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  • : JULIEN CHAMPAGNE
  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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20 décembre 2006 3 20 /12 /décembre /2006 11:49




Après avoir admiré les dessins de Julien Champagne sur la croix d'Hendaye (Hendaye de Champagne, 6 novembre 2006, Champagne sur un piédestal, 12 novembre 2006), disons quelques mots sur ceux de l'article de J.B. parus en 1936 dans Consolation, article que voici, reproduit par Geneviève Dubois dans son Fulcanelli dévoilé.

Vous vous ferez ainsi une idée par vous même, mais à mon sens si pour J.B. l'auteur de ces illustrations, un certain M. Lemoine, était un "peintre de grand talent", qu'allons nous dire alors de Champagne?

La comparaison des textes qu'appuient ces dessins donne sans surprise le même résultat, et tourne à l'avantage du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli (Omnium, 1957 et éditions suivantes par Pauvert).

Là encore, lisez et comparez, nous avons d'un côté un chapitre élégant et bien construit, de l'autre
une prose sèche et à mon avis un tantinet brouillonne.  Voilà pour le style, quant au fond, il suffit de réaliser que J.B cite Fulcanelli, pour, compte tenu d'une similitude certaine, deviner qui s'est inspiré de l'autre.

Je rappellerai tout de même que J.B. n'est autre que Jules Boucher (Champagne et Jules Boucher,
13 février 2006).

Quant à Consolation, nous avons vu que cet hebdomadaire ésotérique était dirigé par Maryse Choisy ( Julien Champagne entre chien et chat, 21 septembre 2006, Maryse Choisy et Julien Champagne, 3 octobre 2006).

Vous avez sans doute constaté que dans son article J.B. cite l'AROT, Association pour la Rénovation de l'Occultisme Traditionnel, déjà rencontrée (Julien Champagne en parapsychologie, 1er septembre 2006).

Il y a à mon avis un lien direct entre l'AROT et Consolation, dont j'ai pu consulter récemment "l'almanach pour 1936".

D'abord, cet almanach contient entre autres un article de J.B. sur l'alchimie. Ensuite, nous  voyons qu'outre J.B., un certain André Vidal et un quidam dénommé A. Charvin apparaissent au comité de rédaction, ainsi que Robert Ambelain (Champagne à l'ombre de Robert Ambelain, 4 mai 2006).


Enfin, voici sur la couverture de cet almanach le "sceau" de l'AROT, et en page intérieure, un encart intitulé: Qu'est ce que l'AROT et comment  y entrer?

Signé du "comité directeur" de l'AROT, il comporte d'abord une explication du sigle (TARO, ROTA, TORA), puis un exposé des buts du groupement,  qui sont "nettement initiatiques."

L'esprit sectaire en est banni, et l'AROT se veut dépositaire du véritable ésotérisme, qui est l'essence même des religions.

"Toutefois des obligations seront imposées. Elles seront celles-ci: Accepter les directives du comité directeur de l'AROT..."

Les candidats seront enfin soumis à "des épreuves probatoires réellement sérieuses" et je relève parmi les disciplines proposées la magie et même l'hypnotisme.

Finalement, l'adresse du secrétariat de l'AROT (15 rue Lord Byron, dans le 8ème arrondissement de Paris) est la même que celle du secrétariat des éditions Consolation...

Cette messe là me semble donc bel et bien dite, et la question qui après tout cela vient naturellement à l'esprit est : quels rapports entre AROT et Grand Lunaire (Champagne au Grand Lunaire, 25 juin 2006).


Avant de vous quitter pour cette fois, je voudrais vous signaler qu'entre autres points communs entre Julien Champagne et Eugène Canseliet, outre leur passion partagée pour la peinture, le dessin et bien sûr l'alchimie, il  y en a un bien particulier qui rapproche ces deux amis, tous deux serviteurs au surplus de Fulcanelli:

A ces deux artistes donc, un seul livre a jusqu'alors été consacré, et il est des plus rares. Je vous ai déjà présenté celui sur Julien Champagne (Julien Champagne versus Evelyne Segaud, 8 avril 2006).

Voici donc aujourd'hui celui sur Eugène Canseliet. Il a été écrit par Judith Henry, dont l'hermite de Savignies avait préfacé un des ouvrages,  et qui, rédigé "en l'honneur du centenaire du plus grand alchimiste du XXème siècle", est donc paru en 1999.

Après avoir remarqué que dans les deux cas nous avons affaire à des ouvrages de dames, ou "travaux de dames", je suppose que vous aurez comme moi noté le "jeu d'enfant" que constitue la couverture.

Henry tresse à Canseliet, non une couronne de laurier, mais de chêne, et cette couronne est celle de la langue des oiseaux, langue verte ou art goth. Cette illustration de couverture est de Marie-Odile Willig.

Je ne vous citerai qu'un bref passage de ce livre d'hommage et de mémoire, où transparaît "l'immuable sensibilité féminine", mais aussi la Science d'Eugène. Il s'agit d'un épisode onirique, mettant en scène un des auteurs fétiches d'Henry, Robert de Laroche, connu, ceci ne surprendra pas les amateurs de la gnose fulcanellienne, pour son amour des chats:

"Après avoir examiné son chat se préparant au sommeil afin de partir pour d'autres contrées, l'auteur lui-même s'endormit et presque tout de suite il fit un songe extraordinaire:

Sur une plage, en différents plans, il vit des monolithes couverts de signes...Au pied du monolithe le plus proche, plusieurs chats...

Il s'éloigna de cette scène pour rejoindre un sentier cheminant la falaise. Plusieurs personnes d'un certain âge, "des Sages", lui murmura la voix de son guide, occupaient, immobiles comme les santons de la crèche, plusieurs points du chemin.

Parmi eux, il eut la surprise de reconnaître le visage d'Eugène Canseliet. Toujours en état de rêve, il dit à son guide: "Mais il est mort depuis plusieurs années." Et celui-ci de lui répondre par la négative.

Alors Robert d'ajouter: "Mais si, il repose dans un petit cimetière campagnard." Or, plusieurs personnages proches de lui se retournèrent, et Canseliet lui sourit avec une infinie douceur et lui
dit simplement: "Eh bien!"

"Je compris de suite, conclut R. de Laroche, que cette distinction entre le mort et le vif n'avait plus court ici."


Et puisqu'il vient d'être question de santons et de crèche, permettez moi, en cette Saint Théophile, et à la veille du solstice hivernal, de vous reciter en guise de conclusion, de vous réciter finalement, cette prière superbe qui clôt le premier tome des Demeures Philosophales de Fulcanelli:

"Prosternez-vous, mages de l'Orient, et vous, docteurs de la Loi; courbez le front, princes souverains des Perses, des Arabes et de l'Inde!

Regardez, adorez et taisez-vous, car vous ne sauriez comprendre. C'est là l'OEuvre divin, surnaturel, ineffable, dont jamais nul mortel ne pénétrera le mystère.

Au firmament nocturne, silencieux et profond, brille une seule étoile, astre immense, resplendissant, composé de toutes les étoiles célestes, votre guide lumineux et le flambeau de l'universelle Sagesse.

Voyez: la Vierge et Jésus reposent calmes et sereins, sous le palmier d'Egypte.

