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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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13 mai 2006 6 13 /05 /mai /2006 15:26

 



Arrivé à ce stade du blog Julien Champagne, il me paraît juste de rendre explicitement hommage au travail réalisé sur Fulcanelli par Geneviève Dubois.

Son livre Fulcanelli dévoilé, paru en 1992 aux éditions Dervy, porte d'abord en couverture un portrait de Julien Champagne, qui est sans doute comme déjà signalé un auto-portrait, et dont on peut se demander où il se trouve actuellement.

L'explication de cette couverture est simple, Dubois identifie plus ou moins - à mon avis de façon aventurée - Champagne à Fulcanelli. Mais le fait seul, significatif en lui-même, reste là, bien présent: Julien Champagne fait la couverture de ce livre.

Ensuite, et surtout, le livre de Geneviève comporte une "foultitude" d'informations et de documents sur Julien Champagne, sur Eugène Canseliet, sur Fulcanelli, et en général sur le mouvement ésotérique français du XXème siècle, qui en fait un ouvrage de référence, une mine dans laquelle, quelque soient certaines zones d'ombre ou inexactitudes, il est loisible à chacun de puiser pour
démêler l'écheveau du "mystère Fulcanelli", ou du "mystère Champagne".

C'est ce qui motive sans doute le succès de cet ouvrage, reparu en 1996, et traduit en plusieurs langues, l'italien d'abord (Mediterranee, 1996), et puis récemment l'anglais (Destiny Books, 2006).

J'en profite pour signaler que le livre de Patrick Rivière sur Fulcanelli vient lui aussi d'être anglicisé
(Red Pill Press, 2006).

Julien Champagne figure également en pleine couverture de l'édition italienne du livre de Dubois, mais sa présence est hélas bien plus discrète sur la jaquette de sa publication américaine.

Geneviève Dubois anime en outre les éditions du Mercure  dauphinois, à Grenoble, ville alchimique distinguée, et y a fait paraître plusieurs ouvrages d'intérêt, parmi lesquels une oeuvre collective intitulée: Ces hommes qui ont fait l'alchimie du XXème siècle (1999).

http://www.lemercuredauphinois.fr/index.htm


Parmi ces alchimistes du XXème siècle, on retrouvera avec plaisir dans ce livre, traduit, lui, en espagnol (Obelisco, 2002), diverses personnalités éminentes, comme Pierre Dujols et Antoine Jobert, le premier étant comme déjà souligné un intime de Julien Champagne, et le second quelqu'un qu'il a pu connaître. J'en dirais autant d'Henri Coton-Alvart.

Et Champagne lui-même, me direz-vous?  Il apparaît au chapitre consacré à Fulcanelli  et Eugène
Canseliet.

Rédigé par Geneviève Dubois (G.D., ô Grasset d'Orcet), ce chapitre comporte au moins une indication précise, que j'ai trouvé significative, et dont je cite la version espagnole:

"En 1917, Eugène Canseliet supera el bachillerato en lenguas clàsicas en Aix-en-Provence y luego regresa a Paris en compania de Fulcanelli.

En esta época, en Paris, la Societad Teosofica cuenta entre sus miembros a Jean-Julien Champagne, el amigo de Fulcanelli, a quien Eugène Canseliet habia conocido también en Marsella, René Schwaller de Lubicz, Henri Coton-Alvart. Pierre Dujols, que escribia para Le Théosophe, habia de convertirse en el maestro de Henri Coton-Alvart.

En 1919, todos se retiran de la Sociedad Teosofica para consagrarse a la creacion de un grupo que llevrarà por nombre Les Veilleurs."

Fulcanelli, ami de Champagne: On voit bien ici que l'identification par Dubois de Fulcanelli à Champagne est "fluctuante".

En outre, même brièvement, il semble bien, si on en croit Geneviève,  que Julien Champagne ait adhéré, comme d'autres de ses amis et relations, à la Société Théosophique.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-champagne-di-genevieve-dubois-35788301.html


Agneau mystique -10-van eyck.champagne


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8 mai 2006 1 08 /05 /mai /2006 17:42


Dans l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli (1926), le médaillon de la cathédrale d'Amiens, intitulé La Coction Philosophique, et dessiné par Julien Champagne, fait l'objet de la planche XXIII.

Ce médaillon du portail du Sauveur, nous le retrouverons illustré par un cliché photographique, à la planche XXXIV de l'édition Pauvert (1964).

Fulcanelli n'a pas négligé, dans ses ouvrages, de se pencher sur les descriptions et interprétations de ses devanciers, s'agissant des monuments qu'il nous propose d'examiner.

C'est ainsi qu'à propos de la cathédrale d'Amiens en général, et de ce motif en particulier, il fait ouvertement référence à l'ouvrage de Georges Durand, Monographie de l'église cathédrale d'Amiens (Picard, 1901).

Et de citer son auteur, qui penche pour ce quadrilobe à une représentation de l'apostasie:

"C'est un personnage nu-tête, imberbe et tonsuré, clerc ou moine, vêtu d'une robe descendant à mi-jambe, munie d'un capuce...

Jetant à côté de lui ses braies et ses chaussures, sortes de demi-bottes, il semble s'éloigner d'une jolie petite église aux fenêtres longues et étroites, au clocher cylindrique et en porte à faux, que l'on aperçoit dans le lointain."


