Partager l'article ! JULIEN CHAMPAGNE EN ATLANTIS: Un colloque d'alchimie en plein Paris, en ce début du XXIème siècle, et u ...
Un colloque d'alchimie en plein Paris, en ce début du XXIème siècle, et un colloque où s'est invité Julien Champagne, voici un pari réussi le 28 novembre 2009 de l'association Atlantis, présidée
par Jacques Grimault, association fondée rappelons le en 1926, l'année même de la parution du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli.
Organisée en l'honneur d'Eugène Canseliet, disciple de Fulcanelli, cette manifestation qui est intervenue dix ans après le mémorable colloque Canseliet mis sur pied à l'occasion du centenaire de
sa naissance, en 1899, a réuni de cent à cent cinquante personnes, ce qui est sans conteste un beau succès.
La famille Canseliet et ses amis proches y était fort bien représentée, notamment par les présidentes d'honneur du colloque, Béatrix Canseliet, fille d'Eugène, et sa propre fille Sylvaine.
Cette dernière, qui a courageusement entrepris de faire éditer ou rééditer par Guy Trédaniel les nombreux articles de son aïeul, dont elle annonce après le volume 2007 une seconde livraison en
2010, a d'ailleurs tenu à rappeler que sa famille entend toujours faire respecter ses droits, s'agissant en particulier des oeuvres de Fulcanelli.
Des interventions des conférenciers, je retiendrai principalement qu'à une approche essentiellement historique de l'alchimie a succédé une vision plus contemporaine et plus thématique à la
fois.
Joseph Davidovits a à mon avis très heureusement dégagé les origines et la dimension absolument religieuses de l'alchimie et de la chimie de l'ancienne Egypte, puis Alain Queruel a à son tour
disserté sur les apports qui furent ceux des alchimistes médiévaux à la science actuelle.
Jacques Grimault, qui donne par ailleurs des conférences sur l'alchimie, a notamment insisté sur la nécessité plus impérieuse que jamais d'oeuvrer pour la préservation du patrimoine culturel
considérable qui est celui de l'alchimie, aussi bien en matière scientifique qu'artistique, philosophique ou spirituelle.
Enfin Roland Narboux a justement présenté un panorama berrichon de ce patrimoine, et j'ai pour ma part été séduit par son rappel à propos de Bourges du fait qu'aussi bien l'hotel Lallemant -
c'est bien connu - que le palais Jacques Coeur (ceci est moins su) conservent aujourd'hui encore dans la pierre la mémoire de leur alchimiste ou de leurs alchimistes.
On pourrait en dire autant, au demeurant, de bien des cathédrales (à commencer par Paris) et de bien des demeures philosophales ou logis alchimiques.
Patrick Rivière s'est en ce jour de saint Jacques, patron des alchimistes, livré à une brillante étude du symbolisme alchimique du pélerinage de Compostelle, dont depuis Nicolas Flamel et
Fulcanelli nous savons bien qu'une partie doit s'effectuer par voie de terre, et l'autre reste maritime.
J'ai également relevé avec intérêt qu'il a bravement conclu son propos par une déclaration coram publico sans ambigüité sur l'inanité des recherches sur l'identité d'Adeptes de l'alchimie comme
Fulcanelli.
Enfin Jean Artero a cherché à mettre en relief la nature même du mystère alchimique, telle qu'elle ressort de l'oeuvre écrite de Fulcanelli, l'apport considérable, voire unique, de ce
dernier à l'alchimie traditionnelle, et le sens de l'engagement alchimique d'Eugène Canseliet.
Il a conclu par une petite analyse du symbolisme de l'écu final de Canseliet, "abrégé de la voie sèche" en alchimie, et in fine sur l'importance du sel principe et des adjuvants salins dans la
pratique alchimique (Quand sel y est est d'ailleurs le titre d'un des chapitres de son livre Présence de Fulcanelli).
C'est surtout Artero en fait qui a insisté sur l'importance de Julien Champagne dans l'élaboration du corpus fulcanellien. Voici donc une transcription que j'espère fidèle de quelques uns de ses
propos à ce sujet:
"Pour conclure, ou plutôt pour ne pas conclure, mais pour terminer cette réflexion d’aujourd’hui, je souhaite appeler votre attention sur l’importance des illustrations en alchimie, notamment
vis-à-vis des textes. Ces derniers, nous expliquent à l'unisson Fulcanelli et Canseliet, restent fréquemment trompeurs. Ils voilent autant qu'ils dévoilent.
Puis-je d'ailleurs émettre l'opinion que ceci s'adresse à tous les auteurs alchimiques, Canseliet et Fulcanelli y compris?
Tous les alchimistes sans exception doivent en effet à l’obédience de réserver à leurs semblables les arcanes principaux de leur Science, de leur Art. Voilà qui me conduit à vous demander de ne
pas négliger dans l’étude de l’œuvre fulcanellienne l’importance des illustrations de Julien Champagne, qu’aucune photographie ne saurait valablement remplacer.
