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  • : JULIEN CHAMPAGNE
  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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1 juillet 2025 2 01 /07 /juillet /2025 18:51

La Trilogie alchimique qui vient de paraître aux Editions de la Tarente, dans la collection La Table d'Emeraude dirigée par Bernard Renaud de la Faverie, et comme annoncé ici même le mois dernier, mérite assurément le détour. 

Due aux deux plumes autorisées de Jules Mérias (probablement Gilles Pasquier) et Laurent Philippe (peut-être Laurent Levasseur), cette trilogie vaut bien mieux en effet qu'une édition critique des traités du XIXème siècle dont il s'agit, et dont parmi d'autres un Bernard Husson (dont nous cherchons toujours un portrait) s'était fait l'écho en son temps: Les Récréations hermétiques et les Scholies, d'une part, rédigées par un anonyme et conservées au Muséum d'histoire naturelle de Paris (donc vraisemblablement issues du fonds Chevreul), dont une reproduction très lisible du manuscrit nous est proposée en sus du texte imprimé, et d'autre part l'Hermès dévoilé de l'Adepte connu sous le pseudonyme de Cyliani. 

C'est qu'en fait Mérias (apparemment le plus prolixe) et Philippe (qui semble par conséquent le plus discret) nous proposent in fine, et en vis-à-vis des textes de Cyliani et de l'anonyme du moment, de véritables essais contemporains qui viennent en quelque sorte ponctuer sans crier gare la prose de leurs (oserions nous dire de nos) anciens, au point qu'il n'ont pas hésité à adjoindre en annexe  à tous ces écrits un quatrième ouvrage, cette fois du XVIIème siècle, qui leur a paru pouvoir les prolonger ou du moins leur répondre: l'anonyme germanique parfois intitulé Cassette du petit Paysan (le Credo des alchimistes, la Table d'Emeraude, ouvre de son côté le livre, qui y est reproduite en français et en latin).

On l'aura compris: A nos yeux, cette vraie somme, qui va bien au-delà de l'examen théorique des traités anciens et s'aventure délibérément, au travers de commentaires détaillés, dans les méandres de la pratique alchimique, s'apparente, davantage qu'à une édition critique usuelle, à des écrits plus ou moins récents comme ceux d'Eugène Canseliet (L'alchimie expliquée, Pauvert, 1972) et de deux de ses disciples, Atorène (Le laboratoire alchimique, Trédaniel, 1981) et Bernard Chauvière (Parcours alchimique à l'usage d'un opératif, Liber Mirabilis, 2000). 

 

On pourra notamment se réjouir d'y voir nos deux auteurs s'y livrer en hermétistes accomplis à une savante dialectique sur une problématique classique en alchimie, celle des deux voies possibles au laboratoire, voie humide essentiellement pour les uns (voyez Récréations et Scholies), voie sèche principalement pour les autres (confer Hermès et Cassette).

De façon plus originale, Jules et Laurent vont bien au-delà cependant dans leur exposé de la pratique, puisque ils n'hésitent pas, comme le montre le schéma reproduit ci-dessus, à exposer par le menu leur vision des opérations à effectuer concrètement, et ce du début de l'OEuvre à la fin, ou si vous préférez de l'élaboration du Mercure aux multiplications.

Rien d'étonnant donc à ce que la mise en forme d'une telle somme de connaissances et de savoirs vérifiés ait demandé à notre binôme d'essayistes une bonne dizaine d'années de labeur. Et compte tenu de la richesse du propos, espérons que dans une prochaine édition un index vienne en faciliter la mise à profit par les orants et autres labourants.

De la richesse du propos et de sa qualité foncière, comme à notre sens en témoigne à l'évidence le bref passage conclusif suivant: "L'alchimiste travaille sur une matière restée vivante depuis la naissance du monde. Il nourrit cette matière d'une vie recueillie de l'univers. L'intégrale du grand oeuvre n'est pas le récipient, ballon, creuset ou cristallisoir où gîte la matière, mais le cosmos. L'énergie du grand oeuvre est celle du Créateur, et c'est ce qui fonde le caractère initiatique de l'alchimie."

 

 

Pour nous, l'intérêt principal de ce travail herculéen réside sans conteste dans la nouvelle étude qu'il contient du travail écrit de Cyliani. Lequel n'hésite pas à y apostropher et admonester ainsi les puissants:

"Rois de la terre, si vous connaissiez le grand nombre de personnes qui se livrent en secret à la recherche de la pierre philosophale, vous en seriez étonnés; et si vous saviez qu'à peine un ou deux hommes ont le bonheur de réussir dans l'espace de trois à quatre cents ans, loin de faire rechercher ceux qui ont réussi pour les tourmenter, vous les combleriez de vos bontés, afin qu'ils puissent amplement servir l'humanité souffrante, et vous faire participer aux bienfaits de leurs découvertes."

On comprend mieux à lire ces lignes prodigieuses pourquoi Canseliet qualifiait Fulcanelli d'Adepte dévolu au XXème siècle. Cyliani est alors en principe et pour sa part, en toute logique, celui du XIXème.

D'où sans doute l'importance qu'a revêtu son Hermès dévoilé pour son successeur en Adeptat, mais aussi pour les disciples de ce dernier, au premier rang desquels figurent Julien Champagne et Eugène Canseliet.

 

Or si Pasquier et Philippe s'inscrivent résolument, nous a-t-il paru, dans la lignée Fulcanelli-Canseliet, au travers de leurs références du moins, ils ignorent totalement Julien Champagne. Là encore, formons le voeu qu'une réédition ultérieure de leur belle ouvrage leur permette d'y remédier.

Prenons l'exemple de la seule illustration en couleurs de leur trilogie: celle qui représente le fameux vitrail hermétique du couvent parisien des Jacobins; elle reproduit la version d'Isabelle Canseliet, et ignore celle de Champagne:

JULIEN CHAMPAGNE ET LES JACOBINS - JULIEN CHAMPAGNE

De façon non moins importante, s'agissant de Cyliani, Jules et Laurent ne pipent mot de la lecture qu'en a faite Julien, et que nous avons mentionnée dès 2010, avant que notre compère Jean Artero ne la présente en longueur en 2014 dans sa biographie de l'artiste, parue au Mercure Dauphinois:

CHAMPAGNE DE CYLIANI OU JULIEN AUSTRALIEN - JULIEN CHAMPAGNE

Rappelons finalement, à toutes fins utiles, à nos aimables lectrices et à nos sagaces lecteurs, qu'un inédit important sur la pratique de Cyliani, apparemment dû à son médecin personnel,  a été publié par la revue Atlantis (numéros 439 et 440, respectivement de 2009 et 2010). Et remercions chaleureusement pour leurs précieuses contributions, et Laurent Philippe, et l'ami Yves Artero de Facebook.

 

Laurent Philippe et Yves Artero, pcc ARCHER

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25 octobre 2026 7 25 /10 /octobre /2026 17:13

Drouot vient nous dit-on de signaler deux ventes concernant de près ou de loin Julien Champagne, toutes deux organisées par Aplanos, maison de vente aux enchères de Dieppe. 

