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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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3 juin 2007 7 03 /06 /juin /2007 18:00


Vous souvenez-vous de Carlos Larronde, dont le portrait est ici tiré par Chana Orloff? Nous avons déjà rencontré ce Veilleur, membre des Frères d'Elie de René Schwaller, en particulier lorsque nous avons évoqué la vie et l'oeuvre du maître verrier Richard Burgsthal:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3826243.html

Comme Schwaller...et Julien Champagne, comme Burgsthal aussi, et d'ailleurs avec lui, Larronde a cherché à retrouver le secret peut-être alchimique des rouges et des bleus des vitraux médiévaux de la cathédrale de Chartres.

Soit, me direz-vous, mais quid novi sur Carlos? Et bien, mais un livre bien sûr, et même plusieurs. D'abord, il apparaît en 2005 et 2006 dans les ouvrages qu'Emmanuel Dufour-Kowalski a consacrés à Schwaller de Lubicz (L'oeuvre au rouge, L'Age d'Homme, 2005 et La quête alchimique, Archê, 2006):

http://www.archerjulienchampagne.com/article-6060781.html

Ensuite, figurez vous que notre Carlos Larronde est en fait surtout passé, ô bien discrètement, à la postérité parce qu'il fut (aussi) un des pionniers de la radio française de l'entre deux guerres.

C'est à ce titre principalement qu'un professeur émérite de l'université britannique de Leeds, Christopher Todd pour ne pas le nommer, vient de lui consacrer un essai à la fois inspiré et documenté, bellement  et d'ailleurs alchimiquement intitulé Carlos Larronde, poète des ondes (L'Harmattan, 2007).



En fait, selon Christopher, ce titre enviable de "poète des ondes" lui fut tout simplement donné par ses confrères journalistes.

Chère Sylvie, notre Carlos était en fait un basque girondin, même s'il naquit en 1888 en...Argentine. Très tôt, il manifesta des goûts particulièrement éclectiques. C'est ainsi qu'encore adolescent, il correspondit avec Camille Flammarion sur divers sujets d'astronomie.

Il lui dédia même un poème, car il fut très tôt féru de littérature comme de théâtre. En 1912, Larronde "monte" à Paris.

Et là, très vite, fréquentant le café littéraire à la mode de l'époque, La Closerie des Lilas, il rencontre successivement, en 1913, Milosz, puis sans doute grâce à ce dernier, Schwaller. La même année que Julien Champagne, et de surcroît au même endroit...

Avec ses amis Louise Lara et Claude Autant (le futur cinéaste) il fonde le Théâtre idéaliste et y donne libre court à son mysticisme (Claudel, Péguy, Barrès, Saint-Pol-Roux, Maeterlinck) et à son modernisme (Apollinaire, Marinetti, Honegger).

Au lendemain de la guerre, "Jacques d'Elie" et sa femme rejoignent à Saint-Rémy-lès-Chevreuse l'ordre des Veilleurs de Schwaller, dont il est considéré alors comme l'éveilleur. "Je n'instruis pas, j'éveille", écrira magnifiquement Rudolf Steiner.

Steiner dont le Goetheanum servit sans doute de modèle à Schwaller pour en 1922 transporter ses fidèles à la station scientifique Suhalia, près de Saint-Moritz, en Suisse. Larronde, que l'on voit ci-dessus dans l'habit de l'ordre en compagnie d'André Fourcine, Veilleur également, est de l'aventure, mais plutôt comme visiteur occasionnel.

Que fait-il là-bas? Profondément épris des joies du travail manuel, il apprend à travailler le verre. En fait, dès cette époque, il connaît aussi et suit dans leurs retraites successives le pianiste et maître verrier Richard Burgsthal et sa femme, la compositrice Rita Strohl, à l'"oeuvre" ou art cosmique de laquelle il consacrera un livre publié en 1931.

En 1922, Larronde est ainsi à Saint-Cyr-sur-Mer. "Au premier essai, j'ai réussi un beau verre d'un violet pourpre. Au deuxième, j'obtins des plaques du même bleu outremer qu'on admire à la cathédrale de Clermont et du bleu royal absolument pur qui fait la splendeur des vitraux de Chartres."

 

artcosmique.champagne


En 1925, Burgtshal et Larronde, que l'on voit ici crayonné par Luis de la Rocha,  autre Veilleur, passionné d'alchimie, et comme Champagne dessinateur et peintre, commencèrent à travailler pour les Monuments Historiques.

Ils restaurèrent ainsi les vitraux des cathédrales de Morsain, Carcassonne, Narbonne, et à Avignon ceux du Palais des Papes, et surtout on leur confia la réfection des verrières du choeur de la cathédrale d'Albi, achevée en 1929.

Pour Todd, cet épisode de la vie de Larronde est bien central: "il a tout quitté au début des années 1920 pour devenir maître verrier."

Entretemps, Carlos s'était épris de Charlotte Fourcine. Leur fils Olivier, né en 1927, devait lui aussi devenir plus tard écrivain...En 1929, Larronde regagne la capitale. Il reste pourtant ébloui par "ses vitraux."

C'est alors que commence vraiment sa carrière radiophonique, assez symboliquement par sa collaboration à la revue Lumière et radio. En 1935, Carlos Larronde "invente" le journal parlé moderne à Radio-Cité. Il passera à la radio d'Etat en 1938, et décèdera d'une crise cardiaque deux ans plus tard. Dans l'esprit de Carlos, la radio était d'abord un "huitième art."

Il ne faudrait pas pour autant méconnaître d'autres dimensions de sa riche personnalité: Larronde fut aussi le romancier cryptique du Parc aux chevreuils (1923), écrit "à clefs" où selon Alexandra Charbonnier il met en fait en scène Milosz et son entourage, l'essayiste lyrique de La couronne de l'unité (1930), le poète des Cristaux (1931) et de ses "haïkus"...



