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Rémunération de l'auteur

Dimanche 2 mars 2008

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Albert Poisson (1868-1893) est un de ces alchimistes mal connus du grand public, comme d'autres décédé prématurément, et dont pourtant l'oeuvre reste considérable.

Non seulement il me semble avoir marqué l'alchimie française et européenne du XIXème siècle, mais son influence me paraît devoir encore perdurer de nos jours:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Poisson

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Dans son ouvrage sur Fulcanelli, Geneviève Dubois en fait un familier parmi d'autres du cordonnier-concierge parisien Rémi Pierret, voire son disciple

Pour elle il fut un intime de Stanislas de Guaïta. Très tôt passionné d'alchimie, il gagnait sa vie comme laborantin à la faculté de médecine de Paris. 

En 1889, il rejoint ainsi le groupe indépendant d'études ésotériques de Papus et consorts, Papus qui venait de créer la revue L'Initiation, dont est extraite la photo ci-dessus, et revue qui rendit à Poisson en 1894 un hommage appuyé.

Notons également que Victor-Emile Michelet le rangera au nombre de ses Compagnons de la Hiérophanie (Dorbon, 1937 et Bélisane, 1977), confrérie sans doute informelle dont les initiales rappellent fort celles de l'assemblée des frères Chevaliers d'Héliopolis.

Dès 1890, Albert Poisson publie chez Chacornac ses Cinq traités d'alchimie, sur lesquels nous allons revenir.

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L'année suivante, toujours chez Chacornac, il fait paraître le livre qui reste sans doute sa contribution majeure à l'alchimie, et qu'après Canseliet on peut de nos jours encore conseiller à tout étudiant ès-hermétisme: Théories et symboles des alchimistes.

Ce livre a d'ailleurs fait l'objet de nombreuses rééditions, tant en France qu'à l'étranger (par exemple en Italie).

Enfin paraît son oeuvre la plus célèbre, consacrée à Nicolas Flamel, dont il prend la défense en tant qu'alchimiste, et qui sera citée favorablement, quoique avec réserves, aussi bien par Fulcanelli que par Eugène Canseliet, disciple de ce dernier.


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D'après Dubois, il serait décédé prématurément d'une tuberculose contractée à l'armée. Pour d'autres, il se serait tout bonnement épuisé à la tâche:

http://www.alchymie.net/alchimistes/albert_poisson.htm

En tout cas, Geneviève Dubois nous livre une information utile dans le cadre de cet article: "Il légua sa bibliothèque à Papus et à Marc Haven."

Canseliet précise d'ailleurs dans son édition du Mutus Liber que Marc Haven (Emmanuel Lalande) tenait son exemplaire de ce livre d'Albert Poisson.

Notons également le fait que Jollivet-Castelot le considérait visiblement comme un maître, ce qui n'est pas rien,
et qu'il affirme qu'il fut un ami de Paul Sédir, relation évidente de Julien Champagne. Eugène Canseliet pour sa part décerne à Albert Poisson un qualificatif finalement assez rare sous sa plume: Pour lui, Poisson est tout simplement "admirable."

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Poisson et Champagne se connurent-ils? La réponse me semble incertaine, et dans l'état actuel des choses il peut paraître raisonnable de conclure à l'improbabilité.

La vraie vérité est sans doute dans cette sacrée  "dive bouteille" chère à Rabelais, que cerne le triangle mercure-sel-soufre, au centre même de la pierre cubique.

Elle figure sur bien des ouvrages de Poisson, et a d'ailleurs justement attiré l'attention de l'hermétiste écossais 
Adam McLean, qui l'a agréablement colorisée:

http://www.alchemywebsite.com/images/amcl256.jpg


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Dubois nous explique également que Poisson, sous le pseudonyme de Philophotes, que je suis tenté de traduire par "l'ami de la lumière", rédigea plusieurs articles pour la revue Le Voile d'Isis.

C'est en tout cas celle de L'Initiation qui fit en 1900 paraître d'Albert un émouvant échange de correspondances avec un alchimiste anonyme de Saint-Dizier, laquelle apparemment ne fut interrompue que par la mort de Poisson.

