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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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11 février 2006 6 11 /02 /février /2006 19:58


L'alchimie n'est certes pas l'art de changer le plomb en or; mais à un certain niveau de savoir
et de savoir-faire, suivant la tradition, un alchimiste, même si ce n'est pas son but ultime, parvient
à réaliser à basse énergie, comme dirait  la science officielle contemporaine, des transmutations d'un métal vil en métal précieux.

Réputées impossibles juqu'au début du XXe siècle, ces opérations le sont de nos jours encore,
autrement qu'à haute énergie, du moins si on part du principe que les recherches actuelles sur la fusion froide sont vouées à l'échec.

Mais ces transmutations alchimiques ont une histoire, à laquelle d'ailleurs commencent à s'intéresser ouvertement certains scientifiques.

A  côté des inévitables fraudeurs, de vrais alchimistes ont ainsi pu, semble-t-il, administrer la preuve de leurs compétences, dont ces transmutations sont précisément une sorte de "pierre
de touche".

C'est à une de ces démonstrations qu'en 1922 a pu assister Julien Champagne, en compagnie d'une de ses connaissances, le chimiste de Rhone-Poulenc Gaston Sauvage, d'Eugène Canseliet, et  de Fulcanelli.

Canseliet en fut l'opérateur, et il la réalisa sous la direction de Fulcanelli, dans son laboratoire qu'il avait peint l'année précédente, et qui est reproduit ci-dessus. Ce tableau fait partie des planches de son livre Alchimie expliquée (1972).

La table des hors-texte de cet ouvrage le présente ainsi: "Notre petit laboratoire du premier étage de l'usine de Sarcelles, dans l'été de 1921."

Eugène Canseliet ajoute, dans le texte cette fois: "C'est là, dans cette usine de la compagnie Georgi et la petite chambre du premier étage, où venait de mourir notre père, devant la salle des épurateurs, que nous effectuâmes la transmutation fameuse, il y a eu, cette année, juste un demi-siècle."

Et il précise finalement, au dos de la planche: "Notre très modeste laboratoire dans lequel eut lieu la projection mémorable, sous la direction de Fulcanelli et devant deux témoins. Ceux-ci furent Gaston Sauvage, chimiste chez Poulenc, et l'excellent peintre  Julien Champagne qui, depuis plus de dix années, était au service du Maître."

http://fr.topic-topos.com/image/thumb/ancienne-usine-a-gaz-sarcelles.jpg

Dans l'édition originale de son ouvrage Présence de Fulcanelli (Arqa, 2008), Jean Artero attribue à Patrick Rivière l'assertion selon laquelle la transmutation de 1922 pourrait avoir été fondée sur un particulier, et Patrick s'inscrit vivement en faux contre cette affirmation de Jean.

Qu'en est-il en réalité?

Il est assez rare au demeurant de trouver, y compris de la part d'Eugène Canseliet lui-même, des précisions complémentaires sur l'histoire de cette transmutation.

En voici une qui me semble intéressante, et qui est due à Claudius et Katherine Barbat dans leur article sur La tradition vivante de l'alchimie (revue L'Autre Monde, N°148 d'avril 1993):

"Eugène Canseliet, à qui nous avions demandé ce qu'il était advenu des 120 grammes d'or que son maître Fulcanelli lui avait fait obtenir, par transmutation du plomb de tuyau à gaz, nous avait laissé entendre, avec l'air matois et sereinement évasif qu'on lui a connu, que ni lui ni Fulcanelli ne s'étaient octroyé cette masse de métal précieux.

 

Il aurait été confié aux Frères d'Héliopolis. Seul un petit fragment en avait été détaché et remis au débutant alchimiste qu'il était alors."

 

Eugène Canseliet s'est également exprimé sur cet événement dans l'entretien  radiophonique qu'il a accordé sur France Inter à Jacques Pradel, en octobre 1979. Cet entretien a fait l'objet d'une transcription dans la revue Question de (N°51, premier trimestre 1983):

 

"Fulcanelli a donné la preuve de son savoir en me faisant à moi-même exécuter devant lui d'abord et plusieurs autres ensuite -au demeurant nous n'étions que quatre, je l'ai plusieurs fois écrit, - en transmutant sur ses indications.

