Partager l'article ! JULIEN CHAMPAGNE ET LA VIE MINERALE: Ou 1908 de Champagne, puisque cette année-là "Hubert" parachève un traité d'alchimie, intitulé tou ...
Ou 1908 de Champagne, puisque cette année-là "Hubert" parachève un traité d'alchimie, intitulé tout bonnement La Vie Minérale, écrit resté à ce jour non publié, et dont nous vous présentons donc,
en ce jour de la Trinité, quelques extraits du début et de la fin.
C'est je crois pour l'instant la seule preuve évidente d'un intérêt précoce du peintre et dessinateur pour la science hermétique, même s'il est réputé avoir rencontré Fulcanelli dès 1905, et être
passé en 1910 à son service. 1910, moment où il produit ses premières illustrations pour le Mystère des Cathédrales, année également où il réalise sa superbe composition du Vaisseau du Grand
OEuvre...
Et puis voici enfin un Julien Champagne dont il est désormais impossible de prétendre qu'il fut un vulgaire copiste de traités anciens, pour ne pas dire un plagiaire ou pire encore. Comme pour
l'heure nous ne savons rien de la genèse de ce manuscrit, en dehors du fait qu'il ne comporte pas d'illustrations, ce qui pourra sembler notable, et qu'il fut relié à une époque indéterminée,
nous ne pouvons nous prononcer sur les motivations qui furent celles de l'artiste et alchimiste: Accession à un voeu exprimé par Fulcanelli?
Quoiqu'il en soit, l'essai de Julien Champagne se présente sous les auspices du clacissisme le pur, comme en témoigne son sous-titre...en caractères gothiques: Etude de Philosophie Hermétique et
d'Esotérisme Alchimique. Voici bien une dénomination qui nous rappelle en outre fortement celles choisies pour leurs écrits par Fulcanelli et Eugène Canseliet.
Naturellement, Hermès, dieu éponyme des Philosophes, s'impose à notre attention d'entrée de jeu: "Revenez à vous même, vous qui marchez dans l'erreur, qui languissez dans l'ignorance;
éloignez-vous de la lumière ténébreuse."
Puis aussitôt, et ceci me semble être très fulcanellien d'inspiration, il cède place à un savant plus proche de nous, l'illustre astronome et mathématicien Pierre-Simon Laplace (1749-1827), dont
je vous laisse découvrir la leçon toujours actuelle de constante ouverture d'esprit et de soigneuse humilité, ainsi que de recours vigilant à une expérimentation qui reçoit également les faveurs
de la pratique alchimique.
C'est le même Laplace, aujourd'hui réputé avoir déclaré à l'empereur Napoléon 1er qu'il n'avait que faire de l'hypothèse de Dieu, qui affirmait pourtant:
« Une intelligence qui, à un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée, la position respective des êtres qui la composent, si d’ailleurs
elle était assez vaste pour soumettre ces données à l’analyse, elle embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l’univers, et ceux du plus léger atome. Rien ne
serait incertain pour elle, et l’avenir comme le passé seraient présents à ses yeux. »
A sa suite, ne soyons certes pas surpris de trouver, appelé à la rescousse de ses références concordantes par un Julien Champagne décidémment plus érudit qu'on ne le croyait, et cette fois dans
le rôle de l'épistémologue, le génial visionnaire que fut aussi l'auteur du roman Notre-Dame de Paris, "écrit tout entier sous le charme de l'alchimie."
Puis l'auteur fonde très vite le début de son témoignage sur un certain nombre d'auteurs qui tous font partie du corpus traditionnel de l'alchimie occidentale: Artephius, Flamel, Philalèthe,
Valentin entre autres figurent bien au nombre de ces "textes classiques" qui sous-tendront plus tard tout un traité d'Eugène Canseliet.
Mais si Champagne leur fait explicitement obédience, leur rendant un hommage mérité pour avoir perçu l'unité profonde de la matière, c'est qu'il s'est longuement appliqué à vérifier la véracité
de leurs dires:
"Comme eux j'ai pu, à force d'étude, d'expériences laborieuses et de persévérance, me pénétrer de cette idée qu'un principe unique et primitif devait, en se diversifiant par évolutions et
transformations successives, demeurer le véritable et seul créateur de toutes les substances du macrocosme." Celui qui s'exprime ainsi est bien devenu philosophus per ignem.
