera, en parlant de Julien Champagne:

Raymond Roussel "avait beaucoup d'estime pour le dessinateur de Fulcanelli et de Bertrand de Lesseps. il y avait aussi qu'avec le fils aîné de Ferdinand, Champagne restait l'inventeur du traîneau à hélice que Raymond Roussel admirait avenue Montaigne, et que, d'ailleurs, il fit photographier."

Sur ce point, on pourra se reporter à mon post du 14 février 2006: Champagne et le traineau à hélice.

Toujours dans les Deux Logis Alchimiques, Eugène Canseliet affirme, à propos de l'année 1920,
"à cette époque nous nous trouvions parfois avec le Maître (Fulcanelli), chez Paul et Jacques de Lesseps, avenue Montaigne."

Alors, Paul, Jacques, Bertrand,  me direz-vous?  Bertrand sans doute, sur qui il nous faudra revenir, mais est-il le seul?


Dans le numéro 10 de la revue La Tourbe des Philosophes (1980), qui est consacré à Eugène Canseliet, ce dernier rapporte une facétie de Julien Champagne relative à "monsieur Viviani", que nous avons déjà soulignée (Julien Champagne et Viviani, 04 mars 2006).

"Fulcanelli, ayant eu connaissance du numéro, pria son dessinateur, qu'il ne le produisît pas devant les jeunes de Lesseps."

Oui, mais encore une fois, lesquels? Toujours à propos de l'année 1920, ouvrons le numéro suivant de La Tourbe (N°11, 1980), et écoutons encore Canseliet:

"Julien Champagne et Henri Steineur...malheureusement, à partir du 31 (mai) ne seront plus au service de Monsieur Paul de Lesseps."

A ce sujet, on pourra se reporter à mon post du 16 mars 2006: Julien Champagne et ses disciples.

Et Eugène de préciser qu'ils "avaient démarré très tôt, avant le lever du soleil, avec la voiturette torpédo, les dames-jeannes (les deux petites et la grande), les entonnoirs, les filtres et les linges d'absorption, vers Evry-Petit-Bourg où les trèfles et les sainfoins sont beaux, afin de récolter, à deux jours de la pleine lune, le plus possible de rosée.

Cette liqueur qui concourt si puissamment à la naissance de l'être androgyne, au cours de l'ontogénèse philosophique du Grand OEuvre."


Soit, dira-t-on, mais alors quid de Paul de Lesseps? Comme son frère Jacques et sans doute son autre frère Bertrand passionné d'aviation, il est né en 1880, des oeuvres de Ferdinand de Lesseps et de sa seconde épouse Louise Autard de Bragard. Mais dans ce domaine de l'aéronautique nous trouvons aussi un autre frère, Robert de Lesseps...

Paul s'illustra dès 1910 en Grande-Bretagne lors du "meeting" de Doncaster, aux commandes d'un Blériot XI:

http://www.earlyaviators.com/edelespa.htm

D'après ce site, il aurait été le premier homme à survoler Paris, en faisant le tour...de la tour Eiffel.

Marié en 1902 à Marguerite de Béthune-Sully ( 1879-1975), il serait décédé en 1955.

Suivant d'autres sources:

http://www.eastlondonforum.com/viewtopic.php?p=31165

Paul de Lesseps d'après le magazine anglo-saxon Time du 14 janvier 1947 serait mort en prison cette année là de troubles cardiaques dans des conditions peu glorieuses pour l'Etat français.

 

Il est singulier que ce Lesseps là ait pu être considéré en 1912 comme l'inventeur du "traîneau à hélice", comme nous le prouvent les deux clichés ci-dessous, que vient de nous signaler l'ami Belliau.

 

Le brevet d'invention du dit engin, reproduit par Jean Artero dans son fascicule Alchimie de Lesseps (Arqa, 2010) a été, en 1911, établi au nom de son frère Bertrand.