Un nouveau soleil irradie au centre du berceau d'osier, corbeille mystique que portaient jadis les cystophores de Bacchus, les prétresses d'Isis; nouveau soleil qui est aussi l'Ichtus des Catacombes chrétiennes.

L'antique prophétie s'est enfin réalisée. O miracle! Dieu, maître de l'Univers, s'incarne pour le salut du monde et naît, sur la terre des hommes, sous la forme frêle d'un tout petit enfant."

Noël! Noël! Noël!



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14 décembre 2006 4 14 /12 /décembre /2006 13:43


Il me semble curieux que personne à ce jour ne paraisse s'être intéressé aux imprimeurs des livres de Fulcanelli, et par voie de conséquence de Julien Champagne.

Pour ne pas être trop long, je vais me concentrer provisoirement sur les impressions françaises du premier ouvrage de Fulcanelli: Le Mystère des Cathédrales.

Et je me contenterai de vous renvoyer au surplus - de façon certes un peu...cavalière, mais je l'avoue - au toujours excellent Index Fulcanelli de Lonzième et Allieu (Allieu, 1992).

Et je vous proposerai de remonter dans le temps, et donc de commencer par la troisième édition du Mystère, celle de Pauvert (JJ Pauvert et JJ Champagne, 18 juin 2006).

Nous voici donc d'emblée au coeur non européen de l'Europe, ou plutôt devrais-je dire sans doute en son coeur le plus mondial.

C'est en effet dans la francophone et vaudoise cité de Lausanne, où mourut Viollet-le-Duc, qu'en 1964 fut imprimée l'édition Pauvert du Mystère des Cathédrales.

Que l'imprimerie en question se soit intitulée Héliographia, voilà qui a dû beaucoup plaire et à Fulcanelli, et à Champagne, et à Eugène Canseliet. Bref, cela ne manque sûrement pas de sel.

J'avoue que je connais mal l'historique de cette imprimerie, parfois qualifiée je ne sais trop pourquoi de "populaire", et dont l'activité est attestée dès 1945.

Hélas, elle a fermé depuis, et sa succursale genevoise était-elle même déclarée en faillite il y a une bonne dizaine d'années.

Nous allons nous rendre compte au travers de ce qui suit que son cas n'est pas vraiment isolé.


Le second imprimeur de Champagne et Fulcanelli fut en 1957 l'imprimeur Oberthur, qui présida à à Rennes et Paris à la deuxième édition du Mystère des Cathédrales par l'Omnium Littéraire, autrement appelé Editions des Champs Elysées (Julien Champagne à l'Omnium Littéraire, 9 mars 2006).

Riche d'une tradition d'imprimerie qui remonte au début du XIXème siècle:

http://www.oberthur.com/imprimerie

l'imprimerie Oberthur a en tant que telle fermé ses portes en 1984. Ses activités ont été reprises et réorientées, si je puis dire, par le groupe FCO (et non FCH).

Sur l'aventure Oberthur (1842-1983), qui en fait se poursuit, je voudrais signaler ici le beau livre de Louis Jénin, L'imprimerie Oberthur à livre ouvert (titre très alchimique, ma foi), Eljie, 2001. Hélas, il n'y est pas question des Fulcanelli.


Last but not least, l'édition originale du Mystère par Schemit en 1926  (Jean Schemit éditeur de Champagne, 30 avril 2006) fut imprimée par P. Daupeley-Gouverneur à Nogent-le-Rotrou, autrefois capitale du Perche, et  sise aujourd'hui  en Eure-et-Loir, à l'ouest de Chartres.

Daupeley-Gouverneur était lui aussi un imprimeur de tradition. J'en ai trouvé une trace des activités dès 1844. En 1880, un G. Daupeley-Gouverneur a même publié un ouvrage intitulé Le compositeur et le correcteur typographe.

Comme je l'écrivais déjà le 28 avril 2006, dans mon article Découverture de Champagne, et bien malheureusement, "il semble que cette imprimerie, qui a utilisé les planches originales ou des copies des planches de Julien Champagne, ait cessé ses activités à la fin du XXème siècle."

 

journalgrebiche.champagne

 

D'après Ibrahim, qui a pu consulter une partie du "journal grebiche" de l'imprimeur, Le Mystère des Cathédrales ayant été en principe tiré à 300 exemplaires pour Jean Schemit, ce qui ne peut être vérifié pour l'instant, Les Demeures Philosophales, elles, ont en tout cas fait l'objet d'un tirage à 330 exemplaires, et non à 300 ou 500 comme avancé ordinairement.





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10 décembre 2006 7 10 /12 /décembre /2006 13:40



" A Nice, se retrouvent certains frères d'Elie, dans la demeure du Comte Prozor où sont organisées des réunions à thèmes philosophiques et hermétiques. Nous pouvons voir les Schwaller, les Celli, les Coton-Alvart, etc...

A Paris, ils sont tous les invités de Nathalie Clifford-Barney, la richissime américaine, amie de Milosz, qui reçoit au 20 rue Jacob, dans un petit temple maçonnique "Le Temple de l'amitié" et des soirées se donnent aussi chez les de Lesseps, avenue Montaigne.

C'était un petit monde, toujours les mêmes, qui fréquentait à la fois les sociétés initiatiques et les salons littéraires et scientifiques.

Dans le sein des "Veilleurs" s'épanouissait la "Fraternité d'Elie" composée de 12 "Frères" parmi lesquels : René Schwaller, Milosz, Henri Coton-Alvart, Elmiro Celli, Gaston Revel, Carlos Larronde, René Bruyez, Luis de la Rocha, Louis Alainguillaume, Le Carpentier, etc...

Les Frères d'Elie furent donc liés à Champagne."


De qui, cette citation? Geneviève Dubois, bien sûr:

http://www.eklectic-librairie.com/ArticlesAuteurs/GenevieveDubois.htm

Pourquoi mentionner maintenant cet article extrait, non de son livre Fulcanelli dévoilé, mais de de la revue "Regards", n°2? C'est que je voudrais ce jour vous entretenir de "l'amazone" franco-américaine Natalie Clifford Barney (1876-1972), dont par conséquent voici et le temple et la loge, et des portraits suggestifs.

A mon sens, et je compte bien vous en apporter d'autres justifications que celle de ses liens avec les Veilleurs de René Schwaller, elle n'a pas pu ne pas connaître Julien Champagne.


Mais d'abord, permettez-moi de remercier un de nos lecteurs de m'avoir incité à lire le livre qu'en 1976 Jean Chalon a consacré à Barney: Portrait d'une séductrice (Stock).

C'est de cet ouvrage que sont extraits nombre de clichés reproduits ici, et c'est à sa lecture que j'ai pu m'apercevoir, notamment,  que la "Sapho de Washington" puisque c'est ainsi que s'y intitule la photo ci-dessus,  a été dès l'enfance une proche des soeurs Shillito, comme elle originaires de l'Ohio - Etat des Etats-Unis qui, comme on le sait, est avant tout celui du petit pull marine d'Isabelle Adjani.


Sacrée piscine! Quoi, vous avez dit Shillito? Bon sang, mais c'est bien sûr, nous revoici en présence de la Mary de mon article Julien Champagne et Mary Shillito du 31 août 2006...

Les deux soeurs Shillito , Mary et...Violette, cher Patrick Rivière, sont en fait des amies d'enfance de Natalie.

