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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.



Paul Le Cour (Lecour, de son vrai nom, 1871-1954) reste surtout connu comme l'auteur de l'Ere du Verseau (1937) qui d'une certaine façon préfigure l'actuelle vague "New Age".

Plus profondément, il est un des acteurs majeurs de l'ésotérisme chrétien français et de l'hellénisme ésotérique dans la première moitié du XXème siècle. Parmi ses ouvrages majeurs, sans doute convient-il de citer également L'Evangile ésotérique de Saint Jean (1950).

 



Persuadé de la validité de la légende  d'Atlantis, il fonda en 1926 la société d'études atlantéennes, qui dès l'année suivante donna naissance à une revue -Atlantis- qui paraît toujours, maintenant sous les auspices de Jacques d'Arès, que nous avons déjà rencontré à propos du Finis Gloriae Mundi de Fulcanelli.

 

Toujours en 1926, Paul Le Cour est suffisamment proche d'un autre Paul, Chacornac de son patronyme, pour que ce dernier lui dédicace son livre sur Eliphas Lévi (Chacornac Frères, 1926, donc).

Nous le voyons ci-dessus à l'époque de la parution du Mystère des Cathédrales (1926) de ce dernier auteur, et ci-dessous à celle des Demeures Philosophales du même (1930).

Il fut un des premiers critiques à en rendre compte, et Eugène Canseliet, unique disciple de Fulcanelli, rejoignit bientôt son mouvement et sa revue pour y collaborer dès 1934, et ce sans interruption notable
jusqu'à la fin de son existence terrestre (1982).

Le Cour semble avoir d'ailleurs été persuadé que le dit Canseliet était en réalité  l'auteur qui voila sa personnalité sous le pseudonyme de Fulcanelli.

 

lecouchacornac.champagne

Tout cela ne dissuada pas pour autant, semble-t-il,  Julien Champagne, malgré ses liens avec Fulcanelli comme avec Canseliet, de jouer à Paul Le Cour un tour "pendable", bien dans sa façon.

C'est  Robert Ambelain dans le dossier déjà mentionné, et consacré à Fulcanelli, de la revue La tour Saint-Jacques qui en 1962 nous raconte cette anecdote au moins crédible:

Sachant que Le Cour collaborait parfois à la revue du Mercure de France, "Champagne adressa à Valette, son directeur une lettre signée de Paul Le Cour, où tout était merveilleusement imité: papier, encre, écriture, signature.

Valette jeta un coup d'oeil sur le papier et l'adressa à la composition. Nous ignorons, ne l'ayant pas recherché, si on s'aperçut du canulard lors de la correction des épreuves ou si la lettre fut publiée. Toujours est-il que le malheureux Paul Le Cour reçut de Valette une mercuriale d'une violence à laquelle il ne comprit absolument rien!

Car cette lettre ne proposait rien de moins, aux lecteurs et abonnés du Mercure de France, que l'ouverture d'une souscription dans le but d'élever un monument funéraire à la mémoire des morts de l'Atlantide, au milieu de la mer des Sargasses, monument qui serait nécessairement insubmersible et flottant..."

Cette histoire est-elle véridique et à prendre, ajouterons-nous, au pied de la lettre? Comme ont coutume de le dire nos amis transalpins, "si ce n'est pas vrai, c'est bien trouvé"; d'autant que l'île flottante de Délos est un des mythes alchimiques les plus vivaces, serai-je tenté de conclure.

 

En tout cas, Julien Champagne ou pas, la vérité de l'épisode est attestée par Paul Le Cour lui-même, puisqu'il en fait mention dans son testament spirituel, Ma vie mystique (1955):

 

"Afin de me faire abandonner par les hautes personnalités qui avaient accepté le patronage de notre oeuvre, les adversaires imaginèrent de lancer à travers journaux et revues et d'adresser aux membres de l'Académie des Sciences le texte d'une souscription soi-disant ouverte par moi afin d'élever dans la mer des Sargasses un monument aux Atlantes "victimes d'un sort funeste."

 

Cette circulaire était accompagnée de ma signature très bien imitée que suivaient les noms des membres de l'Institut qui m'avaient apporté leur adhésion. Naturellement, ce fut dans la presse un éclat de rire.

 

Le Mercure, trompé par la signature, avait inséré cet appel et je dus y faire paraître un démenti. Je portai plainte contre inconnu mais je savais quel était l'auteur de cette manoeuvre.

