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Bienvenue sur ce blog...


...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.
Dimanche 18 mars 2007 7 18 /03 /2007 15:50
Emmanuel Dufour-Kowalski vient de publier en 2006 aux éditions milanaises Archè un livre consacré aux conférences de René Schwaller: La quête alchimique, dont je me permets de vous recommander la lecture, pour plusieurs raisons.

La première est naturellement que nous en apprenons un peu plus sur Schwaller, ainsi que sur ses relations connues et inconnues, des peintres Hans (Jean) Arp et Henri Matisse au poète Jean Cocteau, en passant par l'historienne Marie-Madeleine Davy.

La seconde est que l'auteur est manifestement très au fait de ce qui est advenu de l'héritage matériel de la famille Schwaller. Il n'ignore rien semble-t-il et du rôle joué par la dame de compagnie d'Isha Schwaller, Thérèse Collet, ni des diverses péripéties liées à la création de l'association Bozawola, exécuteur testamentaire de Lucie Lamy, la belle fille de Schwaller, de même qu'Olivier Robichon et son frère en furent les légataires universels.

Enfin, Kowalski s'explique sur la constitution des archives Ta-Meri (terre aimant du ciel), du nom du dernier groupe fondé par les Schwaller, archives à lui léguées de son vivant par Olivier Robichon, et qu'il anime désormais.

A la lecture de cet imboglio de la fin du groupe de Louxor, on comprend mieux l'étrange silence de la fondation Pierre de Coubertin, supposée détentrice d'un "fonds Lucy Lamy", dès lors qu'elle elle l'objet sur ce point de sollicitations privées.

Sur tous ces points, vous voudrez bien vous reporter à mes posts précédents, tels que: Julien Champagne et Lucie Lamy (21 août 2006), et André Vandenbroeck gomme Champagne (29 août 2006):

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3603422.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-3672613.html

Qualifiant Schwaller et Champagne de lucifériens, ce qui me paraît pouvoir prêter à confusion, Dufour est également disert sur le groupe du Grand Lunaire, que nous avons déjà rencontré:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3112353.html

Il estime visiblement que l'influence sur ce groupe auquel aurait appartenu Champagne de l'oeuvre de la baronne Elisa Lotus de Païni, auteur des Trois totémisations publiées par Chacornac en 1924, ne doit pas être sous-estimée.

Selon EDK, ce Lunaire qu'il appelle Grand ou Très Haut, fut composé en partie par le cénacle de Schwaller à sa villa Hiéra de Saint-Rémy-lès-Chevreuse, et il cite parmi les membres du groupe
Julien Champagne, Jules Boucher et Alexandre Rouhier.

J'ai également trouvé très révélateurs les passages de cet ouvrage où Emmanuel confirme notre intuition sur les rapports entre la pensée de Dina et le cercle fulcanellien auquel participèrent Schwaller et Champagne.

Pour lui, Schwaller subit dès 1917 l'influence de Dina, alias Aor Mahamet Aliah, qui, présent dans le cénacle des soeurs Barney, signera avec René une plaquette intitulée Nécessité, destinée aux futurs Veilleurs:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3697984-6.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-4849361-6.html


Pour en venir plus précisément à Julien Champagne lui-même, toutes les photos que je vous propose ce jour, de lui comme de René Schwaller, sont dites par Dufour-Kowalski dater de 1931.

Elles auraient été prises chez les Schwaller, au Mas de Cocagne, près de Grasse.  DK note à juste titre "le regard de Champagne, et sa fine perspicacité, dans l'éclair de la rétine". Voici bien un portrait d'Hubert qui ne ressemble pas forcément à ceux que nous avons vus jusqu'alors.

Je n'exclus d'ailleurs pas qu'il s'agisse de notre homme. Mais ces yeux clairs me semblent être une vraie nouveauté. Et puis, comme le souligne encore Emmanuel, "Champagne mourra l'année suivante à Paris". Or cet homme paraît être d'une grande vitalité, et en pleine santé.

Où est l'ivrogne que l'on nous a décrit ici ou là? Comment concilier cette image avec le "Champagne âgé" que nous connaissons par ailleurs? Et même avec le croquis de Schwaller?

