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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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13 février 2006 1 13 /02 /février /2006 21:45

jacobins1580.champagne





Qui se souvient de nos jours de l'origine du mot "jacobin", lié à la révolution française? Jacobins était le surnom parisien des frères dominicains de Saint-Jacques ( Jacobus en latin). Ces derniers avaient au XIIIe siècle fondé à Paris un couvent qui porta leur nom. Il porta aussi d'ailleurs celui de Saint-Jacques, qui fut également donné à la rue où il s'élevait.

Au XVIIème siécle, le couvent dominicain fut tranféré  rue Saint-Honoré, et accueillit en 1789 la Société des amis de la Constitution, bientôt dénommée Club des Jacobins. En 1795, la Convention décida d'affecter le bâtiment à un marché, qui devint le marché Saint-Honoré. Passons sur cet épisode de vandalisme, marchand autant que révolutionnaire.

Dans un article du numéro d'avril 1993 de la revue Archeologia, qui est consacré à la présence de Saint-Jacques à Paris, Humbert Jacomet, conservateur du patrimoine, semble dater de 1206 la fondation du couvent, et affirme:

"Au XVIIIème siècle, on voyait toujours la chapelle et le primitif logis des Frères, englobés dans l'immense couvent de ceux que l'on n'appela plus que les Jacobins."

Fulcanelli précise, dans le Mystère des Cathédrales: "L'église des Dominicains, - qui y logeaient et s'y étaient établis vers l'an 1217, - dut sa fondation à Louis IX. Elle était située rue Saint-Jacques, et placée sous le vocable de Saint-Jacques le Majeur. Les Curiositez de Paris, parues en 1716 chez Saugrain l'aîné, ajoutent qu'à côté de l'église se trouvaient les écoles du Docteur angélique."

Ce docteur est bien sûr Saint Thomas d'Aquin. Et voici ce qu'ajoute Fulcanelli sur l'écusson symbolique du XIIIème siècle que l'on peut voir ci-dessus reproduit par Julien Champagne en 1911:

"L'écusson, dit de saint Thomas d'Aquin, fut très exactement dessiné et peint en 1787, et d'après le vitrail même, par un hermétiste nommé Chaudet. C'est ce dessin qui nous permet de le décrire."

Ajoutons pour notre part qu'il est émouvant de constater que la filiation Chaudet-Champagne a permis la survie de ce vitrail, plus de deux siècles après le démantèlement de l'église qui l'abritait. Mais écoutons la leçon d'héraldique de Fulcanelli à son propos:

"L'écu français, écartelé, tient par son chef à un segment arrondi qui le domine. Cette pièce supplémentaire montre un matras d'or renversé, entouré d'une couronne d'épines de sinople sur champ de sable. La croix d'or porte trois globes d'azur en pointe, bras dextre et sénestre, avec un coeur de gueules au rameau de sinople au centre. Sur ce coeur, des larmes d'argent tombant du matras se rassemblent et se fixent.

Au canton du chef dextre, biparti d'or aux trois astres de pourpre, et d'azur aux sept rayons d'or, est opposée en pointe sénestre une terre de sable aux épis d'or sur champ tanné. Au canon du chef sénestre, une nuée violette sur champ d'argent, et trois flèches du même, pennées d'or, dardent vers l'abîme. En pointe dextre, trois serpents d'argent sur champ de sinople."

Et Fulcanelli de conclure, cette fois en alchimiste, et de façon incomparablement plus brève:

"Ce bel emblème a d'autant plus d'importance pour nous qu'il dévoile les secrets relatifs à l'extraction du mercure et à sa conjonction avec le soufre, points obscurs de la pratique sur lesquels tous les auteurs ont préféré garder un silence religieux."

Tacere.


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32326042.html


Dans son recueil Alchimie, études diverses (Pauvert, 1964) Eugène Canseliet reprit en l'augmentant un article donné en 1936 à la revue Atlantis (Les trois flèches de la rédemption), où il revient sur le vitrail initiatique dont "nous pouvons admirer l'exacte reproduction en couleurs, dans le premier ouvrage de Fulcanelli.

Nous la devons à notre vieil ami défunt Julien Champagne qui l'a réalisée superbement, d'après l'image coloriée due à un hermétiste portant le nom de Chaudet. Celui-ci en l'année 1787, devant l'original qui existait encore s'appliqua donc à sa petite peinture.

La précieuse image, d'exécution naïve, fut ajoutée par l'alchimiste parisien en manière de frontispice à un manuscrit hermétique de très grande valeur, assurément de son époque mais non pas de sa main, et qui est surtout composé de scènes symboliques peintes à l'aquarelle (Flambeau mystérieux des philosophes hermétiques, composé de vingt et une planches).

De ce très beau volume, notre fille Isabelle fit à l'âge de seize ans une copie non moins habile que fidèle." C'est cette copie qui est ci-dessus reproduite.


