Julien Champagne (1877-1932) a-t-il eu des disciples ou des élèves dans le domaine de la peinture, du dessin, ou du violon, puisqu'à un moment de sa vie ce violoniste de talent a côtoyé le père de Stéphane Grapelli? Nous l'ignorons à ce stade.
Reste donc à nous interroger sur ses disciples en alchimie. Parmi ceux-ci, Eugène Canseliet
(1899-1982, nos clichés) pourrait faire office de candidat possible, en raison de son âge. Dans le "dossier Fulcanelli" de la revue La tour saint Jacques (numéro spécial parapsychologie, 1962), Robert Ambelain identifiant Julien Champagne à Fulcanelli, est naturellement conduit à considérer Eugène Canseliet, "unique disciple" dixit Canseliet de l'auteur du Mystère des Cathédrales et des
Demeures Philosophales, comme un élève de Champagne.
Mais ledit Canseliet dans la même revue réfute et cette identification et donc cette filiation. Exit donc à ce stade Eugène Canseliet comme élève de Julien Champagne en alchimie. Il dit expressément le considèrer comme un maître ès peinture, dessin, violon, et pour le reste comme un aîné et ami.
Jules Boucher (1902-1955) que nous avons aussi déjà rencontré est également un possible disciple en alchimie de Julien Champagne; Robert Ambelain dans le même numéro de la revue déjà citée défend cette thèse; à quoi Canseliet rétorque (ibidem): "Il fallait vraiment que Jules Boucher visitât Champagne dans le plus grand secret, pour qu'au cours de près de vingt années de rencontres hebdomadaires qu'il eût avec lui, je n'eusse eu l'occasion, à aucun moment, de m'en apercevoir. Je le vis deux ou trois fois, en 1922, tout au début, avec Gaston Sauvage, dans la bicoque de Champagne..." Exit donc encore Jules Boucher.
Pour la même raison, exit toujours Gaston Sauvage, dont nous ignorons presque tout, sauf qu'il fut comme Jules Boucher et chimiste chez Rhone Poulenc et membre comme lui et Julien Champagne de la confrérie déjà évoquée du Grand Lunaire, et qui assista à la transmutation de Sarcelles sur laquelle nous nous sommes déjà penché; et ce bien que Robert Ambelain (toujours lui) le range toujours dans son article mentionné ci-dessus parmi les "trois élèves de Champagne."
Soit, dira-t-on, mais alors quels disciples incontestables Julien Champagne a-t-il eu en alchimie? J'en citerai deux: Max Roset et Steiner.
Sur le premier, Robert Ambelain, qui cette fois n'est pas contredit par Canseliet est affirmatif, toujours dans La tour saint Jacques: "Dès 1907, nous le trouvons (Julien Champagne) avec son collaborateur direct et unique d'alors, Max Roset, installé dans le laboratoire de la rue Vernier, payé par Ferdinand de Lesseps."
Robert Ambelain affirme dans le même temps posséder de Champagne une photographie dédicacée à Max Roset et datée de 1911. Ambelain déclare aussi avoir recueilli les témoignages de Roset et Steiner, "compagnons d'avant la grande guerre 1914-1918". Il précise encore que Steiner collabora également au laboratoire de la rue Vernier.
"La femme de Steiner habitait encore Choisy-le-Roi en 1935, à l'époque de l'enquête" de Robert Ambelain, ajoute ce dernier
Ce Steiner est-il Henri Steineur, dont Eugène Canseliet dit dans ses Alchimiques mémoires, dans le numéro 11 de la revue La tourbe des philosophes (1980), et à propos du mois de mai 1920:
"Julien Champagne et Henri Steineur, malheureusement, à partir du 31, ne seront plus au service de Monsieur Paul de Lesseps"?
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