Et enfin avec cette citation d'Eugène Canseliet, déjà produite, dans le numéro 15-16 de la revue La tourbe des philosophes, en 1981:

"Le progrès du mal avait été inexorablement lent et douloureux, depuis son début presque soudain, en cette belle journée de 1930."? Nous voici de nouveau, pour reprendre l'expression de l'auteur de La quête alchimique, devant "un mystère."


Et en voici un autre encore, dont le Mas de Cocagne semble regorger:

"C'est là qu'en 1931 et 1932, écrit EDK, auront lieu les dernières tentatives opératoires de l'Opus alchemicum."

Pour lui, elles auraient été couronnées de succès, Schwaller-Fulcanelli conduisant les opérations réalisées par Champagne, et une transmutation aurait eu lieu.

En témoignerait ce ténébreux cliché de "la pierre recouverte de l'enduit de cire, sous l'abat-jour."

Il est vrai que Schwaller, alias Aor, était lui-même un homme secret, à l'instar de cet ésotérisme qui fut finalement le fil conducteur de sa vie. En 1941, il considérait ainsi que la science hermétique est "une synthèse de tous les aspects du monde et de la vie.

Ne serait-elle considérée que dans ce sens, son étude vaudrait la peine. Elle présente une sorte de transmission mystérieuse à travers les temps, les mêmes phrases souvent se retrouvent chez les alchimistes moyenâgeux et dans les textes retrouvés en Egypte."

Et l'année précédente, il affirmait déjà:

"Les cathédrales nous sont plus proches que les temples d'Egypte, croyons-nous. Mais nous sommes indécrottables..."


Quoiqu'il en soit, en 1931 Julien Champagne, sain d'esprit et également ou non de corps, rédige un testament par lequel nous apprenons notamment qu'il compte léguer à Eugène Canseliet son fichier, "qu'il lui destine et où il trouvera des documents et des renseignements utiles pour ses travaux."

Qu'est devenu ce fichier?


pcc ARCHER
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Dimanche 11 mars 2007 7 11 /03 /2007 21:32

Dans mon pensum d'il y a quelques semaines sur Guaïta:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-5348400.html

je n'avais pas pu aller aussi loin que je le souhaitais dans mes commentaires sur l'exemplaire récemment vendu par la librairie parisienne L'Intersigne de l'ouvrage La Clef de la Genèse, ouvrage provenant de la bibliothèque de Jules Boucher et annoté par Julien Champagne.

Me voici désormais muni de l'autorisation d'aller cette fois un tantinet plus avant, et donc en mesure de vous communiquer certaines des informations que j'avais pu recueillir en consultant ce livre avant que n'intervienne sa vente.

Voici d'abord, et les gourmets appelleront peut-être cela une mise en bouche, un des ex-libris de Jules Boucher qui s'y trouve, et qui serait l'oeuvre de Julien Champagne:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-4567408.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-3715710.html

Bien que de qualité moyenne sur ce cliché, cette oeuvrette m'a paru digne de reproduction tant elle ressemble à celle décrite auparavant (mon article ci-dessus indiqué du 2 septembre 2006) et est donc publiée ici pour la première fois à ma connaissance.



Les deux autres extraits que j'ai l'honneur et le plaisir de vous proposer maintenant sont en fait deux annotations de Julien Champagne qui figurent en marge de ce livre. Je les ai retenues parce que dans les deux cas Julien n'a pas hésité, de nouveau, à les signer Fulcanelli, pour une raison ou une autre.

Il y a sur ce point plusieurs explications possibles, sachant que je récuse de plus en plus l'idée de l'identité Fulcanelli-Champagne.

On pourrait aussi penser à un faux postérieur, par exemple de Jules Boucher. Enfin, je mentionnerai l'hypothèse d'une affabulation de Champagne, sans toutefois écarter la thèse d'une citation de Fulcanelli par "Hubert", après tout le livre de Guaïta est paru en 1920.

Mais trêve de suppositions pour l'instant, faisons place aux faits. Voici d'abord une première assertion de Guaïta:

"Au laboratoire, et dans leur acception la plus large, le Mercure est une fumée blanche, le Soufre une graisse agglutinante, et le Sel un acide.

L'Azoth des Sages, synthèse des trois, consiste en un menstrue, l'Alchaëst ou dissolvant des métaux, qui ramène ceux-ci à leur première substance et met leur sperme androgynique en liberté."




