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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.
Dimanche 25 février 2007

Carême prenant, je vais incontinent vous entraîner pour la septième fois à l'hotel Lallemant de Bourges.

Notre dernière visite commune en ce logis alchimique remonte si je ne me trompe pas au 17 septembre 2006 (Champagne en chapelle):

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3904333.html

Je vous propose en ce jour de trêve dominicale non pas de nous arrêter de progresser, mais de revenir sur nos pas. On dit parfois qui n'avance pas recule, c'est vrai, mais il y a des progressions circulaires, ou si vous préférez en spirale. Et puis dans le labyrinthe de Thésée, le fil d'Ariane indique bien et l'aller, et le retour.

Bref, au-delà du Minotaure, pourquoi ne pas inscrire nos pas dans ceux d'un certain Jean-Jacques Mathé?

Hélas, il semble bien que Jean-Jacques, qui fut un disciple de Bernard Husson, nous ait quitté tout récemment.

Mais il est après tout, tout comme Jean-Julien Champagne, un inconnu...illustre. Son rare ouvrage sur l'hotel Lallemant, publié en 1976 aux éditions belges du Baucens (ou du beau sens, sises à Braine-le-Comte) est si peu accessible qu'il n'est même pas cité dans le livre pourtant postérieur de Michel Bulteau: L'hotel Lallemant de Bourges (Garancière, 1984).

Et pourtant Bulteau n'est pas n'importe qui, puisque outre cet estimable bouquin, il nous a notamment gratifié, également, d'un remarquable Le Plessis-Bourré, alchimie et mystères (Livre-Essor, 1983).


Pour en rester un moment aux éditions du Baucens, elles nous ont par ailleurs donné aussi dès 1974 une publication francophone de l'essai de l'allemand Rudolf von Sebottendorff sur "l'ancienne franc-maçonnerie turque" et ses rapports avec l'alchimie:

http://freemasonry.bcy.ca/anti-masonry/sebottendorff_r.html
http://www.bibliotecapleyades.net/sociopolitica/sociopol_thule06.htm

Quant à Mathé lui-même, il n'apparaît guère à ma connaissance sur le devant de la scène alchimique qu'en quelques occasions:

D'abord dans le recueil Alchimie des Cahiers de l'Hermétisme (Albin Michel, 1978, puis Dervy, 1996), où il fournit une très fouillée bibliographie de l'alchimie depuis 1945;

Ensuite dans l' excellent essai déjà cité de Luis Miguel Martinez Otero consacré à Fulcanelli: Une biographie impossible (Obelisco, Barcelone, 1986, et Arista, 1989):

"Notre ami Bernard Allieu, éditeur émérite de Grasset d'Orcet et prochain auteur d'un Index général de l'oeuvre de Fulcanelli que nous attendons avec impatience, insistait lors d'un dîner célèbre au restaurant Au coq hardi, aux alentours de Bayonne, en compagnie du critique et auteur, mais surtout bon alchimiste, auquel nous devons tant, - et nous avons ainsi nommé Jean-Jacques Mathé -, insistait donc sur l'idée que l'alchimie est l'étude des mécanismes de la mort."


Et Otero de contester cette approche, en se référant à la maxime de Martin Ruland, chère à Eugène Canseliet: L'alchimie est avant tout "separatio impuri a substantia puriore." Au fait, Jean-Jacques Mathé n'aurait-il pas été libraire à Bayonne?

Quoiqu'il en soit, je vous suggère à partir de là de comparer ce qui figure dans mon précédent article sur l'hotel Lallemant à ce que présente Mathé dans son opuscule, dont j'ai extrait les clichés joints, qui tous se rapportent aux caissons dessinés par Julien Champagne.

Nous pourrons ainsi établir ensemble, mais chacun pour ce qui nous concerne, concordances et discordances dans les présentations et interprétations, suivant une méthode dont le moins que l'on puisse avancer est qu'elle est classique en alchimie.

C'est pour celà que les emblèmes se trouvent dans cet article présentés dans le même ordre que naguère: Les comparaisons devraient ainsi en être facilitées, en théorie du moins.

"EMBLEME XXVII

Livre ouvert en flammes.