 

BPdLtraîneau1912.champagne

 

PdL1912traineau.champagne


Pour en revenir à Julien Champagne, et pour en terminer provisoirement avec les de Lesseps, n'oublions pas d'Eugène Canseliet cette mention de Paul dans le rabat de couverture de l'édition Pauvert des Demeures Philosophales de Fulcanelli (1977), non répertoriée pour le coup par Jean Laplace:

"Dans l'automne de 1919, alors que je me trouvais avenue Montaigne, avec Julien Champagne qui travaillait là, pour Paul de Lesseps, Fulcanelli arriva inopinément."

 

PDLbig.champagne

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-champagne-e-paul-de-lesseps-114726648.html




ARCHER

Partager cet article
Repost0
22 juillet 2006 6 22 /07 /juillet /2006 13:40


La planche X de l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, illustrée par Julien Champagne, a trait au porche central de Notre Dame de Paris.

Ses deux  médaillons représentent respectivement  l'Union du Fixe et du Volatil, et le Soufre Philosophique.

Dans l'édition Pauvert, elles sont remplacées par les clichés XVI (reproduit ci-dessous) et XVII.


En voici le commentaire par Fulcanelli:

"L'extraction du Soufre rouge et incombustible est manifestée par la figure d'un monstre tenant à la fois du coq et du renard.

C'est le même symbole dont se servit Basile Valentin dans la troisième de ses Douze Clefs.

"C'est ce superbe manteau avec le Sel des Astres, dit l'Adepte, qui suit ce soulfre céleste, gardé soigneusement de peur qu'il ne se gaste, et les fait voller comme un oyseau, tant qu'il sera besoin, et le coq mangera le renard, et se noyera et estouffera dans l'eau, puis, reprenant vie par le feu, sera (afin de jouer chacun leur tour) dévoré par le renard."


Au renard-coq succède le taureau.

Envisagé comme signe zodiacal, c'est le second mois des opérations préparatoires dans le premier oeuvre, et le premier régime du feu élémentaire dans le second.

Comme figure de pratique, le taureau et le boeuf étant consacrés au soleil, de même que la vache l'est à la lune, il figure le Soufre, principe mâle, puisque le soleil est dit métaphoriquement, par Hermès, le Père de la pierre.

Le taureau et la vache, le soleil et la lune, le soufre et le mercure sont donc des hiéroglyphes de sens identique et désignent les natures primitives contraires, avant leur conjonction, natures que l'Art extrait de mixtes imparfaits."


Nous avons déjà rencontré le coq et le renard, auxquels nous renvoie le premier médaillon, à Amiens (Renard de Julien Champagne, post du 30 mai 2006).

Quant au second, il est classiquement considéré comme emblématique de la patience, celle probablement du boeuf paissant.

Patience qui selon Nicolas Valois est l'échelle des Philosophes, comme l'humilité est la porte de leur jardin.

Dès le début de son introduction au Livre Muet (Pauvert, 1967), Eugène Canseliet rappelle pour sa part un autre apophtegme alchimique:

"ORA, LEGE, LEGE, LEGE, RELEGE, LABORA ET INVENIES. Prie, lis, lis, lis, relis, travaille et tu trouveras.

Conseil charitable, encourageant et précieux, qui, suivi dans l'humilité et la patience, fournit la clef du grand jardin des philosophes et leur échelle d'accession au monde inconnu du subconscient universel."

Oui, lire, relire, et relier.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-pazienza-di-julien-champagne-113837520.html




ARCHER

Partager cet article
Repost0
17 juillet 2006 1 17 /07 /juillet /2006 21:46


Grâce à Calendrier, voici maintenant une sorte de "scoop", à mon sens et pour utiliser le vocabulaire médiatique actuel.

En résumé, le frontispice du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, réalisé par Champagne en 1910 (mon post Champagne et Fulcanelli daté du 31 janvier 2006), a été publié dès 1912, dans un catalogue Chacornac, comme en témoignent les clichés joints.

