Concours

Recommander

Images Aléatoires

  • colloque.champagne.jpg
  • portewb.champagne.jpg
  • MANTEGNAPRUDENCE.champagne.jpg
  • bonardel.champagne.jpg

Bienvenue sur ce blog...


...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.
Samedi 5 juillet 2008 6 05 /07 /2008 20:54


Grâce à Greg Fox, nous en savons désormais un peu plus sur la bibliothèque de Julien Champagne. Il est probable qu'elle ait été dispersée, ce qui après tout n'est guère surprenant.

Vous vous souvenez sans doute qu'il y a quelques semaines Vérax nous a permis et de nous faire une meilleure idée des ex-libris d'"Hubert" et de sa prédilection pour l'alchimiste français  du XIXème siècle Albert Poisson:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-17159081.html

Cette fois Greg nous permet de savoir que Julien a eu aussi en sa possession un ouvrage d'un chimiste allemand du XVIIIème siècle, Johann Heinrich Pott.

Il s'agit de ses Dissertations chymiques, parues en 4 tomes en 1759 chez Jean Thomas Hérissant, et traduites "tant du latin que de l'allemand" par Monsieur Demachy:

http://www.alchemywebsite.com/books/BK3497.HTM


A propos d'ex-libris, notons d'emblée que celui qui figure dans cet ouvrage n'est pas en fait celui de Champagne,
mais d'un précédent détenteur de l'oeuvre, G. Bontemps.

Georges Bontemps (1799-1883) est surtout connu pour avoir en 1868 rédigé un Guide du verrier. Il fut par
ailleurs directeur des verreries de Choisy-le-Roi.

Créées en 1805, ces verreries comprirent de 1829 à 1855 un atelier vitrail précisément dirigé par Bontemps. Il y aurait redécouvert entre 1845 et 1861 les secrets du verre filigrané, supposés perdus depuis la Renaissance.

Pour Bontemps, "la malléabilité du verre n'est pas de la même nature que celle des métaux. En effet, celle-ci est modifiée par la propriété de corps non conducteurs du calorique."


Mais disons tout de même quelques mots de Johann Heinrich Pott (1692-1777), pharmacien et chimiste allemand des plus connus:

http://de.wikipedia.org/wiki/Johann_Heinrich_Pott

Il est amusant de noter qu'il fut un des élèves de Stahl, parfois considéré comme l'auteur de la théorie du phlogistique,
en fait élaborée au XVIIème siècle par l'alchimiste Becher, et que combattra plus tard un Lavoisier, chantre de la chimie officielle.

http://static.wikipedia.org/new/wikipedia/fr/articles/g/e/o/Georg_Ernst_Stahl_5dfd.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Phlogistique
http://membres.lycos.fr/alchimie2/hist/DBL2.htm

Comme Becher, Pott fut mandaté pour créer une manufacture de porcelaine. Dans le cas de Johann Heinrich, le monarque en question fut Frédéric II.

Il semble que l'oeuvre de Pott détenue par Bontemps puis Champagne ait paru d'abord à Berlin en 1738 chez J.A. Rüdiger. Pott y relate notamment certaines des expériences de ses prédécesseurs qu'il prit la peine de reprendre
pour vérifier leur validité.

Il critique ainsi l'alchimiste français Moras de Respour, surtout connu pour ses Rares expériences sur l'esprit minéral
(1668). Et c'est alors que nous retrouvons Julien, son tampon encreur et ses commentaires...favorables à Pott:

"Bien juste, écrit Champagne; on pourrait sans trop d'exagération affirmer que tout est faux..."


Plus loin, alors que Pott exprime notamment son point de vue sur une partie de la Pyrotologie (1725) de son compatriote Henckel, très intéressé au demeurant par l'oeuvre de Respour, et qui d'ailleurs semble avoir passablement influencé Pott, Champagne remarque:

"Si l'on triture avec du sel de tartre déliquescent le résidu de la distillation d'un acétate de zinc obtenu par
dissolution de l'oxyde dans du vinaigre distillé (?), il se répand une odeur extrêmement désagréable et qui fut
sur le point de me faire vomir plusieurs fois.

Toutefois elle n'a aucun rapport avec l'odeur alliacée." Mais voici qu'entre en scène un troisième lecteur des
Dissertations.

Pour Fox, et je suis très tenté de le suivre sur ce point, ce lecteur n'est autre qu'Eugène Canseliet.


Canseliet donc (car son écriture est tout aussi caractéristique que celle de Champagne) relève ainsi à
propos de l'esprit de vitriol dulcifié qu'il est aussi utilisé comme astringent et hémostatique.

Et il ajoute: "Cet esprit de vitriol dulcifié des anciens est au Codex actuel un mélange d'une partie d'acide sulfurique avec trois parties d'alcool."

Plus loin, il commente ainsi l'histoire de l'acide marin dulcifié: "L'acide marin ou esprit de sel dulcifié est un alcoolé d'acide chlorhydrique."