Champagne reviendra d'ailleurs sur cette même idée dans les toutes dernières lignes de son opuscule, qui cher Vérax comporte tout de même une bonne centaine de pages:
"Concentrer l'Energie minérale sous une Forme capable d'opérer la transmutation métallique; enchaîner l'enseignement philosophique aux opérations manuelles; rendre manifeste et tangible ce qui
est occulte par les voies simples de l'expérience, tel est le but de la Science Hermétique."
Et de témoigner de sa certitude profonde que cet idéal est accessible, et fut atteint par nos anciens Maîtres: "Les Alchimistes, en se basant sur elle, ont atteint ce prodigieux sommet; ils ont
cueilli - après combien d'efforts - la Rose Mystérieuse."
"Quelle splendide figure, remarquera Fulcanelli à propos de l'alchimiste de Notre Dame, que celle du vieux maître, qui scrute, interroge, anxieux et attentif, l'évolution de la vie minérale, puis
contemple enfin, ébloui, le prodige que sa foi seule lui laissait entrevoir!" (Mystère des Cathédrales).
Et dans les Demeures Philosophales: "L'activité vitale, très apparente chez les animaux et les végétaux, ne l'est guère moins dans le règne minéral, bien qu'elle exige de l'observateur une
attention plus aiguë. Les métaux, en effet, sont des corps vivants et sensibles...
Qu'est-ce que la dilatation et la contraction, sinon deux effets du dynamisme métallique, deux manifestations de la vie minérale? Pourtant, il ne suffit pas au philosophe de noter seulement
l'allongement d'une barre de fer soumise à la chaleur, il lui faut encore rechercher quelle volonté occulte oblige le métal."
Voici sans doute pourquoi Julien insiste tant en définitive sur la nécessité de "l'observation constante, persévérante et raisonnée des phénomènes biologiques."
Je viens d'apprendre que Fabrice Bardeau est passé il y a quelques semaines. Naturopathe de profession, il fut aussi et peut-être d'abord alchimiste.
Nous lui devons en particulier nombre de volumes dignes d'intérêt, tels Les clefs secrètes de la chimie des Anciens (Laffont, 1975 et 1992) et la présentation d'une curieuse édition par Savary de
l'Alchimie de Flamel du chevalier Denis Molinier (1989).
Dans son Présence de Fulcanelli, Artero rappelle qu'en 1978, Fabrice Bardeau participa à la défunte librairie parisienne La Table d'Emeraude à une alchimique conversation dont Eugène Canseliet
fut un autre des acteurs.
Pour Eugène, on pouvait dire aussi à cette époque que l'alchimie connaît une sorte de renouveau, de renaissance. De ce renouveau et de cette renaissance, Fabrice, nous te sommes en partie
redevables.
Bonne route sur ton nouveau chemin, et que notre Bonne Déesse t'ouvre tout grand ses bras secourables non moins que maternels.
ARCHER
| Février 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | ||||||||
|
||||||||||
amitiés sylvie
Dans le désert des mots Fleurit une oasis. Et si elle vous inspirait Une ode?
Amitiés
Many thanks for this. Merci beaucoup de ces compliments auxquels j'espère que vous me pardonnerez de répondre en français, ayant l'impression que vous le comprenez parfaitement d'une part, et d'autre part par égard pour mes lecteurs et lectrices non anglophones.
Je ne sais si j'ai touché un filon, j'ai parfois l'impression que c'est plutôt lui qui m'a percuté de plein fouet. Oui, j'espère et je crois qu'il est riche, cela dépend quelque part de nous tous.
Vous savez, en argot français, il y a une expression pour dire de quelqu'un qu'il a de la chance, on traduit cela de façon très alchimique je trouve en avançant l'idée qu'il a de la veine.
Mais la chance, ou la veine, ça se mérite, aussi...Au plaisir de vous relire.
enfin la confirmation d'un Jean Julien Champagne, philosophe hermétique et alchimiste, par ce splendide document, qui passe à défaut d'un autre encore plus éloquent, pour un de ces innombrables témoignages de la Tradition, signé ici par son auteur sous la forme de son patronyme, ce qui forme plutôt une exception, mais était fréquente, lors d'une remise de la main à la main.
