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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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18 août 2006 5 18 /08 /août /2006 19:30

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Dans son Fulcanelli, qui suis-je? paru en 2004 chez Pardès, Patrick Rivière, considérant Julien Champagne, "à l'équivoque personnalité", ne réfute pas l'hypothèse selon laquelle Louise Barbe aurait servi de modèle à notre peintre pour son tableau Le Vaisseau du Grand OEuvre, réalisé en 1910 (voir notamment mes posts Champagne et Julien Champagne du 30 janvier 2006, Champagne et Louise Barbe du 31 janvier 2006, et Un modèle de Champagne du 12 février 2006).

Mais il présente une alternative. Parmi les relations d'Irène Hillel-Erlanger, figurait, outre Louise Barbe, "l'actrice Mme Roggers, épouse de l'écrivain Claude Farrère, auteur entre autres, d'un curieux roman sur la prolongation de la vie: La Maison des Hommes vivants."

Dans une phrase...alambiquée, il me semble qu'il considère que cette Mme Roggers aurait pu elle aussi poser "nue, investie du rôle de la Pierre Philosophale parée de mille feux scintillants et dans un cadre où le symbolisme alchimique transparaît puissamment. Portant en son front le diamant étincelant de Grâce, elle exerce néanmoins par sa nudité troublante la fascination érotique que suscitait la comtesse Véra".

Rivière fait bien sûr ici référence aux Voyages en kaléïdoscope d'Hillel-Erlanger, où Véra symbolise le siècle, pour faire simple, et Grâce l'éternelle alchimie.

Je n'ai pas trouvé mention de cette possibilité dans un ouvrage similaire et antérieur du même auteur, Fulcanelli, Vecchi, 2000.

 

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Il m'a semblé que cette proposition méritait examen. J'ai donc cherché à me documenter sur cette Mme Roggers, en fait Henriette Rogers, et j'avoue qu'en examinant les trois portraits joints qui sont tous de Paul Nadar, vers 1904, je suis resté et je reste dubitatif.

Personnellement je trouve que notre actrice d'Henriette ressemble au moins autant à la dame du tableau que celle photographiée comme étant Louise Barbe. Eugène Canseliet dans ce cas se serait trompé, et pourquoi pas: Errare humanum est.

Je vous propose à ce stade de vous fournir sous peu d'autres vues de Roggers, que j'espère pouvoir accompagner de nouveaux documents sur le Vaisseau du Grand OEuvre, ainsi la comparaison sera plus aisée.

Mëme si un doute subsiste, dans l'intervalle, et éventuellement au-delà, je n'écarte donc pas du tout, pour ma part, la possibilité que Julien Champagne ait utilisé les "services" d'Henriette Roggers, que ce fût pour Le Vaisseau du Grand OEuvre ou, disons, en d'autres occasions.

Mais qui était Mlle Roggers, puisque dans la collection Nadar elle apparaît alternativement comme Mme et Mlle?

 

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Henriette Roggers (1881-1950) est loin d'être une inconnue des planches françaises et même internationales.

D'une jeunesse tumultueuse probablement, je retiendrai qu'elle eut vraisemblablement une liaison avec notre toujours sémillante et quasi-universelle Nathalie Clifford Barney, et passe aussi -nobody's perfect- pour avoir été la maîtresse de Maxime Gorki.

Sa carrière d'actrice parisienne n'a certes pas été de second plan. Dès 1901, elle apparaît à L'Oeuvre dans Le Roi Candaule, d'André Gide. En 1903, Nozière écrit un article sur elle dans la revue Le Théatre.

En 1904, année où Nadar la photographie, elle joue dans Maison de Poupée, d'Henrik Ibsen, toujours à l'OEuvre. Tiens, habile transition avec mon dernier post, le metteur en scène est un certain Maurice Prozor. En 1906, elle fait la couverture de La revue théatrale.

En 1907, elle a migré au Théatre de la Renaissance, où elle joue Samson d'Henry Bernstein  avec le père de Sacha, Lucien Guitry; et en 1908 Le Théatre, sous la plume de Sée, lui consacre un nouvel article.

Elle accompagne Lucien Guitry lors de l'inauguration du théatre brésilien de Rio de Janeiro en 1911.

Toujours en 1911, elle apparaît - belle fidélité - avec le même Lucien Guitry au Théatre français, dans Le tribun, de Paul Bourget. En 1912, encore un article du Théatre...

En 1919, elle se marrie avec l'homme de lettres Claude Farrère, que nous évoquerons plus loin.

Elle a été brièvement pensionnaire de la Comédie Française (1923-1934). Nous avons donc affaire en la personne d'Henriette Roggers à une "théatreuse" de renom, photographiée non seulement par Nadar, mais aussi par d'autres artistes connus, tels Reutlinger, Sanitas, ou Paul Boyer, particulièrement dans la période 1902-1908.