Greg précise également qu'on trouve dans un des volumes des Dissertations la trace d'un autre ex-libris que celui de Bontemps. Cet ex-libris circulaire en a été décollé ou arraché et comme Fox je pense qu'il pourrait
bien s'agir de celui de Julien Champagne.


Reste qu'apparaît, inexpliquée pour moi même si pour Greg Fox cette écriture ressemble beaucoup à celle
d'"Hubert", un troisième type d'annotations.

Je remarquerai simplement qu'elles font cette fois usage de la symbologie chimique courante. Personnellement
elles me semblent pourtant plus anciennes que les deux autres: Bontemps, ou un autre heureux possesseur du livre de Pott?

Canseliet cite ce dernier au moins une fois, dans son édition du Mutus Liber (1977). Bien entendu, il s'agit toujours des Dissertations:

"Cohausen a ôté au sel marin des côtes d'Espagne toute sa saveur, en le faisant digérer ou putréfier pendant quarante jours au moins dans l'esprit le plus subtil de rosée; ce qui lui a produit un sel tout différent."


Quant à Fulcanelli, c'est dans ses Demeures Philosophales (1930) qu'il fait référence aux Dissertations: "Pott, qui s'appliqua a relever les nombreuses formules de menstrues et s'efforça d'en donner une analyse raisonnée, nous apporte surtout la preuve qu'aucun de leurs inventeurs ne comprit ce que les Adeptes entendent par leur dissolvant."

Et de marteler un peu plus loin: "Sans contester la probité de Pott, ni mettre en doute la véracité de sa description, et moins encore de celle que Weidenfeld (mentionné par Pott) donne sous des termes cabalistiques, il est indubitable que le dissolvant dont il parle n'est pas celui des sages."

Permettez-moi enfin, avant de souhaiter de bons congés aux juilletistes, de signaler pour ne pas conclure tout à fait le dernier numéro de La lettre de Thot, désormais semestrielle (N°55, juillet à septembre 2008):

http://thot-arqa.org/arcadia/accueil.html?rubrique=webzine/webzine.html

Il est pour partie consacré au livre de Jean Artero, Présence de Fulcanelli, que je vous ai présenté dans mon précédent article, et en totalité à l'alchimie. Artero est ici questionné pour la première fois sur son ouvrage.


Je vous recommanderai tout particulièrement  également le texte que renferme ce numéro du webzine de Thierry Garnier sur François de Chazal, cher à Fulcanelli et peut-être à Julien Champagne.

Et puis pourquoi bouder notre plaisir après tout, nous voici consacrés "blog du mois".

Et in Arcadia ego.



ARCHER
Par ARCHER - Publié dans : archer - Communauté : les ateliers du temps
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Partager    
Dimanche 1 juin 2008 7 01 /06 /2008 11:24

Mon Dieu, qu'il est difficile de présenter le livre d'un ami, que dis-je un jumeau! Dans son ouvrage sur Fulcanelli, paru ce mois de mai 2008 aux éditions Arqa, Jean Artero fait référence à ce blog, et reconnaît explicitement y avoir participé d'emblée.

Le blog d'Archer sur Julien Champagne apparaît ainsi au grand jour pour ce qu'il est depuis pratiquement le début, autrement dit une oeuvre collective...

Ceci dit, reste à synthétiser ce gros bouquin de quelque 380 pages, et qui plus est à le critiquer dans tous les sens du terme.

Pour résumer, je dirais que cet essai que l'auteur reconnaît lui-même être imparfait a pour principal mérite de prendre appui sur les travaux de ses devanciers, sans jeter d'anathème sur aucun, ce qui finalement est assez rare, tout en présentant une vue certes partielle et donc partiale si on veut sur Fulcanelli et ses ouvrages.


Si j'avais à schématiser la thèse d'Artero, je serais tenté de la ramener à un seul point, qui est peut-être tout: On ne peut étudier Homère si dans le même temps on ne traite pas de l'Iliade et de l'Odyssée. De même pour Jean il est sans doute vain de traiter de Fulcanelli si dans le même temps on n'analyse pas au moins Le mystère des cathédrales et Les demeures philosophales.

Ce qui jusqu'alors n'était pas évident pour le plus grand nombre...Jean Artero me paraît également apporter un éclairage nouveau sur la troisième oeuvre, non parue actuellement, de Fulcanelli à savoir le fameux Finis Gloriae Mundi.

Mais je ne voudrais pas vous priver à l'avance du plaisir de découvrir ce bouquin, qui me semble par ailleurs assez bien écrit, aussi je me bornerai dans cet article à en souligner quelques qualités patentes, mais aussi selon moi quelques défauts non moins évidents.

Une qualité réelle du livre de Jean est donc par exemple qu'il contribue à resituer l'opus fulcanellien dans son contexte historique, scientifique et philosophique. C'est ainsi notamment qu'il n'hésite pas à considérer ce jeton ou méreau de 1700 de la Sainte Chapelle de Paris comme une demeure philosophale.


