JULIEN CHAMPAGNE
Oui, promis, je vous en dirai un peu plus bientôt sur les Soirées parisiennes de Julien Champagne.
Disons le mois prochain? C'est cela, au joli mois de mai...Mais en attendant, et à propos de floraison, que penseriez-vous d'un Lotus bleu?
Grâce à Dieu, et à son fidèle serviteur Dubosi, voici donc avec un tout petit peu de retard le produit
d'un article du périodique du même nom, précisément consacré au centenaire (1890-1990) de cette revue théosophique.
A tout seigneur, tout honneur, revoici d'abord "Krishna", supposé maître de Julien Champagne en alchimie et fondateur de l'éphémère Lotus rouge, qui précéda le bleuet:
http://www.archerjulienchampagne.com/article-5695800.html
"C'était, nous rapporte Daniel Caracostea dans sa chronique lotusienne, un jeune homme originaire de Nantes, qui, après avoir hérité, avait décidé de fonder une revue théosophique qui pourrait
vivre deux ans sur ce legs.
Sur la couverture on pouvait lire "sous l'inspiration de H.P. Blavatsky." Cette dernière fit supprimer son nom à partir du numéro de décembre 1888 car Gaboriau était devenu très caustique
vis-à-vis des fondateurs dans ses notes éditoriales, après les problèmes survenus au sein de la société en France à l'automne de cette même année...
En dépit de ces notes désobligeantes, le Lotus avait acquis une solide réputation de sérieux. Les articles originaux poteraient, parmi d'autres, les signatures de Amaravella, de Charles Barlet,
de Stanislas de Guaita, de Papus, de l'abbé Roca...
Le dernier numéro du Lotus daté de mars 1889 ne parut que vers août 1889." Exit donc le Lotus rouge.
Avant le Lotus bleu toutefois, disons un mot de l'intermezzo de la Revue théosophique:
"Le second journal théosophique français parut en mars 1889. La comtesse G. d'Adhémar qui en était la directrice ne savait pas que Gaboriau allait faire cesser la parution du Lotus...
Le nom de Mme Blavatsky apparaissait à nouveau mais comme rédacteur en chef. La durée de vie de la revue sera encore plus brève que celle de son prédécesseur puisque dans le numéro 12 de février
1890 la comtesse écrivait qu'elle était "obligée pour des motifs personnels d'abandonner la direction de la Revue théosophique."
D'après le commandant Courmes dont nous ferons la connaissance tout à l'heure, la comtesse qui était américaine dut quitter la France pour des affaires de famille.
Parmi les auteurs non encore mentionnés qui ont écrit dans sa revue, citons Joséphin Péladan, Eugène Nuss, et Arthur Arnould.
Il semble que ce soit Arnould (1833-1895) qui ait pris la décision de fonder le Lotus bleu au début de l'année 1890.
Cet écrivain avait été membre de la Commune en 1871 et à son retour en France d'une dizaine d'années d'exil écrivit sous le pseudonyme d'Arthur Mattey.
Il adhéra à la Société Théosophique en 1888 et la dirigea en France jusqu'à sa mort. Son nom de plume théosophique était Jean Matthéus.
Sa santé étant déficiente, il fut secondé de 1891 à 1893 par Amaravella (nomen d'Emile J. Coulomb).
Après la mort d'Arthur Arnould, la direction de la revue passa entre les mains du docteur Théophile Pascal (1860-1909).
Docteur en médecine, natif du Var, il adhéra à la Société en 1891. En 1898 une dépression nerveuse l'obligea à interrompre son travail et Mme Besant l'emmena en Inde pour rétablir sa santé...
A son retour en 1899 il fut élu secrétaire général de la section française qui venait d'être fondée; poste qu'il conserva jusqu'à sa mort.
Dès 1898 cependant la direction effective du Lotus bleu incomba à "M.Dac" alias Dominique Albert Courmes (1843-1914). Il la dirigea pendant 17 ans jusqu'à sa mort.