Enchères Lot 282 - Julien CHAMPAGNE (1877-1932). Ensemble de dessins d'académie. Mine... | Gazette Drouot

La première consiste en une série de dessins dont certains signés ou assortis de son cachet d'artiste. Ils nous paraissent pour partie remonter à son passage à l'Ecole des Beaux Arts de Paris, alors qu'il était enseigné par Eugène Quignolot.

QUIGNOLOT DE CHAMPAGNE - JULIEN CHAMPAGNE

La période couverte par ces esquisses parfois datées, parmi lesquelles figure ce qui nous est présenté comme un autoportrait, esquisse au trait particulièrement vigoureux, est surtout celle du début des années 1890 (1893 essentiellement).

La seconde vente concerne une série de plans originaux (ou de copies des plans) de l'Ailonive, véhicule automobile conçu par Bertrand de Lesseps et construit vers 1914 avec l'aide de Julien Champagne. 

Enchères Lot 283 - B. DE LESSEPS. Ensemble de plans pour une automobile à hélices... | Gazette Drouot

Il nous paraît notable que ces deux lots (numéros 282 et 283 respectivement) proviennent vraisemblablement du même vendeur (cf. Gazette Drouot N° 37 du 23 octobre 2026).

CHAMPAGNE ET LE TRAINEAU A HELICE - JULIEN CHAMPAGNE

Malheureusement aucun des deux lots en question n'est mentionné dans la version papier de notre Gazette. Par "chance", et à l'inverse, y figure un article dont cette fois la version informatique est partiellement réservée aux abonnés, et où apparaît une oeuvre alchimique chère à André Breton; il s'agit d'une peinture sur soie du XVIIème siècle représentant la neuvième Clef de Basile Valentin, le "Roi puissant" qui aurait été le véritable initiateur de Fulcanelli..

En galerie : « Jardin d’amour »... | Gazette Drouot

Et Clef dont en 1956 Eugène Canseliet fournira un commentaire substantiel à l'occasion de la publication du traité correspondant, intitulé Les Douze Clefs de la Philosophie, traité dont il a assura la traduction, la présentation et "l'explication des images" pour les éditions de Minuit.

Voici le début de son explication de la Clef en question: "Singulier exercice des deux principes mâle et femelle, qui fournit le schéma du globe crucifère, signe astronomique de la terre."

Le même Canseliet qui dans la même publication nous propose également in fine "l'explication des images" du monastère franciscain et niçois de Cimiez, que nous venons d'évoquer dans notre billet précédent (Julien Champagne au Ciel).

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17 octobre 2026 6 17 /10 /octobre /2026 18:44

Une relation apparemment férue de généalogie de l'excellent libraire Philippe Subrini (Le Troubadour du Livre)

Le Troubadour du Livre , Philippe Subrini - Livre Rare Book

lui a récemment fait parvenir une information intéressante (et inédite en tant que telle) sur le séjour marseillais d'Eugène Canseliet, information qui nous a été rapidement et indirectement retransmise, et dont vous retrouverez ci-dessous et l'origine d'une part (la fiche militaire le concernant, en lien Généanet) et de l'autre l'extrait qui nous concerne ce jour (photo);

1919 Canseliet Eugène Léon Fm1 - Geneanet

Il en ressort qu'en 1919 l'ami puiné de Julien Champagne résidait dans la cité phocéenne au 8 de la rue Dieudé (y résidait sans y habiter forcément, puisque l'archive bureaucratique en question distingue entre les deux situations).

Sauf si son adresse à Marseille a changé entretemps, il y demeurait semble-t-il depuis 1915, nous explique Geneviève Dubois dans son livre fondateur Fulcanelli dévoilé (Dervy, 1992 et 1996), où elle produit un tableau des habitants de ladite artère cette année là, sachant qu'au numéro en question est répertorié un meublé alors occupé ou loué par une Madame Amielh.

Cette dame serait elle la cousine chez laquelle Eugène prit pension pour étudier le dessin à l'Ecole des Beaux-Arts de la place Carli, apprentissage dont Geneviève n'a pu retrouver la trace administrative?

Dans le même essai, l'auteure nous explique qu'en 1916 Canseliet s'est lié d'amitié avec Champagne, et qu'en 1917 il a passé son baccalauréat non loin de Marseille, à Aix-en-Provence (Aix où il aurait résidé à cette époque dans le quartier ou la rue de La Fourane). Et Aix, commenterons nous illico, où il reçut la visite de Fulcanelli.

En fait, Dubois reconnaît explicitement s'être inspirée dans ce domaine des indications biographiques données par Atorène (disciple resté anonyme de Canseliet), dans son ouvrage Le Laboratoire alchimique, Trédaniel, 1981).

Pour notre disciple, Eugène Canseliet a en fait rencontré Fulcanelli dès 1915, grâce à une femme de ménage qui officiait à la fois chez ce dernier et à l'Ecole des Beaux-Arts. Et dès ce premier moment, ajouterons nous pour notre part, Julien Champagne, qui se tenait auprès du futur Adepte.

Fulcanelli et Canseliet seraient, explique Atorène, "retournés" en 1917 en région parisienne (d'où en ce qui concerne le jeune bachelier l'intérêt de la distinction que nous avons faite entre sa résidence marseillaise et son domicile du moment, vraisemblablement situé à Sarcelles).

Quant à Fulcanelli, à Marseille il habitait selon Atorène "un hôtel particulier rue Dieudé", à quatre cents mètres, nous précise-t-il, de l'école des Beaux-Arts d'alors (dont la dénomination actuelle est le Palais des Arts ou palais Carli). Il s'agit là sans doute pour le moins d'une approximation, la distance place Carli-rue Dieudé étant plus proche des six cents mètres.

Ledit hôtel n'a pu pour l'instant être localisé dans cette rue, à notre connaissance, bien qu'un ami informaticien qui souhaite rester anonyme ait interrogé à ce sujet une Intelligence Artificielle (l'IA Claude). De même il nous a indiqué qu'une comparaison des listes d'occupants de la rue Dieudé pendant la première guerre mondiale (d'après l'Indicateur marseillais, qui est une sorte de Bottin disponible sur Gallica) ne lui a pas paru donner de résultat probant.

Dans son opuscule intitulé Finis Gloriae Mundi de Fulcanelli la Révélation (Bod, sive Books on Demand, 2016), feu notre cher Christophe de Cène nous semble avoir fourni à cette énigme une explication relativement satisfaisante, et en tout cas plausible.

Située rue Sainte, dans le même quartier, la villa dénommée La Rose du Ciel, dont un cliché figure à la fin de notre article, aurait été la véritable résidence marseillaise de l'auteur du Mystère et des Demeures. Elle aurait appartenu en son temps à un certain docteur Fournier, puis à sa fille Marguerite et à un écrivain rosicrucien, Hippolyte Ebrard, dont la descendance a fait partie de la famille de Christophe, lequel l'a su plus tard par suite de confidences privées (voir à ce sujet le Fulcanelliana de notre compère Jean Artero, Arqa, 2017).

