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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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19 avril 2006 3 19 /04 /avril /2006 11:44


L'érudit Pierre Dujols (1862-1926) et sa femme furent sans aucun doute deux amis proches de Julien Champagne.

Ouvrons cette fois le "Fulcanelli, qui suis-je?" de Patrick Rivière (Pardès, 2004):  "A peine ses études terminées aux Beaux-Arts, en 1900, Julien Champagne fréquenta la Librairie du Merveilleux, où Pierre Dujols et son épouse manifestèrent une grande sympathie à l'égard du jeune homme."

Selon Robert Ambelain, qui curieusement écrit Dujol et non Dujols, Madame Dujols en particulier, née Charton (1868-1954), qui avait des dons de voyante et un fort penchant pour l'hermétisme, prit Champagne en particulière sympathie; mais, ajoute Geneviève Dubois, elle rompit avec lui toute relation à la mort de son mari.

Propriétaire de la librairie, Dujols n'en fut pas le fondateur. Elle fut créée vers 1888 par Lucien Chamuel. Chamuel était à l'époque l'associé de Papus, que nous avons mentionné à propos de Félix Gaboriau.

Elle fut en même temps un lieu de conférences, et une maison d'édition. Elle fut en particulier à l'origine des revues L'initation et Le voile d'Isis. Elle édita aussi un bulletin trimestriel, L'écho du merveilleux.

Papus y publia sa Bibliographie raisonnée de la science occulte (1890). Sédir (Yvon Le Loup) y fut également publié pour la première fois.

La librairie fut reprise par Pierre Dujols, associé à un des frères Thomas, Alexandre, sur lequel nous reviendrons peut-être.

La Librairie du Merveilleux fut fréquentée par nombre de personnalités connues, notamment dans le domaine de l'ésotérisme, comme René Schwaller et Jules Boucher, que nous avons déjà rencontrés.

En 1880, alors que Champagne venait de naître, Pierre Dujols fut frappé d'une maladie invalidante (polyarthrite rhumatoïde) qui devait l'emporter finalement. Il se maria en 1887. Il vendit plus tard, selon Genevève Dubois, sa librairie à un certain "père Lequesne"(1912) . A compter de 1911 la maladie de Dujols s'était en effet aggravée et il dut garder le lit à partir de 1921.

Suivant l'usage de l'époque, les Dujols tenaient salon; leur salon fut fréquenté par nombre d'ésotéristes, tels Oswald Wirth, Paul Vulliaud et René Guénon, ainsi que la cantatrice Emma Calvé, car comme Champagne, notre homme adorait la musique. Dujols était également en correspondance attentionnée avec Papus.

Fulcanelli dans les Demeures Philosophales qualifie Pierre Dujols d'"érudit et savant philosophe", c'est-à-dire alchimiste, et cite de lui une Bibliographie générale des Sciences Occultes qui ne me semble pas avoir jamais été publiée, autrement que sous forme de catalogues de nos jours quasi introuvables.

 



Pierre Dujols était en fait convaincu de l'intérêt de l'alchimie non seulement spéculative, mais aussi pratique. Dubois rapporte sa cinglante  réplique à Paul Le Cour sur ce point précis (Le Cour qui si on en croit Richard Caron, dans sa postface à l'édition par Bailly en 1998 des Deux Logis Alchimiques d'Eugène Canseliet aurait rencontré Dujols au début des années 1920).

L'aide en alchimie de Pierre Dujols, Louis ou Lucien Faugeron, essaya de poursuivre ses travaux de laboratoire après sa mort, mais était dépourvu des connaissances nécessaires, et Eugène Canseliet relate dans ses Alchimiques mémoires ( de la revue La Tourbe des Philosophes) qu'il mourut dans la misère après le second conflit mondial (1947).

Un autre disciple en alchimie de Pierre Dujols aurait été Georges Richer (Auriger), suivant Robert Amadou dans Le feu du soleil. Citons aussi Henri Coton...

L'écrit majeur de Pierre Dujols semble bien être son explication des planches d'un célèbre traité français d'alchimie, le Mutus Liber, parue chez Emile Nourry en 1914 (Le livre d'images sans paroles). Il a été réédité en 1971 en même temps que Le triomphe hermétique de Limojon de Saint-Didier (E.P. Denoël), dans la collection Bibliotheca Hermetica dirigée par René Alleau.

 



Dans un de ses catalogues de 1927, Nourry mentionne également une réimpression "à petit nombre" et par lui-même, qu'il date de 1920.