Mais laissons, si vous le voulez bien,  la parole à l'"inventeur" de ce trésor, et écoutons Calendrier:

"Ce frontispice se trouve page 11 du catalogue intitulé: Bibliographie méthodique et illustrée de la science occulte, Préface et notes explicatives de Sédir, Paris, Librairie générale des sciences occultes, Bibliothèque Chacornac, 11 quai saint michel, 1912.

Il a 132 pages et recense tous les ouvrages disponibles de la librairie Chacornac, divisés en plusieurs chapitres.

A la page 11, le texte est le suivant:

ALCHIMIE

C'est celle des sciences occultes qui étudie le règne minéral, qui recherche les secrets de la vie, de la matière, et qui synthétise ses travaux sous les symboles de la pierre philosophale et de l'élixir de longue vie.

Suit alors le frontispice suivi de la légende: Symbole alchimique de J.Champagne. Sur la page de gauche est représenté un dessin figurant le portail droit de Notre Dame de Paris, dessiné peut être aussi par Champagne."

De fait, il s'agit du fameux pilier de saint Marcel (mon post Julien Champagne et saint Marcel, du 27 avril 2006).


Quelques brefs commentaires conclusifs de ma part, maintenant:

Comme relevé par Calendrier, cette publication ne semble avoir jamais encore été mentionnée par quiconque, y compris Eugène Canseliet.

Il s'agit là désormais de la première impression connue pour l'instant d'une oeuvre de Julien Champagne, qui a précédé de presque quinze ans celle de l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli.

Elle confirme les liens entre Champagne et les Chacornac (mon post Champagne au pays Chacornac du 03 juin 2006) et valide aussi ceux entrevus avec Chamuel, dont Sédir (Yvon Le Loup) a été également un commis (mon post: Champagne et l'archange du 25 mai 2006).

A suivre, donc, selon l'expression consacrée!

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-champagne-nel-1912-101666066.html




ARCHER

Partager cet article
Repost0
17 juillet 2006 1 17 /07 /juillet /2006 20:42


La planche XI de l'édition originale des Demeures Philosophales de Fulcanelli est consacrée à un dessin de Julien Champagne reproduisant une porte de maison du XVème siècle, rue Notre Dame à Vitré (Ille-et-Vilaine).

Nous reproduisons cette oeuvre, ainsi que le cliché qui lui correspond dans l'édition Pauvert des Demeures (planche XIV), et une carte postale du début du XXème siècle, représentant la dite rue et son église.

Dessin et photo figurent au chapitre intitulé : Le mythe alchimique d'Adam et Eve, déjà évoqué le 18 février 2006 (Champagne manceau: Adam et Eve). Voyons donc à nouveau ce que nous en dit Fulcanelli.


"Les scènes laïques de la tentation sont conformes à celle de l'iconographie religieuse. Adam et Eve s'y voient toujours séparés par le tronc de l'arbre paradisiaque.

Dans la majorité des cas, le serpent, enroulé autour du tronc, est figuré avec une tête humaine...

C'est également une tête féminine qu'expose le serpent de Vitré, sculpté sur l'arc en accolade d'une jolie porte du XVème siècle, rue Notre Dame."


Et Fulcanelli de livrer son interprétation du symbole:

"Adamus, nom latin d'Adam, signifie fait de terre rouge; c'est le premier être de nature, le seul d'entre les créatures humaines qui ait été doué des deux natures de l'androgyne...

Mais dès que Dieu,selon la tradition mosaïque, fit naître la femme en individualisant, dans des corps distincts et séparés, ces natures primitivement associées en un corps unique, le premier Adam dut s'effacer, se spécifia en perdant sa constitution originelle et devint le second Adam, imparfait et mortel...

Le soufre et le mercure, principes générateurs des métaux, ne furent à l'origine qu'une seule et même matière; car ce n'est que plus tard qu'ils acquirent leur individualité spécifique et la conservèrent dans les composés issus de leur union...

Le soufre, principe actif, est désigné symboliquement par le second Adam, et le mercure, élément passif, par sa femme Eve."