Méreau dont il existe des exemplaires de cuivre et d'argent au moins, dont le féminin est parfois dit mérelle, et qui paraît-il est réputé avoir été utilisé par d'aucuns comme signe de reconnaissance.

Toujours pour approuver et appuyer ce travail que je trouve pour ma part loin d'être négligeable, je continuerais en insistant sur le fait qu'Artero apporte des éléments nouveaux - du moins en terme de publication - sur Fulcanelli et son entourage.

C'est ainsi - et naturellement nous en arrivons à Julien Champagne- qu'il produit sans doute pour la première fois des informations inédites sur un ami d'Eugène Canseliet, dont ce dernier considéra qu'il lui fut en fait envoyé par Fulcanelli pour le consoler entre autres de la perte de son ami "Hubert", décédé en 1932.

Là encore je préfère vous laisser découvrir "dans le texte" de quelles informations il s'agit, tout en reproduisant ce portrait publié par Jean du diplomate et général turc, ou si vous préférez ottoman, Mahmoud Mohtar Pacha, qui fut aussi un grand musulman, philosophe soufi et alchimiste.


Nous le voyons ici également en compagnie de sa femme Nimet, en 1934, soit peu avant son décès intervenu en mer quelque temps plus tard, alors qu'il envisageait de commencer avec "le bon maître de Savignies" une coopération mutuellement fructueuse au laboratoire.

Je voudrais maintenant en arriver à quelques réserves que je voudrais émettre ici sur cet énorme travail d'une année environ, si j'ai bien compris, sans remettre pour autant en question la qualité d'ensemble de la recherche effectuée par Jean Artero.

Comme en fait il l'écrit lui-même, nous demeurons en désaccord sur certains "détails de l'histoire", à commencer par le rôle dévolu à Julien Champagne dans le corpus fulcanellien.

Je l'estime essentiel en tant qu'Archer, alors que Jean, tout en reconnaissant l'importance des illustrations de l'artiste, n'en rejette pas moins "JC" du cercle des proches de Fulcanelli, et de ce fait est porté à lui consacrer surtout une annnexe de son livre, ce qui ne peut totalement me satisfaire.


Ceci étant posé, je reconnais bien volontiers que son ouvrage est déjà salué par plusieurs fulcanellistes de haut vol, que je ne mentionnerai pas pour ne pas le faire encore une fois rougir de plaisir.

Il a aussi cependant  reçu dès à présent quelques critiques bien senties, dont celles fort passionnées du talentueux hermétiste et spagyriste Patrick Rivière, auteur comme nous savons de nombreux ouvrages de qualité, notamment sur l'alchimie et spécialement celle de Fulcanelli et Canseliet.

C'est ainsi que Rivière conteste avoir considéré la transmutation de Canseliet, opérée en 1922 en présence de Fulcanelli et Champagne, comme résultant de la mise en oeuvre d'un procédé particulier:
http://www.archerjulienchampagne.com/article-1851159.html

Pour Artero il a raison, et cette mention erronée devra faire l'objet d'un rectificatif de la part de l'éditeur. Selon moi, il convient à l'inverse de prendre en compte les avis opposés en la matière de Geneviève Dubois et de Rubellus Petrinus, alchimiste angolais d'origine, comme chacun sait, et qui vit et travaille actuellement au Portugal.


Quoiqu'il en soit, je saisis l'occasion qui m'est offerte de vous recommander la lecture d'une des dernières publications de Patrick Rivière: Fulcanelli, qui suis-je? parue en 2004 aux éditions Pardès. Succédant à son Fulcanelli, sa véritable identité révélée (Vecchi, 2001), sans le reproduire tout à fait, cette somme compacte me semble en effet passionnante et curieuse à plus d'un titre, ou si vous préférez à maints égards.

Mais pour en revenir à Artero, et en dépit de mes observations, dont je veux espérer qu'il ne prendra pas trop ombrage, je ne peux que le louer à nouveau des novations dont son Présence de Fulcanelli est incontestablement porteur.

En témoigne par exemple cette nouvelle photographie d'un Julien Champagne vraisemblablement "tirée" vers 1914, sans doute alors qu'il s'occupait avec les Lesseps de la mise au point de leur "traîneau à hélice":

http://www.archerjulienchampagne.com/article-16268763.html


Pour ne pas conclure, ainsi que le recommandait Gustave Flaubert, je voudrais souligner le fait que le Présence de Fulcanelli de Jean Artero fait actuellement l'objet d'une édition originale de 300 exemplaires numérotés (exactement comme en 1926 Le mystère des cathédrales de Fulcanelli). Je me suis laissé dire qu'environ 50 exemplaires sont "partis" en moins d'un mois...

On peut le commander directement à l'éditeur:
http://thot-arqa.org/boutique/boutique.html
Si j'ai bien appris ma leçon, dans ce cas là le prix du port est compris.