On trouvera le texte de cette "hypotypose" au Mutus Liber, sur l'excellent site de Roland Soyer; j'en indique la page exacte car elle n'est pas aisée à trouver:

http://www.livres-mystiques.com/Temoignage/Alchimie/auteurs/auteurs.html

Dans ses Deux Logis Alchimiques, Eugène Canseliet reproduit la dédicace écrite en 1920 par Pierre Dujols à Fulcanelli de son introduction au Mutus Liber:

"Ouverte aux ingénieux,
Et scellée pour les sots,
Je t'offre cette lecture,
Pour nous élucidée."

Canseliet ajoute, cher Walter Grosse, que "Fulcanelli naquit un quart de siècle avant Pierre Dujols." Et dans sa notice bibliographique N°1 d'avril 1912, consacrée au Cours de Philosophie Hermétique de Louis François Cambriel, le libraire du merveilleux lui-même affirme:

 

"C'est toujours par des voies mystérieuses que les vrais élus sont recrutés par l'Invisible, ainsi que nous en avons une preuve chez un de nos amis, véritable adepte contemporain, qui a obtenu de l'or philosophal dont nous possédons une intéressante parcelle."

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-et-le-libraire-du-merveilleux-35787942.html
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ARCHER 05/01/2016 16:28

Fin 2015, les éditions Les Trois R ont pris l'heureuse initiative de republier l'Hypotypose de Pierre Dujols sur le Mutus Liber. Cette édition qui inclut les planches est simplement magnifique:

http://www.les3r.fr/edition_les_3_r_fiche_livre_mutus_liber.html

Walter Grosse 23/09/2006 21:34

    Le L. du prénom de FAUGERON est Louis et non Lucien.
    J'ai découvert que Louis Faugeron né à Saint-Pardoux le Vieux (Corrèze) le 16 mai 1887, fils d'Antoine Faugeron et de Marie Mignon. Décédé le 3 avril 1947 (17h30) à Paris 7e,  42 de la rue de Sèvres, de Pierre Audren.
    Faugeron, domicilié 6, rue du Sabot, a été commis libraire.
    S'il vous plaît, me peut élucider sur la signification de commis libraire ?
    Merci.

ARCHER 23/09/2006 22:29

Merci de cette précision sur le prénom de L. Faugeron. Nous attendons toujours une preuve sur le fait que le garçon de laboratoire de Pierre Dujols s'appelait Louis ou Lucien.Une photographie dudit Faugeron, qu'apparement Eugène Canseliet n'a connu qu'après la mort de Julien Champagne, mais que ce dernier, ami des Dujols, a pu fréquenter en théorie avant son propre décès en 1932, serait également précieuse.Un commis de librairie est un expert en livres, ici un expert en livres anciens, comme Jean Schemit l'a été chez Champion et Julien Champagne chez Chacornac.Il effectue en particulier pour son employeur (le libraire) des recherches qui tendent à authentifier la provenance de tel manuscrit ou imprimé. Il peut aussi se voir confier des tâches spécialisées, de cataloguage par exemple ou bien d'achat ou de commercialisation de revues ou de livres.

sarah 14/05/2006 09:01

bonjour,juste une petite info, j'ai troiuvé un site intéressent parlant de champagne, qui serait à l'origine de la rumeur de Fulcanelli. Ce serait lui l'auteur des livre signé fulcanelli.voici le site : http://pwp.netcabo.pt/r.petrinus/FulcanelliVS-f.htmbonne journée.Sarah.

ARCHER 14/05/2006 10:56

bonjour sarah et bienvenue sur ce blog puisque  cette "petite info", comme vous dites, y constitue votre première intervention;le site que vous signalez est très intéressant et ne m'est pas inconnu; c'est celui de Rubellus Petrinus, un alchimiste portugais;vous pouvez aussi le retrouver à:http://pwp.netcabo.pt/r.petrinus/index.htmen fait, "RP" s'appuie beaucoup dans ce qu'il y écrit sur les travaux de Geneviève Dubois, qu'il recommande d'ailleurs explicitement; je ne partage pas les conclusions de "GD", sur la quasi identification entre Fulcanelli et Champagne; cette dame, qui a pourtant accompli une recherche considérable, n'est d'ailleurs pas  très affirmative sur ce point en définitive;voyez à ce sujet mon post récent sur ses livres (13 mai 2006, Geneviève Dubois); au plaisir de vous lire à nouveau. 