"Enfin, ajoute Eugène, nous espérons que l'amateur nous sache gré davantage, que nous lui montrions aussi les deux écussons, gravés sur la même planche, qui furent inclus à la fin de L'harmonie chymique de David Lagneau, et qui renouvellent, diversement, le symbolisme de la baie polychrome que dessina Chaudet à l'église des Jacobins."

Publié en 1636, l'ouvrage de Lagneau a fort heureusement été réimprimé en 1986 par Jean-Claude Bailly. Et Canseliet d'ajouter:

"Images qui nous montrent à quel point cet écu était répandu dans le vieux Paris, sculpté, peint ou constitué en vitrail, avec variantes allégoriques, dont nous avons ici l'exemple au canton de la pointe dextre.

Sur l'un, les vers s'agitant au sein de leur liquide; sur l'autre, les lourds épis d'une céréale issant de la terre. Solution et putréfaction indispensables à la germination et à la végétation futures, toujours accompagnées de cette chaleur que figure, à senestre, une sorte de feu follet."



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13 février 2006 1 13 /02 /février /2006 17:07

 

 

Le moment est sans doute venu de faire plus ample connaissance avec une autre relation de Julien Champagne, que nous aurions pu déjà rencontrer quand nous avons évoqué Louise Barbe, modèle de notre peintre.

Jules Boucher (1902-1955) a comme Louise Barbe, travaillé à la société Poulenc.

Personnalité complexe, voire controversée, comme nous le verrons, ce chimiste reste aujourd'hui connu pour des travaux d'inspiration maçonnique et martiniste, qui traduisent aussi son penchant pour la magie.

Citons son article Du martinisme et des ordres martinistes (1950), et ses livres Manuel de magie pratique (1941 et 1953), et La symbolique maçonnique (1948).

En 1948 justement, il fonda  un ordre martiniste rectifié. Mais pour en revenir à Julien Champagne, il le connaissait dès 1922. Selon Geneviève Dubois, il l'aurait rencontré cette année là, par l'intermédiaire d'un parent de Julien qui travaillait également chez Poulenc.

Il est à noter que Champagne prit alors, semble-t-il, Boucher pour disciple en alchimie (ainsi que d'autres, dont un autre employé de Poulenc, Gaston Sauvage, que nous avons déjà rencontré à Sarcelles), et se faisait passer auprès de lui pour Fulcanelli. Il lui a d'ailleurs dédicacé Le Mystère des Cathédrales en signant "A.H.S. Fulcanelli."

AHSboucher.champagne.jpg

D'après Robert Ambelain, les deux hommes ne se quitteront plus, dès lors, jusqu'à la mort de Julien. Eugène Canseliet conteste ce point (cf. le dossier Fulcanelli de La Tour Saint-Jacques).

Il est à noter à ce propos qu'Ambelain  est proche intellectuellement de Boucher, comme Robert Amadou le sera ensuite d'Ambelain, à ce que nous croyons savoir.

Toujours est-il que cette amitié entre Champagne et Boucher  entraînera le premier à rejoindre le second dans des activités sulfureuses, au sein de la confrérie -dirait-on aujourd'hui la secte?- du Grand Lunaire, que fréquenta aussi Gaston Sauvage, et où Boucher qui aimait les pseudonymes (Léo Rober, Julius Bellifer, Julius Hucerbo, Onésime Chagorne, Hugues Colbert), portait le nom évocateur d'Herjus le Bouc.

Ce qui, explique Eugène Canseliet, contribua fortement à lui aliéner la "protection puissante" de Fulcanelli.

Selon Ambelain, à la mort de Champagne, en 1932, Boucher aurait pris à son domicile les originaux des planches illustrant les ouvrages de Fulcanelli, ainsi que d'autres documents. Canseliet relève à propos de ces dessins originaux qu'ils étaient sur bristol. Que sont-ils devenus?

 

 



En 1935 et 1936, Boucher publia, sous les initiales J.B., divers articles à connotation alchimique dans la revue Votre Bohneur, devenue ensuite Consolation. Utilisa-t-il pour ce faire  certains documents  pris chez Champagne? En tout cas, un de ses articles, reproduit par Dubois, a trait à la croix cyclique d'Hendaye, dont nous espérons pouvoir reparler, croix qui fera l'objet d'un ajout par Canseliet aux nouvelles éditions, parues après la seconde guerre mondiale, du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli.

Boucher était d'ailleurs sincèrement persuadé à mon avis que Champagne, qui se faisait volontiers passer pour ce qu'il ne fut pas, était Fulcanelli. C'est ainsi qu'il dédicacera à Fulcanelli-Champagne son Manuel de magie pratique (Niclaus, 1941).

 

jbdédicacemagiepratique.champagne

 

JBsignure.champagne

 

En 1952 encore, il publiera dans la revue Initiation & Science des commentaires au traité alchimique Science écrite de tout l'art hermétique (1731), qui dit-il, "résultent de notes prises au cours d'entretiens avec notre regretté Maître et ami: Fulcanelli."

