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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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16 novembre 2006 4 16 /11 /novembre /2006 11:53




D'après Geneviève Dubois dans son livre: Fulcanelli dévoilé, Julien Champagne aurait dessiné cet ex-libris pour son ami Jules Boucher (voir notamment mon article Champagne et Jules Boucher, 13 février 2006).

Pour une fois, si l'iconographie de l'édition italienne de son livre est meileure en qualité que la française, ce qui est un comble à mon sens, le commentaire qui l'accompagne est plus approximatif.

En effet, dans l'édition originale Geneviève présente l'ex-libris reproduit ci-dessus et ci-dessous comme le "deuxième" de Boucher.

Quel serait donc l'autre, ou si l'on veut, le "premier" ex-libris de Jules? La seule possibilité que je voie pour l'instant serait celle de l'ex-libris qui ressemble tant au frontisipice du troisième livre, non paru, de Fulcanelli, le Finis Gloriae Mundi (confer en particulier l'article Julien Champagne en parapsychologie, 2 septembre 2006).


A vrai dire, je ne suis pas pour l'heure absolument certain que le second ex-libris de Boucher soit de Champagne, mais c'est possible, voire probable.

Il s'agit d'une oeuvre très élaborée, où chaque détail est porteur d'un sens, et c'est pour cette raison que j'en donne un agrandissement.

Voyez notamment, pour vous en persuader, le baphomet du bas, et un peu au-dessus la rose-croix.

Les maximes latines qui décorent cette mandorle sont clairement alchimiques: La Table d'Emeraude apparaît d'abord:

"Il est vrai, il est certain que ce qui est en bas est comme ce qui est en haut." Puis, moins excentré, nous trouvons l'axiome hermétique bien connu: "Dissous et coagule."


Dans l'ensemble, à mon avis, la conception globale de ce motif est inspirée de celle de la "monade hiéroglyphique" de l'alchimiste et mage britannique John Dee, dont je vous présente ici le frontispice du livre constituant l'édition originale, qui est parue en 1564.

Il s'agit là d'une sorte de paradigme de la Science, dont pour vous faire une bonne idée de la genèse et de la signification vous pourrez avec profit lire le numéro spécial que lui a consacré il y a un an la revue anglaise Ambix (volume 52, numéro 3, novembre 2005): John Dees' Monas Hieroglyphica:

http://www.ambix.org/

Cette hypothèse me semble confortée par le fait qu'une traduction française du traité de Dee, due à Grillot de Givry, est parue chez Chacornac en 1925.

Le motif en question a connu par la suite une fortune certaine, puisqu'il a été repris...par les auteurs rose-croix, et par des alchimistes et hermétistes connus comme Heinrich Khunrath (Amphithéatre, 1609) et Athanase Kircher (Oedipe, 1652).


Notons d'ailleurs que le dit...Dee, qui aurait aussi été nécromant, n'est pas forcément en odeur de sainteté, ni auprès de Fulcanelli, mentor de Champagne, qui n'en fait pas mention, ni même chez son disciple Eugène Canseliet, qui le cite une seule fois dans ses Deux Logis (Pauvert, 1979), mais dans un contexte plutôt négatif:

Critiquant le travail du théosophe Pietro Bornia sur la villa alchimique Palombara de Rome, il écrit:
"Ainsi, dans son essai d'une interprétation assez peu convaincante, s'inspire-t-il à faux des théories, d'ailleurs grandement valables, que Wronski, le premier, et Papus, à la suite, renouvelèrent de Jacob Böhme, de Saint-Martin, voire de la Monade hiéroglyphique de John Dee...

Il est impossible de servir ensemble le diable et le Bon Dieu."

Tout est là, en effet, je crois, car dans l'ex-libris de Boucher, qui est évidemment mercuriel, mais aussi lunaire, on discerne bien également et en bas une tête de bouc aux cornes serpentées, et en haut, un hexagramme qui n'est pas aussi canonique que le sceau de Salomon, emblématique lui de la pierre philosophale.

Pour terminer ou presque, à la fin du traité de Dee se trouve comme une sorte d'"écu final" qui n'apparaît que dans la version électronique anglaise, et pas dans la française:

http://www.esotericarchives.com/dee/monad.htm

http://www.esoblogs.net/La-Monade-Hieroglyphique-de-John.html
http://www.esotericarchives.com/dee/monade.htm

Je l'ai reproduit ici, en dépit de la qualité moyenne de ce cliché, car il me semble qu'il nous rapproche de Fulcanelli et Champagne.

A propos de ce dernier, Dubois précise que lui aussi avait son ex-libris personnel: celui de Julien représente "un rond vert avec une cornue."

Geneviève semble l'avoir vu, probablement dans un livre qui a appartenu à "Hubert". On peut se demander où, et se poser la question de savoir ce qu'est devenue la bibliothèque de Julien Champagne.



ATHANASE KIRCHER

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