 

Il y avait un fragment plus gros et deux autres plus petits. Avec des fragments de pierre philosophale qui étaient évidemment peu importants eu égard à ce que j'ai transmuté.

 

Si bien même que je n'avais pas pris assez de plomb (c'était simplement du plomb à gaz) et que l'or était trop rouge et cassant, il a fallu remettre du plomb pour l'amener à la texture, enfin à la constitution normale de l'or."

 

Dans son intéressant petit livre Alchimie, de l'or fait maison, est-ce possible (L'Hèbe, Charmey, Suisse, 2010), Michel Cugnet se fait aussi l'écho de certains propos d'Eugène Canseliet, qui ont également été rapportés antérieurement par Jacques Sadoul (Le grand art de l'alchimie, Albin Michel, 1973):

 

"Fulcanelli tenait absolument à ce que ce soit moi qui fasse l'opération, en grande partie sur ses indications. J'étais l'instrument.

 

Dans le creuset je fis fondre 120 grammes de plomb grâce à du charbon de bois écrasé au mortier. D'un flacon, il fit tomber trois éclats de rubis,l'un de la grosseur d'une tête d'épingle, l'autre d'une demi-tête, le dernier minuscule. Je les ai enrobés de cire blanche.

 

D'une cuiller, j'ai fait tomber la boule dans le bain à 600°C. Presque instantanément, j'ai recueilli un or très beau. Vous savez que le rubis est la pierre transmutatoire, ou pierre philosophale orientée vers l'or." On trouvera la même citation dans le livre sur Eugène Canseliet de Cédric Mannu (Arqa, 2010).


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32325740.html



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11 février 2006 6 11 /02 /février /2006 19:09

Puisqu'avec Eugène Canseliet nous avons évoqué les dernières années de la vie terrestre de Julien Champagne, il est temps de le considérer à nouveau dans l'immortalité de son oeuvre.

Cette oeuvre qui aujourd'hui survit, espérons le "bien moins que demain", c'est essentiellement celle du peintre et du dessinateur également talentueux, et dont le phénix qu'il offrit en illustration des Demeures Philosophales de Fulcanelli est un symbole ô combien évocateur.

La planche XXXIV des Demeures, clichée ci-dessus, reproduit un bas-relief de l'hotel du
Bourgtheroulde (XVIe siècle) à Rouen; elle est intitulée Le Phénix sur son immortalité.

On sait depuis le poète latin Lactance au moins (Carmen de ave Phoenice, vers 300) que cette immortalité est paradoxalement constituée par le brasier que l'oiseau mythique allume lui-même lorsque le temps est venu, et dont il renaîtra ensuite des cendres.



Au cours de son étude de la légende antique, et de sa signification alchimique, Fulcanelli cite l'écrivain Savinien de Cyrano Bergerac (1619-1655), de la personnalité duquel Edmond Rostand tira une pièce à succès, il y a un peu plus d'un siècle, mais dont les écrits sont en fait moins ceux d'un bretteur que d'un "philosophe hermétique", pour reprendre l'expression de Canseliet.

Dans L'autre Monde (1657-1662), ouvrage posthume qui contient une Histoire des Oiseaux, notre philosophe fait ainsi parler le Phénix:

"Je vois bien que vous êtes gros d'apprendre qui je suis. C'est moi que parmi vous on appelle
Phénix. Dans chaque Monde, il n'y en a qu'un à la fois, lequel y habite durant l'espace de cent ans;
car, au bout d'un siècle, quand sur quelque montagne d'Arabie il s'est déchargé d'un gros oeuf au
milieu des charbons de son bûcher, dont il a trié la matière de rameaux d'aloès, de cannelle et d'encens, il prend son essor et dresse sa volée au Soleil, comme la patrie où son coeur a longtemps aspiré. Il a bien fait auparavant tous ses efforts pour ce voyage; mais la pesanteur de son oeuf, dont les coques sont si épaisses qu'il faut un siècle à le couver, retardoit toujours l'entreprise.