Et de Cène de nous préciser que le bon docteur Fournier disposait rue Dieudé d'une clinique et d'une bibliothèque où Canseliet a pu rencontrer Fulcanelli, et que Marguerite Founier comme Hippolyte Ebrard ont été les témoins du séjour phocéen de l'alchimiste.

Lors de sa conférence parisienne de 2025 sur Fulcanelli, Jacques Grimault, fulcanelliste distingué que nous avons déjà rencontré (notamment après sa Chronologie de l'affaire Fulcanelli, La Nouvelle Atlantide, 2024, à laquelle il nous semble préparer une suite pour la fin de cette année),  nous a paru adopter globalement le même point de vue sur La Rose du Ciel en tant que logis fulcanellien.

Comme nous l'a signalé Bernard Lonzième, auteur avec Bernard Allieu d'un indispensable Index Fulcanelli (1992, toujours disponible aux éditions Les Trois R, éditions remarquables notamment s'agissant de Julien Champagne), on trouve depuis quelque temps sur la Toile, et sans aucun référencement, des pages consacrées au logis en question où parfois transparait notamment la trame historique que nous venons d'évoquer en détail:

Hôtel La Rose du ciel (maison Paul Valéry) - Tarpin bien

 

Sur un plan plus symbolique, on pourra relever le fait que de la Rose ou Rosée du Ciel on peut admirer le Vieux Port que surplombe la Bonne Mère, la basilique Notre-Dame de la Garde si chère au coeur des Marseillais.

De même, elle se situe non loin de l'abbaye Saint-Victor, dont la Vierge noire ouvre si curieusement Le Mystère des Cathédrales fulcanellien.

Enfin, elle se trouve dans la rue Sainte qui si on s'éloigne de la demeure en question vient s'approcher de la rue Dieudé, ou en occitan Déodat, c'est-à-dire Dieudonné ou "donné à Dieu". Ou donné par Dieu, diront certains, en pensant au Donum Dei qu'est la Pierre Philosophale.

Mais si vous le voulez bien, revenons sur terre, et demandons-nous brièvement si nous disposons d'indications sur les saines occupations qui furent celles de Fulcanelli, Champagne et Canseliet pendant leur séjour marseillais, séjour dont la durée nous paraît se compter en mois et même en années.

C'est ce dernier qui nous le dit expressément: "A partir de 1916, j'ai côtoyé Fulcanelli de très près...Et à peu près dans son intimité. Et c'est là, à Marseille, que j'ai rencontré auprès de lui Julien Champagne" (in Robert Amadou, Le Feu du Soleil, Pauvert, 1978. Voir aussi sur ce point Artero, Julien Champagne, Le Mercure Dauphinois, 2014).

Dès ce moment, le maître prend l'élève sous son aile, et la même année, le confirme dans son rôle de disciple, dès qu'il a identifié la Materia prima (cf. Atorène). Toujours en 1916, il commence de l'orienter vers ce qui deviendra son occupation principale, en dehors du laboratoire: "Rédigez de même que vous dessinez" (voir Artero, Présence de Fulcanelli, Arqa, 2008 et 2022).

Dans le même temps, le futur Adepte et mentor présent, accompagné à l'occasion de Julien Champagne, effectue dans le midi de la France des déplacements qui sont à l'évidence en rapport avec l'élaboration de l'opus fulcanellien.

Il en est probablement ainsi, selon Geneviève Dubois d'un épisode non daté mettant au moins en scène et Champagne et Canseliet, le premier effectuant "un voyage à Limoux où en compagnie de son fidèle disciple il visite Notre-Dame de Marceille". Une église abritant elle aussi une Vierge noire, ainsi qu'un ancien puits réputé miraculeux et aujourd'hui obstrué, qui n'est pas sans rappeler celui de la cathédrale de Chartres.

En 1917 cette fois, nous explique finalement Jean Artero d'après Bernard Chauvière, alchimiste disciple de Canseliet, qui en reçut la confidence idoine, "nous le retrouvons avec Fulcanelli en escapade à Nice, où ils visitèrent de conserve le couvent franciscain de Cimiez."

Chauvière qui sait pertinemment de quoi il parle, s'agissant en particulier du Logis alchimique en question, et plus généralement d'alchimie (cf. entre autres d'une part son remarquable Parcours alchimique à l'usage d'un opératif, Liber Mirabilis, 2000 et son étude d'importance sur Le monastère de Cimiez, Arrakis, 2012, et d'autre part tout récemment ses si substantiels Mémoires d'un alchimiste contemporain, Paginanda, 2022).

Et Artero d'ajouter de son côté, en définitive: "Eugène Canseliet le confirme lui-même: "Fulcanelli, au monastère de Cimiez, alors que nous admirions ensemble les peintures franciscaines, nous expliqua longuement que la colombe et son rameau chargé d'olives qui y vole "et pour elle-même, et pour les autres", est celle dont il est parlé dans la Genèse, emblématique abrégé de l'OEuvre."

 

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28 septembre 2026 1 28 /09 /septembre /2026 17:45

Il y a quelques années déjà, notre excellent ami espagnol José Rodriguez Guerrero, de la non moins remarquable revue Azogue, s'était signalé à notre attention en tant que découvreur d'oeuvres  méconnues, voire inconnues de Julien Champagne (cf. notre article Champagne en Azogue).

Voici qu'il vient heureusement de récidiver, cette fois à propos d'un tableau qui semble actuellement en vente du côté de Lyon:

Proantic: Julien Champagne dit d'Arnouville (1877-1932), Portrait de B

Proposé sur le site Proantic par Bailliet Antiquités, ce petit pastel sur toile encadré est daté de 1905 et intitulé Ile de Seins (sic).

Le portrait en question, d'une Bretonne en costume traditionnel, paraît effectivement renvoyer aux tenues que l'on pouvait rencontrer à l'époque dans cette île de Sein qui est située au large de la Bretagne, s'agissant en particulier des coiffes de jeunes femmes originaires du lieu, telles que l'on peut encore de nos jours en découvrir sur certaines cartes postales.

Mais évidemment c'est l'attribution de Bailliet (et Proantic à sa suite) qui nous intrigue le plus au premier abord, puisque le tableau est signé d'un certain Julien d'Arnouville.

En qui notre antiquaire n'hésite pas à voir notre Julien Champagne favori. Ce qui peut se comprendre, en raison notamment des liens avérés (y compris de son vivant) entre l'illustrateur des Fulcanelli et cette localité où il a été finalement mis en terre (voyez entre autres Champagne à l'ermitage).

En raison aussi du goût manifesté par "Hubert" pour les portraits peints ou dessinés de dames de son entourage, ou de rencontre, ou éventuellement reproduits d'après des cartes postales, procédé dont il se servira parfois à l'occasion de ses diverses contributions au Mystère des Cathédrales et aux Demeures Philosophales (confer par exemple à propos des portraits notre Dessins de Champagne).

A l'inverse, il est vrai que l'utilisation par Julien du pseudonyme "d'Arnouville" nous était inconnue jusqu'alors, puisque seules certaines de ses dédicaces du Mystère ou des Demeures ont été à notre connaissance adornées de son unique alias identifié à ce jour, celui d' "AhS Fulcanelli".