Comme il serait intéressant que le propriétaire légitime puisse faire éditer en fac-simile ce manuscrit bien précieux sur la "niche" traditionnelle de l'entourage de Fulcanelli (Pierre Dujols de Valois - famille De Lesseps) dans la première décennie du vingtième siècle commençant.
Un immense merci à vous pour votre travail de très grande qualité, et mes amitiés en Hermès.
Je comprends donc moi aussi que Julien Champagne ait jugé préférable de le signer de son nom à l'état civil, plutôt que d'un pseudonyme, et vous suis donc tout à fait dans votre raisonnement.
Quant à la publication de ce traité, elle ne dépend pas pas de moi qui ne suis ni éditeur, ni propriétaire du texte, dont d'ailleurs je ne dispose pas en totalité actuellement.
Aussi ne puis-je pour l'instant qu'enregistrer notre souhait commun, en escomptant qu'il pourra rencontrer un ou des écho(s) favorables(s).
J'enregistre au passage, et vos compliments, que je retourne à votre propre blog, et cette proximité que nous relevons tous deux entre les familles Lesseps et Dujols d'un côté, et de l'autre Fulcanelli et Julien Champagne.
Bien à vous In Hermes Trimegisto,
c'è sempre da imparare, e molto, da quello che ci regali mese per mese, Grazie e a presto, MAX
Grazie mille! Je ne saurai assez rendre hommage, de mon côté, à votre admirable initiative d'entreprendre une traduction italienne du blog Julien Champagne, dont chacune et chacun pourra aisément bénéficier s'il ou si elle le souhaite, grâce aux "liens" que nous avons tous deux mis en évidence.
http://maxjulienchampagne.over-blog.it/
Puisse cette initiative prospérer, et faire des émules!
Félicitation pour ce document exceptionnel, entre tous les documents exceptionnels.
Quel bonheur absolu de lire tout celà. Le puzzle se rassemble inexorablement, les documents secrets sortent des bibliothèques, d'autre suivront, à n'en pas douter.
Quelle veine ce filon ! :-)
Merveilleux Julien Champagne..........
Archer, Ce livre peut-il espérer un jour voir une impression ? Si ou i, je souscris d'emblée.
Pazr ailleurs auriez-vous la possibilité de demander au proriétaire du livre unique de Champagne s'il serait d'accord pour que figurent quelques autres pages de Champagne sur votre blog ?
Son texte est magnifique, MAGNIFIQUE, MAGNIFIQUE, MAGNIFIQUE.
Ib
Merci Ib de votre intérêt renouvelé. Je ne doute pas que le propriétaire de La Vie Minérale lise ce blog, aussi l'appel est lancé.
Quant à l'édition du manuscrit, je n'ai pas connaissance à ce jour d'une quelconque proposition ferme, mais ceci peut changer.
Sinon je partage tout à fait votre avis, certains passages au moins du texte de Julien Champagne sont absolument magnifiques.
J'ajoute qu'actuellement j'ai toutes les raisons du monde de ne pas douter de son authenticité. Vous avez bien raison, Eugène Canseliet, ami proche de Julien Champagne dès 1915-1916, ne souffle mot de ce manuscrit élaboré dès 1908, du moins dans les écrits que nous lui connaissons pour l'heure.
N'oublions pas, au demeurant, que ce texte apparemment unique a été élaboré par quelqu'un ("Hubert") qui en bon alchimiste, en bon hermétiste, en bon ésotériste si vous voulez, veillait à ne dire aux uns et aux autres que ce qu'il croyait devoir leur dire.
Ici, je suis très tenté de suivre Geneviève Dubois notamment. C'est ainsi par exemple que Canseliet a très bien pu (après 1932) ne découvrir que sur le tard la relation entre Renré Schwaller et Julien Champagne.
J’ai l’impression que vous avez mis dans le mille avec la découverte de ce manuscrit.
