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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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26 août 2006 6 26 /08 /août /2006 14:49



Nous n'en avons certes pas fini avec Le Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, mais je voudrais ce soir vous entraîner à nouveau du côté de ses Demeures Philosophales.

Parmi ces demeures, il en est une, en particulier, à laquelle je pense n'avoir toujours pas rendu justice, c'est celle de Dampierre-sur-Boutonne.

Après mes deux premiers posts il faut bien le dire introductifs: Champagne et Dampierre-sur-Boutonne (26 février 2006) et Julien Champagne dans pierre (21 mai 2006), je vous propose donc d'entrer maintenant dans le vif...du sujet.

Dessinée par Julien Champagne, la planche XXV de l'édition originale des Demeures (Schemit, 1930, 500 exemplaires environ) nous présente la première série des caissons de la galerie haute du château, qui est comme les autres composée de neuf emblèmes.

Dans l'édition Pauvert de 1977, cette planche du tome II, qui reproduit les mêmes dessins, quoique avec une qualité que je trouve inférieure, porte le numéro XXVII, et est insérée comme les autres dans le chapitre qui porte un titre qui, lui, est inchangé: Le grimoire du château de Dampierre.


Fulcanelli note d'entrée de jeu que chaque série de caissons est séparée de la suivante par trois caissons décorés alternativement du monogramme de Henri II et des croissants entrelacés de Diane de Poitiers, chiffres que l'on remarque sur quantité d'édifices de la même époque.

"Or, poursuit-il, nous avons fait cette constatation, assez surprenante, que la plupart des hôtels ou châteaux porteurs du double D lié à la lettre H et du triple croissant, ont une décoration de caractère alchimique incontestable."

Henri II aurait-il été un initié? Fulcanelli semble écarter cette possibilité. Quoi qu'il en soit, le cas de Diane de Poitiers, dont je reproduis ci-dessus un portrait que je serais tenté de dire être "à l'escarboucle", dont les liens avec l'architecte frimason Philibert Delorme ou de L'Orme sont connus, et à qui Philippe Erlanger, que nous avons déjà rencontré, a consacré une biographie
(Gallimard, 1955) me paraît être différent.

Sur Philippe Erlanger en particulier, on pourra consulter:

http://touscesgens.hautetfort.com/archive/2006/08/25/erlanger-philippe.html


Pour Fulcanelli, le croissant est un symbole de la plus haute antiquité:

"C'est l'attribut d'Isis, d'Artémis ou de Diane, de Séléné, Phoebé ou la Lune, l'emblème spagyrique de l'argent et de la couleur blanche.

Sa signification est triple: alchimique, magique, cabalistique, et cette triple hiérarchie de sens, synthétisée dans l'image des croissants entrelacés, embrasse l'étendue de l'ancienne et traditionnelle connaissance."

Que ce symbole ait une signification hermétique, on s'en convaincra aisément à la lecture des deux emblèmes reproduits dans ce post, dont l'un est ancien et le montre cerclé de l'ouroboros et surmonté de la couronne de vraie royauté, et l'autre moderne, aux couleurs du Grand OEuvre.

Quant au monogramme, selon Fulcanelli il est lui aussi facilement explicable.

"Le Donum Dei, connaissance révélée de la science du Grand-OEuvre, clef des matérialisations de l'esprit et de la lumière, apparaît incontestablement sous le monogramme du double D (Donum Dei) uni au signe de l'esprit (H), initiale grecque du soleil, père de la lumière, Hélios."

On retrouve ou en tout cas on retrouvait avant 2002 ce double D sur la cheminée du château de Dampierre, et là encore le symbolisme ésotérique, à la fois rosicrucien et...janusien, me paraît être indubitable.

J'en profite pour vous recommander quelques sites consacrés au château, où vous pourrez retrouver et des commentaires détaillés et des "images parlantes", à commencer par le site qui se proclame officiel:

http://membres.lycos.fr/chateaudedampierre/

Vous pourrez en particulier y admirer une belle photo de la restauration des caissons à partir de 2003, qui nous fait souhaiter que leur iconographie soit - si possible prochainement - présentée de façon plus systématique et complète.