Il est également disponible en ligne par ailleurs:
http://www.atelier-empreinte.fr/presencedefulcanelli-p-2084.html
http://www.eklectic-librairie.com/ListeLivreDetail.asp?Detail=ARQA17&TypeRecherche=Detail
http://www.massanne.com/

Enfin, le seul article non commercial sur cet ouvrage qui a précédé le mien est à ma connaissance le suivant:

http://touscesgens.hautetfort.com/archive/2008/05/02/fulcanelli-les-inities-inconnus-gouvernent-seuls.html

Celui-là est à mon humble avis sans prix. Ainsi d'ailleurs que le suivant:

http://fulgrosse.over-blog.com/article-20673987.html





ARCHER
Par ARCHER - Publié dans : archer - Communauté : les ateliers du temps
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Partager    
Dimanche 4 mai 2008 7 04 /05 /2008 18:22

Vous vous souvenez sûrement que dans son Fulcanelli dévoilé (Dervy, 1992 et 1996) Geneviève Dubois situe
les débuts en alchimie de Julien Champagne vers 1893. Parallèlement, ajoute-t-elle, il s'inscrit à l'école des
Beaux-Arts de Paris.

Et de préciser que "de cette époque reste un excellent tableau représentant l'évèque de Bordeaux. Nous possédons également trois aquarelles de 1895..."


Grâce à Xavier, je vous propose de découvrir ensemble quelques uns des premiers dessins "profanes" de Julien Champagne, qui sont en fait extraits de carnets de croquis.

Tous les dessins que je vous présente aujourd'hui sont de 1894. Ils sont donc bien antérieurs à ceux
publiés par Geneviève, qui furent eux réalisés en 1898:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3509041.html


Nous y voyons un Julien qui comme relevé par Dubois éprouve un intérêt précoce pour le Moyen Age. Il est
manifeste à mon avis que son étude du château de Lucheux et de sa poterne résulte d'un travail assez
assidu au chevalet.

Mais aussi un Champagne qui en futur "maître du pinceau et du crayon" (Eugène Canseliet) aime manifestement à croquer sur le vif certaines scènes pittoresques de la vie quotidienne de son époque.


Une femme à sa fenêtre, comme eût écrit Pierre Drieu La Rochelle...Elle regarde amusée un conseil de révision.
Il est bien possible d'ailleurs que ce soit celui d'"Hubert."

Un lecteur "a notte", crayonné au bleu pour souligner un effet de nuit, et enfin cet adorable fumeur de pipe, saisi de profil dans toute son intemporelle sérénité.

Bien sûr ces dessins ne sont pas signés, pourquoi le seraient-ils d'ailleurs, l'artiste ici travaille pour lui-même.
Mais vous aurez bien sûr reconnu sur certains d'entre eux l'écriture caractéristique de Julien Champagne.

Merci encore, Xavier et avec un tout petit peu de retard, excellent premier mai à chacune et chacun de vous.

ARCHER
Par ARCHER - Publié dans : archer
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Jeudi 10 avril 2008 4 10 /04 /2008 17:32

Et si pour une fois nous rendions hommage à quelqu'un de bien vivant, non seulement en esprit, mais aussi physiquement toujours de ce monde?

Né en 1917, René Alleau est toujours parmi nous, à ma connaissance, et Dieu sait que sur lui les articles ne sont pas légion, alors que sa vie et son oeuvre me paraissent bien mériter toute une étude, et en tout cas notre respectueuse et amicale considération.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Alleau
http://www.leseditionsdeminuit.eu/f/index.php?sp=livAut&auteur_id=1469

Nous le voyons ci-dessus en compagnie du talenteux homme de lettres Frédérick Tristan:

http://www.fredericktristan.com/
http://www.evene.fr/celebre/biographie/frederick-tristan-3973.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9rick_Tristan
http://signes-et-symboles.org/dossiers-symbole/index.php/2007/02/10/51-frederick-tristan-noublions-pas-l-infinie-poesie-d-hermes

Frédérick qui est l'auteur de maints ouvrages de portée hermétique, notamment d'essais brillants tel L'oeil d'Hermès (1982) et en matière de fiction d'une inénarrable Histoire sérieuse et drolatique de l'homme sans nom (1980) ou de Balthasar Kober (1987).

 
Ancien ingénieur-conseil, René Alleau est volontiers présenté de nos jours comme philosophe et historien des sciences, notamment traditionnelles.

Il est entre autres un spécialiste réputé en matière de symbologie, mais n'a jamais non plus cherché à dissimuler son intérêt profond pour l'alchimie.

Cet intérêt lui est-il venu par son attachement précoce au courant surréaliste? C'est bien possible, à en croire Renée Mabin, dont je voudrais vous conseiller la lecture de l'étude si porteuse de sens à mon avis sur le courant intellectuel de "l'étoile scellée":

http://melusine.univ-paris3.fr/astu/Mabin.htm

Nous pouvons y relever particulièrement le fait que dès 1952 André Breton et ses amis courent les conférences que René Alleau donne à Paris, à la Salle de géographie, sur "les textes classiques de l'alchimie", conférences dont l'intitulé n'est pas sans nous rappeler le titre même d'un des ouvrages postérieurs de l'alchimiste Eugène Canseliet, ami de Julien Champagne.



