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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 21:04


Ou 1908 de Champagne, puisque cette année-là "Hubert" parachève un traité d'alchimie, intitulé tout bonnement La Vie Minérale, écrit resté à ce jour non publié, et dont nous vous présentons donc, en ce jour de la Trinité, quelques extraits du début et de la fin.

C'est je crois pour l'instant la seule preuve évidente d'un intérêt précoce du peintre et dessinateur pour la science hermétique, même s'il est réputé avoir rencontré Fulcanelli dès 1905, et être passé en 1910 à son service. 1910, moment où il produit ses premières illustrations pour le Mystère des Cathédrales, année également où il réalise sa superbe composition du Vaisseau du Grand OEuvre...

Et puis voici enfin un Julien Champagne dont il est désormais impossible de prétendre qu'il fut un vulgaire copiste de traités anciens, pour ne pas dire un plagiaire ou pire encore. Comme pour l'heure nous ne savons rien de la genèse de ce manuscrit, en dehors du fait qu'il ne comporte pas d'illustrations, ce qui pourra sembler notable, et qu'il fut relié à une époque indéterminée, nous ne pouvons nous prononcer sur les motivations qui furent celles de l'artiste et alchimiste: Accession à un voeu exprimé par Fulcanelli?


Quoiqu'il en soit, l'essai de Julien Champagne se présente sous les auspices du clacissisme le pur, comme en témoigne son sous-titre...en caractères gothiques: Etude de Philosophie Hermétique et d'Esotérisme Alchimique. Voici bien une dénomination qui nous rappelle en outre fortement celles choisies pour leurs écrits par Fulcanelli et Eugène Canseliet.

Naturellement, Hermès, dieu éponyme des Philosophes, s'impose à notre attention d'entrée de jeu: "Revenez à vous même, vous qui marchez dans l'erreur, qui languissez dans l'ignorance; éloignez-vous de la lumière ténébreuse."

Puis aussitôt, et ceci me semble être très fulcanellien d'inspiration, il cède place à un savant plus proche de nous, l'illustre astronome et mathématicien Pierre-Simon Laplace (1749-1827), dont je vous laisse découvrir la leçon toujours actuelle de constante ouverture d'esprit et de soigneuse humilité, ainsi que de recours vigilant à une expérimentation qui reçoit également les faveurs de la pratique alchimique.


C'est le même Laplace, aujourd'hui réputé avoir déclaré à l'empereur Napoléon 1er qu'il n'avait que faire de l'hypothèse de Dieu, qui affirmait pourtant:

« Une intelligence qui, à un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée, la position respective des êtres qui la composent, si d’ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ces données à l’analyse, elle embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l’univers, et ceux du plus léger atome. Rien ne serait incertain pour elle, et l’avenir comme le passé seraient présents à ses yeux. »

A sa suite, ne soyons certes pas surpris de trouver, appelé à la rescousse de ses références concordantes par un Julien Champagne décidémment plus érudit qu'on ne le croyait, et cette fois dans le rôle de l'épistémologue, le génial visionnaire que fut aussi l'auteur du roman Notre-Dame de Paris, "écrit tout entier sous le charme de l'alchimie."


Puis l'auteur fonde très vite le début de son témoignage sur un certain nombre d'auteurs qui tous font partie du corpus traditionnel de l'alchimie occidentale: Artephius, Flamel, Philalèthe, Valentin entre autres figurent bien au nombre de ces "textes classiques" qui sous-tendront plus tard tout un traité d'Eugène Canseliet.

Mais si Champagne leur fait explicitement obédience, leur rendant un hommage mérité pour avoir perçu l'unité profonde de la matière, c'est qu'il s'est longuement appliqué à vérifier la véracité de leurs dires:

"Comme eux j'ai pu, à force d'étude, d'expériences laborieuses et de persévérance, me pénétrer de cette idée qu'un principe unique et primitif devait, en se diversifiant par évolutions et transformations successives, demeurer le véritable et seul créateur de toutes les substances du macrocosme." Celui qui s'exprime ainsi est bien devenu philosophus per ignem.