C'est d'ailleurs Violette, prématurément décédée en 1901, qui présentera Natalie à l'un de ses amours, la poétesse Pauline Tarn, plus connue sous le nom de René(e) Vivien (1877-1909):

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9e_Vivien
http://www.ieeff.org/vivien.htm

En 1901, Renée publie son premier recueil, Etudes et préludes. Il est pour "N", "pour Elle".


Insatiable conquérante, Clifford Barney va toute sa vie durant collectionner les aventures, essentiellement féminines.

Vers 1909, rapporte Chalon, "Natalie traverse l'Europe pour y traquer jusqu'à Saint-Pétersbourg sa dernière proie, l'artiste Henriette Roggers. Déplacement inutile: la séductrice a été évincée par un séducteur, un colonel russe.

Pour se consoler, pendant le retour, elle lit le Candide de Voltaire." Rappelons-nous, tout de même, que la dite Henriette Roggers passe pour avoir été un modèle de Julien Champagne
(Henriette Roggers et Champagne, 18 août 2006).


C'est à ce moment (1909) qu'elle découvre son "antre" du 20 rue Jacob. Et dès cette (belle) époque, elle est amie d'Anatole France, lui même proche de Fulcanelli et Champagne
(Anatole France et Julien Champagne, 22 février 2006).

Alors que la première guerre mondiale est sur le point d'éclater, "Natalie va souvent déjeuner à Saint-Cloud chez Anatole France."

France dont elle louera "l'incorrigible, charmante et timide politesse."



Et puis, bien sûr, en plein conflit de 1914-1918, voici venir le Veilleur Milosz, qui lit au temple de l'Amitié sa traduction du Faust de Goethe. "Un bombardement ne suffira pas à interrompre cette lecture que l'on poursuivra à la lueur d'une chandelle."

Milosz, qualifié par l'Amazone de "seul mystique réussi que je connaisse", a lui aussi succombé aux envoûtements de la séductrice. Il termine immanquablement ses lettres par une formule magique: "J'embrasse les ailes de mon ange."

Dans un des livres qu'elle a consacré au poète lituanien, O.V. Milosz (L'Age d'Homme, 1996), Alexandra Charbonnier souligne que ce dernier devint vite un habitué des "vendredis" de Natalie.

Elle et lui se verront jusqu'en 1937, et après la mort du "métaphysicien", Clifford Barnier fondera une association pour l'édition de son oeuvre, et la célébration de son souvenir.




Alexandra fait également mention dans son essai d'une liste que Natalie aurait elle même dressé de ses oeuvres, écrites tantôt en français, et tantôt en anglais.

Car l'Amazone a aussi été une artiste, et dirais-je, ...un penseur redoutable. Je retiendrai en tout cas de cette liste, outre Aventures de l'esprit (1929), The city of the flower, oeuvre non datée, donc éternelle.

Il s'agit d'un poème avec enluminures, qui n'existerait qu'à un exemplaire. Cette oeuvre est donc aussi unique.

"Pour apporter quelque chose, dit justement Natalie, il faut venir d'ailleurs."

Mais restons-en à Clifford Barney, telle qu'en elle-même:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Natalie_Clifford_Barney
http://www.natalie-barney.com/

Son portrait "à la cape de fourrure" réalisé en 1897 par sa maman, elle-même artiste peintre, figure désormais au Smithonian Museum of American Art.

Pour Jean Chalon, lui aussi séduit sur le tard, elle s'applique à "mettre en pratique l'un de ses plus chers axiomes - et nietzschéens - : Devenez ce que vous êtes."


Je m'en voudrais de quitter Natalie sans vous citer encore de ses pensées, qui, Champagne ou pas,  ne peuvent que nous la faire aimer.

Voici donc, rapporté par Chalon, un extrait de ses Eparpillements (1910), d'où l'alchimie me semble superbement transparaître :

"Toute expression, tout art est une indiscrétion que nous commettons envers nous-mêmes. Et ceci ne provient pas d'une "pauvreté", mais d'un surcroît de richesse, car c'est ainsi que nous faisons vivre les quelques heures de notre vie au-delà d'elles-mêmes.

Et devant nos passés, la discrétion n'est qu'un oubli sans valeur, stérile...Je crois qu'il est pieux d'honorer nos morts de quelques paroles par lesquelles ils peuvent encore se survivre, et de leur donner au lieu d'un néant silencieux et graduel, quelque épitaphe inspirante et courageuse de ce qu'ils furent.

Car il est peut-être coupable de laisser se dissiper sans voix et sans chants ces prodigues qui, de la vie même, ont fait leurs chefs-d'oeuvre.

L'histoire de leurs amours, pieusement recueillies, a embelli le monde; c'est l'aumône que leurs richesses nous font. Elle est également leur seule postérité.

Il y a aussi des indiscrétions de silence. Et ne serait-ce pas la pauvreté sans recours que de laisser mourir ce qui est mort?"

Magnifique! A propos, connaissez vous le sceau de l'Amazone? Il figure une main tenant une flèche, le tout entouré de sa devise: Spes anchora vitae.

Et toujours selon Chalon, une de ses expressions favorites est: "Il faut inventer sa vie." A Jean Chalon, elle dira aussi:

"A bientôt, mon Jean, à toujours."

Dans son tout récent Guide du Paris initiatique (Dualpha, 2006), Richard Raczynski confirme finalement: "Nathalie Barney fréquentait le Paris occulte."

Il attribue à Milosz, ami de longue date, cette transition entre le monde des lettres et celui de l'ésotérisme.

"Celui-ci présenta à Nathalie Barney un groupe issu du "Cercle Apostolique" et de son ordre intérieur "les Veilleurs": la Fraternité d'Elie."

http://www.ruevisconti.com/LaRueMysterieuse/TempleAmitie.html


Et n'oublions pas non plus dans le cercle de ses relations, un certain Coton-Alvart, lui aussi frère d'Elie, qui connut Julien Champagne:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3552044.html

Enfin, Fulcanelli lui-même, dont  Champagne fut l'illustrateur des oeuvres, eut pour dernier domicile connu  un appartement jouxtant le Temple de l'amitié de Natalie:

http://www.fulgrosse.com/article-4011092.html

"Les arbres du jardin du Temple de l'amitié sont visibles de toute la partie latérale de l'immeuble 12, rue Jacob."

Peinte ici en 1920 par son double, sa compagne d'artiste Romaine Brooks (1874-1970), et désormais visible au musée Carnavalet, une femme cavalière, une gazelle amazone galope pour l'éternité. Noire cabale en sol majeur!



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7 décembre 2006 4 07 /12 /décembre /2006 18:49


Calendrier a décidemment raison. En dépit de ce que je pensais, et affirmais par conséquent, dans mon article Champagne au mont Saint Michel du 26 novembre 2006, et de façon plus précise dans sa partie consacrée aux commentaires, Allieu et Lonzième dans leur précieux Index Fulcanelli font bien mention de la légende qui dans l'édition Omnium Littéraire des Demeures Philosophales est associée aux première et quatrième de couverture.

Je rectifie donc de moi même, dont acte, et mea culpa. J'ai par contre vainement cherché dans le même ouvrage une indication équivalente concernant les illustrations similaires du Mystère des Cathédrales, dont il s'agit en ce jour de la Saint Ambroise. Y trouverez-vous une nouvelle imprécision de ma part? J'attends sur ce point vos remarques éclairées.