Cordialement Hélias
Ceci dit, quoique de plus normal pour un Archer? Mais je me vois comme forcé, allez savoir pourquoi, de me référer ici à l'édition Canseliet du Mutus Liber:
"La force du produit doit être proportionnelle à la puissance du fluide, de telle sorte que la poudre de projection obtenue multiplie à 100, 1000 ou 10 000, etc, suivant le potentiel de l'artiste."
Oui, c'est ce que j'appelle "la deuxième mort".
Champagne est mort deux fois. Après sa mort physique son oeuvre a été passé sous silence. La preuve en est ici -même, qui exhume grâce à la ténacité d'Archer, ce document exceptionnel.
Souve,nons-nous que la plaque morturaire attestant de sa filiation hermétique a été volé. Soi par un admirateur, soi par un détracteur qui souhaitait sa deuxième mort.
De la même manière certains livres de Champagne ont ensuite été chez Canseliet. Lorsque ces livres se rertrouvèrent dansle circuite de labibliophie, ils n'avaient plus les ex-libris circulaires propre à Champagne, soigneusement ôtés qu'ils onté été. Les ex-libris des propriétaires précédnets, eux, sont bien restés. La deuxième mort est bien là, celle du souvenir volontairement effacé !
Qui craint que le rôle, peut-être majeur ? - de Champagne soit sur l'avant-scène ?
Ce manuscrit "Vie minérale" pourra-til voir le grand jour, pour le plus grand profit de tous ? Ou bien devra-t-on se contenter des magnifiques photos d'Archer (Encore un grand MERCI)
Ib
Je partage au demeurant avec vous l'espoir que sa tombe, sur laquelle je me suis recueilli comme d'autres, puisse être restaurée dans son état d'origine, et que son état d'apôtre de la science hermétique, et donc d'alchimiste, puisse donc lui être de nouveau reconnu.
Pour moi, compte tenu de ce que je sais pour l'heure, la perte de Julien a été durement ressentie par son ami plus jeune Eugène Canseliet, auquel Fulcanelli fut par conséquent conduit à adresser un Moktar Pacha.
Canseliet qui à partir de 1932 dut donc porter seul le flambeau de l'alchimie renaissante sur ses épaules de trentenaire ou quasiment. Et donc se mettre seul en avant...
Quant à "Hubert", il reste qu'il n'est plus désormais, en particulier avec la découverte de La Vie Minérale, un second rôle de l'alchimie du dernier siècle, il devient ou redevient un alchimiste à part entière, comme Canseliet l'est également.
Le propriétaire du manuscrit de La Vie me semble actuellement enclin, sinon forcément à la publication du texte (mais de toute façon aucun éditeur ne s'est manifesté à ce jour) du moins à la communication d'autres extraits: Wait & see!
felicitations pour la decouverte de ce magnifique manuscript...!
Votre "quete" est invaluable...!
C'est un grand plaisir de vous rencontrer dans le Bois de la Dame!
Captain NEMO
Grazie mille, many thanks pour cette appréciation, qui me permet entre autres de resignaler l'intérêt particulier de vos sites:
http://www.netvibes.com/capnemo#Welcome_on_Board_!
En fait je pense que c'est la Dame Polia qui nous rencontre dans son Bois, et je saisis l'opportunité de votre intervention pour la prier de faire en sorte qu'un jour prochain, après nous avoir permis de découvrir ou redécouvrir l'alchimiste Julien Champagne, auteur de La Vie Minérale, elle nous permette aussi de mesurer à nouveau l'extraordinaire talent de l'artiste peintre (et dessinateur) auteur du Vaisseau du Grand OEuvre.
Bon sang! C’est le Copper Scroll de l’alchimie que vous avez exhumé ! Félicitations Archer, et remerciements au possesseur, qui acceptera peut-être, souhaitons-le, de le faire éditer un jour en ‘reprint’.
-Carl Lavoie/nyme
Quelle flatteuse comparaison venant je crois d'un jeune archéologue des textes alchimiques que celle qui compare la découverte de La Vie Minérale à celle de certains manuscrits de La Mer Morte.
Je profite cependant de ce compliment immérité pour signaler votre approche à la fois verte et érudite de l'alchimie:
http://www.massanne.com/index.php?option=com_content&view=category&id=39&Itemid=64
Vive le Québec libre...pardon, vive le Canada, francophone et donc français...où d'ailleurs vivent nombre de Champagne, voire certains Julien Champagne.
