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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.
Jeudi 10 avril 2008


Et si pour une fois nous rendions hommage à quelqu'un de bien vivant, non seulement en esprit, mais aussi physiquement toujours de ce monde?

Né en 1917, René Alleau est toujours parmi nous, à ma connaissance, et Dieu sait que sur lui les articles ne sont pas légion, alors que sa vie et son oeuvre me paraissent bien mériter toute une étude, et en tout cas notre respectueuse et amicale considération.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Alleau
http://www.leseditionsdeminuit.eu/f/index.php?sp=livAut&auteur_id=1469

Nous le voyons ci-dessus en compagnie du talenteux homme de lettres Frédérick Tristan:

http://www.fredericktristan.com/
http://www.evene.fr/celebre/biographie/frederick-tristan-3973.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9rick_Tristan
http://signes-et-symboles.org/dossiers-symbole/index.php/2007/02/10/51-frederick-tristan-noublions-pas-l-infinie-poesie-d-hermes

Frédérick qui est l'auteur de maints ouvrages de portée hermétique, notamment d'essais brillants tel L'oeil d'Hermès (1982) et en matière de fiction d'une inénarrable Histoire sérieuse et drolatique de l'homme sans nom (1980) ou de Balthasar Kober (1987).

 
Ancien ingénieur-conseil, René Alleau est volontiers présenté de nos jours comme philosophe et historien des sciences, notamment traditionnelles.

Il est entre autres un spécialiste réputé en matière de symbologie, mais n'a jamais non plus cherché à dissimuler son intérêt profond pour l'alchimie.

Cet intérêt lui est-il venu par son attachement précoce au courant surréaliste? C'est bien possible, à en croire Renée Mabin, dont je voudrais vous conseiller la lecture de l'étude si porteuse de sens à mon avis sur le courant intellectuel de "l'étoile scellée":

http://melusine.univ-paris3.fr/astu/Mabin.htm

Nous pouvons y relever particulièrement le fait que dès 1952 André Breton et ses amis courent les conférences que René Alleau donne à Paris, à la Salle de géographie, sur "les textes classiques de l'alchimie", conférences dont l'intitulé n'est pas sans nous rappeler le titre même d'un des ouvrages postérieurs de l'alchimiste Eugène Canseliet, ami de Julien Champagne.



Dès cette époque, René Alleau et Eugène Canseliet, tous deux proches d'André Breton, dont la passion pour l'alchimie fut vraisemblablement précoce, devaient se connaître puisque lorsque l'essentiel des conférences d'Alleau est publié sous la forme d'un recueil : Aspects de l'alchimie traditionnelle (Editions de Minuit, 1953),
son ouvrage est préfacé par le disciple de Fulcanelli.

Notons dès à présent que la couverture de l'édition française originale en est ornée d'une reproduction du célèbre tableau du peintre espagnol Juan de Valdes Leal, dénommé Finis Gloriae Mundi comme le troisième livre non paru finalement à ce jour de Fulcanelli, sur lequel nous reviendrons.

Dans sa préface, Canseliet, d'une façon qui n'a pas encore été relevée, ou pas assez, n'hésite pas à qualifier son "ami" de "fils de Science" (alchimique) comme nous même, et surtout de "disciple de Fulcanelli", titre qu'il est ordinairement le seul à porter, voire à s'attribuer. Pour le commun des mortels, alchimistes ou non, Canseliet est habituellement considéré comme "l'unique disciple de Fulcanelli".

Eugène rend donc ici au travail de René un hommage exceptionnel, auquel il m'a paru convenable de me référer, ne serait-ce qu'en m'en faisant l'écho, en bon héraut de l'Art.

D'ailleurs un Albert-Marie Schmidt, savant historien des Lettres, dont la fin tragique causa tant de peine à Eugène Canseliet, ne s'y trompa pas, et dès 1953 put ainsi écrire dans la Nouvelle NRF, à propos d'Aspects de l'Alchimie:

"Si l'on souhaitait discerner quelles influences réelles s'exercent sur les courants spirituels de notre âge, sans doute faudrait-il réserver une attention exacte à cette société d'Héliopolis qui compte, parmi ses membres les plus réputés, Eugène Canseliet et René Alleau."


 

Il est vrai que ce livre petit par la taille mais d'une grande qualité, qui d'ailleurs partage avec ceux de
Canseliet l'honneur d'avoir été plus tard traduit en langue étangère (notamment en italien par les éditions
romaines Atanor en 1989), mérite toujours l'attention des amateurs.

Alleau y qualifie très justement l'alchimie de "religion expérimentale", en expose les principes, en étudie les symboles, et en véritable alchimiste qu'il est réalise en définitive une synthèse des plus heureuses et des plus rares en ayant composé à la fois un livre sur l'alchimie, ce qui est à la portée de beaucoup, et un ouvrage d'alchimie, ce qui sans doute reste l'apanage des meilleurs.

Ses textes et documents alchimiques, son lexique des symboles alchimiques et spagyriques, sa bibliographie enfin sont également marqués au coin d'une érudition difficile à égaler.

Pour la petite histoire, Canseliet devait quelques mois plus tard publier aux mêmes Editions de Minuit ses Douze Clefs de la Philosophie de Basile Valentin (1956).

Quant à Alleau, il semble malheureusement avoir renoncé à y faire paraître un "Paris symbolique" et des
"Peintures et gravures alchimiques" pourtant annoncés dans ses Aspects de l'alchimie traditionnelle.