Et Champagne-Fulcanelli, soulignant  "l'Azoth" et "l'Alchaëst ou dissolvant des métaux" s'exclame:

"Erreur! L'alcaest n'est pas l'Azoth. Il y a entre eux la différence du mercure vulgaire au mercure philosophique. Il suffit de cuire l'azoth pour obtenir la pierre, tandis que l'alcaest est seulement le premier dissolvant.

Par l'action de l'alcaest sur le métal on obtient l'humide radical qui fournira ensuite l'azoth."

Deuxième passage de Guaïta:

"Cependant, sous l'influence combinée de la chaleur et du temps, une série de phénomènes parfaitement déterminés se manifeste dans l'oeuf.

Les phases de volatilisation partielle, de fixation et de déliquescence de la matière alternent comme il convient, tandis que cette matière affecte successivement des teintes caractéristiques, dont l'apparition dans l'ordre voulu atteste à l'adepte qu'il n'a pas dévié du droit chemin.

Les couleurs principales se succèdent dans l'ordre suivant: le noir (corruption, tête de corbeau), le blanc (ablution, terre blanche feuillée, petit Elixir), et le rouge (grand Elixir ou pierre philosophale),etc."



Marquant tout ce passage,  Fulcanelli-Champagne apprécie ainsi:

"L'auteur n'a pas pénétré le grand secret de la coction. Ce n'est pas ainsi qu'elle s'opère et au surplus, l'artiste ne voit jamais les couleurs décrites.

Personne n'a jamais révélé cette connaissance et peu de philosophes l'ont sue. Une seule couleur apparaît: le noir. Les autres n'existent qu'à l'état de symboles et non d'apparences physiques."


Auteur entre autres d'un ouvrage sur Paracelse (CAL, 1970), Guy Bechtel, aujourd'hui âgé de 76 ans, est un fin connaisseur de l'occulte et notamment de l'alchimie. Il nous a en particulier gratifié en 1974 d'un entretien avec Eugène Canseliet sur Fulcanelli qui hélas est resté en partie confidentiel (en partie seulement, puisque son résultat figure partiellement au chapitre Fulcanelli de ses Grands livres mystérieux, CAL, 1974).

Passionné aussi par "maître Stanislas", comme il l'appelle, Bechtel nous a concocté voici quelques années un essai bourré d'érudition et d'humour sur la bibliothèque de Guaïta, qu'il qualifie de façon très intéressante à mon sens de "pérégrine."

Guaïta en effet, non seulement voyageait avec certains de ses livres, mais encore avait pris soin de disperser sa bibliothèque de son vivant, entre Paris et sa Lorraine natale en particulier. Sage prudence d'ésotériste? Nous sommes ainsi de toute façon d'emblée éclairés sur le pluriel apposé par notre écrivain  à la fin de l'intitulé de son étude au mot bibliothèques.

Et en tout cas, les "notules" de Bechtel, comme il les a bien modestement intitulées, raviront selon moi tous les curieux ou studieux de l'arcane, et au-delà tous les bibliophiles avertis.  A condition qu'ils se hâtent, car de ce petit monument de savoir, courageusement édité en 1998 par Alain Marchiset, qui ne se contente pas d'être un fameux libraire, il ne subsiste plus à ma connaissance que quelques exemplaires neufs.


C'est de ce tirage "strictement limité" qu'est extraite la photo ci-dessus, celle qui ouvre notre article de ce jour provenant d'un catalogue Chacornac de 1912 que vous avez sans doute gardé en mémoire:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3308771.html

Et puisque cette soirée de la sainte Rosine est décidémment placée sous le...signe des coïncidences qui n'en sont pas, j'espère que vous goûterez comme moi cette citation d'une partie de la conclusion de Bechtel parvenu au terme de son labeur, et philosophant sur la théorie des signatures chère à un certain Hohenheim:

"Même si ta quête est vaine, tu seras, toi, payé au centuple de ta peine: il n'est point d'objectif plus grand dans une vie que de régler les rapports des signes entre eux.


Certains appellent cela Musique, d'autres Poésie..." Et nous, cher Guy Bechtel, Alchimie.