La leçon de Fulcanelli est évidemment bien différente:

"L'église est plutôt un athanor, et son clocher élevé en dépit des règles les plus élémentaires de l'architecture, le four secret renfermant l'oeuf philosophal. Ce four est muni d'ouvertures par lesquelles l'artisan observe les phases du travail.

Un détail important et bien caractéristique a été oublié: nous voulons parler du cintre évidé dans le soubassement.

Or, il est difficile d'admettre qu'une église puisse être bâtie sur voûtes apparentes et semble ainsi reposer sur quatre pieds.

Il n'est pas moins hasardeux d'assimiler à un vêtement la masse souple que l'artiste montre au doigt.

Ces raisons nous ont conduit à penser que le motif d'Amiens relevait du symbolisme hermétique et représentait la coction ainsi que l'appareil ad hoc.

L'alchimiste désigne, de la main droite, le sac au charbon, et l'abandon de ses chaussures montre assez jusqu'où doivent être poussés la prudence et le souci du silence dans cette besogne cachée."

Dans ses Demeures Philosophales, Fulcanelli précisera en outre, à propos du grimoire du chateau de Dampierre, ce qui explique que cette coction soit qualifiée de philosophique:

"Il ne s'agit point en ce lieu du feu des cuisines, de nos cheminées ou des hauts fourneaux...".


Et dans son introduction au Mutus Liber (Pauvert, 1967), Eugène Canseliet, pour sa part,  reviendra sur cette dialectique des interprétations, classique et hermétique, de la symbologie ecclésiale:

"Notre maître, Fulcanelli, a surabondamment prouvé qu'une grande partie de la décoration dans les églises, depuis l'humble paroissiale jusqu'à la plus riche cathédrale, ne peut s'expliquer, de manière satisfaisante, du seul point de vue de la religion ou de la morale.

Très souvent la science hermétique y devint le prétexte de compositions allégoriques, comme ce fut le cas, en particulier, pour les Notre-Dame de Paris et d'Amiens, dont les petits bas-reliefs, alignés et superposés tout le long du soubassement, avant Fulcanelli étaient identifiés avec l'expression singulière des vertus et des vices.

Faute due à la stérile routine, que Bernard Champigneulle a commise à son tour, dans la classique introduction d'un album magnifique, édité en grand format."

Canseliet fait ici référence au livre Amiens, composé de photographies de Jean Roubier, publié en 1955 aux éditions du Cerf.

Ne quittons pas la cathédrale d'Amiens, dont la conservation est comme celle de ses soeurs actuellement menacée par l'incurie des pouvoirs publics, nationaux, régionaux et locaux, et par celle du clergé, laïcisé et ignare, sans saluer un artiste contemporain, amoureux de ces édifices pluricentenaires, et qui y a consacré une série de peintures et de dessins, dont est extraite l'oeuvre ci-dessus.

Entreprise salubre, qu'il convenait sans doute de saluer. Vous pourrez retrouver Earl Mayan, puisqu'il s'agit de lui, sur son site favori:
 
http://home.earthlink.net/%7Eklavir/index.html

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-cozione-di-julien-champagne-35788276.html




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7 mai 2006 7 07 /05 /mai /2006 12:02


Pourquoi ce superbe portrait de Nadar par Carolus-Duran, réalisé en 1896 et qui fait aujourd'hui partie des collections du Musée de l'air et de l'espace?

Si Charles Duran (1837-1917), portraitiste renommé dès 1869, a peint cette huile sur toile, c'est que le photographe Félix Tournachon, alias Nadar (1820-1910) fut au XIXème siècle une des célébrités du "tout Paris".

C'est ainsi qu'en 1854 il produisit son Panthéon Nadar, une série de plus de trois cents clichés de notoriétés du moment.

Félix Tournachon trouve également sa place dans ce Musée, car il fut aussi un aérostier confirmé.
En 1858 il produisit la première photographie aérienne à bord de son ballon Le Géant. Il fonda la revue L'Aéronaute, et en 1871, créa la première compagnie d'aérostiers du siège de Paris.

"Touche à tout", caricaturiste à ses heures, journaliste, nouvelliste, écrivain (d'opposition, il va sans dire), il fut aussi collectionneur et mécène...

Soit, me direz vous, mais quel rapport précis avec Julien Champagne, même si nous avons visiblement affaire à deux artistes, inventeurs de surcroît? Nous l'allons voir, mais d'abord, vous devez savoir que les deux hommes peuvent être aussi rapprochés l'un de l'autre par une autre de leurs passions communes, l'alchimie.

Car Nadar - ceci est peu connu - a écrit un traité d'alchimie; il est même en vente actuellement à l'excellente librairie de Dominique Nicol, L'oiseau livre, dont je ne résiste pas au plaisir de reproduire l'enseigne, car elle me paraît non seulement esthétique, mais "topique".


Voici un lien vers cette librairie:

http://www.galaxidion.com/oiseau/

Et voici l'annonce du libraire sur notre traité, dont le prix hélas avoisine ceux des éditions originales
des Fulcanelli illustrés par Julien Champagne:

"NADAR - LES DICTS & FAICTS DU CHIER CYRE GAMBETTE LE HUTIN en sa court. Chez l'auteur, 1881-82, 1 vol. in12 relié dos cuir, 43pp. Tirage limité à 300 exemplaires. N°93." 