Ces "culs de lampe", pour reprendre l'expression consacrée, qui ornent la première publication du premier ouvrage de Fulcanelli, ont d'ailleurs le privilège, si je ne me trompe à nouveau, de figurer dans toutes les éditions, Schemit comme Omnium, et finalement Pauvert.

La question suivante, pour reprendre un mode de raisonnement très anglo-saxon, est bien entendu d'où viennent-elles. Et puis après un Français s'exclamera bien sûr: Mais qu'est-ce que tout cela signifie, bon Dieu?

Si j'avais sur ce dernier point à faire un pari, je dirais que très probablement l'image ci-dessus nous offre une représentation du miroir de la nature, où la mort est centrale, mais d'où la vie masculine et féminine jaillit quasi miraculeusement.

Et que cette vie et même cette survie naturelle et surnaturelle, bref cette vie double, prend appui sur l'image ci-dessous.

Voilà de belles paroles, me direz-vous, mais revenons-en à la question fondamentale de l'origine de ces emblèmes symboliques. Et me voici bien embarrassé.

J'ai à tout hasard ouvert pour répondre à cette interrogation légitime les exemplaires dont je dispose en ce moment des ouvrages de ce bon docteur Witkowski sur L'art profane à l'église (1908) dont nous avons déjà dit quelques mots à propos de la cathédrale de Nantes (François II et Julien Champagne, 27 septembre 2006).

Et, par chance et avec sans doute aussi l'aide des "destins", j'y ai trouvé une piste sur ces oeuvres, une indication, en tout cas, que je vous soumets illico.


Nous sommes ici dans la Somme, en la cathédrale d'Amiens, et plus précisément devant une des cent vingt stalles du choeur.

Convenez avec moi que s'il n'y a pas forcément identité complète, du moins la ressemblance des deux dessins ( le Witkowski au-dessus, le Fulcanelli au-dessous) est plus que frappante.

Naturellement, si je puis dire, Witkowski interprète et décrit ce motif à sa manière, autrefois inimitable. Pour lui, il représente

"le culte de la volupté. Deux ribauds supplient l'idole de leur âme, les mains jointes, de partager "son coeur et le reste." Ils sont enchaînés à leur passion par une chaîne de fleurs."

Quant au premier dessin de Champagne, que Witkowski ne reproduit pas, il renverrait, sauf erreur de ma part, et toujours selon lui, à la

"lubricité. Tandis qu'une "fillette" se mire dans un miroir, son galant de passage tient derrière elle une tête de mort, l'image de la brièveté des charmes féminins et de l'existence, ou encore un avertissement des dangers du libertinage:

Il n'est fisicien ne mire
Tant saiche les aultres guerir
Quy à ce myrouer ne se mire
Et que tous ne faillent mourir."


Voici, amies lectrices et amis lecteurs, l'état présent de mes recherches sur ce point, que je soumets encore une fois (encore une foi) à votre sagacité.

Et ceci n'est pas un vain mot, puisque je tiens ici à remercier tous ceux et celles qui lisant ce "blog" ou ne le lisant pas, m'ont permis enfin de découvrir la dernière édition roumaine du Mystère des Cathédrales.

J'y ai notamment appris de son préfacier Dan Alexe que selon Sarane Alexandrian, dans son Histoire de la  philosophie occulte  (Seghers, 1983, Petite Bibliothèque Payot,  1994),  Fulcanelli ne serait autre que Julien Champagne.



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4 décembre 2006 1 04 /12 /décembre /2006 21:13

Dans un article en espagnol paru au début de ce mois de décembre 2006 sur le site de la remarquable revue hermétique Azogue et consacré à la littérature alchimique hispanique de 1889 à 1946, José Rodriguez Guerrero présente une exposition virtuelle fondée sur sa bibliothèque personnelle:

http://www.revistaazogue.com/expo1.htm

De cette présentation extrêmement intéressante je voudrais retenir ce soir, en la Sainte Barbara,
celle qui est vouée à un livre paru en 1943, et qui  consiste en une présentation des Monuments alchimiques de Barcelone, la capitale catalane.

Son auteur se présente comme Hélias Herrero et pour Azogue ce nom est plutôt un pseudonyme. Toujours d'après cette revue, l'ouvrage en question a clairement été inspiré par les deux livres de Fulcanelli, dont les éditions originales parurent, on le sait, en 1926 et 1930.

Herrero en est réputé attribuer la paternité à Julien Champagne. D'après Guerrero, dans le prologue de son livre, l'auteur dédie sa prose "au maître Hubert, philosophe et artiste, qui par la pénétrante subtilité de son ingéniosité a dévoilé les clefs hermétiques des demeures philosophales."

Guerrero relève également en note de pied de page une référence à Gaston Sauvage (1888-1975 selon lui), que nous avons déjà rencontré (Julien Champagne et l'histoire d'une transmutation, 11 février 2006, et Champagne: sur les traces de Gaston Sauvage, 8 juillet 2006).

Il affirme que dans un catalogue de la librairie parisienne L'Intersigne d'Alain Marchiset (catalogue N°60),

http://www.livresanciens.eu/catalogue.php?catnr=74

il est fait mention à propos de l'ouvrage de Stanislas de Guaïta sur Les sciences maudites, dont un exemplaire parut chez Durville en 1920, d'un bristol de la main de Gaston Sauvage: "provenant de la bibliothèque de Jules Boucher, ami et collaborateur de Fulcanelli."

Cet exemplaire serait annoté par Julien Champagne, et Guerrero en tire argument pour se rallier à la thèse d'Ambelain et, dit-il, de Dubois, selon qui Fulcanelli fut Champagne.

C'est peut-être ici le lieu et le moment de rappeler à l'intention de nos amis hispanophones et des autres que dès 1967, à Barcelone précisément, l'éditeur Plaza & Janes fit paraître la première version espagnole du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, manifestement inspirée de celle parue en France en 1964 chez Pauvert.

Elle fut suivie d'une seconde édition, toujours barcelonaise, et par la même maison, dans une année faste, comme chacun le comprendra: 1968.


En 2007, Azogue et Guerrero ont en outre fait paraître un article important sur l'alchimie dans l'Espagne contemporaine:

http://www.revistaazogue.com/Azogue5-12.pdf

Curieusement peut-être, il y est beaucoup question d'un certain...Julien Champagne.



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26 novembre 2006 7 26 /11 /novembre /2006 22:42





Je pense personnellement qu'on aurait tort de négliger les vignettes qui ornent les première et quatrième de couverture des ouvrages de Fulcanelli.

L'exemple de "l'écu final" qui agrémente la fin du texte du Mystère des Cathédrales, sur lequel nous avons déjà réfléchi (Julien Champagne et l'écu final, 18 février 2006) et sur lequel nous reviendrons peut-être, nous y incite en tout cas.

Ces vignettes non signées sont-elles de Champagne? Rien ne le prouve, mais rien non plus ne permet d'en douter. Je prends pour ma part le pari qu'elles sont bien l'oeuvre de Julien.

Dans un livre d'alchimie, c'est peu de dire que rien ne doit être a priori considéré comme étant laissé au hasard. Commençons donc, en ce dimanche du Christ Roi, notre examen de ces motifs par ceux qui décorent l'édition originale des Demeures Philosophales, et que j'ai reproduits dans l'ordre inverse, au début et à la fin de cet articulet.


