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En ce jour de Saint Nicolas, je vous propose de nous faire à tous et toutes un beau cadeau, en vous livrant une histoire inspirante, ce qui ne pourra que faire du bien aux grands enfants que nous sommes restés, du moins espérons le, en ces temps pour le moins incertains, voire à certains égards passablement obscurs.
Adonc sachez que ces jours-ci notre ami Yves Artero s'est vu sur Facebook interpeller par un certain Claude Delarose (quel joli patronyme!), lequel voulait attirer son attention sur un de ses ouvrages, publié sous le pseudonyme d'Ivan Ivanovitch, et intitulé Histoires extraordinaires, sans doute en référence implicite au célèbre écrivain Edgar Allan Poe.
Ce petit livre édité en 2020 par KDP a de fait un intérêt certain pour notre blog, car une de ces "histoires" a trait à deux relations éminentes de Julien Champagne: Fulcanelli et Eugène Canseliet.
"Une rencontre hors du temps", car tel est son titre parfaitement justifié, comme nous l'allons voir, nous est narrée non par Delarose-Ivanovitch, mais nous a t-il appris depuis, par une de ses amies de longue date (un demi-siècle, tout de même): Dana Fortuna (dans le livre) qui n'est autre en fait, nous a-t-il également confié, qu'une astrologue et tarologue bien connue.
Comme je viens par chance d'en savoir un peu plus sur cet événement effectivement extraordinaire, quoique nous rappelant d'autres étranges occurrences, voyons donc ensemble quel en est le détail.
Nous sommes en ou vers 1972 et vraisemblablement à Paris, et Canseliet participe avec quelques autres auteurs à une séance de dédicaces organisée par un éditeur non nommé (possiblement Pauvert). Eugène pour sa part est assis à son stand devant un certain nombre d'exemplaires de son Alchimie expliquée sur ses textes classiques.
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A l'époque, Dana est une jeune fille de vingt-trois ans, chargée par la maison d'édition en question d'assister certains des écrivains conviés, dont notre Eugène, et tombe sous le charme de ce dernier, le décrivant ainsi, de manière à la fois touchante et convaincante:
"C'était un monsieur âgé, de faible corpulence, dont la timidité et l'extrême modestie contrastait, dans cette foule dont il semblait que l'unique préoccupation soit de se faire remarquer à tout prix."
Ayant sympathisé avec lui, d'autant qu'elle avait lu à dix-sept ans son premier livre d'alchimie à elle, Le mystère des cathédrales de Fulcanelli, dont la poésie l'avait, rapporte-t-elle, envoutée, Fortuna entama avec Canseliet, dont la foi en l'alchimie l'avait frappée, un échange à bâtons rompus. Echange qui fut seulement interrompu par la venue d'un étrange personnage, lequel, "d'une voix douce et grave" demanda aussitôt une dédicace à Eugène.
Ce dernier, très ému à sa vue, s'écria alors, paraît-il: "Vous, Maître, ici! Et moi, vous signer ce livre?" Et de s'entendre répondre: "Oui, j'insiste."
Par discrétion, Dana Fortuna s'éclipsa alors, laissant Canseliet en tête à tête avec son Maître, un Maître qui à notre sens ne peut être que Fulcanelli.
De retour une demi-heure plus tard, après s'être entretemps occupée d'un autre des auteurs dont elle avait provisoirement la charge, elle retrouva Eugène de nouveau seul, lequel lui fit alors une confidence qui, dit-elle, devait décider du reste de sa vie. Cette confidence, elle ne la rapporte pas, précisant seulement que Canseliet lui expliqua également: "On ne décide pas de faire de l'alchimie; c'est l'alchimie qui vous appelle."