En 1910, on peut dire par conséquent qu'elle est une "star", ou eût préféré Eugène Canseliet une véritable étoile, certes pleine de grâce.

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Disons aussi tout de même quelques mots de l'heureux et courageux mari de cette femme adulée.

Claude Farrère (1876-1957) est loin d'être un inconnu lui aussi, puisqu'au grand dam de François Mauriac d'ailleurs, il fut élu "contre" Paul Claudel à l'Acédémie Française.

Il est donc Immortel! Né Frédéric-Charles Bargone il fut d'abord officier de marine, puis démissionna à l'issue de la première guerre mondiale, l'année de son mariage.

Dès avant la guerre, il avait cependant publié plusieurs romans, et même en 1905 obtenu le prix Goncourt pour Les  Civilisés.

Nombre de ses oeuvres sont marquées par son passé de militaire, en particulier par ses séjours en Extrême Orient.

En 1921, il fait partie avec d'autres, comme Pierre Loti, de ceux qui saluent la révolution kémaliste en Turquie, et le cliché joint le montre aux côtés de Mustapha Kemal.

Il était loin d'être dépourvu de bravoure, ce qui peut paraître comme la moindre des choses pour un militaire, mais après tout mérite d'être tout de même salué. En 1932 encore, il s'interposa entre le président de la République Paul Doumer et son assassin, recevant deux balles dans le bras.

http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=567
http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Farr%C3%A8re

 

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Claude Farrère est également un auteur bien connu des amateurs de fantastique, notamment pour son recueil L'autre côté (1928), dont le titre rappelle d'ailleurs un livre similaire d'Alfred Kubin.

Certaines de ses nouvelles ont été reprises dans la revue Fiction.

La Maison des Hommes Vivants remonte pour sa part à 1911, un an après la réalisation par Julien Champagne du Vaisseau du Grand OEuvre.

http://mesimaginaires.free.fr/co2/lamaisondeshommesvivants.htm

Dans ce livre, Farrère nous relate une sombre histoire de vampire psychique, et Patrick Rivière n'a pas tort d'y voir des références à la prolongation de la vie, dont Julien Champagne arguera à la même époque auprès de Serge Voronoff:

"Ainsi le marquis Gaspard, propriétaire de la mystérieuse maison, explique-t-il à André Narcy son incroyable longévité.

Page à Versailles au temps du roi Louis XV, c'est là qu'il rencontra pour la première fois le célèbre comte de Saint Germain.

Il s'appelait alors Tzagory et arepentait les rues du monde depuis des décennies grâce au Secret de Longue-Vie."

 

HR.champagne

 

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commentaires

Richard Khaitzine 01/02/2013 14:30


Désolé, le texte est un peu long et il est extrait d'un premier jet de mon "Roussel"


"


  Alors que ce travail était pratiquement achevé, quelle ne fut pas ma
surprise de découvrir que je n’étais pas le premier à avoir été intrigué par les singularités infra-textuelles  d’Histoire d’O. Plus étonnant encore, mon prédécesseur s’avèrait être un singulier personnage dont j’avais croisé la route en d’autres circonstances et que je ne
m’attendais nullement à retrouver ici. Dès 1967, un manuscrit d’une centaine de pages,  fut déposé à la Bibliothèque Nationale ; son titre ?
Circuit.  Son auteur ? Philippe de Cherisey. Ce nom est familier à ceux qui se passionnent pour
« l’affaire de Rennes-le-Château ». On retrouve de Cherisey dans le sillage de l’écrivain-journaliste Gérard de Sède – qui, le premier, attira l’attention sur cette localité de l’Aude –
et de Pierre Plantard, le « promoteur » du fumeux Prieuré de Sion, société secrète, d’autant plus secrète qu’elle n’a jamais existé, mais qui n’en finit pas de fournir un champ
préférentiel aux amateurs de conspiration ourdie par des Illuminati tout aussi fantômatiques. Philippe de Cherisey, fut un homme de radio, un
comédien,[1]
un humoriste, un mystificateur selon certains. Certes, il ne dédaignait pas de s’amuser aux dépends des crédules mais encore
convient-il de constater qu’il s’agissait d’un homme cultivé – phénomène plutôt rare dans le milieu du spectacle et des médias – et qui fut remarquablement bien informé des dessous de l’Histoire
et de la littérature. Bien avant Patrick Ferté, dans Arsène Lupin Supérieur Inconnu, [2]
ou moi-même, au sein de mes précédents ouvrages, le Marquis de Cherisey avait attiré l’attention sur les écrits de
Maurice Leblanc et leur relation avec – lâchons le mot honni – l’ésotérisme. Toutefois, ses incursions dans ce domaine, si souvent frelaté, se situent à un niveau de connaissances que peu
d’auteurs sont susceptibles d’atteindre. Témoin – au singulier comme n’aurait pas manqué de le souligner Raymond Roussel – ces quelques lignes extraites de la préface de Circuit :  


« MOI – Il n’y a plus, vois- tu, ni toi ni moi mais nous qui nous aimons.