Et il ajoute:

"Ouvrage très rare. Curieux livre d'alchimie à classer avec celui d'Hillel Erlanger : Voyage en kaleïdoscope. L'auteur signe en sous-titre : EXPOSES PAR MON SIEUR NADAR. ABSTRACTEUR DE QUINTE ESSENCE. 

Son prologue ne laisse aucun doute sur le sujet caché dont il traite, en voici le contenu : 

"Amy lecteur, si tu es bien advisé et friant de haulte graisse, tu liras ceste chronicque chronicquante dont l'auctheur, sous l'emblesme d'un fol, cele un saige, curieux de sapience et florisseulx de science philosophicale. Ne t'arrestes ny reschignes aux aspretés du languaige anticque comme au pets d'un asne, mais bien chausse tes lunettes sur l'aureille gauche pour ouyr plus clair : romps l'os et trouveras medulle à sugcer. Amen". 

Nadar n'est autre que le grand photographe du XIXè siècle qui fut introduit dans les milieux de l'ésotérisme par C. Flammarion."

Voici la couverture d'un autre livre très rare de Nadar, qui est lui de 1883, et fait référence au premier mentionné:


Camille Flammarion, comme dirait Frédéric Courjeaud, nous nous approchons de Fulcanelli, et donc de Julien Champagne...

Dans son ouvrage très bien écrit, Fulcanelli une identité révélée (Claire Vigne, 1996), Courjeaud, qui identifie Fulcanelli à Flammarion, ne me paraît pas cependant prononcer le nom de Nadar.

Le père de Camille fut pourtant employé aux studios Tournanchon-Nadar, du frère du "grand Nadar".

Soit, me direz vous, mais encore une fois quid de Julien Champagne et de la famille Nadar? J'ouvre donc maintenant le livre de Richard Khaitzine, Fulcanelli et le cabaret du chat noir (Ramuel,
1997) et je lis avec vous:

"Dans un catalogue Nadar, consacré à la mode, sont inclus deux portraits, le premier de Paul de Lesseps, le second de son frère Bertand.

La notice précise que Bertrand avait le génie de la mécanique et qu'il fabriquait un traineau à moteur, lequel fut acquis par le tsar de Russie."

En 1885, Nadar réalisa un portrait de Ferdinand de Lesseps. En 1886, avec son fils Paul (1856-1939), il "interviewait"  pour le compte du Journal illustré le centenaire  Eugène Chevreul, qui recevait autrefois le jeune Fulcanelli.

Paul, dont un portrait figure ci-dessous, sera considéré plus tard comme le père du photojournalisme; mais où donc ai-je lu qu'il travailla comme Julien Champagne pour le compte de la famille Lesseps?


Mais tout simplement dans le livre même de Richard Khaitzine que je viens juste de mentionner:
"Le fils Nadar fut le secrétaire de Charles de Lesseps."

 

Pour Robert Greaves, auteur d'un Nadar quand même! (Les éditions d'en face, 2010), dont le précurseur fut son Nadar ou le Paradoxe vital (Flammarion, 1980), Félix Tournachon aurait été en 1842 secrétaire de Charles de Lesseps, rédacteur en chef du journal Le Commerce.

 

Toujours d'après Greaves, "Charles de Lesseps fils" vint visiter Félix à la mort de son épouse Ernestine, en 1909. Dans son Nadar (Gallimard, 2010), Stéphanie de Saint Marc confirme la relation professionnelle, mais aussi affectueuse de Nadar avec Charles de Lesseps, et revient longuement sur l'entretien avec Chevreul, non sans l'illustrer.

 

chevreulnadar1886.champagne

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-da-nadar-a-champagne-35788257.html



 
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6 mai 2006 6 06 /05 /mai /2006 21:31



De retour à Bourges, devant l'hotel Jacques Coeur, nous voici face à La Mérelle de Compostelle,
et à la planche XXVIII de l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, qui constitue sans nul doute un des chefs-d'oeuvre, cette fois signé, de Julien Champagne.

Dans son ouvrage, Fulcanelli commente très succintement ce motif:

"La Mérelle de Compostelle, sur laquelle nous aurions bien des choses à remarquer, sert, dans la symbolique secrète, à désigner le principe Mercure, appelé encore Voyageur ou Pélerin.

Elle est portée mystiquement par tous ceux qui entreprennent le travail et cherchent à obtenir l'étoile (compos stella).

Rien de surprenant, dès lors, que Jacques Coeur ait fait reproduire, à l'entrée de son palais, l'icon peregrini si populaire chez les souffleurs du moyen âge."

A propos des caissons de l'hotel Lallemant, dans la même ville, il précise simplement, dans le même livre:

"Une large coquille, notre mérelle..."

Il y a là visiblement une allusion à la coquille saint Jacques, chère à Jacques Coeur, pour des raisons évidentes.

Fulcanelli, dans ses Demeures Philosophales, reviendra sur les "coquilles du genre peigne, ou mérelles de Compostelle".

A propos de l'initié Louis d'Estissac, déjà mentionné, il y insiste à nouveau sur les matières initiales, dont l'une

"aqueuse et froide, substance passive (est) représentée sous l'aspect d'une coquille marine, que les philosophes nomment Mérelle,...mère de la lumière."


Il existe peu de portraits de Jacques Coeur. Je sais que Joëlle Oldenbourg, en cherche un qui serait authentique. Au-dessus de la coquille saint Jacques que nous venons de commenter suivant Fulcanelli, en voici un, sculpté dans la pierre. Celui qui figure ci-dessous l'est peut-être moins.



