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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 18:30


De la famille de Julien Champagne, nous savions jusqu'alors peu de chose. Certes nous l'avions rencontrée en 1932 au moment de ses obsèques:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-2357896.html

C'est ainsi que nous avions dès lors pu apprendre qu'"Hubert" a eu un frère, Félix, et une soeur, Renée.  Cette dernière joua d'ailleurs un rôle actif à la fin de la vie du peintre, puisque nous l'avons vu intervenir au moment où René
Schwaller, ami de ce dernier, offrit de payer le monument funéraire du dessinateur de Fulcanelli:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-4464119.html

Renée (Reine-Marie, 1887-1955) fut institutrice dans un village de la Somme, de même que son époux, Gaston Devaux, qui passe en outre pour avoir été le ou un secrétaire de Fulcanelli:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-5039674.html


Et Félix, me direz-vous? Et bien son acte de naissance, opportunément "inventé" par Walter Grosse, nous apprend qu'à l'état-civil nous avons ici affaire en fait à Alfred Alfonse Félix, né en 1878 un an après son frère aîné, et décédé en 1960.

Et peut-être surtout voici grâce à Quinze quelques clichés émouvants qui sur ces noms nous permettent enfin de mettre des visages.

La première des ces photographies a été prise en 1894 à l'occasion d'un pique-nique dans la forêt de Saint Germain en Laye.

Nous y trouvons la maman de Julien et ses trois enfants. Notre artiste, alors âgé de dix-sept  printemps, y tient la vedette.

Les autres épreuves sont hélas non datées, mais visiblement postérieures.


Sur la première, Renée est assise devant Julien Champagne, qui porte déjà moustache, affiche une mêche rebelle, et avant tout semble bien décidé à porter sur la réalité mondaine un authentique regard de voyant.

La seconde est une photo de groupe, sans doute encore moins ancienne, où d'après Quinze figurent non seulement la mère de Julien et René et également ces derniers, mais aussi les enfants de Félix, Roger et Madeleine.

Quinze nous a fort aimablement précisé que vers cette époque (1880-1890) la famille Champagne a habité à Levallois Perret, plus précisément au 35 de la rue Gravel.

Il nous a judicieusement indiqué également qu'en ce temps là il était fréquent que le patronyme usuel ne fût pas exactement celui indiqué sur les actes administratifs.

Voici, me semble-t-il un éclairage intéressant apporté à l'usage par Hubert, Félix et Renée d'un prénom qui ne réflétait pas tout à fait celui de leur état-civil.


L'excellente libraire troyenne d'érudition Le trait d'union de Florence et Alain Hatier doit pour sa part être louée d'avoir en juillet 2008 choisi pour orner la couverture du dernier en date de ses catalogues la reproduction d'un dessin que n'eût certes pas désavoué Julien Champagne.

Cette charmante esquisse est extraite du rare volume intitulé Les enseignes de Paris, gravées à l'eau-forte par Jean-Jules Dufour (Paris, Le Goupy, 1924 et 1925).

Réunies en deux tomes, les 1ère et 2ème série en sont commentées par François Boucher, du musée Carnavalet.

La dite couverture nous renvoie tout droit au passage des Demeures Philosophales où bien avant Georges Pillement, qu'Eugène Canseliet loua à juste titre pour ses ouvrages salvateurs, Fulcanelli s'insurge à bon droit contre certaines destructions intempestives du vieux Paris, qui compta et compte toujours fort heureusement tant de logis hermétiques:


"Nous ne blâmerons jamais assez ceux-là, écrit donc l'Adepte en son chapitre consacré au merveilleux grimoire du château de Dampierre, qui, cachés et tout-puissants, décidèrent à Paris l'inexplicable destruction de la très vieille rue des Nonnains-d'Hyères, laquelle ne s'opposait en rien à la salubrité et offrait la remarquable harmonie de ses façades du XVIIIème siècle.

Ce vandalisme, perpétré sur une grande échelle, a entraîné la perte de l'enseigne curieuse qui ornait, à hauteur du premier étage, l'immeuble sis au n° 5, à l'angle de l'étroite rue de l'Hotel de Ville, jadis de la Mortellerie.

Dégagé de la pierre en ronde bosse, le motif de grandes dimensions, qui avait gardé ses couleurs d'origine, montrait un rémouleur dans son costume d'époque: tricorne noir, redingote rouge, et bas blancs. L'homme s'appliquait à aiguiser le fer, devant sa robuste brouette, mettant en activité les deux éléments majeurs, c'est-à-dire le feu caché de sa meule et l'eau rare qu'un gros sabot semblait dispenser en mince filet."


Et le Maître incomparable d'aussitôt commenter ainsi l'ouvrage du noble et humble gagne-petit: "La meule est l'un des emblèmes philosophiques chargé d'exprimer le dissolvant hermétique...Les alchimistes du moyen âge se servaient du verble acuer (aiguiser) pour exprimer l'action qui donne au dissolvant ses propriétés incisives.

De cet ouvrage, quel est le maître? Evidemment celui qui aiguise et fait tourner la meule, c'est-à-dire le soufre actif du métal dissous."

