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archer

Lundi 6 juillet 2009 1 06 /07 /2009 12:14



Pour  un alchimiste, la vie est une, même s'il n'y a pas qu'une vie. Donc non seulement il n'y a qu'un pas de la vie minérale à la végétale (ou à l'animale), mais la vie minérale est par essence animale et végétale.

Et c'est un chant, la vie, une vibration, picturale, musicale notamment. Nous nous trouvons donc maintenant, me semble-t-il, en situation d'admirer ensemble ce très beau tableau réalisé en 1900 par un certain Julien Champagne.

A cette époque, notre « Hubert » vient de terminer ou est en train d’achever son parcours estudiantin à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris.

Nous voici donc, si j’ose dire plantés devant ce qui est encore une œuvre de jeunesse, même s’il est aisé de constater comme le trait s’est en quelques années considérablement affermi, et combien s’est enrichi la palette.



Heureuse trouvaille par conséquent de la talentueuse galeriste de la rive gauche de la Seine, providentiellement nommée, du moins est-ce mon avis, Marie Watteau :

www.mariewatteau.com
http://pagesperso-orange.fr/marie.watteau/Artistes/Pages/Champagne.htm

On pourra si l’on veut admirer rue de Beaune cette belle œuvre, qui attendait encore acquéreur ces jours derniers.

Et certes Marie qui s’est heureusement pour nous faite une spécialité de la fin du XIXème siècle et du début du XXème ne l’a pas dénichée par hasard, puisqu’elle cherche précisément depuis quelque temps à acquérir des dessins ou peintures de Julien, passionnée qu’elle est par le génie de l’auteur du Vaisseau du Grand œuvre (1910). Auteur qui rappelons-le tout de même figure au Bénézit.


Sur cette toile que pour notre part nous avons pu contempler grâce à l’obligeance et à la gentillesse également expertes de Sophie de Saint Phalle, collaboratrice de Watteau, nous ne disposons hélas que de peu d’informations: "Intérieur d'une serre" serait le nom de ce tableau de 54x73cm.

En effet, son dernier propriétaire en date semble ne pas avoir été conscient de la personnalité de Champagne.

Pour autant, et même si le peintre n’a pas apposé au verso de sa toile son cachet de prédilection : « Julien Champagne, artiste peintre », tout simplement peut-être parce qu’il n’en disposait pas à l’époque, sa signature, que nous reproduisons ici en positif et en négatif, et qu’il a fait suivre comme ailleurs parfois de l’année de sa création, témoigne suffisamment à mon sens du fait que nous avons devant nous une œuvre authentique, et jusqu’alors inconnue.

Mais me direz-vous où peut bien se trouver cette belle serre, ce jardin tropical ou jardin d’hiver dont la mode au tournant des deux siècles précités s’était déjà largement affirmée ? Je parierais volontiers pour la région parisienne, qui était après tout la région de prédilection de Jean-Julien.


Et je me plais à penser que nous pourrions nous trouver tout simplement au Muséum d’histoire naturelle de Paris, si cher au grand savant que fut Eugène Chevreul, lequel lui légua d’ailleurs sa collection de livres d’alchimie. Chevreul, qui fut par ailleurs un ami aîné de Fulcanelli.

Mais puisque nous voici en train de remonter dans le temps, je voudrais presque conclure mon petit pensum du mois courant en offrant à Marie et Sophie, en manière de remerciement pour nous avoir obligeamment signalé et fait admirer cette superbe découverte, une reproduction d’un tableau de 1880, cette fois, et qui est une œuvre « orientaliste » de Luc-Olivier Merson.

Convenons ensemble que cette vision qu’il nous propose de la fuite en Egypte de la Sainte Famille est pour le moins inhabituelle.

Luc nous présente donc une vision symbolique ou symboliste, comme on voudra, de cet épisode biblique. Vision qui au demeurant ne nous surprend que partiellement, après notre lecture des quelques lignes que lui consacre Eugène Canseliet dans son édition du Livre Muet.




« Le sphinx protège et domine la science », proclame pour sa part le frontispice fulcanellien du Mystère des Cathédrales, dessiné par Julien Champagne dès 1910.

Et quelle magnifique illustration, également, du caractère œcuménique de la science et de la religion alchimiques !