Voyez aussi à ce sujet :

http://www.romanes.com/Dampierre/

qui vous donnera je crois une bonne idée de la valeur culturelle d'un patrimoine dont il convient à mon sens d'encourager la préservation mais aussi la promotion. J'en profite d'ailleurs, également, pour signaler l'existence d'une Société des Amis du Château de Dampierre-sur-Boutonne, dont le logo reproduisait il y a quelques années et reproduit sans doute toujours notre présent symbole du Don de Dieu.


Pour une première approche des caissons alchimiques du château de Dampierre, il m'a semblé que le crayon de Julien Champagne valait toutes les empreintes photographiques, d'ailleurs comme déjà dit pour l'instant indisponibles.

Je vous invite donc maintenant à les passer en revue avec moi, un par un, tout en se référant bien sûr, de façon succinte pour ne pas excéder les limites de ce post, à leur déchiffrement par Fulcanelli.

"Une vieille tour démantelée, dont la porte, arrachée de ses gonds, laisse l'entrée libre: c'est ainsi que l'imagier a figuré la prison ouverte.

A l'intérieur on voit encore une entrave, ainsi que trois pierres indiquées dans la partie supérieure. Deux autres entraves, extraites de la geôle, se remarquent aux côtés de la ruine.

Pour Fulcanelli, cette composition marque l'achèvement des trois pierres ou médecines de Geber. Chacune de ces pierres a dû subir la coction dans l'Athanor, prison du Grand OEuvre.

"Le petit bas-relief a pour devise la parole de l'apôtre Pierre, qui fut miraculeusement délivré de sa prison par un ange: NV(N)C.SCIO.VERE. Maintenant, je sais vraiment!...Il a découvert la voie, reconnu la vérité, hérité du Donum Dei."


"Pour l'avoir constaté expérimentalement, les philosophes certifient que leur pierre n'est autre chose qu'une coagulation complète de l'eau mercurielle.

C'est ce fait que traduit notre bas-relief, où l'on voit la pierre cubique des anciens francs-maçons flottant sur les ondes marines. Quoiqu'une telle opération paraisse impossible, elle ne laisse pas toutefois que d'être naturelle."

Pourtant, remarque Fulcanelli, beaucoup d'artistes doutent, et vite déçus, abandonnent un travail pénible et qu'ils jugent vain.

"C'est à ceux-là que s'adresse la parole de Jésus à Pierre marchant sur les eaux: .MODICE.FIDEI.QVARE.DVBITASTI. Pourquoi as-tu douté, homme de peu de foi?"


"Un dé à jouer est posé sur une petite table de jardin; au premier plan végètent trois plantes herbacées. Pour toute enseigne, ce bas-relief porte l'adverbe latin: .VTCUMQVE. En quelque manière, c'est-à-dire d'une façon analogue."

Et Fulcanelli d'expliquer que le dé à jouer désigne encore une fois notre pierre cubique ou taillée, notre pierre philosophale, qui est aussi, ajoute-t-il, la pierre angulaire de l'Eglise.

"Pour être régulièrement dressée, cette pierre demande trois réitérations successives d'une même série de sept opérations, ce qui porte leur total à vingt et une...

Il suffit donc, analogiquement, de jeter trois fois le dé sur la table, - ce qui équivaut, dans la pratique, à redissoudre trois fois la pierre, - pour l'obtenir avec toutes ses qualités.

Ce sont ces trois phases végétatives que l'artiste a représentées ici par trois végétaux."


"Deux arbres de même dimension et de grosseur semblable figurent côte à côte sur le même terrain; l'un est vert et vigoureux, l'autre inerte et desséché.

La banderole qui paraît les réunir porte ces mots: .SOR.NON.OMNIBVS.AEQUE. Le sort n'est pas égal pour tous."

