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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 12:19


En ce lendemain de la sainte Estelle, je me propose d'invoquer devant vous une Sainte Trinité réputée hérésiarque, dont mes deux filles ont pu voir une représentation à l'actuelle exposition parisienne au titre si alchimique: Une image peut en cacher une autre (Grand Palais, catalogue RMN, 2009).

Cette figuration, due à un anonyme du XVIIIème siècle allemand, me semble exemplaire de la manière dont, du Moyen Âge à la Renaissance, l'unité de la personne divine fut illustrée, dans les Alpes notamment, et devenue des plus rares pour cause d'ostracisme ecclésial, est au cas particulier visible à l'ordinaire au musée autrichien Charles-Auguste (Volkskundemuseum) de Salzbourg.

"Isis, Cérès, Cybèle, trois têtes sous le même voile", nous explique Fulcanelli à l'orée de son Mystère des Cathédrales. Or je voudrais remarquer ici, sans aucunement vouloir blasphémer, que nous retrouvons cette trinité voilée dans le "mystère Fulcanelli" lui-même: Fulcanelli, Julien Champagne, Eugène Canseliet.

Quant à la trinité alchimique, Eugène Canseliet est peut-être celui qui s'est exprimé, sinon complètement, du moins le plus clairement, dans ses Deux Logis Alchimiques:

"RUACH ELOHIM est l'Esprit de Dieu, sans lequel les opérations hermétiques ne se différencieraient pas des manipulations couramment effectuées par les chimistes dans les laboratoires...

Emanation du Père, l'Esprit permet à l'homme, qu'il collabore intimement avec le Tout-Puissant, dans la création microcosmique dont la matière vierge (mater sive materia virgo) est le chaos originel. De là naît la trinité..."Les trois sont admirables, Dieu et l'homme, la mère et la vierge, triple et un."

Et d'ajouter, cher Hervé This, que "seule peut permettre la réalisation philosophale, en apparence chimérique, l'identité de la matière et de l'esprit."


Pousuivant donc notre petite enquête sur la famille de Champagne, nous en arrivons à cette curieuse photo de son grand-père paternel, qu'il semble avoir tant chéri, qu'il s'agisse de Jean-Alexandre Champagne (1815-1889) ou d'Alfred Alphonse Champagne.

La question suivante est naturellement: Pourquoi? Et pourquoi cet imposant vieillard nous est-il arrivé ainsi, sous la forme d'un cliché qu'on dirait pris dans un de nos modernes "photomatons"?

Encore une fois, quel rapport particulier "Hubert" at-il entretenu avec cet aïeul?

Nous avons déjà rencontré récemment le père et la mère de Julien:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-24607594.html

Ils sont ici accompagnés d'un Loulou meilleur ami de l'homme que leur fils aima tant à dessiner, comme en témoignent ses carnets de croquis.

Mais quel fut le rôle exact, s'il y en eut un, du papa de Champagne, Alphonse Hubert (1854-1922) qui fut cocher, dans sa rencontre ô combien importante avec la famille Lesseps? Walter Grosse affirme que tel fut bien le cas.



Quant à sa maman, Pascaline Julienne Antonine Quinot (1854-193?) elle figure, cher Quinze, sur cette nouvelle photo en compagnie de sa fille Reine, de dix ans la cadette de Julien, et du mari de cette dernière.

Sur ce dernier, qui n'est autre que Gaston Devaux, nous allons revenir un peu plus avant. Mais je voudrais d'abord constater avec vous que la pièce d'état-civil ci-dessous établit clairement que Renée, comme on l'appelle aussi plus couramment, a officiellement porté un prénom légèrement différent.

Walter Grosse, déjà maintes fois cité, et dont le livre sur Fulcanelli nous est annoncé d'ici à l'été, a donc eu encore une fois raison sur ce point: Dans les familles du début du XXème siècle, et dans celle de Champagne en particulier, on a eu le patronyme singulièrement balladeur.