Je terminerai donc ce petit laïus en vous signalant une œuvre musicale originale de notre cousin du Québec Christopher Cousineau, dont l’Electric Chamber Orchestra s’inspire très régulièrement de l’œuvre de Fulcanelli et de celle de Julien Champagne:

http://www.myspace.com/thecrucibleece

Je trouve qu’elle complète d’heureuse façon ce petit tour d’horizon conjoncturel de l’Art, des arts et de leurs artistes, puisqu’elle s’intitule tout simplement La danse de Sophia :

« La vie, ça se danse. »



pcc ARCHER
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Jeudi 6 août 2009 4 06 /08 /2009 12:33

Saluons d'emblée, et avec la joie qui convient, la parution si attendue du livre de notre ami portugais Walter Grosse sur Fulcanelli (Un secret violé, Grosse, Seixal, 2009).

Non content en effet de tenir depuis plusieurs années un blog sur notre Adepte, auquel nous nous sommes si souvent référé:

http://fulgrosse.over-blog.com/

Fulgrosse de son pseudonyme vient en effet de prendre la courageuse décision de s'auto-éditer, et de le faire en français. Espérons que les 500 premiers exemplaires de son ouvrage (500, tirage selon selon certains de l'édition originale des Demeures Philosophales de Fulcanelli) trouveront rapidement preneurs et rencontreront également un écho des plus favorables.

Je le souhaite, en tout cas, car la ténacité et le talent de ce chercheur trentenaire me semblent en tous points dignes d'éloge.

La méthode qu'il suit pour tenter de résoudre l'énigme de l'identité de Fulcanelli n'est pas d'ailleurs sans rappeller celle de Frédéric Courjeaud (Une identité révélée, Claire Vigne, 2006): Grosse dresse la liste des paramètres biographiques à prendre en compte, puis procède par éliminations successives.

S'appuyant sur une solide connaissance de "l'équation biographique" de Fulcanelli, Walter a cherché, et c'est sans nul doute un des points forts de sa démarche, à en retrouver la trace, dans les archives en général et en particulier dans celles de l'état-civil...et de l'état militaire.


Et de l'état militaire car pourquoi ne pas le dire d'entrée de jeu, son Fulcanelli à lui n'est pas Camille Flammarion mais un polytechnicien nommé Paul Decoeur (1839-1923 ou 1924). Fulgrosse au sujet de Polytechnique met d'ailleurs à juste titre l'accent sur le témoignage peu connu de Paolo Lucarelli dans son édition transalpine du Mystère des Cathédrales, en 2005.

Walter Grosse argumente sur la disparition de Decoeur en 1924, car on s'en souvient c'est celle où Fulcanelli et Canseliet assistèrent ensemble aux obsèques d'Anatole France.

Les quelques objections principales que je voudrais cependant formuler en toute amitié sur ce travail des plus estimables sont les suivantes:

Grosse me paraît restreindre sa recherche à l'excès, en fait aux "X Ponts" (et Chaussées) et de plus aux Polytechniciens restés sans descendance, voire célibataires (il s'apuie à ce sujet sur le témoignage écrit reçu par lui de Béatrice Canseliet, fille du disciple de Fulcanelli, toujours en 2005).

Pour Grosse, Decoeur, qui n'a guère laissé d'autres écrits que des brevets et n'a pas eu semble-t-il de son vivant une notoriété des plus significatives, est bien cependant ce Fulcanelli qui fut l'intime de la famille Lessseps et de combien d'autres "célébrités du temps."

Bien plus, une approche que je qualifierai volontiers de résolument rationaliste conduit Walter à remettre en question certains invariants du "mythe" Fulcanelli.

C'est ainsi que pour lui l'hypothèse d'un Fulcanelli qui a effacé toutes ses traces n'a aucun fondement. Il ne croit pas, dit-il de plus, en un Fulcanelli plus que centenaire et donc sa thèse présente est qu'Eugène Canseliet a perpétué le mythe selon lequel il était encore vivant en 1952.


Tout ceci me rappelle fortement ce qu'André Rolland de Renéville écrivait en février 1953 dans sa critique de la N.R.F. consacrée au Mythe de Rimbaud de René Etiemble:

"Après avoir postulé que tout ce qui est mythe tient de l'erreur à demi-volontaire ou du simple mensonge, Etiemble entreprend de démontrer que chacun des essayistes qui s'est attaché à décrire la vie de Rimbaud ou à expliquer son expérience n'a guère fait que s'interpréter lui-même en terme de fable...

