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...consacré à l'artiste français Julien Champagne (1877-1932), à sa vie et à ses oeuvres.


Peintre et dessinateur, Julien Champagne est surtout connu de nos jours pour avoir illustré les ouvrages de Fulcanelli, un mystérieux alchimiste contemporain.

Et pourtant, il figure au Bénézit, la "Bible" internationale des créateurs. Et suivant son ami Eugène Canseliet, il fut bien un maître du pinceau et du crayon.

C'est à la découverte de cet artiste méconnu, mais profondément attachant, que je voudrais vous inviter. Je voudrais aussi vous demander de ne pas hésiter à enrichir mes articles de vos propres commentaires et de vos découvertes personnelles.

Bon voyage donc au pays légendaire de Julien Champagne.
Samedi 20 septembre 2008

Goutted'or, tu me manques. Claro que si! Matthieu n'étant pas Thomas, voici en public hommage à notre platonique amitié, désormais entre parenthèses, un petit compliment de ma rustre façon, et un cygne de connivence, que je te dédie, ainsi qu'à cette chère Renée de Brimont, baronne ou baronnesse de son état.


Tiens, je réalise brusquement qu'elle porte le même prénom que la soeur de Julien, alias Hubert, curieux tout de même.

Mais me direz-vous, trêve de marivaudage, venons en au fait: Que diable cette spendide petite nièce d'Alphonse de Lamartine vient-elle donc faire dans notre jolie galée?


Il est bien vrai qu'elle ne figure pas à l'Index Fulcanelli d'Allieu, mais...à celui de Laplace sur Canseliet, voici que, brièvement, certes, Brimont la mystérieuse nous apparaît en pleine lumière.

T(15-16), 10 annonce Jean Laplace de façon lapidaire. Ce qu'il faut entendre, bien entendu, comme page 10 du numéro 15-16 de la revue La tourbe des philosophes (1981). 1981 hélas...Eugène Canseliet un an plus tard quittera ce monde.

Mais heureusement en 1981 il peut encore écrire cette superbe page d'alchimiques mémoires, qu'il scelle d'ailleurs de son titre si envié de F.C.H.:


"Milosz s'occupait beaucoup des oiseaux, avec une particulière tendresse, profonde et motivée. Il donnait l'impression d'une parfaite compréhension physique de leurs chants et de leurs cris.

Je conserve en mémoire la vision des instants où il vint avenue Montaigne, en compagnie de la baronne Renée de Brimont qui s'intéressait aux travaux ésotériques du poète. La beauté de cette personne, sa charmante féminité, étaient exceptionnelles, de sorte qu'il m'arriva d'entendre qu'elle était la femme qui offrait le plus d'attrait au sein du gotha parisien.

Si de Lubicz crut alors qu'il avait découvert, sur le plan de l'esprit, l'épouse qu'il avait tant recherchée, tout au moins avait-il trouvé celle qui s'appliqua à faire connaître son oeuvre poétique. Ainsi écrivit-il à l'intention de cette Dame du grand monde:

"Mais aujourd'hui une compagne de service chemine dans mon ombre, à moi fils du Cosmopolite errant." Oscar-Wadislas de Lubicz eut-il connaissance de la langue des oiseaux?

Ce qui est sûr, c'est qu'il aimait le monde naturellement ailé; tellement, qu'il l'allait alimenter à Fontainebleau, et qu'il y acquit même une modeste maisonnette, afin d'y installer un nourrissoir."

Tout ce bref passage de l'alchimiste de Savignies dégage comme une odeur de sainteté, me semble-t-il, et fleure bon l'invisible présence de Fulcanelli. Et donc à cette époque de Julien Champagne.




Après la mort du poète, René de Prat (Renée de Brimont) commentera sardoniquement dans les "Cahiers Milosz": "Une femme! s'écria le fonctionnaire; je savais bien qu'il y avait une femme dans cette affaire!"

Mais nous avions en fait déjà rencontré René(e) dans sa relation de complicité avec Milosz le mystique, Milosz l'hermétiste...l'alchimiste:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-14321731.html

"Pour son amie Renée de Brimont, il est incontestable que Milosz croyait à l'alchimie. "Il croyait à sa nécessité, à sa réalité sur le plan spirituel. S'il pressentit l'alchimie comme un retour à l'unité sur le pan physique, il ne s'en est ouvert à personne."