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Contactée par nos soins, Dana nous a fourni entre autres quelques précisions inédites sur la tenue vestimentaire d'Eugène, qui ne sont pas toutes anecdotiques, comme nous l'allons vérifier séance tenante: Il portait à son gilet une chaîne de montre en argent figurant un homme et une femme, et surtout il avait au doigt une bague qu'il lui affirma être celle de Fulcanelli, représentant un lion tenant dans sa gueule ouverte un rubis du plus beau rouge. L'or pâle dont elle était faite était, lui expliqua-t-il, d'origine alchimique...Fortuna est aussi diserte sur l'apparence du Maître de Canseliet, laquelle lui sembla sur le moment extrêmement peu banale:
"Mince et de taille moyenne, il émanait de lui une distinction, une élégance surannée soulignée par un vêtement quelque peu anachronique. Une redingote de velours grenat de coupe raffinée complétait une tenue composée d'un pantalon gris, d'un gilet sombre sur une chemise blanche dont le col et les manches s'ornaient de dentelle" (la main fine qui tenait le livre laissait voir, commente-t-elle, un peu de dentelle dépassant de la manche de l'habit).
Et Fortuna de poursuivre: "Le visage du personnage était à l'avenant. Surprenant...Sa peau offrait une apparence particulière tant par le grain que par la couleur...Une peau qui aurait été "refaite". Cette noble figure présentait le curieux contraste d'un visage à la peau et au modelé "jeune", animé par un regard pénétrant et à la sagesse sans âge."
Pour Claude Delarose, cette description rappelle beaucoup celle que Jacques Bergier a faite de Fulcanelli dans le livre Le matin des magiciens, qu'il a co-écrit avec Louis Pauwels.
Selon nous, et comme cela lui a été dit, elle correspond bien en tout cas, dans l'ensemble, à ce qu'Eugène a pu nous livrer du physique et je dirais de l'allure générale de son Maître.
Quoiqu'il en soit, voici qui nous conduit forcément à nous remémorer un événement précédent, dont la similarité et la singularité ne peuvent que nous frapper également: Celui de l'extraordinaire rencontre en Espagne de Fulcanelli et de Canseliet une vingtaine d'années plus tôt, et il y a donc maintenant environ trois-quarts de siècle. Fulcanelli qui, rappelons le tout de même ici, serait né, paraît-il, vers ou en 1839...
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Ingénieur physicien de formation et passionné de futurologie, Claude Delarose (Ivan Ivanovitch) a écrit plusieurs ouvrages d'alchimie, fruits, nous explique-t-il, de quarante années de recherches, et tous parus aux éditions KDP (et disponibles sur Amazon).
Citons en 2020 Les plus grands secrets du monde, avec en couverture une reproduction du tableau bien connu de Julien Champagne: Le Vaisseau du Grand OEuvre, puis la même année deux suites au précédent (même intitulé, tomes 2 et 3), l'année suivante (2021), Victoriam gloria mundi, et enfin en 2022 Sainte science d'alchimie.
Puisqu'il a mis à l'honneur notre artiste favori dans le premier de ses essais, ouvrons le et constatons derechef que là encore c'est la lecture des ouvrages du Maître d'Eugène Canseliet qui l'a conduit à entamer son parcours alchimique.
Celui-ci l'entraînera par la suite du côté de Roger Caro...
Voici donc, pour ne pas conclure, l'épilogue du premier livre d'alchimie d'Ivan Ivanovitch: "A vous, Frères que le destin conduira sur le sentier de la Sainte Science, n'oubliez pas l'émeraude magique, celle que l'on appelle rosée. Eliminez d'elle les noires impuretés. Purifiez la, blanchissez la. Vous en ferez le sang du Christ qui régénère et sauve. Cherchez et vous trouverez le plus beau joyau de ce monde, au service du Christ-Roi.
Et gardez-vous des biens temporels et de l'inutile puissance d'illusion qu'ils engendrent." Bonne Saint Nicolas, joyeux Noël à chacune et à chacun, et tous nos voeux pour 2026, année du centenaire de la parution de la première édition du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli.
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