Nous espérons que cette chronologie parlera suffisamment au lecteur. Et à propos de date, puisque nous  venons d'évoquer Le Mystère des Cathédrales, précisons au passage que Canseliet, dans une de ses préfaces, y écrit clairement que c'est en 1905 que Julien Champagne fit la connaissance de Fulcanelli.

 

 

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32325988.html

 



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12 février 2006 7 12 /02 /février /2006 23:02


Voici une vieille carte postale coloriée du début du XXème siècle que je ne désespère pas d'acquérir - on dit que l'espoir fait vivre!

Figurez vous qu'elle était en vente jusqu'à hier sur un site néo-zélandais de type ebay, personne ne l'a acquise et je viens seulement ce jour de la repérer sur la "toile".

Elle représente le cadran solaire du  palais royal "Holyrood" d'Edimbourg. Je note en passant qu'en vieil anglais, Holyrood ou Holyrod veut dire bois sacré, ou sainte croix. Mais me direz vous
quel rapport avec Julien Champagne?

Et bien, ce cadran solaire est représenté pratiquement à l'identique dans les Demeures Philosophales de Fulcanelli, dont il constitue l'emblème XXXIX. Je l'ai reproduit ci-dessous, ce qui
vous permettra d'admirer à la fois la précision et l'esthétique du trait de notre dessinateur.

Vous savez sans doute que le palais en question est toujours propriété des Windsor, et leur sert de résidence. Fulcanelli consacre tout un chapitre des Demeures à ce cadran solaire de 1633.

Il rappelle d'abord qu'il a été "exécuté sur l'ordre de Charles 1er, par John Milne" (on écrit aussi
Mylne). Milne était maître maçon du roi, et a réalisé cet édifice avec la collaboration de John Bartoun. D'après un guide du palais, publié en 1936 et réimprimé en 1948, John fut également aidé dans sa tache par ses fils Alexander et John.

Voici ensuite la façon dont Fulcanelli le décrit: "Il se compose essentiellement d'un bloc géométrique, taillé en icosaèdre régulier, aux faces creusées d'hémisphères et de cavités à parois rectilignes, lequel est supporté par un piédestal dressé sur une base pentagonale formée de trois degrés plans. Cette base seule, ayant souffert des intempéries, a dû être restaurée."

Et finalement, son commentaire est naturellement de nature hermétique, dont nous allons extraire quelques lignes significatives:

"Pour  nous, ce petit monument n'a pas simplement et uniquement pour objet d'indiquer l'heure diurne, mais encore la marche du soleil des sages dans l'ouvrage philosophal. Et cette marche est réglée par l'icosaèdre, qui est ce cristal inconnu, le Sel de Sapience, esprit ou feu incarné, le gnome familier et serviable, ami des bons artistes, lequel  assure à l'homme l'accession aux suprêmes connaissances de la Gnose antique."

On sait en effet que le cadran solaire, sundial en anglais, est aussi désigné par le nom grec de
gnomon.

Mais Fulcanelli poursuit:

"Au demeurant, la Chevalerie fut-elle complètement étrangère à l'édification de ce curieux Sundial, ou, tout au moins, à sa décoration spéciale? Nous ne le pensons pas et croyons en trouver la preuve dans le fait que, sur plusieurs faces du solide, l'emblème du chardon s'y répète avec une insistance significative. On compte, en effet, six capitules floraux et deux tiges fleuries de l'espèce dite serratula arvensis. Ne peut-on reconnaître, dans la prépondérance évidente du symbole, avec l'insigne particulier aux Chevaliers de l'Ordre du Chardon, l'affirmation d'un sens secret imposé à l'ouvrage et contresigné par eux?"

Et il conclut:

"A notre avis, le cadran solaire écossais est une réplique moderne, à la fois plus concise et plus savante, de l'antique Table smaragdine."


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32325954.html





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12 février 2006 7 12 /02 /février /2006 12:07


Nous pouvons maintenant revenir sur Louise Barbe, modèle présumé du peintre Julien Champagne pour son vertigineux tableau déjà présenté: Le Vaisseau du Grand Oeuvre.

Chimiste chez Rhone-Poulenc, comme Gaston Sauvage, entre autres, elle est ici représentée, nous explique Eugène Canseliet dans ses Deux Logis Alchimiques, où il reproduit ce cliché que nous pouvons dater des années 1910, "en costume de ville".

Canseliet commente mélancoliquement, en 1979, au dos de la photo: "Voici la jeune femme qui, elle aussi, se tient parmi nos fantômes, c'est-à-dire au nombre des êtres que nous avons connu, aimés et qui sont morts, au cours de notre existence déjà longue et très peu commune."

Louise Barbe mourut elle vraiment, comme nous l'avions pensé et écrit, en 1910, dans l'explosion de son laboratoire? Pourtant Canseliet avance que ce portrait aurait été tiré en 1913. Selon d'autres sources, elle serait décédée en 1919.

