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Jeudi 1 janvier 2009 4 01 /01 /2009 00:01


A chacun et chacune, excellente année 2009, emplie comme il se doit de pantagruèleries, et donc hermétique et alchimique à souhait.

Qu'en particulier Mars et Vénus, vêtus ou non et éveillés ou pas, telle ici cette Vénus endormie, vous soient propices, aux unes et aux autres.  Et que diantre ferait Vénus sans son Mars, et réciproques amants.


En cette saint Jean d'hiver où je commence à rédiger pour notre plaisir à tous, à ce que je veux croire, et peut-être aussi pour l'instruction de certains de nos frères et soeurs, mon petit article actuellement mensuel, je voudrais tout de go réexprimer ma sincère gratitude à David, pour m'avoir récemment remémoré l'existence du spectaculaire recueil La danse de la mort, consacré en 1976 par la Galerie de Seine à Jorge Camacho.

Comme nous avons déjà rendu justice à l'excellent poète et peintre cubain:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3409533.html

je voudrais ce jour m'intéresser avec vous principalement à la substantielle et donc rabelaisienne introduction de René Alleau à ce livret, qui est tout bonnement intitulée Hypnos et Thanatos, ou le Philosophe dans le paysage.


Quand j'ai vu pour la première fois, nous explique Alleau, les tableaux de Jorge Camacho sur ce thème de "la danse de la mort", ce n'est pas l'imagerie macabre du XVe siècle qu'évoqua ma mémoire mais, aussitôt et comme spontanément, l'admirable gravure de Giulio Campagnola (1482-1515): "Le philosophe hermétique dans le paysage"
(1509).

Cette gravure, souvent intitulée également L'astrologue, et reproduite ci-dessus, inspire alors à René les commentaires suivants:


"Le critique allemand G.F. Hartlaub, l'un des mieux informés des relations étroites de la peinture et de la gravure de la Renaissance avec l'alchimie et la "Haute Science" hermétique, ne nous apprend pourtant presque rien sur la signification ésotérique et initatique de ce chef-d'oeuvre (Der Stein der Weisen, München, 1959). Il se borne à le rapprocher du célèbre tableau "Les trois Philosophes" de Giorgione, dont Campagnola aurait gravé sur cuivre des motifs picturaux.

Constatons d'abord, poursuit René Alleau, des faits assez évidents. Après un siècle de mutisme total des ténors universitaires "positivistes" à propos des rapports entre l'ésotérisme hermétique et l'art de la Renaissance, les travaux érudits d'Albert-Marie Schmidt, de Paul Arnold, de François Secret en France, de Van Lennep en Belgique, ont montré de façon irréfutable historiquement et philosophiquement le rôle capital de la "Haute Science" dans la poésie, la gravure et la peinture de cette époque."


Et de se livrer alors à une analyse détaillée de la gravure, que je suis tenté de qualifier de saturnienne et à laquelle je me permets de vous renvoyer sans autre forme de procès, car si elle vaut le détour, mon propos de ce jour se situe...ailleurs.

Dans un premier temps cependant, je noterai avec vous que l'auteur inspiré d'Aspects de l'alchimie traditionnelle eût pu également, mais sans doute a-t-il jugé cela superfétatoire, citer en référence à l'appui de sa thèse ô combien pertinente les travaux de Fulcanelli sur l'art monumental et la statuaire de la Renaissance, comme du Moyen Age d'ailleurs.

Mais surtout, et pour en venir au fait, comment a-t-il pu ne pas relever, ne serait-ce qu'in-petto, la similitude de nom que chacun constatera avec nous, entre Giulio Campagnola et Julien Champagne? Nul doute à mon avis qu'elle eût également frappé ce jeune berger si négligemment appuyé sur un tronc de chêne, mais aussi tellement attentif, n'en doutons pas, à l'enseignement du vieil art.


Dans son savant ouvrage sur Le laboratoire alchimique (Guy Trédaniel, 1981, traduit depuis en italien et espagnol),  Atorène s'est penché assidument sur ce genre de coïncidences, qui sont sans doute autant de clins d'oeil des Parques.

Si ce terrain, assure-t-il, ne s'avère pas très alchimique, ce qui à mon sens serait tout de même à démontrer, il n'en contribuera pas moins à décaler  l'étudiant de la réalité ordinaire. De cette réalité qui quelque part nous retient captifs, ajouterai-je.

Là encore je ne m'appesantirai pas sur la plupart des exemples qu'il prend, et dont Richard Khaitzine vient encore de se faire l'écho dans son récent livre Comprendre l'alchimie (Médiadit, 2008).