Notre mentor ne serait-il pas à son tour prisonnier d'une illusion? Dans ce cas, la sienne serait le mythe du mythe."

Le mythe alchimique de Fulcanelli devrait donc, selon nous, permettre une approche englobante, qui ne s'interdira pas l'appréhension du mystère dans sa réalité profonde, mystère dont témoigne cette belle illustration de l'alchimiste de Notre Dame, que produit Walter Grosse, illustration dont le héros est très opportunément qualifié de gnome, et qui se trouve de plus frappée au coin de la Rose.

J'ai donc un peu de mal à suivre notre auteur quand il balance à soutenir la véracité du témoignage d'Eugène Canseliet, en assurant après d'autres que son périple marseillais, niçois et aixois des années 1915-1917 serait en fait une habile fiction permettant de voiler la localisation du domicile parisien de Fulcanelli.

Et pourtant, que de pépites issent de ce tamis d'orpailleur aux mailles un peu trop serrées à mon goût! Nous en apprenons plus, grâce à Walter, sur l'histoire de l'usine à gaz de Sarcelles, cher OrnithOrynque, usine où eut lieu la désormais célèbre transmutation de 1922, sur Gaston Sauvage, chimiste de Poulenc qui y assista, sur Mariano Ancon, peintre ami d'Eugène Canseliet et Julien Champagne, sur Henri Steineur, compagnon de ce dernier...

S'agissant de Champagne, d'ailleurs, Grosse formule une hypothèse que je trouve bien intéressante, et qui gagnerait à être davantage étayée: Julien se serait fait passer volontairement pour Fulcanelli afin de brouiller encore les pistes menant à l'Adepte.

Et puis à la fin de son opuscule si instructif, comment ne pas être frappé par cet aréopage de Polytechniciens contemporains de Fulcanelli et tous plus ou moins en relation les uns avec les autres, qui se sont également intéressés peu ou prou, voire adonnés à l'alchimie. Voici qui promet je crois, dans la perspective de la suite que Walter Grosse compte dès à présent donner à "Un secret violé."


En complément plus qu'en opposition à ce travail en devenir, ou si l'on veut en contrepoint, je tiens à signaler à l'attention générale la qualité de l'étude de Leo Krugerman, que d'ailleurs Fulgrosse mentionne sur son site: "Une lecture maçonnique des enseignements de Fulcanelli."


Oeuvre d'un chercheur d'Uruguay, cette remarquable vision de la pensée de Fulcanelli, dans une perspective maçonnique spiritualiste, mérite d'être elle aussi connue.


Rédigée en 2007, elle a été publiée en ligne en 2008-2009 et se trouve donc désormais à la portée de chacun:

http://www.freemasons-freemasonry.com/fulcanelli-indice.html


Après s'être demandé si l'identité de Fulcanelli a une importance quelconque, et y avoir répondu manifestement par la négative, Krugerman évoque brièvement les accointances maçonniques et rosicruciennes de la philosophie de l'Adepte, puis se livre à un examen fouillé des diverses facettes de son oeuvre, sans en oublier ni les références à l'architecture, ni celles à l'eschatologie.


Mais surtout, il s'attache à définir et illustrer de façon convaincante tous les aspects de la "chimie spirituelle" que constitue en fait l'alchimie fulcanellienne, et sans négliger l'oratoire nous fait bel et bien pénétrer dans le "légendaire laboratoire" de Fulcanelli.


leokrugerman.champagne





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Dimanche 13 septembre 2009 7 13 /09 /2009 10:43

Julien Champagne, en rédigeant en 1908 son traité de La vie minérale, qui attend toujours son éditeur,

http://www.archerjulienchampagne.com/article-32335725.html

fait référence à un "prix Nobel" 1920 de physique d'origine française mais de nationalité suisse, et Polytechnicien de Zürich, bien oublié actuellement du grand public: Charles Edouard Guillaume (1861-1938):

http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_%C3%89douard_Guillaume
http://www.worldtempus.com/fr/encyclopedie/index-encyclopedique/horlogers-celebres/guillaume-charles-edouard/
http://www.cartage.org.lb/fr/themes/Biographies/mainbiographie/G/guillaume/guillaume.htm
http://en.wikipedia.org/wiki/Charles_%C3%89douard_Guillaume
http://nobelprize.org/nobel_prizes/physics/laureates/1920/guillaume-bio.html

Fils d'horloger, il reste connu en Helvétie en raison des application de ses découvertes d'alliages utiles en horlogerie. Guillaume entra en 1883 au Bureau international des poids et mesures de Paris (BIPM), dont en 1902 il devint directeur adjoint, et qu'il dirigera de 1915 à 1936.