 

Il dut comparaître devant le commissaire. Cette comparution n'eut pas de suite, mais lui causa une telle frayeur qu'il tomba malade. Plusieurs années après, je le rencontrai marchant péniblement appuyé sur une béquille. Les dieux l'avaient puni!"

 

En fait Paul Le Cour avait dès le deuxième numéro d'Atlantis produit un compte-rendu amusé et indulgent de l'épisode, recommandant avec humour en novembre 1927:

 

"S'il n'était pas possible d'édifier le monument dans la mer des Sargasses, nous conseillerions de l'élever en plein centre de Paris, près du sanctuaire de l'antique Isis, où il se trouverait fort bien."


http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-julien-champagne-mistifica-paul-le-cour-julien-champagne-mystifie-paul-le-cour--35786831.html

 

 

 

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Dans son livre Fulcanelli dévoilé, Geneviève Dubois attribue l'initiation alchimique de Julien Champagne à Félix Gaboriau, né en 1861 et mort en 1911.

Elle ajoute que Gaboriau consacra sa vie et le petit héritage dont il disposait à une revue théosophique, Le Lotus.

Elle reproduit également deux lettres de Félix adressées en 1887 et 1888 à un correspondant qui ne semble pas être Champagne, mais plutôt un journaliste de l'entourage de Papus, voire Papus lui-même. Ces lettres sont conservées à la bibliothèque municipale de Lyon.

Ce Gaboriau n'est donc pas l'auteur de romans policiers Emile Gaboriau (1832-1873), auteur en particulier de L'affaire Lerouge (1866), chère à André Gide, et précurseur de Maurice Leblanc et de son Arsène Lupin. Mais qui était Félix Gaboriau?

Force est de constater que nous disposons à ce stade de peu d'éléments à son sujet, et que sur ce point comme sur tant d'autres toutes précisions seront les bienvenues.

Il semble que dans le cadre du mouvement martiniste,  Papus, autrement dit Gérard Encausse (1865-1916)  -nos photos - soit en 1887-1888 précisément, entré en relation avec Félix "Krishna" Gaboriau (FKG), Breton, intransigeant et ardent de conviction, directeur de la revue Le Lotus rouge.

Nous retrouvons ici la mouvance martiniste (se réclamant de Louis-Claude de Saint-Martin) que nous avons déjà rencontrée à propos de Jules Boucher.

Papus est notamment l'auteur d'un Traité de science occulte (1888), et aussi de La pierre philosophale (1889).



Mais quid du Lotus, qui se situe lui clairement dans une perspective théosophique? Voici ce que j'en sais pour l'instant. Il parut au moins de 1887 à 1889. Baptisé "revue des hautes études théosophiques", il aurait été fondé par le spirite René Caillié (1831-1986), bien en cours à l'époque dans les cercles papusiens et qui serait également à l'origine d'une Fraternité de l'Etoile...

Je relève dans ce Lotus,dès 1887, un article de Papus intitulé La pierre philosophale prouvée par les faits. Puis la même année un De l'alchimie. Et un La table d'émeraude d'Hermès. Dans le même temps, aucun article signé Gaboriau n'a de titre à connotation alchimique.

Le Lotus fait parallèlement une place significative à la théosophe Helena Petrovna Blavatsky (1831-1891), auteur bien connue des livres Isis dévoilée (1877) et  la Doctrine secrète (1888), mais aussi d'un article sur l'alchimie au XIXème siècle.

Nous retrouvons donc sans trop de surprise Gaboriau dans une revue théosophique londonienne
d'obédience "blavatskienne", Lucifer, parue de 1887 à 1897. Gaboriau y paraît de nouveau, brièvement,  en 1888, associé à un certain A. Froment. Mais toujours pas d'alchimie dans son propos, apparemment.

En fait, il semble bien que dès 1888 Gaboriau et Froment aient quitté la société théosophique.  On trouvera un écho des relations tendues de Félix avec Blavatsky dans le livre de Charles Blech, Histoire de la ST en France (Adyar, 1933).

Il aurait ensuite traduit l'ouvrage de Franz Hartmann: Une aventure chez les Rose-Croix (1893) que Chacornac publia en 1913 (réédition par L'Or du Temps, Grenoble, en 1981). Et Julien Champagne dans tout çà? Mystère.

http://maxjulienchampagne.over-blog.it/article-gaboriau-e-champagne-gaboriau-et-champagne--35786808.html

 

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