Mais tout de même, comment ne pas relever une autre homonymie, celle qui à quelques siècles ou décennies de distance là encore rapproche Eugène Canseliet, ami de Julien Champagne, de Francisco Cancellieri (1751-1826).

Cet autre Transalpin a en particulier, comme notre compatriote, disserté sur l'alchimique  villa Palombara de Rome. Les deux ouvrages datent respectivement de 1806 (Dissertazioni con le bizarre iscrizioni della villa Palombara, Rome)
et 1945 (Deux logis alchimiques, Paris).

Si nous voulons bien nous laisser prendre la main par l'ange de l'intuition, notre récolte n'en sera que plus fructueuse, et on ne pourra qu'être frappés, au demeurant, du fait que comme Cancielleri et Canseliet nous ont surtout légué des oeuvres écrites, Campagnola et Champagne sont d'abord peintres et graveurs. Et ces derniers du moins, si l'on veut bien suivre Alleau et très modestement votre serviteur, sont de surcroît tous deux des artistes hermétiques.


Dans un ordre d'idées voisin, Paul Le Cour cité par Jean Artero dans son ouvrage nouvellement paru Présence de Fulcanelli (Arqa, 2008), estimait déjà que les noms portés par certains hommes semblent avoir été parfois préparés de longue date, par on ne sait quel destin, afin de servir de devise à ceux auxquels ils étaient destinés.

Mais à tout seigneur tout honneur, et puisque voici désormais que Julien Champagne invite lui-même sur son site son compère Giulio Campagnola, disons quelques mots de ce dernier. Nous baptisera-t-il dans l'eau comme Jean Baptiste, ou comme le Christ Sauveur dans le feu?

A l'instar de Julien, Giulio est assez mal connu, disons plutôt d'ailleurs: méconnu. Sur la grande toile du réseau d'Ariane, il est cependant possible de recueillir suffisamment d'informations pour se faire une petite idée de ce que fut sa vie, et son oeuvre:

http://en.wikipedia.org/wiki/Giulio_Campagnola
http://www.spamula.net/blog/archives/000339.html


Je relèverai également quelques unes des études qui lui ont été consacrées, que ce fût totalement (Emile Galichon, Guilio Campagnola, peintre graveur du XVIème siècle, Claye, 1862; Paul Kristeller, Giulio Campagnola, Kupferstiche und Zeichnungen, Cassirer, Berlin, 1907) ou en partie (Georges Duplessis, Les merveilles de la gravure, Hachette, 1869, 1871, 1877, 1882...).

On ne peut pas ne pas être immédiatement frappé au premier abord par le fait que, comme Champagne, Campagnola fut un artiste éclectique, linguiste talentueux, poète, et musicien notamment.

Il existe entre eux un point commun supplémentaire, si j'ai bien compris, qui est que les dessins de l'un comme de l'autre nous sont partiellement parvenus, alors que leurs peintures présentement recensées sont totalement ou presque totalement inexistantes.


Enfin, avant de vous laisser vous en aller, et si possible vous envoler sur les ailes de l'aigle, clairvoyantes et clairvoyants, je souhaite appeler votre attention sur l'influence sur Guilio Campagnola d'un certain Andrea Mantegna, qu'il semble bien avoir pu cotoyer, au demeurant, Mantegna sur l'oeuvre duquel François Trojani nous a gratifié naguère d'une belle étude, à la fois historique, tarologique et alchimique (Suite d'estampes de la Renaissance italienne dite Tarots de Mantegna, ou jeu du gouvernement du monde au Quattrocento, Seydoux, 1985).


Et puisque nous voici dans une période faste, et donc de charité romaine, je ne peux en définitive faire moins que de vous signaler la parution récente en Italie d'une nouvelle édition du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, dont je sais gré à Nemo Captain de me l'avoir signalée il n'y a guère.

Elle est due à l'heureuse initiative du regretté Paolo Lucarelli, et est parue en 2005 aux éditions Mediterranee de Rome, toute parée des dessins originaux d'un certain Julien Champagne.