Parmi ses ouvrages, il nous semble impossible de ne pas citer ici La vie de la matière (1899). Relevons aussi en 1907 cette fois son Des états de la matière...

En 1908 "Hubert" mentionne dans son essai une déclaration éclairante de Guillaume:

"Monsieur Charles Edouard Guillaume, physicien au Bureau international des poids et mesures, à Paris, a fait à Neufchatel, devant la Société helvétique des sciences naturelles, une conférence qui par certains de ses côtés, aurait vivement scandalisé les naturalistes d'il y a vingt ou trente ans.

L'auteur, grand partisan de la vie de la matière, a fait l'expérience suivante. Il a introduit dans un ballon de verre du mercure et de l'acide sulfurique. Le ballon fut ensuite plongé dans un amalgame de sodium soumis à un courant électrique de l'extérieur à l'intérieur.

Or le sodium, sous l'influence de l'électrolyse, a traversé le verre et est allé se dissoudre dans le liquide du ballon. Si le verre est à la base de sodium, on peut le faire traverser,  pour toute molécule plus petite,  par du lithium, par exemple.


Le sodium du verre s'en va le premier, et à mesure qu'il est remplacé par le lithium, on voit le verre prendre un aspect laiteux.

Ajoutons que la densité et la consistance du verre diminuent simultanément. On obtient du reste le même effet lorsque l'expérience se produit avec le sodium chaud ou froid. Dans le second cas, l'effet se fait attendre plus longtemps.

M. Guillaume trouve avec raison que cette expérience, de même que beaucoup d'autres dirigées dans le même but, démolissent la notion surannée de la matière inerte."

Notamment de la matière minérale, si nous suivons bien Julien Champagne...Mais n'est-il pas intéressant de nous rappeler à ce stade que Charles Edouard fait également partie des rares savants contemporains de l'époque qui sont favorablement mentionnés par un certain Fulcanelli?



"Il ne suffit pas au philosophe, lisons-nous ainsi au chapitre Chimie et philosophie des Demeures philosophales, de noter seulement l'allongement d'une barre de fer soumise à la chaleur, il lui faut encore rechercher quelle volonté occulte oblige le métal à se dilater.

Cette volonté métallique, l'âme même du métal, est nettement mise en évidence dans l'une des belles expériences faites par Charles Edouard Guillaume. Un barreau d'acier calibré est soumis à une traction continue et progressive dont on enregistre la puissance à l'aide du dynamographe. Quand le barreau va céder, il manifeste un étranglement dont on relève la place exacte.

On cesse l'extension et l'on rétablit le barreau dans ses dimensions primitives, puis l'essai est repris. Cette fois l'étranglement se produit en un point différent du premier. En poursuivant la même technique, on remarque que tous les points ont été successivement éprouvés, en cédant les uns après les autres à la même traction.

Or si l'on calibre une dernière fois le barreau d'acier en reprenant l'expérience du début on constate qu'il faut employer une force très nettement supérieure à la première pour provoquer le retour des symptômes de rupture.


M. Guillaume conclut de ces essais, avec beaucoup de raison, que le métal s'est comporté comme l'eût fait un corps organique. Il a successivement renforcé toutes ses parties faibles et a augmenté à dessein sa cohérence pour mieux défendre son intégrité menacée. Un enseignement analogue se dégage de l'étude des composés salins cristallisés..."

Et Fulcanelli d'en déduire, à l'issue d'une démonstration appuyée sur d'autres exemples, que la mort, corrolaire de la vie, étant la conséquence directe de la naissance, il s'ensuit que les métaux et minéraux manifestent leur soumission à la loi de prédestination qui régit tous les êtres créés.

"Naître, vivre, mourir ou se transformer sont les trois stades d'une période unique embrassant toute l'activité physique. Et comme cette activité a pour fonction essentielle de se renouveler, de se continuer et se reproduire par génération, nous sommes amené à penser que les métaux portent en eux, aussi bien que les animaux et les végétaux, la faculté de multiplier leur espèce.

Telle est la vérité analogique que l'alchimie s'est efforcée de pratiquer."