Il s'était engagé à 17 ans dans la marine et y avait servi pendant 35 ans. Il quitta le service avec le grade de commandant et adhéra à la Société en 1876. C'est lui qui traduisit La Doctrine
Secrète en français.
Et nous en arrivons maintenant à Gaston Revel...pour ne presque rien vous carcher, si, si je maintiens le carcher, c'est d'ailleurs à lui que je voulais en venir.
Mais écoutons d'abord à son sujet Daniel Caracostea:
"Gaston Revel, nommé par le Conseil de la Société Théosophique, fut le quatrième directeur du journal...
Gaston Revel avait adhéré à la Société avec ses parents, son frère et son épouse. Il dirigea diverses revues dont Le Théosophe, ainsi que les Publications Théosophiques, ancêtre des éditions
Adhyar.
En cette qualité il publia la première oeuvre de Mme Blavatsky, Isis Dévoilée, de 1913 à 1921. Il mourut vers la fin de l'année 1939."
Gaston Revel (1880-1939) fut en fait un des Veilleurs de René Schwaller. Son pseudo au sein de l'ordre intérieur était Paul d'Elie.
Dans sa revue Le Théosophe parurent d'ailleurs des articles de Schwaller et d'un autre ami de Julien Champagne, Pierre Dujols.
Après sa séparation d'avec la Société Théosophique et la dispersion des Veilleurs, nous explique Alexandra Charbonnier, Gaston Revel, grâce à sa femme, l'excellente comédienne Marcelle Rueff,
devint administrateur du théatre du Vieux-Colombier.
Et le Lotus bleu, me direz-vous? En 1919, après l'expiration du mandat de M. Revel, c'est Emile Point qui diriga la revue jusqu'en 1935...
En 1990, son "rédacteur responsable" était Françoise Caracostea.
Comme Schwaller et Dujols, comme aussi le disciple de ce dernier, Henri Coton, Julien Champagne adhéra à la Société Théosophique, si on en croit Geneviève Dubois.
De cette adhésion passagère, qui a peut-être cessé en 1919 avec l'émergence des Veilleurs, serait-il possible de trouver une trace au sein des archives de la section française de la "S.T."?
Et puisqu'on m'avait à tort laissé entendre que Daniel Caracostea avait quitté cette terre, je voudrais conclure par un salut amical à son endroit, et clore mon articulet du jour par les
dernières phrases de sa chronique:
"Et l'avenir? L'aspect extérieur du Lotus bleu a été modifié mais son but n'a pas changé depuis sa fondation:
Essayer par le biais de ses articles d'inciter ses lecteurs à chercher cette autre conscience qui réside en chacun de nous.
Conscience qui une fois réalisée nous fait ressentir l'unité de toute vie, et par là même la fraternité qui unit tous les êtres."
ARCHER
http://www.chez.com/aquatique/page5.html
Cabalistiquement, je serais tenté de dire que le roi ou phar-aon est (né) nu. En outre, une certaine Lotus de Païni, sur laquelle je vous incite à vous informer, pourrait avoir un lien avec Julien Champagne, sur lequel je compte bien revenir.
Dans l'attente, permettez moi de vous offrir non pas une valse ou -se- laisser aller, mais un tango:
http://www.escritorium.com/848/tango-gonzalez-eyroa/iris-a-jean-julien-champagne/
Bonjour ARCHER,
Merci pour vos liens et le tango :-)
Je suis impressionnée par vos commentaires, je vais donc suivre votre conseil et m'informer.
Bonne journée,
Sylvie.
http://libweb5.princeton.edu/visual_materials/delarue/Prints/154.jpg
Dispose-t-on d'autres photographies de Gaston Revel, en particulier à la fin des années 20 / début des années 30 ?
Pour ne rien vous cacher, Gaston Revel sur cette page, me fait penser à la personne photographiée en 1931 et que Dufour-Kowalski assimile à Julien Champagne.
http://www.archerjulienchampagne.com/article-6060781.html
Mais peut-être suis-je influencé par la pose et le regard des 2 personnes ?