Voici donc à tous égards une démarche que je trouve exemplaire pour ma part, et dont on ne peut que souhaiter vivement qu'elle soit imitée, ici comme ailleurs.

http://www.zen-it.com/ermes/Lucarelli/introfulcanelli.htm

 

paololucarelli.champagne



La mort a dansé l'année achevée. D'immortelle vie point l'année nouvelle. Au gui l'an neuf! Ou comment disent nos amis les druides: O Ghel an Heu: Que le blé germe, que le blé lève.





pcc ARCHER

Par ARCHER - Publié dans : archer - Communauté : les ateliers du temps
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Commentaires

Cher Archer, Bonjour,

Je vous lis toujours avec le même plaisir sur votre site "Champagne" et nombre de vos observations sont frappées au coin du bon sens, notamment vos remarques concernant le véhicule de 1925. La formulation de Canseliet prêtait effectivement à confusion et c'est bien du camping car qu'il s'agissait. Le traîneau avait déjà quitté la France pour la Russie- malheureusement je n'ai pas acheté le catalogue Nadar sur lequel figuraient les photos et l'info. Bien trop cher pour ma bourse à l'époque.
Je connaissais la photo prise par Lartigue et publiée par W. Grosse, chercheur infatigable mais qui parfois, et c'est dommage, s'égare en accordant trop de crédit à Eug. Canseliet qui, d'ailleurs n'a jamais été directeur de l'usine de Sarcelles. Toujours est-il qu'il existe un très intéressant commentaire de Lartigue concernant Bertrand de Lesseps. Au demeurant, Lartigue fut un ami de Van Dongen et de Picabia, ce qui explique quelqus petites choses, puisque le premier renvoie à Mme Erlanger et le second à une curieuse correspondance de Roussel et Willy au sujet d'un article de Desnos. 
L'hypothèse Pierre de Lesseps/ Fulcanelli, lancée par mon ami Serge Hutin ne mène nulle part. Peu de temps avant sa mort, Serge et moi avons correspondu sur sujet. Après avoir lu l'hypothèse que je lui formulais, Serge m'écrivit un long courrier où il me disait "ça expliquerait beaucoup de choses"... donnant à entendre que certains détails concernant cette affaire adoptaient pour lui des résonances différentes.
Certaines informations sur le milieu concerné sont détenues aux USA et sont stupéfiantes de par les ramifications qu'elles font apparaître (voisinage de Mme Roussel mère, Raymond et des noms très intéressants ayant fréquenté la mouvance hermétique.
A un autre niveau, la photo que Roussel sohaitait faire mettre en tête de tous ses livres (il avait changé de cliché) est très loquace.
Pourquoi choisit-il le cliché où il figurait avec une pompe à air? Question nullement anodine. Et puisqu'il est question de "pompe", je vous conseille de vous intéresser à des bestioles qui pompaient sur les écrans TV... les Shadocks d'un certain Jean...Rouxel. Les prolongements à en tirer ne sont pas dénués d'intérêt.
Sur tout ceci, je serai beaucoup plus direct dans "La Langue des Oiseaux" 2 -Georges Perec Mode d'emploi, à propos d'une disparition" en cours de publication au Mercure Dauphinois chez mon amie Geneviève Dubois.
2009 devrait voir la sortie d'u ouvrage en 2 tomes consacré au milieu de l'hermétisme. Le premier tome est prévu pour le 1er trimestre. J'y reprends toute la genèse du dossier Fulcanelli et y passe au crible les déclarations de Canseliet afin d'en faire ressortir les contradictions. ainsi pourquoi ramena-t-il la rencontre de Champagne et du Maître de 1915 - 10= 1905 à 1915- un lustre = 1910?
Enfin l'écu final sera analysé selon les règles de l'héraldique et y voir Champagne à partir du pseudo "Uber" est un non-sens. Personne ne s'est avisé que l'écu est Suisse!
Amitiés et je vous souhaite beaucoup de découvertes enthousiasmantes à venir.
Richard K.
 
Commentaire n°1 posté par Richard Khaitzine le 28/01/2009 à 18h35
Cher Richard Khaitzine, bonsoir.

Vous me comprendrez j'espère si je profite de votre nouvelle intervention, comme toujours appréciée, pour célébrer avec vous le troisième anniversaire de ce blog, ses quelque 100.000 lecteurs et 500.000 pages vues, et ses commentaires et contributions nombreux et parfois inestimables.

Vos appréciations sur Canseliet et Grosse me semblent importantes, mais comme Julien Champagne n'est pas concerné au premier chef je pense que vous me pardonnerez si je les laisse provisoirement sans réponse.

A l'inverse, l'avis de Lartigue sur Bertrand de Lesseps nous intéresse énormément, puisque ce dernier fut un proche d'"Hubert", et nous sommes très curieux d'en savoir plus à ce sujet.

De même, nous vous sommes reconnaisants de souligner la proximité que vous évoquez entre Lartigue et Van Dongen, tous deux étant liés au moins indirectement à Julien Champagne.