 


Pour autant, René Alleau ne renie pas le culte qu'il voue à l'alchimie, puisqu'en 1957, suivant l'exemple précédemment cité d'Eugène Canseliet, il fait éditer par Caractères les Clefs de la philosophie spagyrique de
Georges Le Breton, ouvrage du XVIIIème siècle cité par Fulcanelli et que Canseliet venait justement de mentionner dans ses Douze Clefs.

Il y réaffirme dans son introduction sa totale fidélité intellectuelle à la pensée fulcanellienne: "L'Art   royal, l'alchimie, a été la voie initiatique de la Noblesse d'extraction, ce que prouvent aussi clairement 
les monuments que le blason, les devises et les cris de guerre...

La science d'Hermès, héritage sacré de l'ésotérisme égyptien, vaste synthèse cosmologique, nous a légué des hiéroglyphes, des messages énigmatiques, dont l'utilité apparente semble nulle à ceux qui ne veulent pas prendre la peine de les déchiffrer."

En dépit de leurs préjugés, "la Pierre Philosophale représente (bel et bien) le premier échelon qui peut aider l'homme à s'élever vers l'Absolu." 

 
Dès lors, son intérêt public pour l'alchimie semble se concentrer sur la reparution des textes anciens, et force
est de souligner que ce faisant il fait montre d'une imperturbable logique.

Dès le début des années 1970, il prend ainsi la direction aux éditions Denoël de la Bibliotheca Hermetica, dont
il semble évident aujourd'hui que la majeure partie de la constitution est d'origine alchimique.

Il en est ainsi, par exemple, de cette belle édition en 1971 du livre de Limojon sur Le triomphe hermétique, présentée par Eugène Canseliet, et précédée d'une republication du Mutus Liber d'Altus, introduite elle par un texte de Magophon (alias Pierre Dujols, ami de Fulcanelli et de Champagne).

La même année, Alleau présente d'ailleurs lui-même dans la même collection La très sainte trinosophie, du
"vrai" comte de Saint-Germain.

En 1974 me signale Prounicos début 2009, René signe encore dans La Quinzaine littéraire un vibrant hommage à Fulcanelli, dans un article parfaitement intitulé "Un Champollion des hiéroglyphes français."

"Personne, y constate-t-il avec humeur, n'enseigne aux Français à déchiffrer les hiéroglyphes de leurs châteaux ni de leurs cathédrales."

Et de conclure de magnifique façon:

"Le pays le plus mystérieux du monde, ce n'est pas le Tibet, c'est la France."



Parallèlement, et dès 1958, il approfondit et élargit son étude de la symbolique en général, et fait ainsi éditer par Flammarion une première mouture de ses réflexions sur le sujet (De la nature des symboles).

Cette étude sera maintes fois reprise (Payot, 1996, 1997...) et d'ailleurs suivie d'une Science des symboles
(Payot, 1976).

Il y développe une pensée fondatrice, toujours largement ignorée de nos jours par la science officielle, ce qui est sans doute dommage...pour cette dernière, selon laquelle "en réalité toutes les sciences humaines sont subjectives, et c'est de la reconnaissance lucide et sincère de cette subjectivité fondamentale que dépend le degré d'objectivité relative auquel elles peuvent atteindre."

C'est ainsi que pour Alleau, et ici encore il rejoint Fulcanelli, "la pensée moderne est une pensée conditionnée, par exemple par le mythe occidental de la raison qui, lui-même, a été élaboré à partir d'éléments irrationnels multiples qui composent ces trop célèbres "évidences" sur lesquelles reposent les "principes d'intelligibilité" que, finalement, personne ne saurait expliquer ni définir de façon rationnelle."


Métaphysicien et alchimiste, René Alleau est aussi, et cela demeure sans doute une part de son "jardin 
secret" un peintre talentueux. Voici qui le rapproche, encore ou déjà, de Julien Champagne.

En témoigne par exemple cette aquarelle au tâchisme presque hugolien, qui dut tant plaire à André Breton. 
Comme Canseliet, Alleau répondit à l'enquête de ce dernier sur L'art magique (Club français du livre, 1957,
et Phébus, 1991).

Il y rappela notamment que selon l'alchimiste et cryptologue Blaise de Vigenère (XVIIème siècle), auteur d'un
Traité du feu et du sel, mais aussi des Tableaux de plate peinture de Philostrate, "la peinture est une
invention des dieux."

Ne soyons pas surpris par conséquent de retrouver de lui dans le beau volume transalpin Arte e Alchimia
(Biennale di Venezia, 1986) cette superbe Danaé de 1984, fécondée par une jupitérienne pluie d'or qui fut
en son temps célébrée par les poètes et qui fait l'objet de la vénération des alchimistes , lesquels en scrutèrent...
la symbolique, et au premier rang desquels figure un certain Canseliet. 


 Mais il y a également un autre Alleau, bien plus discret encore, le praticien de l'alchimie. En 1978,
 Canseliet pouvait ainsi déclarer à Robert Amadou, dans Le feu du soleil (Pauvert):

 "René Alleau est un alchimiste d'autant plus véritable qu'il possède la solide base d'un universitaire.
 Son attachement à la pratique positive du feu est indéniable, qui fait de lui l'artiste physico-chimique
 le plus sûr."