Pourquoi commencer ici par la fin? D'abord parce que  dans la science qui nous occupe, et qui est précisément, comme dirait Muriel Cerf, celle des fins dernières,  c'est justement la connaissance poussée de l'aboutissement de l'OEuvre qui permet au...débutant de moins errer.

Au cas particulier, il se trouve en outre que la vignette reproduite ci-dessus a déjà été commentée, et ce sont ces commentaires justement qui vont ce soir nous servir de fil conducteur.

Je ne compte pas cette fois essayer d'interpréter avec vous le sens alchimique des armes parlantes dont il s'agit.

Si je le faisais, je commencerai d'ailleurs sans doute de toute façon par ce lionceau à la crinière tressée comme la ceinture berruyère de l'Offerus de Bourges, avant même de m'intéresser au bouclier qu'il tient dressé, à son chevron, à ses besants et cette étoile que l'on pourrait croire tous issus des neiges éternelles...

Mais voilà, il se trouve qu'on a cru reconnaître dans cette pièce héraldique les armes d'un abbé du mont Saint-Michel, Robert Jolivet. Les dites armes seraient d'ailleurs toujours visibles sur une des tours de la Merveille.

Grâce à Calendrier, rappelons en tout cas qu'elle figurent dans le recueil qu'un élève de Viollet-le-Duc, Edouard Corroyer, a en 1877 (une année fétiche de ce blog) consacré à l'Histoire et aux légendes du mont.



Robert II Jolivet fut effectivement le trentième abbé du Mont, de 1410 à 1444. Il est resté célèbre pour avoir fortifié l'abbaye de 1415 à 1420, avant de passer dans le parti anglais. Malgré cela, les Anglais assiégeant l'abbaye ne purent l'emporter. Juste retour des choses, et gloire à l'Archange!

C'est peut être le moment de rappeler que René Alleau, "historien des sciences" né en 1917 et disciple d'Eugène Canseliet,  a non seulement écrit un livre sur les Aspects de l'alchimie traditionnelle (1953), mais aussi a publié un ouvrage sur les Enigmes et symboles du mont Saint-Michel (1970):

http://www.leseditionsdeminuit.com/f/index.php?sp=livAut&auteur_id=1469

Cet abbé Jolivet nous renvoie quoi qu'il en soit  par homonymie à François Jollivet-Castelot (1874-1937), alchimiste parfois un peu rapidement rangé parmi les spagyristes ou "hyperchimistes", et dont d'autres au contraire ont voulu faire un fulcanellisable, en tirant justement argument de la présence des armes de Jolivet sur la couverture d'un livre de Fulcanelli. Je fais ici bien sûr allusion à la thèse - et le mot est topique - de Pierre Pelvet (L'alchimie en France de 1900 à 1950, Paris X-Nanterre, 1980).


Je n'ai pas l'intention de m'immiscer dans ce débat, car tel n'est pas l'objet de ce blog. Mais je voudrais tout de même dire quelques mots de ce savant douaisien, que l'on voit ici dans son laboratoire,  car le moins que l'on puisse dire est qu'il a marqué l'histoire de l'alchimie occidentale au tournant du XXème siècle. Et aussi parce que certains membres de son entourage sont également de celui de Julien Champagne.

D'abord, hommage à Douai, et secondairement à mon fils, cette cité nordique abrite toujours une école des mines...

Ensuite, quelques mots sur l'oeuvre justement d'un de ses enfants: La vie et l'âme de la matière (1894); L'Hylozoïsme; l'Alchimie (1896), opuscule dans lequel il qualifie l'alchimiste Albert Poisson d'"illustre"; Comment on devient alchimiste (1897) et en 1901 La science alchimique.

Je ne cherche pas à être complet, mais je voudrais citer également Les sciences maudites (1900), avec des aquarelles de Léon Galand et Paul Girou, parmi lesquelles celle, charmante et  ô combien symbolique reproduite ci-dessous.

Dans son livre Fulcanelli dévoilé, Geneviève Dubois précise que Jollivet fut membre du Groupe Indépendant d'Etudes Esotériques, créé en 1889 et devenu en 1894 l'Ecole Hermétique.

Toujours selon Geneviève, le même Castelot créa en 1896 la Société Alchimique de France (SAF), dont la revue s'appela d'abord L'Hyperchimie, puis en 1904 Nouveaux horizons et après 1920 La Rose-Croix.



Les statuts de cette SAF ont été très opportunément imprimés par Les Editions Maçonniques dans leur réédition en 2006 de Comment on devient alchimiste.

J'aimerais en profiter pour rappeler que ce livre de Jollivet-Castelot a été préfacé par Papus (Gaboriau et Champagne, 6 mars 2006).

On voit dans ces statuts que les fondateurs de la SAF sont sept. Outre Jollivet, secrétaire général, "un comité de perfectionnement a été  constitué, comprenant Papus (Gérard Encausse), Marc Haven, Sédir".

Sur Haven et Sédir, je vous renvoie principalement à mon article Champagne et l'homme de désir, 10 août 2006.

Parmi les membres fondateurs, "le docteur Gérard Encausse, et MM. Emmanuel Lalande...Stanislas de Guaïta et Tabris (alias René Philipon, Cf. Julien Champagne en maçonnerie égyptienne, 19 novembre 2006).

Enfin parmi les membres honoraires, citons Camille Flammarion (membre d'une autre SAF, celle d'Astronomie, cher Frédéric Courjeaud) et August Stindberg:

http://fr.wikipedia.org/wiki/August_Strindberg


Et après celà, ne croyez surtout pas que le dramaturge suédois bien connu Strindberg fut une exception, et que la renommée internationale de la société alchimique française soit un épiphénomène.

Dès 1897, dans un article intitulé "The alchemical revival", Henry Carrington Bolton la cite nommément et analyse son impact, vu des Etats-Unis. Cet article de la revue américaine Science sera repris devant l'American Chemical Society. Sur Carrington Bolton, voyez:

http://www.chemicalheritage.org/about/boltonia%C2%AD6.pdf

Enfin, en 1926, année de publication de l'édition originale du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, Jollivet-Castelot était en correspondance avec Harvey Spencer Lewis, l'"imperator" de l'ordre rosicrucien AMORC, comme en fait foi le document ci-dessus, également reproduit.

Sur ce dignitaire américain, je vous renvoie par exemple à:

http://www.crc-rose-croix.org/histoire/lewis.asp



Mais pour ne pas paraître avoir quitté Julien Champagne, je souhaite aussi relever le fait que certains des autographes de Jollivet-Castelot portent comme ici des initiales que nous avons déjà vues et que nous reverrons j'espère.

Enfin, et je terminerai donc par là, la première  vignette de couverture des Demeures Philosophales de Fulcanelli, avec son écailleuse tête de poisson, nous rappelle peut-être que le mont Saint-Michel est dit au péril de la mer, et que ni le sel ni la voie humide ne sont absents de la quête alchimique.

Peut-être est-elle, du moins si je suis Walter Grosse, également destinée à appeler notre attention à la fois sur le fait que certain ancêtre de Champagne était fondeur, et sur celui que la symbolique du campanile est elle-même profondément alchimique.