In cauda venenum,

(HA)RCHER
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Dimanche 4 mars 2007 7 04 /03 /2007 13:41
Que devient, dirait Antoine Blondin, un singe en hiver? Un singe de nature en tout cas, entendez un alchimiste, il attend le printemps, qui est un peu pour lui un nouveau matin, le matin du renouveau.

Mélancolique attente? Pas forcément. D'un de nos "arpents de neige" du Canada (dixit cette fois Voltaire), issant d'une de nos cabanes locales du bord de l'eau de la belle province, un des nombreux cousins et des non moins talentueuses cousines que tout Français a par delà le Gulf Stream m'a signalé voici déjà quelques semaines un album de rock endiablé ou si vous voulez angélique:

Winter Songs, joli titre, après tout l'alchimie est art de musique. Publiées en 1979, ces chansons hivernales attirent d'abord l'oeil par une pochette directement inspirée du recueil alchimique de Salomon Trismosin, qui passe pour avoir été le maître de Paracelse: Splendor Solis, et c'est vrai qu' un soleil d'hiver, c'est au moins aussi beau qu'un soleil d'été.

http://en.wikipedia.org/wiki/Winter_Songs

Remasterisées en 2003, les Winter Songs en question sont en fait l'oeuvre du groupe Art Bears, là  encore tout un programme, l'étoile ursine ou polaire étant celle qui doit guider dans sa quête tout "enfant de science."

http://en.wikipedia.org/wiki/Art_Bears

Alors me direz-vous, vous faites dans la musique constestataire, maintenant? Et bien, c'est vrai que le rock, ou roc cabalistiquement, est comme l'alchimie, pour citer maintenant Eugène Canseliet, "obligatoirement contestataire".

N'est-ce pas finalement un des meilleurs moyens de se situer aussi dans une saine tradition, celle qui conteste vigoureusement les temps modernes à la Charlie Chaplin. Oh, contestataire, Art Bears l'est au plus haut point....


Sa figure de proue est peut-être Chris Cutler, Américain né en 1947, qui outre les tambours et percussions a écrit et arrangé ces airs avec Fred Frith:

http://en.wikipedia.org/wiki/Chris_Cutler
http://calyx.club.fr/mus/cutler_chris.html


Sa voix heureusement féminine, ensuite, est l'Allemande Dagmar Krause, apparue en 1950 sur la scène du monde:

http://calyx.club.fr/mus/krause_dagmar.html



Enfin, voici le Britannique Fred Frith, déjà nommé, à propos de qui je serais fortement tenté d'écrire ce que Julien Champagne disait de Raymond Roussel: "la classe", puisqu'il est de 1949:

http://en.wikipedia.org/wiki/Fred_Frith

A lui les compositions, les airs de guitare et de violon (autre point commun avec Champagne) et de xylophone.

Pour compléter ce petit tableau cosmopolite, ajoutons que les Winter Songs ont été, en 1978, enregistrées en Suisse.

Bien, me répondrez-vous, voilà qui est gentil, mais tout de même, l'argument est un peu mince. Pas sûr, tenez, regardez ces dessins de Graham Keatley spécialement réalisés pour l'occasion et extraits du dernier coffret CD d'Art Bears:

http://www.rermegacorp.com/Merchant2/merchant.mvc?Screen=PROD&Product_Code
=ReRABox&Category_Code=&Store_Code=RM

En fait, Chris Cutler y déclare expressément avoir été inspiré par le Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, illustré par "Hubert".

Chris semble aussi avoir eu accès à une thèse non publiée de Francesc  X. Puerto, sur laquelle on aimerait en savoir plus, et son attention aurait été attirée sur Fulcanelli par une dame E.M. Thomas,
qui lui aurait fourni des clichés faits par elles de certaines cathédrales de France.

Et de fait, nous voici et devant la cathédrale de Nantes (curieusement réservée aux Demeures Philosophales, que Cutler connaît également) et devant celles de Paris et surtout d'Amiens.


Allons donc, quelques dessins et une affirmation gratuite, me lanceront les derniers sceptiques. Non, non et non, voyez plutôt les textes de certaines de ces bluettes. Nantes, d'abord:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-2121006-6.html


FORCE

The
Dead Tower
Cracked
Like Phanes' Egg
Where She
Hauled forth the Snake
With wings

The walls breached
Gripped by Satan's
Tail as
She
Contains the
Winter
Spewing forth
The
Spring



Et puis, tenez, Amiens, même si ce quadrilobe n'est pas dans Fulcanelli, comment ne pas souligner le H de l'esprit qui souffle sur cet ermite hermétique?