Enfin, il fut un pionnier de la critique et du théâtre radiophoniques. Ce théâtre qui d'ailleurs le passionna d'emblée, comme on l'a vu, et qui lui inspira des pièces aux titres "curieux", ou au choix parlants: La mort sera le réveil (1914), Le mystère de la fin du monde (1917), Le chant des sphères (1936), et un fantastique et utopique Sixième continent (1938).

Voulez vous que je vous fasse lire un peu de Larronde? Voici donc quelques pensées de lui, que je trouve significatives:

"Non, il ne faut pas considérer les auditeurs comme des aveugles...Ils sont des "sur-auditifs". Sachons leur donner tout ce que l'ouïe, le sens subtil et intérieur par excellence, peut accueilir de lyrisme, de rêve ou d'évocation. Sachons en faire des voyants."

"L'homme est un résumé de l'univers. il contient l'unité, son origine, la dualité, matrice de la création, la trinité qui crée, les quatre éléments qui construisent, les sept planètes à travers lesquelles la création s'accomplit."

Et finalement, de son inédit le plus important, intitulé Désir, âme du monde, ce titre d'un des chapitres: La vie est un chant.


Larronde a aussi en 1908 écrit une pièce en un acte, intitulée La chimère. En sa mémoire, je vous propose en ce jour de la Trinité cette chimère moderne, humoristique il est vrai mais finalement non moins réelle que d'autres. Elle me semble nous poser la même question oedipienne que le sphinx cher à Fulcanelli, et à Julien Champagne.





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commentaires

Mulciber 23/06/2007 00:38

Vous avez effectivement raison, cher Archer !Ainsi, la phrase "Deviens ce que tu es !" que l'on attribue souvent à Nietzsche est en fait de... Pindare !

ARCHER 23/06/2007 18:45

Et Shakespeare a paraît-il employé une formule similaire...sans compter l'esto quod es des Latins.En fait j'ai lu quelque part que Nietzsche a reconnu s'être délibérément inspiré de Pindare pour cette maxime.Pindare cher à Camus également, qui en cite un autre adage: "O mon âme n'aspire pas à la vie éternelle, mais épuise le champ du possible."Ce qui nous ramène tout droit à la dialectique de l'impossible et de son inverse, chère à Fulcanelli et aux alchimistes...comme Champagne. L'impossible réalisé pourrait être un nom de la pierre philosophale, comme le miracle, la merveille ou l'absolu.

Mulciber 13/06/2007 08:04

A noter également que Carlos Larronde monta "Arsène Lupin" en théatre radiophonique en 3 épisodes, en 1936.Mulciber

ARCHER 13/06/2007 22:59

Mulciber, heureux de vous voir toujours parmi nous. Cet Arsène Lupin de Larronde devrait effectivement réjouir tous les fans de l'hypothèse complotiste chère à Richard Khaitzine.J'en profite si vous permettez pour répondre également à votre courriel précédent. Merci d'abord de nous rappeler que "tous ces gens ont des liens", ce pourrait être un de nos leit-motives.Y compris s'agissant des liens Internet actuellement, d'ailleurs. Pour ce qui est du "je n'instruis pas, j'éveille" et de son invention, je veux bien pour l'instant me rallier à votre hypothèse sur Villiers, j'avais cité d'après le livre de Christopher Todd, paru en français en 2007.Pour l'anecdote, il est parfois difficile de dater les évènements, tenez, prenez "impossible n'est pas français".Qui est à l'origine de ce dicton bien gaulois? Cherchez, et dites m'en des nouvelles. Voici quelques pistes: Du Guesclin, Arago, Napoléon...Arago est privilégié je crois par Fulcanelli.Bref, de l'intérêt des découvertes, et parfois des redécouvertes!

Mulciber 13/06/2007 07:54

Au sujet de Larronde, père et fils...http://touscesgens.hautetfort.com/archive/2006/08/13/larronde-carlos.htmlhttp://touscesgens.hautetfort.com/archive/2006/10/14/larronde-olivier.htmlJe sais que l'on ne prête qu'aux riches, mais "Je n'instruis pas, j'éveille", n'est pas de Rudolf Steiner, mais de Villiers de l'Isle-Adam, dans "Axël"Bien à vous,Mulciber

Sylvie 05/06/2007 12:34

Coucou Archer,
Je viens de t'envoyer pour répondre un message privé  :-)
Mais ici, je peux quand même dire ça:
>   :)
Bonne journée,
Sylvie.

ARCHER 09/06/2007 17:54

Coucou Sylvie,D'accord, je vais répondre à ton message privé. Mais comme tu verras, il faut en fait dire 3 fois 33.En attendant, un peu de pub, ça vaut ce que ça vaut, mais ça fait toujours plaisir:http://blog.lisabuzz.com/b.php/Julien-Champagne-archer/361/http://archer.boosterblog.com/Bonne journée!

Sylvie 03/06/2007 23:48

Cher Archer   :-)
Tu sais que je te lis :)
Merci pour la découverte de Carlos Larronde et j'ai beaucoup aimé aussi le lien sur "Le Maître Verrier" et "Les précieux Vitraux qui ornent ses fenêtres".
A++ et bonne soirée,
Sylvie.

ARCHER 05/06/2007 00:17

Chère Sylvie, merci pour ce sympathique commentaire. Et en t'endormant, n'oublie pas de dire 33, puisque Larronde a passé son enfance à Bordeaux. Est-ce que tu les vois tous ces moutons dans les vitraux françois?The above of course is only intended to pay a tribute to synchronicity. Cheers!