Mais voici Reine ou Renée (1887-1955) sur un autre cliché, qui cette fois-ci émane tout simplement de son passeport. Son affection pour son peintre de frère fut telle, nous l'avons déjà vu, qu'elle se fit le porte-parole de ses ultimes volontés:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-4464119.html

Et pour ce faire elle n'hésita pas à s'ouvrir de ces dernières auprès d'un René Schwaller, enclin pour des raisons déjà évoquées maintes fois à subventionner la sépulture de son ami défunt, ce qui une fois de plus réduit à néant les assertions selon lesquelles ce dernier se serait rendu coupable à son égard d'un quelconque larcin, ou de quelque malversation que ce soit.


Or, aux temps pas si lointains où Renée ou Reine Devaux devait signer son passeport pour se rendre dans un autre pays d'Europe, nous apprenons que celle qui fut, vraisemblablement comme son mari, institutrice dans la Somme, à Raincheval, s'est rendue en Angleterre, peu après le milieu des années 1920.

Fut-elle seule ou accompagnée, dans ce voyage, dont nous ignorons l'objet?

En tout cas il me paraît qu'il est intervenu entre la publication du Mystère des Cathédrales, et celle des Demeures Philosophales, autre ouvrage de Fulcanelli.


Et nous en arrivons au mari de Reine, Gaston Devaux (1881-1969), beau-frère donc de Julien Champagne, dont il épousa la soeur en 1910, l'année même où "Hubert" passa au service de Fulcanelli, Devaux qui n'est nul autre que le secrétaire présumé du dit Fulcanelli:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-5039674.html

Dès avant la publication de l'édition originale du Mystère, il semble bien, si l'on suit Robert Amadou, et même Eugène Canseliet, que ce dernier n'eut plus d'autre contact avec Fulcanelli, à partir du début des années 1920, et postérieurement bien sûr à la transmutation de Sarcelles en 1922, que par le truchement de Devaux.

Ce dernier paraît d'ailleurs avoir également servi de boites aux lettres avec Julien Champagne, si je ne me trompe pas, notamment vis-à-vis de René Schwaller. Quoiqu'il en soit, voici à ma connaissance la première photo publiée de cet homme des plus mal connus.



Mais pour cette fois terminons-en avec une publication des plus récentes, celles de l'essai si bien écrit et au titre si alléchant d'Hervé This: La sagesse du chimiste (L'oeil neuf, 2009).

Le distingué physico-chimiste nous y apparaît animé des meilleures intentions du monde, et puisqu'il est aussi, non seulement gourmet, mais gastronome, à ce qu'il apparaît, concédons-lui d'emblée que son petit livre est littéralement truffé ou si vous préférez entrelardé de réflexions subtiles, elles-mêmes étayées de faits des plus concrets.

Las, de cette charmante lecture, nous retirons l'impression très nette qu'il hésite à trancher entre ceux qu'il nomme les chimistes fous et les chimistes sages. Pire peut-être, il nous est apparu qu'il tend à confondre, peut-être intentionnellement, les uns et les autres. Et à ranger les alchimistes plutôt parmi les premiers...


C'est ainsi qu'après avoir admis très volontiers que le chimiste est sage, quand il sait l'histoire de sa science, nous lisons un peu effaré, il est vrai, que pour lui "le chimiste sage sait que sa science plonge ses racines dans l'alchimie, où la folie côtoie la sagesse." Mais en fait on s'aperçoit assez vite que dans son esprit, la science est d'invention récente...

Et plus précisément de Lavoisier et du XVIIIème siècle, pour ce qui concerne l'ancienne philosophie naturelle ou physique. Donc This en dépit de ses affirmations nous apparaît bien tout ignorer de l'Alchimie, dans son opuscule par ailleurs si intellectuellement stimulant.

Et c'est sans doute bien dommage, car cette Science aurait pu aider Hervé à répondre à cette question qu'il se pose à bon escient: "Serait-il fou de croire à une énergie vitale d'une nature qui échapperait à la chimie?"


Ou à cette autre: "Le chimiste est-il sage, quand le propre de sa science est la transformation de la matière?"



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Published by ARCHER - dans archer
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Salilus 18/08/2013 00:57


Bonsoir Archer,


Jean-Alexandre Champagne, le grand-père de Jean-Julien, déposa un brevet d'invention le 9 novembre 1843 pour des perfectionnements ajoutés à la construction des poëles dits calorifères.


