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  • : Site consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.
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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.

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24 juin 2006 6 24 /06 /juin /2006 19:39

La planche IX de l'édition originale du Mystère des Cathédrales, illustré par Julien Champagne, se rapporte à nouveau au porche central de Notre Dame de Paris.

Elle comporte deux médaillons, respectivement intitulés Le Corps Fixe et Les matériaux nécessaires à l'élaboration du Dissolvant.


Commençons par Le Corps Fixe, et écoutons la leçon de Fulcanelli à son propos:

"Nous voici maintenant en face d'un symbole fort complexe, celui du Lion. Complexe parce que nous ne pouvons, devant la nudité actuelle de la pierre, nous contenter d'une seule explication.

Les Sages ont adjoint au lion divers qualificatifs, soit afin d'exprimer l'aspect des substances qu'ils travaillaient, soit pour en désigner une qualité spéciale et prépondérante.

Dans l'emblème du Griffon (huitième motif), nous avons vu que le Lion, roi des animaux terrestres, représentait la partie fixe, basique d'un composé, fixité qui perdait, au contact de la volatilité adverse, la meilleure partie d'elle-même, celle qui en caractérisait la forme, c'est-à-dire, en langage hiéroglyphique, la tête.

Cette fois, nous devons étudier l'animal seul, et nous ignorons de quelle couleur il était originellement revêtu. En général, le Lion est le signe de l'or, tant alchimique que naturel; il traduit donc les propriétés physico-chimiques de ces corps. Mais les textes donnent le même nom à la matière réceptive de l'Esprit universel, du feu secret dans l'élaboration du dissolvant.

Dans ces deux cas, il s'agit toujours d'une interprétation de puissance, d'incorruptibilité, de perfection, comme l'indique assez, d'ailleurs, le preux à l'épée haute, le chevalier couvert du haubert de mailles, qui présente le roi du bestiaire alchimique.

Le premier agent magnétique servant à préparer le dissolvant, - que certains ont dénommé Alkaest, - est appelé Lion vert, non pas tant parce qu'il possède une coloration verte, que parce qu'il n'a point acquis les caractères minéraux qui distinguent chimiquement l'état adulte de l'état naissant...

Quant au Lion rouge, ce n'est autre chose, selon les Philosophes, que la même matière, ou Lion vert, amenée par certains procédés à cette qualité spéciale qui caractérise l'or hermétique ou Lion rouge...

De ces interprétations, quelle est la véritable? - C'est là une question que nous avouons ne pouvor résoudre. Le lion symbolique était, sans aucun doute, peint ou doré. Quelque trace de cinabre, de malachite ou de métal viendrait aussitôt nous tirer d'embarras. Mais il ne subsiste rien, rien que le calcaire rongé, grisâtre et fruste. Le lion de pierre conserve son secret!"


A cette constation pessimiste en apparence, le médaillon suivant permet aussitôt d'apporter un correctif, dont il nous faut noter en passant que la glose fulcanellienne précède en fait celle rapportée ci-dessus:

"Le neuvième sujet nous permet de pénétrer davantage le secret de la fabrication du Dissolvant universel.

Une femme y désigne, - allégoriquement, - les matériaux nécessaires à la construction du vaisseau hermétique; elle élève une planchette de bois, ayant quelque apparence d'une douve de tonneau, dont l'essence nous est révélée par la branche de chêne que porte l'écusson.

Nous retrouvons ici la source mystérieuse, sculptée sur le contrefort du porche, mais le geste de notre personnage trahit la spiritualité de cette substance, de ce feu de nature sans lequel rien ne peut croître ni végéter ici-bas.

C'est cet esprit, répandu à la surface du globe, que l'artiste subtil et ingénieux doit capter au fur et à mesure de sa matérialisation.

Nous ajouterons encore qu'il est besoin d'un corps particulier servant de réceptacle, d'une terre attractive où il puisse trouver un principe susceptible de le recevoir et de le "corporifier."

"La racine de nos corps est en l'air, disent les Sages, et leurs chefs en terre."

Du dissolvant universel, il est encore abondamment question dans l'ouvrage consacré par Eugène Canseliet au Livre Muet (Pauvert, 1967), où il revient également sur l'énigme du lion, "symbolisant le soufre."