Je me doute bien que vous aurez de la peine à concevoir cette miraculeuse production; c'est pourquoi je veux vous l'expliquer. Le Phénix est hermaphrodite; mais entre les hermaphrodites,
c'est encore un autre Phénix tout extraordinaire, car..."

En note de bas de page, Fulcanelli commente laconiquement: "L'auteur interrompt ainsi, brusquement, sa révélation."



http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32325681.html



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11 février 2006 6 11 /02 /février /2006 16:38


Après avoir évoqué l'oeuvre d'Eugène Canseliet, le moment me semble venu de dépeindre son amitié avec Julien Champagne.

Une amitié de près de quatre lustres, débutée alors que Canseliet était, comme sur le premier cliché proposé, un tout jeune homme, et qui ne se démentira pas jusqu'à la mort de Julien , et au-delà, jusqu'au décès d'Eugène, également photographié ici  dans la dernière année de sa vie.

Champagne était déjà entré en alchimie avant de rencontrer Canseliet,  puisque selon Ambelain et Dubois, il  avait dès 1893 installé son premier laboratoire chez ses parents à Villiers-le-Bel, tant il se passionnait pour les textes alchimiques anciens.

En 1907, un second suivra, rue Vernier à Paris, grâce aux subsides de Ferdinand  de Lesseps, toujours selon Ambelain. En 1910, Champagne devient le dessinateur de Fulcanelli.

Canseliet entre en scène quelques années plus tard, en 1915 ou 1916 suivant les sources,  respectivement  Dubois d'un côté, et Ambelain et Atorène (Le laboratoire alchimique, Trédaniel, 1981) de l'autre. Canseliet connaissait Fulcanelli depuis peu lorsque ce dernier lui présenta Champagne:

"C'est à Marseille que j'ai rencontré auprès de Fulcanelli Jean-Julien Champagne" dira-t-il plus tard à Robert Amadou (Le feu du soleil, Pauvert, 1978).

Dès lors, l'amitié s'installe entre les deux hommes, nourrie par leur attrait commun pour l'alchimie et leur commun attachement à Fulcanelli.

Canseliet dès 1916 rendra régulièrement visite à Champagne dans son laboratoire de la rue
Vernier, "jusqu'au déménagement de l'année suivante" (La Tour Saint-Jacques).

Cette amitié se fonde également sur leur passion égale pour la peinture. Canseliet accompagne fréquemment Champagne au domicile de sa mère à Arnouville-les-Gonesse; durant leurs rencontres ils peignent de concert un certain nombre de tableaux (Dubois).

En 1922, Champagne emménage au 59 bis rue Rochechouart à Paris (Ambelain). La même année, il assiste à Sarcelles à une transmutation opérée par Canseliet, sur laquelle nous reviendrons bientôt.

En 1925, Canseliet vient s'installer dans le même immeuble que son ami, et au même étage.
Preuve de la proximité des deux hommes. Canseliet n'en déménagera qu'après la mort de
Champagne, pour le 10 du quai des Célestins, en 1933.

Rappelons que c'est à cette époque que parurent les éditions originales des deux livres de Fulcanelli (1926 et 1930), préfacés par Canseliet et illustrés par Champagne.

Mais dès cette dernière année, Champagne tombe malade; il est rongé par une artérite. Dans
la Tourbe des Philosophes N°15-16, Canseliet se souviendra encore en 1981:

"Le progrès du mal avait été inexorablement lent et douloureux, depuis son début presque soudain, en cette belle journée de juillet 1930, où, à Sarcelles, il revint péniblement à la maison pour le souper.

Tous deux ensemble, nous étions allés nous promener vers le pont de Copin; endroit charmant, resté indemne jusque là, qu'il fixa dans une aquarelle, sa dernière probablement.

Je possède toujours cette image en couleurs, par bonheur, ou plutôt grâce à Dieu."

Canseliet considérait donc bien Champagne comme son "ami", comme le reconnaît Ambelain qui
pourtant veut qu'il ait été son "maître", et identifie Champagne à Fulcanelli. En 1979 encore,
dans ses Deux Logis Alchimiques, Canseliet l'appelera affectueusement "notre vieux camarade."