Eugène Canseliet reviendra pour sa part sur l'hiéroglyphe du serpent dans le N°288 de la revue Atlantis en 1976:

"Comme le serpent qui est ovipare, dans la Nature, celui de l'alchimiste dans le Grand OEuvre, prend naissance d'un oeuf, véritable chaos cristallisé, à la façon d'une géode.

Ce minéral est le dragon, qui, sous le choc du fer, met au jour le serpent..."

Et de rappeler le chapitre XXI du Livre biblique des Nombres:

"Moïse fit donc un serpent d'airain, et le plaça en guise de signe: lorsque les blessés le regardaient, ils étaient guéris."

vitrenotredamecpa.champagne



ARCHER

Partager cet article
Repost0
13 juillet 2006 4 13 /07 /juillet /2006 21:25


Cosy Ray nous propose à nouveau deux toiles énigmatiques, d'auteur et d'époque non précisés, et dont le caractère hermétique peut, là encore, paraître probable.

Voici ce qu'il nous en dit, et je vous invite à essayer comme moi d'exercer sur ces peintures toute votre sagacité:

"La seconde s'intitule "la folie victorieuse" et la première "petit vent de folie sur Saint Mathurin de Larchant".

Larchant où au moyen âge se déroulait un bien curieux pélerinage, qui se poursuit toujours de nos jours au premier lundi de Pentecôte.

"Les pèlerins venaient prier Saint Mathurin qui, né à Larchant, y avait sa sépulture depuis le IIIème siècle vraisemblablement.

Ils lui demandaient la guérison de toutes les affections mentales que le moyen âge attribuait à la possession démoniaque.

Saint Mathurin, plus puissant que le démon, l'obligeait à quitter les pauvres corps qu'il possédait et martyrisait. On prétend, mais c'est pure calomnie que j'ai tort de rééditer, que le bon saint ramenait au bien même les méchantes femmes, et que, de ce chef, sa clientèle était fort nombreuse."
(Eugène Thoison, L'église de Larchant, 1896)."

Je me dois d'avouer à ce stade que mes propres recherches à partir de ces éléments pourtant substantiels n'ont guère porté de fruit.

Après avoir cependant remarqué que l'orthographe de thoison est une ancienne version du mot toison, comme dans l'ordre de la thoison d'or, et que ce Thoison (1846-1910), qui a concentré une bonne part de ses recherches sur le vieux Gâtanais, devait comme Eugène Canseliet être une personne "bien née", je n'ai plus guère que deux observations à faire.

Saint Mathurin est un saint du Bas Empire, un saint thaumaturge qui plus est, oublié jusqu'au IXème-Xème siècle, où il fut redécouvert.


Au XIème siècle, le chapitre de Notre Dame de Paris décida de faire édifier à Larchant (Seine et Marne) une église qui serait construite sur le même plan que la cathédrale parisienne.

Pour en savoir plus sur l'histoire de ce lieu et de cette demeure, je vous invite à visiter, notamment,  le site de l'association culturelle de Larchant:

http://www.larchant.com/

Enfin, deux points me semblent devoir être encore relevés. D'abord, on peut se poser la question de savoir si ce vent de folie qui a frappé et frappe toujours Larchant peut être un vent - ou un van -
chymique.

Il me paraît que la réponse pourrait bien être affirmative, si on se réfère à notre post précédent sur La Ferté et surtout à Fulcanelli dans ses Demeures Philosophales, illustrées par Julien Champagne, au chapitre intitulé L'homme des bois.

"Mercure apparaît sous l'aspect d'un fou de cour. On le voit, coiffé du capuce à pélerine d'où pointent deux longues oreilles, tenir un caducée en guise de marotte...

Le mercure, appelé fou du Grand OEuvre, à cause de son inconstance et de sa volatilité, voit sa signification confirmée dans la première lame du Tarot, intitulée le Fou ou l'Alchimiste."


Ite missa est, Deo gratias!