Toujours grâce à Calendrier, et à ses commentaires ci-dessous, nous savons en tout cas que cette cloche décidemment des plus fulcanellienne nous vient du Finis Terrae:

http://campanologie.free.fr/Records.html



Que l'ange qui veille sur le mont, et qui m'est cher à plus d'un titre, car je me souviens parfaitement de certain envol, veuille bien étendre sa protection sur nous, tous et toutes.

http://www.linternaute.com/video/115274/mont-saint-michel/




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19 novembre 2006 7 19 /11 /novembre /2006 20:50


Dans son livre Fulcanelli dévoilé, Geneviève Dubois qualifie l'entourage de Julien Champagne d'éminemment franc-maçon.

Et elle cite sa source, qui est excellente : L'ouvrage  de Serge Caillet, La Franc-Maçonnerie égyptienne de Memphis-Misraïm, Cariscript, 1988.

Ce dernier essai a reparu en 2003 chez Dervy, et quand on le consulte on est effectivement intrigué par un certain nombre de faits et documents relatés ou reproduits dans cette édition augmentée.

Je voudrais d'abord ici rendre hommage au sérieux de Serge, dont l'érudition n'a d'égale que celle de son préfacier, lequel n'est autre que Robert Amadou, que nous avons déjà rencontré.

Et pour cause, tous deux, tout comme d'ailleurs Robert Ambelain et Jules Boucher, autres familiers de ce blog, savent de quoi ils parlent, puisqu'ils appartiennent à la même obédience maçonnique.

Sans vouloir vous infliger un cours sur cette obédience, je crois devoir préciser qu'elle se caractérise de mon point de vue de...profane, d'une part par une certaine effervescence, qui la fait tolérer en son sein le pire (des charlatans) et le meilleur (des spiritualistes), d'où un mélange qui est en permanence détonant et qui explique son cheminement passablement chaotique (encore de nos jours).

Et d'autre part par une certaine propension à l'ésotérisme, à l'hermétisme, notamment dans leurs aspects martiniste et swedenborgien.


Je ne connais pas Serge Caillet, mais outre son livre, que je me permets de vous recommander même s'il est d'abord difficile, vous pourrez vous faire une bonne idée de qui il est au travers du site de son Institut Eléazar:

http://www.institut-eleazar.org/index.php?option=com_content&task=view&id=24&Itemid=53

Il y propose en particulier un cours de martinisme.

Maintenant, que nous apprend ou que nous confirme Caillet (que je ne dissocie pas d'Amadou dans ce qui suit)? D'abord, comme en fait foi le premier cliché que dès 1894 un des frères Thomas, familiers de Champagne, est un "frère" de la maçonnerie égyptienne. Il s'agit ici d'Albéric.

On pourra utilement à ce propos se reporter à mon article du 4 juin 2006: Champagne ami des frères Thomas.

Ensuite, qu'Abel Thomas est en 1986 un "vénérable" de la même obédience. Son frére Albéric apparaît parmi ses adjoints.


Le Chacornac qui fait partie des membres actifs est sans doute encore à l'époque Henri Chacornac.

Voyez à ce sujet mes posts Champagne au pays Chacornac (3 juin 2006) et D'Henri Chacornac à Champagne (26 juillet 2006).

Le fils d'Henri, Paul, qui reprendra la librairie de son père, apparaîtra plus tard et tout naturellement dans le même paysage. Selon Serge Caillet, il sera le trésorier du "convent" parisien de 1908, dont j'ai reproduit ci-dessous une photo tirée de son ouvrage.

A son endroit, je vous renvoie à mon article De Paul Chacornac à Julien Champagne du 24 octobre 2006.

Rappelons tout de même qu'un des Thomas était associé de Pierre Dujols, ami et employeur de Champagne, et que de même Champagne a travaillé pour les Chacornac.

Et qu'Abel pourrait être à l'origine du premier livre sur le poële alchimique de Zurich, étude parue justement en 1896.


Souvenons-nous également qu'en 1908, Julien Champagne connaît sans doute déjà Fulcanelli, et que ses premiers dessins alchimiques connus remontent à 1910-1911.

Le frontispice du Mystère des Cathédrales, d'allure clairement...égyptienne, sera d'ailleurs publié pour la première fois en 1912 par la maison Chacornac (mon article Champagne en 1912, 17 juillet 2006).

Mais revenons en 1896, et donc aux dix-neuf ans de Julien, et regardons ensemble cette liste de membres actifs de la maçonnerie.

Et oui, vous avez bien vu, les frères Thomas ne sont pas les seuls domiciliés au 10 rue Durand-Claye...

Qui est donc ce Lalande, sinon Emmanuel Lalande (1868-1926), dit Marc Haven, intime de Papus et auteur comme Pierre Dujols d'une introduction à l'alchimique Mutus Liber:

http://www.arbredor.com/auteurs/haven.html

 

mh.champagne

 

Et qui est enfin ce Philipon, sinon René Philipon, alias Jean Tabris (1869 ou 1870-1936), chevalier de la rose croissante, féru du rosicrucien Stanislas de Guaïta et membre comme Sédir de la Société alchimique de France?

rp.champagne


Sur Sédir, un temps lui aussi maçon égyptien, ami des Thomas et de Philipon, et employé des Chacornac, je vous incite à relire  au besoin : Champagne et l'homme de désir, 10 août 2006.

N'oublions pas également que c'est apparemment le bibliophile Philippon qui a "orienté" vers l'occultisme le fondateur de la maison Chacornac.

Comment conclure après tout cela? Des questions subsistent, par exemple est-il question de Fulcanelli dans le Caillet?

Oui, un renvoi alléchant, intitulé avec point d'interrogation à la clé "pseudo de Fulcanelli", mais à la page correspondante on ne lit qu'une mention de Jules Boucher, magicien et disciple ou supposé tel du maître de Julien Champagne et Eugène Canseliet.

Et de la famille Lesseps, dont le partriarche Ferdinand s'y connaissait tout de même en Egypte, et dont Dubois dit à son propos qu'en 1876 un banquet maçonnique eut lieu en son honneur? Dont elle dit que ses fils étaient "aussi" probablement maçons? Rien du tout...

Et enfin, bien sûr, nada sur Julien Champagne. Mais alors, sur son entourage...



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16 novembre 2006 4 16 /11 /novembre /2006 11:53




D'après Geneviève Dubois dans son livre: Fulcanelli dévoilé, Julien Champagne aurait dessiné cet ex-libris pour son ami Jules Boucher (voir notamment mon article Champagne et Jules Boucher, 13 février 2006).

Pour une fois, si l'iconographie de l'édition italienne de son livre est meileure en qualité que la française, ce qui est un comble à mon sens, le commentaire qui l'accompagne est plus approximatif.

En effet, dans l'édition originale Geneviève présente l'ex-libris reproduit ci-dessus et ci-dessous comme le "deuxième" de Boucher.

Quel serait donc l'autre, ou si l'on veut, le "premier" ex-libris de Jules? La seule possibilité que je voie pour l'instant serait celle de l'ex-libris qui ressemble tant au frontisipice du troisième livre, non paru, de Fulcanelli, le Finis Gloriae Mundi (confer en particulier l'article Julien Champagne en parapsychologie, 2 septembre 2006).


A vrai dire, je ne suis pas pour l'heure absolument certain que le second ex-libris de Boucher soit de Champagne, mais c'est possible, voire probable.