 Dans le même volume, et ici nous cotoyons Julien Champagne au plus près, nous apprenons que c'est
 René qui a persuadé Eugène d'ajouter aux deuxième et troisième éditions des oeuvres publiées de
 Fulcanelli (Mystère des Cathédrales et Demeures Philosophales) des chapitres entiers extraits de 
 notes provenant du Finis Gloriae Mundi en définitive retiré par le Maître.

 Donc c'est bien à Alleau que nous devons l'apparition dans le domaine public, dès 1957 et 1960, de 
 certains dessins d'"Hubert":

 Arles:
 http://www.archerjulienchampagne.com/article-4401020.html
 
 Dammartin:
 http://www.archerjulienchampagne.com/article-2152476.html

 Figeac:
 http://www.archerjulienchampagne.com/article-1855071.html
 
 Hendaye:
 http://www.archerjulienchampagne.com/article-4443883.html
 http://www.archerjulienchampagne.com/article-4513985.html

 Melle:
 http://www.archerjulienchampagne.com/article-2050527.html
 
 

Mais comment rendre justice en quelques lignes à cet homme doublement igné qu'est René Alleau?

Rappeler l'importance de son étude généralement ign(or)ée sur le Splendor Solis de Salomon Trismosin
(N°88 de la revue Le jardin des arts, 1962)?

Se remémorer ses autres contributions majeures à l'Art d'Hermès, comme son article Alchimie de 
l'Encyclopedia Universalis?

Finalement, mon impression est que le mieux est de lui laisser la parole, quand il explique de lui-même, dans
la langue des oiseaux, et faisant montre d'emprunter son propos à tel essai d'un oiseleur médiéval, la raison
fondamentale pour laquelle en définitive, en alchimiste de qualité, il a délibérément choisi de se tenir à l'écart de toute chapelle, et de vivre ainsi en marge du siècle:


Oui, Champagne pour









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Dimanche 2 mars 2008

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Albert Poisson (1868-1893) est un de ces alchimistes mal connus du grand public, comme d'autres décédé prématurément, et dont pourtant l'oeuvre reste considérable.

Non seulement il me semble avoir marqué l'alchimie française et européenne du XIXème siècle, mais son influence me paraît devoir encore perdurer de nos jours:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Poisson

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Dans son ouvrage sur Fulcanelli, Geneviève Dubois en fait un familier parmi d'autres du cordonnier-concierge parisien Rémi Pierret, voire son disciple

Pour elle il fut un intime de Stanislas de Guaïta. Très tôt passionné d'alchimie, il gagnait sa vie comme laborantin à la faculté de médecine de Paris. 

En 1889, il rejoint ainsi le groupe indépendant d'études ésotériques de Papus et consorts, Papus qui venait de créer la revue L'Initiation, dont est extraite la photo ci-dessus, et revue qui rendit à Poisson en 1894 un hommage appuyé.

Notons également que Victor-Emile Michelet le rangera au nombre de ses Compagnons de la Hiérophanie (Dorbon, 1937 et Bélisane, 1977), confrérie sans doute informelle dont les initiales rappellent fort celles de l'assemblée des frères Chevaliers d'Héliopolis.

Dès 1890, Albert Poisson publie chez Chacornac ses Cinq traités d'alchimie, sur lesquels nous allons revenir.

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L'année suivante, toujours chez Chacornac, il fait paraître le livre qui reste sans doute sa contribution majeure à l'alchimie, et qu'après Canseliet on peut de nos jours encore conseiller à tout étudiant ès-hermétisme: Théories et symboles des alchimistes.

Ce livre a d'ailleurs fait l'objet de nombreuses rééditions, tant en France qu'à l'étranger (par exemple en Italie).

Enfin paraît son oeuvre la plus célèbre, consacrée à Nicolas Flamel, dont il prend la défense en tant qu'alchimiste, et qui sera citée favorablement, quoique avec réserves, aussi bien par Fulcanelli que par Eugène Canseliet, disciple de ce dernier.


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D'après Dubois, il serait décédé prématurément d'une tuberculose contractée à l'armée. Pour d'autres, il se serait tout bonnement épuisé à la tâche:

http://www.alchymie.net/alchimistes/albert_poisson.htm

En tout cas, Geneviève Dubois nous livre une information utile dans le cadre de cet article: "Il légua sa bibliothèque à Papus et à Marc Haven."

Canseliet précise d'ailleurs dans son édition du Mutus Liber que Marc Haven (Emmanuel Lalande) tenait son exemplaire de ce livre d'Albert Poisson.

Notons également le fait que Jollivet-Castelot le considérait visiblement comme un maître, ce qui n'est pas rien,
et qu'il affirme qu'il fut un ami de Paul Sédir, relation évidente de Julien Champagne. Eugène Canseliet pour sa part décerne à Albert Poisson un qualificatif finalement assez rare sous sa plume: Pour lui, Poisson est tout simplement "admirable."

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Poisson et Champagne se connurent-ils? La réponse me semble incertaine, et dans l'état actuel des choses il peut paraître raisonnable de conclure à l'improbabilité.

La vraie vérité est sans doute dans cette sacrée  "dive bouteille" chère à Rabelais, que cerne le triangle mercure-sel-soufre, au centre même de la pierre cubique.