Mais Champagne dans tout ça, allez-vous me rétorquer? Et bien mais nous y voici, grâce à Vérax.


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Grâce à Vérax, à qui je dois la plupart des clichés ci-dessous, il devient évident que Julien Champagne posséda et lut, dans leurs éditions originales, certains des ouvrages de Poisson.

Ce fut le cas du Flamel, qu'il n'aurait pas annoté, mais aussi des Cinq traités, dont son exemplaire porte diverses
mentions manuscrites et imprimées, comme ce premier ex-libris.

Il est analogue à celui décrit par Dubois, à la couleur près, verte chez elle, ici violette.

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Une explication possible de cette différence, raison triviale quoique ne pouvant être exclue, tiendrait ici à la qualité du tempon encreur.

Notons également qu'à ce stade Champagne se considère lui-même plus comme spagyriste que comme alchimiste, et que par conséquent sa première lecture de ce Poisson là a pu être passablement précoce.

Nous sommes ici vraisemblablement avant 1900, et Julien n'a sans doute pas encore rencontré Fulcanelli.

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Ce livre a-t-il été lu et relu par Julien? Ou a-t-il eu tout bonnement plusieurs détenteurs? Ou les deux?

En tout cas le commentaire joint, porté à l'encre rouge, me rappelle fortement l'écriture de Champagne. Il est d'orientation nettement bibliographique:

"Le même traité théorique, avec les mêmes tournures de style et la même division en chapitres, est traduit sous le titre: Le Miroir d'Alquimie de Jean de Mehun, Philosophe très excellent, Paris, Claude Sevestre, rue St Jacques,1613.

Auquel de ces auteurs en revient la paternité?"

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Un peu plus avant, "Hubert" insiste:

"Reproduction quasi textuelle de La quintessence des métaux de Jean de Mehun (Meung) en son Miroir d'alchimie."

Mais cette fois, il ajoute une notation sur le fond: "Il est à remarquer que dans ces deux ouvrages d'auteurs différents il n'est pas fait mention de mercure."

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Après avoir relevé le fait que par bonheur certains textes de Poisson sont désormais disponibles en ligne, dont celui des Cinq traités:

http://www.viamenta.com/textesesoteriques/cinqtraitesalchimie.htm

remarquons qu'en réalité, et ceci a déjà été relevé par d'autres, les cinq traités en question en comportent bien un sixième, et non des moindres, puisqu'il s'agit ni plus ni moins que de la Table d'émeraude d'Hermès, patron des alchimistes.

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Mais, illusion ou pas, non seulement l'encre utilisée pour le commentaire est cette fois différente, mais l'écriture pourrait bien l'être aussi, et incline à considérer que ce livre a eu au moins deux, voire trois lecteurs:

Il est d'abord écrit, à l'encre noire: "Figure symbolique des Douze clefs de Philosophie de Basile Valentin." Puis, comme au crayon et peut-être d'un autre scripteur, cette remarque importante: "Inversée."

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Quoiqu'il en soit, Jean-Julien Champagne tenait tellement à ce volume qu'il l'a fait précéder d'un autre de ses ex-libris, cette fois bien plus solennel, et dont je vous laisse apprécier le détail de la symbolique:

"Ex libris hermeticis".

Ce motif n'est d'ailleurs pas sans nous rappeler celui du frontispice du Mystère des cathédrales de Fulcanelli, frontispice qui, souvenons-nous en, fut dès 1912 publié par Chacornac.


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Et pour couronner le tout, jouxtant le motif précédent, le même chef-d'oeuvre d'Albert Poisson permet à son heureux propriétaire actuel de contempler un cliché jusqu'alors inédit d'un Julien Champagne à la fleur de son âge.

Sans doute sommes-nous ici quelque part entre 1895 et 1905, au moment même où Champagne s'apprête à rencontrer Fulcanelli.

Merci Vérax, et merci aussi à Philophotes...

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...ou Albert Poisson, à qui il me semble juste de laisser finalement la parole:

"Voici en peu de mots ce que c'est que l'Alchimie: "C'est, dit Pernety, l'art de travailler avec la nature sur les corps pour les perfectionner."