C'est ici le lieu, en tout cas, de signaler sur les mystères alchimiques de Bourges, l'excellent DVD d'Alain Lancelot, réalisé en 2005:

http://www.alainlancelot.com/dvd.php

S'il n'y cite pas Julien Champagne, malheureusement, du moins Fulcanelli, Canseliet et Jacques Coeur y sont-ils mentionnés.

Et, chère Joëlle, le fait qu'il ne soit pas certain  que "maître Jacques" n'ait pas survécu à sa, à notre dernière croisade.

En date, serais-je tenté d'ajouter, et non de conclure.


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-alla-merella-35788232.html

 

OLDENBOURGhyem.champagne

 

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4 mai 2006 4 04 /05 /mai /2006 06:58


J'ai hésité à adopter un titre inverse, "Robert Ambelain à l'ombre de Champagne", mais il me semble finalement que l'ombre est bien du côté d'Ambelain.

Mon propos n'est pas ce soir de vous entretenir de l'oeuvre abondante de cet auteur prolifique, né en 1907 et décédé en 1997, mais de revenir maintenant avec vous sur son enquête, plusieurs fois mentionnée, qui concerne "le dossier Fulcanelli" (Cahiers de la revue La tour saint Jacques, 1962).

Je pense en fait que cette enquête est sujette à caution, ou du moins doit être remise en perspective.

Vous vous souvenez sans doute que dans un de mes posts précédents, consacré à Jean Schemit, j'ai évoqué la visite d'Ambelain  au premier éditeur  de Julien Champagne. Cette visite avait pour but de solliciter l'autoristation de Schemit pour la publication dans le livre d'Ambelain d'une gravure de Julien, figurant dans l'édition originale du Mystère des Cathédrales.

Cette gravure est reproduite ci-dessus, et représente la Vierge Noire de Marseille, que nous avons également abordée précédemment.

Elle figure dans un ouvrage de jeunesse qu'Ambelain écrivit en 1937, à trente ans, et qui fut publié en 1939: Dans l'ombre des cathédrales.

Ce livre vient d'être réédité tel que, par les éditions Bussière (2001), Ambelain n'ayant jamais, au témoignage émouvant de sa fille, Liliane Douguet Ambelain, qui y figure, traduit en actes son intention de le remanier.

http://www.robert-ambelain.book.fr/

Robert Ambelain intitule cette gravure "la vierge noire chrétienne", probablement en référence aux Isis d'origine païenne. En tout cas, le modèle est bien le même que celui du Mystère des Cathédrales, comme on pourra le vérifier ci-après:

Et quoiqu'il en soit, il s'agit sans doute là de la gravure de Julien Champagne qui a été (re)publiée le plus récemment.

J'ai déjà dit qu'Ambelain avait dédié Dans l'ombre des cathédrales à Fulcanelli. Voici le texte de cette dédicace:

"A la mémoire de Fulcanelli artisan du Grand OEuvre, Philosophe du Feu, dont les merveilleux enseignements nous ont permis cette imparfaite ébauche d'Esotérisme Hermétique."

Et de fait, dans son ouvrage, l'auteur multiplie les citations du Maître, toujours approbatrices, même s'il se défend d'avoir écrit un livre d'alchimie; Ambelain préfère déjà, en effet, la magie à l'alchimie, et cite aussi les articles de son ami Jules Boucher (J.B.) parus quelques mois auparavant dans la revue Consolation.

ambelaindédicaceombre.champagne

 

 

ambelainsignure.champagne

 

Mais voici ce qui importe surtout, à mon sens; c'est la façon dont dans son livre Ambelain présente "la vierge mère":

"La Vierge Noire de Saint-Victor, de Marseille, illustrant le présent ouvrage, est celle du dessin original de Jean-Julien Champagne, le savant illustrateur du "Mystère des Cathédrales".

C'est à l'obligeance de M. Jean Schemit, l'éditeur des deux ouvrages de Fulcanelli, qui nous en donna l'autorisation, que nous devons de la reproduire ici."

Ma conclusion est simple: en 1937, et contrairement à ses affirmations de 1962, Ambelain distingue bien entre Fulcanelli l'auteur et Champagne l'illustrateur. Pour lui, à cette époque, Julien Champagne n'est pas Fulcanelli, et l'identification entre les deux personnes fera bien l'objet d'une construction subséquente.





Dans l' édition Bussière de 2001, qui encore une fois est "anastatique", Ambelain, que nous voyons ici photographié en 1988, contredit donc sans s'être autrement  démenti ses propos de 1962.

Un dernier mot peut-être, sur la préface de Gérard Kloppel qui ouvre cette réédition: Elle contient à mon avis une contre-vérité, quand le préfacier affirme qu'en 1939 les ouvrages de Fulcanelli s'arrachaient à prix d'or. Nous avons déjà vu que c'est faux, au moins jusque 1945.

Ce qui est vrai depuis, et encore de nos jours, c'est que les éditions originales de ces livres sont très prisées, et constituent un bon indicateur de la "cote" et de Fulcanelli et de Julien Champagne.

A titre indicatif donc, il faut actuellement compter presque mille euros pour se procurer l'édition Schemit des Demeures Philosophales, et plus de mille pour celle du Mystère des Cathédrales.