Mais je vois aussi que votre commentaire est bien trop riche pour que j'en mentionne tous les aspects.

Et donc je m'empresse de confirmer pour aller à l'essentiel que nous savions bien qu'un de vos futurs ouvrages devait être publié par Geneviève Dubois, et que nous ne pouvons que nous en réjouir.

Longue vie par conséquent au deuxième tome de votre Langue des oiseaux, et en particulier nous sommes toute ouïe pour tout ce qui (y) aura trait à l'écu final!

Bien à vous,
Réponse de ARCHER le 29/01/2009 à 21h39
Bonjour Archer,
Merci pour l réponse
C'est bien volontiers que je vais anticiper sur la parution du Fulcanelli 1 en vous adressant le texte de Lartigue.
Le texte étant un peu long,pouvez-vous m'indiquer votre mail afin que je vous fasse parvenir ce document; vous pourrez  publier ce texte après réception.
Amitié
Richard
Commentaire n°2 posté par richard khaitzine le 30/01/2009 à 16h59
Cher Richard,

Très volontiers et merci beaucoup. Nous attendons donc avec intérêt ce document.

Amitié,

A.

PS Permettez-moi de profiter de votre intervention pour signaler à tout le monde une manière simple d'entrer en contact avec la rédaction du blog: Il suffit d'aller justement à la rubrique dénommée contact qui est située en bas de chaque page de JULIEN CHAMPAGNE.
Réponse de ARCHER le 06/02/2009 à 19h28
Cher Richard,

Très volontiers et merci beaucoup. Nous attendons donc avec intérêt ce document.

Amitié,

A.

PS Permettez-moi de profiter de votre intervention pour signaler à totu le monde une manière simple d'entrer en contact avec la rédaction du blog: Il suffit d'aller justement à la rubrique dénommée contact qui est située en bas de chaque page de JULIEN CHAMPAGNE.
Commentaire n°3 posté par ARCHER le 31/01/2009 à 11h32
Etonnante correspondance entre ces trois gravures, le berger à l'arbre sans racine, le tronc scié au niveau de sa jambe droite (la gravure est signée Capagnola, sans M, tiens), et dans la gravure qui précède les plis  de la jambe de second plan se muent en une branche, et puis on  retrouve une jambe présente derrière le phiiosophe de la gravure d'avant, et dont les lignes ont tendance à rejoindre le tronc derrière son épaule droite, sans branches, lui.
Commentaire n°4 posté par Valérie le 17/02/2009 à 18h41
Chère Valérie, vous avez encore une fois bien deviné, les gravures se suivent dans un certain ordre et correspondent un tant soit peu au texte, qui de son côté y renvoie.

Petite précision au passage sur le M manquant ici ou là, ce manque est compensé en général par un jambage sur une lettre, qui en fait le représente. C'est une sorte de signalétique d'abréviation de l'épigraphie ancienne, et en particulier si je me souviens bien de la latine.

Pour le reste, il est bien certain que l'interprétation que nous faisons de la symbolique des images qui nous sont proposées est subjective, et en un sens c'est très bien ainsi.

Pour moi il y a ainsi une forte correspondance entre la souche de l'arbre, avec ses racines, et le vieillard ou vieil art et la transmission de son savoir au jeune pâtre.

D'un autre côté, vous avez à mon sens raison de souligner le fait qu'on voit quelque part une autre correspondance entre vie végétale et vie animale.

La sécheresse de l'une et de l'autre peut se muer en verdeur, et il pourrait en être de même dans l'ordre ou règne minéral.

Car le vieillard est aussi quelque part Saturne, père des métaux. Dans une certaine mesure, il peut représenter aussi notre matière, celle qu'il convient de travailler, pour en faire issir notre petit prince ou notre petit roi, du moins en alchimie.

Or cette matière est cachée dans les creux de roche, les cavernes, les mines, car c'est bien là que "l'or y vit."
Réponse de ARCHER le 18/02/2009 à 22h30
Oui-oui, magnifique d'harmonie est simple à comprendre pour une pauvrette comme moi qui, vous l'aurez deviné, ne connait rien à votre Art (et ne sait pas même faire une sauce financière !).
Le jeune patre passe sa jambe gauche sur la droite (sans faire de ronds de jambe, j'aime beaucoup le jeu visuel). Le viel homme est la base de la connaissance (la racine nécessaire) que le jeune homme doit acquérir afin que se perpétue l' Arbre.