Au-delà même de la référence commune à Guillaume, on voit donc bien la communauté de pensée qui dans ces extraits au moins rapproche le Champagne de 1908 du Fulcanelli des Demeures (publiées pour la première fois en 1930).

Gardons nous pour autant de toute conclusion hâtive: Plus direct, moins lyrique que celui de Fulcanelli, le style de Champagne s'en distingue nettement. Beaucoup plus que son futur maître en alchimie, il emploie la nomenclature moderne de la chimie.

Bien plus, et à l'inverse, son approche de la cabale hermétique semble rudimentaire à l'époque, et sur le fond il nous semble dans nombre de passages plus proche en définitive du vitalisme hyperchimique ou si l'on veut de la spagyrie que de la légendaire alchimie.

Mais Champagne avec La vie minérale témoigne pour autant, et avec quel brio, qu'il est passé ou se trouve sur le point de passer "sur les banc d'une autre école" (Fulcanelli).



Ne quittons pas d'ailleurs M. Guillaume sans nous remémorer le fait qu'il fut, comme Fulcanelli, un des rares proches d'un autre Nobel, Pierre Curie.

A cette proximité Fulcanelli-Curie, Artero consacre d'ailleurs tout un chapitre de son Présence de Fulcanelli, où il s'appuie pour l'essentiel sur le témoignage d'Eugène Canseliet. Mais voici pour l'instant une preuve éclatante de la proximité Guillaume-Curie. Nous sommes en 1904, au BIPM:

http://www.bipm.org/fr/si/history-si/radioactivity/familles_curie_guillaume.html

1904...L'an prochain, Julien Champagne rencontrera Fulcanelli.

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Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /2009 21:43

Xavier en attendant de vos bonnes nouvelles voici en cette Saint Firmin quelques souvenirs de notre Julien favori. 1897...le peintre, dessinateur et alchimiste a vingt ans.

C'est le bel âge du printemps, et Julien Champagne en profite pour visiter, carnet de croquis à la main, le musée de Picardie de la bonne ville d'Amiens.

Actuellement fermé pour travaux, ce musée fondé au siècle dernier sous l'égide de la Société des Antiquaires abrite nombre de chefs d'oeuvre universels.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_de_Picardie
http://www.amiens.fr/decouvrir/musee/index.asp



S'il ouvre à nouveau comme prévu le mois prochain, peut-être pourrons nous bientôt, comme Hubert le fit en son temps, admirer notamment ce Saint Eustache, ou plus exactement ce "fragment de sculpture" du XVIème siècle qui plut tellement à l'illustrateur futur des oeuvres de Fulcanelli.

Ou encore du même siècle fossoyeur d'un moyen âge encore bien présent ce Saint Michel terrassant le dragon. Mythe à propos duquel l'Adepte dévolu au XXème siècle dissertera à maintes reprises:

"Ce combat singulier des corps chimiques dont la combinaison procure le dissolvant secret (et le vase du composé) a fourni le sujet de quantités de fables profanes et d'allégories sacrées." (Mystère)

"La lutte courte mais violente livrée par le chevalier ne cesse que par la mort des deux champions (en hermétique, l'aigle et le lion) et leur assemblage en un corps nouveau dont la signature alchimique est le griffon." (Demeures)


Ou encore (Demeures toujours):

"Longin, dans la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, joue le même rôle que Saint Michel et Saint Georges; Cadmos, Persée, Jason font un geste semblable chez les païens.

Il perce d'un coup de lance le côté du Christ, comme les chevaliers célestes et les héros grecs transpercent le dragon. C'est là un acte symbolique dont l'application positive au travail hermétique s'avère lourd de conséquences heureuses."

Mais voici que cette même année nous retrouvons cette fois Julien dans l'atelier de Léon Gérôme.


Et certes nous savions bien déjà que Champagne en fut l'élève distingué:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1752591.html

Mais en voici désormais deux nouvelles preuves, et des plus esthétiques comme il se doit. Il me semble bien émouvant de penser, au demeurant, que Julien dut cotoyer, mais aussi tutoyer, nombre des jeunes condisciples ici représentés, qu'il ne manqua pas pour autant de croquer.