Or, selon Alexandra Charbonnier, Prat est un, voire le  "confident privilégié" de Milosz.


Charbonnier qui au demeurant s'explique parfaitement que notre baronnet(te) fut reçue chez les Lesseps: "Une partie de la carrière diplomatique de Ferdinand se déroula à Madrid sous les auspices de Lamartine. Ce qui explique que la petite nièce du poète, la baronne Renée de Brimont, eut ses entrées dans ce milieu, tant pour ses origines que pour ses talents littéraires."

Alexandra affirme même, s'agissant de la pensée de Milosz, que son égérie l'a pénétrée au point de la faire sienne dans son essai sur Milosz et le mystère de l'Etoile du Matin (Fontaine, 1942). Elle "le commente au moyen de la linguistique comparée. En cela elle suit les méthodes de son ami."

Mais écoutons Renée: "Tout ici bas n'est que métamorphose. La Création, pour Milosz, n'avait qu'un but: sensibiliser et affiner la conscience humaine; changer, transmuer l'homme terrestre, le rendre à "la première Nature", à l'Etoile du Matin, à la Terre édénique."


Née de Beaumont, ajoute Alexandra Charbonnier, la baronne écrivit un roman, le Roman de la Rose, où elle met en scène le théosophe Louis Claude de Saint Martin, "père fondateur" du martinisme.

Elle précise un peu plus loin que ce roman, qui s'appellerait en fait Belle Rose (Cahiers libres, 1931), a pour héros le thaumaturge et mystagogue Martines de Pasqually (1727-1774) et son secrétaire Saint Martin (1743-1803).

Brimont écrivit d'ailleurs en 1930 dans la revue ésotérique Le voile d'Isis un article sur le mariage de Pasqually.

A son actif, on trouve également pour Charbonnier trois ouvrages de poésie: L'Essor (Plon, 1908), Tablettes de cire (Calmann-Lévy, 1913, couronné par l'Académie), et, sous le nom de Antoine (!) de Brimont, Mirages (Emile-Paul, 1919).

Renée aurait connu Milosz dans les salons du peintre Eyre de Lanux en 1915. Eyre devait faire plus tard le portrait de madame de Brimont, qui conclut finalement l'auteure de Milosz, l'étoile au front (Dervy, 1993) fut également "amie de miss Barney", autre grande admiratrice de l'écrivain franco-lithuanien.
Renée de Brimont resta d'autre part toujours fidèle au souvenir de son ancêtre Alphonse de Lamartine et lui consacra plusieurs publications: Lamartine fantaisiste (Plon, 1923), Autour de Graziella (Champion, 1931).

Citons d'elle également Les oiseaux (Portiques, 1932, au titre si miloszien), et Les fileuses (Corréa, 1937). Brimont fut elle donc une parque?

Psyché (Plon, 1924) la fait comme miss Barney passer pour "lesbienne":

http://romanslesbiens.canalblog.com/archives/brimont_renee_de___psyche___1924/index.html
http://storage.canalblog.com/27/81/296109/20113136.pdf

Mais alors, comment qualifier L'Arche (Emile Paul, 1927)?


Heureusement pour elle (et pour nous), Brimont inspira le compositeur Gabriel Fauré (1845-1924), qui mit en musique plusieurs de ses poèmes, ceux de Mirages, ceux de Psyché...Comme l'écrit un quidam -ou une quidame, - "quand c'est du Fauré, c'est forcément sublime"!

http://www.recmusic.org/lieder/f/faure.html
http://www.fnacmusic.com/album/a3a3cdab-db3c-46f3-a428-7a6c796a2bb1.aspx
http://www.recmusic.org/lieder/b/brimont/

Dans un enregistrement récent, Fauré et Brimont avoisinent d'ailleurs Poulenc et Eluard, le hasard, si hasard il y a, fait décidément fort bien les choses. Quand donc a-t-il fait prendre à Renée son essor? Je ne sais à ce jour. D'après Alexandra, il l'a ravie à notre affection "après 1942."