Consolez vous cependant, la réédition Omnium Littéraire est un peu plus accessible, et les rééditions Pauvert encore davantage, mais ces dernières ne comportent pas la plupart des illustrations de Julien Champagne, qui y sont remplacées par des clichés...

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-champagne-all-ombra-di-robert-ambelain-35788211.html

 

ambjeune.champagne



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3 mai 2006 3 03 /05 /mai /2006 22:01


Nous voici de retour à Notre Dame de Paris, au portail de la Vierge. La planche de l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, non signée par Julien Champagne, est intitulée: Le Chien et les Colombes, et porte le numéro XVI.

Celle de l'édition Pauvert, également reproduite, le XXVII.

"Si, quittant le tympan, nous explique Fulcanelli, nous abaissons le regard vers la partie gauche du soubassement, divisé en cinq niches, nous remarquerons entre l'extrados de chaque arcature de curieuses figurines.

Voici, en allant de l'extérieur vers le pied-droit, le chien et les deux colombes, que nous rencontrons décrits dans l'animation du mercure exalté; ce chien de Corascène, dont parlent Artéphius et Philalèthe, qu'il faut savoir séparer du compost à l'état de poudre noire, et ces Colombes de Diane, autre énigme désespérante, sous laquelle la spiritualisation et la sublimation du mercure philosophal sont cachées."


Dans ses Demeures Philosophales, Fulcanelli reviendra sur le chien de Corascène, ou Khorassan, ou soufre, qui tire son appellation du mot grec Korax, équivalent de corbeau.

De même, il y précisera à propos des colombes de Diane qu'on peut les envisager comme deux parties du mercure dissolvant, - les deux pointes du croissant lunaire, - contre une de Vénus, laquelle doit tenir étroitement embrassées ses colombes favorites.

Eugène Canseliet, disciple unique de Fulcanelli jusqu'à preuve du contraire, s'attachera pour sa part à préciser encore le sens de ces énigmes.

Dans ses Deux Logis Alchimiques, il indique que le vocable Khorassan indique l'origine de cette âme métallique, effectivement extraite de la partie ténébreuse que les alchimistes désignent également par l'expression tête de corbeau.

"Celle-ci, orde, noire et puante, peut être regardée telle une déjection du mercure philosophal."

Quant au mystère des colombes de Diane, il y revient dans son recueil Alchimie:

"Sans la chaleur suffisante,...le mercure des philosophes, solide au degré ordinaire, ne se liquéfierait pas en sa convexité, ni - le feu poussé au blanc - ne donnerait, en vapeurs condensées, ses aigrettes royales et frissonnantes, ses cristaux ténus et candides, que Philalèthe pour sa part, séduit par le duvet immaculé, nomma fort pertinemment les colombes de Diane."

Nous nous trouvons donc ici introduits derechef, grâce à Fulcanelli, Julien Champagne et Eugène Canseliet, au charme discret , mais singulier et bien réel, du bestiaire alchimique.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-delle-colombe-35788168.html

 


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30 avril 2006 7 30 /04 /avril /2006 19:23

facture.schemit.champagne

 

Après avoir rendu justice aux époux Lavritch de l'Omnium Littéraire, deuxièmes éditeurs de Fulcanelli et donc de Julien Champagne, il n'est que temps de s'incliner devant le premier, Jean Schemit (1868-1945).

A l'âge de quinze ans, il commença de travailler pour le libraire Honoré Champion (1846-1913), dont la maison toujours active de nos jours fut fondée en 1874.

Il y apprit son métier, et dès 1900 nous trouvons Jean Schemit établi à son compte. Nous allons résumer sa contribution personnelle, mais notons dores et déjà que le fils d'Honoré, Pierre Champion (1880-1942) était un médiéviste distingué et que le jeune Anatole France, qui selon Richard Khaitzine fréquentait assidûment la librairie famililale, fut son témoin lors de son mariage.

Avant d'avoir eu l'audace de publier les Fulcanelli illustrés par Julien Champagne, dont certains exemplaires, rappelons-le, restaient toujours disponibles à l'état neuf à la fin de la seconde guerre mondiale, Jean Schemit fut et resta ensuite, d'ailleurs, un éclectique, que l'on pourrait de nos jours qualifier d'éditeur "culturel".

Dans le fond, il n'est pas si éloigné d'un Jean-Jacques Pauvert. La provocation en moins me direz-vous? Pas sûr.

Certes, à l'imitation de Pierre Champion justement , il édita les oeuvres de Clément Marot dans le texte de Robert Yve-Plessis (1911). Mais du même Yve-Plessis suivra en 1925 La psychose de François Villon.

Et dès 1908 Jean Schemit produisit des "Pages choisies" de Maximilien de Robespierre...

Si l'on veut du conventionnel schemitien, sans jeu de mot, je recommanderai La dentelle de Valenciennes d'Arthur Malotet (1927), dont est extraite la gravure ci-dessous.

Mais Jean Schemit publia aussi, dès 1908, L'art profane à l'église, de Gustave-Joseph Witkowski, et du même en 1920 Les licences de l'art chrétien, dont selon Eugène Canseliet l'érotisme mais aussi l'hermétisme le frappèrent également.

Fulcanelli devait d'ailleurs citer ces oeuvres dans les siennes.