Le but principal de cette science est la préparation d'un composé: la Pierre philosophale, ayant la propriété de transmuer les métaux fondus en or ou en argent. 

La matière première de la Pierre philosophale est le Mercure des philosophes. On lui donne la propriété de transmuer en lui faisant subir diverses opérations, pendant lesquelles il change trois fois de couleur.

De noir il devient blanc, puis rouge. Blanc, il constitue l'Elixir blanc ou petite Pierre, qui change les métaux en argent. 

Rouge, il constitue la médecine ou Elixir rouge ou grande Pierre, qui change les métaux en or."



Philophotes
pcc ARCHER

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Commentaires

Cher Archer
vous me comblez avec ce portrait de Julien Champagne. C'est exactement ce que je recherchais et je ne pensais pas qu'un tel document puisse exister. 
Très sincèrement , merci à vous et à Vérax. 
Bien amicalement. CR
Commentaire n° 1 posté par cosy ray le 03/03/2008 à 22h34
Cher Cosy Ray,

Merci de cette appréciation. Je suis heureux que mon dernier article en date vous ai plu, et ce d'autant que vous avez vous-même déjà contribué à plusieurs reprises au contenu même de ce blog.

J'espère et je crois même que ce n'est pas fini...

Je ne me sens pas le droit de vous demander pourquoi ce portrait de Julien Champagne vous touche à ce point, soyez sûr en tout cas que nous ne sommes pas au bout de nos surprises, ni en matière de portraits d'"Hubert", ni sur son oeuvre, ses lectures, sa vie, ses relations, ses prédécesseurs et oserai-je ajouter celles et ceux qu'il a inspirés.

Amitiés.
Réponse de ARCHER le 04/03/2008 à 10h57

Bonjour Archer,

Juste au passage, croisement d'un vraie curiosité avant-hier à Paris : une édition en espagnol du "Mystère des Cathédrales", en petit format, sans illustrations. Quelques minutes auparavant j'avais enfin trouvé d'occasion  "Les voyages en kaléïdoscope" (chez Allia pas l'EO bien sûr!).

Bravo pour votre régularité et votre interêt constants.

Bon vent!

 

Commentaire n° 2 posté par OrnithOrynque le 05/03/2008 à 16h27
Bonsoir OrnithOrynque,

C'est moi qui vous remercie pour votre intérêt constant. Quant à ma régularité, si Dios quire, elle devrait se poursuivre, tant la matière est riche.

Quand je pense qu'un auteur pourtant talentueux et que je ne citerai pas cette fois a pu écrire que "nous ne savons presque rien de Julien Champagne".

Et bien plus les mois et les années passent, plus - grâce en particulier à nos lecteurs et lectrices - j'ai d'articles, comme on dit, sous le boisseau.

Fulcanelli a en fait été traduit en pas mal de langues, dont je m'efforce de tenir un inventaire, la plus exotique, si je puis dire, étant pour l'instant le japonais. Espérons que nous en verrons d'autres dans l'avenir.

Un point négatif est que beaucoup de ces traductions, quoique de qualité, comme la nipponne, comportent souvent peu de reproductions des illustrations de Julien Champagne.

En général, le frontispice initial du Mystère des cathédrales et son écu final font exception, heureusement.

Quant aux Voyages en kaléïdoscope d'Irène Hillel-Erlanger, si l'on met à part l'édition originale, en principe hors de prix, ils ne sont pas trop difficiles à trouver, et c'est vrai que leur lien avec la saga fulcanellienne et champagnesque est indubitable.

Je crois d'ailleurs que MCOR en prépare une réédition pour 2008, que j'attends avec intérêt, mais peut-être que là je m'avance un peu.

