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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.
Dimanche 14 janvier 2007

On l'a retrouvé, le traîneau à hélice de Julien Champagne. Le voici à Chamonix en 1914, en bonne compagnie puisque dans ce groupe de personnes figure certainement au moins un membre de la famille de Lesseps.

A tout seigneur, tout honneur, c'est Walter Grosse qui a ouvert cette piste:

http://www.fulgrosse.com/article-2458824.html


Vous vous souvenez sûrement que Champagne était en effet employé à l'époque par cette illustre famille Lesseps et qu'il joua un rôle considérable dans la mise au point de ce traîneau:

http://archer.over-blog.net/article-1880253-6.html
http://archer.over-blog.net/155-categorie-444621.html
http://archer.over-blog.net/article-2199402.html


Quant au photographe de service, si je puis dire, il ne s'agit ni plus ni moins que d'un certain Jacques Henri Lartigue (1894-1986), à qui nous devons aussi le dessin ci-dessus, extrait de ses carnets:

http://www.lartigue.org/fr2/jhlartigue/chronologie/index.html
http://www.af.ca/ottawa/galerie/lartigue/chrono.htm
http://en.wikipedia.org/wiki/Jacques_Henri_Lartigue



Mais qui est Jacques Lartigue, puisque tel est son état-civil à sa naissance?

Autrement dit: "A Chamonix, il filme et photographie le frère de Ferdinand de Lesseps à bord de son traîneau à hélice." Soit, mais encore?


Il est naturellement impossible dans le cadre d'un seul article de rendre l'hommage qu'il mérite à un artiste de ce calibre, dont rien ne dit d'ailleurs qu'il n'a pas connu Julien Champagne.

Je me bornerai donc à poser quelques jalons, en rappelant d'abord que Lartigue fut un passionné de sports d'hiver, et qu'il fit plusieurs séjours à Chamonix, où on le retrouve encore en 1918 (son patineur acrobate est de cette année-là) . A cet égard, je vous recommande le film Lartigue en hiver, extrêmement poétique:

http://www.lartigue.org/fr2/actualites/index.html

Un autre film de Lartigue contiendrait au minimum une séquence sur le fameux traineau: "Mon cinéma", consacré à Chamonix justement.

Vous pourrez en savoir plus en consultant le bel album Lartigue en hiver d'Elisabeth Foch et Martine d'Astier de la Vigerie (Flammarion, 2002).

Vous y retrouverez en particulier le premier cliché du traîneau, en grand format cette fois, et les pages correspondantes du journal du jeune Lartigue.

Et bien d'autres choses encore, comme les yeux miraculeux de Michèle Morgan...

Lartigue fut aussi un fou de sport en général, cyclisme, automobile, et bien sûr aviation ce qui ne pouvait manquer de le rapprocher des Lesseps.


L'auto-portrait réalisé ci-dessus en 1930 donne la mesure de son talent, et les quelques photos que je vous présente achèveront j'espère de convaincre les plus récalcitrants.

D'ailleurs en voici d'autres:

http://monsieurphoto.free.fr/index.php?menu=1&Id=44&ss_menu=1


A sa mémoire, associons celle de sa dernière compagne, Florette Orméa, rencontrée en 1942 et épousée en 1945; elle est ici photographiée en 1944. Florette Lartigue est décédée en 2000.

http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2006/09/12_septembre_19.html


Il y a plusieurs points communs entre Champagne et Lartigue. L'un est qu'ils ont tous deux changé de prénom, l'autre est que ce photographe devenu internationalement célèbre était aussi...un artiste peintre:

http://www.centre-atlantique-photographie.asso.fr/archives/lartigue.htm
http://www.mairie-le-cannet.fr/Culture/expos/J-H-Lartigue/index.htm
http://musee.ville-isle-adam.fr/index.php?p=8

Voici de fait un cliché de lui en 1920 à Cannes.


Pas de peinture sans couleur, me direz-vous, et  "Jacques Lartigue" fut certes surtout un adepte de la photo en noir et blanc, mais je vous propose tout de même aussi de lui ce cliché fleuri de l'île de
Ré en 1962.