Champagne a été aussi un maître de dessin de Canseliet, comme ce dernier l'a reconnu lui-même : "Il était maître en effet, dans l'art du crayon et du pinceau, voire dans celui du violon."
(La Tour Saint-Jacques). En alchimie,  le maître commun des deux artistes a été le toujours mystérieux Fulcanelli.

Dans le même numéro de La Tourbe, Canseliet évoque à nouveau la mémoire de Champagne, se
rappelant mélancoliquement:

"De nombreux  souvenirs m'attachaient à Julien Champagne, principalement ceux de l'ancien temps de ma jeunesse heureuse, ceux aussi de l'avenue Montaigne, et des fameux Voyages en
Kaléidoscope.

"...Quel beau paysage cérébral, dit mon
Maître. Viens, Gilly, rentrons. Je voudrais
travailler.

Alors il a repris mon bras
et nous sommes revenus
ensemble."

canselietjeuneagrandi.champagne.jpg
http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32325541.html

 

ECsignure.champagne

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5 février 2006 7 05 /02 /février /2006 14:58


Toujours dans son Alchimie expliquée (Pauvert, 1972), Eugène Canseliet reproduit, à nouveau en
planche hors texte, cette gravure qu'il intitule en index "médaillon de Viollet-le-Duc (encore lui) à
Notre-Dame de Paris."

Voici ce qu'il en écrit également, cette fois au dos de la planche: "L'éternelle alchimie est immuable sur son trône et reçoit, contre sa poitrine, l'échelle du Livre muet, au long de laquelle montent et descendent les messagers, dans leur désir de s'abreuver aux ondes supérieures et célestes."

Cette gravure n'est pas signée, du moins dans cette version, par Julien Champagne, mais elle est
bien de lui, puisque Canseliet dans le texte de son ouvrage la présente ainsi:

"Au sentiment de l'Adepte Fulcanelli, c'est l'alchimie, elle-même, qui reçoit l'investigateur, sous le porche central, dit encore du Jugement, à Notre Dame de Paris. Bien dégagée, en ronde bosse, d'un cercle pris sur le pilier trumeau, elle est assise et sa tête touche aux ondes du ciel.

On la peut admirer, dans l'édition de Jean-Jacques Pauvert, grâce au parfait cliché photographique de Pierre Jahan, ainsi que dans les deux premiers tirages de 1926 et 1956, avec le saisissant dessin de Julien Champagne, que nous avons repris en illustration de notre propos."

Quelques lignes plus loin, il rend d'ailleurs à ce dernier cet hommage émouvant: "Au reste ce serait, de notre part, une très grande ingratitude, que nous ne dissions pas combien nous devons au dessinateur du Maître, pour le maniement du crayon et du pinceau qui, il est vrai, nous furent tant familiers dès notre prime jeunesse."

Le livre de Fulcanelli dont il s'agit ici est bien entendu Le Mystère des Cathédrales, réédité par Pauvert en 1964, et réimprimé en 1970.

Voici donc finalement ce qu' y explique, au chapitre Paris,  Fulcanelli lui-même, à propos du même bas-relief: "Le pilier trumeau, qui partage en deux la baie d'entrée, offre une série de représentations allégoriques des sciences médiévales.

Face au parvis, -et à la place d'honneur, - l'alchimie y est figurée par une femme dont le front touche les nues.

Assise sur un trône, elle tient de la main gauche un sceptre, -insigne de souveraineté, - tandis que la droite supporte deux livres, l'un fermé (ésotérisme), l'autre ouvert (exotérisme).

Maintenue entre ses genoux et appuyée contre sa poitrine se dresse l'échelle aux neufs degrés, - scala philosophorum, - hiéroglyphe de la patience que doivent posséder ses fidèles, au cours des neuf opérations successives du labeur hermétique.

"La patience est l'eschelle des Philosophes, nous dit Valois, et l'humilité est la porte de leur jardin; car quiconque persévèrera sans orgueil et sans envie, Dieu lui fera miséricorde." Amen.


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32325508.html



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5 février 2006 7 05 /02 /février /2006 14:28


Préfacier et rédacteur des Fulcanelli illustrés par Julien Champagne, alchimiste, écrivain, Eugène Canseliet (1899-1982) en a été un des hommes les plus proches.