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19 septembre 2026 6 19 /09 /septembre /2026 13:16

Allez voir, oui, allez voir le beau film que Denis Gaubert vient de consacrer à Jacques Henri Lartigue. Non, ce documentaire à la fois érudit et émouvant n'évoque pas directement Julien Champagne.

Mais La vie en relief, au travers d'une biographie inspirée du célèbre photographe, magnifiquement illustrée par des clichés choisis, naturellement tirés de son oeuvre, nous replonge à merveille dans l'époque qui fut largement la sienne, la "belle époque", puis celle de la première guerre mondiale, enfin celle des "années folles".

Plus précisément encore, les passions en vogue du moment, notamment celles de l'automobile et de l'avion, nous renvoient incontestablement à celles d'"Hubert" et de son ami Bertrand de Lesseps, qui s'exprimèrent en particulier dans leur commune création du traîneau à hélice baptisé Ailonive, traîneau dont Lartigue eut lui aussi à porter témoignage (cf. notre article De J Henri Lartigue à J Julien Champagne).

Lartigue qui fut aussi artiste peintre à ses heures, ce qui nous permet de revenir en votre aimable compagnie aux tableaux de notre héros préféré.

C'est ainsi qu'un de nos amis nous a gratifié naguère de la reproduction en couleurs ci-dessus d'une aquarelle non signée de Champagne, qui figure en noir et blanc dans le livre de Geneviève Dubois, Fulcanelli, dévoilé, paru chez Dervy en 1992.

Il s'agit là d'une oeuvre de jeunesse (1895), dûment référencée, et intitulée Beauvoir-Rivière. Ce soleil couchant nous semble probablement provenir de l'entourage d'une branche amienoise de la famille de Julien, celle de feue Francine Duhamel, descendante d'une tante de ce dernier (donc des Saint-Acheul, brièvement évoqués dans l'ouvrage de notre compère Jean Artero, Julien Champagne, paru en 2014 au Mercure Dauphinois).

Julien Champagne

 

Autre tableau, signé cette fois, mais non référencé à ce jour, dont nous venons de prendre connaissance, grâce cette fois à une de nos amies.

Aquarelle encore, peinture à l'huile ou gouache, dont nous ignorons le coin de France boisé qu'il représente selon toute vraisemblance.

A l'inverse, nous croyons en savoir un peu plus sur sa provenance, et cette fois de façon certaine. Pour nous, il émane de la descendance lyonnaise du frère cadet de Champagne, Félix (et sans doute, au cas particulier, du petit-fils de ce dernier, Jacques Champagne).

 

Pour ne presque rien vous cacher, c'est à ce dernier que nous nous devons d'adresser finalement un remerciement appuyé, certes peut-être un peu tardif, car c'est à lui que nous devons l'essentiel de la substance d'un autre précédent article, Félix Champagne et Julien.

On y trouvait en particulier, il y a hélas dix ans déjà, l'évocation d'un manuscrit conservé par les soins de Jacques, et qui, comme vous pouvez le voir ci-dessous, devrait être publié prochainement, en cette année de centenaire de la parution du premier livre de Fulcanelli (aux dernières nouvelles, l'éditeur cherche un bon imprimeur qui ne soit pas trop cher).

Il émanerait de la main de Félix (qui fut photographe comme Lartigue) , et selon Artero, qui le préface, serait de nature à nous en apprendre d'avantage, sur l'opus fulcanellien bien entendu, mais aussi sur cette "fraternité d'Héliopolis", dont Julien Champagne affirma un jour par écrit, imprudemment diront certains, qu'il en était le chef inconnu.

 

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23 juillet 2026 4 23 /07 /juillet /2026 18:09

A l'occasion d'un récent article (Champagne selon Gemini) nous avons pu explorer les ressources d'une Intelligence Artificielle (IA) dans le cadre de notre travail.

Le résultat de cette exploration nous avait alors semblé moyen (ni totalement farfelu, ni franchement convaincant).

Une nouvelle possibilité nous est apparue avec l'introduction intervenue il y a peu d'une possibilité d'interrogation du moteur de recherche Google en mode IA (il est proposé en accès libre, juste sous le logo en ligne).  Cette fois, et obtenu en quelques secondes seulement, le résultat nous paraît plus positif. 

Le voici donc, sachant que la question a été comme vous pouvez le constater: Julien Champagne Archer...

Comme l'IA de Google a eu la bonne idée de nous proposer à la suite de lui poser une question connexe à la première, nous l'avons ensuite interrogée, comme vous vous en doutez, sur la relation entre Champagne et Fulcanelli.

De nouveau, on peut estimer que nous avons affaire ici à une synthèse pour le moins robuste:

Finalement, Google a l'amabilité de prévenir l'utilisateur de son mode IA que "les réponses de l'IA peuvent contenir des erreurs."

Donc la question qu'on peut se poser au cas particulier est, naturellement, celle de la présence d'inexactitudes dans ces deux résumés.

On pourrait arguer de ce point de vue que factuellement la remise des manuscrits des ouvrages de Fulcanelli à l'éditeur Jean Schemit est moins fréquemment attribuée à Julien Champagne qu'à son jeune ami d'alors, Eugène Canseliet. 

A l'inverse, Google IA produit des liens ad hoc des plus utiles pour les chercheurs et les amateurs, notamment vers les ouvrages écrits ou apparaissent, outre notre "Hubert", votre serviteur et notre compère Jean Artero.

A propos de ce dernier, nous venons d'avoir la confirmation du fait que ses trois ouvrages publiés par Arqa sont épuisés chez l'éditeur. S'agissant de Présence de Fulcanelli et de Fulcanelliana, ainsi que d'Alchimie de Lesseps, on ne peut plus actuellement les acquérir que sur le marché de l'occasion, ou sur celui du neuf auprès de quelques librairies comme l'excellente maison lyonnaise Cadence (Eklectic). 

Artero nous a également confié avoir conservé par devers lui quelques exemplaires d'auteur des deux premiers ouvrages cités. Valete!

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9 mai 2026 6 09 /05 /mai /2026 20:34

Enfin! Chers amies et amis, chers lecteurs et chères lectrices, et vous tous spécialement, les quelque deux cents abonnées et abonnés de notre modeste blog, voici maintenant un beau petit livre qui va nous permettre de bien poursuivre et pourquoi pas accentuer nos célébrations du centenaire de la première publication du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli (Schemit, 1926).

Un libelle dont l'auteur ne nous est pas autrement connu, au demeurant, mais dont la lecture nous avait été recommandée de divers côtés. Recommandation justifiée, croyons nous à l'expérience, et que donc nous faisons nôtre sans hésiter. 

Max Antoine qui se publie lui-même au cas particulier, Le feu secret qui l'édite nous renvoyant en réalité à BoD (Books on Demand), signe à notre avis avec ces Parcelles Fulcanelliennes un ouvrage à la fois bien écrit et sensible, en même temps qu'érudit dans notre domaine de prédilection, l'hermétisme, et plus particulièrement l'alchimie.

