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  • : JULIEN CHAMPAGNE
  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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17 octobre 2026 6 17 /10 /octobre /2026 18:44

Une relation apparemment férue de généalogie de l'excellent libraire Philippe Subrini (Le Troubadour du Livre)

Le Troubadour du Livre , Philippe Subrini - Livre Rare Book

lui a récemment fait parvenir une information intéressante (et inédite en tant que telle) sur le séjour marseillais d'Eugène Canseliet, information qui nous a été rapidement et indirectement retransmise, et dont vous retrouverez ci-dessous et l'origine d'une part (la fiche militaire le concernant, en lien Généanet) et de l'autre l'extrait qui nous concerne ce jour (photo);

1919 Canseliet Eugène Léon Fm1 - Geneanet

Il en ressort qu'en 1919 l'ami puiné de Julien Champagne résidait dans la cité phocéenne au 8 de la rue Dieudé (y résidait sans y habiter forcément, puisque l'archive bureaucratique en question distingue entre les deux situations).

Sauf si son adresse à Marseille a changé entretemps, il y demeurait semble-t-il depuis 1915, nous explique Geneviève Dubois dans son livre fondateur Fulcanelli dévoilé (Dervy, 1992 et 1996), où elle produit un tableau des habitants de ladite artère cette année là, sachant qu'au numéro en question est répertorié un meublé alors occupé ou loué par une Madame Amielh.

Cette dame serait elle la cousine chez laquelle Eugène prit pension pour étudier le dessin à l'Ecole des Beaux-Arts de la place Carli, apprentissage dont Geneviève n'a pu retrouver la trace administrative?

Dans le même essai, l'auteure nous explique qu'en 1916 Canseliet s'est lié d'amitié avec Champagne, et qu'en 1917 il a passé son baccalauréat non loin de Marseille, à Aix-en-Provence (Aix où il aurait résidé à cette époque dans le quartier ou la rue de La Fourane). Et Aix, commenterons nous illico, où il reçut la visite de Fulcanelli.

En fait, Dubois reconnaît explicitement s'être inspirée dans ce domaine des indications biographiques données par Atorène (disciple resté anonyme de Canseliet), dans son ouvrage Le Laboratoire alchimique, Trédaniel, 1981).

Pour notre disciple, Eugène Canseliet a en fait rencontré Fulcanelli dès 1915, grâce à une femme de ménage qui officiait à la fois chez ce dernier et à l'Ecole des Beaux-Arts. Et dès ce premier moment, ajouterons nous pour notre part, Julien Champagne, qui se tenait auprès du futur Adepte.

Fulcanelli et Canseliet seraient, explique Atorène, "retournés" en 1917 en région parisienne (d'où en ce qui concerne le jeune bachelier l'intérêt de la distinction que nous avons faite entre sa résidence marseillaise et son domicile du moment, vraisemblablement situé à Sarcelles).

Quant à Fulcanelli, à Marseille il habitait selon Atorène "un hôtel particulier rue Dieudé", à quatre cents mètres, nous précise-t-il, de l'école des Beaux-Arts d'alors (dont la dénomination actuelle est le Palais des Arts ou palais Carli). Il s'agit là sans doute pour le moins d'une approximation, la distance place Carli-rue Dieudé étant plus proche des six cents mètres.

Ledit hôtel n'a pu pour l'instant être localisé dans cette rue, à notre connaissance, bien qu'un ami informaticien qui souhaite rester anonyme ait interrogé à ce sujet une Intelligence Artificielle (l'IA Claude). De même il nous a indiqué qu'une comparaison des listes d'occupants de la rue Dieudé pendant la première guerre mondiale (d'après l'Indicateur marseillais, qui est une sorte de Bottin disponible sur Gallica) ne lui a pas paru donner de résultat probant.

Dans son opuscule intitulé Finis Gloriae Mundi de Fulcanelli la Révélation (Bod, sive Books on Demand, 2016), feu notre cher Christophe de Cène nous semble avoir fourni à cette énigme une explication relativement satisfaisante, et en tout cas plausible.

Située rue Sainte, dans le même quartier, la villa dénommée La Rose du Ciel, dont un cliché figure à la fin de notre article, aurait été la véritable résidence marseillaise de l'auteur du Mystère et des Demeures. Elle aurait appartenu en son temps à un certain docteur Fournier, puis à sa fille Marguerite et à un écrivain rosicrucien, Hippolyte Ebrard, dont la descendance a fait partie de la famille de Christophe, lequel l'a su plus tard par suite de confidences privées (voir à ce sujet le Fulcanelliana de notre compère Jean Artero, Arqa, 2017).

Et de Cène de nous préciser que le bon docteur Fournier disposait rue Dieudé d'une clinique et d'une bibliothèque où Canseliet a pu rencontrer Fulcanelli, et que Marguerite Founier comme Hippolyte Ebrard ont été les témoins du séjour phocéen de l'alchimiste.