Relevons finalement le fait que Larchant a inspiré plusieurs artistes, peintres et dessinateurs, dont Théodore Rousseau (1812-1867), Balthus (1908-2001), parent de l'alchimiste Stanislas Klossowski de Rola, en 1939, et notre contemporaine Anne-Marie Besnard (en 2002, 2004...), dont voici une vue de l'église de Larchant aux "Glycines", qui me rappelle la Suisse romande de la fin de mon enfance, et que je dédie à la mémoire vivante du "père aub" et de la "mère aub" de Nyon.

 

http://besnard.vitrail.free.fr/Atelier.html

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-champagne-et-larchant-83879546.html



ARCHER

Partager cet article
Repost0
12 juillet 2006 3 12 /07 /juillet /2006 19:37




Nous voici, à la fin du tome premier des Demeures Philosophales de Fulcanelli, devant une maison du XVème siècle de La Ferté Bernard (Sarthe).

Le cliché ci-dessus en constitue la planche XXIV, qui remplace les planches XXI et XXII de l'édition originale des Demeures, dessinées et signées par Julien Champagne, que je reproduis également.

Après avoir longtemps souhaité découvrir d'autres clichés, plus récents et si possibles mieux colorés, de cette batisse, je puis enfin vous en proposer.

Je voudrais aussi faire remarquer que le dessin, plus précis que la photo, est sans doute aussi mieux adapté à la leçon dispensée par l'auteur, et ce même si au cas particulier la photo permet d'avoir une meilleure vue générale du monument.

Vérifions-le ensemble. Voici donc le texte de cette leçon fulcanellienne, qui commence assez inhabituellement par une allusion à l'autre ouvrage de Fulcanelli, Le Mystère des Cathédrales.

"Nous avons, en un précédent ouvrage, signalé la lutte implacable que se livrent les corps mis en contact, à propos d'un bas-relief du soubassement de Notre-Dame de Paris."

Je reviendrai ultérieurement sur ce bas-relief, dit du combat des deux natures.

"Une autre traduction du combat hermétique existe sur la façade d'une maison de bois, bâtie au XVème siècle, à la Ferté-Bernard (Sarthe).





On y retrouve le fou, l'homme à l'écot, le pélerin, images familières et qui paraissent entrer dans une formule appliquée, à la fin du moyen âge, à la décoration des logis modestes d'alchimistes sans prétention.

On y voit de plus l'Adepte en prière, ainsi que la sirène, emblème des natures unies et pacifiées, dont le sens est commenté en un autre endroit.

Mais ce qui nous intéresse surtout, - parce que le sujet se rapporte directement à notre analyse, - ce sont deux marmousets hargneux, contrefaits et grimaçants, sculptés sur les corbeaux extrêmes de de la corniche, au second étage.

Trop éloignés l'un de l'autre pour en venir aux mains, ils tentent de satisfaire leur aversion native en se jetant des pierres.

Ces grotesques ont la même signification hermétique que celle des enfants du porche de Notre-Dame. Ils s'attaquent avec frénésie et cherchent à se lapider.

Mais, tandis qu'à la cathédrale de Paris l'indication de tendances opposées nous est fournie par le sexe différent des jeunes pugilistes, c'est seulement le caractère agressif des personnages qui apparaît sur la demeure sarthoise.

Cette similitude extérieure rapproche davantage la fiction de la réalité physique, mais s'écarte résolument de l'ésotérisme opératoire.

Si le lecteur a compris ce que nous désirons enseigner, il retrouvera sans peine, dans ces diverses expressions symboliques du combat des deux natures, les matériaux secrets dont la destruction réciproque ouvre la première porte de l'OEuvre.

Ces corps sont les deux dragons de Nicolas Flamel, l'aigle et le lion de Basile Valentin, l'aimant et l'acier de Philalèthe et du Cosmopolite."

undefined



ARCHER

Partager cet article
Repost0
8 juillet 2006 6 08 /07 /juillet /2006 20:44


Il y a un mystère Gaston Sauvage. A part son amitié pour Julien Champagne et Jules Boucher, son appartenance comme eux au Grand Lunaire et comme Jules Boucher toujours à la société Rhone Poulenc (alors dénommée Poulenc Frères) on ne sait presque rien de lui.

