Partager l'article ! JULIEN CHAMPAGNE ET L'ECU FINAL: Voici sans doute la partie de l'oeuvre de Julien Champagne qui à ce jour a fait couler le plus d'encr ...
Voici sans doute la partie de l'oeuvre de Julien Champagne qui à ce jour a fait couler le plus d'encre; c'est paradoxal, mais c'est ainsi.
Il s'agit du dernier dessin de l'artiste à la fin du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli. Pour
Robert Ambelain, toujours en 1962 dans Les Cahiers de La Tour Saint-Jacques, il est clair que
ce cul-de-lampe montre que "Champagne a signé, lui-même, son premier ouvrage, le Mystère
des Cathédrales."
Il estime que ces armes sont presque parlantes: "de gueules, au champagne d'or, à un hippocampe d'argent, posé en pal et brochant...".
Et il ajoute: "Sous l'écu, la banderole ou listel héraldique porte le devise du signataire: "Uber Campa Agna", qui doit se lire, affirme-t-il, Hubert Champagne.
Canseliet dans sa réponse conteste bien sûr, arguant qu'"il est inexact que Champagne recût
ce troisème prénom, correspondant cabalistique du latin uber."
Et bien, pour une fois, il se peut qu'il n'ait pas entièrement raison, si l'on en croit l'avis de décès de Jean-Julien, reproduit par Dubois et Ségaud. Et on comprend mal sur ce point la
rétractation ultérieure d'Ambelain.
Mais il est vrai aussi que l'acte de naissance de Champagne, connu de mêmes sources, ne mentionne que le prénom Jean-Julien.
Donc tout n'est pas limpide, mais rappelons-nous que de même que le "prénom d'artiste" de
Champagne était Julien, son prénom d'usage dans sa famille était bien Hubert.
Ambelain quoiqu'il en soit maintient dans l'ensemble son interprétation, et conclut triomphalement:
"On pourrait soutenir que l'écu "de gueules au champagne d'or" qui clôt le premier livre de Fulcanelli, avec sa devise "Uber Campa Agna", n'ont pas de rapport avec l'auteur, mais
simplement avec l'illustrateur...Il n'en est rien. Celui-là a voulu montrer qu'il s'identifiait avec le second. Car l'anagramme de Fulcanelli donne "l'écu final."
Je ne suis pas convaincu par cette conclusion; d'abord, cette interprétation...n'est qu'une interprétation. Ensuite, je note que l'anagramme n'est pas parfaite; comme dirait Grasset d'Orcet, une
L manque. Ou plutôt : Ce que je vois c'est que manque une L.
Enfin, ce blason a fait l'objet d'interprétations divergentes: Dans son Fulcanelli, une identité révélée
(Claire Vigne, 1996) Frédéric Courjeaud termine sa propre investigation en identifiant, sur la même
base, Camille Flammarion.
Et finalement, sur son excellent site partiellement consacré à l'alchimie (http://hdelboy.club.fr/index.html), Hervé Delboy reproduit le blason ci-dessous et pointe du doigt Pierre de Lesseps, en
citant à ce propos l'opinion de l'hermétiste Serge Hutin, auteur, notamment, d'un célèbre petit volume de la collection Que Sais-Je?, des PUF, sur l'alchimie.
Opinion que rapporte également, toujours d'après Serge Hutin, Patrick Rivière, autre hermétiste, dans son Fulcanelli, qui suis-je?, paru en 2004 chez Pardès:
"Le symbolique cheval marin était à l'honneur chez les Lesseps." Et il précise que sans doute il servait, avenue Montaigne, d'"écusson d'agrément."
Ces armes parlantes pourraient-elles être celles des Frères Chevaliers d'Héliopolis? On n'a peut-être pas assez remarqué à ce jour, quoiqu'il en soit, que la tradition que je suis tenté de dire
être celle de l'écu final a été reprise, à commencer par le disciple de Fulcanelli et ami de Julien Champagne, Eugène Canseliet.
C'est ainsi qu'à la fin de son volume Alchimie, études diverses (Pauvert, 1964 et 1978), Canseliet a fait apposer son propre blason ésotérique.
Et afin que nul n'ignore que ce sont ses propres armes qui sont ainsi représentées, il les a fait accompagner de sa devise hermétique personnelle, en forme de jeu de mots cabalistique:
"Quand Sel y est."
Quant à la table des horst-texte qui suit immédiatement, elle nous précise qu'il sagit là du "blason du Grand OEuvre par voie sèche."
Adepte de la même voie, et lui-même disciple d'Eugène Canseliet, Jean Laplace a, lui, fait représenter ses armes d'élection à la fin de son article non signé intitulé Aperçu vitriolique et
paru en 1988 dans le numéro 31 de la revue La tourbe des philosophes.
http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32327479.html
"L'or y vit."
ARCHER
| Février 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | ||||||||
|
||||||||||
Il est particuièrement vrai en matière de blason, si on "creuse" l'histoire du sinople. Je ne veux pas cependant me dérober à votre question.
Je ne peux oublier cet épisode quasi onirique qui me porte à avoir vu "l'écu final" sur
un exemplaire de l'édition originale du Mystère, mais colorié en vert.
Je ne me fonderai certes pas sur le blason colorié du bas de mon post, qui sort tout droit du site de H.Delboy, comme indiqué.
Ainsi que vous le savez, les blasons noir et blanc ont un code de couleurs. C'est donc l'écu final du haut qui importe.
Je reviens donc à l'étude dudit par Canseliet, dans la revue Atlantis N°283 (pardon, je ne l'ai pas sous la main, je cite d'après Courjeaud et Rivière):
" Sur champ de gueules, cette céréale (un épi de blé) surmontant l'hippocampe, tous deux d'or et issant au champagne de même."
Dans La tourbe des philosophes N°28, Jean Laplace interprète cette céréale de la façon suivante: "Sans être encore adoubé ni avoir eu l'éperon scellé, l'artiste a cependant reçu son blason rouge d'où son cri or j'ai; car il se pourrait bien que la céréale en question soit un épi d'orge."
Et vous, qu'en savez vous, qu'en pensez vous? Bien herméticalement,
A.
sur l'anagramme de fulcanelli il est plus interessant d'y lire:
le cul final,
le cul ayant le sens de cul de lampe final.
Le cul désigne aussi le fond de certains objets, ce qu'il faut chercher au fin fond.
Les apparences, je veux dire le caractère tardif, la brièveté, un côté witkowskien...Mais vous expliquez fort bien que l'anagramme pourrait en fait être parfait (le cul final=fulcanelli).
En tout cas, l'argument est solide, ce motif pouvant sans doute être qualifié de cul-de-lampe.
Et puis, il y a le fond des choses, par vous évoqué, qui est passionnant, et sur lequel des précisions seraient les bienvenues.
Gauthier Pierozak, webmestre de l'excellent site Travaux d'ésotérisme: http://www.regnabit.com/artgauth/
nous signale qu'en sanscrit hippocampe peut s'écrire et se prononcer "kamp-anâ."
La connaissance de certains mots sanscrits par le milieu hermétique du début du 20ème siècle ne serait pas étonnante si l'on considère que le sanscrit était étudié et employé par la Société Théosophique, et que les biographes de René Guénon lui-même prétendent qu'il a étudié le sanskrit avec Sylvain Lévy, au Collège de France (a vérifier).