En tout cas, Dubois rapporte dans son livre sur Fulcanelli que Champagne, pour rassurer le mari de son modèle, Serge Voronoff, n'hésita pas, en bon cabaliste, à l'assurer qu'il avait réussi la chrysopée et grâce à elle atteint un âge avancé, ce qui probablement l'exonérait des tentations offertes par la nudité féminine, et l'aurait donc mystifié en lui présentant comme sienne la carte d'identité de son père, qu'il avait préalablement falsifiée.

Enfin, Dubois rappelle qu'Irène Hillel-Erlanger ( Claude Lorrey de son nom de plume) dédicaça à son amie Louise Barbe son livre Voyages en Kaéïdoscope (1919): "A la grande âme de L.B., j'offre pieusement ces pages.I.H.E."

Cependant, dans un numéro de 1985 de la revue Tempête chymique, Isabelle Canseliet, dans un article rédigé en 1984, se fait l'écho d'une opinion émise par le fils d'Irène, Philippe Erlanger.

Pour ce dernier, ce L.B. serait en fait masculin, il s'agirait de Léon Bloy. Léon dont elle nous rappelle par la même occasion cette maxime bien alchimique au demeurant:

"Plus on s'approche de Dieu, plus on est seul."

Relevons finalement cette assertion à première vue surprenante et en tout cas non confirmée selon laquelle Barbe pourrait être en fait une fille de Ferdinand de Lesseps:

http://voronoff.wordpress.com/madame-voronoff/

"Marguerite-Louise Barbe was Serge Voronoff’s first wife. According to David Hamilton, author of The Monkey Gland Affair, Marguerite-Louise was the daughter of Ferdinand de Lesseps, who commissioned the building of the Suez Canal."

Ecrit par un chirurgien, ce livre a été édité en 1986 par Chatto & Windus (Londres).

On y trouve effectivement une allusion précise à ce premier mariage de Voronoff:

"In Egypt, he married the daughter of Ferdinand de Lesseps and in 1902 the couple were prominent in the celebrations of the opening of the Suez Canal.

In about 1910 they returned to Paris..."

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32325909.html

temp--techymique.champagne.jpg

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12 février 2006 7 12 /02 /février /2006 11:02




Tiré des Demeures Philosophales de Fulcanelli, ce dessin de Julien Champagne, qui en constitue la planche XL, est à mon sens un chef-d'oeuvre.

Il y est intitulé : "Figeac (Lot). Eglise du Chapitre. Chapelle Notre-Dame de la Pitié. Instruments et Symboles de la Passion." La sculpture qu'il reproduit paraît dater du XVIème siècle, comme l'église qui l'abrite et dont on trouvera un cliché ci-après.

Ouvrant le dernier chapitre du livre, intitulé Paradoxe du progrès illimité des sciences, la planche
de Champagne est dans l'esprit de Fulcanelli destinée à illustrer son propos sur les quatre âges de l'humanité, et plus spécialement "le Règne de l'Homme":

"Le Règne de l'Homme, prélude du Jugement dernier et de l'avènement du Cycle nouveau, est exprimé symboliquement en un curieux tableau de bois sculpté, conservé à l'église Saint-Sauveur,
autrement dite du Chapitre, de Figeac (Lot). Sous la conception religieuse voilant à peine son évident ésotérisme, il  montre le Christ enfant endormi sur la croix et entouré des instruments de la Passion.

Parmi ces attributs du martyre divin, six ont été, à dessein, réunis en X, de même que la croix où repose le petit Jésus et qui a été inclinée pour qu'elle donnât cette forme par la perspective. Ainsi,
rappelant les quatre âges, avons-nous quatre X (khi) grecs dont la valeur numérique de 600 nous
fournit, en produit, les 2400 années du monde."




L'innocence totale et la sérénité du Sauveur s'offrent en contraste évident avec la sévérité, et le pessimisme apparent de la scéne représentée et du propos qui la commente. Le désespoir affiché est donc bien corrigé par un espoir voilé, dont le Christ, ici reposant de façon inhabituelle sur la croix,  est le messager, ce qui me semble nous renvoyer aux dernières lignes du premier tome des Demeures Philosophales:

"L'antique prophécie s'est enfin réalisée. O miracle! Dieu, maître de l'Univers, s'incarne pour le salut du monde et naît, sur la terre des hommes, sous la forme frêle d'un tout petit enfant."


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32325809.html


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11 février 2006 6 11 /02 /février /2006 19:58


L'alchimie n'est certes pas l'art de changer le plomb en or; mais à un certain niveau de savoir
et de savoir-faire, suivant la tradition, un alchimiste, même si ce n'est pas son but ultime, parvient
à réaliser à basse énergie, comme dirait  la science officielle contemporaine, des transmutations d'un métal vil en métal précieux.