Ce qui est intéressant dans ce document disponible sur la base de données de l'INPI


http://bases-brevets19e.inpi.fr/Thot/FrmLotDocFrame.asp?idlot=178556&idfic=0007542&resX=1920&resY=1200&init=1


c'est qu'il confirme une information donnée par le Courrier des hôtels et Guide du commerce réunis de 1872 sur la profession du grand-père de Jean-Julien : « fabricant
d'appareils à gaz » 155 rue Saint-Maur, à Paris.


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6205881f/f4.image.r=%22Jean%20Alexandre%20champagne%22.langFR


Mais, deuxième information encore plus intéressante, c'est qu'à l'époque, le nom de la famille était... « Champagne-Dit-Hubert ». Les généalogistes connaissent bien ces particularités
de patronymes appelées « alias » ou « surnoms ». Ils sont à l'origine utilisés pour différencier les branches d'une même famille. Parfois, l'alias peut se subsituer
définitivement au nom d'origine et devenir le patronyme définitif. L'alias figure parfois, sur les registres d'état-civil entre parenthèses après le nom principal.


Ici, l'usage a fait que l'alias a disparu entre le grand-père et le père de Jean-Julien mais qu'il est resté dans la mémoire familiale. C'est certainement la raison pour laquelle Reine appellera
toujours Jean-Julien « Hubert » (alors que lui-même signait de son prénom).


Autrement dit, ce qui a été pris pour un prénom chez Jean-Julien était en fait, à l'origine, une partie du patronyme complet porté par ses aïeux.


Amitiés,


Salilus


 

ARCHER 18/08/2013 09:09



Très intéressant, Salilus, tous nos remerciements amicaux.


http://www.genealogie.com/v4/genealogie/Search.mvc/SearchResult?name=Champagne%20dit%20Hubert&firstName=&period1=&period2=&countryId=0&departmentId=0&expended=false&withAlert=false&page=1&firstPageInPagination=1&sortField=1&advanced=false



Walter Grosse 31/03/2010 01:33



Cher ami,


Dans la merveilleuse et très belle recherche sur Alphonse Dousson, alias Dr Jobert, âgé de 58 ans en 1912:


http://www.archerjulienchampagne.com/ext/http://www.reinedumidi.com/rdm/Jobert.htm


nous pouvons voir que cet « alchimiste » est né en 1854 et, par conséquent, qu'il ne pouvait pas être, en effet, le vrai Fulcanelli décrit par Canseliet.


Fort curieusement, auprès de Voronoff, Julien Champagne s'est fait passer pour un alchimiste né en 1854...


Claude Clavenad est né en 1853, Alphonse Dousson, dit Jobert, est né en 1854!


Alors, Julien Champagne s'est fait passer pour un Alphonse Dousson et puis par Fulcanelli?


Quoi qu'il en soit, je vais faire de recherches pour trouver Alphonse Dousson au civil.


Avec mes remerciements, W.GROSSE



ARCHER 31/03/2010 08:13



Cher ami,


Le fait que Julien Champagne se soit fait passer pour Alphonse Jobert n'est pas établi actuellement à ma connaissance.


Je crois cependant me souvenir que Richard Khaitzine tient pour certain qu'il y a un lien direct entre Jobert et Champagne.


Voyez aussi sur Khaitzine et Jobert:


http://www.venusdailleurs.fr/images-venus/La_marche_du_fou_litteraire_Part_2.pdf



Walter Grosse 22/03/2010 19:34


Papus a admiré beaucoup les travaux de Clavenad, un illustre ingénieur, alchimiste, hyperchimiste, «franc-maçon du G»,  etc. En effet, il a été le premier à reconnaître, par la science
officiel, que les métaux sont des corps composés de deux principes élementaires, soufre & mercure, l'un cristalloïde, l'autre colloïdal, et que, par conséquent, on peut atteindre la
synthèse ou la transmutation des métaux en or à partir du sulfate de fer ammoniacal, dit alun de fer, FeNH4(SO4)2 12H2O, et en réduisant le fer par la nicotine C10H14N2, à l'état naissant...

D'ailleurs, ont été ses découvertes sur la dissociation de l'or ordinaire que lui ont permis de découvrir le soufre et le mercure des métaux.

Il était l'inventeur d'une thermo-balance qui a son nom, un appareil qui combine une balance avec un four pour mesurer la matière évaporée d'une substance en fonction de la témperature avec le
temps (thermo-mètre), etc.