Et devant l'amicale insistance d'Edith, je ne peux clore mon petit article de ce mois sans signaler publiquement, à l'attention générale, une heureuse initiative d'Ibrahim, qui nous propose sur son excellent site déjà maintes fois nominé (je renomme La rue de l'Alchimie) une version en ligne des textes des deux ouvrages cités ci-dessus de Fulcanelli:

Fulcanelli complet en pdf avec les illustrations originales


Ni bien sûr passer sous silence une des prochaines conférences de l'association Atlantis, d'heureuse mémoire et toujours vivace, qui sera à Paris le mois prochain (novembre 2009) consacrée à "l'alchimie aux mille visages."

En ce cent-dixième anniversaire de la naissance d'Eugène Canseliet, cette conférence est de surcroît placée sous la présidence d'une de ses filles, Béatrix, et de Sylvaine, sa petite fille:

http://www.atlantis-site.com/activites/conferences.php?m02

http://www.atlantis-site.com/activites/programme.pdf

Puis pour finir ou plutôt continuer en harmonie, et en beauté, je vous propose de découvrir une toute récente symphonie concertante pour violoncelle du compositeur tchèque Jan Valta, précisément consacrée à Fulcanelli et tout bonnement intitulée:  Fulcanelli.

http://www.youtube.com/watch?v=YM9k35LA4_8

http://www.youtube.com/user/JanValta77 

http://www.projectfulcanelli.com/
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /2009 10:08



Célébrer les morts, c'est une manière comme une autre d'honorer les vivants. Et s'il est permis avec Maurice-Consantin Weyer, qui met en scène certain Archer canadien, de se pencher avec nostalgie sur notre passé, ne manquons pas de faire renaître aussi celui de notre prochain.

Il est notre présent comme nous sommes son avenir. Sa mémoire nourrit notre imaginaire, et la transmission de sa parole se trouve au coeur même de notre appréhension spirituelle de la Tradition. Chère Fanny, voyez en ce deux cent cinquantième article du blog de Julien Champagne comme mes compatriotes Elmiro et Rose Celli reposent en paix au pied de la croix, cachés tous deux derrière la pierre du soleil.

Mais qu'ont-ils à nous dire, Rose et Elmiro, en ces lendemains de Toussaint? Et quels rapports, déjà avec notre cher "Hubert"?

Je pense qu'Elmiro est le mieux placé pour nous répondre dans un premier temps, grâce notamment aux écrits d'Alexandra Charbonnier sur Milosz.



"Je suis né en Italie, dans une famille de musiciens ambulants très pauvres. Enfant, je joue instinctivement du violon pour gagner ma vie, ce qui me conduit au conservatoire de Bologne, puis à celui de Paris. Mais mes amis ne se trompaient pas en disant déjà que j'avais une oreille de peintre et un oeil de musicien.

Vers 1912, une illumination me fait me tourner vers la peinture, et j'appelle précisément mon approche personnelle celle de la peinture de sensations. Je commence à exposer dans l'immédiat après-guerre (1919-1920) à la même période où je rencontre ma future femme.

Mes tableaux de l'époque témoignent déjà de ma sensibilité ésotérique: Prière à la Nature, Commencement, Gestation, Initiation, Vision, Le Feu, Alchimie.

Comme l'indique l'article me concernant du dictionnaire Bénézit, j'exposerai de 1920 à 1927 au Salon d'Automne, aux Indépendants et à la Nationale.


rosecellisignure.champagne



La seule toile de moi qui soit actuellement accessible au grand public est ce Chemin de Lumière qui fit partie de la collection de René  et  Isha Schwaller et aurait rejoint depuis la bibliothèque de la fondation Bozawola.

J'ai noué des relations avec Aor et Isha en 1916-1917 et je suis alors entré dans son groupe des Veilleurs, dont j'ai fait partie du cercle intérieur des frères d'Elie.  Rose et moi avons un temps rejoint son phalanstère de Suhalia, dont Julien Champagne devait être le directeur de recherche.

En 1920 je me suis installé provisoirement à Théoule, auprès du maître verrier Richard Burgsthal. Puis j'ai gagné l'Algérie, où nous avions à ce moment dans l'idée de refonder un groupe de Veilleurs.

De retour à Saint-Paul de Vence, j'y ai repris mes travaux et Rose n'a pas manqué de témoigner plus tard qu'une bonne part de ceux-ci se sont toujours déroulés dans mon laboratoire d'alchimie."

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3826243.html
http://touscesgens.hautetfort.com/archive/2006/08/18/celli-elmiro.html


Rose confirme aussitôt, puis: "Je suis née en Algérie, comme mon frère le poète Edmond Brua, et à part Elmiro ma grande passion au delà de mes études littéraires à l'école normale supérieure de Sèvres a toujours été l'écriture, ce qui a fait de moi assez rapidement une proche de Milosz et plus tard de Jean Giono.

Charbonnier rapporte à ce sujet que j'ai obtenu un prix littéraire (Fémina, 1925). Dans Comme l'eau (1930) j'ai bien pu comme avancé par Geneviève Dubois livrer sous forme de roman à clefs un épisode de la vie du Veilleur Henri Coton, alchimiste aussi connu sous le nom d'Alvart. Nous étions amis des Coton.

Elmiro et moi avons aussi à une époque fréquenté divers salons, à Paris celui de Nathalie Clifford Barney et à Nice celui de nos autres amis les Prozor, Maurice et Greta. Greta avec laquelle j'ai aussi échangé une correspondance, notamment en 1927 au sujet de l'alchimie de Coton.

Mon rôle auprès de mon mari ne doit pas être sous-estimé, y compris au plan alchimique. Je l'ai aidé au laboratoire, j'y ai tenu des notes, j'ai recopié des traités classiques de l'alchimie.

http://www.archerjulienchampagne.com/article-4849361.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-3552044.html
http://www.lemercuredauphinois.fr/data/pages_site/bio_henri.php

Dans le même temps et tout en restant romancière j'ai commencé une oeuvre de traductrice, avant de bifurquer finalement vers les contes pour enfants, qui ont assis ma notoriété (Boucle d'or et les trois ours, Le bateau de pierre...). Tout ceci sans oublier de promouvoir l'oeuvre d'Elmiro, bien entendu comme dans cet article de La revue métapsychique de mon ami Hubert Larcher que j'ai rédigé en 1967 sur "Elmiro Celli et la peinture de sensation."

http://touscesgens.hautetfort.com/archive/2006/08/18/celli-rose.html


Ce qui nous conduit en définitive à évoquer également ici la mémoire d'Hubert Larcher (1921-2008), docteur en médecine  qui hélas nous quitté récemment et qui écrivit ceci, dans la livraison 35 (1996) de l'excellente revue des Amis de Milosz, patronnée par André Silvaire:

"J'avais commencé à étudier la médecine à Montpellier lorsque passant mes vacances à Saint-Paul ma mère me dit qu'il s'y trouvait un alchimiste du nom d'Elmiro Celli.

Je n'eus alors de cesse de le rencontrer et nous devînmes amis au point qu'il me permit de visiter son laboratoire, m'enseigna des éléments de son art et me conseilla sur le choix des verreries indispensables et d'un athanor."

Dans ce même numéro de revue on trouvera en outre divers articles sur "deux amis de Milosz, Rose et Elmiro Celli", dont un de Rose, Cet arbre mort devenu ange, et un autre de Milosz sur Elmiro: Un paysagiste mystique.


Ami de Jean Guitton, Hubert Larcher est plus connu comme tanathologue que comme alchimiste. Il fut d'ailleurs en 1966 l'un des fondateurs de la société de tanathologie.

Dès 1957 il a cependant publié un essai retentissant intitulé Le sang peut-il vaincre la mort (Gallimard) qui a été réédité en 1990 par Désiris sous un autre titre, plus poétique (La mémoire du soleil) et dont les préoccupations alchimiques sont loin d'être absentes, comme l'a tout de suite vu certain disciple de Fulcanelli et ami de Julien Champagne: Eugène Canseliet.

Notons enfin qu'il travailla un temps comme assistant chercheur au Laboratoire de chimie organique de l’Ecole Polytechnique (1948-1951), sous la direction du Professeur Pierre Baranger (passionné de mystique et d’alchimie).

http://www.metapsychique.org/Hubert-Larcher.html

Sur Celli, Larcher, et tant d'autres alchimistes vivants ou pas de notre belle Provence, et sur certaines demeures philosophales somptueuses comme Cimiez et Saorge, je vous recommande en outre chaudement un petit livret fort bien fait de l'UNIA, paru à Nice en cette fin d'année de l'an de grâce 2009: "Alchimie et Alpes maritimes, une quête":

http://www.universite-nice-inter-ages.fr/?uniaPage=26&acti=ALCHIMIE%20ALPES%20MARIT

"Le paranormal, nous n'y croyons pas, nous l'étudions."





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