Réputées impossibles juqu'au début du XXe siècle, ces opérations le sont de nos jours encore,
autrement qu'à haute énergie, du moins si on part du principe que les recherches actuelles sur la fusion froide sont vouées à l'échec.

Mais ces transmutations alchimiques ont une histoire, à laquelle d'ailleurs commencent à s'intéresser ouvertement certains scientifiques.

A  côté des inévitables fraudeurs, de vrais alchimistes ont ainsi pu, semble-t-il, administrer la preuve de leurs compétences, dont ces transmutations sont précisément une sorte de "pierre
de touche".

C'est à une de ces démonstrations qu'en 1922 a pu assister Julien Champagne, en compagnie d'une de ses connaissances, le chimiste de Rhone-Poulenc Gaston Sauvage, d'Eugène Canseliet, et  de Fulcanelli.

Canseliet en fut l'opérateur, et il la réalisa sous la direction de Fulcanelli, dans son laboratoire qu'il avait peint l'année précédente, et qui est reproduit ci-dessus. Ce tableau fait partie des planches de son livre Alchimie expliquée (1972).

La table des hors-texte de cet ouvrage le présente ainsi: "Notre petit laboratoire du premier étage de l'usine de Sarcelles, dans l'été de 1921."

Eugène Canseliet ajoute, dans le texte cette fois: "C'est là, dans cette usine de la compagnie Georgi et la petite chambre du premier étage, où venait de mourir notre père, devant la salle des épurateurs, que nous effectuâmes la transmutation fameuse, il y a eu, cette année, juste un demi-siècle."

Et il précise finalement, au dos de la planche: "Notre très modeste laboratoire dans lequel eut lieu la projection mémorable, sous la direction de Fulcanelli et devant deux témoins. Ceux-ci furent Gaston Sauvage, chimiste chez Poulenc, et l'excellent peintre  Julien Champagne qui, depuis plus de dix années, était au service du Maître."

http://fr.topic-topos.com/image/thumb/ancienne-usine-a-gaz-sarcelles.jpg

Dans l'édition originale de son ouvrage Présence de Fulcanelli (Arqa, 2008), Jean Artero attribue à Patrick Rivière l'assertion selon laquelle la transmutation de 1922 pourrait avoir été fondée sur un particulier, et Patrick s'inscrit vivement en faux contre cette affirmation de Jean.

Qu'en est-il en réalité?

Il est assez rare au demeurant de trouver, y compris de la part d'Eugène Canseliet lui-même, des précisions complémentaires sur l'histoire de cette transmutation.

En voici une qui me semble intéressante, et qui est due à Claudius et Katherine Barbat dans leur article sur La tradition vivante de l'alchimie (revue L'Autre Monde, N°148 d'avril 1993):

"Eugène Canseliet, à qui nous avions demandé ce qu'il était advenu des 120 grammes d'or que son maître Fulcanelli lui avait fait obtenir, par transmutation du plomb de tuyau à gaz, nous avait laissé entendre, avec l'air matois et sereinement évasif qu'on lui a connu, que ni lui ni Fulcanelli ne s'étaient octroyé cette masse de métal précieux.

 

Il aurait été confié aux Frères d'Héliopolis. Seul un petit fragment en avait été détaché et remis au débutant alchimiste qu'il était alors."

 

Eugène Canseliet s'est également exprimé sur cet événement dans l'entretien  radiophonique qu'il a accordé sur France Inter à Jacques Pradel, en octobre 1979. Cet entretien a fait l'objet d'une transcription dans la revue Question de (N°51, premier trimestre 1983):

 

"Fulcanelli a donné la preuve de son savoir en me faisant à moi-même exécuter devant lui d'abord et plusieurs autres ensuite -au demeurant nous n'étions que quatre, je l'ai plusieurs fois écrit, - en transmutant sur ses indications.

 

Il y avait un fragment plus gros et deux autres plus petits. Avec des fragments de pierre philosophale qui étaient évidemment peu importants eu égard à ce que j'ai transmuté.

 

Si bien même que je n'avais pas pris assez de plomb (c'était simplement du plomb à gaz) et que l'or était trop rouge et cassant, il a fallu remettre du plomb pour l'amener à la texture, enfin à la constitution normale de l'or."

 

Dans son intéressant petit livre Alchimie, de l'or fait maison, est-ce possible (L'Hèbe, Charmey, Suisse, 2010), Michel Cugnet se fait aussi l'écho de certains propos d'Eugène Canseliet, qui ont également été rapportés antérieurement par Jacques Sadoul (Le grand art de l'alchimie, Albin Michel, 1973):

 

"Fulcanelli tenait absolument à ce que ce soit moi qui fasse l'opération, en grande partie sur ses indications. J'étais l'instrument.

 

Dans le creuset je fis fondre 120 grammes de plomb grâce à du charbon de bois écrasé au mortier. D'un flacon, il fit tomber trois éclats de rubis,l'un de la grosseur d'une tête d'épingle, l'autre d'une demi-tête, le dernier minuscule. Je les ai enrobés de cire blanche.