A propos de vent ou de van chymiques je profite de votre intervention pour vous dire combien je trouve profonde cette citation de Georges Bernanos qui ouvre votre site:

"Quand j'entrerai chez Dieu, c'est l'enfant que je fus qui me prendra par la main." Oui, profonde, et si alchimique!
Réponse de ARCHER le 08/03/2008 à 21h24
Je passe juste pour dire:  "bonsoir" :-)

Amitié,
Sylvie
Commentaire n° 3 posté par Sylvie le 09/03/2008 à 22h03
Bonsoir Sylvie, merci de ce message d'amitié que je vous retourne avec le plus grand plaisir.
Réponse de ARCHER le 09/03/2008 à 22h20
Commentaire n° 4 posté par Walter Grosse le 18/03/2008 à 19h32
Cher Fulgrosse, merci pour ce site qui nous apprend le prénom du "J. Champagne" que les experts de la Réunion des Musées Nationaux français ont jusqu'alors confondu avec "notre" Julien:

J. Champagne se serait donc appelé Jules, ce qui pour nos lecteurs gaulois ne manque pas de sel.

Resterait tout de même à essayer d'en savoir un peu plus sur Jules Champagne, et ses liens ou son absence de lien avec Julien Champagne.
Réponse de ARCHER le 22/03/2008 à 12h37

bonsoir.

excellent article digne du grand archer.

il se trouve que je vies d'acheter les 5 traités chez chacornac, l'initiation alchimique et le traité des feux de graecus traduit par Poisson.

La photo est intéressante, révèlant un âtre en pleine santé.

L'ex libris m'interpelle, celui du corbeau posé sur le crane. excellent. Les ailes sont repliées en attente, dans une attitude fixe. Sur le frontispice de Fulcanelli, elles sont déployées. Doit on y voir un message ou une différence ? Certes, oui.

Etonnant aussi que Canseliet ne soit jamais intervenu sur ce genre de détail.

 

Démos.

Commentaire n° 5 posté par calen le 20/03/2008 à 21h26
Cher Démos,

Merci pour ces intéressantes remarques...effectivement il y a parfois dans la vie des coïncidences pour le moins curieuses.

En ce qui concerne la photo de Champagne, un de ses intérêts est aussi à mon avis de démontrer la véracité des propos de Canseliet, au moins sur la question des relations du peintre avec la famille Lesseps.

Bravo pour votre analyse des différences entre l'ex-libris de Champagne et le frontispice du Mystère des Cathédrales.

N'oublions pas que Champagne a rencontré Fulcanelli en 1905, et que le frontispice est de 1910.

Le corps beau s'apprête à prendre son envol.

Il est très possible que Canseliet qui n'a connu Fulcanelli et Champagne que vers 1915 n'ait pas tout su de leur relation, et même ait ignoré cet ex-libris.

Il est encore plus probable qu'il ait volontairement renoncé à commenter dans le détail le frontispice "parlant" du Mystère des Cathédrales.
Réponse de ARCHER le 22/03/2008 à 12h51
Bonjour,

je suis votre site avec intérêt. Je tiens à sortir de ma résèrve afin d'apporter ma pierre à l'édifice. Je possède les "dissertations chymiques de M. Pott", ex. de 1759 en 4 vol.
On sait que ce livre a une portée alchimique, et cet exemplaire possède des similitudes troublantes avec le livre annoté par Julien Champagne que vous présentez. Commençons par ce qui n'a pas de rapport : un bel ex-libris orne les 4 Tomes "G. Bontemps amore scientia labore".

Ensuite, on voit qu'un ex-libris de forme ronde a soigneusement été retiré de chacun des volumes.

Enfin, trois formes d'écritures sont discernables dans les notes manuscrites en marge de l'ouvrage. Une première au crayon de bois, caractéristique de la très belle écriture d'Eugène Canseliet, et c'est certain qu'il s'agit là de son écriture. Ensuite, à plusieurs reprises, le tampon de Julien Champagne avec à chaque fois un commentaire de sa main. L'écriture ressemble à celle que vous montrez sur la photo à l'encre violacée. Ce qui est également troublant, c'est que ces notes ont un caractère expérimental. par exemple p. 478 du T. 3, on peut lire sous le tampon "L'odeur qui se dégage du récipient à la fin de l'expérience est celle des éthers et n'est point d'une "suavité" aussi grande que le prétend Moras de Respour et qu'il dit provenir du mercure en invoquant le témoignage du Trévisan". A noter la forme caractéristique du M en rond, ainsi que l'utilisation du symbôle pour signifier le Mercure.