Elle figure sur bien des ouvrages de Poisson, et a d'ailleurs justement attiré l'attention de l'hermétiste écossais 
Adam McLean, qui l'a agréablement colorisée:

http://www.alchemywebsite.com/images/amcl256.jpg


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Dubois nous explique également que Poisson, sous le pseudonyme de Philophotes, que je suis tenté de traduire par "l'ami de la lumière", rédigea plusieurs articles pour la revue Le Voile d'Isis.

C'est en tout cas celle de L'Initiation qui fit en 1900 paraître d'Albert un émouvant échange de correspondances avec un alchimiste anonyme de Saint-Dizier, laquelle apparemment ne fut interrompue que par la mort de Poisson.

Mais Champagne dans tout ça, allez-vous me rétorquer? Et bien mais nous y voici, grâce à Vérax.


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Grâce à Vérax, à qui je dois la plupart des clichés ci-dessous, il devient évident que Julien Champagne posséda et lut, dans leurs éditions originales, certains des ouvrages de Poisson.

Ce fut le cas du Flamel, qu'il n'aurait pas annoté, mais aussi des Cinq traités, dont son exemplaire porte diverses
mentions manuscrites et imprimées, comme ce premier ex-libris.

Il est analogue à celui décrit par Dubois, à la couleur près, verte chez elle, ici violette.

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Une explication possible de cette différence, raison triviale quoique ne pouvant être exclue, tiendrait ici à la qualité du tempon encreur.

Notons également qu'à ce stade Champagne se considère lui-même plus comme spagyriste que comme alchimiste, et que par conséquent sa première lecture de ce Poisson là a pu être passablement précoce.

Nous sommes ici vraisemblablement avant 1900, et Julien n'a sans doute pas encore rencontré Fulcanelli.

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Ce livre a-t-il été lu et relu par Julien? Ou a-t-il eu tout bonnement plusieurs détenteurs? Ou les deux?

En tout cas le commentaire joint, porté à l'encre rouge, me rappelle fortement l'écriture de Champagne. Il est d'orientation nettement bibliographique:

"Le même traité théorique, avec les mêmes tournures de style et la même division en chapitres, est traduit sous le titre: Le Miroir d'Alquimie de Jean de Mehun, Philosophe très excellent, Paris, Claude Sevestre, rue St Jacques,1613.

Auquel de ces auteurs en revient la paternité?"

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Un peu plus avant, "Hubert" insiste:

"Reproduction quasi textuelle de La quintessence des métaux de Jean de Mehun (Meung) en son Miroir d'alchimie."

Mais cette fois, il ajoute une notation sur le fond: "Il est à remarquer que dans ces deux ouvrages d'auteurs différents il n'est pas fait mention de mercure."

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Après avoir relevé le fait que par bonheur certains textes de Poisson sont désormais disponibles en ligne, dont celui des Cinq traités:

http://www.viamenta.com/textesesoteriques/cinqtraitesalchimie.htm

remarquons qu'en réalité, et ceci a déjà été relevé par d'autres, les cinq traités en question en comportent bien un sixième, et non des moindres, puisqu'il s'agit ni plus ni moins que de la Table d'émeraude d'Hermès, patron des alchimistes.

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Mais, illusion ou pas, non seulement l'encre utilisée pour le commentaire est cette fois différente, mais l'écriture pourrait bien l'être aussi, et incline à considérer que ce livre a eu au moins deux, voire trois lecteurs:

Il est d'abord écrit, à l'encre noire: "Figure symbolique des Douze clefs de Philosophie de Basile Valentin." Puis, comme au crayon et peut-être d'un autre scripteur, cette remarque importante: "Inversée."

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Quoiqu'il en soit, Jean-Julien Champagne tenait tellement à ce volume qu'il l'a fait précéder d'un autre de ses ex-libris, cette fois bien plus solennel, et dont je vous laisse apprécier le détail de la symbolique:

"Ex libris hermeticis".

Ce motif n'est d'ailleurs pas sans nous rappeler celui du frontispice du Mystère des cathédrales de Fulcanelli, frontispice qui, souvenons-nous en, fut dès 1912 publié par Chacornac.


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Et pour couronner le tout, jouxtant le motif précédent, le même chef-d'oeuvre d'Albert Poisson permet à son heureux propriétaire actuel de contempler un cliché jusqu'alors inédit d'un Julien Champagne à la fleur de son âge.

Sans doute sommes-nous ici quelque part entre 1895 et 1905, au moment même où Champagne s'apprête à rencontrer Fulcanelli.

Merci Vérax, et merci aussi à Philophotes...

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...ou Albert Poisson, à qui il me semble juste de laisser finalement la parole:

"Voici en peu de mots ce que c'est que l'Alchimie: "C'est, dit Pernety, l'art de travailler avec la nature sur les corps pour les perfectionner."

Le but principal de cette science est la préparation d'un composé: la Pierre philosophale, ayant la propriété de transmuer les métaux fondus en or ou en argent. 

La matière première de la Pierre philosophale est le Mercure des philosophes. On lui donne la propriété de transmuer en lui faisant subir diverses opérations, pendant lesquelles il change trois fois de couleur.

De noir il devient blanc, puis rouge. Blanc, il constitue l'Elixir blanc ou petite Pierre, qui change les métaux en argent. 

Rouge, il constitue la médecine ou Elixir rouge ou grande Pierre, qui change les métaux en or."



Philophotes
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Dimanche 3 février 2008

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Comment dignement souffler les deux bougies de ce blog? Peut-être d'abord en retournant à Julien Champagne
cet affectueux souvenir par lui adressé à son "vieil" ami et disciple Max Roset.