 

D'une cuiller, j'ai fait tomber la boule dans le bain à 600°C. Presque instantanément, j'ai recueilli un or très beau. Vous savez que le rubis est la pierre transmutatoire, ou pierre philosophale orientée vers l'or." On trouvera la même citation dans le livre sur Eugène Canseliet de Cédric Mannu (Arqa, 2010).


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32325740.html



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11 février 2006 6 11 /02 /février /2006 19:09

Puisqu'avec Eugène Canseliet nous avons évoqué les dernières années de la vie terrestre de Julien Champagne, il est temps de le considérer à nouveau dans l'immortalité de son oeuvre.

Cette oeuvre qui aujourd'hui survit, espérons le "bien moins que demain", c'est essentiellement celle du peintre et du dessinateur également talentueux, et dont le phénix qu'il offrit en illustration des Demeures Philosophales de Fulcanelli est un symbole ô combien évocateur.

La planche XXXIV des Demeures, clichée ci-dessus, reproduit un bas-relief de l'hotel du
Bourgtheroulde (XVIe siècle) à Rouen; elle est intitulée Le Phénix sur son immortalité.

On sait depuis le poète latin Lactance au moins (Carmen de ave Phoenice, vers 300) que cette immortalité est paradoxalement constituée par le brasier que l'oiseau mythique allume lui-même lorsque le temps est venu, et dont il renaîtra ensuite des cendres.



Au cours de son étude de la légende antique, et de sa signification alchimique, Fulcanelli cite l'écrivain Savinien de Cyrano Bergerac (1619-1655), de la personnalité duquel Edmond Rostand tira une pièce à succès, il y a un peu plus d'un siècle, mais dont les écrits sont en fait moins ceux d'un bretteur que d'un "philosophe hermétique", pour reprendre l'expression de Canseliet.

Dans L'autre Monde (1657-1662), ouvrage posthume qui contient une Histoire des Oiseaux, notre philosophe fait ainsi parler le Phénix:

"Je vois bien que vous êtes gros d'apprendre qui je suis. C'est moi que parmi vous on appelle
Phénix. Dans chaque Monde, il n'y en a qu'un à la fois, lequel y habite durant l'espace de cent ans;
car, au bout d'un siècle, quand sur quelque montagne d'Arabie il s'est déchargé d'un gros oeuf au
milieu des charbons de son bûcher, dont il a trié la matière de rameaux d'aloès, de cannelle et d'encens, il prend son essor et dresse sa volée au Soleil, comme la patrie où son coeur a longtemps aspiré. Il a bien fait auparavant tous ses efforts pour ce voyage; mais la pesanteur de son oeuf, dont les coques sont si épaisses qu'il faut un siècle à le couver, retardoit toujours l'entreprise.

Je me doute bien que vous aurez de la peine à concevoir cette miraculeuse production; c'est pourquoi je veux vous l'expliquer. Le Phénix est hermaphrodite; mais entre les hermaphrodites,
c'est encore un autre Phénix tout extraordinaire, car..."

En note de bas de page, Fulcanelli commente laconiquement: "L'auteur interrompt ainsi, brusquement, sa révélation."



http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32325681.html



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11 février 2006 6 11 /02 /février /2006 16:38


Après avoir évoqué l'oeuvre d'Eugène Canseliet, le moment me semble venu de dépeindre son amitié avec Julien Champagne.

Une amitié de près de quatre lustres, débutée alors que Canseliet était, comme sur le premier cliché proposé, un tout jeune homme, et qui ne se démentira pas jusqu'à la mort de Julien , et au-delà, jusqu'au décès d'Eugène, également photographié ici  dans la dernière année de sa vie.

Champagne était déjà entré en alchimie avant de rencontrer Canseliet,  puisque selon Ambelain et Dubois, il  avait dès 1893 installé son premier laboratoire chez ses parents à Villiers-le-Bel, tant il se passionnait pour les textes alchimiques anciens.

En 1907, un second suivra, rue Vernier à Paris, grâce aux subsides de Ferdinand  de Lesseps, toujours selon Ambelain. En 1910, Champagne devient le dessinateur de Fulcanelli.

Canseliet entre en scène quelques années plus tard, en 1915 ou 1916 suivant les sources,  respectivement  Dubois d'un côté, et Ambelain et Atorène (Le laboratoire alchimique, Trédaniel, 1981) de l'autre. Canseliet connaissait Fulcanelli depuis peu lorsque ce dernier lui présenta Champagne:

"C'est à Marseille que j'ai rencontré auprès de Fulcanelli Jean-Julien Champagne" dira-t-il plus tard à Robert Amadou (Le feu du soleil, Pauvert, 1978).

Dès lors, l'amitié s'installe entre les deux hommes, nourrie par leur attrait commun pour l'alchimie et leur commun attachement à Fulcanelli.