cosy ray 21/04/2006 22:34

Emma Calvé nous entraînant du côté des étranges écrits de l'abbé  Boudet, nous proposons à nos  vieux amis alchimistes, afin de les dérider quelque peu, la lecture de Jean-Pierre Brisset (1837-1919).
Cela les éloignera de notre sujet, coaque...
Les sachant friands de langue des oiseaux et de cabale phonétique, ils apprécieront sûrement.
Voici un extrait de la prose de notre grand homme pour ceux qui ne connaîtraient pas: " la grenouille n'a pas de dents, mais la parole en a abondamment inscrit la venue dans son livre de vie.
Les petits enfants , nos descendants, sont des sans dents. Nous savons tous avec quelle curiosité et quelle attention la mère compte les dents à leur apparition chez son enfant.
Quand parut la première dent, le cri un, une appelant à l'union, prit l'esprit d'unité. La première dent se nomma aine et devint la haine, car la haine montrait les dents; c'est pourquoi on dit : il a une haine , il a une dent contre moi....
......c'est donc bien à la venue des dents que commença la numération, comme nous venons de vous le démontrer.
En allemand: Die Zähne, les dents; die Zehen, les orteils; die Zehn, les dix. Tout  cela se prononce également: dizaine. Dix aines égale dix unités. Il y a donc eu un rapport entre les dents et la dizaine, comme il y en a encore un entre le nombre dix et les orteils.
Les ancêtres mettaient souvent les orteils et les doigts dans leur bouche, c'était un passe-temps que les enfants n'ont pas oublié. La logique veut aussi que les dents aient porté le nom de dix en français, et en anglais le pluriel de dents : teeth, se prononce presque dix.
Nous venons de vous démontrer l'importance du calcul: queue à le cule. Pour arriver à l'union, c'est mathématique, Mets à t'ai; mets à t'ai ique, il fallait calculer, queue à le cu l'ai.
L'épée de feu qui gardait le chemin de l'arbre de vie s'appelle calembour, jeu de mots. L'idée qu'il pût y avoir quelque chose de caché sous le calembour ne pouvait venir à aucun homme, car c'était interdit à l'esprit humain. Il lui était seulement imposé d'éclater de rire stupidement, mais cela reste désormais le partage des sots et des esprits bornés."
A l'exemple de notre "Prince des penseurs", grand ami des grenouilles, nous souhaitons longue vie aux batraciens posés sur le sein doux des dames suivant en cela les recommandations de Michael Mayer dans son Atalanta fugiens (emblème V).
A tous les "amis de l'Art et amoureux de Science", nous envoyons un cordial salut et les prions de nous pardonner s'ils jugent importunes nos interventions.
R

ARCHER 23/04/2006 12:07

R, mine de rien, êtes vous dentiste? Just kidding. Mais non, elle est très intéressante, votre référence à JPB, pour un froggie comme moi!Voici un site pour mieux découvrir "le prince des penseurs" cher à Jules Romains:http://perso.wanadoo.fr/chambernac/brisset.htm.Vous avez bien raison, notre homme est visiblement un cabaliste; par contre je vous suis moins quand vous ne vous adressez qu'aux "vieux" alchimistes, et les autres alors, les "très vieux", par exemple? Euh, sinon, JPB a t il connu Champagne?Puisqu'on en est aux soit-disant fous littéraires, je recherche aussi un auteur du XIXème siècle qui a écrit un livre développant la thèse bien connue de Fulcanelli:"Le soleil est un astre froid." A vis aux amateurs!

Walter Grosse 21/04/2006 19:43

    Cher ami,
    Marie Louise CHARTON, veuve de Pierre Léon DUJOLS, habitait le 28 boulevard Raspail, proche du jardin du Luxembourg (7ème arrondissement de Paris) et Julien Champagne dans le 59bis rue de Rochechourt (9ème arrondissement à Paris). Ainsi, je ne crois pas que les distances étaient le problème pour le rupture du contact. Peut-être par Julien Champagne boire absinthe et Pernod ?
   Cordialement, W.GROSSE.
 

ARCHER 23/04/2006 11:51

Je crois qu'il s'agit surtout d'une décision unilatérale de Madame Dujols de renoncer aux mondanités, mais je peux me tromper.J'ai d'ailleurs de nombreux doutes sur certains détails, de dates par exemple; les versions diffèrent; prenez aussi le prénom de Faugeron, il y a L., Lucien, Louis... Dans une lettre à André Savoret, Eugène Canseliet lui apprend la mort de "notre cher vieux Faugeron".Lucien Louis ?(deux L.), ce serait très pur, tout humour noir mis à part, "cabalistiquement."