Il s'agit d'une oeuvre très élaborée, où chaque détail est porteur d'un sens, et c'est pour cette raison que j'en donne un agrandissement.

Voyez notamment, pour vous en persuader, le baphomet du bas, et un peu au-dessus la rose-croix.

Les maximes latines qui décorent cette mandorle sont clairement alchimiques: La Table d'Emeraude apparaît d'abord:

"Il est vrai, il est certain que ce qui est en bas est comme ce qui est en haut." Puis, moins excentré, nous trouvons l'axiome hermétique bien connu: "Dissous et coagule."


Dans l'ensemble, à mon avis, la conception globale de ce motif est inspirée de celle de la "monade hiéroglyphique" de l'alchimiste et mage britannique John Dee, dont je vous présente ici le frontispice du livre constituant l'édition originale, qui est parue en 1564.

Il s'agit là d'une sorte de paradigme de la Science, dont pour vous faire une bonne idée de la genèse et de la signification vous pourrez avec profit lire le numéro spécial que lui a consacré il y a un an la revue anglaise Ambix (volume 52, numéro 3, novembre 2005): John Dees' Monas Hieroglyphica:

http://www.ambix.org/

Cette hypothèse me semble confortée par le fait qu'une traduction française du traité de Dee, due à Grillot de Givry, est parue chez Chacornac en 1925.

Le motif en question a connu par la suite une fortune certaine, puisqu'il a été repris...par les auteurs rose-croix, et par des alchimistes et hermétistes connus comme Heinrich Khunrath (Amphithéatre, 1609) et Athanase Kircher (Oedipe, 1652).


Notons d'ailleurs que le dit...Dee, qui aurait aussi été nécromant, n'est pas forcément en odeur de sainteté, ni auprès de Fulcanelli, mentor de Champagne, qui n'en fait pas mention, ni même chez son disciple Eugène Canseliet, qui le cite une seule fois dans ses Deux Logis (Pauvert, 1979), mais dans un contexte plutôt négatif:

Critiquant le travail du théosophe Pietro Bornia sur la villa alchimique Palombara de Rome, il écrit:
"Ainsi, dans son essai d'une interprétation assez peu convaincante, s'inspire-t-il à faux des théories, d'ailleurs grandement valables, que Wronski, le premier, et Papus, à la suite, renouvelèrent de Jacob Böhme, de Saint-Martin, voire de la Monade hiéroglyphique de John Dee...

Il est impossible de servir ensemble le diable et le Bon Dieu."

Tout est là, en effet, je crois, car dans l'ex-libris de Boucher, qui est évidemment mercuriel, mais aussi lunaire, on discerne bien également et en bas une tête de bouc aux cornes serpentées, et en haut, un hexagramme qui n'est pas aussi canonique que le sceau de Salomon, emblématique lui de la pierre philosophale.

Pour terminer ou presque, à la fin du traité de Dee se trouve comme une sorte d'"écu final" qui n'apparaît que dans la version électronique anglaise, et pas dans la française:

http://www.esotericarchives.com/dee/monad.htm

http://www.esoblogs.net/La-Monade-Hieroglyphique-de-John.html
http://www.esotericarchives.com/dee/monade.htm

Je l'ai reproduit ici, en dépit de la qualité moyenne de ce cliché, car il me semble qu'il nous rapproche de Fulcanelli et Champagne.

A propos de ce dernier, Dubois précise que lui aussi avait son ex-libris personnel: celui de Julien représente "un rond vert avec une cornue."

Geneviève semble l'avoir vu, probablement dans un livre qui a appartenu à "Hubert". On peut se demander où, et se poser la question de savoir ce qu'est devenue la bibliothèque de Julien Champagne.



ATHANASE KIRCHER

pcc ARCHER

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14 novembre 2006 2 14 /11 /novembre /2006 15:00

Dans mon article De Champagne à Jean Laplace (29 juillet 2006), j'avais mentionné l'inventaire effectué en 1982 à Savignies, au domicile d'Eugène Canseliet, des documents relatifs au Finis Gloriae Mundi, le troisième livre de Fulcanelli.

Avant de quitter, peut-être provisoirement, Hendaye et sa région, je crois opportun de rappeler que dans ce dossier figuraient un certain nombre de pièces sur la croix cyclique que nous venons d'étudier:

"Une carte postale représentant l'église d'Hendaye. Une photo du piédestal de la croix cyclique d'Hendaye (lune-soleil)... Quatre photos de la croix cyclique d'Hendaye (deux floues: la croix du haut et le soleil de face; deux nettes: lune-soleil et soleil-4 A)."

Il me semble donc établi que ce monument devait initialement faire l'objet d'un chapitre du livre actuellement non paru de Fulcanelli.

Ce dernier a-t-il séjourné en pays basque? Cela me semble possible, voir probable. Comme le soulignent Richard Khaitzine et Johann Dreue dans leur CD Rom sur Fulcanelli, l'amitié de l'Adepte pour Raymond Roussel a pu le conduire à Biarritz, où nous avons déjà noté que Madame Roussel avait une villa.

http://www.prismeshebdo.com/prismeshebdo/article.php3?id_article=605

Les mêmes auteurs relèvent en outre qu'à l'époque, la bonne société de la région comprenait à Cambo un certain Edmond Rostand, dont nous avons avons également évoqué le logis, et puis bien sûr, à Hendaye, les d'Abbadie. Et que le propre de ce beau monde était bien sûr d'entretenir des relations...entre soi.

Le moment me paraît donc venu de dire un mot de cette très vieille famille française des D'Abbadie d'Arrast, qui si je ne me trompe pas compte toujours des représentants. Et vous allez voir que de mon chapeau je vais bien sûr faire surgir un certain Julien Champagne.


Au temps qui nous intéresse, le plus illustre membre de cette lignée est sans doute Antoine d'Abbadie.

http://www.canalacademie.com/index.php3?useFrame=1&nop=1163520071410&r=%2Farticle967.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_d'Abbadie_d'Arrast
http://www.cosmovisions.com/Abbadie.htm

Explorateur, géographe, linguiste, astronome, il est surtout connu pour ses travaux sur l'Ethiopie, entrepris à l'occasion d'un voyage accompli en compagnie de son jeune frère Arnaud (1815-1893).

Il se fit construire à compter de 1864 par Eugène Viollet-le-Duc, aidé des architectes Duthoit et Magne, un chateau néogothique dans lequel il installa un laboratoire d'astronomie et en 1895 légua le tout à l'Académie des Sciences dont il fut d'ailleurs le président.

C'est semble-t-il comme président de cette Académie qu'il eut à soutenir à plusieurs reprises un certain Ferdinand de Lesseps...

On a pu supposer que Fulcanelli appartenait à l'entourage de Viollet-le-Duc, c'est possible. Ce qui me semble certain, c'est qu'il était de celui de Lesseps, et j'en dirais autant en ce qui concerne l'Académie des Sciences.

Edmond Duthoit (1837-1889), d'origine amiennoise et qui est considéré comme un des principaux élèves de Viollet-le-Duc, et fut quoi qu'il en soit des plus impliqués dans la construction du chateau d'Abbadie, fut aussi à Chypre dans les années 1860 un des accompagnateurs de Sosthène Grasset d'Orcet, comme Viollet-le-Duc ami de Fulcanelli.