Canseliet dès 1916 rendra régulièrement visite à Champagne dans son laboratoire de la rue
Vernier, "jusqu'au déménagement de l'année suivante" (La Tour Saint-Jacques).

Cette amitié se fonde également sur leur passion égale pour la peinture. Canseliet accompagne fréquemment Champagne au domicile de sa mère à Arnouville-les-Gonesse; durant leurs rencontres ils peignent de concert un certain nombre de tableaux (Dubois).

En 1922, Champagne emménage au 59 bis rue Rochechouart à Paris (Ambelain). La même année, il assiste à Sarcelles à une transmutation opérée par Canseliet, sur laquelle nous reviendrons bientôt.

En 1925, Canseliet vient s'installer dans le même immeuble que son ami, et au même étage.
Preuve de la proximité des deux hommes. Canseliet n'en déménagera qu'après la mort de
Champagne, pour le 10 du quai des Célestins, en 1933.

Rappelons que c'est à cette époque que parurent les éditions originales des deux livres de Fulcanelli (1926 et 1930), préfacés par Canseliet et illustrés par Champagne.

Mais dès cette dernière année, Champagne tombe malade; il est rongé par une artérite. Dans
la Tourbe des Philosophes N°15-16, Canseliet se souviendra encore en 1981:

"Le progrès du mal avait été inexorablement lent et douloureux, depuis son début presque soudain, en cette belle journée de juillet 1930, où, à Sarcelles, il revint péniblement à la maison pour le souper.

Tous deux ensemble, nous étions allés nous promener vers le pont de Copin; endroit charmant, resté indemne jusque là, qu'il fixa dans une aquarelle, sa dernière probablement.

Je possède toujours cette image en couleurs, par bonheur, ou plutôt grâce à Dieu."

Canseliet considérait donc bien Champagne comme son "ami", comme le reconnaît Ambelain qui
pourtant veut qu'il ait été son "maître", et identifie Champagne à Fulcanelli. En 1979 encore,
dans ses Deux Logis Alchimiques, Canseliet l'appelera affectueusement "notre vieux camarade."

Champagne a été aussi un maître de dessin de Canseliet, comme ce dernier l'a reconnu lui-même : "Il était maître en effet, dans l'art du crayon et du pinceau, voire dans celui du violon."
(La Tour Saint-Jacques). En alchimie,  le maître commun des deux artistes a été le toujours mystérieux Fulcanelli.

Dans le même numéro de La Tourbe, Canseliet évoque à nouveau la mémoire de Champagne, se
rappelant mélancoliquement:

"De nombreux  souvenirs m'attachaient à Julien Champagne, principalement ceux de l'ancien temps de ma jeunesse heureuse, ceux aussi de l'avenue Montaigne, et des fameux Voyages en
Kaléidoscope.

"...Quel beau paysage cérébral, dit mon
Maître. Viens, Gilly, rentrons. Je voudrais
travailler.

Alors il a repris mon bras
et nous sommes revenus
ensemble."

canselietjeuneagrandi.champagne.jpg
http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32325541.html

 

ECsignure.champagne

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5 février 2006 7 05 /02 /février /2006 14:58


Toujours dans son Alchimie expliquée (Pauvert, 1972), Eugène Canseliet reproduit, à nouveau en
planche hors texte, cette gravure qu'il intitule en index "médaillon de Viollet-le-Duc (encore lui) à
Notre-Dame de Paris."

Voici ce qu'il en écrit également, cette fois au dos de la planche: "L'éternelle alchimie est immuable sur son trône et reçoit, contre sa poitrine, l'échelle du Livre muet, au long de laquelle montent et descendent les messagers, dans leur désir de s'abreuver aux ondes supérieures et célestes."

Cette gravure n'est pas signée, du moins dans cette version, par Julien Champagne, mais elle est
bien de lui, puisque Canseliet dans le texte de son ouvrage la présente ainsi:

"Au sentiment de l'Adepte Fulcanelli, c'est l'alchimie, elle-même, qui reçoit l'investigateur, sous le porche central, dit encore du Jugement, à Notre Dame de Paris. Bien dégagée, en ronde bosse, d'un cercle pris sur le pilier trumeau, elle est assise et sa tête touche aux ondes du ciel.

On la peut admirer, dans l'édition de Jean-Jacques Pauvert, grâce au parfait cliché photographique de Pierre Jahan, ainsi que dans les deux premiers tirages de 1926 et 1956, avec le saisissant dessin de Julien Champagne, que nous avons repris en illustration de notre propos."

Quelques lignes plus loin, il rend d'ailleurs à ce dernier cet hommage émouvant: "Au reste ce serait, de notre part, une très grande ingratitude, que nous ne dissions pas combien nous devons au dessinateur du Maître, pour le maniement du crayon et du pinceau qui, il est vrai, nous furent tant familiers dès notre prime jeunesse."

Le livre de Fulcanelli dont il s'agit ici est bien entendu Le Mystère des Cathédrales, réédité par Pauvert en 1964, et réimprimé en 1970.