Adulé par les uns ("le bon maître de Savignies"), décrié, surtout depuis son décès, par beaucoup
d'autres, qui voient en lui un mystificateur (Evelyne Segaud) ou une dupe (Geneviève Dubois), il reste incontournable, notamment lorsqu'il s'agit de celui qu'il appelait "Maître".

Outre la déférence d'usage envers l'ainé de plus de vingt ans, cette appelation était justifiée par leur passion et je dirais aussi leur talent commun en matière de peinture et de dessin.

Nous reviendrons ultérieurement sur leur relation étroite et durable, puisque débutée en 1915 environ et qui restera ininterrompue jusqu'au décès de Champagne en 1932.

Mais je voudrais dès aujourd'hui rappeler l'apport personnel d'Eugène Canseliet à la littérature et
à l'alchimie, ainsi qu'à l'art en général.

Outre d'innombrables articles qu'il n'est pas utile de mentionner dans le détail pour l'instant, son oeuvre est considérable, en terme de livres parus en particulier.

Il publie dès 1945 Deux Logis Alchimiques, puis propose aux Editions de Minuit Les Douze Clefs de la Philosophie, de Basile Valentin (1956). En 1964, un recueil de ses articles est publié par
Pauvert (Alchimie). En 1967, toujours chez Pauvert, paraît  le Mutus Liber. 

 

 

 



En 1971-1972, il  réédite Limojon de Saint-Didier et Nicolas Flamel, chez Denoël. Cette dernière année, paraît, à nouveau chez Pauvert, L'Alchimie expliquée sur ses textes classiques, dont est extraite l'aquarelle ci-dessus. Citons aussi ses Trois Traités d'Alchimie (Pauvert, 1975).

En matière de littérature, et sans vouloir être complet, j'ajouterai à son étude sur Cyrano de Bergerac (Alchimie, 1964), celle sur Jonathan Swift (Fata Morgana, 1983).

En matière d'art, mentionnons tout de même sa contribution à l'Art magique, d'André Breton
(Formes & Reflets, 1957) et sa présentation d'Héraldique Alchimique Nouvelle, de José Camacho
et Alain Gruger (Le Soleil Noir, 1978), ainsi que celle du recueil de Michel Desimon, La Femme et
l'OEuf Philosophal (Editions du Cygne, 1980).

Pour terminer provisoirement, revenons au tableau signé ci-dessus,  dont Eugène Canseliet nous dit dans L'Alchimie expliquée (Index) qu'il est un "portrait du peintre Julien Champagne, exécuté chez ses parents, aux Charmettes de Villiers-le-Bel."

Il précise au dos de la planche qui le reproduit: "Julien Champagne, tel qu'il était, lorsque nous allions ensemble, afin de nous installer, pour une aquarelle, aux environs de l'Ermitage d'Arnouville, en des lieux champêtres qui ont maintenant disparu."

Et dans le texte du livre, voici ce qu'il ajoute:

"En souvenir de ces temps mémorables, nous espérons que l'amateur nous saura gré, que nous lui offrions le portrait de Julien Champagne, que nous fîmes à l'aquarelle, le 12 août 1921, alors qu'il habitait Arnouville-les-Gonesse, au lieu dit de L'Hermitage et,  par coïncidence, dans l'avenue Viollet-leDuc."

Canseliet qui dans ses Trois anciens traités ci-dessus mentionnés reproduit en noir et blanc et commente un tableau qu'il intitule "la chasse à la chouette", tableau dont je vous joins ex abrupto une version couleur, récemment négociée sous le titre "la pipée":

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32349948.html

 

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4 février 2006 6 04 /02 /février /2006 22:02



Les miracles, ça existe; voici donc une illustration de l'édition originale des Mystères des Cathédrales de Fulcanelli, parue en 1926 chez Jean Schemit et tirée, il semble, à 300 exemplaires.

Cette planche XXI, signée J.Champagne et datée comme le frontispice déjà reproduit de 1910
est consacrée à la Sainte Chapelle de Paris, verrières Sud et s'intitule Le Massacre des Innocents.