Il serait dit-on architecte de formation et serait né en ou vers 1975, avec probablement si nous l'avons bien lu des attaches auvergnates ou foréziennes (ou les deux). Que son nom d'auteur soit ou non le sien à l'état civil, relevons le fait qu'il a eu l'amabilité de nous indiquer à la fin de son essai un moyen de le joindre par courriel: lefeusecret@gmail.com...

 

Et en fait dès la couverture des Parcelles nous comprenons avec l'intérêt que vous imaginez que Julien Champagne va bien être à l'honneur cette fois, puisque nous y reconnaissons "la tête et le corbeau qu'il choisit pour son ex-libris "Hermeticis" de 1906". Ex-libris que nous reproduisons en fin d'article, et publication qui nous permet de constater également que Max n'ignore ni ce blog ni les travaux de notre compère Jean Artero, notamment ceux réalisés autour d'"Hubert".

Là où Antoine (Ant-oine?) nous surprend d'emblée, à l'inverse, c'est quand nous comprenons aussi que son ancienne passion pour la généalogie s'est prolongée par un attrait pour les cimetières. C'est ainsi que les Parcelles (Par Sel? ou par Scel?) dont il s'agit ici sont certes livresques mais aussi et d'abord funéraires. Nous voici donc immédiatement en sa compagnie à Arnouville-lès-Gonesse, où repose l'illustrateur de Fulcanelli.

Illustrateur dont la tombe a été restaurée il y a quelques années, nous rappelle-t-il, grâce à sa famille et à l'engagement bienvenu de certaines bonnes âmes, parmi lesquelles il mentionne les patronymes d'Artero et surtout de Bernard Allieu et Bernard Lonzième.

Et Fulcanelli justement nous ayant notamment appris l'intérêt qu'il y a à déchiffrer certains monuments, nous ne devrions pas être surpris, pour autant, de voir notre hermétiste s'attacher à dégager le sens caché de la tombe du héros éponyme de notre présent travail: "Cette tombe est une parole, et pour l'entendre il faut être attentif."

Et c'est bien ce qu'il fait, nous déclarant ainsi entre autres, à propos de la grande coquille Saint-Jacques qui la surplombe: "Je regarde cette large mérelle, frangée d'ondulations, qui place le mort sous sa protection...présentée verticalement, elle témoigne que l'office a été rempli et clame maintenant que notre défunt possède l'Etoile."

 

D'Arnouville, partons pour La Neuville Vault où se trouvent les restes cette fois d'Eugène Canseliet, le rédacteur (osons écrire le "nègre") de Fulcanelli et de l'ami proche du rédacteur en question, son aîné comme Julien Champagne d'ailleurs, et plus encore que ce dernier: Philéas Lebesgue.

La tombe du premier s'offre elle aussi à la méditation de notre architecte: Elle est silencieuse, il l'observe. Pour lui, c'est bien sûr la croix grecque, hiéroglyphe du creuset, ce signe discret, mais puissant, qui importe le plus: Il la règle. "Il est gravé d'abord face au ciel, puis, plus modestement sur le côté de la pierre tombale, pour les hommes." Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut.

Philèbe, puisque Lebesgue a comme comme Canseliet oeuvré en Atlantis, et fut considéré par ce dernier comme son principal maître en philosophie, Fulcanelli excepté sans doute, n'a pas tout a fait cependant droit au même examen de sépulture que l'illustrateur (Champagne) et ledit nègre (Canseliet).

Mais pour Antoine Max, il a tout de même eu semble-t-il, dès 1908, au moment où on peut estimer que l'opus fulcanellien était en cours d'élaboration, un opus qui estime-t-il "enchante le monde", l'intuition, pourrait-on dire, de son occurrence, et tout spécialement en ce moment de centenaire, de celle du Mystère des Cathédrales. C'est ainsi qu'il célébra, certes après d'autres, ce temps béni où "l'alchimie était en honneur, et ses symboles s'inscrivaient aux pierres de Notre-Dame de Paris."

Terminons notre petite recension par une nouvelle mention du corbeau de la couverture de ces Parcelles inspirées et revenons par conséquent à l'ex-libris de Julien. Du corbeau doit émerger le beau corps. Eugène, que cite Max, nous le certifie, la mort prélude à la naissance et "si le corbeau est le premier, qui exprime la putréfaction, le phénix est le dernier, qui est l'emblème de la Pierre Philosophale." D'où l'importance du feu secret, ou sacré.

 

 

 

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27 janvier 2026 2 27 /01 /janvier /2026 15:41

En terminant notre précédent article en décembre 2025, nous vous avons présenté tous nos voeux pour 2026, année du centenaire de la publication du premier livre de Fulcanelli, Le Mystère des Cathédrales, illustré par notre cher Julien Champagne.

Nous allons commencer cette dernière de façon qui pourra sembler nettement plus anecdotique, quoique elle soit significative pour nous, puisqu'elle est aussi celle du vingtième anniversaire de la création de ce blog.

Et débuter notre propos de ce jour par une réflexion que nous nous sommes faites maintes fois, sans parvenir jusqu'alors à l'exprimer de façon aussi nette. Fulcanelli nous a notamment appris à nous souvenir que l'âge de la pierre a précédé celui du papier; nous voici entrés semble-t-il dans celui de l'électron; espérons que cette dématérialisation croissante s'accompagne d'un accroissement de spiritualité.

Toujours est-il que de ce point de vue notre contribution depuis deux décennies peut présenter à nos yeux une certaine utilité, même si l'ère de Gutenberg n'est pas pour autant révolue, on peut en tout cas l'espérer, là encore.

Mais c'est sans doute bien à Internet désormais d'accompagner le rôle dévolu autrefois au papyrus, et au livre depuis maintenant quelques siècles. Et plus précisément, pour ce qui nous concerne, aux ouvrages de la Tradition hermétique et alchimique. Donc n'hésitons pas à y insister: Hier, il fallait sans doute que le livre prolonge la pierre. Actuellement, ledit livre doit être au moins complété par l'électron.

De la Tradition, ou des traditions, puisque tel est bien le titre du fort volume dont vient de nous gratifier Aaron Cheak: Alchemical traditions, Rubedo Press, Auckland (Nouvelle-Zélande), 2025.

Aaron que nous avons déjà rencontré il y a peu (cf. notre article Champagne en Rubedo) et qui dirige la maison d'édition dont il s'agit. Nous avons ici affaire, au demeurant, à la seconde édition d'un essai qui était initialement paru en 2013, et qui a été republié, après avoir été augmenté, à la fin de l'année dernière.

Il se présente à nous sous la forme d'une oeuvre collective dans laquelle Cheak se taille, comme il se doit, la part du lion, et qui quoi qu'il en soit correspond bien à son intitulé, ce qui déjà n'est pas un mince compliment, puisque ce qu'il nous est proposé d'y lire, c'est bien un panorama des diverses traditions alchimiques. 