Champagne reviendra d'ailleurs sur cette même idée dans les toutes dernières lignes de son opuscule, qui cher Vérax comporte tout de même une bonne centaine de pages:

"Concentrer l'Energie minérale sous une Forme capable d'opérer la transmutation métallique; enchaîner l'enseignement philosophique aux opérations manuelles; rendre manifeste et tangible ce qui est occulte par les voies simples de l'expérience, tel est le but de la Science Hermétique."

Et de témoigner de sa certitude profonde que cet idéal est accessible, et fut atteint par nos anciens Maîtres: "Les Alchimistes, en se basant sur elle, ont atteint ce prodigieux sommet; ils ont cueilli - après combien d'efforts - la Rose Mystérieuse."



"Quelle splendide figure, remarquera Fulcanelli à propos de l'alchimiste de Notre Dame, que celle du vieux maître, qui scrute, interroge, anxieux et attentif, l'évolution de la vie minérale, puis contemple enfin, ébloui, le prodige que sa foi seule lui laissait entrevoir!" (Mystère des Cathédrales).

Et dans les Demeures Philosophales: "L'activité vitale, très apparente chez les animaux et les végétaux, ne l'est guère moins dans le règne minéral, bien qu'elle exige de l'observateur une attention plus aiguë. Les métaux, en effet, sont des corps vivants et sensibles...

Qu'est-ce que la dilatation et la contraction, sinon deux effets du dynamisme métallique, deux manifestations de la vie minérale? Pourtant, il ne suffit pas au philosophe de noter seulement l'allongement d'une barre de fer soumise à la chaleur, il lui faut encore rechercher quelle volonté occulte oblige le métal."


Voici sans doute pourquoi Julien insiste tant en définitive sur la nécessité de "l'observation constante, persévérante et raisonnée des phénomènes biologiques."

Je viens d'apprendre que Fabrice Bardeau est passé il y a quelques semaines. Naturopathe de profession, il fut aussi et peut-être d'abord alchimiste.

Nous lui devons en particulier nombre de volumes dignes d'intérêt, tels Les clefs secrètes de la chimie des Anciens (Laffont, 1975 et 1992) et la présentation d'une curieuse édition par Savary de l'Alchimie de Flamel du chevalier Denis Molinier (1989).



Dans son Présence de Fulcanelli, Artero rappelle qu'en 1978, Fabrice Bardeau participa à la défunte librairie parisienne La Table d'Emeraude à une alchimique conversation dont Eugène Canseliet fut un autre des acteurs.

Pour Eugène, on pouvait dire aussi à cette époque que l'alchimie connaît une sorte de renouveau, de renaissance. De ce renouveau et de cette renaissance, Fabrice, nous te sommes en partie redevables.

Bonne route sur ton nouveau chemin, et que notre Bonne Déesse t'ouvre tout grand ses bras secourables non moins que  maternels.

 

fabricebardeau.champagne




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Fabien 06/01/2011 18:45



Désolé pour la taille de police de mon précédent message...


Je resterai attentif à vos prochains articles, comme d'habitude. Concernant le manuscrit Yardley, pouvez-vous résumer en quels sens il est si intéressant, mis à part le fait que Julien Champagne
ait tout de même pris la peine de le traduire et de le présenter (ce qui n'est déjà pas peu pour vos lecteurs). De ce que vous en dîtes ici, je comprends qu'il s'agit surtout d'un particulier, bien que Julien Champagne semble penser que l'auteur
connaissait tout le processus du Grand-Oeuvre. Votre commentaire est-il basé sur la lecture du commentaire du manuscrit en question ?


N'allez pas penser que je méprise la valeur d'un particulier, quelqu'en soit la descrition, mais vous conviendrez comme moi qu'il ne peut constituer, à lui seul, une finalité dans le cadre
strictement alchimique. Je me méfie, peut-être à tord, des voies fascinantes et trompeuses. Champagne lui-même précise dans LVM que le temps est une des matières de l'oeuvre ... à ne pas
gâcher donc, comme il semble le sous-entendre dans votre citation sur ses expériences de jeune chimiste.


En tout cas, c'est un sacré filon que vous avez trouvé là ! Et je fais partie de ceux qui s'en réjouissent.


