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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 19:12

  jdalchemist.champagne

jeandubuis.champagne

 

Jean Dubuis (1919-2010) vient de nous quitter et il me paraît juste pour commencer de rendre hommage à l'un de nos aînés, dont l'oeuvre spagyrique connaît une renommée internationale.

 

Fondateur du groupe d'études Les Philosophes de la Nature (LPN), Dubuis a concentré l'essentiel de son enseignement dans une série de cours qu'il y a dispensé.

 

S'il conserve en France certains fidèles, comme Patrice Malèze, Jean a su conquérir également une certaine audience de portée mondiale, notamment aux Etats-Unis et en Australie.

 

Relativement proche d'un Albert Riedel (Frater Albertus) ou d'un Hans Nintzel, il n'est pas étranger, en particulier, à l'association anglo-saxonne des Philosophers of Nature (PON).

 

http://www.levity.com/alchemy/dubuis_inter.html

http://portaelucis.fr/html/dubuis.htm

http://www.triad-publishing.com/jdubuis.html

 

La spagyrie entretient avec l'alchimie un rapport complexe, et même si le mystère alchimique est loin d'être étranger à la pensée de Jean Dubuis, je suis tenté d'avancer cette conception, que certains trouveront peut-être excessivement simplificatrice, que le spagyriste est d'abord et avant tout un homme de recettes, de procédés.


Partant sa relation au cosmos, la dimension intérieure de sa quête, quand elles existent, se situent en stricte périphérie de ce qui est pour lui l'essentiel, finalement: Son travail au laboratoire.

 

Or il en est tout autrement pour un alchimiste. C'est donc à certains mystères de détail de l'alchimie ou plus exactement de son histoire récente que je vais maintenant consacrer mon petit pensum mensuel.

 

dubuisspagyrics.champagne

 

En alchimie, le mystère pourtant nous apparaît comme une des plus rares, une des plus simples des évidences.

 

Cela commence souvent par la fulgurance d'une inspiration poétique...Tenez, pourquoi diable le poète (et peintre) portugais contemporain Nicolau Saiao, né en 1946 a-t-il choisi de dédier son poème du Monde "à l'ingénieur Gaston Sauvage (Fulcanelli)"?

 

Ce Sauvage là, il ne peut en aucun cas, croyons-nous, être identifié à l'Adepte. Certes, nous l'avons vu apparaître dans certaines galaxies fulcanelliennes, plus ou moins fournies: la galaxie Poulenc, celle du Grand Lunaire, celle enfin de la transmutation de 1922.

 

Mais il est né pratiquement en même temps qu'Eugène Canseliet, selon toute vraisemblance (1897 et 1899 respectivement). Donc c'est un tout jeune homme qui assiste à l'opération de Sarcelles, exécutée par le disciple Canseliet, en présence de l'illustrateur Julien Champagne.

 

Et cette expérience est, elle, présidée, dirigée...par Fulcanelli. En définitive, quand on veut bien considérer le parcours pour le moins chaotique de Sauvage, il est permis, dans l'état actuel de nos connaissances, ou si l'on veut du nuage de notre inconnaissance, de se demander ce que Gaston pouvait bien aller faire dans cette galée.

 

ns.champagne

 

Voici donc un petit mystère, et voilà cependant ce qui ne saurait nous ôter le plaisir d'admirer, d'abord dans le texte, la superbe litanie composée par Nicolau, sur le monde et la vie, litanie d'où l'alchimie transparaît clairement:

 

http://www.triplov.org/letras/nicolau_saiao/2009/Mundo.htm

 

A princípio não sabes e pensas que sabes A seguir sabes e pensas que não sabes

No fim nada sabes e é então que tudo sabes. Ainda que nada te fite no rosto

não há grau nem posto ao longo da Estrada que não seja gosto

virado ao desgosto na luz ainda errada. Escada anti-rosto estrada destroçada.

Ou altivo cão luminoso e vivo no espaço votivo desde o céu ao chão.

Campo mais que ardido estepe ou sertão.

Barca sem oceano até ao minuto da hora subida no mar aparecida

fecundo e impoluto.

Máscara que navega até onde chega o olho vidrado do dragão solene

sereno e perene infrene, postado no corpo e no fruto.

Verão anti-escorbuto. Soubeste a princípio no meio saberás

no fim buscarás a figura ardente a estrela maldita o animal silente

a janela oclusa a mão que se agita desperta e medita

na porta doente que usa e abusa do peito deserto

sangrento e aberto.

Na boca fechada por prata, ouro e espada.


Le distingué fulcanelliste Walter Grosse, lui aussi lusitanien, a bien voulu nous proposer une traduction en français de ces vers parus en 1992 dans le recueil Objets d'inquiétude de Saiao:


Au début tu ne sais pas, et tu penses que tu sais Ensuite, tu sais et tu penses que tu ne sais pas

A la fin tu ne sais rien  et c’est alors que tu sais tout. Même si rien ne se fixe sur ton visage

Il n’y a pas de degré ou d’étage tout au long de la Route Qui ne soit pas un goût tourné au chagrin

Dans la lumière qui est encore une déroute. Echelle anti-visage, échelle détruite.