Ces traditions multiples y sont évoquées de l'Antiquité à ce que notre collectif d'auteurs appelle "l'avant-garde", c'est-à-dire certains succédanés alchimiques propres au XXème siècle (tels l'oeuvre de Jung et le mouvement surréaliste):

Alchemical Traditions: From Antiquity to the Avant-Garde | Rubedo Press

 

A tout seigneur, tout honneur: Aaron Cheak nous y propose ainsi un développement substantiel sur le taoïsme qui imprègne l'alchimie chinoise.

Puis le même s'attaque à la Nigredo au sein de l'alchimie égyptienne, et puis encore à la cosmogonie de l'alchimie musulmane...

Nous ne mentionnerons pas aujourd'hui l'ensemble des contributions tant elles sont nombreuses, et parce que tel n'est pas notre sujet; mais pour vous montrer que ce travail volumineux constitue une espèce de somme qu'on ne saurait négliger, même s'il ne peut prétendre être complet, sachez que l'immortalité selon l'alchimie hindoue, notamment, fait également l'objet d'une contribution signée, elle, de David Gordon White.

 

Et l'alchimie française, me direz-vous? Et bien elle n'est pas absente elle non plus, avec en particulier une dissertation de Mirco Manucci sur le Mutus Liber d'Altus: 

Reading as alchemical process, que je suis tenté de traduire par De la lecture dans le processus alchimique, étude qui fait bien entendu référence au Lege (Lis) de la célèbre formule latine de l'alchimie classique reprise dans le Livre Muet (un ouvrage sur lequel au demeurant Eugène Canseliet disserta naguère si savamment):

Ora, lege, lege, lege, relege, labora et invenies (prie, lis, lis, lis, relis, travaille et tu trouveras).

 

Si maintenant nous en venons à l'alchimie française contemporaine, cette fois, nous allons sans grande surprise retrouver le maître des lieux, Aaron Cheak, dont nous avions déjà précédemment (en septembre) relevé la dilection pour René Schwaller, dit de Lubicz.

C'est l'alchimie de ce dernier qui fait l'objet de cette nouvelle dissertation, centrée sur tel Sel principe, lequel, dans l'oeuvre de Schwaller-AOR, serait l'agent de toutes les mutations, matérielles comme spirituelles.

Et comme vous pouvez vous en douter, la relation qui a existé entre Schwaller et Champagne conduit notre hermétiste néo-zélandais à traiter au passage de l'énigme Fulcanelli; c'est ainsi qu'Aaron évoque, pour notre plus grand plaisir, la figure de Julien.

Pour notre plus grand plaisir, parce qu'après avoir rayonné dans le monde francophone, puis récemment italophone (voir notre article Julien Champagne e italiano), "Hubert" ne sera plus, désormais, un inconnu dans les milieux ésotériques et alchimiques, si importants également, des nombreux pays anglophones, comme nous avons c'est vrai déjà pu le constater récemment (cf. à nouveau Champagne en Rubedo).

Pour Cheak, il est clair en tout cas que Julien a fait partie, avec d'autres comme Pierre Dujols et Eugène Canseliet notamment, d'un petit aréopage dont Fulcanelli serait une pure et simple émanation, ce qui n'est certes pas notre avis à nous; mais son point de vue rejoint il est vrai en la matière ceux de Geneviève Dubois et André Vandenbroek (vide André Vandenbroek gomme Julien Champagne), sachant qu'Aaron mentionne explicitement le fait que ce dernier aurait reçu à ce sujet une confidence très claire de René Schwaller.

Schwaller qui serait pour Aaron Cheak le mentor principal de Champagne, lequel aurait été pour lui un de ses aides au laboratoire, ou même son principal collaborateur en alchimie (pendant une vingtaine d'années, avance-t-il).

Son approche de ce dossier reste selon nous ambigüe, toutefois, dans la mesure où dans le même temps il rapporte (à raison) la parenté évidente de style entre Dujols-Magophon dans son Hypotypose au Mutus Liber d'Altus et celui de Fulcanelli dans ses livres parus.

De même il n'ignore en aucune façon le fait que Julien ait de son côté revendiqué dans certaines de ses dédicaces le nomen choisi par l'Adepte (en les signant AhS Fulcanelli).

Enfin si apparemment ce blog lui est inconnu, il renvoie bien au travail de Jean Artero sur Champagne (Mercure Dauphinois, 2014) à propos de la possibilité (que nous soutenons également pour notre part) que tout ce beau monde ait été inspiré et conduit par un Maître resté anonyme: Fulcanelli.

Aaron laisse encore planer un doute sur les relations de Julien avec les autres membres du groupe qu'il évoque, quand il relate le fait (selon lui) que ce dernier considérait Dujols (et non Schwaller) comme son maître en alchimie.

Enfin, il mentionne avec honnêteté les accointances de Champagne avec le clan Lesseps, en nous semblant d'évidence leur prêter comme Artero une dimension hermétique ou alchimique.

A contrario, rien dans son article d'Alchemical Traditions qui est consacré à AOR ne pointe le rôle de théoricien de l'alchimie qui fut aussi celui de Champagne.

Il méconnaît ici, délibérément ou non, cet aspect de la personnalité d'"Hubert", qui pour lui reste donc essentiellement d'une part l'illustrateur de Fulcanelli, et d'autre part un praticien de l'alchimie.

Bien que se référant à la biographie de Jean sur Julien, il ne nous paraît pas en avoir pris personnellement connaissance, du moins pas au point de reconnaître la pertinence de la réflexion de Julien Champagne telle qu'elle s'exprime dans son essai sur La Vie Minérale.

Rien dans son propos n'indique non plus ce que notre artiste de prédilection a pu tirer par écrit du manuscrit Yardley, qui est pourtant si proche de la culture alchimique anglo-saxonne, et dont les éditions des Trois R ont même produit une version anglicisée (Mr Yardley's process):

Éditions Les Trois R - Book details of Mr Yardley's Process English version

Même si l'intérêt de cet ouvrage collectif n'est pas en cause, ni bien entendu celui de son article sur René Schwaller qui y figure et que nous venons modestement d'analyser, on peut regretter ce petit manque, car il aurait été facile à Cheak de l'éviter.

Il eût simplement fallu pour cela qu'il ait gardé en mémoire le travail accompli par John Koopmans et Christer Böke, qu'il a également édité et dont nous vous avons récemment entretenu: La Clef du cabinet hermétique, Rubedo, 2020.

Et La Vie Minérale et le Yardley y figurent. Donc, selon nous, nous avons affaire ici à une simple question de mise à jour d'Alchemical traditions, dans la mesure où sa publication en 2013 ne pouvait qu'ignorer la parution intervenue postérieurement, en 2020. Il ne s'agit là, finalement, du moins on peut le penser à notre avis, que d'une légère incohérence dans sa réédition de 2025.

 

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6 décembre 2025 6 06 /12 /décembre /2025 17:02

En ce jour de Saint Nicolas, je vous propose de nous faire à tous et toutes un beau cadeau, en vous livrant une histoire inspirante, ce qui ne pourra que faire du bien aux grands enfants que nous sommes restés, du moins espérons le, en ces temps pour le moins incertains, voire à certains égards passablement obscurs.