Et avant de presque nous quitter sur une Pentecôte néerlandaise du XVIème siècle qui j'espère tombe à pic sans pour autant couler de même, pourquoi ne pas découvrir ensemble tel automnal Cygne sur l'eau, de Brimont, et toujours ensemble écouter ce merveilleux chant du cygne de Fauré:

http://lecygne.free.fr/Art44.html

Ma pensée est un cygne harmonieux et sage
Qui glisse lentement aux rivages d'ennui
Sur les ondes sans fond du rêve, du mirage,
De l'écho, du brouillard, de l'ombre, de la nuit.

Il glisse, roi hautain fendant un libre espace,
Poursuit un reflet vain, précieux et changeant,
Et les roseaux nombreux s'inclinent lorsqu'il passe,
Sombre et muet, au seuil d'une lune d'argent;

Et des blancs nénuphars chaque corolle ronde
Tour à tour a fleuri de désir ou d'espoir...
Mais plus avant toujours, sur la brume et sur l'onde,
Vers l'inconnue fuyant glisse le cygne noir.

Or j'ai dit: "Renoncez, beau cygne chimérique,
A ce voyage lent vers de troubles destins;
Nul miracle chinois, nulle étrange Amérique
Ne vous accueilleront en des havres certains;

Les golfes embaumés, les îles immortelles
Ont pour vous, cygne noir, des récifs périlleux;
Demeurez sur les lacs où se mirent, fidèles,
Ces nuages, ces fleurs, ces astres et ces yeux.

Enfin, voici pour les amateurs du "mystère Fulcanelli" l'annonce d'une prochaine conférence de Jean Artero à Marseille ("bien sûr" à la société théosophique):

http://librairieletoiledumage.blogspot.com/2008/08/confrence-la-societ-thosophique-de.html



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Dimanche 17 août 2008

De la famille de Julien Champagne, nous savions jusqu'alors peu de chose. Certes nous l'avions rencontrée en 1932 au moment de ses obsèques:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-2357896.html

C'est ainsi que nous avions dès lors pu apprendre qu'"Hubert" a eu un frère, Félix, et une soeur, Renée.  Cette dernière joua d'ailleurs un rôle actif à la fin de la vie du peintre, puisque nous l'avons vu intervenir au moment où René
Schwaller, ami de ce dernier, offrit de payer le monument funéraire du dessinateur de Fulcanelli:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-4464119.html

Renée (Reine-Marie, 1887-1955) fut institutrice dans un village de la Somme, de même que son époux, Gaston Devaux, qui passe en outre pour avoir été le ou un secrétaire de Fulcanelli:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-5039674.html


Et Félix, me direz-vous? Et bien son acte de naissance, opportunément "inventé" par Walter Grosse, nous apprend qu'à l'état-civil nous avons ici affaire en fait à Alfred Alfonse Félix, né en 1878 un an après son frère aîné, et décédé en 1960.

Et peut-être surtout voici grâce à Quinze quelques clichés émouvants qui sur ces noms nous permettent enfin de mettre des visages.

La première des ces photographies a été prise en 1894 à l'occasion d'un pique-nique dans la forêt de Saint Germain en Laye.

Nous y trouvons la maman de Julien et ses trois enfants. Notre artiste, alors âgé de dix-sept  printemps, y tient la vedette.

Les autres épreuves sont hélas non datées, mais visiblement postérieures.


Sur la première, Renée est assise devant Julien Champagne, qui porte déjà moustache, affiche une mêche rebelle, et avant tout semble bien décidé à porter sur la réalité mondaine un authentique regard de voyant.

La seconde est une photo de groupe, sans doute encore moins ancienne, où d'après Quinze figurent non seulement la mère de Julien et René et également ces derniers, mais aussi les enfants de Félix, Roger et Madeleine.

Quinze nous a fort aimablement précisé que vers cette époque (1880-1890) la famille Champagne a habité à Levallois Perret, plus précisément au 35 de la rue Gravel.

Il nous a judicieusement indiqué également qu'en ce temps là il était fréquent que le patronyme usuel ne fût pas exactement celui indiqué sur les actes administratifs.