THE HERMIT

The hermit sits
Before the fire
Abd toasts a fish
Upon a fork

His hand is raised
To sleet and sun
His shoes doffed to
Oblivion

Time passes by
A snowflake in
A summer sky

Amiens encore:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3361883.html



FIRST THINGS FIRST

Two dead trees
Strain to each pole
Alone
Divided ever
Underneath
One sky

Can they revive

Amiens for ever:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-2423403.html


THREE WHEELS

The double wheel
Of the sun
Rolls in the sky

Out steps the days
I watch them
Wet and dry
Twice turning as
The months go by

Am I Ezechiel sleeping
Do I dream this
Wheel
Revolving a wheel
Within a wheel

Or is it real

A wheel which moves
And is unmoving
Which is both
Being and
Becoming which is
Both flow
Arrested flow
Decay and growth

A philosophic
Wheel a wheel
Which is itself the
Passage from
Not Knowing into
Knowing

Et puis finalement Paris:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3391825.html

THE BATH OF STARS

He steps from a crucible
Held by an angel

The angel is poised
To hurl a stone
Toward him the boy

All is encompassed in the night
When twelve stars shine


Art bears...alchemy. L'alchimie, l'Art par excellence, est ici véhiculée par l'harmonie. Comment, vous voyez mais n'entendez pas?

Alors, listen, ou plutôt: Oyez!

http://allmusic.com/cg/amg.dll?P=amg&sql=10:ylf3zfiheh4k



ARCHER
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Dimanche 25 février 2007 7 25 /02 /2007 14:51

Carême prenant, je vais incontinent vous entraîner pour la septième fois à l'hotel Lallemant de Bourges.

Notre dernière visite commune en ce logis alchimique remonte si je ne me trompe pas au 17 septembre 2006 (Champagne en chapelle):

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3904333.html

Je vous propose en ce jour de trêve dominicale non pas de nous arrêter de progresser, mais de revenir sur nos pas. On dit parfois qui n'avance pas recule, c'est vrai, mais il y a des progressions circulaires, ou si vous préférez en spirale. Et puis dans le labyrinthe de Thésée, le fil d'Ariane indique bien et l'aller, et le retour.

Bref, au-delà du Minotaure, pourquoi ne pas inscrire nos pas dans ceux d'un certain Jean-Jacques Mathé?

Hélas, il semble bien que Jean-Jacques, qui fut un disciple de Bernard Husson, nous ait quitté tout récemment.

Mais il est après tout, tout comme Jean-Julien Champagne, un inconnu...illustre. Son rare ouvrage sur l'hotel Lallemant, publié en 1976 aux éditions belges du Baucens (ou du beau sens, sises à Braine-le-Comte) est si peu accessible qu'il n'est même pas cité dans le livre pourtant postérieur de Michel Bulteau: L'hotel Lallemant de Bourges (Garancière, 1984).

Et pourtant Bulteau n'est pas n'importe qui, puisque outre cet estimable bouquin, il nous a notamment gratifié, également, d'un remarquable Le Plessis-Bourré, alchimie et mystères (Livre-Essor, 1983).


Pour en rester un moment aux éditions du Baucens, elles nous ont par ailleurs donné aussi dès 1974 une publication francophone de l'essai de l'allemand Rudolf von Sebottendorff sur "l'ancienne franc-maçonnerie turque" et ses rapports avec l'alchimie:

http://freemasonry.bcy.ca/anti-masonry/sebottendorff_r.html
http://www.bibliotecapleyades.net/sociopolitica/sociopol_thule06.htm

Quant à Mathé lui-même, il n'apparaît guère à ma connaissance sur le devant de la scène alchimique qu'en quelques occasions:

D'abord dans le recueil Alchimie des Cahiers de l'Hermétisme (Albin Michel, 1978, puis Dervy, 1996), où il fournit une très fouillée bibliographie de l'alchimie depuis 1945;