Et si vous voulez une photo prémonitoire, voici toujours de Lartigue cette incroyable vue de New York en 1973.


Comme Champagne orginaire de la région parisienne, Lartigue nous a tiré sa révérence à Nice, ou plutôt il y a pris un nouvel envol, et je me plais à imaginer qu'il est là, quelque part, autour de nous, et qu'"Henri" a entre autres ainsi pu retrouver "Hubert".




et J.J. CHAMPAGNE

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Samedi 6 janvier 2007

Très grande année à toutes et à tous. Je viens d'ajouter un message d'accueil à ce blog, message qui je suppose va venir agrémenter ou tout au moins situer le dernier article en date.

Je voudrais consacrer en tout cas ce premier post de 2007 à l'une des demeures de Julien Champagne, ce qui me paraît juste, tant dans sa recherche et par son art il s'est investi pour illustrer les logis des autres. Des autres, ou peut-être plus exactement de ses prochains...

J'ai déjà évoqué dans un article précédent cette année 1921 où Eugène Canseliet fit le portrait de Julien Champagne, à Arnouville-lès-Gonesse (Canseliet peint Julien Champagne, 5 février 2006).

J'y avais cité un des ouvrages de l'ami proche de Champagne, et disciple de Fulcanelli: L'alchimie expliquée sur ses textes classiques (Pauvert, 1972 et 1980):


"En souvenir de ces temps mémorables, nous espérons que l'amateur nous saura gré, que nous lui offrions le portrait de Julien Champagne, que nous fîmes à l'aquarelle, le 12 août 1921, alors qu'il habitait Arnouville-les-Gonesse, au lieu dit de L'Hermitage et,  par coïncidence, dans l'avenue Viollet-leDuc."

Hermitage selon les uns, Ermitage pour d'autres!

Voici donc une rare carte postale animée du début du XXème siècle, représentant l'avenue en question.

Comme déjà souligné, Canseliet précise dans son livre au dos de la planche qui reproduit son tableau: "Julien Champagne, tel qu'il était, lorsque nous allions ensemble, afin de nous installer, pour une aquarelle, aux environs de l'Ermitage d'Arnouville, en des lieux champêtres qui ont maintenant disparu."

Ont-ils totalement disparu, ces lieux champêtres, ou sont-ils simplement entrés en létargie? Précisons en tout cas qu'Arnouville est une commune limitrophe de celle de Villiers-le-Bel, que nous avons déjà rencontrée (Julien Champagne aux Charmettes, 1er novembre 2006).

Villiers où comme déjà relaté, les parents de Champagne vinrent s'installer en 1913, à la veille de la première guerre mondiale.

D'après Walter Grosse:

http://www.fulgrosse.com/article-2458824.html

Julien Champagne les y aurait rejoint en 1917, puis aurait habité Arnouville à compter de 1919.

Rappelons également (Julien Champagne au baromètre, 24 septembre 2006) que la tombe de notre artiste est présentement située à Arnouville, dans l'actuel département du Val d'Oise, c'est-à-dire dans le val ou dans la plaine de France.


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Mercredi 27 décembre 2006

Il y a entre autres dans le livre co-signé par Eugène Canseliet et Robert Amadou: Le feu du soleil, Pauvert, 1978, une sorte de "scoop" que j'ai déjà mentionné (Julien Champagne en famille, 5 avril 2006), mais qui ne l'a été qu'en passant, me semble insuffisamment connu, et mérite donc d'être rappelé.

C'est Canseliet qui évoque M. Devaux, en précisant à Amadou qu'il ne voyait plus Fulcanelli en 1925:

"J'ai essayé de lui demander quelque chose pour Champagne dans une lettre que j'avais fait passer par M. Devaux."

Le renvoi correspondant à ce Devaux dans l'index bibliographique du même ouvrage, réalisé non par Eugène mais par Robert, porte la mention suivante:

"Devaux, secrétaire de Fulcanelli."