Ici, Fulcanelli se montre délibéremment elliptique. Il rappelle que suivant la doctrine alchimique, les minéraux extraits de la roche sont vivants, mais condamnés à mourir aussitôt après leur extraction et périssent bientôt sous l'action néfaste du feu réducteur.

"Telle est la signification des deux arbres symboliques, dont l'un exprime la vitalité minérale et l'autre l'inertie métallique."

En note de bas de page, il remarque cependant qu'au pied de l'arbre couvert de feuillage, la terre est creusée en forme de cuvette, afin que soit mieux retenue l'eau versée pour son arrosage.

"De même, le métal, mort par la réduction, recouvrera-t-il l'existence, en des imbibitions fréquentes."


"Une tour de forteresse, élevée sur glacis, couronnée de créneaux et de mâchicoulis, pourvue de meurtrières et coiffée d'un dôme, est percée d'une étroite fenêtre grillée et d'une porte solidement verrouillée.

Cet édifice, d'aspect puissant et rébarbatif, reçoit des nuées une averse que l'inscription désigne comme étant une pluie d'or: .AVRO.CLAVSA.PATENT. L'or ouvre les portes fermées."

Pour Fulcanelli, nous avons là affaire à l'épisode mytho-hermétique - ô cher Pernety - que contient la fable de Jupiter et Danaé, emprisonnée par son père dans une tour et que le dieu féconda en s'introduisant auprès d'elle sous forme d'ondée dorée.

"Danaé représente notre minéral brut, tel qu'on l'extrait de la mine...Jupiter apparaît comme la personnification de l'eau, d'une eau capable de pénétrer les corps, d'une eau métallique puisqu'elle est d'or ou tout au moins dorée. C'est exactement le cas du dissolvant hermétique, lequel, après fermentation dans un baril de chêne, prend, à la décantation, l'aspect de l'or liquide."


 


"Quatre fleurs épanouies et dressées sur leurs tiges sont en contact avec le tranchant d'un sabre nu.

Ce petit motif a pour devise: .NVTRI.ETIAM.RESPONSA.FERVNTVR. Développe aussi les oracles annoncés. "

Ces oracles, au nombre de quatre, correspondent, dit Fulcanelli, aux quatre fleurs ou couleurs qui se manifestent pendant l'évolution du Rebis et révèlent à l'alchimiste les phases successives du travail interne. Ces phases, diversement colorées, portent le nom de Régimes ou de Règnes.

"Les maîtres se sont bornés à signaler quatre couleurs, essentielles et prépondérantes, parce qu'elles offrent plus de netteté et de permanence que les autres, savoir: le noir, le blanc, le jaune ou citrin et le rouge.

Ces quatre fleurs du jardin hermétique doivent être coupées successivement, dans l'ordre et à la fin de leur floraison, ce qui explique la présence de l'arme sur notre bas-relief."


Plus précisément encore, au chapitre Paris du Mystère des Cathédrales, Fulcanelli avait évoqué la triplicité des Couleurs de l'OEuvre:

"Ces couleurs, au nombre de trois, se développent selon l'ordre invariable qui va du noir au rouge en passant par le blanc...

Ce sont des colorations dans la masse qui se traduisent au dehors et résorbent toutes les autres."


Pour copie conforme,

ARCHER

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Published by ARCHER - dans archer
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commentaires

OrnithOrynque 25/09/2006 21:19

Vous pourrez observer, si ce n'est déjà fait, ces croissants entrelacés et le monogramme en double D au chateau d'Anet, qui lorsque je l'avais visité, semblait en effet donner dans l'ésotérique.
Bonsoir Archer.

ARCHER 26/09/2006 12:27

Oui, encore et toujours OrnithOrynque, et pour ne pas quitter Julien Champagne souvenons-nous que la façade de ce chateau a été reproduite à l'Ecole des Beaux Arts de Paris:http://artfiles.art.com/images/-/Philibert-Delorme/Central-part-of-the-main-facade-from-Chateau-of-Anet-at-Ecole-des-Beaux-Arts-1547-52-Giclee-Print-C11722167.jpeg