Enfin, peut-être une troisième sorte d'écriture, mais j'en suis moins sûr, car il y a le fameux M caractéristique, de forme ronde avec un trait en dessous à la base. Dans ce cas, il s'agit probablement d'un simple changement d'encre.

Je suis certain dans ce cas que c'est Eugène Canseliet qui s'évertua à décoller l'ex-libris de Champagne... pourquoi ?

Pardonnez-moi d'arriver comme cela sur votre site, mais j'ai pensé que ces précisions pourraient vous passionner, tout comme elles me passionnent.

Frédérick
Commentaire n° 6 posté par Frédérick le 07/04/2008 à 22h24
Bonsoir Frédérick,

Votre mail est bien sûr le très bienvenu, comme tout commentaire aux articles de ce blog l'est a priori.

Je ne demande qu'à lui donner suite, il vous suffit pour cela de m'adresser un courriel privé en utilisant le formulaire de contact qui est prévu à cet effet.

Si vous n'y arriviez pas, n'hésitez pas à me relancer publiquement.

Naturellement je suis (comme tous nos amis et toutes nos amies d'ailleurs) intéressé par votre propos, que je ne demande qu'à pouvoir mettre en valeur à terme, en fonction des informations que vous voudrez bien me produire en appui de vos dires.

Sur le fond, je ne vois dès à présent rien d'invraisemblable à ce que vous rapportez. En tout cas il n'y aurait rien d'extraordinaire à ce que Canseliet, ami de Champagne, ait eu accès à un livre détenu par ce dernier et qui soit en rapport avec l'alchimie.

Vous me permettrez j'espère d'attendre d'en savoir plus pour réagir à ce post de façon plus détaillée.

J'en profite pour informer grâce à vous nos lectrices et lecteurs qui s'étonneraient de mon silence relatif depuis début mars qu'il est bien dans mon intention de les "gratifier" d'un nouvel article ce mois.

C'est en principe une question de jours, et que chacun et chacune soit sûr que ce n'est en aucun cas la matière qui me fait défaut, mais bien plutôt ce que Canseliet dénommait je crois "le temps-durée."

Amitiés à toutes et à tous. Et à vous Frédérick, je confirme que je suis dans l'attente de vos nouvelles.

Réponse de ARCHER le 07/04/2008 à 23h00
Pour les pointilleux bibliographiques, et à ma connaissance, le symbôle choisit par A. Poisson dans son "histoire de l'alchimie" (un zodiaque au milieu duquel se trouve une pierre cubique, la pierre contient un triangle, le triangle un bouteille, et la bouteille un oeuf) est tiré du Coutan "le grand-oeuvre dévoilé" 1775. Caillet I-2672, BnF R-32664.
Peut-être que Poisson le dit dans son livre, mais je ne l'ai pas, et je n'ai pas pu vérifier.

Commentaire n° 7 posté par Frédérick le 07/04/2008 à 22h41
Voici effectivement un nouveau point qui mériterait lui aussi d'être confirmé et précisé le cas échéant, merci encore à Frédérick.

J'ai d'ailleurs l'impression peut-être fausse que ce symbole a été utilisé à plusieurs reprises par Albert Poisson.
Réponse de ARCHER le 07/04/2008 à 23h09
Cher Archer,

pardonnez moi de ne pas vous avoir contacté avant de publier ce blog. C'est la première fois que je participe à un blog. Je n'ai pas trouvé le lien direct pour vous contacter (la honte). Comment faire ? Je serai absent demain pour quelque temps, mais si vous me donnez l'info rapidement, je tenterai de vous envoyer le plus rapidement possible les infos demandées. Si je ne répond pas tout de suite, laissez moi une petite semaine. A mon retour, je prendrai des photos qui seront plus parlantes. Encore désolé pour le faux pas. J'attends vos indications pour vous contacter.

Frédérick
Commentaire n° 8 posté par frédérick le 07/04/2008 à 23h42
Cher Frédérick,

Ne vous tracassez pas pour cela. Tout en bas de chaque page, il y a une rubrique contact. Je vous envoie un MP.