Dès cette époque, René Alleau et Eugène Canseliet, tous deux proches d'André Breton, dont la passion pour l'alchimie fut vraisemblablement précoce, devaient se connaître puisque lorsque l'essentiel des conférences d'Alleau est publié sous la forme d'un recueil : Aspects de l'alchimie traditionnelle (Editions de Minuit, 1953),
son ouvrage est préfacé par le disciple de Fulcanelli.

Notons dès à présent que la couverture de l'édition française originale en est ornée d'une reproduction du célèbre tableau du peintre espagnol Juan de Valdes Leal, dénommé Finis Gloriae Mundi comme le troisième livre non paru finalement à ce jour de Fulcanelli, sur lequel nous reviendrons.

Dans sa préface, Canseliet, d'une façon qui n'a pas encore été relevée, ou pas assez, n'hésite pas à qualifier son "ami" de "fils de Science" (alchimique) comme nous même, et surtout de "disciple de Fulcanelli", titre qu'il est ordinairement le seul à porter, voire à s'attribuer. Pour le commun des mortels, alchimistes ou non, Canseliet est habituellement considéré comme "l'unique disciple de Fulcanelli".

Eugène rend donc ici au travail de René un hommage exceptionnel, auquel il m'a paru convenable de me référer, ne serait-ce qu'en m'en faisant l'écho, en bon héraut de l'Art.

D'ailleurs un Albert-Marie Schmidt, savant historien des Lettres, dont la fin tragique causa tant de peine à Eugène Canseliet, ne s'y trompa pas, et dès 1953 put ainsi écrire dans la Nouvelle NRF, à propos d'Aspects de l'Alchimie:

"Si l'on souhaitait discerner quelles influences réelles s'exercent sur les courants spirituels de notre âge, sans doute faudrait-il réserver une attention exacte à cette société d'Héliopolis qui compte, parmi ses membres les plus réputés, Eugène Canseliet et René Alleau."


 

Il est vrai que ce livre petit par la taille mais d'une grande qualité, qui d'ailleurs partage avec ceux de
Canseliet l'honneur d'avoir été plus tard traduit en langue étangère (notamment en italien par les éditions
romaines Atanor en 1989), mérite toujours l'attention des amateurs.

Alleau y qualifie très justement l'alchimie de "religion expérimentale", en expose les principes, en étudie les symboles, et en véritable alchimiste qu'il est réalise en définitive une synthèse des plus heureuses et des plus rares en ayant composé à la fois un livre sur l'alchimie, ce qui est à la portée de beaucoup, et un ouvrage d'alchimie, ce qui sans doute reste l'apanage des meilleurs.

Ses textes et documents alchimiques, son lexique des symboles alchimiques et spagyriques, sa bibliographie enfin sont également marqués au coin d'une érudition difficile à égaler.

Pour la petite histoire, Canseliet devait quelques mois plus tard publier aux mêmes Editions de Minuit ses Douze Clefs de la Philosophie de Basile Valentin (1956).

Quant à Alleau, il semble malheureusement avoir renoncé à y faire paraître un "Paris symbolique" et des
"Peintures et gravures alchimiques" pourtant annoncés dans ses Aspects de l'alchimie traditionnelle.

 


Pour autant, René Alleau ne renie pas le culte qu'il voue à l'alchimie, puisqu'en 1957, suivant l'exemple précédemment cité d'Eugène Canseliet, il fait éditer par Caractères les Clefs de la philosophie spagyrique de
Georges Le Breton, ouvrage du XVIIIème siècle cité par Fulcanelli et que Canseliet venait justement de mentionner dans ses Douze Clefs.

Il y réaffirme dans son introduction sa totale fidélité intellectuelle à la pensée fulcanellienne: "L'Art   royal, l'alchimie, a été la voie initiatique de la Noblesse d'extraction, ce que prouvent aussi clairement 
les monuments que le blason, les devises et les cris de guerre...

La science d'Hermès, héritage sacré de l'ésotérisme égyptien, vaste synthèse cosmologique, nous a légué des hiéroglyphes, des messages énigmatiques, dont l'utilité apparente semble nulle à ceux qui ne veulent pas prendre la peine de les déchiffrer."

En dépit de leurs préjugés, "la Pierre Philosophale représente (bel et bien) le premier échelon qui peut aider l'homme à s'élever vers l'Absolu." 

 
Dès lors, son intérêt public pour l'alchimie semble se concentrer sur la reparution des textes anciens, et force
est de souligner que ce faisant il fait montre d'une imperturbable logique.

Dès le début des années 1970, il prend ainsi la direction aux éditions Denoël de la Bibliotheca Hermetica, dont
il semble évident aujourd'hui que la majeure partie de la constitution est d'origine alchimique.