Ensuite, naturellement, en le représentant posant sur certain véhicule automobile dont il fut un des artisans avec 
Bertrand de Lesseps.

Voici donc "Hubert" en 1913 avenue Montaigne à Paris au volant de cette curieuse automobile que nous avons déjà rencontrée et rencontrerons encore espérons-le.

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1880253.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-2052614.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-2199402.html

Au fait amies et amis de Julien, je me suis laissé dire que ce traîneau à hélice se serait appelé Ailonive. Qui pourra nous en dire plus sur cette curieuse dénomination?

Si je fais ainsi appel à vous, c'est que je sais que vous ne me décevrez pas. M'avez vous assez encouragé en deux ans de modestes efforts pour faire revivre Champagne!

Un, deux, trois chiffres pour nous en convaincre: près de cent mille lecteurs et lectrices, plus de deux cents articles, et bien plus de trois cent mille pages lues.

Et puis il y a votre apport, inestimable. Nous disposons désormais de plus de commentaires que d'articles, ce qui en est un indice sûr. En cette veille de sainte Véronique, la verte icône et vraie victoire, je tiens à vous rendre cet hommage.

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Car tout autant que de vos commentaires, ce blog s'enrichit très régulièrement des informations que  vous
voulez bien lui apporter.

Et c'est grâce à l'un ou l'une de vous que j'ai pu enfin découvrir la thèse hélas encore non publiée dont est extraite notre photo introductive.

Le mémoire de maîtrise de Cédric Mannu, soutenu en 1996, est en effet une véritable mine, à sel ouvert si j'ose dire, et sans doute le premier travail sérieux qu'on ait réalisé sur Eugène Canseliet. 

J'espère donc beaucoup que cet essai fouillé et très agréablement écrit pourra prochainement rencontrer les faveurs d'un éditeur à la fois courageux et averti.

Il fourmille littéralement de faits, de documents, d'idées jusqu'alors perdus de vue ou oubliés, comme la photo
de Champagne sur son cher traîneau.

Car si nous ne l'avions pas encore contemplée,nous en connaissions l'existence...Rappelez-vous de ces mots de Robert Ambelain en 1962 dans le dossier Fulcanelli publié par la revue La tour Saint Jacques:

"Revenons à la vie de Champagne. Dès 1907 nous le trouvons avec son collaborateur direct et unique alors, Max Roset, installé dans le laboratoire de la rue Vernier, payé par Ferdinand de Lesseps...

Champagne inventa un traîneau à propulsion aérienne (une hélice mue par un moteur), véhicule susceptible également de rouler sur routes, qui fut présenté au tsar Nicolas II.

Nous possédons, entre autre clichés, une photographie de Champagne, installé au volant de ce curieux véhicule, avenue Montaigne, photographie dédicacée à Max Roset."

http://www.archerjulienchampagne.com/article-2171804.html


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Naturellement il est hors de question de prétendre restituer en quelques lignes la remarquable synthèse qui nous est proposée par Mannu sur Canseliet, et donc indirectement sur Fulcanelli et bien sûr Champagne. Nous n'en donnerons donc ici que quelques exemples choisis.

C'est ainsi notamment que Cédric revient lui aussi sur les différences existant entre les diverses éditions des Fulcanelli, comme c'est le cas en particulier du fameux "écu final" du Mystère des Cathédrales, dessiné par Julien.

Il commence par souligner d'une certaine manière son importance, en rappelant la description d'Eugène Canseliet:

"Canseliet a décrit avec précision le blason : "Le tirage princeps de 1926, dans son illustration, ne possédait que trois images en couleurs; celle du blason, en cul-de-lame final, y comprise. Ceci, en effet, n'est pas sans relever du langage des oiseaux, que sur champ de gueules cette céréale surmontant l'hippocampe, tous deux d'or et issant en champagne de même."

Puis Mannu remarque avec une louable lucidité, à propos de l'édition plus tardive de Jean-Jacques Pauvert: "Seule différence de taille, le blason a été réduit, rendant l'épi naissant beaucoup plus difficile à percevoir." Ce qui nous a conduit a vous en proposer ici une version conforme aux voeux de Cédric Mannu.

De même il souligne preuves à l'appui la nature exacte des démêlés d'Eugène Canseliet avec Jean Lavritch, autre éditeur des Fulcanelli. Mais comme ils n'ont pas de rapport direct avec l'oeuvre de Julien Champagne, je préfère les passer sous silence, sauf à reproduire cette jolie vignette publicitaire réalisée par Lavritch pour son édition des Demeures Philosophales, et tout entière composée de dessins de notre "Hubert."
undefined http://www.archerjulienchampagne.com/article-2110302.html

De façon un peu plus anecdotique en apparence, Cédric Mannu nous fournit également une reproduction de la meilleure qualité d'un ex-libris de Jules Boucher, que Champagne dessina, et que nous avions déjà rencontré. Il en rappelle la description par Julien lui-même:

"Une voûte surbaissée de style flamboyant, que supportent deux piliers gothiques, découvre et encadre une partie du vaste désert de Libye. Au fond apparaissent les trois Pyramides de Chéops, de Chéphren et Mykérinos, ainsi que la grande route des caravanes, reliant la haute et la basse Egypte.