Or, il se trouve que ce Devaux, Gaston de son prénom, n'est autre que le beau-frère de Julien Champagne, et ceci du fait qu'il est l'époux de Renée, la soeur du peintre (Renée Devaux et Julien Champagne, 8 novembre 2006).

Notons d'emblée que si Champagne avait été Fulcanelli, il eût été saugrenu que Canseliet intercédât en sa faveur, de plus en faisant appel aux services d'un parent proche.


Peut-être en tout cas cette mention par Amadou du nom du secrétaire de Fulcanelli est-elle partiellement à l'origine de la rancune que lui tint Canseliet après la publication de ce livre.

En substance, Eugène a en son temps reproché à Robert de ne pas lui avoir soumis les épreuves du livre à paraître, en dépit des engagements passés, et aussi d'avoir ici ou là dénaturé ses propos.

Cette querelle transparaît nettement dans la deuxième édition des Deux Logis Alchimiques de Canseliet (Pauvert again, 1979), où dans un fulminant avant-propos le disciple de Fulcanelli s'en prend avec virulence à l'auteur principal du Feu du Soleil, à un point tel que Pauvert saisi par Amadou se verra dans l'obligation d'insérer un mot d'excuses.

Ce passage d'ailleurs ne figure pas dans la dernière en date des éditions des Deux Logis (Bailly, 1998, cf. Julien Champagne aux logis alchimiques, 19 août 2006).

C'est que Canseliet, à la mode polémique de ce temps, moins prude à certains égards que le notre, n'y va pas de main morte, y compris par delà son propos liminaire, puisqu'à propos de l'"envoi" de Pierre Dujols à Fulcanelli (Julien Champagne et le libraire du merveilleux, 19 avril 2006), il écrit suavement:

"Au reste, non plus que de la tourbe, fût-elle la plus feuilletée et la plus noire, que celle du polyporus igniarius, c'est-à-dire de l'amadou, l'alchimiste ne tirera et ne recueille jamais:

Le Vulcain du Soleil = VULCAN - ELI."

Là encore, relevons le fait qu'il serait tout de même un peu fort de café, comme dirait Eugène, que Dujols, comme Champagne fulcanellisable reconnu, se dédicace à lui-même une de ses  oeuvres.

Mais la mort étant passée par là, et nous ayant enlevé et Canseliet, et Amadou, oublions cette passe d'armes vengeresse et rendons tout de même hommage à Robert (1924-2006), homme d'incontestable talent, gnostique convaincu, et martiniste notoire, dans la ligne des Boucher et Ambelain:

http://jm.saliege.com/amadou1.htm
http://www.greguti.com/myblog/?p=67
http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Amadou
http://www.metapsychique.org/Robert-Amadou.html

Je persiste à dire en particulier que son Anthologie littéraire de l'occultisme (avec Robert Kanters, Julliard, 1951) est et restera une vraie somme.


Revenons-en maintenant à Gaston Devaux, qui réapparait dans l'étude de Geneviève Dubois, Fulcanelli dévoilé (Dervy, 1992, 1996). Dubois nous confirme en fait son rôle d'intermédiaire, mais cette fois entre Champagne et Schwaller.

Je préfère vous citer in extenso ce passage à la fois substantiel et éclairant:

"Les lettres échangées, de même que les mensualités versées à Champagne, transitaient par le beau-frère de ce dernier, Gaston Devaux, qui vivait dans la Somme et faisait office de boîte aux lettres.

Eugène Canseliet dans le "Feu du Soleil" de Robert Amadou, présente Gaston Devaux comme "le secrétaire de Fulcanelli", qui possédait une bague identique à la sienne, avec un baphomet.

Bien après la mort du peintre Champagne, Canseliet continuera à se rendre dans la Somme chez les Devaux.

Gaston Devaux qui  décèdera en 1969, affirmait en 1952 que l'affaire Fulcanelli n'était qu'un canular, monté de toutes pièces.