Mais ne quittons pas les Demeures Philosophales sans mentionner une nouvelle et heureuse initiative des éditions Oriflamme, de Bâle en Suisse, qui grâce à Martin Steiner à qui nous devons déjà entre autres l'édition germanophone du Mystère des Cathédrales, nous proposent désormais en souscription jusqu'à la fin du mois prochain la traduction en allemand de l'autre chef d'oeuvre de Fulcanelli.

L'adresse mail figurant sur le bon de commande est la suivante:
polydor@vtxmail.ch

La livraison était prévue pour intervenir dès le mois d'octobre 2008. Ce livre est désormais paru:

http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/fulcanelli/wohnstatten-der-adepten,25322727.aspx



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Published by ARCHER - dans archer
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commentaires

Trevisano 18/03/2011 15:51



Cari francesini, che senso ha magnificare un soffiatoraccio oscuro e ubriacone come Champagne ? Non era degno neanche di allacciare le scarpe a Schwaller De Lubicz.


E basta col mito Fulcanelli : non è mai esistito. Nessuno è riuscito SERIAMENTE a smentire il lavoro della Dubois.



ARCHER 19/03/2011 19:12



Cher ArtGauth, nous vous savons gré de ces précisions.


 


Cher Trevisano, merci de votre intervention si percutante, dont je propose ci-après une traduction que j'espère pas trop fautive:


 


"Chers amis français, quel sens cela a-t-il de magnifier un chapardeur obscur et un ivrogne comme Champagne? Il n'était pas digne de lacer les chaussures de Schwaller de Lubicz. Et puis cela
suffit avec le mythe Fulcanelli: Il n'a jamais existé. Personne n'a réussi a SERIEUSEMENT démentir le travail de (Geneviève) Dubois."


 


J'espère que vous nous pardonnerez de ne pas être du tout de votre avis, et de nous réjouir de savoir que nous sommes en cela en phase avec nombre de nos amis italiens, comme Max ou Nemo.


 


Le travail de Dubois sur Fulcanelli est excellent, mais il a été publié en 1992 (en France du moins). Depuis, de nouveaux faits sont apparus, notamment à la lumière de ce blog, débuté en 2006, et
de ses 265 articles à ce jour. Sur Fulcanelli voyez également l'ouvrage de Jean Artero (2008, réédité en 2011).


 


Ils nous conduisent à révoquer en doute l'image simpliste de Champagne telle que vous l'évoquez, et rien à ce jour n'est au demeurant venu démontrer que cet artiste était ni un ivrogne ni un
chapardeur: Vous en restez aux "on dit."


 


Je suis loin d'être persuadé d'ailleurs que Geneviève Dubois partage en ce moment votre vision négative, et de Champagne, et du "mythe Fulcanelli."


 


Champagne a été l'illustrateur de Fulcanelli, et aussi (entre autres) l'ami de Schwaller. Cette amitié ne s'est à notre connaissance jamais démentie, même après le décès de Champagne, donc votre
allégation sur la nature de la relation Schwaller-Champagne nous semble sans fondement.


 


En outre, Champagne a été un alchimiste de qualité, notamment pour la réflexion qu'il a conduite sur l'alchimie, comme le montre son essai sur La Vie Minérale, désormais publié.


 


Enfin, dire que Fulcanelli n'a pas existé pourra paraître totalement irrationnel de nos jours, alors que son oeuvre témoigne du contraire, et qu'il est bien peu probable à son examen qu'elle
n'ait pas eu un géniteur, qui ne peut être ni son rédacteur (Canseliet), ni même son illustrateur (Champagne).


 



Artgauth 10/01/2011 14:11



Ces mentions du Rémouleur de Paris me rappelle l'anecdote suivante: c'est Richard Khaitzine lui-même qui, en 1997 à travers une promenade dans le Paris alchimique organisée par la société
Atlantis, nous fit découvrir l'enseigne du Rémouleur au coin de la rue Fourcy.


Or d'après Khaitzine, cette enseigne alchimique était parlante et montrait le moyen de faire apparaître l'Etain Sel. Le reste du parcours parisien fut ainsi basé sur ces références à
l'Etain. Nous y vîmes des tableaux d'un artiste appelé d'Estaing, dans l'église Saint Paul-Saint-Louis je crois. C'est là aussi que nous avons pris cette photo où l'on voit les
anges décrire par la position de leurs bras les lettre L-U-X:





Poour l'anecdote, c'est cette promenade illuminée, dont le Rémouleur fut le guide, qui nous inspira alors à créer le site http://artgauth.regnabit.com et à y traiter du symbolisme de la lumière, de la langue des oiseaux, et d'autres demeures philosophales, à Paris et
ailleurs...



cosyray 31/08/2009 09:50

Le rémouleur décrit par Fulcanelli est visible sur ce site:http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://parisavant.com/images/enseigne%2520rue%2520des%2520nonnais%2520dhyeres%25201a.jpg&imgrefurl=http://parisavant.com/index.php%3Fshowimage%3D645&usg=__0QyFYG7EafVEuJHegzunLp6b-a4=&h=500&w=310&sz=127&hl=fr&start=13&um=1&tbnid=fBtMpomWu_ED2M:&tbnh=130&tbnw=81&prev=/images%3Fq%3Dremouleur%2Brue%2Bde%2Bjouy%26hl%3Dfr%26sa%3DN%26um%3D1Peut-être retournera-t-il rue de l'Hôtel de Ville car celui de Raymond Roussel nous dit en 1904 dans "La Meule" (Têtes de carton du carnaval de Nice ) :"JE REPASSE....tous les jours par les mêmes rues".