Amitiés
Je comprends votre impression, mais la mienne est un peu différente. Je trouve Gaston Revel sur ce cliché moins rond, plus pointu de visage que "Julien Champagne" en 1931.
Et je suis d'avis qu'il ressemble moins à Julien Champagne que sur l'épreuve d'EDK. C'est vrai que Revel n'est décédé qu'en 1939.
Mais je ne suis pas sûr actuellement qu'il ait poursuivi sa relation avec Schwaller au delà de l'épisode des "Veilleurs" qui a dû se terminer, pour autant qu'on le sache, bien avant le décès de Julien Champagne (1932).
Bonjour ARCHER,
J'ai créé un dossier "Julien Champagne", dans mon ordi. où j'ai enregistré cette valse, ou ce ballet. Merci !
Beaucoup d'animation dans ce " Le Foyer de l'Opéra" :-)
Sylvie.
Et pour cela invoquons les cieux en gardant en mémoire qu'il y a d'autres étoiles que celles de la danse.
Oui, le foyer de l'opéra est très animé, le terme est admirablement choisi, ici plus qu'ailleurs, pour citer Victor Hugo, "tout est plein d'âmes."
http://www.archerjulienchampagne.com/article-6581060.html
Quand j'étais petite, j'habitais rue Victor Hugo ! Et quant à sa citation, j'ai la même impression depuis quelques temps.
La publication << Carnavalet de Julien Champagne >> m'a encore étonnée par quelques "correspondances" personnelles. C'est très bizarre cette sensation d'être comme connue :-)
Bonne soirée ARCHER,
Sylvie.
"La nature est un temple..." Autre grand poète sans doute inspiré par l'alchimie, Gérard de Nerval et son Aurélia. Qui a aussi écrit sur une Sylvie...
D'où ma tentative d'explication à tout cela, rationnelle ou non, nous avons peut-être affaire ici à une "correspondance" avec Julien Champagne. Noui?
<< ... Noui ? >> J' n'ai pas compris la question. Pour Julien Champagne, je ne sais pas.
Pour Beaudelaire, il y a deux poêmes de lui dans ce film, que j'ai vu il y a environ 1 an dans une période "d'intersignes" plus que troublante.
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18360431&cfilm=43226.html
Pour Aurelia, ça serait trop long à expliquer et puis j'ai arrêté de chercher si ces "correspondances" peuvent s'expliquer de façon "rationnelle", en tout cas pour les liens dans le monde virtuel mais en ce qui me concerne, je signe tous mes commentaires par Sylvie, mon vrai prénom. Ce que je trouve bizarre, c'est lorsque les "intersignes" sont perçus dans la vie "réelle" ou les liens qui peuvent se produire entre des media et la vie "réelle". J'espère avoir répondu un peu, malgrè mon ignorance en la matière.
Bonne soirée,
Sylvie.
Le lien que tu proposes est si je ne m'abuse une pub pour le film L'immortel. "Toile" qui me semble intéressante et que j'aimerais d'ailleurs voir.
L'extrait que j'en ai vu m'a d'abord fait penser à cette citation de Pindare qu'affectionnait Albert Camus:
"O mon âme n'aspire pas à la vie éternelle mais épuise le champ du possible."
Bon, c'est vrai, il y a aussi malgré tout le champ de l'impossible. Alors la thématique de l'élu ou de l'élue que développe Bilal est intéressante d'un point de vue hermétique.
Mais je crois que les dieux ne s'incorporent en alchimie qu'à quelqu'un qui justement se montre digne de les recevoir...par ses bonnes oeuvres.
Bonjour ARCHER,
Je viens de taper "Aurelia" dans Google, ok.
Impressionnant !
Bonne journée,
Sylvie.
http://romantis.free.fr/Nerval/html/aurelia.html
http://www.livrenpoche.com/thumb/Les_filles_du_feu__Aurelia/140/1799-0.jpg
http://www.livraphone.com/images/litterature/LIV8005.jpg
etc, etc. Bonne soirée, Sylvie.