Ou chien distingué, lumineux et vif Dans l’espace sacré, du ciel à la terre.

Champ plus que brûlé, steppe ou forêt. Barque sans océan, jusqu’à la minute

De l’heure de la montée dans la mer trouvée Féconde et non polluée.

Masque qui navigue jusqu’où arrive L’œil de verre du dragon solennel

Serein et pérenne, sans freins Posté dans le corps et dans le fruit. Eté anti-scorbut.

Tu as su au début, à la fin tu sauras A la fin tu chercheras

La figure ardente, l’étoile maudite

L’animal silencieux, la fenêtre occluse La main qui s’agite, s’éveille et médite

Sur la porte malade, qui use et abuse De la poitrine déserte, sanglante et ouverte.

Sur la bouche fermée par de l’argent, de l’or Et une épée.

 

chartresphilosohe.champagne

Et maintenant, à quelques jours de la Pentecôte, tentons d'approcher un mystère un peu plus grand.

 

Le rêve, nous le savons bien depuis Le Songe Verd, peut nous ouvrir certaines des portes du mystère alchimique, d'où la raison n'est pas absente, certes, mais ne saurait être en aucun cas prépondérante.

 

Alors disons qu'il y a quelques nuits j'ai rêvé du premier livre de Fulcanelli, précisément intitulé Le Mystère des Cathédrales.

 

Pourquoi donc, me demandai-je, l'Adepte considérait-il, nous dit-on, ce maître ouvrage, qui n'en déplaise à L'As de la Belle nous en apprend beaucoup sur l'Alchimie, comme moins abouti que son second opus des Demeures Philosophales?

 

Voyons, me dis-je, ôtons-en le  développement final sur Hendaye, pièce rapportée de sa troisième oeuvre à ce jour non parue, le Finis Gloriae Mundi. De toute façon, il s'agit là d'une croix, près d'une église, et cette dernière n'a rien d'une basilique.

 

Mais alors, que penser du chapitre consacré à Bourges? Fulcanelli y passe prestement devant la cathédrale berruyère, et s'attarde avec brio sur l'hotel Lallemant et celui de Jacques Coeur. On s'éloigne déjà du Mystère, et on s'approche des Demeures.

 

Finalement les seules cathédrales étudiées en détail par Fulcanelli à l'appui de sa démonstration sont celles de Paris et d'Amiens. On eût aimé une, voire des confirmations..., d'autant que de ce point de vue les Demeures pourront paraître extrêmement riches.

 

Quelle cathédrale eût pu faire l'objet d'un chapitre entier, qui semble avoir été finalement réservé? S'il n'y en a une seule, je parierais volontiers pour Chartres, le plus ancien des pélerinages, nous dit Fulcanelli lui-même.

 

Et si son disciple Eugène Canseliet ne s'est guère étendu sur l'édifice beauceron, d'après l'Index de son oeuvre qu'a établi Jean Laplace, constatons cependant que le Maître y fait régulièrement allusion, aussi bien dans les Demeures que dans le Mystère.

 

Soulignant par exemple l'étroite parenté des emblêmes de Paris et d'Amiens, il n'hésite pas à étendre à Chartres cette ô combien significative proximité symbolique. Et à bon droit, puisque pour en être convaincus il nous suffit de nous rendre au plus fulcanellien des musées, celui des monuments français du palais de Chaillot.

 

Certain bas-relief hermétique chartrain dont on peut y admirer le moulage ressemble à s'y méprendre à son homologue parisien.

 

Donc la redondance ne semble pas constituer un argument valable à sa retenue. Curieusement, Chartres aurait été au centre de la relation entre Julien Champagne, alchimiste, peintre et dessinateur qui fut au service de Fulcanelli, et l'ésotériste René Schwaller.

 

Tous deux auraient cherché ensemble à retrouver le secret des bleux et des rouges des vitraux de Chartres, ces merveilles médiévales dont il nous est rapporté qu'elles auraient pu être teintes dans la masse par les artistes verriers, éventuellement en ayant recours à l'utilisation de la pierre philosophale.

 

Etrangement encore, Champagne aurait été sur ce point en possession d'un manuscrit...Existerait-il quelque part tout un chapitre non publié du Mystère des Cathédrales?

 

lambspringswappen.champagne

 

Mon espoir est dans l'agneau de Dieu.

Lambspring, suivi par Jean d'Espagnet

 

pcc ARCHER

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commentaires

Walter Grosse 24/05/2010 19:01



Je veux ici remercier filostène. Ce qu'il a écrit ici dans son commentaire sur l'ingénieur fulcanellisable né en 1839, par exemple, n'est pas pour être perçu maintenant. Je veux dire ici, Archer,
que le livre de filostène (à paraître en 2011) c'est la plus important de toutes les oeuvres... puisque c'est en effet d'une grandeur sans précédents. Silence. silence jusqu'à 2011.