Bonjour à tous et à toutes,
Quel document exceptionnel vous nous avez déniché là ! Superbe ! Formons tous ensemble le voeu pieu que ces pages seront un jour prochain publiées en fac-similé ! Toutes mes félicitations pour cette trouvaille incroyable !
A très bientôt !
Je suis galeriste à Paris et ai actuellement à vendre un très beau tableau de Julien Champagne. Il me semble qu'il peut vous intéresser. Pouvez-vous me donner votre email pour que je puisse vous envoyer une photo ?
Cordialement,
Marie Watteau
Galerie Marie Watteau
14, rue de Beaune 75007 Paris
mwatteau@wanadoo.fr
Merci de cette heureuse initiative qui m'intéresse vivement. Je viens de vous adresser un courriel en ce sens.
Quand on nous dit que certains noms sont prédestinés...
Bien à vous,
"Si tu ne vas pas à Champagne, Champagne ira à toi !" Superbe trouvaille.
3 idées me viennent en lisant les extraits de ce livre :
1°) Le titre et le ton des extrait font beaucoup penser au style employé par Jollivet-Castelot et les hyperchimistes, en pleine floraison dans ces années-là. J'y verrais volontiers une influence (au moins livresque) de l'alchimiste de Douai sur Champagne, qui semble ne pas avoir encore pris complètement son indépendance intellectuelle.
2°) On retrouve la même confiance péremptoire qui animait les plumes d'Albert Poisson ou de Jollivet-Castelot, alors même que ces personnes ne trouvaient rien de problant en pratique. Champagne n'échappe pas ici à la règle ; et son commentaire au Manuscrit Yardley le confirme.
3°) On peut trouver étrange que Champagne écrive (ou plutôt : calligraphie) un livre en un seul exemplaire. Pourquoi ne pas l'avoir édité et imprimé, assurant ainsi sa diffusion ? Vu ses relations mondaines, il en avait la possibilité. La solution "exemplaire unique" permettait vraisemblablement de pouvoir le vendre comme un livre d'art à un riche collectionneur-amoureux de Science. Je vois ce livre comme un tableau peint... Même destin, et sans doute même gamme de prix.
Champagne, artiste total.
Cordialement,
Amandus
N'oublions pas en effet qu'en 1908 Julien Champagne n'a qu'une trentaine d'années, et donc ceci est une oeuvre de jeunesse pour un alchimiste.
Est-ce la raison pour laquelle son auteur avait gardé pour lui son manuscrit? C'est possible, ou alors Fulcanelli qui le connaissait depuis 1905 et au service duquel il passera en 1910 l'a persuadé de ne pas le publier.
A l'inverse je vois mal "Hubert" qui comme vous le rappelez était depuis 1907 au service des Lesseps avoir un quelconque besoin de commercialiser cette oeuvre.
Votre intuition concernant Jollivet-Castelot (dont je me hasarderai pas à soutenir qu'il n'a rien trouvé, et j'en dirais autant d'Albert Poisson) me semble des plus justes car Jollivet comme Poisson a été lu par Champagne.
Julien le cite d'ailleurs dans La Vie minérale, dont je dispose désormais de larges extraits, ce qui me permettra je l'espère de revenir sur ce texte dans un proche avenir, ainsi que me l'ont demandé plusieurs de nos lecteurs.
Je pense au demeurant qu'il ne faut pas, effectivement, être trop "péremptoire", pour employer un de vos termes, s'agissant de l'hyperchimie.
La dimension spirituelle en particulier n'en est pas absente, et il faudrait pour s'en convaincre lire ou relire la thèse que Pierre Pelvet a consacré à l'alchimie française au début du XXème siècle.
Jollivet-Castelot n'a t-il pas écrit La vie et l'âme de la matière, dont le titre rappelle étrangement celui du présent traité?
Cordialement
Concernant Poisson et Jollivet-Castelot, je parlais de réalisations pratiques, au laboratoire. Je ne leur enlève rien du côté de la théorie, dans la mesure où ils connaissaient bien sûr les vieux auteurs.