Contrairement à l'opinion de ses descendants avec lesquels nous sommes entrés en relation, G. Devaux s'intéressait de très près à l'alchimie. "


D'après Walter Grosse:

http://www.fulgrosse.com/article-2937784.html

Gaston Devaux s'appelait en réalité Nicolas Arsène Gaston, et, né en 1881, serait presque un contemporain de Julien Champagne. Il aurait été mobilisé en 1915 et aurait perdu l'oeil droit à la guerre. Il portait un bandeau sur cet oeil.

Nicolas Arsène aurait lui-même eu une soeur, Marthe, née en 1886...

Il aurait eu la même profession que son épouse, institutrice, et fut donc comme nous dirions maintenant, un professeur des écoles. Il n'aurait jamais quitté la Somme mais n'aurait pas résidé à Amiens. A compter de 1925, selon Eugène Canseliet, il pourrait avoir vécu dans la proximité de Fulcanelli.

Walter Grosse, qui fait état de documents au sujet de Devaux, dont son acte de décès, émet l'hypothèse que la famille Devaux a préservé le patrimoine de Fulcanelli comme celui de Julien Champagne.

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Mercredi 20 décembre 2006

Après avoir admiré les dessins de Julien Champagne sur la croix d'Hendaye (Hendaye de Champagne, 6 novembre 2006, Champagne sur un piédestal, 12 novembre 2006), disons quelques mots sur ceux de l'article de J.B. parus en 1936 dans Consolation, article que voici, reproduit par Geneviève Dubois dans son Fulcanelli dévoilé.

Vous vous ferez ainsi une idée par vous même, mais à mon sens si pour J.B. l'auteur de ces illustrations, un certain M. Lemoine, était un "peintre de grand talent", qu'allons nous dire alors de Champagne?

La comparaison des textes qu'appuient ces dessins donne sans surprise le même résultat, et tourne à l'avantage du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli (Omnium, 1957 et éditions suivantes par Pauvert).

Là encore, lisez et comparez, nous avons d'un côté un chapitre élégant et bien construit, de l'autre
une prose sèche et à mon avis un tantinet brouillonne.  Voilà pour le style, quant au fond, il suffit de réaliser que J.B cite Fulcanelli, pour, compte tenu d'une similitude certaine, deviner qui s'est inspiré de l'autre.

Je rappellerai tout de même que J.B. n'est autre que Jules Boucher (Champagne et Jules Boucher,
13 février 2006).

Quant à Consolation, nous avons vu que cet hebdomadaire ésotérique était dirigé par Maryse Choisy ( Julien Champagne entre chien et chat, 21 septembre 2006, Maryse Choisy et Julien Champagne, 3 octobre 2006).

Vous avez sans doute constaté que dans son article J.B. cite l'AROT, Association pour la Rénovation de l'Occultisme Traditionnel, déjà rencontrée (Julien Champagne en parapsychologie, 1er septembre 2006).

Il y a à mon avis un lien direct entre l'AROT et Consolation, dont j'ai pu consulter récemment "l'almanach pour 1936".

D'abord, cet almanach contient entre autres un article de J.B. sur l'alchimie. Ensuite, nous  voyons qu'outre J.B., un certain André Vidal et un quidam dénommé A. Charvin apparaissent au comité de rédaction, ainsi que Robert Ambelain (Champagne à l'ombre de Robert Ambelain, 4 mai 2006).


Enfin, voici sur la couverture de cet almanach le "sceau" de l'AROT, et en page intérieure, un encart intitulé: Qu'est ce que l'AROT et comment  y entrer?

Signé du "comité directeur" de l'AROT, il comporte d'abord une explication du sigle (TARO, ROTA, TORA), puis un exposé des buts du groupement,  qui sont "nettement initiatiques."

L'esprit sectaire en est banni, et l'AROT se veut dépositaire du véritable ésotérisme, qui est l'essence même des religions.

"Toutefois des obligations seront imposées. Elles seront celles-ci: Accepter les directives du comité directeur de l'AROT..."

Les candidats seront enfin soumis à "des épreuves probatoires réellement sérieuses" et je relève parmi les disciplines proposées la magie et même l'hypnotisme.