Il en est ainsi, par exemple, de cette belle édition en 1971 du livre de Limojon sur Le triomphe hermétique, présentée par Eugène Canseliet, et précédée d'une republication du Mutus Liber d'Altus, introduite elle par un texte de Magophon (alias Pierre Dujols, ami de Fulcanelli et de Champagne).

La même année, Alleau présente d'ailleurs lui-même dans la même collection La très sainte trinosophie, du
"vrai" comte de Saint-Germain.

En 1974 me signale Prounicos début 2009, René signe encore dans La Quinzaine littéraire un vibrant hommage à Fulcanelli, dans un article parfaitement intitulé "Un Champollion des hiéroglyphes français."

"Personne, y constate-t-il avec humeur, n'enseigne aux Français à déchiffrer les hiéroglyphes de leurs châteaux ni de leurs cathédrales."

Et de conclure de magnifique façon:

"Le pays le plus mystérieux du monde, ce n'est pas le Tibet, c'est la France."



Parallèlement, et dès 1958, il approfondit et élargit son étude de la symbolique en général, et fait ainsi éditer par Flammarion une première mouture de ses réflexions sur le sujet (De la nature des symboles).

Cette étude sera maintes fois reprise (Payot, 1996, 1997...) et d'ailleurs suivie d'une Science des symboles
(Payot, 1976).

Il y développe une pensée fondatrice, toujours largement ignorée de nos jours par la science officielle, ce qui est sans doute dommage...pour cette dernière, selon laquelle "en réalité toutes les sciences humaines sont subjectives, et c'est de la reconnaissance lucide et sincère de cette subjectivité fondamentale que dépend le degré d'objectivité relative auquel elles peuvent atteindre."

C'est ainsi que pour Alleau, et ici encore il rejoint Fulcanelli, "la pensée moderne est une pensée conditionnée, par exemple par le mythe occidental de la raison qui, lui-même, a été élaboré à partir d'éléments irrationnels multiples qui composent ces trop célèbres "évidences" sur lesquelles reposent les "principes d'intelligibilité" que, finalement, personne ne saurait expliquer ni définir de façon rationnelle."


Métaphysicien et alchimiste, René Alleau est aussi, et cela demeure sans doute une part de son "jardin 
secret" un peintre talentueux. Voici qui le rapproche, encore ou déjà, de Julien Champagne.

En témoigne par exemple cette aquarelle au tâchisme presque hugolien, qui dut tant plaire à André Breton. 
Comme Canseliet, Alleau répondit à l'enquête de ce dernier sur L'art magique (Club français du livre, 1957,
et Phébus, 1991).

Il y rappela notamment que selon l'alchimiste et cryptologue Blaise de Vigenère (XVIIème siècle), auteur d'un
Traité du feu et du sel, mais aussi des Tableaux de plate peinture de Philostrate, "la peinture est une
invention des dieux."

Ne soyons pas surpris par conséquent de retrouver de lui dans le beau volume transalpin Arte e Alchimia
(Biennale di Venezia, 1986) cette superbe Danaé de 1984, fécondée par une jupitérienne pluie d'or qui fut
en son temps célébrée par les poètes et qui fait l'objet de la vénération des alchimistes , lesquels en scrutèrent...
la symbolique, et au premier rang desquels figure un certain Canseliet. 


 Mais il y a également un autre Alleau, bien plus discret encore, le praticien de l'alchimie. En 1978,
 Canseliet pouvait ainsi déclarer à Robert Amadou, dans Le feu du soleil (Pauvert):

 "René Alleau est un alchimiste d'autant plus véritable qu'il possède la solide base d'un universitaire.
 Son attachement à la pratique positive du feu est indéniable, qui fait de lui l'artiste physico-chimique
 le plus sûr."

 Dans le même volume, et ici nous cotoyons Julien Champagne au plus près, nous apprenons que c'est
 René qui a persuadé Eugène d'ajouter aux deuxième et troisième éditions des oeuvres publiées de
 Fulcanelli (Mystère des Cathédrales et Demeures Philosophales) des chapitres entiers extraits de 
 notes provenant du Finis Gloriae Mundi en définitive retiré par le Maître.

 Donc c'est bien à Alleau que nous devons l'apparition dans le domaine public, dès 1957 et 1960, de 
 certains dessins d'"Hubert":

 Arles:
 http://www.archerjulienchampagne.com/article-4401020.html
 
 Dammartin:
 http://www.archerjulienchampagne.com/article-2152476.html

 Figeac:
 http://www.archerjulienchampagne.com/article-1855071.html
 
 Hendaye:
 http://www.archerjulienchampagne.com/article-4443883.html
 http://www.archerjulienchampagne.com/article-4513985.html

 Melle:
 http://www.archerjulienchampagne.com/article-2050527.html
 
 

Mais comment rendre justice en quelques lignes à cet homme doublement igné qu'est René Alleau?

Rappeler l'importance de son étude généralement ign(or)ée sur le Splendor Solis de Salomon Trismosin
(N°88 de la revue Le jardin des arts, 1962)?