Adonc sachez que ces jours-ci notre ami Yves Artero s'est vu sur Facebook interpeller par un certain Claude Delarose (quel joli patronyme!), lequel voulait attirer son attention sur un de ses ouvrages, publié sous le pseudonyme d'Ivan Ivanovitch, et intitulé Histoires extraordinaires, sans doute en référence implicite au célèbre écrivain Edgar Allan Poe.

Ce petit livre édité en 2020 par KDP a de fait un intérêt certain pour notre blog, car une de ces "histoires" a trait à deux relations éminentes de Julien Champagne: Fulcanelli et Eugène Canseliet.

"Une rencontre hors du temps", car tel est son titre parfaitement justifié, comme nous l'allons voir, nous est narrée non par Delarose-Ivanovitch, mais nous a t-il appris depuis, par une de ses amies de longue date (un demi-siècle, tout de même): Dana Fortuna (dans le livre) qui n'est autre en fait, nous a-t-il également confié, qu'une astrologue et tarologue bien connue.

Comme je viens par chance d'en savoir un peu plus sur cet événement effectivement extraordinaire, quoique nous rappelant d'autres étranges occurrences, voyons donc ensemble quel en est le détail.

Nous sommes en ou vers 1972 et vraisemblablement à Paris, et Canseliet participe avec quelques autres auteurs à une séance de dédicaces organisée par un éditeur non nommé (possiblement Pauvert). Eugène pour sa part est assis à son stand devant un certain nombre d'exemplaires de son Alchimie expliquée sur ses textes classiques. 

A l'époque, Dana est une jeune fille de vingt-trois ans, chargée par la maison d'édition en question d'assister certains des écrivains conviés, dont notre Eugène, et tombe sous le charme de ce dernier, le décrivant ainsi, de manière à la fois touchante et convaincante:

"C'était un monsieur âgé, de faible corpulence, dont la timidité et l'extrême modestie contrastait, dans cette foule dont il semblait que l'unique préoccupation soit de se faire remarquer à tout prix."

Ayant sympathisé avec lui, d'autant qu'elle avait lu à dix-sept ans son premier livre d'alchimie à elle, Le mystère des cathédrales de Fulcanelli, dont la poésie l'avait, rapporte-t-elle, envoutée, Fortuna entama avec Canseliet, dont la foi en l'alchimie l'avait frappée, un échange à bâtons rompus. Echange qui fut seulement interrompu par la venue d'un étrange personnage, lequel, "d'une voix douce et grave" demanda aussitôt une dédicace à Eugène.

Ce dernier, très ému à sa vue, s'écria alors, paraît-il: "Vous, Maître, ici! Et moi, vous signer ce livre?" Et de s'entendre répondre: "Oui, j'insiste."

Par discrétion, Dana Fortuna s'éclipsa alors, laissant Canseliet en tête à  tête avec son Maître, un Maître qui à notre sens ne peut être que Fulcanelli.

De retour une demi-heure plus tard, après s'être entretemps occupée d'un autre des auteurs dont elle avait provisoirement la charge, elle retrouva Eugène de nouveau seul, lequel lui fit alors une confidence qui, dit-elle, devait décider du reste de sa vie. Cette confidence, elle ne la rapporte pas, précisant seulement que Canseliet lui expliqua également: "On ne décide pas de faire de l'alchimie; c'est l'alchimie qui vous appelle."

 

Contactée par nos soins, Dana nous a fourni entre autres quelques précisions inédites sur la tenue vestimentaire d'Eugène, qui ne sont pas toutes anecdotiques, comme nous l'allons vérifier séance tenante: Il portait à son gilet une chaîne de montre en argent figurant un homme et une femme, et surtout il avait au doigt une bague qu'il lui affirma être celle de Fulcanelli, représentant un lion tenant dans sa gueule ouverte un rubis du plus beau rouge. L'or pâle dont elle était faite était, lui expliqua-t-il, d'origine alchimique...Fortuna est aussi diserte sur l'apparence du Maître de Canseliet, laquelle lui sembla sur le moment extrêmement peu banale:

"Mince et de taille moyenne, il émanait de lui une distinction, une élégance surannée soulignée par un vêtement quelque peu anachronique. Une redingote de velours grenat de coupe raffinée complétait une tenue composée d'un pantalon gris, d'un gilet sombre sur une chemise blanche dont le col et les manches s'ornaient de dentelle" (la main fine qui tenait le livre laissait voir, commente-t-elle, un peu de dentelle dépassant de la manche de l'habit).

Et Fortuna de poursuivre: "Le visage du personnage était à l'avenant. Surprenant...Sa peau offrait une apparence particulière tant par le grain que par la couleur...Une peau qui aurait été "refaite". Cette noble figure présentait le curieux contraste d'un visage à la peau et au modelé "jeune", animé par un regard pénétrant et à la sagesse sans âge."

Pour Claude Delarose, cette description rappelle beaucoup celle que Jacques Bergier a faite de Fulcanelli dans le livre Le matin des magiciens, qu'il a co-écrit avec Louis Pauwels. 

Selon nous, et comme cela lui a été dit, elle correspond bien en tout cas, dans l'ensemble, à ce qu'Eugène a pu nous livrer du physique et je dirais de l'allure générale de son Maître.

Quoiqu'il en soit, voici qui nous conduit forcément à nous remémorer un événement précédent, dont la similarité et la singularité ne peuvent que nous frapper également: Celui de l'extraordinaire rencontre en Espagne de Fulcanelli et de Canseliet une vingtaine d'années plus tôt, et il y a donc maintenant environ trois-quarts de siècle. Fulcanelli qui, rappelons le tout de même ici, serait né, paraît-il, vers ou en 1839...

 

Ingénieur physicien de formation et passionné de futurologie, Claude Delarose (Ivan Ivanovitch) a écrit plusieurs ouvrages d'alchimie, fruits, nous explique-t-il, de quarante années de recherches, et tous parus aux éditions KDP (et disponibles sur Amazon). 

Citons en 2020 Les plus grands secrets du monde, avec en couverture une reproduction du tableau bien connu de Julien Champagne: Le Vaisseau du Grand OEuvre, puis la même année deux suites au précédent (même intitulé, tomes 2 et 3), l'année suivante (2021), Victoriam gloria mundi, et enfin en 2022 Sainte science d'alchimie.

Puisqu'il a mis à l'honneur notre artiste favori dans le premier de ses essais, ouvrons le et constatons derechef que là encore c'est la lecture des ouvrages du Maître d'Eugène Canseliet qui l'a conduit à entamer son parcours alchimique.

Celui-ci l'entraînera par la suite du côté de Roger Caro...

Voici donc, pour ne pas conclure, l'épilogue du premier livre d'alchimie d'Ivan Ivanovitch: "A vous, Frères que le destin conduira sur le sentier de la Sainte Science, n'oubliez pas l'émeraude magique, celle que l'on appelle rosée. Eliminez d'elle les noires impuretés. Purifiez la, blanchissez la. Vous en ferez le sang du Christ qui régénère et sauve. Cherchez et vous trouverez le plus beau joyau de ce monde, au service du Christ-Roi.