Elles s'éclairent sous le rayonnement du soleil levant, tandis qu'au ciel la lune achève de décliner sur l'horizon. Ainsi se trouvent marqués, dans le temps, l'origine égyptienne des sciences et leur apogée au moyen âge, puis, dans l'espace, l'opposition équivalente du soleil et de la lune, prototypes du symbolisme universel.

Au premier plan, un livre ouvert, que regarde curieusement un petit caméléon, emblème des manifestations colorées qu'une même substance emprunte dans ses réactions multiples, porte la devise biblique du créateur des choses."   

http://www.archerjulienchampagne.com/article-5977594.html         


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Cédric Mannu nous procre aussi une belle occasion de nous rappeler qu'Eugène Canseliet fut comme Julien Champagne à la fois un alchimiste et un peintre et dessinateur de talent:

"Canseliet a laissé quelques aquarelles, dont des reproductions ornent certaines de ses oeuvres. Mais ce qui restera visible pour tous, est situé au 49 boulevard de Grenelle, à la boulangerie parisienne de Poilâne. Le propriétaire écrivit à Canseliet qui accepta d'illustrer sa boutique, par huit médaillons et un gand motif d'angle, insérés dans un mur de briques rouges.

Enfin, son blason, donné dans les dernières pages d'Alchimie, complète cette modeste présentation de l'oeuvre picturale de Canseliet, dont une partie a été volée et l'autre égarée."

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1916012.html

C'est ce grand motif d'angle illustrant parfaitement à mon sens la pénible montée de l'âne-timon vers les hauteurs escarpées du moulin de la galette que j'ai voulu vous offrir ce soir.

Comme ils peuvent paraître longs et difficultueux, ces trois tours de la voie dite brève autour du mont de la joie! 

Mais aussi comme elle sera de qualité, pour l'heureux élu, la grande cire couleur de brique qu'il pourra contempler, seul, émerveillé, après avoir franchi le mur du réel...

 
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L'écureuil caméléon de service,


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Mardi 1 janvier 2008

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Bonne année à chacune et chacun, de la part de Julien Champagne et de la mienne.Un an se meurt, un autre
naît, c'est la vie qui va. Et revient.

Pour l'hermétiste en général,et l'alchimiste tout spécialement, la mort n'est qu'un prélude indispensable à une nouvelle naissance. Elle est donc perpétuellement vaincue, et cette loi mère s'applique notamment au cycle annuel. Le solstice d'hiver que nous venons de passer ensemble est donc l'annonciateur pur et simple d'un renouveau, celui de l'équinoxe de printemps.

Voici en substance selon moi le message de ces superbes stalles de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens, auxquelles Kristiane Lemé-Hébuterne vient de consacrer tout un volume, paru fin 2007 aux éditions Picard, et adorné de splendides clichés de Christophe Petit.
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C'est en tout cas dans cet esprit que je vous présente les deux pendentifs en question, retenus par Fulcanelli pour figurer comme culs-de-lampe dans son oeuvre, après avoir été selon toute vraisemblance dessinés par Julien Champagne, et dont le premier est photographié sous deux coutures.

Je les reproduis donc dans l'ordre inverse de celui choisi par Kristiane, l'interprétation que j'en fais me semblant être à l'opposé de la sienne. Je la rejoins cependant quand elle les range dans la catégorie de la vie morale, que pour ma part j'appellerai tout simplement Philosophie.

Mais pour elle nous passons ici d'une "femme nue" (pendentif du bas) à une allégorie de "la jeune femme et la mort", côté jeune femme, puis côté mort. L'alchimie prend le pari contraire, et débute par le solve.

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Mais donnons la parole à Lemé-Hébuterne. Dans les deux cas, son discours est principalement descriptif:

"Une jeune et jolie femme nue est agenouillée entre deux hommes âgés. Tous trois portent une guirlande de feuillage traités dans le style de la Renaissance. Les chanoines Jourdain et Duval ont baptisé ce pendentif "culte de la volupté", mais on peut y voir une sculpture ornementale comme la Renaissance les aimait, sans y mettre une intention morale."

"Une jeune femme vêtue d'une robe au décolleté carré, aux manches bouillonnantes, coiffée d'un bonnet ajusté sous un voile orné aux oreilles de grosses volutes, demande à un miroir rond sur pied de lui renvoyer son image.
Sur l'autre côté du pendentif, un jeune homme lui tend une tête de mort."

En fait les chanoines Duval et Jourdain ont dès 1844 publié une monographie sur les stalles d'Amiens, et celle plus générale de Georges Durand sur l'église Notre-Dame,qui inclut une étude du mobilier,  est citée par Fulcanelli dans le Mystère des Cathédrales. Elle est parue en 1901-1903...aux éditions Picard.

Witkowski, grâce à qui nous avions initialement identifié l'origine de ces motifs, et qui a aussi inspiré Fulcanelli s'agissant entre autres de la cathédrale de Nantes, n'est donc pas forcément la source unique des dessins jusqu'alors non référencés de Julien Champagne:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-4822749.html
http://www.archerjulienchampagne.com/article-3982459.html

D'autant qu'un certain Eugène Viollet-le-Duc, bien connu de notre Adepte de prédilection, ne s'est pas fait faute lui non plus de les mentionner dans son monumental Dictionnaire raisonné d'architecture (1856):

http://chateau.rochefort.free.fr/viollet-le-duc/Stalle.php

"On ne saurait trop étudier,écrit-il, les assemblages de ces grands ouvrages de menuiserie du XVe siècle et du commencement du XVIe, alors que les traditions gothiques n'étaient pas encore perdues. Sous une apparence très compliquée, la structure est toujours simple et conçue en raison de la qualité de la matière. 