"Cet emblème allégorise, dit Canseliet, la liquation de la matière au début du Grand-OEuvre, exactement la séparation de la lumière d'avec les ténèbres par l'intervention du fer ouvrant, avec l'aide du feu, le grand Livre de la Nature."

Ce livre est également représenté dans le Livre d'Heures du même Jean Lallemant, mais il y est fermé par sept sceaux appendus et la couverture porte l'inscription: .DELAR.PRIVS. Que je sois détruit auparavant.

Nous attirons également l'attention du lecteur sur le voisinage immédiat au Saint-Esprit qui représente le creuset...


EMBLEME XXVI

Le Saint-Esprit.

"Le Saint-Esprit, dit Fulcanelli, est toujours figuré par une colombe en plein vol, les ailes étendues selon un axe perpendiculaire à celui du corps, c'est-à-dire en croix. Car la croix grecque et celle de Saint André ont, en hermétisme, une signification exactement semblable."

...La croix est également le hiéroglyphe du creuset, le signe de la umière, et, par extension, celui de l'illumination...

EMBLEME XXV

Faucon grilleté et igné empiétant un crâne qu'il becquette.

C'est là le soufre métallique. En dépit de sa qualité ignée, il ne brûle pas, mais putréfie. Remarquons au passage que le faucon - falco - vient de falx, la faux qui est l'emblème de Saturne...


EMBLEME XXII

Enfant ailé se disposant à faire tourner un moulinet par traction d'une ficelle; le moulinet surmonté d'une croix grecque.

Il s'agit du tour de main nécessaire à la séparation dans le premier oeuvre...


EMBLEME XXIII

Grenade posée dans un vase d'orfèvre ardent et surmontée de l'inscription 3R.

La grenade représente la matière première préparée et le signe 3R symbolise les trois réitérations du premier oeuvre...


EMBLEME XXIV

Enfant ailé chevauchant un cheval de bois et faisant claquer un fouet.

Le Ludus puerorum avait été explicité par Salomon Trismosin en sa Toyson d'or, mais Eugène Canseliet est revenu sur cette question dans ses commentaires du Mutus Liber et nous y renvoyons le lecteur.

Nous citerons toutefois sa traduction d'un fragment de l'antique traité dans lequel on traite du travail des femmes et du jeu des enfants:

"Or le triple jeu des enfants doit précéder le travail des femmes. Car les enfants jouent en trois choses. En premier lieu avec les vieux murs, secondement avec l'urine, troisièmement avec les charbons."



JJ pcc

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Dimanche 18 février 2007


Nous en savons désormais un peu plus sur l'homme qui selon Geneviève Dubois pourrait bien avoir été l'initiateur de Julien Champagne en alchimie: Félix "Krishna" Gaboriau (voir notre article
Gaboriau et Champagne du 6 mars 2006).

Notre source est ici la même que celle qui nous a permis de découvrir que le frontispice du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli dessiné par Champagne a été publié dès 1912 par la maison d'édition Chacornac dans une bibliographie de l'occulte réalisée par Sédir ( post Champagne en 1912 du 17 juillet 2006).

Le portrait ci-dessus est tiré du même catalogue, obligeamment mis à notre disposition par un libraire ami de Paris, déjà mentionné dans ces lignes, et que je tiens à remercier à nouveau.

J'ajoute que je lui suis non moins reconnaissant, ainsi qu'à son alter ego photographe, de l'excellent café colombien grâce à eux dégusté en agréable compagnie, au cours d'un entretien des plus intéressants et productifs.

Vous aurez noté, sans doute, que sur notre cliché la date de naissance de Félix diffère quelque peu de celle pronostiquée jusqu'alors.

"Krishna" est également présenté cette fois comme le fondateur de la revue Le Lotus rouge, alors qu'il est par ailleurs supposé être son repreneur.

Gaboriau est encore réputé ici avoir été le traducteur d'un célèbre traité de Corneille Agrippa, De la philosophie occulte.

En nous reportant à la page considérée du catalogue, nous pouvons constater que cette traduction, "la première complète en français", est parue en deux volumes en 1910 et 1911.

Cette édition est celle des frères Chacornac, et fait l'objet au même endroit d'un éloge de l'alchimiste Phaneg. Elle "comprend de nombreuses figures magiques".