Concernant le ton péremptoire (ou du moins très sûr de lui) de Champagne, on le retrouve dans ses Observations et remarques du manuscrit Yardley, écrites 5 ans plus tard, En effet Champagne y affirme qu'il connaît opérativement le Grand-Oeuvre de l'Alpha (préparation du Mercure) jusqu'à l'Oméga (obtention du Soufre)...
Pour en revenir à Champagne, je vous accorde volontiers qu'il affirme discourir en connaissance de cause. Je ne trouve pas cela critiquable.
Sur l'alpha et l'oméga, j'ai été interpellé par votre lecture du texte du manuscrit Yardley, la mienne est que Julien dans ce passage fait état de sa connaissance théorique du début et de la fin de l'OEuvre.
Un peu comme Eugène Canseliet affirmant que depuis 1952 il sait la totalité du processus alchimique.
Comme vous savez, c'est très probablement nécessaire, mais pas forcément suffisant.
Oui, mon impression actuelle est qu'"Hubert" a conservé par devers lui La vie minérale et le Yardley jusqu'en 1932.
What a great discovery! This most important document should be published somehow. In the meantime, I think you would satisfy a lot of the readers of this blog, if you wrote a short summary of the content. I mean, what specific ideas did Champagne have regarding the performance great work? Must be possible to get a rather good picture, although I share your opinion that his views might very well have changed later on because he was at the time only 30 years old. For example, the relevance of spiritus mundi as continually stressed by Fulcanelli, rejection of certain matters (antimony, universal solvent is a fixed matter non violatile) etc.
Cordiallement,
Christer Böke
God Dag Christer
Comme on semble désormais s'acheminer vers une publication de ce manuscrit, je suppose d'ici à quelques mois, et du fait que je n'ai pas actuellement accès à la totalité de son texte, je crois que le mieux que je puisse faire est de vous en donner une idée de la philosophie générale, et ce à l'aide des quelques citations suivantes:
"Il serait nécessaire que les champions de notre officielle chimie puissent opposer aux vieux principes de solides raisons et mettre en présence de l’Alchimie renaissante une science positive sans accrocs ni lézardes. Tel n’est pas le cas."
"Comment peut-on croire que la Nature, dans son unité, puisque la théorie d’une matière unique prévaut à l’heure actuelle, en sa pure harmonie et son extrême simplicité, ait refusé aux composés d’énergie désignés sous le vocable de minéraux, ce que l’énergie composante possède ?"
"Les minéraux, aussi bien que les êtres organisés, ont en eux leur propre semence."
"J’ai dit que les minéraux, tout comme les êtres organisés vivaient. Si leur évolution paraît entravée ou suspendue, elle n’est point supprimée et dès que cessent les circonstances opposées au développement minéral, l’accroissement reprend aussitôt."
Cordialement,
"J’ai dit que les minéraux, tout comme les êtres organisés vivaient. Si leur évolution paraît entravée ou suspendue, elle n’est point supprimée et dès que cessent les circonstances opposées au développement minéral, l’accroissement reprend aussitôt."
cela dénote d'une très grande connaissance du règne minéral et métallique !!
comment peut-on parler de croissance métallique si nous ne l'avions pas observée.
limojon
Exactement Limojon et je ne saurai mieux dire. Plus encore que dans le manuscrit Yardley, il me paraît comme à vous que Julien Champagne avec La Vie Minérale se présente bien à nous comme un alchimiste opératif.
Dans l'attente de la publication de ce dernier manuscrit j'espère pouvoir prochainement en donner à chacune et chacun un nouvel aperçu, qui nous permettra peut-être de nous en convaincre encore davantage si besoin est.
Je voudrais qu'il nous permette également de mieux appréhender la grande proximité d'"Hubert" avec la pensée de Fulcanelli (et non son identité avec lui).
Je profite de mon passage sur votre blog pour vous souhaiter, à Archer et aux lecteurs, une excellente année 2011 !
Grâce à vous, 2010 fut très riche en découvertes pour moi, avec la lecture de Présence de Fulcanelli (J. Artero), celle de Alchimie de Lesseps (J. Artero, encore :- ), et pour finir en apothéose : La Vie Minérale (J. Champagne, avec la complicité de … J. Artero et le B. Allieu).