Et gardez-vous des biens temporels et de l'inutile puissance d'illusion qu'ils engendrent." Bonne Saint Nicolas, joyeux Noël à chacune et à chacun, et tous nos voeux pour 2026, année du centenaire de la parution de la première édition du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli.

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31 octobre 2025 5 31 /10 /octobre /2025 14:55

Notre ami Jean-Marie Castex, qui fut président de l'association culturelle Atlantis, fondée par Paul Le Cour, et à ce titre invita il y a dix ans déjà notre compère Jean Artero à donner une conférence sur Julien Champagne (cf. l'article De bonnes nouvelles de Champagne), vient de nous rappeler très opportunément le fait qu'il y a tout juste un siècle un certain Eugène Canseliet (articles Canseliet ami de Champagne et Canseliet peint Julien Champagne) signait la préface de la première édition du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli.

En effet, cette courte introduction de celui qui s'y présente comme le (ou un au moins) disciple de l'auteur est bel et bien datée d'octobre 1925, même si le livre en question ne devait paraître que l'année suivante, par les soins du libraire parisien et éditeur Jean Schemit.

Relevons aussitôt que la chronologie des événements mérite qu'on s'y attarde un tantinet. Fulcanelli, dont l'identité reste à ce jour à prouver, et qui serait né en ou vers 1839, n'avait encore jamais publié à notre connaissance, et son pseudonyme n'était guère connu avant la première guerre mondiale, en dehors peut-être d'un cercle d'initiés qui gravitait vraisemblablement autour de la famille Lesseps, clan auquel étaient liés et Champagne et son père.

Dès cette époque, ses deux oeuvres actuellement disponibles (Le Mystère des Cathédrales, et Les Demeures Philosophales, que Schemit éditera en 1930, toujours avec le même préfacier) sont en gestation, en particulier du fait que Champagne, né en 1877, a commencé dès 1910 à travailler à leur illustration.

 

C'est ainsi que le frontispice du Mystère est daté de cette année et qu'il paraîtra dès 1912 dans un catalogue de la librairie - également parisienne - Chacornac (article d'Henri Chacornac à Champagne). A ce que nous croyons savoir pour l'instant, il  s'agit là de la première manifestation publique de Julien dans le domaine hermétique et alchimique.

Quant à Canseliet, né en 1899, il semble bien avoir rencontré Fulcanelli un peu plus tard, en 1915 environ, à Marseille, nous dit-on, apparemment par hasard; et très rapidement, auprès de ce dernier, un Julien Champagne féru comme lui des beaux-arts, mais aussi d'ésotérisme, puisque leur intérêt commun pour Cyliani n'a d'égal que celui de Fulcanelli (article Champagne de Cyliani). Champagne qu'il fréquentera assidûment dès 1916, et ce jusqu'à le visiter dans son laboratoire de la capitale.

En 1922, Fulcanelli, Champagne et Canseliet paraissent s'être retrouvés ensemble à Sarcelles, cette fois, et le dernier nommé aurait alors effectué une transmutation sous la direction de leur maître commun en alchimie.

En 1925 enfin, il y a cent ans, donc, Canseliet et Champagne s'installent tous deux dans le même immeuble parisien, et y deviennent voisins. Julien est presque cinquantenaire, tandis qu'Eugène, pratiquement deux fois plus jeune, n'a encore jamais publié (croyons-nous savoir), lorsqu'il entreprend de rédiger sa préface au premier livre de Fulcanelli.

 

Né vers 1867, Jean Schemit apparaît dans notre paysage du jour lorsqu'il publie, en 1908 puis en 1920, des livres de Gustave-Joseph Witkowski (né en 1844), sur L'art profane à l'église notamment, ouvrages qui ont dû attirer, selon nous, l'attention de Fulcanelli, puisqu'il les citera dans ses propres écrits (article Schemit éditeur de Champagne).

C'est ainsi que le jeune Canseliet, après avoir mis en forme, paraît-il, les notes de Fulcanelli pour son travail livresque et les avoir présentées en vain à Pierre Saintyves (Emile Nourry de son patronyme à l'état-civil), les soumit avec succès à leur futur premier éditeur.

Schemit a-t-il par ailleurs rencontré Julien Champagne avant parution de la somme fulcanellienne? Telle fut la thèse de Robert Ambelain, que réfuta Eugène Canseliet (lequel confia cependant avoir eu le sentiment tenace que son ami Jean connaissait Fulcanelli)..

Canseliet qui ne poursuivra son parcours personnel en écriture qu'après la mort de Champagne en 1932, dans un premier temps en s'engageant dès 1934 auprès de Paul Le Cour, et cette fois de sa revue Atlantis plus spécifiquement. Le Cour qui dès 1927 avait dans le magazine Aesculape salué la parution de l'édition originale du Mystère des Cathédrales (article Aesculape de Champagne). En 1945, Eugène Canseliet reviendra vers Schemit qui publiera son premier livre, Deux Logis alchimiques, lequel est en fait un prolongement des écrits de Fulcanelli. Enfin, Eugène rédigera en 1964 un avant-propos au catalogue de la bibliothèque de Jean. 

 

Tel est, à notre avis, le contexte général, passé, présent et futur, de la première préface fulcanellienne de Canseliet.

Pour autant, que nous dit-il de particulier sur "Hubert"? Ce dernier y tient en fait la vedette, mais une vedette américaine, puisque Eugène conclut son propos en ces termes:

"Et maintenant, qu'il me soit permis, au nom des Frères d'Héliopolis  et au mien, de remercier chaudement l'artiste à qui mon maître confia l'illustration de son oeuvre. C'est, en effet, au talent sincère et minutieux du peintre Julien Champagne que Le Mystère des Cathédrales doit d'envelopper son ésotérisme austère d'un superbe manteau de planches originales."

Avec l'accord obligé de Jean Schemit, dont nous reproduisons ci-dessus un court billet autographe signé, Eugène Canseliet souligne donc discrètement dès 1925 les mérites de son ami aîné, artiste certes au sens pictural, bien sûr, mais aussi et surtout artiste au sens alchimique; tel fut d'entrée de jeu l'hommage camouflé rendu par un "enfant de l'Art" à un de ses proches dans tous les sens du terme, et surtout à un de ses principaux initiateurs.

Avant de rendre cet hommage à Julien, Eugène nous fait, finalement, une confidence plus proprement fulcanellienne. Désignant Fulcanelli comme "l'Auteur", ce qui n'est pas habituel sous sa plume, il nous révèle que ce dernier, il y a plus de dix ans (nous voici donc revenus à 1915 au moins) lui a assuré que "la clef de l'arcane majeur est donnée, sans aucune fiction, par l'une des figures qui ornent le présent ouvrage. Cette clef consiste tout uniment en une couleur, manifestée à l'artisan dès le premier travail." 

Canseliet précise que ce faisant, il obéit aux volontés dernières de Fulcanelli. Je suppose que les praticiens se demanderont avec moi si cette clef ornementale est ou non colorisée, et bien sûr où elle se situe exactement. Toujours est-il qu'il est plus que probable que la figure en question ait été réalisée par Julien Champagne.

pcc ARCHER

 

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