Ensuite dans l' excellent essai déjà cité de Luis Miguel Martinez Otero consacré à Fulcanelli: Une biographie impossible (Obelisco, Barcelone, 1986, et Arista, 1989):

"Notre ami Bernard Allieu, éditeur émérite de Grasset d'Orcet et prochain auteur d'un Index général de l'oeuvre de Fulcanelli que nous attendons avec impatience, insistait lors d'un dîner célèbre au restaurant Au coq hardi, aux alentours de Bayonne, en compagnie du critique et auteur, mais surtout bon alchimiste, auquel nous devons tant, - et nous avons ainsi nommé Jean-Jacques Mathé -, insistait donc sur l'idée que l'alchimie est l'étude des mécanismes de la mort."


Et Otero de contester cette approche, en se référant à la maxime de Martin Ruland, chère à Eugène Canseliet: L'alchimie est avant tout "separatio impuri a substantia puriore." Au fait, Jean-Jacques Mathé n'aurait-il pas été libraire à Bayonne?

Quoiqu'il en soit, je vous suggère à partir de là de comparer ce qui figure dans mon précédent article sur l'hotel Lallemant à ce que présente Mathé dans son opuscule, dont j'ai extrait les clichés joints, qui tous se rapportent aux caissons dessinés par Julien Champagne.

Nous pourrons ainsi établir ensemble, mais chacun pour ce qui nous concerne, concordances et discordances dans les présentations et interprétations, suivant une méthode dont le moins que l'on puisse avancer est qu'elle est classique en alchimie.

C'est pour celà que les emblèmes se trouvent dans cet article présentés dans le même ordre que naguère: Les comparaisons devraient ainsi en être facilitées, en théorie du moins.

"EMBLEME XXVII

Livre ouvert en flammes.

"Cet emblème allégorise, dit Canseliet, la liquation de la matière au début du Grand-OEuvre, exactement la séparation de la lumière d'avec les ténèbres par l'intervention du fer ouvrant, avec l'aide du feu, le grand Livre de la Nature."

Ce livre est également représenté dans le Livre d'Heures du même Jean Lallemant, mais il y est fermé par sept sceaux appendus et la couverture porte l'inscription: .DELAR.PRIVS. Que je sois détruit auparavant.

Nous attirons également l'attention du lecteur sur le voisinage immédiat au Saint-Esprit qui représente le creuset...


EMBLEME XXVI

Le Saint-Esprit.

"Le Saint-Esprit, dit Fulcanelli, est toujours figuré par une colombe en plein vol, les ailes étendues selon un axe perpendiculaire à celui du corps, c'est-à-dire en croix. Car la croix grecque et celle de Saint André ont, en hermétisme, une signification exactement semblable."

...La croix est également le hiéroglyphe du creuset, le signe de la umière, et, par extension, celui de l'illumination...

EMBLEME XXV

Faucon grilleté et igné empiétant un crâne qu'il becquette.

C'est là le soufre métallique. En dépit de sa qualité ignée, il ne brûle pas, mais putréfie. Remarquons au passage que le faucon - falco - vient de falx, la faux qui est l'emblème de Saturne...


EMBLEME XXII

Enfant ailé se disposant à faire tourner un moulinet par traction d'une ficelle; le moulinet surmonté d'une croix grecque.

Il s'agit du tour de main nécessaire à la séparation dans le premier oeuvre...


EMBLEME XXIII

Grenade posée dans un vase d'orfèvre ardent et surmontée de l'inscription 3R.

La grenade représente la matière première préparée et le signe 3R symbolise les trois réitérations du premier oeuvre...


EMBLEME XXIV

Enfant ailé chevauchant un cheval de bois et faisant claquer un fouet.

Le Ludus puerorum avait été explicité par Salomon Trismosin en sa Toyson d'or, mais Eugène Canseliet est revenu sur cette question dans ses commentaires du Mutus Liber et nous y renvoyons le lecteur.

Nous citerons toutefois sa traduction d'un fragment de l'antique traité dans lequel on traite du travail des femmes et du jeu des enfants:

"Or le triple jeu des enfants doit précéder le travail des femmes. Car les enfants jouent en trois choses. En premier lieu avec les vieux murs, secondement avec l'urine, troisièmement avec les charbons."