Lors de sa conférence parisienne de 2025 sur Fulcanelli, Jacques Grimault, fulcanelliste distingué que nous avons déjà rencontré (notamment après sa Chronologie de l'affaire Fulcanelli, La Nouvelle Atlantide, 2024, à laquelle il nous semble préparer une suite pour la fin de cette année),  nous a paru adopter globalement le même point de vue sur La Rose du Ciel en tant que logis fulcanellien.

Comme nous l'a signalé Bernard Lonzième, auteur avec Bernard Allieu d'un indispensable Index Fulcanelli (1992, toujours disponible aux éditions Les Trois R, éditions remarquables notamment s'agissant de Julien Champagne), on trouve depuis quelque temps sur la Toile, et sans aucun référencement, des pages consacrées au logis en question où parfois transparait notamment la trame historique que nous venons d'évoquer en détail:

Hôtel La Rose du ciel (maison Paul Valéry) - Tarpin bien

 

Sur un plan plus symbolique, on pourra relever le fait que de la Rose ou Rosée du Ciel on peut admirer le Vieux Port que surplombe la Bonne Mère, la basilique Notre-Dame de la Garde si chère au coeur des Marseillais.

De même, elle se situe non loin de l'abbaye Saint-Victor, dont la Vierge noire ouvre si curieusement Le Mystère des Cathédrales fulcanellien.

Enfin, elle se trouve dans la rue Sainte qui si on s'éloigne de la demeure en question vient s'approcher de la rue Dieudé, ou en occitan Déodat, c'est-à-dire Dieudonné ou "donné à Dieu". Ou donné par Dieu, diront certains, en pensant au Donum Dei qu'est la Pierre Philosophale.

Mais si vous le voulez bien, revenons sur terre, et demandons-nous brièvement si nous disposons d'indications sur les saines occupations qui furent celles de Fulcanelli, Champagne et Canseliet pendant leur séjour marseillais, séjour dont la durée nous paraît se compter en mois et même en années.

C'est ce dernier qui nous le dit expressément: "A partir de 1916, j'ai côtoyé Fulcanelli de très près...Et à peu près dans son intimité. Et c'est là, à Marseille, que j'ai rencontré auprès de lui Julien Champagne" (in Robert Amadou, Le Feu du Soleil, Pauvert, 1978. Voir aussi sur ce point Artero, Julien Champagne, Le Mercure Dauphinois, 2014).

Dès ce moment, le maître prend l'élève sous son aile, et la même année, le confirme dans son rôle de disciple, dès qu'il a identifié la Materia prima (cf. Atorène). Toujours en 1916, il commence de l'orienter vers ce qui deviendra son occupation principale, en dehors du laboratoire: "Rédigez de même que vous dessinez" (voir Artero, Présence de Fulcanelli, Arqa, 2008 et 2022).

Dans le même temps, le futur Adepte et mentor présent, accompagné à l'occasion de Julien Champagne, effectue dans le midi de la France des déplacements qui sont à l'évidence en rapport avec l'élaboration de l'opus fulcanellien.

Il en est probablement ainsi, selon Geneviève Dubois d'un épisode non daté mettant au moins en scène et Champagne et Canseliet, le premier effectuant "un voyage à Limoux où en compagnie de son fidèle disciple il visite Notre-Dame de Marceille". Une église abritant elle aussi une Vierge noire, ainsi qu'un ancien puits réputé miraculeux et aujourd'hui obstrué, qui n'est pas sans rappeler celui de la cathédrale de Chartres.

En 1917 cette fois, nous explique finalement Jean Artero d'après Bernard Chauvière, alchimiste disciple de Canseliet, qui en reçut la confidence idoine, "nous le retrouvons avec Fulcanelli en escapade à Nice, où ils visitèrent de conserve le couvent franciscain de Cimiez."

Chauvière qui sait pertinemment de quoi il parle, s'agissant en particulier du Logis alchimique en question, et plus généralement d'alchimie (cf. entre autres d'une part son remarquable Parcours alchimique à l'usage d'un opératif, Liber Mirabilis, 2000 et son étude d'importance sur Le monastère de Cimiez, Arrakis, 2012, et d'autre part tout récemment ses si substantiels Mémoires d'un alchimiste contemporain, Paginanda, 2022).

Et Artero d'ajouter de son côté, en définitive: "Eugène Canseliet le confirme lui-même: "Fulcanelli, au monastère de Cimiez, alors que nous admirions ensemble les peintures franciscaines, nous expliqua longuement que la colombe et son rameau chargé d'olives qui y vole "et pour elle-même, et pour les autres", est celle dont il est parlé dans la Genèse, emblématique abrégé de l'OEuvre."

 

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