Finalement, l'adresse du secrétariat de l'AROT (15 rue Lord Byron, dans le 8ème arrondissement de Paris) est la même que celle du secrétariat des éditions Consolation...

Cette messe là me semble donc bel et bien dite, et la question qui après tout cela vient naturellement à l'esprit est : quels rapports entre AROT et Grand Lunaire (Champagne au Grand Lunaire, 25 juin 2006).


Avant de vous quitter pour cette fois, je voudrais vous signaler qu'entre autres points communs entre Julien Champagne et Eugène Canseliet, outre leur passion partagée pour la peinture, le dessin et bien sûr l'alchimie, il  y en a un bien particulier qui rapproche ces deux amis, tous deux serviteurs au surplus de Fulcanelli:

A ces deux artistes donc, un seul livre a jusqu'alors été consacré, et il est des plus rares. Je vous ai déjà présenté celui sur Julien Champagne (Julien Champagne versus Evelyne Segaud, 8 avril 2006).

Voici donc aujourd'hui celui sur Eugène Canseliet. Il a été écrit par Judith Henry, dont l'hermite de Savignies avait préfacé un des ouvrages,  et qui, rédigé "en l'honneur du centenaire du plus grand alchimiste du XXème siècle", est donc paru en 1999.

Après avoir remarqué que dans les deux cas nous avons affaire à des ouvrages de dames, ou "travaux de dames", je suppose que vous aurez comme moi noté le "jeu d'enfant" que constitue la couverture.

Henry tresse à Canseliet, non une couronne de laurier, mais de chêne, et cette couronne est celle de la langue des oiseaux, langue verte ou art goth. Cette illustration de couverture est de Marie-Odile Willig.

Je ne vous citerai qu'un bref passage de ce livre d'hommage et de mémoire, où transparaît "l'immuable sensibilité féminine", mais aussi la Science d'Eugène. Il s'agit d'un épisode onirique, mettant en scène un des auteurs fétiches d'Henry, Robert de Laroche, connu, ceci ne surprendra pas les amateurs de la gnose fulcanellienne, pour son amour des chats:

"Après avoir examiné son chat se préparant au sommeil afin de partir pour d'autres contrées, l'auteur lui-même s'endormit et presque tout de suite il fit un songe extraordinaire:

Sur une plage, en différents plans, il vit des monolithes couverts de signes...Au pied du monolithe le plus proche, plusieurs chats...

Il s'éloigna de cette scène pour rejoindre un sentier cheminant la falaise. Plusieurs personnes d'un certain âge, "des Sages", lui murmura la voix de son guide, occupaient, immobiles comme les santons de la crèche, plusieurs points du chemin.

Parmi eux, il eut la surprise de reconnaître le visage d'Eugène Canseliet. Toujours en état de rêve, il dit à son guide: "Mais il est mort depuis plusieurs années." Et celui-ci de lui répondre par la négative.

Alors Robert d'ajouter: "Mais si, il repose dans un petit cimetière campagnard." Or, plusieurs personnages proches de lui se retournèrent, et Canseliet lui sourit avec une infinie douceur et lui
dit simplement: "Eh bien!"

"Je compris de suite, conclut R. de Laroche, que cette distinction entre le mort et le vif n'avait plus court ici."


Et puisqu'il vient d'être question de santons et de crèche, permettez moi, en cette Saint Théophile, et à la veille du solstice hivernal, de vous reciter en guise de conclusion, de vous réciter finalement, cette prière superbe qui clôt le premier tome des Demeures Philosophales de Fulcanelli:

"Prosternez-vous, mages de l'Orient, et vous, docteurs de la Loi; courbez le front, princes souverains des Perses, des Arabes et de l'Inde!

Regardez, adorez et taisez-vous, car vous ne sauriez comprendre. C'est là l'OEuvre divin, surnaturel, ineffable, dont jamais nul mortel ne pénétrera le mystère.