Enfin, ses études sur la lumière, en aprticulier sur la nature des rayons X (dits rayons Roëntgen) ont été assez admirés par Papus :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5535312t.r=Clavenad.f23.langPT.hl

Enfin, Clavenad était le seul ingénieur alchimiste qui a côtoyé de près M. le diplomate et entrepreneur Ferdinand de Lesseps, sans oublier qu'il était aussi un métallurgiste (un vrai
Vulcanus devant les forges) : études de métallurgie dans l'Iron and Steel Institute, "Book on metallurgy", 1892, inventeur, etc.

Cordialement, W.GROSSE


ARCHER 23/03/2010 09:07


Démos et Walter Grosse, merci de vos commentaires si enrichissants. Artero cite Clavenad dans son Présence de Fulcanelli:

"Le feu externe n'est pas le feu vulgaire, il est double: céleste et terrestre. Il y a donc trois feux philosophiques.

Un seul renferme le pouvoir de multiplication; étant un, il ne peut être manifesté extérieurement; c'est là le feu interne, le feu secret, l'instrument de Dieu."

Ces phrases semblent extraites de la revue L'Hyperchymie de Jollivet-Castelot, et ont à l'origine été mentionnées par Pierre Pelvet, dans sa thèse sur L'alchimie au début du XXème siècle.

On voit bien au delà même de Clavenad combien il faut aborder le mouvement "hyperchymique" avec un esprit ouvert, et ne pas le...réduire à la spagyrie.

J'en profite pour lancer un petit appel: Je suis preneur du texte complet de la thèse de Pierre Pelvet: A votre bon coeur, messieurs dames!


Walter Grosse 22/03/2010 18:59


Démos, je vous remercie beaucoup de votre éloge sur mon ouvrage.

Voici ce que je sais sur M. Claude Clavenad:

1) D'après le registre de l'Ecole des Ponts et Chaussées, fichier Richard 4, il passe à la Compagnie du Canal de Panama le 21 janvier 1881 aux côtés de Ferdinand de Lesseps et puis, en congé, le
1er octobre 1883 il passe autrefois à la Compagnie du Canal de Panama.

Voici un texte sur Clavenad et M. De Lesseps au Panama :

http://www.scribd.com/doc/25578881/El-viagero-ilustrado-1881-N-6

En effet, Clavenad était connu, à l'époque, par l'ingénieur alchimiste... le seul ingénieur alchimiste aux côtés de Ferdinand de Lesseps...!

Né vers 1853 (j'ai trouvé trois dates de naissance de M. Clavenad dans les registres)... fort curieusement, Champagne s'est fait passer par Fulcanelli.. comme étant un alchimiste né vers
1853!!!

Enfin, Clavenad savait parler l'allemagne, l'anglais, l'espagnol... voisin du Chat-Noir, etc., etc., etc.

Clavenad défendait que l'étalon de la masse était le mètre, mètre étalon (au contraire de l'avis de Boscovitch).


http://www.google.pt/#hl=pt-PT&tbo=p&tbs=bks%3A1&q=M.+Clavenad%2C+son+%C3%A9talon+est+le+m%C3%A8tre%2C+et+nous+savons+%C3%A0+quelles+critiques+celui-ci+est+expos%C3%A9&meta=&aq=f&aqi=&aql=&oq=Clavenad+m%C3%A8tre&gs_rfai=&fp=842e44fd4a6a0b5a

Enfin,... beaucoup de coïncidences!

Cordialement, W.GROSSE


démos 22/03/2010 12:21


L'hyperchimiste en question est il Claude Clavenad que Mr Grosse cite dans son bel ouvrage.
Il est vrai que Clavenad né en 1853 fut ingénieur des ponts et chaussées. Il participa de fait aussi à la construction du pont gallièni à lyon.
L'almanach du magiste de Paus écrit: "Mr Clavenad, ingénieur des ponts et chaussées, a découvert le procédé de synthèse hermétique de tous les métaux y compris l'or. Voir ses écrit dans la revue
Hyperchimie."
Claude Clavenad s'interessa de près aux métaux et fit état de ses découvertes dans diverses revues scientifiques.
Personnage interessant mais trés méconnu. Il me semble qu'il publia certains articles dans les premiers voile d'isis.