Vous parliez de symboles, ce n'est vraiment pas évident. Je n'ai pas fait d'études iconographiques, à mon grand regret, mais parfois je me pose des questions sur ce qui est réellement "vivant". Prenez la grenade (ce n'est peut-être pas le meilleur exemple, mais n'en reste pas moins le premier qui me vient à l'esprit) , j'ai l'impression qu'elle correspond plus à des éléments culturels que l'on retrouve dans une certaine peinture et autres représentations  d'une certaine époque, mais pour nous, c'est très éloigné.

Merci vraiment de votre patience, d'avoir pris le temps de me répondre.
Commentaire n°5 posté par Valérie le 18/02/2009 à 23h54

Valérie, il y a en ce moment beaucoup de gens qui n’entendent rien à la sauce financière, crise internationale oblige.


N’ayez donc aucun complexe à ce sujet, car voici (re)venu le temps des alchimistes, de la terre et de la pierre, et aussi de la Pierre.


Et continuez plutôt, si vous voulez mon humble avis, à vous laisser guider par l’ange de l’intuition, qui n’est pas forcément celui du bizarre.


Le langage universel du symbole se caractérise par son ambivalence, du moins si l’on en croit l’étymologie grecque.


Tenez, prenons la grenade que vous évoquez spontanément. « Ce fruit symbolique n’est autre que la gemme hermétique, pierre philosophale du Grand-OEuvre ou Médecine des anciens sages. » (Fulcanelli)


Vous nous dites aussi vous interroger parfois sur ce qui est réellement vivant. Sachez bien que ce questionnement est à la base même de ce qui fait la science et la religion, et de leur racine commune, l’alchimie.


L'alchimie, science de la vie, et qui donc ne peut que scruter la nature, dont on ne doit pas oublier qu'elle est naturante, donc d'essence divine.


Tenez faisons un songe d'une nuit d'hiver, voulez vous? Nous revoici devant la première gravure de Campagnola.


Dame nature est assoupie, elle aussi, et dans son sommeil nous dévoile une part de ses charmes et autres sortilèges.


Non loin de là, un vieux sage, qui sans doute deviendra un jeune alchimiste, veille, médite même. Peut-être en fête rêve-t-il  tout éveillé?  Je vous parie qu'il a en tête un des axiomes primordiaux de l'Art: "Suivez la nature."

Réponse de ARCHER le 24/02/2009 à 21h42
Bonjour Ami,

Bien vu concernant la réponse à Valérie. L'absence de la lettre M est remplacée par un accent tonique. Cette signalétique possède le mode sens que la présence d'un phylactère. Je vous invite l'un comme l'autre, si vous en avez le loisir, à aller à Bry-sur-Marne, loclité quiservit au décor de "l'Orme du Mail" d'Anatole France. Le musée comporte une magnifique cheminée ornée d'une reproduction du Voyage d'Eléazar de Poussin. Cette toile masque un sujet que, visiblement, il convenait d'occulter si j'en crois les documents photos en ma possession. Plus curieux, sur le côté de cette cheminée, gravés au burin quelques mots "Et Por cause". Le O est surmonté du fameux signe graphique. La phrase rétablie "Et pour cause" était un tic de langage de ... Pierre Dujols.
La cheminée fut offerte par le beaux frère d'Adrien Mentienne (maire de Bry) . Ce beau-frère était un certain Pierre Jobert, chirurgien à l'hôpital Saint-Louis de Paris...
Amitiés
Commentaire n°6 posté par richard khaitzine le 19/02/2009 à 16h56
Merci, ami Richard, pour ces intéressantes observations. Ce que vous nous dites en particulier de certaine abréviation latine pourrait même s'avérer important, car je ne me souviens pas d'avoir relevé ce point dans Fulcanelli ni Canseliet.

Si je vous suis bien le jambage abrégeant le patronyme de Campognola sur certaines de ses gravures, ce qui fait que le M en est occulté, aurait la même signification hermétique que le phylactère adornant certaines oeuvres picturales ou sculptées.

Je rappelle pour la clarté de l'exposé que pour Fulcanelli et Canseliet ce phylactère désigne le caractère symbolique de l'oeuvre en question, et incite donc à y chercher et y trouver un sens hermétique et alchimique.

Il est d'ailleurs précisé que ce sens est d'autant plus souligné que le phylactère en question est dépourvu d'inscription, autrement dit "muet".

Voilà qui interpelle, en effet, et qui ne serait pas preneur ici d'une référence bibliographique sur ce point important de la symbolique alchimique?

Je tiens en tout cas à vous remercier de cette nouvelle intervention, encore une fois des plus percutantes.

Bien à vous.
Réponse de ARCHER le 25/02/2009 à 21h54

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