Les stalles du choeur de la cathédrale d'Amiens, par exemple, qui sont chargées d'une quantité prodigieuse de détails, présentent une structure de bois très bien combinée et très simple. Ces stalles sont aujourd'hui au nombre de cent seize; elles furent commencées en 1508 et achevées en 1522 par deux maîtres menuisiers, Alexandre Huet et Arnoult Boullin, sous la direction de Jean Turpin, et par le tailleur d'ymages Antoine Avernier."

Pourquoi finalement Fulcanelli n'a-t-il pas commenté ces emblèmes qu'il a pourtant sans aucun doute sélectionnés? L'hypothèse selon laquelle ils lui sont trop proches personnellement et auraient ainsi pu nuire à son  anonymat ne me séduit guère.

Je pencherais plutôt pour un choix délibéré qu'il a fait de les présenter comme une partie muette du livre, de façon à mieux souligner leur importance. En iconographie alchimique, aucun détail n'est secondaire. Dans un post précédent, j'évoquais ainsi à propos du miroir de la vie et de la mort qui nous est présenté en permanence à tous et à toutes l'expression de miroir de la nature.

Miroir de Vérité, Speculum Veritatis...Peut-être deux têtes sous le même bonnet.

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Eugène Canseliet, disciple de Fulcanelli comme Julien Champagne  en est l'illustrateur,  n'aborde pas non plus d'ailleurs le sujet des stalles dans ses écrits totalement ou partiellement consacrés à Amiens, comme par exemple dans son bel article paru en 1963 dans le numéro de la revue Atlantis qui est consacré au symbolisme de cette Notre-Dame, et dont est extrait le dessin ci-dessous.

En attendant de retourner comme moi en terre picarde visiter cette demeure philosophale "où souffle l'esprit", lisez, lisez le bel essai de K.L. (pardon, Kristiane Lemé), et si le c(h)oeur vous en dit, pourquoi ne pas nous laisser tenter aussi par un premier petit parcours virtuel?

http://www.stalles-dg.info/

Encore bonne année 2008. A bientôt j'espère...au joli pays de Julien Champagne. Où à la fin des fins, si du moins il y en a une, c'est toujours la vraie vie qui emporte la victoire.

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Par ARCHER - Publié dans : archer
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Lundi 3 décembre 2007

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Pour terminer l'année en beauté, si possible, j'espère bien avoir l'occasion de rendre à qui de droit le beau livre qu'Alexandra Charbonnier a consacré au poète franco-lituanien Oscar Vladislas Milosz, qui appartint à un vieux clan de la noblesse polonaise de Lusace, celui des Lubicz.

En fait Alexandra a écrit deux ouvrages sur lui: L'étoile au front (Dervy, 1993) et Le poète (L'Age d'Homme, 1996). Je vous recommande chaleureusement et particulièrement la lecture du premier, qui nous plonge d'emblée dans une atmosphère ô combien julienchampagnesque.

C'est que le pastel ci-dessus d'Henri de Groux nous montre en 1918 un Milosz qui fréquentait alors assidûment certains salons parisiens comme celui des Lesseps...

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1781038.html

initiation.champagne.jpg Comme Eugène Canseliet qui l'y rencontra, et donc probablement comme Julien Champagne, et sûrement comme Fulcanelli.

"Au sein du cercle que formaient les logis de la rue Saint-Benoît et de l'avenue Montaigne, écrit ainsi Canseliet dans ses Alchimiques mémoires, j'ajoute maintenant le poète Oscar-Wadislas de Lubicz-Milosz, que nos hôtes tenaient en grande estime."

Champagne l'appelait-il "la classe" comme il le fit pour Raymond Roussel, né comme lui et comme Milosz en 1877? C'est fort plausible. 

rousselot.champagne.jpg
Canseliet semble également indiquer que Milosz, qui partage avec "Hubert" une certaine prédilection pour les prénoms interchangeables, de Vladislas à Venceslas, voire pour les noms, de Lubicz à Lusace, fit partie de l'entourage d'un autre écrivain fulcanellien, Anatole France.

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1968775.html

Il est vrai que tous deux furent des habitués d'un autre salon de la Belle Epoque, celui de l'Amazone Nathalie Clifford Barney.

http://www.archerjulienchampagne.com/article-4849361.html

C'est d'ailleurs à la collection de cette dernière, qui à la mort du poète en 1939 fonda une société de ses amis, qu'appartint la statue ci-dessous de Milosz qui fut réalisée par Léon Vogt.

Dans la réédition 1996 par Allia des Voyages en kaléidoscope de la très fulcanellienne Irène Hillel-Erlanger, nous apprenons en outre de la postface de Jacques Simonelli que cette dernière reçut Milosz.

miguel.champagne.jpg
Mais plus proches encore de Champagne si c'est possible, deux amis de Milosz et de Julien suffiraient au besoin à justifier ce post.