Voici, me semble-t-il un éclairage intéressant apporté à l'usage par Hubert, Félix et Renée d'un prénom qui ne réflétait pas tout à fait celui de leur état-civil.


L'excellente libraire troyenne d'érudition Le trait d'union de Florence et Alain Hatier doit pour sa part être louée d'avoir en juillet 2008 choisi pour orner la couverture du dernier en date de ses catalogues la reproduction d'un dessin que n'eût certes pas désavoué Julien Champagne.

Cette charmante esquisse est extraite du rare volume intitulé Les enseignes de Paris, gravées à l'eau-forte par Jean-Jules Dufour (Paris, Le Goupy, 1924 et 1925).

Réunies en deux tomes, les 1ère et 2ème série en sont commentées par François Boucher, du musée Carnavalet.

La dite couverture nous renvoie tout droit au passage des Demeures Philosophales où bien avant Georges Pillement, qu'Eugène Canseliet loua à juste titre pour ses ouvrages salvateurs, Fulcanelli s'insurge à bon droit contre certaines destructions intempestives du vieux Paris, qui compta et compte toujours fort heureusement tant de logis hermétiques:


"Nous ne blâmerons jamais assez ceux-là, écrit donc l'Adepte en son chapitre consacré au merveilleux grimoire du château de Dampierre, qui, cachés et tout-puissants, décidèrent à Paris l'inexplicable destruction de la très vieille rue des Nonnains-d'Hyères, laquelle ne s'opposait en rien à la salubrité et offrait la remarquable harmonie de ses façades du XVIIIème siècle.

Ce vandalisme, perpétré sur une grande échelle, a entraîné la perte de l'enseigne curieuse qui ornait, à hauteur du premier étage, l'immeuble sis au n° 5, à l'angle de l'étroite rue de l'Hotel de Ville, jadis de la Mortellerie.

Dégagé de la pierre en ronde bosse, le motif de grandes dimensions, qui avait gardé ses couleurs d'origine, montrait un rémouleur dans son costume d'époque: tricorne noir, redingote rouge, et bas blancs. L'homme s'appliquait à aiguiser le fer, devant sa robuste brouette, mettant en activité les deux éléments majeurs, c'est-à-dire le feu caché de sa meule et l'eau rare qu'un gros sabot semblait dispenser en mince filet."


Et le Maître incomparable d'aussitôt commenter ainsi l'ouvrage du noble et humble gagne-petit: "La meule est l'un des emblèmes philosophiques chargé d'exprimer le dissolvant hermétique...Les alchimistes du moyen âge se servaient du verble acuer (aiguiser) pour exprimer l'action qui donne au dissolvant ses propriétés incisives.

De cet ouvrage, quel est le maître? Evidemment celui qui aiguise et fait tourner la meule, c'est-à-dire le soufre actif du métal dissous."

Mais ne quittons pas les Demeures Philosophales sans mentionner une nouvelle et heureuse initiative des éditions Oriflamme, de Bâle en Suisse, qui grâce à Martin Steiner à qui nous devons déjà entre autres l'édition germanophone du Mystère des Cathédrales, nous proposent désormais en souscription jusqu'à la fin du mois prochain la traduction en allemand de l'autre chef d'oeuvre de Fulcanelli.

L'adresse mail figurant sur le bon de commande est la suivante:
polydor@vtxmail.ch

La livraison est prévue pour intervenir dès le mois d'octobre 2008.



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Samedi 5 juillet 2008


Grâce à Greg Fox, nous en savons désormais un peu plus sur la bibliothèque de Julien Champagne. Il est probable qu'elle ait été dispersée, ce qui après tout n'est guère surprenant.

Vous vous souvenez sans doute qu'il y a quelques semaines Vérax nous a permis et de nous faire une meilleure idée des ex-libris d'"Hubert" et de sa prédilection pour l'alchimiste français  du XIXème siècle Albert Poisson:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-17159081.html

Cette fois Greg nous permet de savoir que Julien a eu aussi en sa possession un ouvrage d'un chimiste allemand du XVIIIème siècle, Johann Heinrich Pott.