L'autre mystère ou si vous préférez le mystère dans le mystère est celui de sa présence lors de la "transmutation de Sarcelles" en 1922.

Je crois que Fulcanelli n'aurait pas toléré cette présence, si le "pape noir" du Grand Lunaire, aux activités si douteuses qu'un des membres de la secte, effrayé par cet homme qui apparemment portait bien son nom, jugera bon de se faire exorciser en quittant le groupe, avait déjà basculé du côté obscur.

Walter Grosse me dit être persuadé que ce Gaston Sauvage est le même que l'auteur de deux ouvrages parus pendant la première guerre mondiale, en 1916:

L'Allemagne historique, intellectuelle, morale, en collaboration avec Georges Fouad (Jouve), et France et Allemagne: les deux agricultures (ouvrage auto-édité).

Pour lui il ne fait pas de doute que nous ne sommes pas en présence d'un homonyme. Si tel est bien le cas, force est de mentionner que le second livre a été préfacé par un certain Fernand David...

Ecartons à nouveau courageusement le risque de l'homonymie et concluons à l'identité de ce monsieur avec un ministre de l'agriculture et élu savoyard de l'époque.

Né à Annemasse en 1869, et décédé en 1935, Fernand David a été député de la Haute-Savoie de 1898 à 1919, ministre du commerce et de l'industrie en 1912-1913, et bien entendu ministre de l'agriculture (1913, 1914-1915, 1917 puis 1930).

En 1925, il a encore été commissaire général de l'exposition internationale des arts décoratifs et industries modernes.

Et surtout, dirais-je, cet avocat franc-maçon a préfacé en 1919 un livre de Pierre Perreau, L'agriculture et la guerre. De ce point de vue, la cause semble entendue, à mon avis. Ce Fernand David est le bon.

Il figure sur la carte postale ci-dessus, qui est bien sûr l'oeuvre d'un amateur. Le cliché date de 1932, année de la mort de Julien Champagne.

D'après le site de l'association La Salévienne:

http://www.la-salevienne.org/CPA-max.php?Indcart=24

nous assistons ici à l'inauguration de la "route du Salève" (entre l'Abergement et La Croisette) financée par le couple Dina-Shillito et exécutée par le Génie de Grenoble. Au premier plan, de gauche à droite :

Ernest Britt (né en 1860), second mari de Mary Wallace Shillito,
Mary Wallace Shillito (1878-1938), mariée (le 23.06.1913 ou le 22 Janvier 1914, suivant les sources) à Paris avec Assan Farid Dina (1871-1928), veuve puis remariée avec Ernest Britt en 1930 et divorcée en 1937,
le sénateur Fernand David,
la femme de Fernand David,
M. Pinget, notaire à Cruseilles,
Paul Tapponier,
François Bonier (1874-1938). 

Pour vous montrer cependant, si besoin est, que le danger de l'homonymie est grand, voici également une oeuvre de Fernand David, consacrée à Ampère:


Mais ce Fernand David là est né en 1872 et mort en 1927. A propos de cette sculpture, j'ajouterai qu' Ampère s'appelait Antoine Marie, donc ses initiales sont AMA.

"Le hasard n'existe pas."

 

 

Pour Walter Grosse, quoiqu'il en soit, un Gaston Sauvage, né en 1897, a bien été employé comme chimiste par la firme Poulenc Frères:

 

http://fulgrosse.over-blog.com/article-2427770.html

 

Toujours d'après Walter, dans son livre auto-édité (Fulcanelli, un secret violé, Seixal, 2009), Gaston Sauvage, dont il a retrouvé une mention au recensement de la ville de Paris, en 1932, aurait été un collaborateur au laboratoire de Julien Champagne. Resté célibataire,il serait décédé en 1968.

 

 

gastongrosse1932.champagne

 

ARCHER

Partager cet article
Repost0