Milosz était comme tant d'autres en ce temps là un familier de La closerie des lilas. Peut-être comme notre artiste favori y rencontra-t-il un certain René Schwaller, auquel un lien très fort l'attacha jusque vers 1924, au point qu'il autorisa René à porter le nom des Lubicz. Oscar fit d'ailleurs un temps partie du réseau schwallerien des Veilleurs (sous le nomen de Pierre d'Elie).

http://www.archerjulienchampagne.com/article-1762862.html

Il en était de même de Louis Allainguillaume, que nous voyons ci-après en compagnie de Milosz, et qui resta jusqu'à la fin de ce dernier un ami de Julien Champagne.

http://www.archerjulienchampagne.com/article-2047948.html

barney.champagne.jpg
Vous vous doutez bien qu'il m'est impossible dans le cadre d'un seul article de rendre justice à l'oeuvre considérable de Milosz. Je vais donc me borner à donner une petite idée de sa dimension ésotérique, hermétique 
et bien sûr alchimique, non sans préciser qu'on la retrouve aussi dans sa vie même.

Cette dimension transparaît dès son roman de L'Amoureuse Initiation (1910), et sera bientôt confortée par un
Miguel Manara (1912), "mystère" bien proche en vérité de l'auteur du Finis Gloriae Mundi. Suivront en 1924 les poèmes philosophiques de l'Ars Magna, un des noms de l'alchimie, puis en 1927 les Arcanes....

Même les Contes lituaniens de ma mère l'Oye (1933), illustrés comme ici par Adomas Galdikas, fleurent bon leur Perrault, si cher à Fulcanelli. Et donc la cabale de la loi mère.

arcanes.champagne.jpg
D'ailleurs Milosz ne parlait-il pas aux oiseaux, dans sa résidence bellifontaine? "Il avait, témoigne Paul Léautaud, installé pour les oiseaux des mangeoires dans la forêt de Fontainebleau et il allait voir régulièrement ses frères ailés.

Dès que ceux-ci l'entendaient siffler le grand air wagnérien au moyen duquel Siegfried déloge de sa tanière l'épouvantable Fafner, ils arrivaient en nuée, l'entourant et lui répondant par des louanges formulées en divers langages."

Cela fait image, prononce le d'ordinaire si caustique Léautaud, une image merveilleuse, comme celle d'un enchanteur.

allainguillaume.champagne.jpg
Milosz s'affirmait d'ailleurs comme un alchimiste, "par hérédité", précisait-il. S'il n'oeuvra pas au fourneau comme
Champagne, la dimension spirituelle de l'alchimie lui était donc des plus familières.

On peut s'en douter quand on examine les armes de son clan, et les siennes propres, dont l'ordonnancement général évoque dans les deux cas certain écu final qui nous rapproche encore d'"uber campa agna."

De même Oscar avait comme d'autres pris l'abitude en certaines occasions, comme on peut le voir ci-dessous, de signer d'un paraphe rappelant les dites armes, d'une part, et d'autre part nettement ésotérique et au cas particulier, selon Charbonnier, rosicrucien.

contes.champagne.jpg
Son inspiration alchimique transparaît des plus clairement dans sa Nuit de Noël de l'Adepte (1922), poème
méconnu qu'il ponctue d'un significatif: "C'est la vie délivrée."

Cette nuit comme relevé sobrement par Alexandra est bien celle d'une renaissance. L'Adepte renaît à une dimension différente de la vie.

Pour son amie Renée de Brimont, sur qui il nous faudra peut-être revenir, il est incontestable que Milosz croyait à l'alchimie. "Il croyait à sa nécessité, à sa réalité....sur le plan spirituel. S'il pressentit l'alchimie comme un retour à l'unité sur le plan physique, il ne s'en est ouvert à personne."

blason.champagne.jpg

armes.champagne.jpg
Il paraît cependant évident que Vladislas ait fréquenté des alchimistes. Fulcanelli, Canseliet, Champagne, Schwaller ont ou ont dû connaître Milosz.

C'est au cours de certaines des conversations que le poète eut avec eux ou quelqu'un d'autre que Venceslas a
pu trouver matière à conforter sa foi première en la réalité de l'alchimie.

Une foi qui éclate - certes discrètement - dans une lettre écrite trois années avant son décès: "Une substance physique m'a été mise pour ainsi dire dans les mains, qui explique la longévité des personnages compris dans la généalogie d'Adam."

signure.champagne.jpg
Enfin comment ne pas revenir sur cette saisissante coïncidence de l'attrait commun de Fulcanelli et Milosz pour Juan de Valdes Leal, ce peintre espagnol du XVIIème siècle dont voici un saisissant portrait de Miguel Manara
(1681).

Il est ici représenté en train d'édicter la règle de la Fraternité sévillanne de la Charité. Pour Jean Laplace comme pour H. Elie, ce tableau est à l'évidence initiatique.

Et il est de fait que si l'allure de Miguel est fort didactique, celle de son petit acolyte et loyal serviteur incite manifestement à la pratique du tacere zoroastrien.

manara.champagne.jpg
Mais laissons pour terminer la parole à Milosz lui-même:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Oscar_Venceslas_de_Lubicz-Milosz
http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Oscar_Vladislav_de_Lubicz_Milosz

"Il n'est pas de désir si pur, si élevé, si ardent que cette terre, dont la réalisation inespérée puisse engendrer une joie comparable à celle de la régénération simultanée et de l'esprit, et du minéral, ce dernier figurant, en l'occurence, la "perfection de la restitution" de la Nature tout entière."



ARCHER DE LUBICZ
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