Je ne résiste pas à l'envie de partager celle-ci avec vous, qui figure effectivement au-dessus de l'entrée du catalogue qui est consacrée au livre d'Agrippa, même si je ne peux vous garantir
qu'elle en est issue:


Pour en revenir au Lotus rouge, "revue des hautes études", il semble n'avoir eu que deux ans d'existence, de 1887 à 1889.

Notre catalogue Chacornac, décidémment fort bien fourni en informations utiles, nous en donne un aperçu du contenu.

Les numéros 2 et 3 comprennent un article sur L'élixir de vie. Dans les livraisons 7-12 se trouve un portrait de Paracelse. Les 21 à 23 incluent une reproduction de la Lettre philosophique du Cosmopolite.

Enfin, dans le numéro 24 je relève une présentation de Michel Maier qui n'est pas mentionnée dans la bibliographie de Sédir. Gaboriau y fait ses adieux aux lecteurs de sa revue, qu'il affirme expressément avoir fondée.

Il déclare prendre ses distances d'avec la Société Théosophique, et, remerciant entre autres son administrateur, M. Froment, se réfère explicitement à la philosophie alchimique:

"Un alchimiste me comprendra lorsque je dirai que notre Soleil a une Lune qui est elle-même hermaphrodite."

"Ainsi nous présenterons aux hommes les faces agréables de notre prisme psychique, de notre pierre angulaire, en attendant le jour béni où, les deux faces se confondant, sera réalisée la circulature du quadrant dans le triangle équilatéral de la très sainte Trinité."

Et il affirme finalement: "les livres de science courent les rues, un autre livre est partout: la Nature."


 

Dans son Fulcanelli et le cabaret du Chat Noir, Richard Khaitzine cite un passage de la biographie de Papus de Christophe Beaufils et Marie-Sophie André, suivant lesquels "quelques connections entre le milieu du Lotus, et par conséquent la Société Théosophique et le Chat Noir peuvent être invoquées.


 


Le chansonnier Maurice Mac-Nab, par exemple, avait pour frère ce Donald Mac-Nab qui, tout en collaborant au Lotus, menait avec Gaboriau une série d'expériences occultes dans sa "chambre rouge" de la rue Lepic."

chatnoir.champagne.jpg

Ingénieur des arts et manufactures, Donald a effectivement écrit dans le Lotus rouge, et dans le dernier numéro de cette revue Gaboriau lui-même nous confirme sa parenté avec le chansonnier du Chat Noir.



 

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Dimanche 11 février 2007

Une indication de plus sur une possible "British connection" de Julien Champagne et de Fulcanelli: Nous voici donc de retour, un an après presque jour pour jour, à Edinburgh:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1861874.html

Dans mon article précédent sur le gnomon du palais royal écossais (Julien Champagne au cadran solaire, 12 février 2006), je ne crois pas avoir fait mention des lignes qu'y consacre Geneviève Dubois dans son Fulcanelli dévoilé (Dervy, 1992 et 1996):

"Quant au cadran solaire d'Holyrood qui fait l'objet d'un chapitre dans les Demeures Philosophales, d'aucuns se sont empressés d'y voir la preuve de l'appartenance de Fulcanelli à un milieu aristocratique.

En effet, et nous pouvons en témoigner, il n'est pas possible d'accéder à ce monument qui se trouve dans les jardins privés de la famille royale d'Angleterre. Nous avons simplement pu obtenir une photocopie du dessin à la bibliothèque d'Edimbourg."

Cette inaccessibilité du gnomon a été contestée. Quoiqu'il en soit, la gravure reproduite par Dubois est superbe, et je vous l'offre à mon tour. Mais laissons Geneviève poursuivre son argument:

"Nous restons persuadés que René Schwaller qui fut membre de la Société Théosophique a communiqué une photographie ou un dessin à Julien Champagne par le canal de la théosophe Lady Caitness. "

Intéressante hypothèse, sur laquelle nous reviendrons peut-être. Champagne aurait connu Lady Caitness ou Caithness? Lui aussi semble avoir été un temps un familier de la Société Théosophique, mais nous ne savons rien de ses éventuelles relations avec Schwaller avant 1913.

"Lady Caitness réunissait dans son hotel particulier de l'avenue Wagram tout le milieu ésotérique de l'époque. Elle avait d'ailleurs été à l'origine de la création de l'Eglise gnostique et représentait en France la Société Théosophique.