Voici ce qu'en dit Fulcanelli dans son livre.

"La Sainte Chapelle, chef-d'oeuvre de Pierre de Montereau, merveilleuse châsse de pierre élevée, de 1245 à 1248, pour recevoir les reliques de la passion, présentait aussi un ensemble alchimique fort remarquable. Aujourd'hui encore, si nous regrettons vivement la réfection du portail primitif, où les Parisiens de 1830 pouvaient avec Victor Hugo admirer "deux anges, dont l'un a sa main dans un vase, et l'autre dans une nuée", nous avons, malgré tout, la joie de posséder intactes les verrières sud du splendide édifice.

Il semble difficile de rencontrer ailleurs une collection plus considérable, sur les formules de l'ésotérisme alchimique, que celle de la Sainte Chapelle. Entreprendre, feuille à feuille, la description d'une telle forêt de verre, serait une besogne énorme, capable de fournir la substance de plusieurs volumes.

Nous nous bornerons donc à en fournir un spécimen  extrait de la cinquième baie, premier meneau, et qui a trait au Massacre des Innocents...

Nous ne saurions trop recommander aux amateurs de notre vieille science, ainsi qu'aux curieux de l'arcane, l'étude des vitraux symboliques de la chapelle haute; ils y trouveront largement à glaner, de même que dans la grande rose, incomparable création de couleur et d'harmonie."

C'est dans Les Demeures Philosophales (Grimoire du chateau de Dampierre,  troisième série, caisson 4, Schemit, 1930) que Fulcanelli conseillera le disciple d'alchimie sur l'importance de cette allégorie du Massacre des Innocents:

"Qu'il s'efforce (le disciple) de comprendre l'allégorie du Massacre des Innocents, de Nicolas Flamel, ainsi que l'explication claire qu'en donne Limojon, aussi clairement que peut le faire un maître de l'art. Dès qu'il saura ce que sont, métalliquement, ces esprits des corps désignés par le sang des innocents égorgés, de quelle manière l'alchimiste opère la différenciation des deux mercures, il aura franchi le dernier obstacle et rien, par la suite, sinon son impatience, ne pourra
le frustrer du résultat espéré."

Quant à nous, nous pourrons comparer la belle gravure coloriée de Julien Champagne au cliché du même vitrail, reproduit dans l'édition Pauvert (1964) du Mystère des Cathédrales.


Et avec mon presque homonyme Georges Renard, dont la plaquette de 1927 sur La Sainte-Chapelle du Palais, éditée par Les beaux livres du foyer français, est agrémentée d'illustrations d'Albert Robida, continuer de porter nos regards sur les magnifiques verrières dont nous devons la restitution à deux artistes de grand talent: M. Steinheil pour le dessin, M. Lusson pour la fabrication.

Elles sont en effet comme "une mosaîque translucide et flamboyante où se jouent les rayons du soleil."


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32053656.html



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4 février 2006 6 04 /02 /février /2006 21:07


Sur la couverture de l'édition française de son livre Fulcanelli dévoilé, ainsi me semble t il
que sur l'italienne, mais pas sur la version en langue anglaise qui vient de paraître, et que j'ai seule sous la main, Geneviève  Dubois  a fait  figurer un  tableau  qui est reproduit ci-dessus
en mosaïque, et qui me paraît représenter Julien Champagne.

Je pense qu'il peut s'agir en fait d'un autoportrait, antérieur à celui du "Champagne âgé" déjà
mentionné, et nettement plus flatteur. Intuitivement, je le vois dater des années dites folles
ou années (19) 20.

Toute  précision donnée sur cette oeuvre sera la bienvenue, à tous et à toutes merci d'avance.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-29970685.html
http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-30849793.html



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4 février 2006 6 04 /02 /février /2006 19:11




Comme Champagne familier des Lesseps, l'excentrique et milliardaire écrivain Raymond Roussel (1877-1933) en a été un proche. Tous deux en effet fréquentaient assidument la demeure de la famille Lesseps, avenue Montaigne, comme d'ailleurs Fulcanelli et Eugène Canseliet.