ARCHER 02/09/2009 22:53


Merci Cosy Ray. Nous recevons ici grâce à vous la reproduction d'une belle carte postale ancienne représentant effectivement le rémouleur en question:

http://parisavant.com/images/enseigne%20rue%20des%20nonnais%20dhyeres%201a.jpg

Et comment ne pas penser à votre suite, non seulement à La meule de Raymond Roussel, mais aussi à cette citation extraite de Fulcanelli (Demeures Philosophales) qui s'y rapporte également, à mon
avis de façon presque directe, ou pratiquement d'évidence:

"Retourne, et je reviendrai." REVERTERE.ET.REVERTAR.

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3690212.html



cosyray 13/10/2008 20:37

"Bournet-Aubertot, fondateur au milieu du XIXe siècle du commerce de toiles "Au gagne-petit",se serait-il inspiré du sujet de la rue de la Mortellerie, quand il commanda en 1878 l'enseigne qu'on voit encore sur la façade de son ancien magasin, au numéro 23 de l'avenue de l'Opéra? On y voit l'artisan au travail, dans un paysage de forêts. Il n'y a là ni sabot ni verre, l'eau s'écoule d'un simple pot de terre, mais le rémouleur porte un chapeau garni d'une large plume qu'on prendrait, à s'y méprendre, pour le "pétase" ailé d'Hermés. " nous écrit Bernard Roger dans "Paris et l'alchimie" page 203 avec une belle photo de ce rémouleur.Et n'oublions pas le char du grand rémouleur qui apparait 3 fois dans le défilé du carnaval de Nice dans" La doublure"(chers Messieurs Artero et Archer) de Raymond Roussel.

ARCHER 18/10/2008 19:46


Bernard Roger a publié un bien beau livre et son Paris et l'alchimie (Alta, 1980) reste à mon sens un document de référence sur les alchimistes et les demeures philosophales de la capitale
française.

Je pense qu'il a raison en rapprochant les deux rémouleurs, celui du "siècle des lumières" et celui du suivant.

Voici d'ailleurs un lien vers une photo de ce dernier qui est disponible en ligne:

http://flickr.com/photos/10699036@N08/2364109030/

Quant à notre cher Raymond Roussel...Connaissez-vous l'ouvrage de Marie Colombet, intitulé L'humour objectif (Publibook, 2008). Le titre en plait beaucoup à Artero, féru de Pierre Dac comme il
est.

Et le sous-titre de cet imposant volume devrait vous plaire également: Roussel, Duchamp "sous le capot".

Petit extrait étincelant:

"La Doublure n'est pas seulement le roman d'un monde double. Roussel préfère la meule du rémouleur à la roue de la fortune, introduisant le temps au sein du langage et avec lui l'usure (le
remoulage avec ses étincelles).

Rimailleur, rémouleur, il n'y a qu'un pas. C'est cette étincelle que Roussel, après La Doublure, va essayer de provoquer pour son propre compte, avec le procédé qu'il apparente à la rime:

"Puisque dans les deux cas il y a création imprévue due à des combinaisons phoniques, et que dans les deux cas il s'agit de repasser par les mêmes sons", comme le rémouleur par les mêmes rues."

http://www.publibook.com/boutique2006/detailu-3872-PB.html


Walter Grosse 31/08/2008 06:41

Merveilleux, formidable. Le photographe était Alphonse Hubert Champagne, père de Julien, Félix et de Reine-Marie...!La photographie où nous pouvons voire Reine-Marie est très intéressante.Peut-être un jour soit possible de trouver aussi des photos de Gaston Devaux, etc.Merci beaucoup de partager ces découvertes avec nous.Cordialement, Fulgrosse

ARCHER 03/09/2008 13:34


Fulgrosse, un grand merci pour cette appréciation. Je suis d'accord avec vous, l'auteur de ce cliché de pique-nique des trois enfants Champagne et de leur maman est très probablement le papa.

Comme on en veut toujours plus, effectivement, pourquoi ne pas rêver de recueillir des informations et documents complémentaires sur cette belle fratrie? Félix nous reste presque inconnu, en
particulier.

Quant à Reine (Renée) je me suis laissé dire récemment qu'elle se serait rendue on ne sait trop quand en Grande-Bretagne avec son mari Gaston, et ce à la demande d'"Hubert": recherche de
documentation?

Enfin s'agissant de Gaston justement, je partage votre souhait, et même j'espère pouvoir un jour prochain le satisfaire:

Devaux ne passe-t-il pas pour avoir été secrétaire de Fulcanelli?

http://www.archerjulienchampagne.com/article-5039674.html