Son époux était Lord James Barogill, chef du clan Sinclair et 14ème comte de Caitness. Il fut inhumé en l'ancienne chapelle royale de Marie Stuart à Holyrood.

Lady Caitness était très introduite dans le milieu mondain anglais, elle vouait un culte à Marie Stuart dont elle se croyait la réincarnation depuis, qu'en l'abbaye d'Holyrood, elle avait eu une expérience avec la défunte reine."

C'est tout? C'est tout, pour l'instant en tout cas. Mais, supposition pour supposition, je m'en vais maintenant vous en proposer une seconde, qui d'ailleurs n'est pas forcément contradictoire de la première.


Il était une fois...une American Lady nommée Mary Alice Morse (1851 ou 1853-1911), originaire du Massachussets:

http://en.wikipedia.org/wiki/Alice_Morse_Earle
http://womenshistory.about.com/od/writers19th/p/alicemorseearle.htm

Mariée à un new-yorkais, Henry Earle en 1874, elle changea son nom en celui de Alice Morse Earle, sous lequel elle est connue comme écrivain.

Après la mort de son mari, elle effectua plusieurs voyages en Europe et en 1909 se rendit en Egypte, mais au cours de la traversée vécut un naufrage qui à la longue lui fut fatal.

Cette féministe était aussi une passionnée des "good old times", et en particulier des jardins à l'anglaise, et de sa vingtaine de livres je vous suggère de retenir pour l'instant:

Old time gardens, Mc Millan, London & New York, 1901 et
Sun dials and roses of yesterday, idem, ibidem, 1902.

Elle disait par exemple, à propos des jardins:

"Half the interest of a garden is the constant exercise of the imagination. You are always living three, or indeed six, months hence. I believe that people entirely devoid of imagination never can be really good gardeners. To be content with the present, and not striving about the future, is fatal."

Comme vous l'avez deviné, elle évoque dans le second ouvrage cité le gnomon d'Edinburgh, et elle aussi en propose un dessin que je reproduis également.

Esquissant son histoire, elle précise qu'il fut restauré sur instructions de la reine Victoria, et qu'il fut copié dans un certain nombre d'endroits.

1902...Voilà un livre disponible à Londres et donc presque sur "le continent" qui aurait fort bien pu tomber entre les mains de Fulcanelli et de Julien Champagne, ne croyez-vous pas?


Il a été très opportunément reproduit en 1971 et 1984 par Charles Tutlle (Rutland, Vermont, Etats-Unis, et Tokyo, Japon).

Quelques petits détails pour terminer, qui peuvent avoir leur importance. D'abord, le sous-titre du livre est "parlant":

"Garden delights which are here displayed in very truth and are moreover regarded as emblems".

Ensuite et enfin, voici quelques titres de chapitres qui j'espère achèveront de vous convaincre: Rosa solis, rose plate and rosee. Emblem of the rose in English history. Et "last but not least":

The Rosicrucians.


Non seulement Miss Earle n'ignore pas la Real history of the  Rosicrucians de Waite, mais elle se réfère expressément au renouveau rosicrucien de 1892-1893 à Paris, se moquant gentiment au passage du Sar Péladan...

Une dernière citation d'Alice, qui me paraît bien avoir traversé le miroir:

"Whether the Rosicrucians were all alchemists, or whether the alchemists were a physical branch of the Rosicrucians, matters little.

The art and mystery of alchemy formed an important part of this as of all the mystic religions.

When scoffers say in triumph that the Rosicrucians could never have turned base metal into gold, else they would have transformed the world with their wealth, the true "grooms" answer that when they had acquired the power of transmutation into gold, these adepts had ceased to desire wealth."

holywoodcouleur.champagne.jpg
Et si j'ose dire pour couronner le tout, voici un portrait de Marie Stuart, reine d'Ecosse et des Ecossais, peint au XIXème siècle par un certain J. Champagne:



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Dimanche 4 février 2007

Julien Champagne en couverture...Je vous avais promis que ce n'était pas fini:
http://www.archerjulienchampagne.com/article-4080343.html

Et bien cette fois encore il s'agit de la revue Initiation & Science des époux Lavritch, dont le numéro XLV (1958) reproduit une des planches hors texte jusqu'alors inédites des Demeures Philosophales de Fulcanelli, illustrées par "Hubert"

L'édition Omnium du Mystère des Cathédrales étant alors parue, il importait évidemment d'assurer la promotion de celle du second ouvrage. Il n'est sûrement pas anecdotique qu'on ait pour ce faire fait appel au beau et grave dessin de Champagne.