Bon déplacement, et au plaisir d'avoir de vos nouvelles.
Réponse de ARCHER le 08/04/2008 à 08h47
Tout d'abord, toutes nos félicitations pour votre blog sur Julien que nous parcourons avec un plaisir toujours renouvélé (lapsus révélateur !).
A propos du frontispice du Mystère, il semble que celui qu nous connaissions ne soit pas celui dont la description est rappelée dans les Demeures, qui serait très proche de celui du manuscrit de l'Aurore : "le corps inanimé d'un roi couronné, étendu sur une dalle mortuaire, tandis que son esprit, sous la figure d'un anage, s'élève vers une lanterne perdue dans les nues. Et nous mêmes (F.), après ces grands maitres, avons exploité le même thème dans le frontispice de Mystères des Cathédrales".
Il me semble que nous sommes assez loin de celui qu'on nous propose. Auriez vous uen piste sur ce sujet ?
Commentaire n° 9 posté par Anonyme le 26/05/2008 à 18h22
Cher(s) Anonyme(s), merci de votre (vos) commentaire(s) et de vos compliments. En fait, vous vous référez au chapitre Dampierre des Demeures (VIII, cinquième série, caisson 6):

"Linthaut dessine, sur  un feuillet du manuscrit de l'Aurore, le corps inanimé,etc". Fulcanelli fait donc explicitement référence à ce manuscrit, qui a depuis été publié.

L'autre maître en alchimie dont il s'agit et que Fulcanelli mentionne explicitement également est Senior Zadith, qui "enferme à l'intérieur d'une sphère transparente un agonisant décharné."

A mon avis, si l'image du frontispice du Mystère est différente de celles ci-dessus, le symbolisme en est similaire, et c'est ce que probablement Fulcanelli veut souligner: Pour faire bref, de la mort naît la vie.

Tous mes compliments pour avoir mis en relief ce passage méconnu où Fulcanelli, de façon certes elliptique, explique en partie le frontispice de son premier ouvrage alchimique, tout en rendant hommage à ses prédécesseurs en Hermès.

Réponse de ARCHER le 26/05/2008 à 23h01
Merci Archer pour cette prompte réponse. Je vois en outre que les ouvrages de F. sont bien encrés dans votre mémoire.
Néanmoins, je ne saurais me satisfaire de l'analyse : de la mort nait la vie. Elle s'applique sans aucun doute au magnifique tableau que vous présentez sur votre site à propos de "nascendo quotidie morimur".
Pour le frontispice du Mystère : Le crane, le corbeau, le sphinx, les pyramides.. évoque le questionnement du philiosophe en regard du "pivot de l'Art" mais, ou est passé la traduction de l'élévation de l'Esprit ? Car pour ma part c'est ce point que F. met en avant et pas simplement la dissolution. Non ? Certes on voit bien uné étoille briller au firmament ...
A bientôt.
Commentaire n° 10 posté par Anonyme le 27/05/2008 à 13h36
Anonyme vous avez raison de considérer mon commentaire comme incomplet. Est-il d'ailleurs possible sur ces graves questions de tout écrire ou même de tout dire?

En fait vous vous référez avant tout au frontispice du Mystère, qui fait l'objet d'un autre article de ce blog:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1744093.html

Mais il est vrai que l'ex-libris de Julien Champagne qui est ici pour la première fois proposé à l'attention du public ne peut manquer d'y faire penser.

J'en profite d'ailleurs pour signaler sa similitude encore plus grande, me semble-t-il, avec un des motifs qui ornent le plafond de l'hotel Lallemant, à Bourges:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1744093.html

Notre corbeau perché sur son crâne est donc igné et c'est bien ce feu qu'il porte en lui, au moins partiellement, qui pourra peut-être, ultérieurement, le faire se muer en un beau corps, voire un corps de gloire.
Réponse de ARCHER le 01/06/2008 à 10h03
Cher Archer,
Juste pour dire qu'il existe des statuts d'un société initiatique alchimique écrit, (peut être créer) par Albert Poisson dans une Bibliothéque en Angleterre. Ce qui m'avait amusé, c'est qu'elle était interdite aux militaires et aux financiers. Je ne sais pas si elle a réellement fonctionnée.
Commentaire n° 11 posté par FGR le 15/09/2008 à 11h47
Merci FGR de cet éclairage; la question qui vient naturellement à l'esprit est "de quelle bibliothèque peut-il bien s'agir?"