Il s'agit de ses Dissertations chymiques, parues en 4 tomes en 1759 chez Jean Thomas Hérissant, et traduites "tant du latin que de l'allemand" par Monsieur Demachy:

http://www.alchemywebsite.com/books/BK3497.HTM


A propos d'ex-libris, notons d'emblée que celui qui figure dans cet ouvrage n'est pas en fait celui de Champagne,
mais d'un précédent détenteur de l'oeuvre, G. Bontemps.

Georges Bontemps (1799-1883) est surtout connu pour avoir en 1868 rédigé un Guide du verrier. Il fut par
ailleurs directeur des verreries de Choisy-le-Roi.

Créées en 1805, ces verreries comprirent de 1829 à 1855 un atelier vitrail précisément dirigé par Bontemps. Il y aurait redécouvert entre 1845 et 1861 les secrets du verre filigrané, supposés perdus depuis la Renaissance.

Pour Bontemps, "la malléabilité du verre n'est pas de la même nature que celle des métaux. En effet, celle-ci est modifiée par la propriété de corps non conducteurs du calorique."


Mais disons tout de même quelques mots de Johann Heinrich Pott (1692-1777), pharmacien et chimiste allemand des plus connus:

http://de.wikipedia.org/wiki/Johann_Heinrich_Pott

Il est amusant de noter qu'il fut un des élèves de Stahl, parfois considéré comme l'auteur de la théorie du phlogistique,
en fait élaborée au XVIIème siècle par l'alchimiste Becher, et que combattra plus tard un Lavoisier, chantre de la chimie officielle.

http://static.wikipedia.org/new/wikipedia/fr/articles/g/e/o/Georg_Ernst_Stahl_5dfd.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Phlogistique
http://membres.lycos.fr/alchimie2/hist/DBL2.htm

Comme Becher, Pott fut mandaté pour créer une manufacture de porcelaine. Dans le cas de Johann Heinrich, le monarque en question fut Frédéric II.

Il semble que l'oeuvre de Pott détenue par Bontemps puis Champagne ait paru d'abord à Berlin en 1738 chez J.A. Rüdiger. Pott y relate notamment certaines des expériences de ses prédécesseurs qu'il prit la peine de reprendre
pour vérifier leur validité.

Il critique ainsi l'alchimiste français Moras de Respour, surtout connu pour ses Rares expériences sur l'esprit minéral
(1668). Et c'est alors que nous retrouvons Julien, son tampon encreur et ses commentaires...favorables à Pott:

"Bien juste, écrit Champagne; on pourrait sans trop d'exagération affirmer que tout est faux..."


Plus loin, alors que Pott exprime notamment son point de vue sur une partie de la Pyrotologie (1725) de son compatriote Henckel, très intéressé au demeurant par l'oeuvre de Respour, et qui d'ailleurs semble avoir passablement influencé Pott, Champagne remarque:

"Si l'on triture avec du sel de tartre déliquescent le résidu de la distillation d'un acétate de zinc obtenu par
dissolution de l'oxyde dans du vinaigre distillé (?), il se répand une odeur extrêmement désagréable et qui fut
sur le point de me faire vomir plusieurs fois.

Toutefois elle n'a aucun rapport avec l'odeur alliacée." Mais voici qu'entre en scène un troisième lecteur des
Dissertations.

Pour Fox, et je suis très tenté de le suivre sur ce point, ce lecteur n'est autre qu'Eugène Canseliet.


Canseliet donc (car son écriture est tout aussi caractéristique que celle de Champagne) relève ainsi à
propos de l'esprit de vitriol dulcifié qu'il est aussi utilisé comme astringent et hémostatique.

Et il ajoute: "Cet esprit de vitriol dulcifié des anciens est au Codex actuel un mélange d'une partie d'acide sulfurique avec trois parties d'alcool."

Plus loin, il commente ainsi l'histoire de l'acide marin dulcifié: "L'acide marin ou esprit de sel dulcifié est un alcoolé d'acide chlorhydrique."

Greg précise également qu'on trouve dans un des volumes des Dissertations la trace d'un autre ex-libris que celui de Bontemps. Cet ex-libris circulaire en a été décollé ou arraché et comme Fox je pense qu'il pourrait
bien s'agir de celui de Julien Champagne.