Dans le même numéro, Eugène Canseliet présente le Dictionnaire mytho-hermétique de Pernety, et loue la Nouvelle assemblée des philosophes chymiques de Claude d'Ygé. Enfin, je relèverai cette critique qu'on y trouve de Robert Amadou sur les oeuvres de Fulcanelli, critique parue dans le numéro de décembre 1957 de La tour Saint-Jacques:

"Deux magnifiques ouvrages, Le Mystère des Cathédrales et Les Demeures Philosophales, renouent, en plein vingtième siècle, avec la tradition des écrivains alchimiques.

Adeptes et curieux s'accordent pour voir en ces deux livres la plus fidèle et la plus riche expression contemporaine de l'enseignement des "philosophes de la nature."

Quant au motif de couverture lui-même, vous aurez sûrement reconnu le cavalier -ou chevalier- de l'apocalypse de l'église Saint-Hilaire de Melle, que nous avons déjà présenté en son temps:
http://www.archerjulienchampagne.com/article-2050527.html

J'ajouterai donc simplement que j'ignore pour l'instant s'il y a déjà eu, en d'autres occasions non encore évoquées ici, des revues ou des livres qui ont consacré leur couverture à Julien Champagne, mais que j'espère fortement et je dirais même que je suis pratiquement convaincu qu'il y va y en avoir à l'avenir, un avenir plus ou moins proche. N'est-ce pas un des buts de ce blog?


Et puisque nous fêtons le cinquantenaire de la publication de ce numéro de revue, permettez-moi de célébrer aussi avec vous le premier anniversaire de celle de notre, de votre blog.

Près de 150.000 pages vues à ce jour, et pas loin de 50.000 lecteurs, selon les statistiques dont je dispose, c'est à mon avis un beau résultat, et même une réussite inespérée.

Comme je l'écrivais il y a quelques demaines à l'un de vous, Julien Champagne a fait son entrée grâce à nous tous au archives du Net, et donc sauf si "la boule verse", le voilà apôtre de la science hermétique pour l'éternité.

Et puis, bien sûr, savoir qu'un Vincent Bridges, qu'un Richard Khaitzine, qu'un Frédéric Courjeaud, qu'un Axel Brücker, entre autres, s'intéressent à notre petite entreprise, c'est à mon sens pour nous tous une satisfaction réelle.

Mais bien sûr je m'en voudrais de ne pas ajouter aussitôt que cette satisfaction provient avant tout de votre participation à tous et à toutes, connus ou anonymes, participation très substantielle comme déjà souligné; elle aussi est de surcroît quantifiable, puisqu'un peu plus de 200 articles publiés ont généré de votre part plus de 150 commentaires, qui sont ainsi très régulièrement venus les enrichir.

Et bien entendu je ne verse pas pour autant dans l'auto-satisfaction et l'optimisme béats. Je suis bien conscient des imperfections de mes écrits, que je n'ai guère eu le temps d'amender dans la plupart des cas après leur parution, ainsi que de celles de certaines de leurs illustrations.

C'est à ces défauts que je compte m'attaquer à terme, ainsi qu'aux autres manques que vous voudrez bien me signaler, par exemple en me proposant des sujets que vous espéreriez voir traités. Et bien sûr comptez sur moi pour continuer avec votre aide à essayer de toujours mieux mettre en évidence le talent et les qualités d'un artiste qui a certes eu comme tout le monde sa
part d'ombre, mais dont le mérite au total est tel, à l'évidence, qu'il doit absolument être mis, comme le mystère barrésien, "en pleine lumière."

Bon anniversaire, Julien!


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Dimanche 28 janvier 2007



Nous avons déjà signalé à plusieurs reprises les liens de Fulcanelli et de Julien Champagne avec la famille Lesseps, le premier en étant un proche, pour le moins,  et le second étant au service de plusieurs membres de cette famille, comme ingénieur, comme artiste et finalement comme alchimiste.