Je profite de votre intervention pour signaler sur Albert Poisson, sa vie et son oeuvre, plusieurs liens dignes d'intérêt:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Poisson
http://misraim3.free.fr/alchimie/5_traites_d_alchimie.pdf

Je pense d'ailleurs que la "dive bouteille" qui figure sur la couverture de plusieurs livres édités par la maison Chacornac, dont ceux de Poisson:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-2912969.html

est un motif ancien, remontant sans doute au XVIIIème siècle au moins. Pourrait-il être lié à l'oeuvre de Louis Grassot, qui partage avec Albert les honneurs d'une étude érudite autant que récente sur l'alchimie des XIXème et XXème siècles? C'est bien possible:

http://books.google.fr/books?id=rNF0O3K2EQEC&pg=PA20&lpg=PA20&dq=albert+poisson
&source=web&ots=G3f_CkL6pe&sig=LCbTrGtZAzTKhoDWAu_JukRSo7s&hl=fr&sa=X&oi=
book_result&resnum=4&ct=result#PPA17,M1
Réponse de ARCHER le 20/09/2008 à 16h59
FGR veut bien nous fournir les précisions suivantes:

"Pour la bibliothéque il s'agit du Wellcome institute, et voici
la cote du document:

1002. London, Wellcome Institute MS. 3941.
16 + 9 folios. 220x175mm. 19th Century [c.1890.]
Albert Poisson. Societe Hermetique des Protylites. Reglements, statuts, etc.
With inserted notes and additions, and a 'Discours au Neophyte'. Authors
Holograph manuscript.
Paris, c 1890.
[Written in a ruled note-book, and illustrated with pen-drawings of designs for
signet-rings, a secret alphabet etc. The Constitution of a secret society for
the study and practise of alchemy, based on Masonic lines. Women, financiers,
military men and Jews were automatically barred from membership.]"

Ces précisions sont exactes:

http://www.levity.com/alchemy/almss8.html

Voyez in fine les références 3930 à 3946: elles ont toutes un rapport direct avec Albert Poisson.

Par exemple 3939 sur les monuments alchimiques de Paris: Fulcanelli et Julien Champagne sont tout proches.

Un grand merci à FGR!
Commentaire n° 12 posté par ARCHER le 27/09/2008 à 19h49
Je découvre seulement aujourd'hui cette "nouvelle" photo de J.J. Champagne.
Mais s'est-on avisé que le laboratoire dans lequel il est photographié est le même que celui dans lequel fut également photographié ...Alphonse Jobert! On reconnait parfaitement le coude du tuyau de l'athanor ainsi que la cheminée au manteau noir qui se trouve derrière.
Vous allez tout de même développer cette info dans votre blog, non?
Commentaire n° 13 posté par Marc Antoine Salat le 11/02/2009 à 12h40
Marc Antoine Salat, merci de votre intervention. Si vous pensez à cette image d'Alphonse Jobert dans son laboratoire:

http://accel21.mettre-put-idata.over-blog.com/0/30/38/90/img102.jpg

je reconnais tout à fait avec vous qu'elle présente des similitudes certaines avec celle du laboratoire de Julien Champagne, ce qui à ma connaissance n'a pas encore été relevé de façon aussi précise:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1915348.html

Le rapprochement que vous faites est donc des plus intéressants et s'il est possible d'aller au-delà, ce dont je ne suis pas encore totalement persuadé, je ne manquerai pas de revenir sur ce point dans mon blog.

Je reste par conséquent à votre écoute, notamment pour le cas où vous disposeriez d'autres clichés, ou d'arguments complémentaires permettant de conclure à l'identité entre les labos de Jobert et Campagne.

Réponse de le 14/02/2009 à 18h08

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