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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.
Samedi 4 février 2006



Comme Champagne familier des Lesseps, l'excentrique et milliardaire écrivain Raymond Roussel (1877-1933) en a été un proche. Tous deux en effet fréquentaient assidument la demeure de la famille Lesseps, avenue Montaigne, comme d'ailleurs Fulcanelli et Eugène Canseliet.

Poète très peu lu, comme dirait François Rabelais, il a rédigé des oeuvres  au charme obscur,  qui
préfigurent le surréalisme. André Breton l'a d'ailleurs qualifié de "plus grand magnétiseur des temps modernes."

Certains de ses livres sont nettement teintés d'hermétisme, comme Locus Solus (1914), L'étoile
au front (1925),  ou  La  poussière de soleils  (1927).

Pour les  écrire,  il  a employé  un procédé qui n'est pas sans rappeler  la cabale  (solaire,  précisément),  chère  à  Fulcanelli.

Sur cette émouvante photo dédicacée en mai 1933, l'année de sa mort donc, il a écrit  ces mots: "ma photo à 18 ans". Nous sommes donc vers 1895.

Dans ses Deux Logis Alchimiques (Pauvert, 1979), Eugène Canseliet, que nous retrouverons bientôt, se souvient, à propos justement d'un entretien avec André Breton:

"Nous ne dissimulâmes pas, à l'auteur de Najda, qu'au nombre des diverses gens, toujours de haute qualité, que nous voyions auprès du Maître, avenue Montaigne, ce fut Raymond Roussel qui
nous impressiona le plus.

Cela de telle sorte que nous paraissait très déplacé, que notre vieux Julien Champagne pût appeler "la classe", cet homme distingué. Il est vrai que tous deux étaient du même contingent de 1877, et que "Monsieur Roussel", passionné du moteur à explosion, avait beaucoup d'estime pour
le dessinateur de Fulcanelli et de Bertand de Lesseps.

Il y avait aussi qu'avec le fils aîné de Ferdinand, Champagne restait l'inventeur du traineau à hélice que Raymond Roussel admirait avenue Montaigne, et que d'ailleurs il fit photographier." Ce traineau fait également l'objet d'un cliché des Deux Logis.

Dans son livre Fulcanelli dévoilé, Geneviève Dubois reproduit pour sa part une photo de Champagne, vraisemblablement auprès du traineau en construction (1914).

Ne quittons pas Raymond Roussel pour cette fois, sans mentionner son singulier éclectisme: découvreur d'un théorême mathématique, inventeur d'une formule d'échecs, il déposa en 1922 un brevet sur l'utilisation du vide à la non déperdition de la chaleur (brevet N°28628). Jacques Keystone dans Prismes Hebdo rapproche ce brevet des travaux de Fulcanelli (www.prismeshebdo.com).

Ni sans enregistrer cette curieuse affirmation d'Isabelle Canseliet, dans un numéro de 1985 de la revue Tempête chymique:

"Il se pourrait qu'Irène Hillel-Erlanger ait été reçue chez Fulcanelli. Raymond Roussel le fut bien." Pour Richard Khaitzine, Fulcanelli, que dans ses oeuvres Roussel appelle notamment Volcan, fut tout simplement le "précepteur" ou le professeur de sciences de Raymond.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-29970605.html

rousselbig.champagne.jpg
http://in-memoriam-raymond-roussel.over-blog.com/


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Samedi 4 février 2006


En ce jour de la Sainte Véronique, et le nom de Lesseps, entre autres, nous ayant incité au voyage,
transportons nous outre-Manche.

L'église londonienne de Sainte Etheldreda (XIIIème siècle) est la plus vieille église catholique anglaise.

Parmi les trésors qu'elle abrite figure cette statue de Saint Pierre, reproduite par Julien Champagne, qui figure elle aussi parmi les planches des Demeures Philosophales
( planche XV, intitulée Londres Eglise Saint - sic - Etheldreda Saint Pierre et la Véronique).

Toujours au chapitre Louis d'Estissac, Fulcanelli décrit et commente ainsi cette belle statue:

"Saint Pierre, debout, tient une clef et montre la Véronique, singularité qui fait de cette remarquable
image une oeuvre unique, d'exceptionnel intérêt.  Il est certain qu'au point de vue hermétique le symbolisme s'y trouve clairement exprimé,  puisque  le sens  de la clef se  répète dans  la  Sainte
Face, sceau miraculeux de notre pierre.

Au surplus, la Véronique nous est offerte ici comme une réplique voilée de la croix, emblème majeur du  Christianisme  et signature de l'Art sacré. En effet, le mot véronique ne vient pas, comme certains auteurs l'ont prétendu, du latin vera iconica (image véritable ou naturelle) - ce qui ne nous apprend rien - mais bien du grec ferenikos, qui procure la victoire."