De la même façon, Jean Schemit  "sortit" en 1910 Le genre fantastique et licencieux dans la sculpture flamande et wallonne, de Louis Maeterlinck.

La même année, il fit paraître par ailleurs, d'Etienne Deville, l'Index du Mercure de France 1672-1832, tellement prisé d'Eugène Canseliet comme livre de référence.

Avant d'en revenir à Julien Champagne, je voudrais enfin signaler l'édition par Jean Schemit, en 1908 de l'ouvrage de Francisque Pellegrin sur La fleur de la science de pourtraicture (1530, réimpression en fac-similé), puis en 1933, du livre d'Arnauld Doria, Le comte de Saint-Florentin, son peintre et son graveur, qui ne sont pas si éloignés de nos préoccupations, à mon sens.

Dans les Cahiers de la revue La Tour saint Jacques consacrés au dossier Fulcanelli en 1962, Robert Ambelain nous affirme être allé voir Jean Schemit à l'occasion de la parution de son livre, d'ailleurs dédié à Fulcanelli, Dans l'ombre des cathédrales (1939), pour en obtenir une autorisation relative à une illustration.

Jean Schemit aurait alors déclaré à Ambelain avoir rencontré Julien Champagne avant qu'Eugène Canseliet lui rendît visite, seul puis en compagnie de l'illustrateur des Fulcanelli.

Frappé par le savoir de Champagne et par la déférence de Canseliet à son égard, Schemit en conclut, selon Ambelain, que "Champagne et Fulcanelli ne faisaient qu'un."

Dans sa réponse attenante, Eugène Canseliet nie que Jean Schemit ait jamais rencontré Julien Champagne ; dans son édition du Mutus Liber, Canseliet affirmera également que Schemit ne rencontra jamais Fulcanelli...entre 1925 et 1930, ce qui ne veut pas dire, ajouterons-nous,  qu'il pense que Schemit n'ait jamais vu Fulcanelli ou su qui il est.

Et Eugène d'ajouter: "Je suis le seul nommé dans les engagements, par moi uniquement pris et signés avec Jean Schemit."



Rappelons au passage que Jean Schemit ne fut pas le premier éditeur démarché par Eugène Canseliet pour l'édition originale initiale; celle-ci fut en effet, dans un premier temps, écartée par Emile Nourry (Pierre Saintyves de son pseudonyme).

En 1944, Canseliet alla présenter à Schemit son premier livre, Deux Logis Alchimiques, que, malade, notre éditeur décida cependant tout aussitôt de publier; la parution de cet ouvrage, dont nous reproduisons la couverture, intervint l'année même de sa mort.

De cette oeuvre il conserva un exemplaire dans sa bibliothèque personnelle, orné d'une belle dédicace: "Au frère en Hermès ce livre, qui peut servir de complément précieux aux deux Fulcanelli."

Cette bibliothèque pieusement sauvegardée des années durant par Madame J.Schemit ne fut dispersée qu'en 1964.

 

Le catalogue de cette vente, dont nous avons extrait le portrait ci-dessus, qui chronologiquement du moins pourrait avoir été réalisé par Julien Champagne, et dont nous reproduisons aussi la page de garde, comporte un avant-propos d'Eugène Canseliet.

 

Pour Richard Caron, dans sa postface à la seconde réédition des Deux Logis (Jean-Claude Bailly, 1998) c'est l'épouse de Jean Schemit, Fernande, qui en fait "fit de son mieux pour faire paraître l'ouvrage que son époux avait accepté de publier de son vivant."



dédicaceDLparMadameSchemit.champagne

 

Canseliet s'y remémore en particulier le moment où Jean Schemit découvrit le manuscrit et les dessins de Julien Champagne, et  par la même occasion Le Mystère des Cathédrales:

"Ouvrage dont le frontispice, immédiatement admiré dans l'émotion intense, ne fut pas sans affermir son projet, depuis longtemps caressé, de ce voyage en Egypte, qu'il devait accomplir, quelque dix ans plus tard, dans l'enthousiasme illimité, et dont il conserva le souvenir impérissable et toujours enchanté", chère Joëlle Oldenbourg.

Dans la première réédition de ses Deux Logis par Pauvert, en 1979, Eugène Canseliet relate, avec ferveur
et ironie, les obsèques auxquelles il assista du premier éditeur de Julien Champagne et de Fulcanelli:

"C'était autrefois, devant la mort, le respect recueilli et l'émotion réelle du dernier hommage, qui sont aujourd'hui supprimés par une société française, depuis juste vingt ans, socialement "évoluée" et gagnée à la vraie grandeur."

Au cimetière du Montparnasse, la sépulture de Jean Schemit avoisine celle de Pierre Champion, et est située à quelques pas de celle où repose Guy de Maupassant, qu'il estimait beaucoup et à l'enterrement de qui il avait assisté.

 

Pour Eugène Canseliet, "il fallait bien que Jean Schemit vécût de son travail, mais sa préoccupation majeure restait celle de servir."

 


 

schemitpub.champagne

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-jean-schemit-editore-di-champagne-35788116.html




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30 avril 2006 7 30 /04 /avril /2006 12:08


Nous voici de retour à Amiens, et cette fin avril, et bientôt ce début de mai, me semblent également propices à une étude de la rosée du ciel ou rosée des philosophes.

C'est précisément le thème de la planche XXVI de l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, illustré par Julien Champagne et il m'est apparu que l'occasion était idoine également pour confronter le dessin de notre cher "Hubert" au cliché correspondant et postérieur de Pierre Jahan (planche XXXVII), d'où bien sûr les deux illustrations de ce post.

Un alchimiste ami de Provence vient de m'expliquer par téléphone que la récolte de rosée a été décevante cette année au Bélier, j'espère pour lui et pour ses frères qu'après les "saints de glace" elle sera abondante au Lion.


Mais commençons par rappeler et la description et le commentaire de Fulcanelli sur ce motif:

"Le maître anonyme qui sculpta les médaillons du porche de la Vierge-Mère a très curieusement interprété la condensation de l'esprit universel;

un Adepte contemple le flot de la rosée céleste tombant sur une masse que nombre d'auteurs
ont prise pour une toison.

Sans infirmer cette opinion, il est tout aussi vraisemblable d'y soupçonner un corps différent, tel que le minéral désigné sous le nom de Magnésie ou d'Aimant philosophique.

On remarquera que cette eau ne tombe pas ailleurs que sur le sujet considéré, ce qui confirme l'expression d'une vertu attractive cachée dans ce corps, et qu'il ne serait pas sans importance de chercher à établir."

Cette rosée céleste est-elle simplement la rosée d'avril ou de mai? Il ne semble pas, si l'on en croit Eugène Canseliet, qui précisera en 1945 puis en 1979 dans ses Deux Logis Alchimiques:

"La terre alchimique, en effet, si elle doit être abondamment arrosée, ne deviendra féconde, qu'après avoir été tout aussi copieusement abreuvée de l'esprit astral et humide que les auteurs dénomment rosée céleste.

Beaucoup se méprennent sur la réelle signification de cette manne, et n'hésitent pas à effectuer, sans prendre garde au caractère de similitude, l'opération banale que montre la quatrième planche du Mutus Liber."

De ce dernier livre, le même Canseliet nous a donné en 1967 une somptueuse édition, où il loue en particulier le médecin genevois Jean-Jacques Manget, son prédécesseur sur ce point, d'avoir écrit de façon certes sibylline:

"L'esprit de rosée de mai est préparé de la manière suivante. Prends une quantité suffisante de rosée ou de pluie de mai, ou semblablement de neige qui, recueillies, tiennent de mars ou du début d'avril et distille leur esprit par le mode ordinaire.

Spiritus roris maialis paratur sequenti modo. Recipe roris aut pluviae maialis, aut itidem nivis exeunt Martio aut ineunte Aprili collectae q.s. ex iisque modô ordinariô spiritum destilla."

Puisque nous sommes à Amiens mentionnons enfin du même Canseliet, cette fois dans son Alchimie expliquée sur ses textes classiques (1972) la relation faite d'une expérience faite au XVIIIe siècle par un médecin amiennois nommé Gosset.

Gosset fut profondément impressionné par la phrase qu'il avait lu dans le volume de Van Helmont, qu'il reproduisit dans le sien:

"Arte didici rorem saccharo esse divitem & multis morbis opitulantem.

Par l'art, j'ai appris que la rosée est riche en suc et remédiant à de nombreuses maladies."

Vive donc le latin, langue vivante et non morte, comme d'ailleurs le grec ancien et de toujours.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-et-la-rosee-du-ciel-35788076.html

 




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28 avril 2006 5 28 /04 /avril /2006 23:02


"Chose promise, chose due"; c'est ce que répètent à l'envi - et ne font pas - ce qui ne leur portera pas chance, nos actuels hommes publics et...femmes publiques.

Voici donc la couverture annoncée de l'édition originale des Demeures Philosophales de Fulcanelli, dont nous avons déjà donné l'équivalent en ce qui concerne le Mystère des Cathédrales.

Ce dernier est rappelons le paru en 1926, les Demeures ont suivi en 1930. Dans les deux cas les tirages ont été modestes (il semble 300 et 500 exemplaires respectivement).

C'est ce qui explique la rareté de ces ouvrages, et suivant l'aphorisme bien connu et devenu célèbre depuis l'élaboration du syllogisme de Buridan, leur cherté.

Nous voyons à nouveau que le nom de Julien Champagne figure en bonne place, celui d'Eugène Canseliet étant cette fois écrit plus complètement.

Comme déjà dit, et montré, il en sera pratiquement de même lors de la réédition des Demeures,
trente ans plus tard (Omnium Littéraire, 1960).

Ce ne sera plus le cas lors de la troisième édition (Pauvert, 1965), les planches de Julien Champagne y étant remplacées par des clichés photographiques leur correspondant; je me réfère ici à nouveau à l'excellent Index Fulcanelli de B. Allieu et B.Lonzième.

En 1973, Jean-Jacques Pauvert en fera paraître une réédition en format réduit, dont la page de titre, reproduite ci-dessous, diffère de la couverture; elle reprend en effet celle de l'édition précédente, en noir et rouge, avec la mention "dessins de Julien Champagne et photographies nouvelles".

En fait, il n'y a pas de changement notable, hormis la reprise des planches de Julien Champagne pour les illustrations du château de Dampierre-sur-Boutonne et une modification du texte à propos du Cavalier de l'Apocalypse (nous avons déjà traité du dernier et reviendrons plus tard sur le premier, si Dieu le Feu).