Je n'avais pas vu << Les Filles du feu, Sylvie ...>> lol
En fait, je pensais surtout au premier lien dans lequel j'ai retrouvé le tableau de Dürer, dont j'ai parlé sur mon blog, le 3 mai.
Pour ton autre commentaire, je ne suis pas "dans le secret des Dieux" :) oui pour les "bonnes oeuvres", mais le bon/bien est si différent parfois selon la perception de chacun. Bon ! ce n'est plus l'heure de philosopher :-)
à+
Sylvie.
http://matiere-a-esprit.over-blog.com/article-6549586.html
http://www.sternwelten.at/bild/duerer.jpg
Dürer a fréquenté en son temps certains cercles alchimiques allemands. Eugène Canseliet fait allusion à cette gravure célébrissime dans son Alchimie, études diverses, à propos d'Arthur Rimbaud:
"Au terme de son odyssée, pélerin passionné du malheur sans cause, ayant franchi la cime vertigineuse d'une Saison en Enfer, le garçon prodigue des biens ignorés, brusquement gagné en d'âpres appétits, quitta le monde immobile de l'anxieuse et morne attente.
Celle-ci, Albert Dürer l'exprima dans le transport du génie, pour que se maintînt désormais dans la perpétuelle inquiétude, tout labourant sincère de véritable poésie.
En cette confusion, où subsistent pourtant la divine harmonie et les dualités, apparemment antinomiques mais au vrai tant fécondes:
Science-Sapience, Philosophie-Religion, Esprit-Matière, Raisonnement-Intuition;
en cette confusion, seul le feu peut rétablir l'ordre, qu'il soit secret ou bien élémentaire."
Bonsoir Archer,
A l’instant où j’ai commencé à écrire pour te répondre,
aux informations de France2 parlait « d’un monde chaotique », c’était un reportage sur la banquise :-)
Je me suis dit, tiens ! Archer parle d’ordre et de feu et la télé parle de chaos et de glace.
Puis, j’ai dû interrompre mon message pour faire la cuisine, entre autre.
Je ne suis ni agriculteur, ni forgeron, donc ce n’est pas le défrichage ou la fabrication des armes blanches, qui me viendront en premier à l’esprit si je pense au feu (élémentaire). En fait, pour moi, si j’y pense, avant toute chose, le feu sert bien à faire la cuisine. Chacun son truc :-)
Hier j’expliquais à un correspondant que j’avais trouvé une video sur Google qui illustrait (à mon sens) la conjonction des opposés (de Jung) et montrait en même temps les différents états de la matière : solide, liquide, gaz et je voulais conclure pour rire que je savais maintenant pourquoi... la glace peut « brûler » !
Mais c’est une video qui peut porter à confusion et je n’ai pas osé la publier.
Quant à l’ordre, j’ai appris que les nombres en sont une « représentation ».
Tout ça n’a rien à voir avec Julien Champagne !
Et en plus, je me permets de raconter ma vie :)
<<... En cette confusion, où subsistent pourtant la divine harmonie et les dualités, apparemment antinomiques mais au vrai tant fécondes...>>
Ça, c’est bien dit ! j’adore !
Bonne soirée,
Sylvie.
Elle est aussi qualifiée de travail de femme, dont la coction est une bonne représentation. En alchimie il n'est paraît il "que de cuire."
Quant au combat entre le feu et l'eau, dont toute bonne cuisinière est une artiste, il est alchimiquement illustré par celui de la rémore et de la salamandre. C'est le combat des natures du début de l'OEuvre.
La salamandre étant ignée et la rémore glaciale, et la glace comme tu le dis très justement pouvant elle aussi brûler, une bonne part du labeur alchimique va par la suite être consacrée justement à la conversion des éléments (feu et eau entre autres) pour à partir des contraires parvenir progressivement à une harmonisation naturelle.
Bonjour ARCHER,
Je crois que vous avez raison pour la couleur de l'Esprit.
Grâce à votre article, j'ai encore appris que le Nénuphar, n'est pas du même ordre, mais de la même famille que le Lotus.
Bonne journée,
Sylvie.