Pour lui, de même, commente-t-il dans le même livre, les lions vert et rouge représentent le double principe sulfureux, et sont appelés à la réunion sous le signe d'Apollon.


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-a-l-alkaest-83879020.html




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Myrobolan 10/06/2011 17:48



Archer,


La petite vignette extraite de l'Aurora consurgens (XVeS.) par laquelle vous terminez cet article ressemble fort à la partie supérieure droite d'un vitrail de la cathédrale Saint-Etienne
de Bourges. Je ne sais pas si cette baie du déambulatoire, illustrant une partie des visions de l'Apocalypse de Saint Jean, date du XIIIe ou du XVIe S., et donc laquelle de ces représentations
aurait pu inspirer l'autre, ou si elles ont puisé à la même source. En tous cas, cette similarité n'a jamais été mentionnée à ma connaissance.


Philippe Buchelot, lors du colloque qui s'est tenu au Pradet, a remarqué que Fulcanelli ne s'arrête étrangement pas sur certaines cathédrales, dont Chartres et Bourges, alors même qu'il repère
tout de même deux demeures philosophales dans cette dernière ville.


Dans le vitrail de Bourges, dont la scène se passe dans les nues, la Vierge sur son trône tient une couronne dans chaque main, qu'elle porte au dessus du chef des deux vieillards,
qu'elle allaite.


Cette scène se rapporterait à Ap. XXI, 9 : "Viens, que je te montre la Fiancée [le mot grec est νύμφη, notre nymphe], l'Épouse de l'Agneau."…


On peut en effet voir sur le vitrail qui jouxte celui-ci, à gauche, un agneau qui soutient une bannière surmontée d'une croix, que Grasset d'Orcet lirait volontiers "carbonari"
ou "charbonnier", équivoque que je prends la liberté de trouver dans le frontispice du MC, avec son ravissant corbeau noir.


Mais dans ce cas, Fulcanelli nous dit simplement que si l'agneau "soutient [la croix] avec le pied, c’est parce qu’il en a le signe incrusté dans le pied même : image au-dehors, réalité au-
dedans" (DP). Ce qu'il poursuit par : "Ceux qui reçoivent ainsi l’esprit céleste du feu sacré, qui le portent en eux et sont marqués de son signe, n’ont rien à redouter du feu élémentaire. Ces
élus, disciples d’Elie et enfants d’Hélios, modernes croisés ayant pour guide l’astre de leurs aînés, partent pour la même conquête au même cri de Dieu le veut !"


Quant aux couronnes identiques que notre céleste Reine porte ici de deux façons, je les rapproche aujourd'hui de cet autre passage des DP, T2, Dampierre, S7, Caisson 2 : "Or, notre
couronne — les initiés savent ce dont nous entendons parler — est précisément le domicile d’élection de l’esprit". Ce chapeau, capel, si proche de la chapelle de l'Hôtel
Lallemant, est aussi celui de Saint-Etienne, Stéphanos, notre couronne.


Ce ne sont que pirouettes, mais je souhaitais partager ces rapprochements avec vous et vos lecteurs.



ARCHER 11/06/2011 19:24



Myrobolan merci de nous signaler cette similitude. Hervé Delboy a consacré une étude bien illustrée aux vitraux alchimiques de la cathédrale de Bourges:


 


http://herve.delboy.perso.sfr.fr/vitraux_bourges.html


http://chariteromaine.blogspot.com/2009/04/mystique-medievale.html


 


Le Mystère des Cathédrales, dans son édition originale de 1926, se termine effectivement par une anomalie, qui peut être voulue ou non:


 


C'est bien Bourges qui est traitée, mais au travers de deux de ses logis alchimiques, les hotels Jacques Coeur et Jean Lallemant, et non par le biais de sa cathédrale.


 


On est déjà, de facto, dans l'évocation subséquente des Demeures Philosophales.


 


Quant à Chartres, le colloque Fulcanelli nous a bien permis de nous remémorer notre hypothèse déjà évoquée antérieurement dans ce blog d'un chapitre manquant du Mystère sur cette ville.


 


Le livre de Filostène qu'y a présenté Philippe Buchelot vient la conforter, nous semble-t-il, avec cette lettre de Pierre Dujols en 1911 qui est évoquée ici même dans l'article sur le colloque
Fulcanelli.