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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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30 avril 2006 7 30 /04 /avril /2006 12:08


Nous voici de retour à Amiens, et cette fin avril, et bientôt ce début de mai, me semblent également propices à une étude de la rosée du ciel ou rosée des philosophes.

C'est précisément le thème de la planche XXVI de l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, illustré par Julien Champagne et il m'est apparu que l'occasion était idoine également pour confronter le dessin de notre cher "Hubert" au cliché correspondant et postérieur de Pierre Jahan (planche XXXVII), d'où bien sûr les deux illustrations de ce post.

Un alchimiste ami de Provence vient de m'expliquer par téléphone que la récolte de rosée a été décevante cette année au Bélier, j'espère pour lui et pour ses frères qu'après les "saints de glace" elle sera abondante au Lion.


Mais commençons par rappeler et la description et le commentaire de Fulcanelli sur ce motif:

"Le maître anonyme qui sculpta les médaillons du porche de la Vierge-Mère a très curieusement interprété la condensation de l'esprit universel;

un Adepte contemple le flot de la rosée céleste tombant sur une masse que nombre d'auteurs
ont prise pour une toison.

Sans infirmer cette opinion, il est tout aussi vraisemblable d'y soupçonner un corps différent, tel que le minéral désigné sous le nom de Magnésie ou d'Aimant philosophique.

On remarquera que cette eau ne tombe pas ailleurs que sur le sujet considéré, ce qui confirme l'expression d'une vertu attractive cachée dans ce corps, et qu'il ne serait pas sans importance de chercher à établir."

Cette rosée céleste est-elle simplement la rosée d'avril ou de mai? Il ne semble pas, si l'on en croit Eugène Canseliet, qui précisera en 1945 puis en 1979 dans ses Deux Logis Alchimiques:

"La terre alchimique, en effet, si elle doit être abondamment arrosée, ne deviendra féconde, qu'après avoir été tout aussi copieusement abreuvée de l'esprit astral et humide que les auteurs dénomment rosée céleste.

Beaucoup se méprennent sur la réelle signification de cette manne, et n'hésitent pas à effectuer, sans prendre garde au caractère de similitude, l'opération banale que montre la quatrième planche du Mutus Liber."

De ce dernier livre, le même Canseliet nous a donné en 1967 une somptueuse édition, où il loue en particulier le médecin genevois Jean-Jacques Manget, son prédécesseur sur ce point, d'avoir écrit de façon certes sibylline:

"L'esprit de rosée de mai est préparé de la manière suivante. Prends une quantité suffisante de rosée ou de pluie de mai, ou semblablement de neige qui, recueillies, tiennent de mars ou du début d'avril et distille leur esprit par le mode ordinaire.

Spiritus roris maialis paratur sequenti modo. Recipe roris aut pluviae maialis, aut itidem nivis exeunt Martio aut ineunte Aprili collectae q.s. ex iisque modô ordinariô spiritum destilla."

Puisque nous sommes à Amiens mentionnons enfin du même Canseliet, cette fois dans son Alchimie expliquée sur ses textes classiques (1972) la relation faite d'une expérience faite au XVIIIe siècle par un médecin amiennois nommé Gosset.

Gosset fut profondément impressionné par la phrase qu'il avait lu dans le volume de Van Helmont, qu'il reproduisit dans le sien:

"Arte didici rorem saccharo esse divitem & multis morbis opitulantem.

Par l'art, j'ai appris que la rosée est riche en suc et remédiant à de nombreuses maladies."

Vive donc le latin, langue vivante et non morte, comme d'ailleurs le grec ancien et de toujours.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-et-la-rosee-du-ciel-35788076.html

 




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cosy ray 02/05/2006 18:27

Sachant l'influence de R. Roussel sur Duchamp, que pensez-vous de  cette anecdote que nous rapporte Fernand Léger et qui nous laisse perplexe ?:  " Avant la guerre de 14, je suis allé voir le salon de l'aviation avec Marcel  Duchamp et Brancusi. Marcel, qui était un type sec, avec quelque chose d'insaisissable en lui, se promenait au milieu des moteurs, des hélices sans dire un mot. Puis tout à coup, il s'adresse à Brancusi: c'est fini la peinture, qui ferait mieux que cette hélice? dis, tu peux faire ça?" "
Bien à vous. Ray
 

ARCHER 02/05/2006 23:28

A part le moteur à hélice de Julien Champagne, et cher à RR, à part le fait que l'hélice est un beau symbole et de l'infini (comme le huit) et également de ce plus lourd que l'air réputé impossible par la science officielle il y a à peine un siècle,A part le lien que j'ai trouvé et qui confirme votre anecdote:http://www.rectoversion.com/contact_lapage23.htmA part le fait aussi que Julien Champagne nous est témoin que Marcel Duchamp s'est un peu avancé et que la peinture n'est pas morteA part cet autre fait que décidément Constantin Brancusi, ami de MD, a été marqué par la troisième dimension:http://www.reds.msh-paris.fr/publications/revue/html/ds034/ds034-09.htmje ne vois pas...comme dirait Cyrano, je donne ma langue aux oiseaux.

cosy ray 02/05/2006 01:43

Puisque vous nous entretenez de la rosée sur la végétation du champ et, d'autre part de Saint Marcel, nous vous proposons , pour donner suite à notre dernière intervention sur l'influence de Champagne, de plonger sans crainte dans l'art osé de Rrose Sélavy.
Notre artiste et grand joueur d'échecs fut lui aussi un admirateur passionné de Raymond Roussel. Arturo Schwarz, entre autres, a écrit plusieurs études sur l'alchimie dans l'oeuvre de notre Richard Mutt .(l'homme aimait décidément les pseudonymes). Il existe bien une lettre, envoyée en 1967 à Jacques Van Lennep, qui dit  son désintérêt pour l'ésotérisme, mais attention,  nous avons là  un être encore plus complexe que son ami Salvador qui, dans le genre, n'était pas mal du tout. Les Duchampions, pour qui le mot alchimie équivaut à stupidité, devraient y aller voir d'un peu plus près.
Par ailleurs, savez-vous que Jacques Van Lennep a aussi une activité de peintre et plasticien fort intéressante et bien amusante  dans laquelle nous retrouvons souvent sa grande érudition d'historien de l'alchimie.
Quittons pour le moment Rrose Sélavy et les arroseurs arrosés et  en ce 1er mai , recevez un virtuel et modeste brin de muguet qui, nous espérons vous portera chance dans vos recherches.
                                            R

ARCHER 02/05/2006 08:04

L'alchimie, mais c'est le surréalisme même. Duchamp Marcel, comme RR passioné d'échecs et inventeur de RRose C'est La Vie et Richard Mutt, le premier étant d'ailleurs également cher à Desnos, voilà qui ne manque pas d'R!Je ne connais pas ces études d'Arturo Schwartz. Y a t il dedans des références à Julien Champagne?Si j'ouvre Vingt ans de surréalisme de J.Louis Bédouin (1961) je vois en tout cas que "le surréalisme est en un certain sens le fil d'Ariane lui-même", André Breton n'aurait pas dit mieux.Et aussi que "l'oeuvre de Duchamp est à coup sûr l'une des plus énigmatiques que l'art du XXème siècle ait produites à ce jour".Vous me parlez aussi de Van Lennep, il y a encore Cattiaux, Camacho...; Julien Champagne a t il connu  ou eu une influence sur ces artistes ou sur d'autres?Puisque votre post aéré et aérien nous renvoie au R, moitié de la note RE, permettez moi de vous citer un petit poème que Khaitzine a trouvé en s'intéressant à l'entourage de Pierre Champion, évoqué dans mon sujet sur Jean Schemit:R est une lettre qui graigneDe félonie adès engraigneSans R ne puet on nomerRiche mauvais ne renomerLa mauvaiseté de son vil losEt aultres ciens vient pour prendreSans R ne le peut défendre.Et merci pour votre brin de muguet, que je vous retourne, avec son odeur suave, sinon de sainteté, du moins d'alchimie.