A quand une biographie extra-ordinaire de Julien Champagne ?!



ARCHER 07/01/2011 00:09



S'agissant des particuliers, Fulcanelli indique clairement qu'il en est deux sortes d'efficaces:


Les particuliers étant tous a priori spagyriques ou si on veut archimiques, il en est cependant qui sont sous-tendus par de pertinentes raisons philosophiques, autrement dit philosophales ou
alchimiques.


Peut-être faut-il ranger dans cette catégorie telle recette de Basile Valentin, si cher à Fulcanelli, ou celle de Yardley.


N'oublions pas que Fulcanelli mentionne dans son oeuvre le procédé de Yardley, et qu'en 1913, quand Julien Champagne s'intéresse à son texte, il connaît Fulcanelli depuis plusieurs années (1905)
et travaille pour lui depuis quelque temps (1910).


Ah, une bio de Julien Champagne, oui, excellente idée, évidemment.



Fabien 06/01/2011 17:26



Je profite de mon
passage sur votre blog pour vous souhaiter, à Archer et aux lecteurs, une excellente année 2011 !



Grâce à
vous, 2010 fut très riche en découvertes pour moi, avec la lecture de Présence de Fulcanelli (J. Artero), celle de Alchimie de Lesseps (J. Artero, encore :- ), et pour finir en
apothéose : La Vie Minérale (J.  Champagne, avec la complicité de … J. Artero et le B. Allieu).



Quel
délice, ce dernier ouvrage ! Quelle douceur cette couverture ! Quel respect et recueillement fait instantanément surgir la qualité de cette édition, chez celui qui la tient dans les mains ! Le
flacon y est aussi beau et agréable que la savoureuse liqueur qu'il contient. On peut y découvrir -”dans le texte”- un Champagne parfaitement au fait de l’hermétisme alchimique, qu’il expose avec
une simplicité et une cohérence rarement rencontrée ailleurs, bien que ce soit une oeuvre de jeunesse...


Certains passages
ne sont pas sans rappeler quelques paragraphes des premiers chapitres des Demeures, hormis le nécessaire voile didactique qui semble ne pas y avoir sa place, et qui est remplacé par une
prudente et humble discrétion. On est loin du diabolique Champagne décrit dans certaines enquêtes.



Je ne
sais pas ce qu’on connaît de plus sur les conditions dans lesquelles Champagne a écrit son texte, ou la préface de J. Artero relate-t-elle tout ce qu’on sait sur le sujet  ? Et Quid des
circonstances de la découverte de ce manuscrit ? Y a-t-il d’autre découvertes sur le feu ?

Ah !
Archer, pourriez-vous transmettre mes voeux à Jean Artero ? Je sais que vous avez souvent l’occasion de le rencontrer.


Virtuelles amitiés
!


Fabien.



ARCHER 06/01/2011 18:15



Merci Fabien, bonne année également. Je ne doute pas que Jean Artero lise vos compliments et y soit très sensible.


Pour le reste, vous avez bien choisi l'article qui abrite désormais votre commentaire. On envisage d'ailleurs de revenir prochainement sur ce blog sur la parution de La vie minérale. A ma
connaissance le manuscrit provient tout simplement de la famille de Julien Champagne.


Je ne saurais préjuger d'autres découvertes toujours possibles, mais de toute façon nous pensons qu'il serait bon également de faire éditer le manuscrit Yardley. Cela devrait prendre au moins
quelques mois, c'est un beau mais gros travail.


Amicalement


 


 


 



limojon 13/08/2009 17:09

champagne nous dit :"J’ai dit que les minéraux, tout comme les êtres organisés vivaient. Si leur évolution paraît entravée ou suspendue, elle n’est point supprimée et dès que cessent les circonstances opposées au développement minéral, l’accroissement reprend aussitôt."cela dénote d'une très grande connaissance du règne minéral et métallique !!comment peut-on parler de croissance métallique si nous ne l'avions pas observée.limojon

ARCHER 14/08/2009 12:31



Exactement Limojon et je ne saurai mieux dire. Plus encore que dans le manuscrit Yardley, il me paraît comme à vous que Julien Champagne avec La Vie Minérale se présente bien à nous comme un
alchimiste opératif.