Peut-être Sainte Véronique m'aidera t elle victorieusement à me procurer d'autres reproductions d'oeuvres de Julien Champagne, et à les livrer à votre réflexion, ainsi qu'à votre admiration, en particulier ses planches du Mystère des Cathédrales, dont je ne dispose pas actuellement en version électronique, à l'exception du frontispice déjà reproduit, et de l'écu final sur lequel il faudra
sans doute venir.


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-29970495.html



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Samedi 4 février 2006

 



Avec peut-être le couple Schwaller, et sans compter la "protection puissante", Eugène Canseliet dixit, du mystérieux Fulcanelli,  la famille de Ferdinand de Lesseps  fut le bailleur de fonds de l'impécunieux Julien Champagne, aux origines modestes, et dont Eveleyne Segaud affirme d'ailleurs que le père était cocher.

Ferdinand de Lesseps (1805-1894) restera dans l'histoire comme le promoteur du percement du canal de Suez (1859), puis de l'isthme de Panama, dont il ne verra pas la réalisation, achevée vingt ans après sa mort.

Il est ici peint par Foureau, en 1853. Ce peintre Foureau est vraisemblablement Hugues Foureau
(1803-1873).

Le dossier des relations de Julien Champagne avec la famille de Lesseps met en scène la descendance de Ferdinand, qui fut nombreuse. Ce dossier est donc complexe, et pour l'initier, si je puis dire, j'ai pensé que mon premier document de référence pourrait être cette fois le "dossier Fulcanelli" de la livraison IX des Cahiers de la Tour Saint-Jacques, un numéro spécial de cette revue qui est paru à Paris en 1962.

Ce dossier oppose l'ésotériste Robert Ambelain, auteur d'un livre inspiré par Fulcanelli, Dans l'ombre des cathédrales (1939), qui tient comme Evelyne Segaud, que Fulcanelli est Julien Champagne, et Eugène Canseliet, qui défend l'assertion inverse. Je propose donc simplement, pour cette fois, une synthèse de ces points de vue contradictoires, centrée sur Champagne et la famille Lesseps.

Dès 1907, selon son élève Max Roset, Julien entra en rapport  avec la famille de Lesseps, par le truchement de leur chauffeur.

Cette assertion est reprise par Richard Khaitzine, pour qui "Julien Champagne aurait été en relation avec le chauffeur de cette grande famille."

Selon MM. Paul et Bertand de Lesseps, Champagne a, depuis 1910, travaillé avec leur père, Ferdinand de Lesseps, le fils ou plutôt le petit-fils du créateur du canal de Suez et du concepteur de celui de Panama: "Ouvrons la Terre aux gens."



Ferdinand de Lesseps paya de ses deniers l'installation d'un laboratoire d'alchimie destiné à Julien Champagne, rue Vernier, près de la porte Champerret. Ce n'était d'ailleurs pas le premier
laboratoire de Julien.

Cette association perdura, puisqu'en 1921 Ferdinand de Lesseps fit construire au château de Leroi, ou Léré , près de Bourges, un laboratoire d'alchimie destiné à son propre fils qui commença à y travailler avec Champagne pour maître. Julien Champagne était alors officiellement "professeur de dessin" du jeune de Lesseps.

Champagne aurait définitivement quitté ce chateau en 1922, pour revenir s'installer à Paris. Toutes ces informations sont données par Robert Ambelain, et Eugène Canseliet n'y revient pas, sauf pour mentionner que Julien Champagne serait revenu de "Loroy, dans le printemps 1925."

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-29969529.html
suez.champagne.jpg


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Samedi 4 février 2006

De la même période (Le Mas de Cocagne,  ca 1930)  ce tableau représente "Champagne âgé"; il s'agit très probablement d'un auto-portrait, en tout cas il est réalisé sans aucune complaisance.

Il est également reproduit en noir et blanc dans le livre déjà cité de Geneviève Dubois (Fulcanelli dévoilé, voir ci-dessous). Quant à elle, la  reproduction couleur a été réalisée il y a plusieurs décennies au domicile des Schwaller.

D'après Ibrahim:

http://hermetism.free.fr/personne%20Fulcanelli.htm

Julien Champagne se faisait appeler "Fulcanelli" par les Schwaller (témoignages de leur fille et belle-fille Lucie Lamy, et de la servante Nanette).

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http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-30154647.html

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Jeudi 2 février 2006






C'est pendant le deuxième séjour de Julien Champagne chez René Schwaller, au "Mas
de Cocagne", que l'égyptologue "croqua" le peintre.

Ce dessin à l'encre rouge est reproduit dans son livre déjà cité par Geneviève Dubois, mais
comme ci-dessus en noir et blanc. On aimerait pouvoir en disposer d'un cliché couleur.

Depuis longtemps, Champagne, qui portait lorgnons, affectionnait les cheveux longs. Il est
ici âgé de cinquante trois ans; la mort l'emportera deux ans plus tard.

Schwaller, comme on peut le voir ci-dessus, a daté son croquis de février 1930. Geneviève
Dubois ajoute qu'au dos de cette esquisse on pouvait - et donc on peut peut-être toujours - voir écrite l'annotation suivante: "Fulcanelli".


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-29918674.html

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