De mon côté, je pense que l'ingénieur chimiste Gaston Sauvage (1897-1968) s'est fait passer par Fulcanelli auprès de Jacques Bergier...


D'après les confidences de Jacques Bergier à Guy Bechtel, l'alchimiste qu'il a rencontré un après-midi de juin 1937 était un ingénieur (chimiste) âgé de 40 ans, c'est-à-dire un homme né en
1897, qui aurait occupé un poste au sein du laboratoire d'essais de la Société du Gaz de Paris, etc.


La Poulenc Frères a été dissoute le 20 juillet 1928 pour sa fusion avec la société Rhône...


Sauvage a continué à travailler, après 1928, pour Rhône-Poulenc ? A-t-il sorti de la Poulenc pour travailler ensuite chez la Société du Gaz de Paris?


Je parle un peu sur cela dans la réédition de mon Fulcanelli, un secret violé (à paraître).


Cordialement, W.GROSSE



ARCHER 25/05/2010 09:41



Merci Walter Grosse de nous annoncer la réédition prochaine de votre livre sur Fulcanelli.


Cordialement


 



filostène 19/05/2010 20:43



Bonsoir Archer,


oui, effectivement, il a bel et bien existé un chapitre consacré à la cathédrale de Chartres qui a été écarté de la sélection définitive du Mystère des Cahtédrales. C'est ce qui ressort d'une
lettre écrite en avril 1911 par Pierre Dujols à Fulcanelli (le vrai et non tous ses éponymes) et qui clairement désigne le chapitre en question. Pourquoi ce chapitre fut écarté du choix final ?
Je crois, mais c'est une possibilité, sans plus, que la personnalité que vous éclairez peu à peu depuis déjà plus de trois ans, y était pour quelque chose... Oui, pourquoi Julien Champagne n'a
 t'il pas rendu les notes manuscrites par Fulcanelli à Eugène Canseliet durant les mois de rédaction de la version définitive du Mystère, vers 1922-23 ou 24-25 au plus tard ?


Se réservait-il la possibilité d'un écrit personnel, signé ou non Fulcanelli, et contenant ces précieuses notes, autour du sujet central du vitrail de Chartres et des interprétations symboliques
de certaines des verrières en les rapportant aux vitraux de la Sainte-Chapelle de Paris ?


Cette possibilité reste une hypothèse de réflexion. Il y en aurait plusieurs autres qui pourraient prêter à ce que l'on envisage enfin l'ensemble des acteurs et l'ensemble des aspects de l'oeuvre
de ce qui est encore aujourd'hui : le mythe Fulcanelli.


Vous citiez Walter Grosse dans votre article. En lisant son blog il y a deux ou trois ans et en le voyant approcher la lanterne de son intelligence obstinée toujours plus près du Grand Mystère de
l'ingénieur né en 1839 et décédé en 1923 (ou 25 les deux versions existent ! ), j'ai ressenti un frémissement. Dans le même temps où il fit sortir de l'ombre ces vieux polytechniciens, mon Maître
aujourd'hui disparu m'a confié la lettre dont je parle ci-dessus, et qui établirait enfin le début d'une histoire sans fard. Une biographique plus saine, afin de faire cesser toutes sortes
d'élucubrations qui polluent la noble personnalité du chercheur d'Absolu qui acceuilla un petit adolescent parisien comme son fils. Un Fils de Science, nommé Eugène Canseliet qui a oeuvré et qui
est aujourd'hui bien vitupéré par trop de personnes.


Merci encore pour vos beaux textes, Archer


 



ARCHER 20/05/2010 19:40



Bonjour Filostène, effectivement voici un peu plus de quatre ans maintenant que ce blog sur Julien Champagne a pris son petit essor.


J'espère pouvoir le poursuivre quelque temps encore. Donc merci de venir appuyer cette intuition que j'ai eue qu'il manque sans doute au moins un chapitre à l'édition originale du Mystère des
Cathédrales, et que ce chapitre pourrait bien être consacré à Chartres.


Apparemment vous disposez d'un document à ce sujet, donc je suppose que nous pouvons en espérer la publication prochaine: peut-être pour son centenaire, en 2011?


Je suis d'accord avec vous sur le fait qu'on ne peut écarter la possibilité que Julien Champagne ait été pour quelque chose dans tout cela, après tout il n'était pas que l'illustrateur de
Fulcanelli, il était à son service, de façon bien plus générale.


Il convient cependant de relever, à mon avis, le fait que jamais Eugène Canseliet n'a fait la moindre allusion publique au fait que les paquets de notes qui lui furent remis en 1923 à
l'instigation de Fulcanelli auraient pu être amputés a posteriori d'une part de leur contenu.


Naturellement je ne vise ci-dessus que celles du Mystère et des Demeures, le Finis ayant lui été repris par son auteur en ou vers 1928.


Donc il semble bien, et c'est d'autant plus piquant à mon sens, que nous ayons affaire ici à un retrait "a priori" de la part de Fulcanelli.