   LUI – Nous ?


   MOI – L’esprit, oui, que les Grecs, Platon entre autres, appellent
NOUS.


   LUI – Qui craint le grand méchant NOUS !


   MOI – Je.


   MOI – Il n’y a plus, vois-tu, ni toi ni moi mais nous qui nous
aimons.
   LUI – Nous ?


   MOI – L’esprit, oui, que… »


 Et alors, me direz-vous ? Deux fois rien, si ce n’est que de Cherisey
avait compris ce qui constitue la clé majeure du livre concocté par le facétieux abbé Boudet, curé de Rennes-les-Bains, le confrère de Saunière, curé de Rennes-le-Château. Dans sa Véritable langue celtique, le finaud ecclésiastique a gratifié ses lecteurs d’une leçon d’anglais, dont le niveau est tellement élevé, qu’il ne peut que
laisser pantois. Car, enfin, il n’est pas besoin d’avoir appris beaucoup d’anglais pour savoir que I = Je ; You= Tu ou Vous, He=Il et We= Nous. Or, sur deux pages,[3]l’abbé
a éprouvé le besoin d’écrire Nous sept fois, le qualifiant au passage de « Nous Divin », ce
qui suffirait à prouver qu’il n’entendait pas nous entretenir de la langue de Shakespeare. Inénarrable le livre de Boudet, comme cela est répété à l’envi ? Sans doute, puisqu’il s’agit d’un
traité d’alchimie. Quant au passage en question, il traite, ni plus plus, ni moins, de la « matière » si jalousement masquée par les Philosophes
par le Feu du passé. Mais, bref ! Comme aurait pu le dire Pépin… À propos de « pépin », ceux de la pomme – le fait est connu – dessinent une étoile à cinq branche, image de la
Quintessence, également dénommée Saint-Esprit ou Nous. Cette pomme, il en est justement question dans un second et très étrnage passage du Circuit de Philippe de Cherisey. J

Richard Khaitzine 01/02/2013 14:24


Cher Ami,


Ces informations trouvées lors de mes recherches destinées à achever la rédaction du Tome 3 de la langue des Oiseaux: Raymond Roussel.Il n'est pas étonnant que P. Rivière soit resté très évasif
sur Mme Roggers. Comme toujours, il a utilisé une hypothèse que j'avais formulée avant lui et qui m'avait été confiée par Olivier Renaud. Mais bref...Plus intéressant. Mme Roggers connut bien
Antoine et Lugné Poe dans le cadre de sa carrière. Or Roussel fut en contact étroit avec les deux hommes aussi.encore mieux... selon ce qui se dit, Le personnage qu'elle interpréta dans le Roi
Candaule avait l'objet d'un tableau signé... Gérôme. André Gide, quant à lui, fréquenta chez Miss Barney.  Je te poste un autre message, dans le cadre de nos toujours sympathqiues
zchanges, qui devrait t'intéresser et qui ouvre une voie insoupçonnée. Tu pourras toujours déplacer ce message à l'endroit qui lui conviendra le mieux. Avec mon amitié. Richard

ARCHER 03/02/2013 19:55



Cher Richard,


Merci pour ces précisions sur Henriette Roggers et Raymond Roussel. Nous attendons avec d'autant plus d'intérêt la parution du tome troisième de La langue des oiseaux.


Amitiés,


Archer



Mulciber 20/08/2006 00:04

Bonsoir Archer. Je suis  toujours réservé sur "Louise" Barbe car je n'arrive pas à recouper les informations sur son existence. J'ai effectué une recherche un peu plus poussée sur les 3 femmes du Docteur Voronoff :http://touscesgens.hautetfort.com/archive/2006/08/19/les-3-femmes-du-docteur-voronoff.htmlMarguerite Voronoff s'appelait Barbe, de son nom de jeune fille. Mais elle divorça du "bon docteur" en 1911 et décèda dans les années 30 (je complèterai ma note dès que possible à ce sujet).Il est certain qu'elle fréquenta les milieux ésotériques rosicruciens de l'époque et très vraisemblablement Alexandre-Albéric Thomas, le frère d'Abel Haatan, et par ailleurs associé de Pierre Dujols dans l'affaire de la "Librairie du Merveilleux". Alexandre-Albéric Thomas avait fait partie de l'Ordre Rénové du Temple de René Guénon que l'on retrouvera plus tard avec la veuve de Hassan Dina."Tous ces gens ont des liens !Mulciber

ARCHER 20/08/2006 00:24

Oui, Mulciber. La problématique est peut-être la même que pour Champagne, Hubert, Julien, J.Julien...Ou alors on s'est perdu dans la liste des épouses de Barbe Bleue, alias le docteur Voronoff?Ce que vous dites des liens entre Thomas et la première épouse de Voronoff est très intéressant, puisqu'on est là dans le cercle de relations de Julien Champagne.