Se remémorer ses autres contributions majeures à l'Art d'Hermès, comme son article Alchimie de 
l'Encyclopedia Universalis?

Finalement, mon impression est que le mieux est de lui laisser la parole, quand il explique de lui-même, dans
la langue des oiseaux, et faisant montre d'emprunter son propos à tel essai d'un oiseleur médiéval, la raison
fondamentale pour laquelle en définitive, en alchimiste de qualité, il a délibérément choisi de se tenir à l'écart de toute chapelle, et de vivre ainsi en marge du siècle:


Oui, Champagne pour









pcc
ARCHER
Par ARCHER - Publié dans : archer - Communauté : les ateliers du temps
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Partager    
Dimanche 2 mars 2008 7 02 /03 /2008 19:38

undefined

Albert Poisson (1868-1893) est un de ces alchimistes mal connus du grand public, comme d'autres décédé prématurément, et dont pourtant l'oeuvre reste considérable.

Non seulement il me semble avoir marqué l'alchimie française et européenne du XIXème siècle, mais son influence me paraît devoir encore perdurer de nos jours:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Poisson

undefined
Dans son ouvrage sur Fulcanelli, Geneviève Dubois en fait un familier parmi d'autres du cordonnier-concierge parisien Rémi Pierret, voire son disciple

Pour elle il fut un intime de Stanislas de Guaïta. Très tôt passionné d'alchimie, il gagnait sa vie comme laborantin à la faculté de médecine de Paris. 

En 1889, il rejoint ainsi le groupe indépendant d'études ésotériques de Papus et consorts, Papus qui venait de créer la revue L'Initiation, dont est extraite la photo ci-dessus, et revue qui rendit à Poisson en 1894 un hommage appuyé.

Notons également que Victor-Emile Michelet le rangera au nombre de ses Compagnons de la Hiérophanie (Dorbon, 1937 et Bélisane, 1977), confrérie sans doute informelle dont les initiales rappellent fort celles de l'assemblée des frères Chevaliers d'Héliopolis.

Dès 1890, Albert Poisson publie chez Chacornac ses Cinq traités d'alchimie, sur lesquels nous allons revenir.

undefined
L'année suivante, toujours chez Chacornac, il fait paraître le livre qui reste sans doute sa contribution majeure à l'alchimie, et qu'après Canseliet on peut de nos jours encore conseiller à tout étudiant ès-hermétisme: Théories et symboles des alchimistes.

Ce livre a d'ailleurs fait l'objet de nombreuses rééditions, tant en France qu'à l'étranger (par exemple en Italie).

Enfin paraît son oeuvre la plus célèbre, consacrée à Nicolas Flamel, dont il prend la défense en tant qu'alchimiste, et qui sera citée favorablement, quoique avec réserves, aussi bien par Fulcanelli que par Eugène Canseliet, disciple de ce dernier.


undefined
D'après Dubois, il serait décédé prématurément d'une tuberculose contractée à l'armée. Pour d'autres, il se serait tout bonnement épuisé à la tâche:

http://www.alchymie.net/alchimistes/albert_poisson.htm

En tout cas, Geneviève Dubois nous livre une information utile dans le cadre de cet article: "Il légua sa bibliothèque à Papus et à Marc Haven."

Canseliet précise d'ailleurs dans son édition du Mutus Liber que Marc Haven (Emmanuel Lalande) tenait son exemplaire de ce livre d'Albert Poisson.

Notons également le fait que Jollivet-Castelot le considérait visiblement comme un maître, ce qui n'est pas rien,
et qu'il affirme qu'il fut un ami de Paul Sédir, relation évidente de Julien Champagne. Eugène Canseliet pour sa part décerne à Albert Poisson un qualificatif finalement assez rare sous sa plume: Pour lui, Poisson est tout simplement "admirable."

undefined
Poisson et Champagne se connurent-ils? La réponse me semble incertaine, et dans l'état actuel des choses il peut paraître raisonnable de conclure à l'improbabilité.

La vraie vérité est sans doute dans cette sacrée  "dive bouteille" chère à Rabelais, que cerne le triangle mercure-sel-soufre, au centre même de la pierre cubique.

Elle figure sur bien des ouvrages de Poisson, et a d'ailleurs justement attiré l'attention de l'hermétiste écossais 
Adam McLean, qui l'a agréablement colorisée:

http://www.alchemywebsite.com/images/amcl256.jpg


undefined
Dubois nous explique également que Poisson, sous le pseudonyme de Philophotes, que je suis tenté de traduire par "l'ami de la lumière", rédigea plusieurs articles pour la revue Le Voile d'Isis.

C'est en tout cas celle de L'Initiation qui fit en 1900 paraître d'Albert un émouvant échange de correspondances avec un alchimiste anonyme de Saint-Dizier, laquelle apparemment ne fut interrompue que par la mort de Poisson.