Comme les trois vont bien ensemble...Et bien, à propos de trois, je vous propose en ce jour de la Saint Thomas d'Aquin, qui pourrait passer pour le saint patron des expérimentateurs prudents, et à qui on a attribué au minimum une oeuvre alchimique, de nous intéresser à un autre frère de Lesseps, Jacques.

Le troisième, donc, après Bertrand et Paul, dont il paraît désormais avéré qu'ils employèrent "Hubert":

http://archer.over-blog.net/article-3354657.html
http://archer.over-blog.net/article-3422318.html


Avec ses deux autres frères, dont il fut manifestement très proche, Jacques de Lesseps (1887-1927) partagea très tôt une passion alors risquée, celle de l'aéronautique.

Il en fut comme eux un des pionniers, et sa mémoire est encore de nos jours révérée de ce fait...tout particulièrement de l'autre côté de l'Atlantique:
http://www.centennialofflight.gov/coffyn/php/entity_a0.html

Il fait ses premières armes d'aéronaute dès 1909:
http://www.corpusetampois.com/cpa-es-fliz-c06.html

Emule de Louis Blériot, il est le second pilote à traverser la Manche en avion (1910). Il aurait également été un précurseur en matière de vol de nuit...
http://aerobscure.free.fr/const/lessep/lessep.htm
http://aeroweb.brooklyn.cuny.edu/database/aircraft/getimage.htm?id=11023

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Héros de l'aviation militaire pendant la "grande guerre" de 1914-1918, il s'y illustra notamment en utilisant pour la première fois des photographies aériennes.


Dès cette époque cependant son tropisme nord-américain, qui devait fortement marquer son existence, s'était affirmé.

Toujours en 1910, il est le premier aviateur à survoler Montréal et Toronto, au Canada...
http://aeroweb.brooklyn.cuny.edu/database/aircraft/getimage.htm?id=10051

En 1911, il épouse la Canadienne Grace Mackenzie, originaire précisément de Toronto:

http://lafayette.150m.com/les6768.html


A l'issue de la première guerre mondiale, c'est finalement assez logiquement qu'il choisit de s'établir au Canada, et en 1926 nous le trouvons au Québec, à Gaspé, près de l'embouchure
du fleuve Saint-Laurent.

Notons au passage qu'en langue indienne micmaque, Gaspé ou Gespeg a la même signification
que Finistère (finis terrae).

Gaspé est également célèbre parce que c'est là qu'en 1534 Jacques Cartier au cours de son premier voyage a planté une croix en guise de prise de possession de ce pays au nom du roi
de France.

C'est ainsi que la ville porte fièrement le titre de "berceau du Canada français":
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gasp%C3%A9_(ville)
http://www.great-adventures.com/destinations/canada/gaspe.html


Il y est alors directeur et chef pilote d'une compagnie aérienne...franco-canadienne:

http://www.earlyaviators.com/edelesse.htm
http://www2.ville.montreal.qc.ca/archives/acteurs/olivar-asselin/societe/piece19/index.shtm

Hélas en 1927 son appareil s'abîme par gros temps dans le Saint-Laurent. Le corps de Jacques sera plus tard retrouvé, sans vie.

En 1932, année de la mort de Julien Champagne, la ville de Gaspé érigera un monument à sa mémoire.

http://www.lactualite.com/geographica/article.jsp?content=20000201_140011_3011


Comme le rappelle Walter Grosse dans son article sur la descendance de Lesseps:
http://www.fulgrosse.com/article-3362253.html

il est certain que Jacques de Lesseps connut Fulcanelli. Dans ses Deux Logis Alchimiques, le disciple de ce dernier, Eugène Canseliet, écrit ainsi, évoquant l'année 1920:

"A cette époque nous nous trouvions parfois avec le Maître chez Paul et Jacques de Lesseps,
avenue Montaigne."

Comment imaginer dans ces conditions que Jacques de Lesseps n'ait pas aussi connu Julien Champagne?

Quoiqu'il en soit, l'oeuvre littéraire en moins, Jacques me fait fortement penser à Antoine de Saint-Exupéry.

"Petit prince" avant la lettre, il fait partie comme Antoine de la seule véritable noblesse, celle du courage, qui est en même temps à l'origine, comme le savent les alchimistes, de pure extraction.

http://aviatechno.free.fr/brevets/images_brevets.php?image=27




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