Poète très peu lu, comme dirait François Rabelais, il a rédigé des oeuvres  au charme obscur,  qui
préfigurent le surréalisme. André Breton l'a d'ailleurs qualifié de "plus grand magnétiseur des temps modernes."

Certains de ses livres sont nettement teintés d'hermétisme, comme Locus Solus (1914), L'étoile
au front (1925),  ou  La  poussière de soleils  (1927).

Pour les  écrire,  il  a employé  un procédé qui n'est pas sans rappeler  la cabale  (solaire,  précisément),  chère  à  Fulcanelli.

Sur cette émouvante photo dédicacée en mai 1933, l'année de sa mort donc, il a écrit  ces mots: "ma photo à 18 ans". Nous sommes donc vers 1895.

Dans ses Deux Logis Alchimiques (Pauvert, 1979), Eugène Canseliet, que nous retrouverons bientôt, se souvient, à propos justement d'un entretien avec André Breton:

"Nous ne dissimulâmes pas, à l'auteur de Najda, qu'au nombre des diverses gens, toujours de haute qualité, que nous voyions auprès du Maître, avenue Montaigne, ce fut Raymond Roussel qui
nous impressionna le plus.

Cela de telle sorte que nous paraissait très déplacé, que notre vieux Julien Champagne pût appeler "la classe", cet homme distingué. Il est vrai que tous deux étaient du même contingent de 1877, et que "Monsieur Roussel", passionné du moteur à explosion, avait beaucoup d'estime pour
le dessinateur de Fulcanelli et de Bertand de Lesseps.

Il y avait aussi qu'avec le fils aîné de Ferdinand, Champagne restait l'inventeur du traineau à hélice que Raymond Roussel admirait avenue Montaigne, et que d'ailleurs il fit photographier." Ce traineau fait également l'objet d'un cliché des Deux Logis.

Dans son livre Fulcanelli dévoilé, Geneviève Dubois reproduit pour sa part une photo de Champagne, vraisemblablement auprès du traineau en construction (1914).

Ne quittons pas Raymond Roussel pour cette fois, sans mentionner son singulier éclectisme: découvreur d'un théorême mathématique, inventeur d'une formule d'échecs, il déposa en 1922 un brevet sur l'utilisation du vide à la non déperdition de la chaleur (brevet N°28628). Jacques Keystone dans Prismes Hebdo rapproche ce brevet des travaux de Fulcanelli (www.prismeshebdo.com).

Ni sans enregistrer cette curieuse affirmation d'Isabelle Canseliet, dans un numéro de 1985 de la revue Tempête chymique:

"Il se pourrait qu'Irène Hillel-Erlanger ait été reçue chez Fulcanelli. Raymond Roussel le fut bien." Pour Richard Khaitzine, Fulcanelli, que dans ses oeuvres Roussel appelle notamment Volcan, fut tout simplement le "précepteur" ou le professeur de sciences de Raymond.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-29970605.html

rousselbig.champagne.jpg
http://in-memoriam-raymond-roussel.over-blog.com/


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4 février 2006 6 04 /02 /février /2006 17:40



En ce jour de la Sainte Véronique, et le nom de Lesseps, entre autres, nous ayant incité au voyage, transportons nous outre-Manche.

L'église londonienne de Sainte Etheldreda (XIIIème siècle) est la plus vieille église catholique anglaise.

Parmi les trésors qu'elle abrite figure cette statue de Saint Pierre, reproduite par Julien Champagne, qui figure elle aussi parmi les planches des Demeures Philosophales ( planche XV, intitulée Londres Eglise Saint - sic - Etheldreda Saint Pierre et la Véronique).

Toujours au chapitre Louis d'Estissac, Fulcanelli décrit et commente ainsi cette belle statue:

"Saint Pierre, debout, tient une clef et montre la Véronique, singularité qui fait de cette remarquable image une oeuvre unique, d'exceptionnel intérêt.  Il est certain qu'au point de vue hermétique le symbolisme s'y trouve clairement exprimé,  puisque  le sens  de la clef se  répète dans  la  Sainte Face, sceau miraculeux de notre pierre.