JJ pcc

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Dimanche 18 février 2007 7 18 /02 /2007 14:36


Nous en savons désormais un peu plus sur l'homme qui selon Geneviève Dubois pourrait bien avoir été l'initiateur de Julien Champagne en alchimie: Félix "Krishna" Gaboriau (voir notre article
Gaboriau et Champagne du 6 mars 2006).

Notre source est ici la même que celle qui nous a permis de découvrir que le frontispice du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli dessiné par Champagne a été publié dès 1912 par la maison d'édition Chacornac dans une bibliographie de l'occulte réalisée par Sédir ( post Champagne en 1912 du 17 juillet 2006).

Le portrait ci-dessus est tiré du même catalogue, obligeamment mis à notre disposition par un libraire ami de Paris, déjà mentionné dans ces lignes, et que je tiens à remercier à nouveau.

J'ajoute que je lui suis non moins reconnaissant, ainsi qu'à son alter ego photographe, de l'excellent café colombien grâce à eux dégusté en agréable compagnie, au cours d'un entretien des plus intéressants et productifs.

Vous aurez noté, sans doute, que sur notre cliché la date de naissance de Félix diffère quelque peu de celle pronostiquée jusqu'alors.

"Krishna" est également présenté cette fois comme le fondateur de la revue Le Lotus rouge, alors qu'il est par ailleurs supposé être son repreneur.

Gaboriau est encore réputé ici avoir été le traducteur d'un célèbre traité de Corneille Agrippa, De la philosophie occulte.

En nous reportant à la page considérée du catalogue, nous pouvons constater que cette traduction, "la première complète en français", est parue en deux volumes en 1910 et 1911.

Cette édition est celle des frères Chacornac, et fait l'objet au même endroit d'un éloge de l'alchimiste Phaneg. Elle "comprend de nombreuses figures magiques".

Je ne résiste pas à l'envie de partager celle-ci avec vous, qui figure effectivement au-dessus de l'entrée du catalogue qui est consacrée au livre d'Agrippa, même si je ne peux vous garantir
qu'elle en est issue:


Pour en revenir au Lotus rouge, "revue des hautes études", il semble n'avoir eu que deux ans d'existence, de 1887 à 1889.

Notre catalogue Chacornac, décidémment fort bien fourni en informations utiles, nous en donne un aperçu du contenu.

Les numéros 2 et 3 comprennent un article sur L'élixir de vie. Dans les livraisons 7-12 se trouve un portrait de Paracelse. Les 21 à 23 incluent une reproduction de la Lettre philosophique du Cosmopolite.

Enfin, dans le numéro 24 je relève une présentation de Michel Maier qui n'est pas mentionnée dans la bibliographie de Sédir. Gaboriau y fait ses adieux aux lecteurs de sa revue, qu'il affirme expressément avoir fondée.

Il déclare prendre ses distances d'avec la Société Théosophique, et, remerciant entre autres son administrateur, M. Froment, se réfère explicitement à la philosophie alchimique:

"Un alchimiste me comprendra lorsque je dirai que notre Soleil a une Lune qui est elle-même hermaphrodite."

"Ainsi nous présenterons aux hommes les faces agréables de notre prisme psychique, de notre pierre angulaire, en attendant le jour béni où, les deux faces se confondant, sera réalisée la circulature du quadrant dans le triangle équilatéral de la très sainte Trinité."

Et il affirme finalement: "les livres de science courent les rues, un autre livre est partout: la Nature."


 

Dans son Fulcanelli et le cabaret du Chat Noir, Richard Khaitzine cite un passage de la biographie de Papus de Christophe Beaufils et Marie-Sophie André, suivant lesquels "quelques connections entre le milieu du Lotus, et par conséquent la Société Théosophique et le Chat Noir peuvent être invoquées.


 


Le chansonnier Maurice Mac-Nab, par exemple, avait pour frère ce Donald Mac-Nab qui, tout en collaborant au Lotus, menait avec Gaboriau une série d'expériences occultes dans sa "chambre rouge" de la rue Lepic."

chatnoir.champagne.jpg

Ingénieur des arts et manufactures, Donald a effectivement écrit dans le Lotus rouge, et dans le dernier numéro de cette revue Gaboriau lui-même nous confirme sa parenté avec le chansonnier du Chat Noir.



 

ARCHER

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