Reste qu'apparaît, inexpliquée pour moi même si pour Greg Fox cette écriture ressemble beaucoup à celle
d'"Hubert", un troisième type d'annotations.

Je remarquerai simplement qu'elles font cette fois usage de la symbologie chimique courante. Personnellement
elles me semblent pourtant plus anciennes que les deux autres: Bontemps, ou un autre heureux possesseur du livre de Pott?

Canseliet cite ce dernier au moins une fois, dans son édition du Mutus Liber (1977). Bien entendu, il s'agit toujours des Dissertations:

"Cohausen a ôté au sel marin des côtes d'Espagne toute sa saveur, en le faisant digérer ou putréfier pendant quarante jours au moins dans l'esprit le plus subtil de rosée; ce qui lui a produit un sel tout différent."


Quant à Fulcanelli, c'est dans ses Demeures Philosophales (1930) qu'il fait référence aux Dissertations: "Pott, qui s'appliqua a relever les nombreuses formules de menstrues et s'efforça d'en donner une analyse raisonnée, nous apporte surtout la preuve qu'aucun de leurs inventeurs ne comprit ce que les Adeptes entendent par leur dissolvant."

Et de marteler un peu plus loin: "Sans contester la probité de Pott, ni mettre en doute la véracité de sa description, et moins encore de celle que Weidenfeld (mentionné par Pott) donne sous des termes cabalistiques, il est indubitable que le dissolvant dont il parle n'est pas celui des sages."

Permettez-moi enfin, avant de souhaiter de bons congés aux juilletistes, de signaler pour ne pas conclure tout à fait le dernier numéro de La lettre de Thot, désormais semestrielle (N°55, juillet à septembre 2008):

http://thot-arqa.org/arcadia/accueil.html?rubrique=webzine/webzine.html

Il est pour partie consacré au livre de Jean Artero, Présence de Fulcanelli, que je vous ai présenté dans mon précédent article, et en totalité à l'alchimie. Artero est ici questionné pour la première fois sur son ouvrage.


Je vous recommanderai tout particulièrement  également le texte que renferme ce numéro du webzine de Thierry Garnier sur François de Chazal, cher à Fulcanelli et peut-être à Julien Champagne.

Et puis pourquoi bouder notre plaisir après tout, nous voici consacrés "blog du mois".

Et in Arcadia ego.



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Dimanche 1 juin 2008

Mon Dieu, qu'il est difficile de présenter le livre d'un ami, que dis-je un jumeau! Dans son ouvrage sur Fulcanelli, paru ce mois de mai 2008 aux éditions Arqa, Jean Artero fait référence à ce blog, et reconnaît explicitement y avoir participé d'emblée.

Le blog d'Archer sur Julien Champagne apparaît ainsi au grand jour pour ce qu'il est depuis pratiquement le début, autrement dit une oeuvre collective...

Ceci dit, reste à synthétiser ce gros bouquin de quelque 380 pages, et qui plus est à le critiquer dans tous les sens du terme.

Pour résumer, je dirais que cet essai que l'auteur reconnaît lui-même être imparfait a pour principal mérite de prendre appui sur les travaux de ses devanciers, sans jeter d'anathème sur aucun, ce qui finalement est assez rare, tout en présentant une vue certes partielle et donc partiale si on veut sur Fulcanelli et ses ouvrages.


Si j'avais à schématiser la thèse d'Artero, je serais tenté de la ramener à un seul point, qui est peut-être tout: On ne peut étudier Homère si dans le même temps on ne traite pas de l'Iliade et de l'Odyssée. De même pour Jean il est sans doute vain de traiter de Fulcanelli si dans le même temps on n'analyse pas au moins Le mystère des cathédrales et Les demeures philosophales.

Ce qui jusqu'alors n'était pas évident pour le plus grand nombre...Jean Artero me paraît également apporter un éclairage nouveau sur la troisième oeuvre, non parue actuellement, de Fulcanelli à savoir le fameux Finis Gloriae Mundi.