Dans l'attente de la publication de ce dernier manuscrit j'espère pouvoir prochainement en donner à chacune et chacun un nouvel aperçu, qui nous permettra peut-être de nous en convaincre encore
davantage si besoin est.

Je voudrais qu'il nous permette également de mieux appréhender la grande proximité d'"Hubert" avec la pensée de Fulcanelli (et non son identité avec lui).



Christer Böke 21/07/2009 22:42

What a great discovery! This most important document should be published somehow. In the meantime, I think you would satisfy a lot of the readers of this blog, if you wrote a short summary of the content. I mean, what specific ideas did Champagne have regarding the performance great work? Must be possible to get a rather good picture, although I share your opinion that his views might very well have changed later on because he was at the time only 30 years old. For example, the relevance of spiritus mundi as continually stressed by Fulcanelli, rejection of certain matters (antimony, universal solvent is a fixed matter non violatile) etc. Cordiallement,Christer Böke  

ARCHER 23/07/2009 13:26



God Dag Christer

Comme on semble désormais s'acheminer vers une publication de ce manuscrit, je suppose d'ici à quelques mois, et du fait que je n'ai pas actuellement accès à la totalité de son texte, je
crois que le mieux que je puisse faire est de vous en donner une idée de la philosophie générale, et ce à l'aide des quelques citations suivantes:

"Il serait nécessaire que les champions de notre officielle chimie puissent opposer aux vieux principes de solides raisons et mettre en présence de l’Alchimie renaissante une
science positive sans accrocs ni lézardes. Tel n’est pas le cas."


"Comment peut-on croire que la Nature, dans son unité, puisque la théorie d’une matière unique prévaut à l’heure actuelle, en sa pure harmonie et son extrême simplicité, ait refusé aux composés
d’énergie désignés sous le vocable de minéraux, ce que l’énergie composante possède ?"


"Les minéraux, aussi bien que les êtres organisés, ont en eux leur propre semence."


"J’ai dit que les minéraux, tout comme les êtres organisés vivaient. Si leur évolution paraît entravée ou suspendue, elle n’est point supprimée et dès que cessent les circonstances opposées au
développement minéral, l’accroissement reprend aussitôt."

Cordialement,



Amandus 16/07/2009 18:01

Archer, vous apportez là une information nouvelle : ainsi selon vous ce texte est resté dans le possession de Champagne ? La Vie minérale est restée dans la bibliothèque de Champagne toute sa vie durant ? Voilà qui changerait effectivement la perspective.Concernant Poisson et Jollivet-Castelot, je parlais de réalisations pratiques, au laboratoire. Je ne leur enlève rien du côté de la théorie, dans la mesure où ils connaissaient bien sûr les vieux auteurs.Concernant le ton péremptoire (ou du moins très sûr de lui) de Champagne, on le retrouve dans ses Observations et remarques du manuscrit Yardley, écrites 5 ans plus tard, En effet Champagne y affirme qu'il connaît opérativement le Grand-Oeuvre de l'Alpha (préparation du Mercure) jusqu'à l'Oméga (obtention du Soufre)...

ARCHER 16/07/2009 19:54


Amandus, il resterait à prouver que ni Poisson ni Jollivet n'ont connu de réussite au laboratoire, ce qui à mon avis s'annonce difficile.

Pour en revenir à Champagne, je vous accorde volontiers qu'il affirme discourir en connaissance de cause. Je ne trouve pas cela critiquable.

Sur l'alpha et l'oméga, j'ai été interpellé par votre lecture du texte du manuscrit Yardley, la mienne est que Julien dans ce passage fait état de sa connaissance théorique du début et de la fin de
l'OEuvre.

Un peu comme Eugène Canseliet affirmant que depuis 1952 il sait la totalité du processus alchimique.

Comme vous savez, c'est très probablement nécessaire, mais pas forcément suffisant.

Oui, mon impression actuelle est qu'"Hubert" a conservé par devers lui La vie minérale et le Yardley jusqu'en 1932.