Mais Champagne dans tout ça, allez-vous me rétorquer? Et bien mais nous y voici, grâce à Vérax.


undefined
Grâce à Vérax, à qui je dois la plupart des clichés ci-dessous, il devient évident que Julien Champagne posséda et lut, dans leurs éditions originales, certains des ouvrages de Poisson.

Ce fut le cas du Flamel, qu'il n'aurait pas annoté, mais aussi des Cinq traités, dont son exemplaire porte diverses
mentions manuscrites et imprimées, comme ce premier ex-libris.

Il est analogue à celui décrit par Dubois, à la couleur près, verte chez elle, ici violette.

undefined
Une explication possible de cette différence, raison triviale quoique ne pouvant être exclue, tiendrait ici à la qualité du tempon encreur.

Notons également qu'à ce stade Champagne se considère lui-même plus comme spagyriste que comme alchimiste, et que par conséquent sa première lecture de ce Poisson là a pu être passablement précoce.

Nous sommes ici vraisemblablement avant 1900, et Julien n'a sans doute pas encore rencontré Fulcanelli.

undefined
Ce livre a-t-il été lu et relu par Julien? Ou a-t-il eu tout bonnement plusieurs détenteurs? Ou les deux?

En tout cas le commentaire joint, porté à l'encre rouge, me rappelle fortement l'écriture de Champagne. Il est d'orientation nettement bibliographique:

"Le même traité théorique, avec les mêmes tournures de style et la même division en chapitres, est traduit sous le titre: Le Miroir d'Alquimie de Jean de Mehun, Philosophe très excellent, Paris, Claude Sevestre, rue St Jacques,1613.

Auquel de ces auteurs en revient la paternité?"

undefined
Un peu plus avant, "Hubert" insiste:

"Reproduction quasi textuelle de La quintessence des métaux de Jean de Mehun (Meung) en son Miroir d'alchimie."

Mais cette fois, il ajoute une notation sur le fond: "Il est à remarquer que dans ces deux ouvrages d'auteurs différents il n'est pas fait mention de mercure."

undefined
Après avoir relevé le fait que par bonheur certains textes de Poisson sont désormais disponibles en ligne, dont celui des Cinq traités:

http://www.viamenta.com/textesesoteriques/cinqtraitesalchimie.htm

remarquons qu'en réalité, et ceci a déjà été relevé par d'autres, les cinq traités en question en comportent bien un sixième, et non des moindres, puisqu'il s'agit ni plus ni moins que de la Table d'émeraude d'Hermès, patron des alchimistes.

undefined
Mais, illusion ou pas, non seulement l'encre utilisée pour le commentaire est cette fois différente, mais l'écriture pourrait bien l'être aussi, et incline à considérer que ce livre a eu au moins deux, voire trois lecteurs:

Il est d'abord écrit, à l'encre noire: "Figure symbolique des Douze clefs de Philosophie de Basile Valentin." Puis, comme au crayon et peut-être d'un autre scripteur, cette remarque importante: "Inversée."

undefined
Quoiqu'il en soit, Jean-Julien Champagne tenait tellement à ce volume qu'il l'a fait précéder d'un autre de ses ex-libris, cette fois bien plus solennel, et dont je vous laisse apprécier le détail de la symbolique:

"Ex libris hermeticis".

Ce motif n'est d'ailleurs pas sans nous rappeler celui du frontispice du Mystère des cathédrales de Fulcanelli, frontispice qui, souvenons-nous en, fut dès 1912 publié par Chacornac.


undefined
Et pour couronner le tout, jouxtant le motif précédent, le même chef-d'oeuvre d'Albert Poisson permet à son heureux propriétaire actuel de contempler un cliché jusqu'alors inédit d'un Julien Champagne à la fleur de son âge.

Sans doute sommes-nous ici quelque part entre 1895 et 1905, au moment même où Champagne s'apprête à rencontrer Fulcanelli.

Merci Vérax, et merci aussi à Philophotes...

undefined
...ou Albert Poisson, à qui il me semble juste de laisser finalement la parole:

"Voici en peu de mots ce que c'est que l'Alchimie: "C'est, dit Pernety, l'art de travailler avec la nature sur les corps pour les perfectionner."

Le but principal de cette science est la préparation d'un composé: la Pierre philosophale, ayant la propriété de transmuer les métaux fondus en or ou en argent. 

La matière première de la Pierre philosophale est le Mercure des philosophes. On lui donne la propriété de transmuer en lui faisant subir diverses opérations, pendant lesquelles il change trois fois de couleur.

De noir il devient blanc, puis rouge. Blanc, il constitue l'Elixir blanc ou petite Pierre, qui change les métaux en argent. 

Rouge, il constitue la médecine ou Elixir rouge ou grande Pierre, qui change les métaux en or."



Philophotes
pcc ARCHER

Par ARCHER - Publié dans : archer - Communauté : les ateliers du temps
Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires - Partager    

Calendrier

Septembre 2010
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30      
<< < > >>

Recherche

Profil

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés