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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.
Mardi 14 février 2006 2 14 /02 /2006 19:13

Julien Champagne fut employé par la famille de Lesseps non seulement comme dessinateur - et alchimiste - mais aussi comme ingénieur.

C'est ainsi qu'il mit au point avenue Montaigne, pour et chez les de Lesseps, le traineau à hélice photographié ci-dessus. Cette image a été insérée par Eugène Canseliet dans ses Deux Logis Alchimiques.

Il semble que Champagne en ait été l'inventeur, en fait d'après Canseliet le co-inventeur avec le fils aîné de Ferdinand de Lesseps.

Dans un article de Prismes Hebdo en 2004 (Fulcanelli: un secret "inviolable"?), Jacques Keystone avance l'hypothèse du détournement par Champagne d'une invention de Fulcanelli, qui à l'époque aurait travaillé  pour la défense nationale.

Nous sommes en effet à ce moment à la veille du déclenchement de la première guerre mondiale et, dans son livre Fulcanelli dévoilé,Geneviève Dubois donne une photo de Julien auprès du turbo-propulseur en construction, qu'elle date de juin 1914. Elle ajoute que les essais eurent lieu en juillet de la même année, et que Champagne y a associé son ami le romancier Raymond Roussel, déjà évoqué.

Canseliet pour sa part précise que Roussel admirait beaucoup ce traineau, "que d'ailleurs il fit photographier", et renvoie à notre cliché. S'agit-il du même que celui de Raymond?

Puisque nous revenons sur Roussel, je m'en voudrais de ne pas remercier au passage  un de mes lecteurs, que j'espère fidèle, justement dénommé Canterel, et qui m'a fait remarquer que Zo, le dessinateur de Roussel, a tenu la même place auprès de l'auteur de La Doublure que Champagne auprès de Fulcanelli.

Roussel était de fait lui aussi très exigeant et directif en matière d'illustration de ses ouvrages.

Pour en revenir au traineau à hélice, et si on voit mal à quelle utilité un tel engin aurait correspondu pour les armées en Europe occidentale et centrale, il était bien dans l'air du temps, en Amérique et en Europe septentrionale notamment.

Le Russe Dimitri Riabouchynski (1882-1962) étudie dès 1906 les hélices propulsives et produit un traineau à hélice rudimentaire à l'institut d'aérodynamique de Koutchino.

En France même, Jean-Baptiste Charcot (1867-1936) réalise dès 1908 ses traineaux automobiles de Dion-Bouton en vue d'expéditions dans l'Antarctique; il conclut à l'incompatibilité de l'hélice avec la neige.

En 1912, Douglas Mawson (1882-1958), explorateur australien qui fut le premier a atteindre le pôle sud, essaie vainement lui aussi un traineau à hélice, qui ne résiste pas au blizzard. C'est ce traineau qui fait l'objet du dessin colorié ci-dessous.

En 1922 , le Québecois canadien Joseph-Armand Bombardier (1907-1964) met au point un motoneige, dit aussi véhicule autoneige, qui est en fait un traineau à hélice.

L'invention de Julien Champagne était donc bien en phase avec la science du début du XXème siècle . Elle fit sensation quand le traineau fut conduit, après guerre,  par le trio Champagne-Roussel-Canseliet dans les rues de Paris. Ecoutons Canseliet se rappeler, en 1979:

"Cet appareil, en avance sur son époque, était, pour Raymond Roussel une source de grand plaisir. Cela nous rappelle cette fin d'après-midi, où l'auteur fastueux de La Poussière de Soleils, nous conduisit, Champagne et moi, jusqu'à la rue de Rochechouart. En cette année de grâce 1925, ce fut un bel attroupement qui se forma autour de l'énorme voiture automobile, et qui gêna fort le tramway allant et venant sur une voie unique."

Et bien formons le voeu d'ensemble et de conserve, cher et malicieux Eugène Canseliet, aller et venir sur cette voie unique, qui n'est pas tellement celle des tramways que celle de Julien Champagne, autrement  dit de l'art et de l'alchimie. 

Même si "l'énorme voiture automobile" dont il s'agit n'est sans doute pas le traineau à hélice de Lesseps et Champagne, mais plutôt la roulotte de luxe que de nos jours on qualifierait probablement de camping car, et qui fut précisément livrée en 1925 au fantasque Raymond Roussel.



http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32326118.html



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Lundi 13 février 2006 1 13 /02 /2006 21:45

jacobins1580.champagne





Qui se souvient de nos jours de l'origine du mot "jacobin", lié à la révolution française? Jacobins était le surnom parisien des frères dominicains de Saint-Jacques ( Jacobus en latin). Ces derniers avaient au XIIIe siècle fondé à Paris un couvent qui porta leur nom. Il porta aussi d'ailleurs celui de Saint-Jacques, qui fut également donné à la rue où il s'élevait.

Au XVIIème siécle, le couvent dominicain fut tranféré  rue Saint-Honoré, et accueillit en 1789 la Société des amis de la Constitution, bientôt dénommée Club des Jacobins. En 1795, la Convention décida d'affecter le bâtiment à un marché, qui devint le marché Saint-Honoré. Passons sur cet épisode de vandalisme, marchand autant que révolutionnaire.

Dans un article du numéro d'avril 1993 de la revue Archeologia, qui est consacré à la présence de Saint-Jacques à Paris, Humbert Jacomet, conservateur du patrimoine, semble dater de 1206 la fondation du couvent, et affirme:

"Au XVIIIème siècle, on voyait toujours la chapelle et le primitif logis des Frères, englobés dans l'immense couvent de ceux que l'on n'appela plus que les Jacobins."

Fulcanelli précise, dans le Mystère des Cathédrales: "L'église des Dominicains, - qui y logeaient et s'y étaient établis vers l'an 1217, - dut sa fondation à Louis IX. Elle était située rue Saint-Jacques, et placée sous le vocable de Saint-Jacques le Majeur. Les Curiositez de Paris, parues en 1716 chez Saugrain l'aîné, ajoutent qu'à côté de l'église se trouvaient les écoles du Docteur angélique."

Ce docteur est bien sûr Saint Thomas d'Aquin. Et voici ce qu'ajoute Fulcanelli sur l'écusson symbolique du XIIIème siècle que l'on peut voir ci-dessus reproduit par Julien Champagne en 1911:

"L'écusson, dit de saint Thomas d'Aquin, fut très exactement dessiné et peint en 1787, et d'après le vitrail même, par un hermétiste nommé Chaudet. C'est ce dessin qui nous permet de le décrire."

Ajoutons pour notre part qu'il est émouvant de constater que la filiation Chaudet-Champagne a permis la survie de ce vitrail, plus de deux siècles après le démantèlement de l'église qui l'abritait. Mais écoutons la leçon d'héraldique de Fulcanelli à son propos:

"L'écu français, écartelé, tient par son chef à un segment arrondi qui le domine. Cette pièce supplémentaire montre un matras d'or renversé, entouré d'une couronne d'épines de sinople sur champ de sable. La croix d'or porte trois globes d'azur en pointe, bras dextre et sénestre, avec un coeur de gueules au rameau de sinople au centre. Sur ce coeur, des larmes d'argent tombant du matras se rassemblent et se fixent.

Au canton du chef dextre, biparti d'or aux trois astres de pourpre, et d'azur aux sept rayons d'or, est opposée en pointe sénestre une terre de sable aux épis d'or sur champ tanné. Au canon du chef sénestre, une nuée violette sur champ d'argent, et trois flèches du même, pennées d'or, dardent vers l'abîme. En pointe dextre, trois serpents d'argent sur champ de sinople."

Et Fulcanelli de conclure, cette fois en alchimiste, et de façon incomparablement plus brève:

"Ce bel emblème a d'autant plus d'importance pour nous qu'il dévoile les secrets relatifs à l'extraction du mercure et à sa conjonction avec le soufre, points obscurs de la pratique sur lesquels tous les auteurs ont préféré garder un silence religieux."

Tacere.


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32326042.html


Dans son recueil Alchimie, études diverses (Pauvert, 1964) Eugène Canseliet reprit en l'augmentant un article donné en 1936 à la revue Atlantis (Les trois flèches de la rédemption), où il revient sur le vitrail initiatique dont "nous pouvons admirer l'exacte reproduction en couleurs, dans le premier ouvrage de Fulcanelli.

Nous la devons à notre vieil ami défunt Julien Champagne qui l'a réalisée superbement, d'après l'image coloriée due à un hermétiste portant le nom de Chaudet. Celui-ci en l'année 1787, devant l'original qui existait encore s'appliqua donc à sa petite peinture.

La précieuse image, d'exécution naïve, fut ajoutée par l'alchimiste parisien en manière de frontispice à un manuscrit hermétique de très grande valeur, assurément de son époque mais non pas de sa main, et qui est surtout composé de scènes symboliques peintes à l'aquarelle (Flambeau mystérieux des philosophes hermétiques, composé de vingt et une planches).

De ce très beau volume, notre fille Isabelle fit à l'âge de seize ans une copie non moins habile que fidèle." C'est cette copie qui est ci-dessus reproduite.


"Enfin, ajoute Eugène, nous espérons que l'amateur nous sache gré davantage, que nous lui montrions aussi les deux écussons, gravés sur la même planche, qui furent inclus à la fin de L'harmonie chymique de David Lagneau, et qui renouvellent, diversement, le symbolisme de la baie polychrome que dessina Chaudet à l'église des Jacobins."

Publié en 1636, l'ouvrage de Lagneau a fort heureusement été réimprimé en 1986 par Jean-Claude Bailly. Et Canseliet d'ajouter:

"Images qui nous montrent à quel point cet écu était répandu dans le vieux Paris, sculpté, peint ou constitué en vitrail, avec variantes allégoriques, dont nous avons ici l'exemple au canton de la pointe dextre.

Sur l'un, les vers s'agitant au sein de leur liquide; sur l'autre, les lourds épis d'une céréale issant de la terre. Solution et putréfaction indispensables à la germination et à la végétation futures, toujours accompagnées de cette chaleur que figure, à senestre, une sorte de feu follet."



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Lundi 13 février 2006 1 13 /02 /2006 17:07

 

 

Le moment est sans doute venu de faire plus ample connaissance avec une autre relation de Julien Champagne, que nous aurions pu déjà rencontrer quand nous avons évoqué Louise Barbe, modèle de notre peintre.

Jules Boucher (1902-1955) a comme Louise Barbe, travaillé à la société Poulenc.

Personnalité complexe, voire controversée, comme nous le verrons, ce chimiste reste aujourd'hui connu pour des travaux d'inspiration maçonnique et martiniste, qui traduisent aussi son penchant pour la magie.

Citons son article Du martinisme et des ordres martinistes (1950), et ses livres Manuel de magie pratique (1941 et 1953), et La symbolique maçonnique (1948).

En 1948 justement, il fonda  un ordre martiniste rectifié. Mais pour en revenir à Julien Champagne, il le connaissait dès 1922. Selon Geneviève Dubois, il l'aurait rencontré cette année là, par l'intermédiaire d'un parent de Julien qui travaillait également chez Poulenc.

Il est à noter que Champagne prit alors, semble-t-il, Boucher pour disciple en alchimie (ainsi que d'autres, dont un autre employé de Poulenc, Gaston Sauvage, que nous avons déjà rencontré à Sarcelles), et se faisait passer auprès de lui pour Fulcanelli. Il lui a d'ailleurs dédicacé Le Mystère des Cathédrales en signant "A.H.S. Fulcanelli."

AHSboucher.champagne.jpg

D'après Robert Ambelain, les deux hommes ne se quitteront plus, dès lors, jusqu'à la mort de Julien. Eugène Canseliet conteste ce point (cf. le dossier Fulcanelli de La Tour Saint-Jacques).

Il est à noter à ce propos qu'Ambelain  est proche intellectuellement de Boucher, comme Robert Amadou le sera ensuite d'Ambelain, à ce que nous croyons savoir.

Toujours est-il que cette amitié entre Champagne et Boucher  entraînera le premier à rejoindre le second dans des activités sulfureuses, au sein de la confrérie -dirait-on aujourd'hui la secte?- du Grand Lunaire, que fréquenta aussi Gaston Sauvage, et où Boucher qui aimait les pseudonymes (Léo Rober, Julius Bellifer, Julius Hucerbo, Onésime Chagorne, Hugues Colbert), portait le nom évocateur d'Herjus le Bouc.

Ce qui, explique Eugène Canseliet, contribua fortement à lui aliéner la "protection puissante" de Fulcanelli.

Selon Ambelain, à la mort de Champagne, en 1932, Boucher aurait pris à son domicile les originaux des planches illustrant les ouvrages de Fulcanelli, ainsi que d'autres documents. Canseliet relève à propos de ces dessins originaux qu'ils étaient sur bristol. Que sont-ils devenus?


 



En 1935 et 1936, Boucher publia, sous les initiales J.B., divers articles à connotation alchimique dans la revue Votre Bohneur, devenue ensuite Consolation. Utilisa-t-il pour ce faire  certains documents  pris chez Champagne? En tout cas, un de ses articles, reproduit par Dubois, a trait à la croix cyclique d'Hendaye, dont nous espérons pouvoir reparler, croix qui fera l'objet d'un ajout
par Canseliet aux nouvelles éditions, parues après la seconde guerre mondiale, du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli.

Boucher était d'ailleurs sincèrement persuadé à mon avis que Champagne, qui se faisait volontiers passer pour ce qu'il ne fut pas, était Fulcanelli.

En 1952 encore, il publiera dans la revue Initiation & Science des commentaires au traité alchimique Science écrite de tout l'art hermétique (1731), qui dit-il, "résultent de notes prises au cours d'entretiens avec notre regretté Maître et ami: Fulcanelli."

Nous espérons que cette chronologie parlera suffisamment au lecteur. Et à propos de date, puisque nous  venons d'évoquer Le Mystère des Cathédrales, précisons au passage que Canseliet, dans une de ses préfaces, y écrit clairement que c'est en 1905 que Julien Champagne fit la connaissance de Fulcanelli.

 


 

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32325988.html

 



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Dimanche 12 février 2006 7 12 /02 /2006 23:02

Voici une vieille carte postale coloriée du début du XXème siècle que je ne désespère pas d'acquérir - on dit que l'espoir fait vivre!

Figurez vous qu'elle était en vente jusqu'à hier sur un site néo-zélandais de type ebay, personne ne l'a acquise et je viens seulement ce jour de la repérer sur la "toile".

Elle représente le cadran solaire du  palais royal "Holyrood" d'Edimbourg. Je note en passant qu'en vieil anglais, Holyrood ou Holyrod veut dire bois sacré, ou sainte croix. Mais me direz vous
quel rapport avec Julien Champagne?

Et bien, ce cadran solaire est représenté pratiquement à l'identique dans les Demeures Philosophales de Fulcanelli, dont il constitue l'emblème XXXIX. Je l'ai reproduit ci-dessous, ce qui
vous permettra d'admirer à la fois la précision et l'esthétique du trait de notre dessinateur.

Vous savez sans doute que le palais en question est toujours propriété des Windsor, et leur sert de résidence. Fulcanelli consacre tout un chapitre des Demeures à ce cadran solaire de 1633.

Il rappelle d'abord qu'il a été "exécuté sur l'ordre de Charles 1er, par John Milne" (on écrit aussi
Mylne). Milne était maître maçon du roi, et a réalisé cet édifice avec la collaboration de John Bartoun. D'après un guide du palais, publié en 1936 et réimprimé en 1948, John fut également aidé dans sa tache par ses fils Alexander et John.

Voici ensuite la façon dont Fulcanelli le décrit: "Il se compose essentiellement d'un bloc géométrique, taillé en icosaèdre régulier, aux faces creusées d'hémisphères et de cavités à parois rectilignes, lequel est supporté par un piédestal dressé sur une base pentagonale formée de trois degrés plans. Cette base seule, ayant souffert des intempéries, a dû être restaurée."

Et finalement, son commentaire est naturellement de nature hermétique, dont nous allons extraire quelques lignes significatives:

"Pour  nous, ce petit monument n'a pas simplement et uniquement pour objet d'indiquer l'heure diurne, mais encore la marche du soleil des sages dans l'ouvrage philosophal. Et cette marche est réglée par l'icosaèdre, qui est ce cristal inconnu, le Sel de Sapience, esprit ou feu incarné, le gnome familier et serviable, ami des bons artistes, lequel  assure à l'homme l'accession aux suprêmes connaissances de la Gnose antique."

On sait en effet que le cadran solaire, sundial en anglais, est aussi désigné par le nom grec de
gnomon.

Mais Fulcanelli poursuit:

"Au demeurant, la Chevalerie fut-elle complètement étrangère à l'édification de ce curieux Sundial, ou, tout au moins, à sa décoration spéciale? Nous ne le pensons pas et croyons en trouver la preuve dans le fait que, sur plusieurs faces du solide, l'emblème du chardon s'y répète avec une insistance significative. On compte, en effet, six capitules floraux et deux tiges fleuries de l'espèce dite serratula arvensis. Ne peut-on reconnaître, dans la prépondérance évidente du symbole, avec l'insigne particulier aux Chevaliers de l'Ordre du Chardon, l'affirmation d'un sens secret imposé à l'ouvrage et contresigné par eux?"

Et il conclut:

"A notre avis, le cadran solaire écossais est une réplique moderne, à la fois plus concise et plus savante, de l'antique Table smaragdine."


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32325954.html





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Dimanche 12 février 2006 7 12 /02 /2006 12:07

Nous pouvons maintenant revenir sur Louise Barbe, modèle présumé du peintre Julien Champagne pour son vertigineux tableau déjà présenté: Le Vaisseau du Grand Oeuvre.

Chimiste chez Rhone-Poulenc, comme Gaston Sauvage, entre autres, elle est ici représentée, nous explique Eugène Canseliet dans ses Deux Logis Alchimiques, où il reproduit ce cliché que nous pouvons dater des années 1910, "en costume de ville".

Canseliet commente mélancoliquement, en 1979, au dos de la photo: "Voici la jeune femme qui, elle aussi, se tient parmi nos fantômes, c'est-à-dire au nombre des êtres que nous avons connu, aimés et qui sont morts, au cours de notre existence déjà longue et très peu commune."

Louise Barbe mourut elle vraiment, comme nous l'avions pensé et écrit, en 1910, dans l'explosion de son laboratoire? Pourtant Canseliet avance que ce portrait aurait été tiré en 1913. Selon d'autres sources, elle serait décédée en 1919.

En tout cas, Dubois rapporte dans son livre sur Fulcanelli que Champagne, pour rassurer le mari de son modèle, Serge Voronoff, n'hésita pas, en bon cabaliste, à l'assurer qu'il avait réussi la chrysopée et grâce à elle atteint un âge avancé, ce qui probablement l'exonérait des tentations offertes par la nudité féminine, et l'aurait donc mystifié en lui présentant comme sienne la carte d'identité de son père, qu'il avait préalablement falsifiée.

Enfin, Dubois rappelle qu'Irène Hillel-Erlanger ( Claude Lorrey de son nom de plume) dédicaça à son amie Louise Barbe son livre Voyages en Kaéïdoscope (1919): "A la grande âme de L.B., j'offre pieusement ces pages.I.H.E."

Cependant, dans un numéro de 1985 de la revue Tempête chymique, Isabelle Canseliet, dans un article rédigé en 1984, se fait l'écho d'une opinion émise par le fils d'Irène, Philippe Erlanger.

Pour ce dernier, ce L.B. serait en fait masculin, il s'agirait de Léon Bloy. Léon dont elle nous rappelle par la même occasion cette maxime bien alchimique au demeurant:

"Plus on s'approche de Dieu, plus on est seul."

Relevons finalement cette assertion à première vue surprenante et en tout cas non confirmée selon laquelle Barbe pourrait être en fait une fille de Ferdinand de Lesseps:

http://voronoff.wordpress.com/madame-voronoff/

"Marguerite-Louise Barbe was Serge Voronoff’s first wife. According to David Hamilton, author of The Monkey Gland Affair, Marguerite-Louise was the daughter of Ferdinand de Lesseps, who commissioned the building of the Suez Canal."

Ecrit par un chirurgien, ce livre a été édité en 1986 par Chatto & Windus (Londres).

On y trouve effectivement une allusion précise à ce premier mariage de Voronoff:

"In Egypt, he married the daughter of Ferdinand de Lesseps and in 1902 the couple were prominent in the celebrations of the opening of the Suez Canal.

In about 1910 they returned to Paris..."

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-32325909.html

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