Au firmament nocturne, silencieux et profond, brille une seule étoile, astre immense, resplendissant, composé de toutes les étoiles célestes, votre guide lumineux et le flambeau de l'universelle Sagesse.

Voyez: la Vierge et Jésus reposent calmes et sereins, sous le palmier d'Egypte.

Un nouveau soleil irradie au centre du berceau d'osier, corbeille mystique que portaient jadis les cystophores de Bacchus, les prétresses d'Isis; nouveau soleil qui est aussi l'Ichtus des Catacombes chrétiennes.

L'antique prophétie s'est enfin réalisée. O miracle! Dieu, maître de l'Univers, s'incarne pour le salut du monde et naît, sur la terre des hommes, sous la forme frêle d'un tout petit enfant."

Noël! Noël! Noël!

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Jeudi 14 décembre 2006

Il me semble curieux que personne à ce jour ne paraisse s'être intéressé aux imprimeurs des livres de Fulcanelli, et par voie de conséquence de Julien Champagne.

Pour ne pas être trop long, je vais me concentrer provisoirement sur les impressions françaises du premier ouvrage de Fulcanelli: Le Mystère des Cathédrales.

Et je me contenterai de vous renvoyer au surplus - de façon certes un peu...cavalière, mais je l'avoue - au toujours excellent Index Fulcanelli de Lonzième et Allieu (Allieu, 1992).

Et je vous proposerai de remonter dans le temps, et donc de commencer par la troisième édition du Mystère, celle de Pauvert (JJ Pauvert et JJ Champagne, 18 juin 2006).

Nous voici donc d'emblée au coeur non européen de l'Europe, ou plutôt devrais-je dire sans doute en son coeur le plus mondial.

C'est en effet dans la francophone et vaudoise cité de Lausanne, où mourut Viollet-le-Duc, qu'en 1964 fut imprimée l'édition Pauvert du Mystère des Cathédrales.

Que l'imprimerie en question se soit intitulée Héliographia, voilà qui a dû beaucoup plaire et à Fulcanelli, et à Champagne, et à Eugène Canseliet. Bref, cela ne manque sûrement pas de sel.

J'avoue que je connais mal l'historique de cette imprimerie, parfois qualifiée je ne sais trop pourquoi de "populaire", et dont l'activité est attestée dès 1945.

Hélas, elle a fermé depuis, et sa succursale genevoise était-elle même déclarée en faillite il y a une bonne dizaine d'années.

Nous allons nous rendre compte au travers de ce qui suit que son cas n'est pas vraiment isolé.


Le second imprimeur de Champagne et Fulcanelli fut en 1957 l'imprimeur Oberthur, qui présida à à Rennes et Paris à la deuxième édition du Mystère des Cathédrales par l'Omnium Littéraire, autrement appelé Editions des Champs Elysées (Julien Champagne à l'Omnium Littéraire, 9 mars 2006).

Riche d'une tradition d'imprimerie qui remonte au début du XIXème siècle:

http://www.oberthur.com/imprimerie

l'imprimerie Oberthur a en tant que telle fermé ses portes en 1984. Ses activités ont été reprises et réorientées, si je puis dire, par le groupe FCO (et non FCH).


Last but not least, l'édition originale du Mystère par Schemit en 1926  (Jean Schemit éditeur de Champagne, 30 avril 2006) fut imprimée par P. Daupeley-Gouverneur à Nogent-le-Rotrou, autrefois capitale du Perche, et  sise aujourd'hui  en Eure-et-Loir, à l'ouest de Chartres.

Daupeley-Gouverneur était lui aussi un imprimeur de tradition. J'en ai trouvé une trace des activités dès 1844. En 1880, un G. Daupeley-Gouverneur a même publié un ouvrage intitulé Le compositeur et le correcteur typographe.

Comme je l'écrivais déjà le 28 avril 2006, dans mon article Découverture de Champagne, et bien malheureusement, "il semble que cette imprimerie, qui a utilisé les planches originales ou des copies des planches de Julien Champagne, ait cessé ses activités à la fin du XXème siècle."

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