Quel délice, ce dernier ouvrage ! Quelle douceur cette couverture ! Quel respect et recueillement fait instantanément surgir la qualité de cette édition, chez celui qui la tient dans les mains ! Le flacon y est aussi beau et agréable que la savoureuse liqueur qu'il contient. On peut y découvrir -”dans le texte”- un Champagne parfaitement au fait de l’hermétisme alchimique, qu’il expose avec une simplicité et une cohérence rarement rencontrée ailleurs, bien que ce soit une oeuvre de jeunesse...
Certains passages ne sont pas sans rappeler quelques paragraphes des premiers chapitres des Demeures, hormis le nécessaire voile didactique qui semble ne pas y avoir sa place, et qui est remplacé par une prudente et humble discrétion. On est loin du diabolique Champagne décrit dans certaines enquêtes.
Je ne sais pas ce qu’on connaît de plus sur les conditions dans lesquelles Champagne a écrit son texte, ou la préface de J. Artero relate-t-elle tout ce qu’on sait sur le sujet ? Et Quid des circonstances de la découverte de ce manuscrit ? Y a-t-il d’autre découvertes sur le feu ?
Ah ! Archer, pourriez-vous transmettre mes voeux à Jean Artero ? Je sais que vous avez souvent l’occasion de le rencontrer.
Virtuelles amitiés !
Fabien.
Merci Fabien, bonne année également. Je ne doute pas que Jean Artero lise vos compliments et y soit très sensible.
Pour le reste, vous avez bien choisi l'article qui abrite désormais votre commentaire. On envisage d'ailleurs de revenir prochainement sur ce blog sur la parution de La vie minérale. A ma connaissance le manuscrit provient tout simplement de la famille de Julien Champagne.
Je ne saurais préjuger d'autres découvertes toujours possibles, mais de toute façon nous pensons qu'il serait bon également de faire éditer le manuscrit Yardley. Cela devrait prendre au moins quelques mois, c'est un beau mais gros travail.
Amicalement
Désolé pour la taille de police de mon précédent message...
Je resterai attentif à vos prochains articles, comme d'habitude. Concernant le manuscrit Yardley, pouvez-vous résumer en quels sens il est si intéressant, mis à part le fait que Julien Champagne ait tout de même pris la peine de le traduire et de le présenter (ce qui n'est déjà pas peu pour vos lecteurs). De ce que vous en dîtes ici, je comprends qu'il s'agit surtout d'un particulier, bien que Julien Champagne semble penser que l'auteur connaissait tout le processus du Grand-Oeuvre. Votre commentaire est-il basé sur la lecture du commentaire du manuscrit en question ?
N'allez pas penser que je méprise la valeur d'un particulier, quelqu'en soit la descrition, mais vous conviendrez comme moi qu'il ne peut constituer, à lui seul, une finalité dans le cadre strictement alchimique. Je me méfie, peut-être à tord, des voies fascinantes et trompeuses. Champagne lui-même précise dans LVM que le temps est une des matières de l'oeuvre ... à ne pas gâcher donc, comme il semble le sous-entendre dans votre citation sur ses expériences de jeune chimiste.
En tout cas, c'est un sacré filon que vous avez trouvé là ! Et je fais partie de ceux qui s'en réjouissent.
A quand une biographie extra-ordinaire de Julien Champagne ?!
S'agissant des particuliers, Fulcanelli indique clairement qu'il en est deux sortes d'efficaces:
Les particuliers étant tous a priori spagyriques ou si on veut archimiques, il en est cependant qui sont sous-tendus par de pertinentes raisons philosophiques, autrement dit philosophales ou alchimiques.
Peut-être faut-il ranger dans cette catégorie telle recette de Basile Valentin, si cher à Fulcanelli, ou celle de Yardley.
N'oublions pas que Fulcanelli mentionne dans son oeuvre le procédé de Yardley, et qu'en 1913, quand Julien Champagne s'intéresse à son texte, il connaît Fulcanelli depuis plusieurs années (1905) et travaille pour lui depuis quelque temps (1910).
Ah, une bio de Julien Champagne, oui, excellente idée, évidemment.