Mais je ne voudrais pas vous priver à l'avance du plaisir de découvrir ce bouquin, qui me semble par ailleurs assez bien écrit, aussi je me bornerai dans cet article à en souligner quelques qualités patentes, mais aussi selon moi quelques défauts non moins évidents.

Une qualité réelle du livre de Jean est donc par exemple qu'il contribue à resituer l'opus fulcanellien dans son contexte historique, scientifique et philosophique. C'est ainsi notamment qu'il n'hésite pas à considérer ce jeton ou méreau de 1700 de la Sainte Chapelle de Paris comme une demeure philosophale.


Méreau dont il existe des exemplaires de cuivre et d'argent au moins, dont le féminin est parfois dit mérelle, et qui paraît-il est réputé avoir été utilisé par d'aucuns comme signe de reconnaissance.

Toujours pour approuver et appuyer ce travail que je trouve pour ma part loin d'être négligeable, je continuerais en insistant sur le fait qu'Artero apporte des éléments nouveaux - du moins en terme de publication - sur Fulcanelli et son entourage.

C'est ainsi - et naturellement nous en arrivons à Julien Champagne- qu'il produit sans doute pour la première fois des informations inédites sur un ami d'Eugène Canseliet, dont ce dernier considéra qu'il lui fut en fait envoyé par Fulcanelli pour le consoler entre autres de la perte de son ami "Hubert", décédé en 1932.

Là encore je préfère vous laisser découvrir "dans le texte" de quelles informations il s'agit, tout en reproduisant ce portrait publié par Jean du diplomate et général turc, ou si vous préférez ottoman, Mahmoud Mohtar Pacha, qui fut aussi un grand musulman, philosophe soufi et alchimiste.


Nous le voyons ici également en compagnie de sa femme Nimet, en 1934, soit peu avant son décès intervenu en mer quelque temps plus tard, alors qu'il envisageait de commencer avec "le bon maître de Savignies" une coopération mutuellement fructueuse au laboratoire.

Je voudrais maintenant en arriver à quelques réserves que je voudrais émettre ici sur cet énorme travail d'une année environ, si j'ai bien compris, sans remettre pour autant en question la qualité d'ensemble de la recherche effectuée par Jean Artero.

Comme en fait il l'écrit lui-même, nous demeurons en désaccord sur certains "détails de l'histoire", à commencer par le rôle dévolu à Julien Champagne dans le corpus fulcanellien.

Je l'estime essentiel en tant qu'Archer, alors que Jean, tout en reconnaissant l'importance des illustrations de l'artiste, n'en rejette pas moins "JC" du cercle des proches de Fulcanelli, et de ce fait est porté à lui consacrer surtout une annnexe de son livre, ce qui ne peut totalement me satisfaire.


Ceci étant posé, je reconnais bien volontiers que son ouvrage est déjà salué par plusieurs fulcanellistes de haut vol, que je ne mentionnerai pas pour ne pas le faire encore une fois rougir de plaisir.

Il a aussi cependant  reçu dès à présent quelques critiques bien senties, dont celles fort passionnées du talentueux hermétiste et spagyriste Patrick Rivière, auteur comme nous savons de nombreux ouvrages de qualité, notamment sur l'alchimie et spécialement celle de Fulcanelli et Canseliet.

C'est ainsi que Rivière conteste avoir considéré la transmutation de Canseliet, opérée en 1922 en présence de Fulcanelli et Champagne, comme résultant de la mise en oeuvre d'un procédé particulier:
http://www.archerjulienchampagne.com/article-1851159.html

Pour Artero il a raison, et cette mention erronée devra faire l'objet d'un rectificatif de la part de l'éditeur. Selon moi, il convient à l'inverse de prendre en compte les avis opposés en la matière de Geneviève Dubois et de Rubellus Petrinus, alchimiste angolais d'origine, comme chacun sait, et qui vit et travaille actuellement au Portugal.


Quoiqu'il en soit, je saisis l'occasion qui m'est offerte de vous recommander la lecture d'une des dernières publications de Patrick Rivière: Fulcanelli, qui suis-je? parue en 2004 aux éditions Pardès. Succédant à son Fulcanelli, sa véritable identité révélée (Vecchi, 2001), sans le reproduire tout à fait, cette somme compacte me semble en effet passionnante et curieuse à plus d'un titre, ou si vous préférez à maints égards.