Voici donc finalement ce qu' y explique, au chapitre Paris,  Fulcanelli lui-même, à propos du même bas-relief: "Le pilier trumeau, qui partage en deux la baie d'entrée, offre une série de représentations allégoriques des sciences médiévales.

Face au parvis, -et à la place d'honneur, - l'alchimie y est figurée par une femme dont le front touche les nues.

Assise sur un trône, elle tient de la main gauche un sceptre, -insigne de souveraineté, - tandis que la droite supporte deux livres, l'un fermé (ésotérisme), l'autre ouvert (exotérisme).

Maintenue entre ses genoux et appuyée contre sa poitrine se dresse l'échelle aux neufs degrés, - scala philosophorum, - hiéroglyphe de la patience que doivent posséder ses fidèles, au cours des neuf opérations successives du labeur hermétique.

"La patience est l'eschelle des Philosophes, nous dit Valois, et l'humilité est la porte de leur jardin; car quiconque persévèrera sans orgueil et sans envie, Dieu lui fera miséricorde." Amen.


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32325508.html



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5 février 2006 7 05 /02 /février /2006 14:28


Préfacier et rédacteur des Fulcanelli illustrés par Julien Champagne, alchimiste, écrivain, Eugène Canseliet (1899-1982) en a été un des hommes les plus proches.

Adulé par les uns ("le bon maître de Savignies"), décrié, surtout depuis son décès, par beaucoup
d'autres, qui voient en lui un mystificateur (Evelyne Segaud) ou une dupe (Geneviève Dubois), il reste incontournable, notamment lorsqu'il s'agit de celui qu'il appelait "Maître".

Outre la déférence d'usage envers l'ainé de plus de vingt ans, cette appelation était justifiée par leur passion et je dirais aussi leur talent commun en matière de peinture et de dessin.

Nous reviendrons ultérieurement sur leur relation étroite et durable, puisque débutée en 1915 environ et qui restera ininterrompue jusqu'au décès de Champagne en 1932.

Mais je voudrais dès aujourd'hui rappeler l'apport personnel d'Eugène Canseliet à la littérature et
à l'alchimie, ainsi qu'à l'art en général.

Outre d'innombrables articles qu'il n'est pas utile de mentionner dans le détail pour l'instant, son oeuvre est considérable, en terme de livres parus en particulier.

Il publie dès 1945 Deux Logis Alchimiques, puis propose aux Editions de Minuit Les Douze Clefs de la Philosophie, de Basile Valentin (1956). En 1964, un recueil de ses articles est publié par
Pauvert (Alchimie). En 1967, toujours chez Pauvert, paraît  le Mutus Liber. 

 

 

 



En 1971-1972, il  réédite Limojon de Saint-Didier et Nicolas Flamel, chez Denoël. Cette dernière année, paraît, à nouveau chez Pauvert, L'Alchimie expliquée sur ses textes classiques, dont est extraite l'aquarelle ci-dessus. Citons aussi ses Trois Traités d'Alchimie (Pauvert, 1975).

En matière de littérature, et sans vouloir être complet, j'ajouterai à son étude sur Cyrano de Bergerac (Alchimie, 1964), celle sur Jonathan Swift (Fata Morgana, 1983).

En matière d'art, mentionnons tout de même sa contribution à l'Art magique, d'André Breton
(Formes & Reflets, 1957) et sa présentation d'Héraldique Alchimique Nouvelle, de José Camacho
et Alain Gruger (Le Soleil Noir, 1978), ainsi que celle du recueil de Michel Desimon, La Femme et
l'OEuf Philosophal (Editions du Cygne, 1980).

Pour terminer provisoirement, revenons au tableau signé ci-dessus,  dont Eugène Canseliet nous dit dans L'Alchimie expliquée (Index) qu'il est un "portrait du peintre Julien Champagne, exécuté chez ses parents, aux Charmettes de Villiers-le-Bel."

Il précise au dos de la planche qui le reproduit: "Julien Champagne, tel qu'il était, lorsque nous allions ensemble, afin de nous installer, pour une aquarelle, aux environs de l'Ermitage d'Arnouville, en des lieux champêtres qui ont maintenant disparu."

Et dans le texte du livre, voici ce qu'il ajoute:

"En souvenir de ces temps mémorables, nous espérons que l'amateur nous saura gré, que nous lui offrions le portrait de Julien Champagne, que nous fîmes à l'aquarelle, le 12 août 1921, alors qu'il habitait Arnouville-les-Gonesse, au lieu dit de L'Hermitage et,  par coïncidence, dans l'avenue Viollet-leDuc."

Canseliet qui dans ses Trois anciens traités ci-dessus mentionnés reproduit en noir et blanc et commente un tableau qu'il intitule "la chasse à la chouette", tableau dont je vous joins ex abrupto une version couleur, récemment négociée sous le titre "la pipée":

 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32349948.html

 

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