Au surplus, la Véronique nous est offerte ici comme une réplique voilée de la croix, emblème majeur du  Christianisme  et signature de l'Art sacré. En effet, le mot véronique ne vient pas, comme certains auteurs l'ont prétendu, du latin vera iconica (image véritable ou naturelle) - ce qui ne nous apprend rien - mais bien du grec ferenikos, qui procure la victoire."

Peut-être Sainte Véronique m'aidera t elle victorieusement à me procurer d'autres reproductions d'oeuvres de Julien Champagne, et à les livrer à votre réflexion, ainsi qu'à votre admiration, en particulier ses planches du Mystère des Cathédrales, dont je ne dispose pas actuellement en version électronique, à l'exception du frontispice déjà reproduit, et de l'écu final sur lequel il faudra sans doute venir.

Il semble bien, au demeurant, que notre artiste se soit inspiré de certaines cartes postales pour illustrer les oeuvres de Fulcanelli.

Peter.champagne


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4 février 2006 6 04 /02 /février /2006 14:57

 



Avec peut-être le couple Schwaller, et sans compter la "protection puissante", Eugène Canseliet dixit, du mystérieux Fulcanelli,  la famille de Ferdinand de Lesseps  fut le bailleur de fonds de l'impécunieux Julien Champagne, aux origines modestes, et dont Eveleyne Segaud affirme d'ailleurs que le père était cocher.

Ferdinand de Lesseps (1805-1894) restera dans l'histoire comme le promoteur du percement du canal de Suez (1859), puis de l'isthme de Panama, dont il ne verra pas la réalisation, achevée vingt ans après sa mort.

Il est ici peint par Foureau, en 1853. Le peintre Foureau dont il s'agit est vraisemblablement Hugues Foureau
(1803-1873). Ce tableau serait visible au musée de Chateauroux.

Le dossier des relations de Julien Champagne avec la famille de Lesseps met en scène la descendance de Ferdinand, qui fut nombreuse. Ce dossier est donc complexe, et pour l'initier, si je puis dire, j'ai pensé que mon premier document de référence pourrait être cette fois le "dossier Fulcanelli" de la livraison IX des Cahiers de la Tour Saint-Jacques, un numéro spécial de cette revue qui est paru à Paris en 1962.

Ce dossier oppose l'ésotériste Robert Ambelain, auteur d'un livre inspiré par Fulcanelli, Dans l'ombre des cathédrales (1939), qui tient comme Evelyne Segaud, que Fulcanelli est Julien Champagne, et Eugène Canseliet, qui défend l'assertion inverse. Je propose donc simplement, pour cette fois, une synthèse de ces points de vue contradictoires, centrée sur Champagne et la famille Lesseps.

Dès 1907, selon son élève Max Roset, Julien entra en rapport  avec la famille de Lesseps, par le truchement de leur chauffeur.

Cette assertion est reprise par Richard Khaitzine, pour qui "Julien Champagne aurait été en relation avec le chauffeur de cette grande famille."

Selon MM. Paul et Bertand de Lesseps, Champagne a, depuis 1910, travaillé avec leur père, Ferdinand de Lesseps, le fils ou plutôt le petit-fils du créateur du canal de Suez et du concepteur de celui de Panama: "Ouvrons la Terre aux gens."

 

exlibrisFDL.champagne


Ferdinand de Lesseps paya de ses deniers l'installation d'un laboratoire d'alchimie destiné à Julien Champagne, rue Vernier, près de la porte Champerret. Ce n'était d'ailleurs pas le premier
laboratoire de Julien.

Cette association perdura, puisqu'en 1921 Ferdinand de Lesseps fit construire au château de Leroi, ou Léré , près de Bourges, un laboratoire d'alchimie destiné à son propre fils qui commença à y travailler avec Champagne pour maître. Julien Champagne était alors officiellement "professeur de dessin" du jeune de Lesseps.

Champagne aurait définitivement quitté ce chateau en 1922, pour revenir s'installer à Paris. Toutes ces informations sont données par Robert Ambelain, et Eugène Canseliet n'y revient pas, sauf pour mentionner que Julien Champagne serait revenu de "Loroy, dans le printemps 1925."

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-29969529.html
suez.champagne.jpg



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