Julien qui fut un ami aîné, mais proche d'Eugène, au point que ce dernier nous a expliqué être persuadé que Fulcanelli lui a adressé, à la mort de Champagne, et pour l'en consoler, un alchimiste
turc du nom de Moktar Pacha, dont il est bien sûr question dans mon livre.
Rappelons tout de même que les seules éditions de ses livres qui furent approuvées par Fulcanelli sont celles où figurent les dessins de son illustrateur."
Souhaitons par conséquent qu'Atlantis, qui a manifestement entrepris de réimprimer les premiers numéros de sa revue et vient fin 2009 de publier une livraison spéciale sur l'alchimie, puisse
faire paraître les actes de ce colloque, colloque dont une réédition est dès à présent prévue en 2012.
Et à chacune et chacun, joyeux Noël!
ARCHER
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Tout d’abord merci, Archer, pour ce très intéressant compte rendu.
Tu débutais en disant :
"Des interventions des conférenciers, je retiendrai principalement qu'à une approche essentiellement historique de l'alchimie a succédé une vision plus contemporaine et plus thématique à la fois."
Que voulais-tu dire, au juste?
Merci pour les précisions.
.
On se cantonne alors confortablement à une approche historique qui est justifiée mais insuffisante, puisque l'alchimie est bien vivante (et peut-être toujours plus) actuellement.
Pourtant cette approche reste valide, dans la mesure où fondamentalement l'alchimie est une, et donc sa tradition pérenne nous apprend à son sujet énormément de choses, de l'Antiquité (égyptienne ou autre) au Moyen Age notamment.
Une approche autre, non concurrente de la précédente mais complémentaire, est celle thématique (alchimie et monuments, alchimie et chimie, alchimie et symbolisme, les alchimistes du XXème siècle...).
Voici donc une petite réflexion à partir de ce qui n'est finalement de ma part qu'un "innocent" essai de classification des conférences du colloque d'Atlantis.
Ton compte rendu gagne à être analytique. Merci beaucoup des précisions, Archer ; c’est très clair maintenant ce que tu entends par ‘une vision plus contemporaine’. Et je suis bien d’accord avec toi, l’alchimie n’est pas qu’une curiosité du passé, une ruine à étudier.
"Enfin le langage codé de l’alchimie, qu’il s’agisse de celui des monuments, des gravures ou des textes mérite de notre part une approche spécifique qui me semble devoir nous faire écarter toute possibilité d’explication qui prétendrait s’en affranchir.
D'une certaine façon j'irai jusqu'à dire qu'on ne peut écrire sur l'alchimie de livre valable, véritablement objectivant, pour employer le jargon moderne, et qu'il n'est dans ce domaine d'ouvrages véritablement considérables que ceux fondés sur le langage alchimique même, autrement dit des livres d'alchimie."
J'ai décroché d'ATLANTIS, depuis quelques années, aprés 20 ans de participation .
Merci de ces informations !
Je vais essayer de voir qu'elles sont les revues ré-éditées et si on peut se les procurer hors association .
Bonne journée
Denise
Grace à votre article , je viens de découvrir leur site !
Bonne journée
Denise
http://www.atlantis-site.com/documents/demeures_philosophales.php?s02_1
D'après Patrick Rivière, c'est inutile de chercher la véritable identité de Fulcanelli... alors, pourquoi a-t-il publié deux livres ("Fulcanelli, sa véritable identité enfin révelée..." & "Fulcanelli. Qui suis-je") en disant que Fulcanelli était le physicien Jules Violle (1841-1923)??? Sans oublier, évidemment, les traductions pour Anglais...
En outre, Fulcanelli lui-même a cherché savoir la véritable identité des anciens alchimistes!
Par exemple:
"Eyrenée Philalèthe, vivante énigme dont jamais on ne put découvrir la véritable identité" ("Les Demeures Philosophales", 'L'Alchimie médiévale', p.75).
"Quel biographe oserait certifier que Philalèthe fût le pseudonyme du noble Thomas de Waghan" ("Les Demeures Philosophales", 'Louis d'Estissac', p.255).
Ses recherches sur Sethon (auprès de Louis Figuier!), un membre illustre d'une puissante famille écossaisse, les sires de Winton...
Ses recherches sur les alchimistes de Flers ou de Caen, etc., etc. Que Louis d'Estissac était un alchimiste, son avis personnel que Jeanne de Vivonne ne pouvait ps être alchimiste, etc.
Cordialement, W.GROSSE
A lui de s'en expliquer s'il le souhaite, mais cela m'a effectivement été présenté comme une sorte de mea culpa.
Ceci a été dit devant la famille d'Eugène Canseliet, dont vous savez la position sur ce sujet précis.
Quant aux judicieux passages de l'oeuvre de Fulcanelli que vous rappelez, ils me paraît qu'ils vont globalement tous dans le même sens: L'enquête sur l'identité des Adeptes peut se concevoir, mais son résultat au bout du compte est pratiquement toujours le même: Bien proche d'être nul ou négatif.
Vous connaissez également mon sentiment sur ce point: Cela me semble être la Sagesse même.
Cordialement
Denise
Que découvertes, redécouvertes et autres revoilements ou inventions de trésors spirituels vous accompagnent et nous accompagnent...derechef.
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