En tout cas, allez visiter cette demeure magnifique et originale, où d'ailleurs Antoine est enterré avec son épouse, elle vaut non seulement le détour mais le voyage (la villa de Rostand aussi). Comme l'écrivait Maurice Barrès, il est des lieux où souffle l'esprit.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_d'Abbadie
http://www.academie-sciences.fr/Abbadia.htm

Et Champagne dans tout ça? Coming!

Dans son livre en anglais sur les mystères de la "grande" croix d'Hendaye, Vincent Bridges affirme avoir, en compulsant les papiers laissés derrière lui par Antoine d'Abbadie, constaté une grande similitude de pensée entre lui et Fulcanelli.

Il est vrai qu'on pourrait aisément établir la même similitude avec d'autres auteurs, comme Khaitzine et Dreue par exemple l'ont fait entre Fulcanelli et Viollet-le-Duc. Mais il est clair que pour Bridges Abbadie a été comme l'inspirateur de Fulcanelli.

Et il ajoute à la fin de son ouvrage (pardon de ne pas traduire ces réflexions sibyllines):

"The d'Abbadies were also connected to the de Lesseps, and through them to Jean-Julien Champagne and R.A. Schwaller de Lubicz.

This explains Champagne's attitude and position in the group. He, at the very least, considered himself the link to the "real" Fulcanelli.

Could Pierre Dujols also have had a connection to the d'Abbadie family, one that was not as direct as Champagne's?".

Ce réseau de relations s'est-il tari au tournant du siècle? Pas du tout, écoutons de nouveau Bridges, cette fois au début de son livre:

"Antoine's nephew Michel d'Abbadie and cousin Harry d'Abbadie d'Arrast carried the family tradition into new realms.

Michel was a patron of the arts, and a friend of the early surrealists, including Marcel Duchamp and Max Ernst, as well as a close friend and contemporary of Pierre de Lesseps, son of Ferdinand-Marie de Lesseps, the builder of the Suez Canal, and Pierre de Lesseps has been mentioned as a friend of both Champagne and Fulcanelli.

Harry's friends were more the film star and literary types."


C'est effectivement dans ce dernier milieu qu'évoluait le réalisateur de films Harry d'Abbadie (1897-1968) dont je vous présente ci-dessus une photo en noir et blanc:

http://www.imdb.com/name/nm0195496/bio
http://www.imdb.com/name/nm0195496/
http://www.cinemotions.com/modules/Artistes/fiche/144093/Harry-d-Abbadie-d-Arrast.html
http://movies2.nytimes.com/gst/movies/filmography.html?p_id=86527
http://www.answers.com/topic/harry-d-abbadie-d-arrast

Ces démêlés avec Charlie Chaplin sont restés célèbres. Il fut en 1925 son assistant non rétribué pour un film qui est également resté dans l'histoire: La ruée vers l'or.


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12 novembre 2006 7 12 /11 /novembre /2006 12:04



Nous n'en avons certes pas fini avec la croix d'Hendaye (Hendaye de Champagne, 6 novembre 2006).

La planche XXXVII de l'édition Omnium Littéraire (1957) du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli y est également consacrée, et détaille cette fois les quatre faces du piédestal de cette "croix cyclique", toutes dessinées par Julien Champagne, même si son nom n'apparaît pas de nouveau.

Dans l'édition Pauvert, la planche photographiée qui lui correspond porte le numéro XLVIII. Voyons ce que ce piédestal a à nous dire.


La première face est la même que nous avions rencontrée sur la planche précédente, qui représentait le monument dans son intégralité, elle est donc d'une certaine façon répétée, comme pour souligner son importance.

C'est elle surtout qui est au pied (pes) de la croix, et donc on peut supposer que c'est elle qui supporte l'essentiel de la signification du monument.

Fulcanelli semble indiquer qu'elle est en relation avec la lettre S dont le déplacement souligne l'ésotérisme de l'inscription qui surplombe le soleil.

"C'est la trace hélicoïdale du soleil parvenu au zénith de sa courbe à travers l'espace lors de la catastrophe cyclique."


Fulcanelli ne commente guère la deuxième face du piédestal: "L'une porte l'image du soleil, l'autre celle de la lune."

Il la laisse donc volontairement dans une obscurité qui finalement sied bien à l'astre des nuits. Mais le sculpteur paraît en ayant ciselé un visage somme toute assez classique dans la tradition du symbolisme lunaire nous inciter à la regarder comme un pendant de la face solaire précédemment examinée.

Seulement celui-ci est vu de profil, de biais dirais-je presque...La lune, qui concentre l'humidité des rayons du soleil, qui préside aux marées, nous apparaît donc ici comme en quelque sorte s'éloigner de notre hémisphère.

On peut y voir a contrario une confirmation de ce que l'autre moitié du globe sera lors de la prochaine tribulation soumise aux eaux du Déluge.


Sur le troisième motif, Fulcanelli n'est pas plus disert que sur le précédent. "Le troisième montre une grande étoile."

Il n'y a sans doute pas que la dimension de cet astre à considérer, cependant. Cette étoile est il est vrai bien plus volumineuse que ses soeurs représentées sur le premier dessin, et qui entourent un soleil qui semble lui aussi avoir envahi le ciel...

Mais voyez comme notre étoile en diffère, à quatre petites étoiles à six branches, nombre de branches assez usuel en fait, répond d'une certaine façon "une seule étoile", mais géante pour le coup, et à huit branches, phénomène nettement plus rare.

On y a vu Vénus, je veux bien; mais cette étoile me semble plutôt emblématique, avant tout, du "grand roi l'effrayeur" nostradamique des derniers temps, bref de l'étoile Absinthe de l'Apocalypse.


La dernière face du piédestal est plus aisée, je trouve, à décrypter et d'ailleurs Fulcanelli s'attache longuement à la mettre en exergue.

Cette figure géométrique n'est autre, selon lui, que le schéma adopté par les initiés pour caractériser le cycle solaire.

"C'est un simple cercle que deux diamètres, se coupant à angle droit, partagent en quatre secteurs.

Ceux-ci sont chargés d'un A qui les désignent comme les quatre âges du monde, dans cet hiéroglyphe complet de l'univers, formé des signes conventionnels du ciel et de la terre, du spirituel et du temporel, du macrocosme et du microcosme, où l'on retrouve, associés,  les emblèmes majeurs de la rédemption (croix) et du monde (cercle)."


Cette même face du piédestal de la croix d'Hendaye se retrouve à l'identique au pied d'une croix parente, que l'on peut admirer dans la même région basque, en ce petit village de Sare qui m'a il y a quelque temps accueilli pour un bref séjour estival.

O moun païs...Saran astia!

Cette croix hélas moins bien conservée que celle de l'église Saint-Vincent jouxte l'édifice paroissial de  Sare et avait été en son temps signalée par Luis Otero dans son livre: Fulcanelli, une biographie impossible.

Elle est bien sûr à nouveau mentionnée par Axel Brücker dans son ouvrage plus récent: Fulcanelli et le mystère de la croix d'Hendaye.


A l'inverse, elle est ignorée dans le livre de Jay Weidner et Vincent Bridges : The mysteries of the great cross of Hendaye, que cite Brücker et sur lequel nous reviendrons peut-être.



Curieusement, il y a tout de même au moins un point commun entre ces deux ouvrages sur la croix d'Hendaye: "Otero? Connais pas." How strange!



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