Mais pour en revenir à Artero, et en dépit de mes observations, dont je veux espérer qu'il ne prendra pas trop ombrage, je ne peux que le louer à nouveau des novations dont son Présence de Fulcanelli est incontestablement porteur.

En témoigne par exemple cette nouvelle photographie d'un Julien Champagne vraisemblablement "tirée" vers 1914, sans doute alors qu'il s'occupait avec les Lesseps de la mise au point de leur "traîneau à hélice":

http://www.archerjulienchampagne.com/article-16268763.html


Pour ne pas conclure, ainsi que le recommandait Gustave Flaubert, je voudrais souligner le fait que le Présence de Fulcanelli de Jean Artero fait actuellement l'objet d'une édition originale de 300 exemplaires numérotés (exactement comme en 1926 Le mystère des cathédrales de Fulcanelli). Je me suis laissé dire qu'environ 50 exemplaires sont "partis" en moins d'un mois...

On peut le commander directement à l'éditeur:
http://thot-arqa.org/boutique/boutique.html
Si j'ai bien appris ma leçon, dans ce cas là le prix du port est compris.

Il est également disponible en ligne par ailleurs:
http://www.atelier-empreinte.fr/presencedefulcanelli-p-2084.html
http://www.eklectic-librairie.com/ListeLivreDetail.asp?Detail=ARQA17&TypeRecherche=Detail
http://www.massanne.com/

Enfin, le seul article non commercial sur cet ouvrage qui a précédé le mien est à ma connaissance le suivant:

http://touscesgens.hautetfort.com/archive/2008/05/02/fulcanelli-les-inities-inconnus-gouvernent-seuls.html

Celui-là est à mon humble avis sans prix. Ainsi d'ailleurs que le suivant:

http://fulgrosse.over-blog.com/article-20673987.html





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Dimanche 4 mai 2008

Vous vous souvenez sûrement que dans son Fulcanelli dévoilé (Dervy, 1992 et 1996) Geneviève Dubois situe
les débuts en alchimie de Julien Champagne vers 1893. Parallèlement, ajoute-t-elle, il s'inscrit à l'école des
Beaux-Arts de Paris.

Et de préciser que "de cette époque reste un excellent tableau représentant l'évèque de Bordeaux. Nous possédons également trois aquarelles de 1895..."


Grâce à Xavier, je vous propose de découvrir ensemble quelques uns des premiers dessins "profanes" de Julien Champagne, qui sont en fait extraits de carnets de croquis.

Tous les dessins que je vous présente aujourd'hui sont de 1894. Ils sont donc bien antérieurs à ceux
publiés par Geneviève, qui furent eux réalisés en 1898:

http://www.archerjulienchampagne.com/article-3509041.html


Nous y voyons un Julien qui comme relevé par Dubois éprouve un intérêt précoce pour le Moyen Age. Il est
manifeste à mon avis que son étude du château de Lucheux et de sa poterne résulte d'un travail assez
assidu au chevalet.

Mais aussi un Champagne qui en futur "maître du pinceau et du crayon" (Eugène Canseliet) aime manifestement à croquer sur le vif certaines scènes pittoresques de la vie quotidienne de son époque.


Une femme à sa fenêtre, comme eût écrit Pierre Drieu La Rochelle...Elle regarde amusée un conseil de révision.
Il est bien possible d'ailleurs que ce soit celui d'"Hubert."

Un lecteur "a notte", crayonné au bleu pour souligner un effet de nuit, et enfin cet adorable fumeur de pipe, saisi de profil dans toute son intemporelle sérénité.

Bien sûr ces dessins ne sont pas signés, pourquoi le seraient-ils d'ailleurs, l'artiste ici travaille pour lui-même.
Mais vous aurez bien sûr reconnu sur certains d'entre eux l'écriture caractéristique de Julien Champagne.

Merci encore, Xavier et avec un tout petit peu de retard, excellent premier mai à chacune et chacun de vous.

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Par ARCHER - Publié dans : archer
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