On peut en tirer une conclusion qui justifie mon titre: Julien Champagne s'est ainsi trouvé écarté, presque complètement, des rééditions des Demeures comme du Mystère; sa "découverture" en est comme un symbole; elle me paraît appeler une redécouverte, même s'il serait probablement excessif d'écrire que son oeuvre a été ainsi occultée.

C'est bien par conséquent un des buts de ce blog, que d'inciter à un retour à l'authenticité initiale, et voilà pourquoi il pourrait s'intituler: Julien Champagne révélé ou dévoilé.


Ne quittons pas pour cette fois l'édition originale des Fulcanelli par Jean Schemit, sans mentionner que le Mystère comme les Demeures ont été imprimés dans les deux cas, si on en croit le colophon, par P.Daupeley-Gouverneur, à Nogent-le-Rotrou.

Il semble que cette imprimerie, qui a utilisé les planches originales ou des copies des planches de Julien Champagne, ait cessé ses activités à la fin du XXème siècle.


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-decouverture-de-champagne-35788053.html




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27 avril 2006 4 27 /04 /avril /2006 21:52


La planche XIX de l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, dessinée comme il se doit par Julien Champagne, présente à plus d'un titre un intérêt particulier.

Représentant le socle du pilier saint Marcel au portail sainte Anne de Notre Dame de Paris, elle est non seulement signée par l'artiste, mais le dessin porte explicitement la mention de l'origine du monument. Nous verrons tout à l'heure pour quelles raisons bien précises.

Pour l'instant, je vous propose de nous concentrer sur l' intitulé de cette planche, qui est bien sûr alchimique: Le Mercure Philosophique et le Grand OEuvre. Et écoutons dans un premier temps la description du pilier, tel que vu par Fulcanelli:


"C'est une haute et noble statue de saint Marcel, au chef mitré, surmonté d'un dais à tourelles et dépourvue, selon nous de toute signification secrète. L'évèque se teint debout sur un dé oblong finement fouillé, orné de quatre colonnettes et d'un admirable dragon byzantin, le tout supporté par un socle bordé d'une frise et que relie au soubassement une moulure à talon renversé. Dé et socle ont,seuls, une réelle valeur hermétique."

Voilà, qui, selon nous, explique que Julien Champagne ait été prié de ne dessiner qu'une partie du monument consacré à saint Marcel. Mais , me direz vous, quelle en est la signification ésotérique?

Retournons donc à la glose fulcanellienne, pour tâcher d'en extraire la "substantifique moëlle", chère à François Rabelais:

"Sur le socle cubique vous remarquerez, au côté droit, deux besants en relief, massifs et circulaires; ce sont les matières ou natures métalliques, -sujet et dissolvant, - avec lesquelles on doit commencer l'OEuvre.

A la face principale, ces  substances, modifiées par les opérations préliminaires, ne sont plus représentées sous la forme de disques, mais comme des rosaces à pétales soudés...

Au côté gauche, les besants, devenus rosaces, affectent cette fois la forme de fleurs décoratives à pétales soudés, mais à calice apparent...Le graphique du calice indique que les racines métalliques ont été ouvertes et sont disposées à manifester leur principe séminal..."

J'abrège ici volontairement l'explication de Fulcanelli, pour en arriver au Mercure:

"Après l'élévation des principes purs et colorés du composé philosophique, le résidu est prêt, dès lors, à fournir le sel mercuriel, volatil et fusible, auquel les vieux auteurs ont souvent donné l'épithète de dragon babylonien."


Et précisément, l'histoire de ce pilier ne manque pas de sel, elle non plus. Fulcanelli nous explique que son existence est attestée, dès le XVIIème siècle, par les descriptions de De Laborde et de Gobineau de Montluisant.

Mais il ajoute aussitôt:

"Malheureusement, ce pilier, si magnifiquement décoré, est presque neuf: douze lustres nous séparent à peine de sa réfection, car il a été refait...et modifié." C'est le pilier actuel qui est photographié ci-dessus.

Le pilier original a alors été relégué au musée de Cluny, ce qui explique que ce musée soit également mentionné au bas de la planche de Julien Champagne. Ce dernier a en effet dessiné le pilier "authentique", seul pourvu d'un sens alchimique.

Et Fulcanelli de critiquer sévèrement Cambriel, alchimiste du XIXème siècle, pour sa description erronée dudit pilier. Vous pensez que l'histoire s'arrête là? Pas du tout, et je vous propose pour terminer un raccourci de ce qui est un vrai feuilleton pour historiens de l'art:

Au XXème siècle, plusieurs ésotéristes, Grillot de Givry, puis Jean Reyor (Marcel Clavelle), puis Bernard Husson ont tour à tour à la fois défendu Cambriel et critiqué Fulcanelli.

Le disciple de ce dernier, Eugène Canseliet, a, lui, soutenu son Maître dans la dernière en date des éditons françaises du Mystère des Cathédrales (Pauvert, 1964). On y trouvera d'autres photos du "vrai" saint Marcel (planche XXX de cette dernière édition).

Et où est-il maintenant alors, le saint Marcel hermétique? Et bien, nous explique Canseliet, il n'est plus au musée de Cluny, il est revenu à Notre Dame:

"L'effigie hermétique est maintenant abritée dans la tour septentrionale de sa première demeure."

Ce saint est décidément un véritable icon peregrini, ce qui après tout n'est pas totalement anormal en alchimie.Donc, ...à suivre!

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-et-saint-marcel-35788034.html




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